Ponti/ex maximus, ordinis prœdicatorum
3lconograpl)te &e sainte Cécile.
analogues contemporains qui permettent d'affirmer sûrement cette attribution, par exemple, à Sainte- Marie du Peuple, Sainte- Marie de la Paix, Saints-Guy et Modeste, Saint Homme bon. DomGuérangeraétébien inspiré de placer cette peinture murale en tête de son ouvrage, car elle est fort endommagée et l'humidité de la sacristie contribue à la détériorer davantage de jour en jour.
Trois arcs cintrés abritent les personnages. Au centre, Cécile, placée à la gauche de Valérien, porte une robe cendrée, en signe de pénitence et de vie mortifiée et, par dessus, un manteau rouge, qui atteste sa noblesse d'origine ('). Jeune, grande, la tête penchée et nue, cheveux blonds, pieds chaussés, elle croise les mains sur la poitrine, pour témoigner sa satisfaction de la grâce qu'elle reçoit. Valérien joint aussi pieusement les mains. Les deux époux sont couronnés, par un ange qui descend du ciel, d'une couronne de roses blanches et rouges, par allusion à leur virginité et à leur martyre.
A droite, saint Urbain, coiffé de la tiare à trois couronnes, vêtu d'une chasuble verte avec le pallium, bénit de la main droite et dans la gauche tient un livre fermé qui signifie la prédication de la parole de Dieu et l'enseignement doctrinal (2). A gauche, saint Tiburce, imberbe, montre la palme de son martyre et s'appuie sur le glaive de sa décollation.
La pierre commémorative de la consécration ne se retrouve plus. Elle avait été découverte, en r 504, sous le maître-autel, à une époque où probablement il fut renou-
1. (( Almachius dixit: Cujus conditionis es? Cascilia respondit : Civis Romana, illustris ac nobilis. » (M. de Rossi donne cette variante: « Ingenua, nobilis, clarissima. ») Almachius dixit : Ego te de religione interfogo, nam nativitate scimus te nobilem. » (Bartolini, p. 72.)
2. « Et edocens eum (Valerianum) omnem fidei regulam, remisit (Urbanus) eum ad Caeciliam diligenter instructum » (Bartolini, p. 21).
velé, car, vu ses proportions exiguës, il n'était plus au goût du jour. Quoi qu'il en soit, cette consécration datait de l'an 1131 et elle plaçait l'église sous le vocable spécial et unique de Sainte-Cécile, vierge et martyre. La liturgie ne permet pas un changement de titulaire, quand l'édifice n'est pas renouvelé de fond en comble : or, malgré denombreuses modifications intérieures, je crois qu'il subsiste encore dans son intégrité substantielle, avec ses murs primitifs. Très certainement, il a conservé le petit clocher roman qui flanque la façade, tour à physionomie propre, dont Rome offre de charmants spécimens et qui a malheureusement, lui aussi, subi, je ne dirai pas l'outrage des ans, mais d'une restauration et appropriation au mortier et au lait de chaux.
La translation de la pierre et de la fresque eut lieu, de l'église à la sacristie, par ordre de Benoît XIII, en 1729. On eût bien mieux fait de les laisser à leur place première.
Une chose en entraîne une autre. La base de l'autel fut également transférée à la sacristie, où on la conserve encore. Que ce soit toujours avec vénération ! Mais, chemin faisant, elle a perdu sa table de marbre, dont il existe un type excellent, du même temps, dans la crypte de Sainte-Marie in via lata. L'ensemble de l'autel remontait à 1131, année de la consécration. On avait fait ici ce que l'on avait maintes fois pratiqué ailleurs, à Rome, c'est-à-dire qu'un cippe païen avait formé la base, stipes, sur laquelle on avait ajouté une table, mensa (1). Ce
1. Rohault de Fleury, La Messe, t. I, pi. xxv, xxvi. A Villeneuve-lez-Avignon, l'autel de Sainte-Casarie était formé d'une table, supportée par un cippe dédié à Silvain. Il en fut ainsi jusqu'en 1780. (Fuzet, Mém. sur le culte de sainte Casarie, p. 4-5.)
Dans le Congrès de la Société française d'archéologie, tenu à Montbrison, il est question de plusieurs autels du moyen âge, à base antique (p. 221, 230, 232, 237, 238).
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cippe se reconnaît à son aspect de piédestal, encadré de moulures et sculpté, sur les côtés, des instruments propres au sacrifice, patène et prœfericulum. Il est fort possible que ce petit autel domestique ait appartenu à la maison de sainte Cécile, ce qui doublerait sa valeur archéologique.
En 1729, on a cru opportun de l'ornementer et on s'est trompé. A la partie antérieure ne s'est-on pas avisé d'y graver, à droite et à gauche de la croix, un orgue portatif et, en bas, deux palmes croisées dans une couronne ? La simplicité première était préférable, d'autant plus qu'elle avait déjà été altérée par cette inscription, gravée en gothique ronde, à la fin du X! I Ie siècle : *