‹ Iconographie de sainte CécileChapitre 14 sur 37 · Curavit · texte numérisé non relu

Curavit

EXTRAIT DE LA REVUE DE L'ART CHRÉTIEN. 1887. — 4me LIVRAISON.

iconographie tie sainte Cécile.

de son anniversaire et d'une messe par mois, enfin d'anniversaires solennels pour sa femme Marguerite Rinaldi, romaine, morte en 1605 et de sa fille Lucie, décédée en 1608. Il ajoute avec satisfaction : « Isteœdificavit et ornavit celebrem cappellam sanctae Caeciliae et reliquit domum in platea Madama. » La place Madame, où était située la maison qui devait constituer les rentes, se trouve derrière l'église de Saint-Louis : elle doit son nom au palais que Catherine de Médicis, appelée Madame, y construisit ('). »

LE souvenir de la vie et de la passion de sainte Cécile est fixé par trois monuments, en trois endroits différents de la

1. Pour compléter ces renseignements, je dois citer, outre les vies peintes à Berlin par Pinturicchio, à Bologne par Francia, à la Magliana par Raphaël, une série de fresques du XIVe siècle, que j'ai vue en 1861, dans une église de Florence où elles avaient été récemment débadigeonnées et dont malheureusement je n'ai pas de notes, mais surtout le magnifique tableau de Cimabué, qui est aux Uffizi de la même ville et que Dom Guéranger a reproduit, page 246. Ce panneau a la forme d'un triptyque. Au centre, sainte Cécile est assise en majesté sur un trône à dossier. Forte, grande, virile, elle tient de la main droite une palme et de la gauche un livre fermé, qui doit être l'Évangile, car, suivant ses Actes, elle le portait sur elle, mais qui peut aussi signifier son habitude de la prière: <L Caecilia, virgo clarissima, absconditum semper evangelium Christi gerebat in pectore et nec diebus nec noctibus a colloquiis divinis et oratione cessabat. » (Bartolini, p. 4.) Couronnée de roses et voilée, elle est vêtue d'une robe, ceinte à la taille et d'un manteau, agrafé sur la poitrine: ses pieds sont chaussés.

Sur le volet droit: Repas des noces, elle y assiste en cheveux, on fait de la musique. — Assise au bord du lit nuptial, elle révèle à Valérien son secret. — Assise en face de son époux, elle lui montre sa couronne ; Valérien est lui-même couronné par un ange. — Debout, elle convertit Tiburce, assis près de Valérien.

Sur le volet gauche : Tiburce baptisé par saint Urbain. — Montée sur un degré, Cécile parle aux assistants. — Elle est conduite par des soldats devant Almachius, siégeant sur un trône. — Dans une campagne, hérissée de rochers, Cécile, tête découverte, les yeux levés au ciel, subit nue le supplice de la chaudière, dont le feu est activé par ses bourreaux.

M. Magne signale, dans la Gazette des Beaux-Arts, 2e pér., t. 34, p. 302, « les vitraux de la Légende de saint Valérien et de sainte Cécile », qui « datent des premières années du XIIe siècle ». Ces fragments, conservés au Musée du vitrail à Paris,viennent de la cathédrale duMans.

ville de Rome, qui rappellent la maison de son mari, celle de sa famille et sa sépulture dans le cimetière de Saint-Calixte.

1. La petite église de la Madone del divino Amore, à Campo* Marzo, près la place Borghèse, se nommait anciennement Sainte-Cécile et à bon droit, puisqu'elle occupe l'emplacement de la maison de saint Valérien et que son illustre épouse l'habita quelque temps; on croit même que les noces y furent célébrées. Longtemps desservie par les Dominicains, elle l'est actuellement par une confrérie de la Vierge, qui a changé son vocable, afin d'indiquer le but de la dévotion qui s'y pratique et se réfère surtout à la Madone du divin amour, exposée au maître-autel. Cette substitution est regrettable, mais elle date d'au moins un siècle et demi.

D'ans la sacristie, j'ai relevé cette inscription :

VETVSTISSIMAM IMAGINEM

AC LAPIDEM HVNC CONSECRATIONS

ANTIQV/E HVIVS ECCLESI/E

S. CvECILI/E VIRG. ET M. (')

ANNO MCXXXI PERACT/E TESTEM

SVB EIVSDEM ARA MAXIMA

ANNO MDIV REPERTVM

BENEDICTVS XIII. P. M. ORD. PR/EDICAT (2).

ANNO MDCCXXIX

HVC TRANSFERRI MANDAVIT

Cette très vieille image date seulement du XVe siècle. Évidemment, le rédacteur de l'inscription n'était pas archéologue ; il aurait pu se contenter du positif vetusta, au lieu du superlatif vetustissima, mais on la croyait aussi ancienne que l'église et par conséquent du XIIe siècle.

Sa forme rectangulaire et ses dimensions me persuadent qu'elle constituait le retable du maître-autel. A Rome même, il y a des

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