‹ Iconographie chrétienne. Histoire de DieuChapitre 8 sur 126 · NIMBE FRANGÉ DE QUATORZE RAYONS · texte numérisé non relu

NIMBE FRANGÉ DE QUATORZE RAYONS

Pierre gravée, premiers siècles chrétiens.

La circonférence du nimbe est ordinairement marquée par une ligne circulaire continue, par un cercle parfait; cependant, chez les Romains surtout? et chez les Indous”, cette

! Cette figure est tirée d'une pierre gravée dite Abraxas, amulette à l'usage des gnostiques. C'est une espèce de divinité panthée. Ce génie du monde est céleste par le soleil et la lune qui brillent dans le champ où il est gravé, terrestre par sa tête de lion, aquatique par sa queue de replile, divin par son nimbe rayonnant de deux fois sept traits lumineux. Voyez l'Antiquité expliquée de Montfaucon , tom. IV, p: 362.

* Voyez des médailles du temps des Antonins; elles portent sur le revers un oiseau, le phénix, symbole de l'immortalité. Cet oiseau , qui renaît par le feu , porte la tête nimbée d'un nimbe en zigzag à la circonférence. Sur des médailles de Faustine, l'Éternité tient à la main un paon nimbé de même, Ce qui est curieux, c’est qu'un manuscrit chrétien de la Bibliothèque royale, n° 434, S'-Germ. montre deux paons nimbés comme des saints.

* Voyez la Symbolique de Creuzer, atlas allemand, planche xxx1 , entre autres, et la planche xvr1 de l'atlas français qui accompagne la traduction de M. Guignaut. Là le soleil est au centre d'un disque dentelé intérieurement ; entre, ce cercle de lumière, qui environne le Soleil, et un cercle de circonférence où sont les signes du zodiaque, est un cordon occupé par la personnification de huit planètes, qui sont la Lune (ou plutôt Lunus, cette constellation étant mâle chez les Indous), Mars, Mercure, Jupiter, Vénus mâle, Saturne, Rahou et Ketou : elles ont la tête entourée d’une auréole ou nimbe dentelé comme l'oiseau immortel des Romains. (Voyez plus bas, pl. 12, p. 44, Maya enveloppée d’un nimbe à circonférence brisée en zigzags.) — Dans les peintures à fresque de la Grèce,

ligne, ce cercle, sont brisés en zigzags, et ont la forme d'un ourlet en dents de scie. La pointe de ces dents peut être regardée comme l'extrémité de cette foule de rayons qui partent de la tête, qui sont compactes jusqu'à la circonférence, et qui, arrivés là, se détachent et poussent des pointes de tous côtés.

Enfin une forme qui semble antique, et que l'iconographie de la renaissance a très-souvent adoptée, c'est celle d'une langue de feu placée sur le front des génies. À la translation des restes de Napoléon, le 15 décembre 1840, nous avons vu cette langue de feu éclairant le front des génies placés sur le pont du Carrousel et sur l'esplanade des Invalides. C'est avec cette flamme au front qu'aux xvu° et xvrir* siècles on représente ordinairement les apôtres sur lesquels, à la Pentecôte, descend le Saint-Esprit : alors les apôtres sont transfigurés , et, d'hommes grossiers qu'ils étaient, sont devenus des GÉNIES. Cette langue lumineuse, c’est l'étoile luisant au front de la statue de Jules César !

Telles sont les principales variétés du nimbe : ce qui reste à dire sur ce sujet comprendra d’autres différences encore qu'il sera facile de remarquer.

on voit fréquemment le Saint-Esprit, sous la forme d'une colombe, inscrit dans un nimbe général, ou une auréole dentelée à la circonférence comme celle du phénix païen. Une gravure qui vient du mont Athos, et qui représente le grand monastère d'Ivirôn , montre ainsi figuré le Saint-Esprit descendant du ciel, au moment de l’'Annonciation. Ciampini ( Vetera Monimenta, pars 1°, pl. 36, fig. 14) a fait graver une monnaie de Faustine, sur laquelle la figure allégorique de l’ Éternité tient un oiseau que Ciampini croit un paon, qui est un phénix peut-être, et qui porte un nimbe à circonférence en dents de scie comme le Saint-Esprit d'Ivirôn.

« Ludis quos primo consecratos ei (Julio Cæsari) heres Augustus edebat, stella cri- «nita per SEPTEM dies continuos fulsit, exoriens circa undecimam horam. Creditum est «animam esse Cæsaris in cœlum recepti, et hac de causa simulacro ejus in vertice additur « stella. » {Suétone, Vie de Jules César.)

ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE. Al

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