‹ Iconographie de l'arbre de JesséChapitre 4 sur 5 · IV. — EXEMPLES NOMBREUX ET VARIÉS · texte numérisé non relu

IV. — EXEMPLES NOMBREUX ET VARIÉS

Celte représenlalion est. du reste , ancienne dans l'Eglise, puisque nous lisons qu'en i097, Guillaume de Tournay avait fait venir d'Qriènt un grand candélabre d'airain, à plusieurs liges, sur lesquelles était représentée la généalogie de Jésus-Christ, d'après Isaïe, chap. 4r>, et saint Paul, dans son épitre aux Romains, chap. i. « Candelabrum etiam magnum in choro œreum qiiod Jesse » vocatur, in partibus émit transmarinis. > Ducange, t. in, p. 756. — Siiger dit aussi, dans le traité de son administration, que dans les nouvelles verrières dont il avait orné l'église de Saint-Denis , on avait mis une belle variété, qu'on avait placé au chevet de la basilii|ue, en première ligne , l'arbre de Jessé : « Vilrearum, » etiam novarum prœclaram varietatem ab eà printd^ » quœ incipit à stirpe Jesse , in capite Ecclesiœ , usque * ad eam , quœ super est principali portœ... depingi » fecimus. * loid.

L'arbre de Jessé, avec sa généalogie de rois, est donc tiès-usiié dans notre art à partir de celle époque, t On le voyait, ajoute M. Didron, dans les galeries et » les voussures , sur les parois et les tympans, sur n les rosaces et les fenêtres de nos églises, notamment » aux cathédrales de Chartres, d'Amiens , de Reims , de » Beauvais, à la Sainte-Chapelle et à Notre-Dame de ï Paris. Une des trois verrières occidentales de la cathé- « dralede Charires, et le sanctuaire de la Sainte-Chapelle î de Paris , en offrent de beaux modèles qui furent repro- » duits sur le magnifique psautier de saint Louis. Tout

> le tympan du portail noid de Saint-Pierre de Beauvais » est rempli par cette immense composition, sculptée

> au xvi« siècle. Mallipuieusement, on a renversé de cet

» arbre tous les rois et les prophètes qui aïonlaient de 1 branches en branches jusqu'à rEnfanl-Jésus tenu dans » ks bras de sa mère. L'arbre est intact et c'est une » sculpture d'une incomparable beauté (1). t

Ce ne sont pas là les seuls exemples : les peintures murales, les gravures sur bois, les toiles historiées, les verrières des xv« et xvi« siècles se sont largement exercées à reproduire celte scène biblique. Nous la retrouverions en Angleterre aussi bi€n qu'en France; et, pour ne parler que de notre département , nous l'avons rencontrée dans les églises d'Oigny, de Bonneil, de Bucy, de Vigneux et de Longpont.

Dans les trois premières églises, ce sont de beaux vitraux du xvp siècle. Dans ces fenêtres, comni" à celles de Saint-Antoine de Conipiègne (Oise), au i ied, à la racine du meneau central , est couché Jessé, duquel sont sortis les rois de Juda, les ancéires de la Vierge et de Jésus-Chrisl , d'étages en étages, sur trois ou cinq lignes à la fois

A Vigneux, sous l'arcade triomphale, existe une poutre sur laquelle est sculpté Jessé étendu et couché ; des branches, qui paraissent des ceps de vigne, au lieu de s'élever verticalement s'allongent horizontalement dans le sens de la poutre ; les ancêtres de la sainte Vierge sont assis sur les branches; au-dessus et superposés aux rois d'Israël^ se tiennent debout les douze apôtres« Au milieu se dresse la Christ en croix, accompagné de Marie et de saint Jean. Le sang du Sauveur découle sur une tête décharnée et semble rendre la vie à tout ce groupe intéressant. Il n'y a plus aujourd'hui que huit apôtres; les quatre autres sont, dit-on, dans la maison d'un particulier qui les conserve , nous ignorons

(J) Guide de la Peinture, p. 153.

à quelle inlenlion ; ces objets ne sont jamais mieux qu*à la place qu'ils devaient occuper.

L'albâire dont nous donnons le dessin et qui est aujourd'hui dans l'église de Longpont mérite une mention honorable. 11 a élé recueilli, dans les environs de Crouy-sur-Ourcq, par M. le comte de Monlesquiou , qui en a fait l'abandon à la chapelle après avoir assuré son exisicncc par une intelligente restauration. On a observé, avec riiison, que les représentations dn l'arbre de Jcssé comprenaient un plus grand nombre de sujets les uns que les autres. Cette diflerence vient de ce que l'on a compté, dans la généalogki du Sauveur, des personnages qui y avaient un rapport plus ou moins direct; mais souvent on y a fait figurer non-seulement les ancêtres selon la chair ou les rois, mais encore les ancêtres selon l'esprit ou les prophètes qui ont annoncé la venue du Messie. Notre albîitie paraît appartenir à ce sujet complexe ; quoiqu'il ne conqirenne en tout que seize personnages, dont quatre seulement sont ceints du diadème roya4, nous ne pensons pas qu'il faille attribuer celte absence d'un signe caractéristique à l'étal un peu fruste dans lequel se trouve aujourd'hui ce petit monument et qui empêcherait de distinguer positivement les personnages qui y ^ont représentés. Mais le costume et l'attitude de plusieurs d'entre eux, qui semblent tenir des livres ou déroulerj des parchemins, ne désignera ient-'ils pas quelques-uns des prophètes qui ont annoncé celle heureuse naissance du Sauveur? (I)

(t) CpU« opinion, si elle était parla^jéc, t<'nclrnit à pioiivcr que lies verrières el les sculptures, comme ci'lle du lympuu à jour du |)orl;i!l nord de la calhédrale de lîcauvais el les fenùlies de DouclicsUT, ne ser:iieiit pas U'S soûles pour r'^piésenler ce systèir.e. M. D.iliou doute qu'au Xii« siè'.le, surtout «u xi!i%eel âge de raison dagolhi(iiie,ouen ail tiii Testai, la priuture seule pouvant sr j^)rôteî k. t'exéouliou de semblables œuvres.

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Jessé est étendu au bas du tableau , la tête appuyée sur la main droite comme un homme endormi ; de son cœur s'élance un tronc puissani auquel «ont accolées deux branches communiquant à quatre personnages, deux de chaque côié. Au dessus et sur le milieu du tronc, David assis, le pied posé sur une branche, l'autre, recourbé pour soutenir son instrument, lient un psaltérioii triangulaire. Sur le haut de l'arbre, Marie, la couronne sur la tête, porte sur son bras droit l'Enfant- Jésus tenant dans sa maiu le globe du monde. Huit per sounages, étages sur deux rangs, se groupent auprès de Marie, tous sont debout. Ces figures ont acquis avec le temps une teinte fauve et un peu bistrée qui les détache , sur un fond de feuillages verts qu'occupe la tige mystérieuse. Deux fenêtres ogivales trilobées , surmontées d'un quatre-feuille, formées par de légères armatures en fer, dans le genre du xiv« siècle, ei encadrées par une baguette en bois, complètent ce tableau symbolique.

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