‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 2)Chapitre 10 sur 44 · PIAGA MISE · texte numérisé non relu

PIAGA MISE

Cette jolie variété, qui est de grande taille, s'éloigne du type par une teinte bleuâtre répandue sur les ailes, principalement aux infé-

(1) Cette seconde tache a, certaines fois, la forme triangulaire de la première.

Myelois Robiniella. 87 rieures, par une tache cellulaire blanche vivement indiquée aux quatre ailes en dessus et en dessous, et, aux supérieures, par des rayons blancs dont la base s'appuie sur la ligne brune subterminale. Le des— sous, dont le fond est moins brun que chez le type, ne différerait pas sensiblement de ce dernier, si les nombreuses taches noires n'étaient remplacées par des taches blanches. Enfin le vert métallique, à la base des ailes inférieures, n'existe pas.

Cette curieuse variété de l'Ægon a été trouvée par M. Fallou, lors de l’excursion de la Société entomologique de France, à Montpellier, en juillet 1857. Il en a déjà été dit quelques mots par M. Martin à la séance du 23 septembre 1857 (Bull. ent. CNI). Avant cela il n'avait été signalé qu'une variété de la Lycæna Ægon (la Bella, H. — S., 227, p. 127). Cette dernière parait constante.

Celle que je viens de décrire n’est qu'accidentelle; elle sera indiquée par la lettre A. Elle appartient au cabinet de mon collègue et ami, M. Fallou, de Paris.

Myelois (1) Robiniella, Mir.

(Species nova.)

(PL. 61, Fig. 7 à 10.)

L’insecte parfait de cette nouvelle espèce, qui éclot en été, dépose ses œufs sur la silique récemment formée du Robinia-pseudo-acacias L. Peu de jours après arrive l’éclosion de la petite chenille. Celle-cj perce l’un des cûtés de la gousse très-tendre alors, s’introduit dans l'intérieur et grossit aux dépens des graines qu'elle ronge lentement, sans que la gcusse ait l'air d’en souffrir. Rien ne décèle la présence

(4) Genus Ilythia, Dup.

de ce ver destructeur dans l'intérieur de la silique, et ce n’est qu'à la vue d'un petit trou rond pratiqué vers le milieu d’un de ses côtés qu'on reconnait qu'un insecte y a séjourné; mais il est trop tard pour le trouver, car alors il est descendu de l'arbre pour se métamorphoser.

Jeune, elle est verdâtre; parvenue à sa taille, au commencement d'août, elle présente trois couleurs : la tête est jaunâtre, les premiers anneaux sont d'un violacé verdâtre, le reste est vert avec la région dorsale d’un carminé plus où moins vineux. L'insecte est fusiforme, atténué en avant et plissé transversalement. La tête est petite, lenticulaire, jaunâtre, avec les mandibules brunes et les ocelles noires disposées en demi-cerele. Le premier anneau, qui est écailleux ainsi qu'on le remarque chez beaucoup de chenilles de microlépidoptères, est concolore et caractérisé par cinq points noirs disposés en croissant au bord de lincision postérieure. Le tube intestinal se voit distinctement à partir du second segment ; il occupe la place de la vasculaire et se prolonge jusqu'au pénultième. La ligne sous-dorsale n’est pas indiquée; la stigmatale est plus claire que le fond, étroite et continue. Le ventre est d’un vert bleuâtre et n’a pas de lignes. Les seize pattes sont : les premières, d’un blanc jaunâtre; les autres, de la couleur du fond. Les points trapézoïdaux et pilifères, indiqués en brun, donnent naissance à des poils courts et blanchâtres.

C'est du dix au vingt août que cette chenille, qui semble avoir les mœurs de la Pempelia Etiella, Tr. (Iconog. Mill. p. 248), et que j'ai trouvée assez abondamment à Celles-les-Bains (Ardèche), quitte sa retraite pour se métamorphoser. Elle ne demeure jamais dans la silique, comme je l'ai dit, pour effectuer cette importante opération. Descendue du Robinia, au moyen d’un fil de soie, elle cherche parmi les mousses et les feuilles sèches un lieu où elle devra passer l'hiver à l'état de chrysalide, Celle-ci ne présente rien d’extraordinaire ; elle

Myelois Robiniella. 89

est assez courte, d’un rouge acajou luisant, avec une pointe abdominale obtuse. Ce n'est qu'en juin de l’année suivante qu'éclot le petit lépidoptère.

INSECTE PARFAIT

C’est de la Chrysorrhoëlla, Zk., Tr., H.-S. fig. 68, — Dup., Sup. fig. 67. (Tetricella. S. N. — Hb. fig. 241. — Stor. 489) que cette espèce se rapproche le plus; cependant elle est un peu plus petite, et

les dessins des ailes supérieures sont différents.

Enverg. 0,021 à 0",022. Les premières ailes sont allongées, un peu falquées à la côte et d’un gris faiblement bleuâtre lavé de roussâtre à diverses places. Les dessins sont très-simples; ils consistent : 1° en une tache noire, étroite, appuyée à la naissance de la côte qu'elle longe dans son premier quart et qui descend jusqu'à la moitié de l’aile où elle finit en pointe aiguë; 2° en une ligne subterminale en zigzag, partant de l’apex et traversant l'aile dans toute sa longueur. Cette ligne, très-anguleuse, large à son point de départ, est accompagnée antérieurement d’une ombre rougeâtre qui laisse voir entre elles le fond de l’aile sous forme d’un filet délié, Les points nervuraux sont à peine indiqués en brun; les franges sont larges et concolores. Les ailes inférieures sont grandes, unies et un peu carnées sur les bords. Le dessous des quatre ailes n’a absolument rien de re— marquable : il est uni, grisâtre et luisant. Les palpes sont fort longs et bien fournis de plumules sur les deux premiers articles. Les antennes sont fines, concolores, avec une faible nodosité à la base. Les yeux sont gros et à peine plus foncés que le thorax. Celui-ci est robuste et de la couleur des ailes supérieures ; l'abdomen, de grosseur normale, a la teinte des secondes ailes. La poitrine et les pattes sont grisatres.

Il paraît évident que cette Myelois nouvelle, d’après ce que j'ai dit des mœurs de sa chenille, n’a qu’une génération par an.

Obs. J'ai, à plusieurs reprises, cherché, sans résultat, les larves de la Robiniella où simplement les traces de leur passage dans les gousses des nombreux acacias de nos environs. Je n’ai pas trouvé davantage l'insecte parfait.

Arge Clotho.

Hb. (Var. Cleanthe), Bdv. Icon. pl. 26, fig. 1-3. — Dup. I, pl. 25, fig. à et 6. — Hb., pl. 975, fig. 9. — Vill. et Gn. p. 77. — — Stgr. cat. 241.

(PI. 62, fig. 1 à 3.)

Elle est plus allongée que celle de sa congénère la Galathea, mais aussi elle est moins fusiforme et entièrement pubescente, la tête et les pattes comprises. Les anneaux sont distincts et plissés transversalement. Le corps est d’un jaune citron tirant un peu sur le verdûtre ; les cinq lignes ordinaires sont fines, assez bien indiquées et règnent du second au onzième segment. La vasculaire est un peu plus accusée que le fond; ce qui la fait ressortir, c'est qu'elle est lise rée de blanchâtre des deux côtis. Les sous-dorsale et stigmatale sont jaunâtres et plus larges que la première ligne. Les stigmates sont noirs, visibles à l'œil nu et cerclés de rougeûtre faible. Le ventre, qui est plus clair que le reste du corps, ne présente pas de lignes. La tête est assez grosse, globuleuse et dégagée du premier anneau : elle est d’un jaune un peu rougeûtre avec les ocelles indiquées en bran, et les mandibules rougeätres. Les pattes sont concolores : les écailleuses ont le dernier article brunâtre.

Cette chenille qui se cache soigneusement pendant le jour, a été

Arge Clotho. 91 trouvée pour la première fois en Espagne par M. Staudinger, qui a bien voulu me la communiquer. Elle vit sur diverses graminées , mais plus particulièrement sur la Lamarckia aurea, L., plante propre aux contrées méridionales de Europe.

Pour se métamorphoser, la chenille du Cleanthe se suspend la tête en bas à une tige d'herbe, et trois ou quatre jours lui suffisent pour opérer sa transformation. La chrysalide est renflée et d’un brun clair presque mat; elle est finement striée de rougeàtre sur l'enveloppe des ailes et celle de la poitrine. La place des yeux et le sommet de la chrysalide tirent sur le brun. Le papillon éclot quinze ou seize jours après.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,048 à 0",050. Cette espèce, présentée comme dis— tincte du Clotho par plusieurs de nos auteurs français, ne serait, aux yeux des auteurs allemands, qu'une variété locale de cet Arge. Il est fàächeux que la chenille du type, celle du Clotho, ne soit point connue, car en la comparant à celle du Cleanthe que je fais figurer aujourd'hui, on pourrait trancher la question. Espérons toutefois qu'elle sera bientôt éclaircie.

Le Cleanthe est de la taille et a le port du Clotho ; mais les taches des quatre ailes sont généralement plus grandes et recouvrent davantage leur surface; cependant les lunules marginales sont plus petites.

Cette espèce ou variété découverte par feu Honorat dans les Basses—Alpes, à été retrouvée abondamment par notre compatriote Donzel, dans les mêmes lieux. Depuis elle à été rapportée de l'Espagne, du Portugal et de la Sicile par tous les lépidoptéristes qui ont chassé dans ces riches contrées, et enfin retrouvée en abondance, ces dernières années, dans le département de la Lozère.

Arge Lachesis

Hb., pl. 186, fig. 7. — God. If, pl. 43, fig. 1-2. — Vill et Gn. p. 75 — Bdv. 183 — Stgr. 236 = Nemausiaca , Esp. pl. 96, fig. À et 2.

(P1.162; fg.-4 et 5.)

Elle est fusiforme avec le dernier anneau sans queue bifide et entièrement pubescente ainsi que la chenille du Cleanthe son congénère. Sa couleur générale est carnée avec les lignes ordinaires d’un carminé pàle. Des traits transversaux indiqués sur chaque anneau, s'arrêtent à une ligne longitudinale étroite et continue, placée au dessous de la stigmatale. Le ventre plus pâle que le dos n’a pas de lignes. La tête est jaunâtre, globuleuse et hérissée de poils roussâtres avec les ocelles et les mandibules indiquées en brun. Les seize pattes ‘sont concolores, mais la couronne des ventrales est brune. Les stigmates sont tous gros et noirs.

Cette chenille qui m'a été envoyée d'Espagne, se cache soigneusement et ne quitte sa retraite que la nuit pour manger. Elle vit ainsi que ses congénères sur diverses espèces de graminée ; cepen— dant la Lamarckia aurea, L. semblerait la nourrir plus spécialement.

Envergure : 0%,058 à 0",060. Il est toujours un peu plus grand que ses congénères Galatha et Psyche. Les ailes sont grandes, bien développées, d’un blanc un peu jaunâtre avec le bord subtermipal noir, sur le fond duquel se détachent les divers dessins qui ca-

Bombyx Vandalicia. 93 ractérisent l'espèce. En dessous les premières ailes seraient la répétition du dessus si l'extrémité apicale n’était teintée de jaunâtre : elles sont complétement lavées d’une couleur soufrée, obscure. Les secondes ailes sont aussi lavées de la même teinte, néanmoins les taches ocellées se distinguent assez bien.

Cet Arge est un des plus anciennement connus, cependant Engramelle n’en parle pas.

Le Lachesis qui vole en juin et juillet, habite le midi de l'Europe, mais plus particulièrement les Pyrénées-Orientales, l'Espagne, le Portugal et l'Italie.

Feu Donzel nous dit dans ses notes manuscrites qu'il a pris le Lachesis jusqu'à 4,200 mètres sur les contre-forts du Canigou. MM. Guenée et Bellier l'ont pris abondamment en 1857 aux environs du Vernet, où il est le seul de son genre.

Bombyx Vandalicia, Mi.

( Species nova.)

( PL. 62, fig. 6 et 7.)

Cette larve d’origine espagnole nous à paru complétement inconnue à M. Staudinger et à moi. C'est pour appeler sur elle l’attention des entomologistes que je la fais connaitre. C’est d'après deux chenilles soufflées parfaitement préparées et qui sont l’une à moitié ou aux deux tiers de sa taille, et l’autre, adulte sans doute, que je fais ma description. La plus grande de ces deux larves, celle que je crois adulte, est de la grosseur des chenilles du Bombyx Catax où du Bombyx Everia; toutefois elle me paraît plus épaisse et peut-être relativement plus courte. La villosité, tout aussi longue, est plus

fournie que celle des deux chenilles auxquelles je la compare. Elle est cylindrique, médiocrement allongée et recouverte de poils nombreux implantés par faisceaux sur de gros points pilifères ovales qui sont d'un brun rougeûtre. Cette villosité a cela de remarquable qu'elle présente sur le dos de la chenille trois teintes différentes à chacun des faisceaux : le blanc, le fauve et le noir ; les poils de cette dernière couleur sont les plus abondants. Les poils des flancs sont blanchâtres; ceux du ventre et ceux qui entourent les pattes sont d'un rougeàtre obscur. La peau est d’un noir bleuätre et la région dor— sale est occupée par de gros points noirs veloutés qui accompagnent les trapézoïdaux à droite et à gauche. Le ventre est dépourvu de points pilifères ; cependant les quatrième et cinquième anneaux présentent une rangée de points verruqueux rougeûtres. Les stigmates, médiocrement gros, sont noirs et à peine cerclés de grisàtre. Le premier anneau est corné, d’un noir luisant et précédé d’une bande transverse également noire et luisante. La tête est petite, globuleuse rétractile et d’un noir de jais. Les pattes écailleuses sont également noires ; les ventrales et anales, dont la couronne est brune, sont jau— nâtres et marquées de brun aux incisions.

Cette chenille, lors de sa troisième mue, est d'une couleur diffé rente de la teinte qu’elle acquérera après la quatrième, c’est-à-dire que la villosité au lieu de présenter trois couleurs, n’en montrequ'une seule ; c’est le fauve clair et uniforme ; cependant si la peau est d'un gris bleuûtre, la partie comprise entre les stigmates et les pattes, est d'un noir velouté. Les points piliféres,. ovales et rougeàtres sont déjà aussi développés qu'ils le seront après la quatrième mue.

Les deux sujets de cette espèce que je viens de décrire, et que j'ai peints avec soin, ont été rapportés d’Andalousie par M. Staudinger lors de son dernier voyage en ce pays. Il en à trouvé plusieurs individus à divers âges sur un gazon montagneux dans le voisinage duquel il n’a vu ni arbres, ni arbrisseaux. L’insecte doit donc vivre de plantes basses ; cependant je fais observer qu'il n’a touché à aucune des plantes herbacées qui lui ont été présentées. Pas une de ces

Euplocamus Anthracinalis. 95 chenilles n’a fourni son insecte parfait. Espérons toutefois qu'à l'avenir on sera plus heureux dans l'éducation de cette intéressante espèce. En attendant que l’insecte parfait arrive à la connaissance des lépidoptéristes, je nomme la chenille Bombyx Vandalicia pour rappeler sa patrie.

Variété de

L'Euplocamus Antlhracinalis.

Scop. — Ilig. —W.—V.—Hb.— Sigr. = Erytrocephala, Fab. = Fuesslinaria, Esp. = Guttatus, Latr. = Anthracinella, S. N. — Hb.-Tr.

(PL. 62, fig. 8.)

Cette jolie variété qui est de la taille des grands exemplaires du type et qui en à tout le facies, a en presque totalité la coloration de l'espèce congénère l'Ophisa, Cram. (Aurantiella, Tr. Dup.) Cette couleur anormale rappellerait assez, au premier abord, une aberration de cetie dernière espèce, si la coupe d'ailes, qui est exactement celle de l’Ophisa, ne venait prouver que le sujet en question est, en réalité, une variété de cette dernière espèce; voici sa description :

Envergure 0°,030. Il s'éloigne du type : 1° par la couleur du fond quiest non pas noire, mais plutôt fuligineuse ; 2° par la disposition tout autre des taches des ailes supérieures qui ne sont qu'au nombre de trois principales, lesquelles présentent chacune la réunion des deux ou trois taches de l'espèce ordinaire; 3° par la présence aux ailes inférieures d’une bande blanchâtre qui longe le bord interne et par une tache centrale rouge placée aux trois quarts de lalongueur de l’aile; 4° enfin par la coloration anormale des taches aux supérieures qui,

au lieu d’être d’un blanc pur, sont d’un jaune ochracé. Le dessous est la répétition exacte du dessus; pourtant sur le fond enfumé, les taches sont plutôt blanchätres. La côte des antennes très-plumeuses rappelle tout à fait celle du type : elle est annelée de blanc et de noir. La tête, les pattes et les ptérygodes sont d’un fauve ochracé. L'abdomen est effilé, noir, et dépasse les ailes inférieures.

Cette variété accidentelle fait partie de mon cabinet ; elle m'a été envoyée de la Prusse; je la crois originaire des environs de Berlin.

EXPLICATION DES PLANCHES De la 18e Livraison (1865).

— #0 hs

. Chenille de la Bucculatrix Lavaterella, MizL., grossie. . Fourreau grossi.

. Chrysalide grossie.

. Insecte parfait grossi.

id. grandeur réelle.

IE

. Chenille de la Xanthodes Graellsi, Frisru.

. Insecte parfait.

Fig.

Fig.

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