‹ Iconographie de sainte CécileChapitre 29 sur 37 · Jesu, corona virginum» » (Hymne du comm. des vierges · texte numérisé non relu

Jesu, corona virginum» » (Hymne du comm. des vierges

4. Les palmes sont aux mains des vierges prudentes, avec la lampe, dans une ancienne peinture du cimetière de Sainte-Agnès. V. Perret, Catacombes de Rome, t. I, planche 42; t. V, passim aux épitaphes.

Le Sacramentaire léonien dit de sainte Cécile : « Servando corporis ac mentis integritatem, cum virginitatis et martyris palma asternam mereatur adipisci beatitudinem.»

Dans le Missel de Winchester, manuscrit du XIIe siècle, sainte Cécile a une préface propre : << Qui infirmitate virtutem perficis et humani generis inimicum non solum per viros sed etiam per feminas vincis ; cujus munere beata Csecilia et in virginitatis proposito et in confessione fidei roboratur ut nec etatis lubrice ab intentione mutareturnecblandimentis carnalibus demnlceretur

Le martyre est encore attesté par la chaudière du supplice (stalles de Saint- Eusèbe, XVIIe siècle) ; X entaille au cou, triple ou unique (statue de Maderno; bas-relief de l'église de Sainte-Agnès, place Navone, XVIIe siècle) et X agenouillement, pendant que le bourreau lève sur elle son glaive pour la frapper (tableau de Jules Romain).

Mourante, elle prie, les yeux au ciel qui lui apparaît lumineux, comme dans le tableau de Jules Romain, et les mains jointes, ainsi que l'ont figurée Pinturicchio et Raphaël, à la Magliana. Sa main droite, posée sur sa poitrine, affirme sa foi (fra Angelico) et le double geste de ses doigts proclame l'unité et la trinité de Dieu. Enfin elle gît surle sol (fresque du Dominiquin, bas-relief de Sainte- Agnès place Navone), et, après sa sépulture, dans son cercueil, où Maderno l'a vue couchée sur le côté droit et la tête retournée.

5. La glorification comporte les étoiles, les anges, les palmiers, la lumière et la majesté.

La confession, de même que la châsse d'argent où repose le corps (z), est parsemée d'étoiles, qui indiquent le firmament, séjour des élus.

Les têtes d'anges ailées, qui rehaussent ces deux insignes monuments de la piété du pape Clément VIII et du cardinal Sfondrati, font allusion à ce texte de l'office des

nec sexus fragilitate deterreretur nec tormentorum immanitate vinceretur, sed servando corporis ac mentis integritatem cum virginitatis et martyris palma aeternam mereretur adipisci beatitudinem. )> (Fierville, Les préfaces du Missel de Winchester, p. 449.)

La préface de sainte Lucie, approuvée pour Syracuse, mentionne la couronne de la virginité et la palme du martyre : «Quam tanto pondère sublimasti ut ei conferres virginitatis coronam et martyrii palmam sicque virtute fidei et décore pudicitia; polleret ut cœlestia régna virgo pariter et martyr intraret. » (Beaugrand, Sainte Lucie, p. 15;.) Cette même préface se trouve dans le missel de Winchester,qui est du XIIe siècle, in natale uniusvirginis, mais avec la variante imitiere,?M. lieu de pondère. (Fierville,

1. Cette châsse est gravée dans le cardinal Bartolini, p. 147-

3iconograpl)te De sainte Cécile.

vierges: « Et cum Angelis in paradisum introisti. »

Le paradis, jardin de délices, est traduit aux yeux par les deux palmiers, chargés de rameaux verts et de fruits dorés, entre lesquels Cécile se tient debout, dans la curieuse mosaïque de Ravenne.

La lumière est une des formes de la gloire: « Et dédit i 11 i claritatem seternam», dit le bréviaire romain.

Enfin la majesté atteste, non seulement le repos de l'éternité, mais aussi les honneurs de la royauté obtenue par l'effusion du sang : « Pervenit ad ccelestia régna.» — « In cœlestibus regnis sanctorum habitatio est et in aeternum requies eorum.» Cimabué, avec son grand sens d'esthétique chrétienne, est le seul qui ait assis sainte Cécile glorifiée sur un trône.

(5. L'iconographie s'occupe également du nimbe, de la coiffure et de la cJiaiissure.

Le nimbe plein, qui est l'irradiation de la tête à l'état glorieux, n'a jamais été omis aux hautes époques: les derniers siècles l'ont négligé, au contraire, quoiqu'il soit la caractéristique constante de la sainteté. Cimabué, sous ce rapport, a encore été un modèle.

La tète se distingue aussi par les cheveux longs et flottants. Le paliotto de Sainte- Marie au Transtévère, Raphaël et Jules Romain ont préféré ce type. Quelquefois même les cheveux sont tressés et arrangés avec art. Le même paliotto leur attribue la couleur blonde.

Souvent ils disparaissent en partie sous une coiffe ou espèce de turban, qui se retrouve principalement à Sainte-Cécile, au XIIIe siècle et à Sainte-Marie du Peuple, au XVIIe.

Au moyen âge, sainte Cécile a les pieds constamment chaussés, parce que la nudité, signe de divinité ou d'apostolat, est réservée

aux trois personnes de la Trinité, aux anges et aux apôtres. Telle elle est, à Ravenne, dans le triptyque de Cimabué et la fresque de Sainte-Cécile. L'époque moderne, moins fidèle aux traditions, l'a représentée les pieds nus, s'inspirant peut-être de la statuecouchée de Maderno et, antérieurement, de Raphaël, qui n'observait guère les règles iconographiques.

7. Parmi les monuments de Rome, il en est qui se recommandent par l'âge, d'autres par l'art: il est donc utile d'établir ici une double catégorie. Selon l'ordre chronologique, nous avons: au IXe siècle, une mosaïque, à Sainte-Cécile au Transtévère, dans l'abside et une fresque dans le cimetière de Saint-Calixte. Au XIIe, une fresque, à Saint-Laurent hors-les-murs ('). Au XIIIe, à Sainte-Cécile, une mosaïque au portique, une fresque et une statuette au ciborium. Au XIVe, une fresque provenant de Sainte-Agnès-hors-les-murs, au palais de Latran. Au XVe, une fresque, au Divin Amore. Au XVIe, une statue, dans l'église des Boulangers ; une fresque ( 1 560), à Saint- Martin; une broderie, à Sainte-Marie au Transtévère (2). Au XVIIe, une fresque à Sainte-Marie de la Paix (1614); un stuc, à Saint- Louis des Français et àSte-Marie du Peuple; une sculpture en bois, aux plafonds de Sainte-Agnès-hors-les-murs (1606) (3) et

1. D'Agincourt, Hist. de Part par les monuments, depuis sa décadence au IVe siècle jusçtt'à son renouvellement au XVIe , Paris, 1823, Peint., pL XI, fig. 3. Sainte Cécile, SCA CECI(LI)A, couronnée, tient une couronne dans un pli de son manteau.

2. Ce paliotto garnit le maître-autel, le dimanche de la Passion. Sainte Cécile, la tête entourée d'un nimbe plein et couronnée de roses, ses cheveux blonds flottant sur ses épaules, est vêtue d'une robe rose dégagée au cou et d'un surcot, brodé et perlé, qui descend jusqu'aux genoux. La tête penchée, elle écoute l'harmonie qui sort de son orgue dont elle presse les touches de la main droite, tandis que sa gauche met en mouvement le soufflet qui envoie l'air aux tuyaux.

3. Le plafond de l'église de Sainte-Agnès-hors-les-murs, exécuté en 1606, représente sainte Constance, sainte

gîconograplne îie sainte Cécile.

de Sainte-Françoise Romaine, ainsi qu'aux stalles de Saint-Eusèbe, un tableau, à Saint- Charles ai Catinari et un bas-relief de marbre, à Sainte-Agnès place Navone.

Les œuvres signées ou reconnues authentiques sont: les fresques de Raphaël, à la Magliana; le tableau de Jules Romain (la décollation), à Sainte-Cécile; la statue d'Etienne Maderno, ibidem; les fresques du Dominiquin, à Saint-Louis des Français et des tableaux de Romanelli (') et d'Annibal Carrache, au Capitole ; de Ludovic Carrache, à la pinacothèque du Vatican; du chevalier Vanni, au palais du Quirinal; de Pozzi (la mort), à l'Académie de Saint-Luc; de Lanfranc, au palais Barberini; de l'école de Paul Véronèse (2), au palais Borghèse; de François Albani, au palais Doria; d'Annibal Carrache (le martyre) et de Michel- Ange de Caravage, au palais Spada (3).

SAINTE CECILE n'est pas toujours seule : elle fait partie de ce qu'on nomme, en iconographie, un groupe, où elle occupe la place principale, c'est-à-dire qu'autour d'elle l'art a rassemblé plusieurs

Agnès et sainte Cécile. Le donateur est nommé par cette inscription :

CARD . SFONDRATVS

CONSTRVXIT

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