Saint Tiburce, beau-frère de sainte
1. Le Courrier de Vaugelas, qui s'occupe spécialement de linguistique et de grammaire, donnait dernièrement cette définition du mot compagnon : « Le terme de compagnon est surtout en usage chez les ouvriers de même métier : compagnon menuisier, charpentier, tailleur. Il est pour eux l'équivalent de confrère, collègue ou camarade. » Surtout semble bien indiquer qu'il y a d'autres acceptions, mais pourquoi avoir omis l'acception ecclésiastique, qui est certainement aussi commune que l'autre ? En latin, on dit socius, celui qui est associé : compagnon a la même signification, celui qui accompagne.
Le Dictiotinaire de V Académie manque aussi de ce sens spécial. Et pourtant il y a eu des évêques et des prêtres dans la compagnie des Quarante !
2. En 17 10, Francesco Alessandro Serafini imprimait à Jesi (Etat pontifical), un in-8° de 16 pages qui a pour titre : \JApe industriosa in Sta Cecilia, vergine e martire, per la conversione de' santi Valeriano e Tiburzio, oratorio cantato nella chiesa délie MM. RR. Monache di sancta Anna délia citta di Jesi, in occasione délia /esta di sancta Caterina, vergine e martire, dalle medemc con ogni pompa celebrata, consagrata al merito immortale di ATonsignore Illustrissimo e Reverendissimo Alessandro Fedeli, vescovo degnissimo di Jesi e Prelato dômes tico et Assistente di N. S. Clémente undeciino.
Les interlocuteurs sont sainte Cécile, saint Valérien, saint Tiburce et Almachius.
3. Jacquemin, Hist. gen. du costume, a gravé, pi. 9, saint Valérien avec une couronne et sainte Cécile, pi. 10, d'après la mosaïque pascalienne.
EXTRAIT DE LA REVUE DE L ART CHRETIEN. 1888. — Ire LIVRAISON.
3)conograpl)te Ue sainte Cécile.
Cécile, est à sa gauche. Au XIIe siècle, il parait à la frise du portique, désigné par ces deux initiales S' T (Sanctrts Tiburtius). Son visage imberbe dénote son jeune âge. Plus tard, il est sculpté au ciborium de cette église : costumé en guerrier, avec manteau aux épaules et bottines aux pieds, il s'appuie sur son glaive renfermé dans le fourreau. Le XVe, au Divin Amorc, lui met une palme en main, comme martyr et le fait s'appuyer sur le glaive de sa décollation: il lui supprime aussi la barbe.
4. Saint Maxime conduisit au supplice saint Valérien et saint Tiburce, vit leurs âmes enlevées au ciel par les anges et mourut lui-même martyr. Sainte Cécile le fit ensevelir près des deux martyrs et commanda qu'on sculptât un phénix sur son sarcophage, en signe de la résurrection future: « Tune gloriosi martyres, excepta sententia, a Maximo, corniculario pra;fecti, ducebantur ad pagum. Oui Maximus cœpit
flere super eos Tune Maximus juratus
asserebat dicens: Vidi angelos Dei, fulgentes sicut sol, in hora qua verberati sunt gladio et egredientes animas eorum de corporibus quasi virgines de thalamo ('), quas in gremio suo suscipientes (2) angeli remigio alarum suarum ferebant ad cœlos — Igitur dum hœc omnia pervenissent ad Almachium prœfectum, eo quod Maximus cornicularius cum suis omnibus factus fuisset christianus, jussit eum tamdiu plumbatis ccedi quamdiu spiritum redderet. Ouem sancta Concilia juxta Yalerianum et Tiburtium sepeliit in novo sarcophago et jussit ut in sarcophago ejus sculperetur phœnix, ad indicium fidei ejus qui resurrectionem se inventurum,