‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 2)Chapitre 9 sur 44 · P. MILLIÈRE TREIZIÈME LIVRAISON · texte numérisé non relu

P. MILLIÈRE TREIZIÈME LIVRAISON

Présentées à la Société Linréenne de Lyon, le 9 jsnv'er 1865

Bucculatrix Lavaterella (1). Mizr.

( Species nova.)

(PI. 39, Fig. 1 À 5.) CHENILLE.

On la reconnait de suite pour appartenir au genre Bucculatrir. En effet, elle possède bien les seize pattes normales. Ce caractère essentiel, l'éloigne des chenilles du genre Nepticula qui sont dépourvues de pattes écailleuses, et de celles des Lithocolletis qui n'ont que six pattes ventrales. D’autres caractères d’ailleurs, qui seront signalés lors de la description de l'insecte parfait, établissent que c’est bien

(1) De Lavatera. ( L. Olbia, L.)

effectivement dans le genre Bucculatrix, Z., Stainton (Londres, VII, 1862), qu'il convient de placer ce microlépidoptère.

La chenille de la Lavaterella mesure à peine dix à onze millimétres de long. Elle est fusiforme, plissée, à anneaux renflés, un peu courbée, d’un blanc vert bleuàtre qui rappelle assez la couleur de la feuille dont elle fait sa nourriture; sans dessins, sans lignes, si ce n’est pourtant la vasculaire où mieux le tube intestinal qu'on apercoit sous la peau à moitié diaphane, sous forme d'une ligne médiocrement large, droite, continue et d'un vert foncé. On distingue difficilement les points trapézoïdaux bruns et les autres points d’où partent des poils fins, courts et grisâtres. La tête est petite, lenticulaire, brune. Le premier anneau est muni d'une plaque écailleuse d'un jaunâtre obscur. Les deuxième, troisième et douzième segments sont faiblement lavés de carné en dessus. Les pattes écailleuses sont d'un gris foncé; les autres sont concolores.

Cette petite chenille, dont la lenteur est extrème, vit en novembre et en décembre, aux environs d'Hyères, sur la Lavatera olbia, L.; arbrisseau qui croit un peu partout. Vivant d'abord à la manière des mineuses, elle ronge le parenchyme de la feuille tomenteuse dont elle dévorera la surface supérieure quand elle aura atteint l’âge adulte.

Un petit parasite appartenant à l'immense groupe des Zchneumons, un Mesolius, attaque très-souvent cette chenille et éclot à sa place.

La taille exiguë de ce parasite est proportionnée à celle de sa victime. Il est nouveau sans doute et peut être nommé dès à présent. Je propose pour lui le nom spécifique de Lavaterelleæ.

Lorsque la chenille de la Bucc. Lavatarella éprouve le besoin de se métamorphoser, elle demeure ordinairement sur l’arbuste; elle choisit dans la cavité ou dans le pli d’une feuille une place qu'elle juge convenable et forme très-vite, c'est-à-dire en moins de deux jours, une triple enveloppe protectrice. L’insecte file d'abord une soie blanchâtre ressemblant, vue à la loupe, à du coton cardé très-fin, au centre de laquelle il tisse une coque papyracée solide, plissée, ru

Bucculalrix Lavaterella. 71 eueuse, blanchätre; après quoi ce prévoyant insecte forme, avant de se chrysalider, une troisième enveloppe lisse, opaque, plus blanche que la précédente, où arrive la transformation dans un temps fort court. il le faut bien puisque l’éclosion de l'insecte parfait à eu lieu le 21 décembre suivant, moins de quinze jours après la métamorphose.

La chrysalide est proportionnellement allongée. Elle est dépourvue, aux anneaux abdominaux, des petites épines qu'on observe chez cer- {aines espèces congénères; différant en cela des chrysalides de Bucculatriæ décrites par M. Stainton.

Elle est d’un brun mat avec la gaine des antennes et l'enveloppe des ailes descendant assez bas sur l'abdomen; celui-ci se termine par une pointe obtuse, noire et luisante.

INSECTE PARFAIT

Ce petit lépidoptère, dont l'envergure ne dépasse pas 0",09, à tous les caractères des espèces du genre Bucculatrix créé par M. Zeller, et successivement adopté par MM. Herrich-Schæffer, Stainton, Staudinger, etc., c'est-à-dire que l'article basilaire des antennes est noduleux, et que la tête est laineuse ef sans palpes. Les ailes supérieures sont allongées, légèrement falquées, à fond blanc et largement lavées de brun, de gris bleuàtre et de rougeätre à diverses places, notamment à celles qui sont parsemées de nombreux atomes noirs. Ces atomes de diverses groseeurs, réunis par groupes, forment autant de taches plus ou moins grandes et qui sont ainsi disposées : une à la base de l’aile et une appuyée au tiers de la longueur de la côte. Une autre tache allongée, plus noire que les autres, longe le bord interne et suit la tache basilaire précitée. Une quatrième tache triangulaire, qui part de la côte, tend à se réunir à la précédente. Une cinquième occupant la place de la coudée, se dirige sur un gros point noir situé à l’angle inférieur, Enfin une tache orbiculaire, cons-

tante et caractéristique est située à l’apex. La frange est longue et concolore; elle est partagée par tne rangée de points noirs mieux indiqués au sommet qu'à la base. Les ailes inférieures sont très-étroites, aiguës et d’un gris brunâtre ; elles sont garnies de longues franges soyeuses, concolores, mais un peu rougeàtres. En dessous, les quatre ailes ne présentent ni taches, ni dessins; elles sont d'un gris brun plus accusé sur les bords qu’au centre; elles sont de plus luisantes et parfois irisées. Les antennes, médiocrement longues, n'arrivent qu'aux deux tiers de la longueur des ailes: elles sont moniliformes, brunes, à peine annelées de blanchâtre avec le premier article noduleux. La tête est fortement laineuse, c’est-à-dire recouverte de poils longs, serrés, nombreux, blanchâtres et bruns à l'extrémité. Le front est dénudé et blanc. Les yeux sont relativement gros et noirs. Le thorax, assez robuste, est blanchâtre. L'abdomen est long, brun et garni, à l'extrémité, d’un pinceau de poils concolores. Les pattes sont assez longues, avec les cuisses garnies de grands poils soyeux et blanchâtres.

La B. Lavaterella semble se rapprocher de la Boyerella de Duponchel, pl. 3, fig. 3. — Herr.-Sch. f. 851. — Albedinella, Z., Dup., Sup. 78, Ê. 10 — Cuculipennella, Haw. Aussi est-ce après celle-là que cette nouvelle Bucculatrix devra trouver place. Elle portera le n° 2,496 bis dans le catalogue Staudinger.

Obs. Ce petit lépidoptère parait aussi vif que sa chenille est paresseuse. Il vole dans le voisinage des lavatères où les femelles viennent déposer leurs œufs. Au repos, il demeure fixé sur les feuilles de l'arbuste, les ailes embrassant étroitement le corps. Il doit avoir, la chose est probable, plusieurs générations; toutefois, je dirai que je ne l'ai jamais vu voler qu’en hiver, et que j'ai trouvé en abondance sa chenille en même temps que celle de FEubolia Malvata, qui, on le sait, n'a jamais qu'une seule génération. (1conogra.

X'unthodes Graellsti. 73

XKamthodes Graellsii, FEISTH,

Anu. Soc. entom. Fr. 1837, p. 200, pl. 12, fig. 3. — Hb., fig. 879. — Dup. Sup. I, pl. 45, fig. 3. — Gn. VI, p. 241. — Stgr. 795.

(PI. 59, fig. 6 et 7.)

Tous les auteurs qui ont classé cette espèce n'ont pas su que sa chenille a douze pattes; ce qui justifie le placement du genre Xanthodes de M. Guenée dans la famille des Acontides et ce qui le rapproche des Acontia proprement dites parmi lesquelles les Xanthodes européennes avaient été primitivement classées, c’est que toutes ces dernières, en effet, sauf la Luctuosa, W., n’ont que douze pattes. Voicila description de la chenille de Graellsii qu'au premier abord on pourrait prendre pour un véritable Géomètre.

Elle est très-allongée, cylindrique, faiblement atténuée postérieurement, à tête globuleuse, médiocrement grosse. La teinte générale, celle du fond, est le vert clair avec la région dorsale largement lavée de carné vineux qui se fond sur les flancs de l’insecte et finit par se confondre avec la couleur verte. A la place de la ligne vasculaire, on voit une éclaircie dorsale large et continue. La stigmatale est fine, jaunâtre et incertaine. Les stigmates sont rougeûtres et cerclés de brun. Les anneaux sont très-distinets et maculés ainsi que je vais le dire. Le premier est marqué de dix points noirs placés sur deux rangs; les deuxième et troisième anneaux ont huit points noirs placés sur une seule ligne, lesquels sont accompagnés de chaque côté de deux traits noirs perpendiculaires. Tous les autres segments

sont marqués de deux V dont les branches supérieures sont séparées par l’espace dorsal. Les quatrième, cinquième, sixième et septième présentent au milieu de espace formé par les deux V précités, deux petits traits noirs et horizontaux. Ces diverses taches sont, ainsi que chez les trois premiers anneaux, accompagnées à droite et à gauche d'un trait fin, noir, perpendiculaire, de trois à quatre millimètres de long. Les points pilifères sont noirs, bien accusés et d'où s'échanpe un poil brun, fin, assez long. La tête est globuleuse et d’un jaune testac?, maculée de gros points bruns et d'une ligne transversale noirâtre. L'insecte a douze pattes très-développées : six écailleuses, quatre ventrales et deux anales. Les premières sont effilées et d’un jaune testac?. Les ventrales et anales sont concolores.

Le ventre est d'un vert bleuâtre et n'a pas de lignes.

Cette remarquable chenille vit sur les diverses Lavatera, mais principalement sur la L. olbia, L. Ces plantes sont abondantes dans le midi de la France, en Espagne, à l'île de Malaga, etc. C'est de cette dernière localité que l'insecte à été rapporté par M. Staudinger.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,040 à 0",042.

Les ailes supérieures sont larges, arrondies, épaisses, d'un jaune paille vif avec la base inférieure très-claire et quelques atomes noirs çà et là répandus. Une liture d’un brun violâtre, partant du milieu de l'aile, aboutit à la frange qui est large et aussi brun violâtre. Quatre où cinq points ronds, rougeàtres, longent la côte en dessus, mais ils ne la touchent pas. Les ailes inférieures sont d'un blanc hyalin et teintées de brun roussâtre au bord terminal. Le dessous des supérieures est blanc, mais largement lavé de brun roussâtre au bord. Les inférieures sont semblables au dessus.

Les antennes sont simples, brunes et blanches à la base. Le thorax est bien fourni d'écailles et de la couleur des premières ailes. Le front

Xanthodes Graellsi. b) et le collier sont blancs. L'abdomen est blanc avec l'extrémité roussûtre.

La femelle ressemble au mâle.

Cette jolie noctuelle a été trouvée pour la première fois aux environs de Barcelone par M. le professeur Graells auquel le général Feisthamel l'a dédiée. Depuis elle a été élevée en Espagne en grand nombre, ef aujourd'hui cette espèce est répandue dans toutes les collections. Elle n’a point encore été rencontrée en France, mais j'espère qu'avant peu, no$ provinces méridionales où, je l'ai dit, crois sent abondamment les Lavatera, nous la fourniront.

Obs. L'auteur du Species général des Lépidoptères ayant su que j'allais donner l'historique des premiers états de la X. Graellsii, m'a prié de faire imprimer à la suite de mon article la note suivante :

NOTE DE M. GUENÉE.

La connaissance que j'ai depuis longtemps de la chenille de la Xanthodes Graellsii qui avait été envoyée d'Andalousie à M. Becker il y à plus de dix ans, et qu'il m'avait généreusement sacrifiée, m'engage à ajouter cette note à l’article de M. Millière, pour compléter les renseignements qu'il donne ici sur cette curieuse chenille.

Comme celle que j'ai élevée différait un peu de celle de M. Millière, je ne puis mieux faire que de transcrire la description que j'avais prise, dans le temps, sur le vif.

« Elle n'a que trois paires de pattes membraneuses ; mais toutes « ces pattes sont remarquablement longues, effilées et coniques, sur- « tout les deux paires ventrales. Les pattes écailleuses sont aussi « très-dévelonpées et implantées sur des mamelons très-saillants, « presque comme celles des Ennomos. Le corps est très-allongé, mo- « hiliforme, subdiaphane, avec les quatre premiers anneaux renflés « et les derniers atténués. La tête est presque aussi haute que le pre-

nier anneau, saillante, globuleuse, mais aplatie en avant et un peu élargie par en bas. Les trapézoïdaux sont noirs, verruqueux, mais fins et surmontés chacun d'un très-long poil. Les latéraux sont tout aussi visibles, également noirs, mais à poils moins longs ; enfin les ventraux, quoique concolores, sont aussi bien distincts; mais ce qu'il y à de remarquable, c'est que sous les 6° et 7° anneaux qui, chez les autres chenilles, sont ordinairement pourvus de pattes membraneuses, il existe ici deux points ventraux surnuméraires et placés immédiatement au dessous du 2° ventral supérieur , Comme si ces points étaient les rudiments des pattes absentes !

« Tout le corps de cette curieuse chenille est d’un vert clair un peu jaunâtre et transparent, avec une large bande vasculaire d’un jaune citron, liser’e de chaque côté d’un filet d’un blanc bleuître mat, mais incertain. La stigmatale est semblable, mais plus étroite et entièrement jaune. Elle porte, dans son milieu, les stigmates qui sont ferrugineux et entourés de trois points latéraux noirs. De chaque côté de la vasculaire on voit ua chevron linéaire noir, dans le milieu duquel est un trait noir aussi etisolé, sur les 4°, 5°, 6° et 7° anneaux, vide sur les autres. Ces dessins sont remplacés, sur les trois premiers, par une série transversale de points noirs dont les deux derniers sont séparés par une tache jaune. Enfin on voit, en avant et en arrière de chaque incision, un trait grèle transversal égalemement noir. Le clapet anal est marqué d'une tache ou bandelette d'un rouge de sang. La tête est couverte de points noirs tres-nets, arrondis et régulièrement disposés.

« J'ai élevé cette chenille avec des feuilles de mauve et de lavatère, et elle à subi sa transformation le 45 août. Malheureusement elle est morte avant de l'avoir entièrement opérée.

« Je saisis cette occasion pour rectifier une erreur que j'ai commise dans mon Species. J'ai dit que la X. Graellsi se trouvait nonseulement en Europe, mais aussi aux Indes orientales, en Nubie, à lle Maurice et à Madagascar. J'ai reconnu depuis que les indivi-

Nychiodes Lividaria. 77 dus d’Andalousie forment une espèce distincte. Celle que je considérais comme la femelle appartient aussi à une tout autre espèce. La femelle de la Graellsii, qui n'était pas connue alors, a les ailes inférieures blanch?s comme le mile et seulement plus largement lavées de brun jaunâtre au bord terminal. J'ai recu depuis plusieurs autres Xanthodes nouvelles, et entre autres une espèce d'Australie, qui n'ont point été décrites dans mon Species ; mais ce n'est pas ici la place de nous en occuper.

« J'appelle, en terminant, l'attention sur ce que j'ai dit dans ma description touchant les verrues ventrales qui remplacent les deux premières paires de pattes membraneuses chez cette espèce, et je me réserve d'entrer quelque jour dans des détails plus étendus à ce sujet. Je remarque dès à présent que ce fait ne se reproduit pas chez les autres Noctuélides dodécapodes, comme les Plusia, la Cerocala scapulosa, etc. Malheureusement je n'ai pas maintenant de chenilles d’Acontide sur lesquelles je puisse le vérifier. Ce que je puis ajouter ici, c'est qu'à mesure que mes observations se sont étendues, le rôle des points tuberculeux que j'ai signalés le premier sur les chenilles, m'a paru de jour en jour plus important et plus curieux à étudier en détail.

& A. GUEXÉE. »

Nychiodes Eividaria.

Hp. pl. fig. 141. — Tr. VI, 1, 207 — Cup. IV, pl. 55. fig. 1.

— Herrich-Sch. fig. 37. — Gn. IX, p. 221. — Stgr. cat. 255. ( Aberr. Andalusiaria, MILL. )

(PI. 60, fig. 2.)

Cette remarquable variété est plus petite que l'espèce ordinaire

d'un tiers environ; elle s’en éloigne sensiblement par la coloration.

Le fond au lieu d’être brun plus ou moins sombre, est d'un blanc un peu carné au centre de chaque aile, surtout aux supérieures. De nombreux atomes noirs répandus irrégulièrement en salissent la surface, Les lignes coudée et extrabasilaire ainsi que le point cellulaire sont très-nettement écrits en noir. La frange est également blanche; elle est entrecoupée de noirätre et précédée d’un liseré noir festonné aux quatre ailes. Le dessous serait entièrement blanc, s’il n'était aspergé d’atomes bruns, moins nombreux toutefois qu'en dessus. Le point cellulaire est bien écrit aux quatre ailes. Le thorax est fourni d'écailles blanchâtres, carné au sommet et, ainsi que l'abdomen, aspergé d’atomes foncés.

Cette curieuse variété, qui parait rare en Espagne, est constante; comme telle, je crois devoir lui imposer un nom qui rappellera sa patrie.

Je possède deux sujets ©" et $ d'une sous-variété de cette Nychiodes, obtenus de chenille. Ils proviennent également de l’Andalousie. Ces deux exemplaires diffèrent assez sensiblement des Lividaria de la France centrale : il sont plus petits, plus sombres avec les lignes transversales plus larges et mieux écrites. La coudée est plus anguleuse, la tache cellulaire est moins allongée. Le dessous présente aussi quelques différences appréciables. Je me demande si cette seconde aberration espagnole, qui pourrait bien être le type de l'Andalusiaria, car je la crois plus abondante que celle-ci, ne constituerait pas une espèce distincte.

Aberr. A.

(PI. 60, fig. 1.) Je ne sais trop s'il faut rapporter cette variété aux sujets que pos-

sède M. Ledérer, qui sont plus ternes que le type et qui proviennent de Beyrouth (Gn. IX, p. 222). L'individu dont il s’agit est un mâle; il

Pachnobia Hyperborea. 79 est un peu plus grand que l'espèce ordinaire, bien développé, trèssombre, c’est-à-dire d’un brun ferrugineux roussâtre, surtout au centre de chaque aile. Sur ce fond obscur les lignes et le point cellulaire qui est très-petit paraissent à peine indiqués. Le sablé noir est si fin et si serré qu'on ne peut le distinguer qu'à la loupe. Le dessous est semblable au dessus ; cependant la tache cellulaire est un peu mieux écrite. Les antennes, le thorax et l'abdomen participent de la couleur des ailes. Ce sujet qui à été obtenu ex larva provient des environs de Châlon-sur-Saîne où le type est fort abondant et où on obtient au printemps la chenille qui passe l'hiver, en la cherchant sur les Prunus spinosa petits et rabougris situés sur. certaines collines bien exposées.

Obs. On peut obtenir cette chenille d'œufs pondus par des femelles accouplées en captivité; mais pour l'élever il est indispensable de lui faire passer l'hiver en plein air où pendant quatre à cinq mois elle ne mange absolument rien. L'atmosphère des appartements ne saurail lui convenir ; j'en ai fait souvent l'essai.

Je dirai encore à propos de la Lividaria, que l'espèce fait partie de notre faune lyonnaise, bien qu'elle soit rare dans le département, J'ai pris deux fois la chenille au Mont-Cindre, en mai, sur le Prunellier, et une fois en été (1852) l'insecte parfait, à la Cité-Napoléon.

Pachnobia Hyperboren, DAL.

Bdv., p. 71. — Zett. Ins. Lapp. 938. — Gn. V, 342. = Aquilonaris, Zett. 1. ©. 940. = Alpicola ? Zett. 1. ©. — Stgr. 67.

(PI, 60, Fig. 3 et 4.)

Envergure : 0",024 à 0",025.

Les ailes supérieures sont un peu arrondies à l’apex, robustes et

bien fournies d'écailles. Leur fond brunâtre clair est traversé par une large bande grise médiane. Les lignes et taches ordinaires sont bien indiquées; le tout est finement aspergé d'atomes bruns. La coudée est fine, dentée, flexueuse; elle est suivie de la subterminale, un peu plus épaisse à la hauteur de la réniforme, et présente à cette place deux taches noires cunéiformes, courtes. La réniforme est grande, bien formée, blanchâtre, arrêtée en noir et teintée de rougeàtre sur les bords. L’orbiculaire, incomplète par en haut, est grande et comprise dans la bande grise précitée. La tache claviforme, relativement très-grande, est mal arrètée par en bas. Les ailes inférieures sont d’un gris noirâtre plus clair à la base, avec les franges blanchâtres. Le dessous est d’un gris un peu vineux au bord supérieur de chaque aile, avec une large bande enfumée qui les traverse du haut en bas. La tache cellulaire, indiquée aux quatre ailes, est ronde aux supérieures et allongée aux inférieures. Les antennes sont garnies de lamelles distinctes. Le thorax est robuste, bien fourni d’écailles et semblable aux premières ailes. L'’abdomen, dont chaque anneau est un peu crèté, est brun et lavé de rougeûtre à l'extrémité.

La femelle est un peu plus petite que le mâle; cependant ses ailes paraissent plus arrondies, elles sont aussi beaucoup plus claires; c’est-à-dire que le brun des supérieures est remplacé par une teinte gris clair aspergé de rares atomes bruns. Les lignes transversales sont plus mal écrites que chez le mäle, la subterminale entre autres; cependant la claviforme est grande, bien formée et complétement arrètée sur les bords. Les inférieures sont grisätres et un peu enfumées extérieurement. Le dessous rappelle celui du mäle: toutefois la large bande enfumée n'existe pas. Les antennes sont à peine crénelées. Le thorax et l'abdomen sont d'un gris blanchâtre.

Cette espèce, qui est une des plus remarquables du genre, n'a été figurée nulle part. On ne connaît pas, en France du moins, l'ouvrage où Dalmen l'a décrite. Je suppose même qu'elle ne l'a été d'une manière convenable que dans le Species de M. Guenée. (V. p.342.)

La Pach. Hyperborea à été rapportée du Cap-Nord par M. Stau-

Hepialus Lupulinus 81 dinger. C’est encore une très-grande rareté. Je poss'de en collection le o'et la © obtenus ex larva.

Heypinlus Lupulinus.

DS NP ES D 201 DM TA MGOUAINE D AMD O SIT!

Esp., Bdv. 614, Stor. 117. = Flina, Esp., Hb. pl. 210, fig. 1.

( PL. 60, Fig. 5 à 7.)

Les premiers états des Hépiales sont à peine connus : la chenille seule de l'Humuli a été observée; cependant il importerait, au point de vue agricole et horticole, de connaitre les mœurs de leurs larves, afin de combattre les ravages nombreux que la plupart de ces chenilles voraces causent à un grand nombre de nos plantes potagères et d'agrément. Je suis à mème de fournir des détails sur une des plus dangereuses de ces larves : celle de l'Hepialus Lupulinus.

Elle est allongée, cylindrique, rase, à peine carénée sur les côtés, avec la tête grosse et les seize pattes bien développées. Elle est d’un blanc jaunâtre, livide, et a les premiers anneaux teintés de violacé par les matières ingurzitées et contenues dans le tube intestinal. Les derniers anneaux sont lavés d'une couleur carnée. La tête est aplatie, carrée, rougeûtre ef armée de puissantes mandibules. Les stigmates sont ovales, jaunâtres et cerclés de noir. Le premier anneau est recouvert en presque totalité par une plaque écailleuse rougeàtre. Le ventre serait concolore si les matières contenues dans le tube intesti— nal n'étaient indiquées en bleu violacé dans toute la longueur de l'in secte, Les pattes écailleuses sont d’un jaune obseur ; les ventrales sont

unicolores; celles-ci marquées d'une tache noire antérieurement. Les points pilifères et trapézoïdaux sont bruns et laissent échapper des poils noirs médiocrement longs.

Cette chenille, qui éclot dès la fin de l'été, vit aux dépens d'un ascez bon nombre de plantes; ce sont surtout les Daucus, les Bryomia, les Valeriana, dont elle dévore les racines charnues et qu'elle fait infailliblement périr à la longue; en effet, à l'abri sous une épaisse couche de terre, elle brave le froid, et la mauvaise saison ne saurait arrêter ses ravages. Elle mange donc et continue à grossir pendant l'hiver entier; ce n'est qu'au printemps, vers la fin de mars ou le commencement d'avril que, parvenu à sa faille, ce ver blanc, ainsi nommé par quelques horticulteurs, se choisit, au milieu des radicuies d'une des plantes attaquées, un lieu propice où il pourra se transformer rapidement dans une position perpendiculaire, la tête en haut.

La chrysalide qui, par sa forme, a certaine analogie avec celles des Sesia, est allongée, cylindrique, d'un brun rougeûtre, avec lenveloppe des ailes assez courte et les segments abdominaux disposés en spirale et garnis de dents où petits crochets fins, aigus et inclinés en bas ; ils s'arrêtent au pénultième, où ces crochets sont plus développés que sur les autres anneaux. L'enveloppe des yeux et celle des crochets précités sont garnies de poils bruns, courts et raides. Il est supposable qu'ils servent à l'insecte lorsque celui-ci doit éclore et que c'est aussi au moyen des dents placées sur les anneaux, qu'en opérant un mouvement de rotation, il chemine jusqu'à l'ouverture où il travaille immédiatement à se débarrasser de son enveloppe. Cette opération a lieu ordinairement vers le quinze ou le vingt mai, C'est-à-dire cinq ou six semaines après la chrysalidation.

La longue galerie que cette chenille a formée bien avant sa métamorphose et qu'elle à successivement agrandie, ou mieux le long tube en soie dans la composition duquel il entre des grains de terre, et dont l'ouverture arrive à la surface du sol, a dû lui servir à des cendre profondément dans la terre lorsqu'arrivent de grands froids,

Gelechia Psoralella. 83 et à remonter jusqu'à l'orifice dès que le temps devient plus doux. Nouvelle preuve de cet admirable sentiment de la conservation ac cordé par le Créateur à tous les êtres qu'il a formés.

INSECTE PARFAIT

Envergure : le © 0,025 à 0,027; la $ 0,030 à 0",032.

Le mâle, que Fabricius à nommé Obliquus, à les ailes allongées, étroites, rectangulaires, d’un brun jaune rougeàtre, traversées par deux bandes blanches obliques, disposées de telle sorte que leur réunion au milieu du bord abdominal forme une sorte de V au milieu duquel on voit un trait blanc longitudinal. La frange est concolore et précédée d’une rangée de petites taches nervurales triangu— laires et jaunâtres. Les inférieures sont d’un brun fuligineux et unies. Le thorax est recouvert de poils concolores.

La femelle est non-seulement plus grande que le mâle, mais elle est toujours sensiblement plus pâle.

On rencontre cette espèce partout en Europe, où elle est très-répandue.

Gelechia Psoralella (1), Mir.

( Species nova. )

(PI, 61, fig. 1 6.) CHENILLE.

Cette petite larve éclot à la fin d'octobre, alors que les feuilles radicales de la plante qui doit la nourrir, commencent à se développer.

(1) De Psoralea (P. biluminosa, L.).

Jusqu'à sa première mue, l'insecte se tient au revers de la feuille , après quoi il plie celle-ci en deux dans le sens de la nervure principale, en lie les bords seulement, et là, complétement à l'abri du froid, de l'humidité et de ses ennemis, il ronge lentement la pellicule supérieure de la feuille sans la trouer jamais. La chenille qui , dans le jeune âge, est d'un brun foncé presque noir, demeure une bonne partie de l'hiver sans beaucoup grossir. La nourriture venant à lui manquer, elle change une première fois de demeure, puis une seconde, puis une troisième avant de parvenir à toute sa taille. Arrivée à la grosseur qu'elle doit avoir vers les derniers jours de février, la petite chenille ne se contente plus de ronger le parenchyme de la feuille, elle attaque celle-ci dans toute son épaisseur. A cette époque de sa vie cette larve est fusiforme avec les extrémités très-atténuées et les anneaux renflés tous distincts. Elle est de plus fortement plissée et son aspect général est le rougeàtre vineux, tournant parfois au brunâtre. Le corps ne présente pas les lignes vasculaire et sous-dorsale ordinaires, si ce n’est toutefois une éclair cie blanchâtre sur les deuxième, troisième et quatrième anneaux ; on voit au milieu de chaque segment une large tache ou bande brune transversale, irrégulière, descendant jusqu'à la stigmatale : celle-ci est fine, ondulée, claire et continue. Le ventre est concolore et na pas de lignes. Les stigmates sont relativement gros, noirs et cerclés de blanchätre. La tête est petite, lenticulaire, noire et dégagée du premier anneau ; celui-ci dont la partie antérieure est blanchâtre est muni, ainsi que le dernier segment, d’une plaque écailleuse noire, étroite, luisante, placée au milieu et descendant de chaque côté jusqu'à la hauteur de la stigmatale. Les pattes écailleuses sont noires et annelées de blanchâtre ; les autres pattes sont d'un vineux obscur et également annelées. Une forte loupe permet de distin— guer les points trapézoïdaux foncés, surmontés de poils courts et bruns.

Cette chenille vit à Amélie-les-Bains ( Pyrénées-Orient.) sur la Psoralea bituminosa, L., plante à odeur bitumineuse prononcée, des

Gelechiu Psoralella. 85

feuilles de laquelle l'insecte doit se nourrir exclusivement. Si, comme je le pense, l'espèce a plusieurs générations, le printemps doit en voir paraître deux et peut-être davantage. La chenille se métamorphose rarement dans les feuilles : le plus souvent elle se cache parmi les détritus de végétaux où a promptement lieu la transformation.

La chrysalide, formée au centre d'une petite coque tissée en soie blanchâtre, est allongée, obtuse au sommet, effilée, conique et granuleuse à l'extrémité, rougeûtre et luisante, L'enveloppe des ailes , descendant assez bas sur l'abdomen, est brune et striée de rougeàtre, La pointe abdominale est garnie de quelques poils courts, droits et grisâtres. L'éclosion de Ia Gelechia arrive dès la fin de mars et se prolonge jusqu'au commencement de mai.

Pendant les premiers jours de février de cette année (1865), j'ai retrouvé aux environs de Cannes (Alpes-Maritimes) et à Fréjus, au pied d’une muraille romaine, plusieurs chenilles de la Psoralella dans les mêmes conditions que, deux ans plus tôt, j'avais observé celles que je viens de décrire aux environs d’Amélie-les-Bains.

INSECTE PARFAIT

Il est très-voisin des Gelechia Bigutella, H.-S. f. 5921 — Coroniella, H.-S. f. 5929 et Leucopalpella, H.-S. f. 593 dont il a le facies général; mais il s'éloigne de ces deux Tinéides par plusieurs caractères importants, tels que : le premier article des antennes qui est noduleux, la forme différente des ailes inférieures, la disposition autre des taches des supérieures, et la taille plus grande de près du double. Voici d’ailleurs sa description :

Envergure : 0",013 à 0",014. Les premières ailes sont allongées, un peu arquées à la côte, assez fournies d’écailles avec l’apex aigu. Elles seraient entièrement d’un noir de jais uni et luisant n'étaient deux taches d’un jaune rougeàtre placées à la hauteur de la coudée:

la première, de forme triangulaire et appuyée à la côte, la seconde, allongée et atteignant le bord abdominal (1). La frange est longue et concolore. Les ailes inférieures sont plus larges que les supérieures, cultriformes, finissant en pointe aiguë et d'un. gris fuligineux. La frange est fort longue et unicolore. Le dessous des quatre ailes est d'un gris brun uni, luisant, où les taches des supérieures apparaissent, mais d'une manière incertaine. Les antennes sont longues, noires, avec le premier article sensiblement noduleux. Elles sont crénelées, et cette crénelure m'a semblé plus prononcée à l'extrémité de l'antenne qu’à la base. Les palpes sont visibles, arqués, aigus et relevés. Le premier article est d’un gris brun, le dernier est presque blanc. La tête et les yeux sont noirs. Le thorax est robuste, noir et assez fourni d'écailles. L'abdomen qui est également noir et presque dénudé, dépasse les ailes inférieures. Les pattes sont noires et luisantes.

La Gelechia Psoralella doit avoir, comme je l'ai dit, plusieurs générations. Elle trouvera place après la Gelechia Biguttella, H.-S., et portera dans le catalogue Staudinger le n° 1686 bis.

Variété de la

Lycœna Ægom. S. V.

Hub. pl. 343, fig. 5. — God. [, pl. 11, fig. 4. — Bdv. 76. — Stgr. 105. — Alsus, Esp. pl. 104, fig. 3 et #. (Aberr. À.)

Page 1