‹ Iconographie de sainte CécileChapitre 28 sur 37 · DONEC VENIAT · texte numérisé non relu

DONEC VENIAT

IMMVTATIO

4. Cécile a uni ensemble la virginité et le mariage. Le titnlus de sa statue, placée au XVIe siècle dans l'église des Boulangers, dit d'elle avec beaucoup de grâce :

S. C.ECILIA VIRGINITATIS ET NVPTIARVM FŒDVS.

curé qui disait vêpres tout seul : mais le son de sa voix était admirablement secondé par un grand nombre de petits oiseaux qui faisaient entendre dans la tribune de î'orgue un gazouillement très agréable. S'étant informé de l'origine de cette étrange musique, on lui raconta que ces oiseaux étaient nourris là comme dans une volière, où ils faisaient un concert pour honorer sainte Cécile, et que la paroisse n'ayant pas assez de revenus pour faire chanter l'office d'autres jours que celui de la fête patronale, on se contentait, pendant le reste de l'année, des services de ces petits musiciens.»

1 . Les statuts de la confrairie de Sainc/e-Cécile, establie à Paris, aie monastère des A ug us tins, par le c très patentes du roy, vérifiées en la cour de Parlement. Paris, par Adrian le Roy et Robert Ballard, imprimeurs ordinaires du roy, 1576 ; petit in-8°, de 8 feuillets.

Cette plaquette est rarissime. Le conservatoire de Paris en possède un exemplaire. — C'est le premier document qui existe sur le culte de sainte Cécile, en France, comme patronne des musiciens. Il a échappé aux recherches des auteurs qui ont traité de l'histoire de Paris et de celle de sainte Cécile.

Une autre alliance se constate dans la couronne que lui apporte un ange (') : la virginité, représentée par les lis et le martyre, symbolisé par les roses rouges (2). Malgré l'autorité des Actes, cette couronne est la moins commune. Elle a son équivalent dans le mélange de roses blanches et de roses rouges, qui se remarque au Divin

1. M. de Saint- Laurent, dans son Guide de Part chrétien, t. I, p. 285, 286, a fait graver l'ange tenant deux couronnes d'après Chiodarolo (chapelle de Sainte-Cécile des Bentivoglio, à Bologne, comm. du X VP siècle) et le Dominiquin (chapelle de Saint-Louis des Français, XVI I" siècle). L'avantage est à la première composition.

2. « Beata Caecilia defert aureolam, id est quoddam sertum, ex triplici flore consertum, videlicet lilio, rosa et viola. Lilium defert, quia virgo munda fuit. Rosam portât, quia pro Christo passa fuit. Violam etiain gestat, quia duos fratres, Tiburtium et Valerianum, et plures alios ad Dominum convertit. » (B. Albertus Magnus, Ratisbonen. episc, de beata Cœcilia.)

« Martyres tui Abdon et Sennes, qui in Ecclesiœ tuas prato sicut rosae et ilia floruerunt, quos Unigeniti tui sanguis in prelio confessionis roseo colore perfudit et ob premium passionis niveo liliorum splendore vestivit. » (Fierville, Les pré/aces du missel de Winchester, p. 437.)

L'hymne de sainte Lucie, citée par Beaugrand, p. xliv, a une strophe ainsi conçue :

« In Christi viridario Hoc virginale lilium, Rubens rosa colligitur, Dirum passa martyrium ».

A la cathédrale d'Albi, la statue du chœur, sculptée et coloriée à la fin du XVe siècle, a pour attributs la couronne de lis et de roses sur la tête, dans la droite une palme et sur le bras gauche un orgue portatif.

Dès le IVe siècle, on voit les martyrs couronnés par les anges. Ainsi, au musée chrétien du Vatican, sur un verre doré, un ange couronne saint Sixte, SVSTVS et saint Timothée, TIMOTEVS, imberbes, assis et causant. Sur un autre verre, les deux mêmes saints, également imberbes, sont debout, et une couronne est placée entre eux.

La prose Ave, gemma, qui se chantait à la fête de sainte Foy, donne ainsi le symbolisme des roses et des lis : « Ex rubente rosa simulet candente lilio Virgo Fides coronata vivit ex martyrio. » « O coruscans in superno lapis, Fides, solio : Virgo, martyr, laureata mixto rosa; lilio. » « Sponsa Dei egregia, in cœlesti palatio Diademate gemino laureata. »

L'antienne du Magnificat, dans le même office, est ainsi conçue : « O virgo laudabilis, meritis et nomine Fides, quae pro puritatis castimonia agnum sequeris inter lilia et pro certaminis pugna, triumphali perornaris laurea tua. » J'y trouve encore ce dernier trait :

« Nec attrivit décor formée castitatis lilium. »

iconographie îie sainte Cécile.

Amore. Jules Romain a préféré les fleurs et le Dominiquin le laurier (I).

Dans les monuments les plus anciens, tels que la mosaïque de Saint-Apollinaire-leneuf, à Ravenne (VIe siècle), la mosaïque pascalienne (IXe siècle) et la fresque de Saint- Laurent-hors-les-murs (XIIe siècle), la couronne est en or gemmé (2) et la sainte la tient respectueusement dans un pli de son manteau ou un linge blanc pour l'offrir au Christ, roi des martyrs, qui lui a dit, selon le bréviaire romain dans l'office des vierges: « Veni, sponsa Christi, accipe coronam quam tibi Dominus preeparavit in aeternum » et qui s'est donné lui-même en récompense à son épouse privilégiée (3).

La liturgie associe la palme à la couronne comme symbole du martyre: « Cum palma ad régna pervenerunt sancti, coronas decoris meruerunt de manu Domini. » Cimabué, au XI IIe siècle et fra Angelico, au XVe, ont fait tenir la palme par sainte Cécile, tandis que Raphaël, Jules Romain et le Dominiquin la mettent avec la couronne aux mains de l'ange qui descend du ciel lui apporter sa récompense éternelle (4).

1. 1 Christo profusum sanguinem Et martyrum victorias Dignamque cœlo lauream Laetis sequamur vocibus. »

(Hymne du commun des martyrs.)

2. « Posuisti, Domine, super caput ejus coronam de lapide pretioso. » (Office du comm. d'un martyr.)

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