QUATORZIÈME LIVRAISON
Présentées à la Société Linnéenne de Lyon, le 10 avril 1868
EE f—
Rhodaria (1) Sanguinalis, LIx.
S. N. 339. — Schaeff. Ic. I, pl. 19, f. 46. — W.-V. B. 41. — Fab. 398. — Rossi, 41191. — Scriba, 509, pl. 6, f. 7. — Hb. 33. — Tr. p. 163 et sup. p. 35. — Dup. 214, pl. 224, f. 2.—H.-Sch. p. 23. — Gn. VII, p.170. — Stgr. cat. 94. = Cruentalis, Scriba, fig. 1,c. — Castalis, Er.
(PI. 63, fig. 4 à 3.)
Si la découverte d’une chenille inédite a de l'intérêt pour certains entomologistes observateurs, cet intérêt augmente lorsque l'espèce appartient à un genre dont aucune larve n’avait encore été observée.
(1) Gu, VHI, p. 468.
C’est ce qui vient d'arriver pour la chenille de la Sanguinalis, L., comprise dans le genre Rhodaria de M. Guenée, dont pas une des quinze espèces tant exotiques qu'européennes n'élait connue sous ses premiers états.
L'auteur du Species a bien fait de dire que le premier groupe des Rhodaria, dans lequel il à placé la Sanguinalis, avait une certaine affinité avec les Pyrausta. En effet, la chenille de cette Rhodaria a beaucoup de rapport avec celle de la vulgaire P. Purpuralis, qui est le type du genre, aussi bien par les mœurs que par la forme, la taille et les couleurs.
Elle est fusiforme avec la tête petite, les points pilifères bien marqués ainsi que les lignes. Sur le fond d'un gris verdûtre teinté de vineux, les vasculaire et stigmatale, larges et continues, se détachent en blanchâtre du deuxième au onzième segment. La tête est globuleuse bien qu'un peu déprimée, jaunâtre, avec les mandibules et les ocelles bruns; on remarque derrière ceux-ci deux points noirs relativement gros. Le premier anneau, non corné, se distingue par un double collier de points ronds, noirs et surmontés de poils courts ainsi que les trapézoïdaux et autres points. Les stigmates qu'on ne voit qu'à l’aide d’une forte loupe sont blancs et cerclés de brun. Le ventre est d'un blanchâtre livide et n’a pas de lignes. Les seize pattes sont unicolores; les membraneuses sont marquées à leur naissance d'un triple point noir.
Cette chenille est paresseuse et n'a pas la vivacité frétillante des larves de Pyrausta dont cependant elle se rapproche beaucoup, ainsi que je l'ai dit.
On la trouve au printemps et en automne dans la campagne
Rhodaria Sanguinalis. 103 d'Hyères (Var), sur le romarin officinal (1) dont elle lie les fleurs situées dans son voisinage et qui sont si abondantes dans cet arbuste.
Sa croissance se fait assez rapidement, car des chenilles recueillies fort jeunes au commencement de septembre sont parvenues à leur taille en moins de trois semaines.
Pour se chrysalider la petite larve descend toujours de l’arbuste et cherche dans la mousse sèche un lieu propice où elle tisse une coque de forme ovale, papyracée, d’un brun rougeûtre, mince, mais forte cependant, qu'elle fixe à un corps solide.
A l'existence de cette espèce se rattache un détail de mœurs trèssingulier qui toutefois n’a rien de nouveau, puisque ce fait a dé. à été observé chez d’autres larves de lépidoptère de familles bien diffé rentes. La chenille de la Sanguinalis, enfermée dans sa coque parcheminée, ne se transforme en nymphe qu’au bout d'un temps assez long. Elle demeure immobile, contournée sur elle-même pendant plusieurs mois; ce n’est que cinq ou six semaines avant l’éclosion du petit lépidoptère qu’elle forme sa chrysalide qui est d’abord d’un jaune verdâtre mat avec l'enveloppe de l'abdomen brune et l’extrème pointe garnie de sept à huit crins courts, très-fins et recourbés en hameçon. L'éclosion de l'insecte parfait, pour la première génération, n'arrive qu'en mai de l’année suivante, après être de— meuré à l'état de nymphe pendant près de huit mois.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0",017 à 0",018.
(1) Elle doit assurément vivre sur d'autres plantes, car l'espèce n'est pas rare dans le département du Rhône eten Bourgogne ; je l'y ai prise moi-même maintes fois; elle vole aux environs de Paris et en d’autres lieux de la France où ne croit pas spontanément le romarin. Duponchel dit avec raison : c'est bien à tort que Treitschke pensait que celte chenille dût vivre dans les mousses qui tapissent les coteaux où l'on prend l’insecte parfait en Allemagne (V HI, p. 215).
Les ailes supérieures, dont le fond est d’un jaune paille, sont traversées obliquement par deux bandes assez larges, d’un rouge lie de vin luisant, dont la première représente la coudée : celle-ci est trèsélargie au sommet ; la seconde bande, la subterminale, part de l’apex pour aboutir à l'angle interne. Les ailes inférieures sont grisâtres avec une bande transversale indécise. Les antennes sont grises; le thorax assez robuste est, comme le fond des ailes supérieures, d’un jaune paille vif. L’abdomen est effilé et de la couleur des inférieures.
Cette espèce varie beaucoup, soit pour la taille, soit pour la netteté des couleurs.
La seconde éclosion arrive en août, au moins dans les parties rocheuses et herbues de nos environs.
Je crois aussi que la Virginalis, et c’est l'avis de l’auteur du Species, n'est qu'une variété locale de la Sanguinalis. J'en juge d’après de grands sujets de diverses provenances qui m'ont été adressés sous le nom de Virginalis.
Je n’ai jamais rencontré à Hyères la variété À signalée par M. Guenée, bien que la Sanguinalis vole très-abondamment dans le voisinage des romarins dès le commencement d'avril.
Eupithecia Rosmarinata, Danp. Er MiLe.
( Species nova.)
(PI. 63, fig. & à 8.)
Elle possède la plupart des caractères propres aux espèces congénères observées jusqu’à ce jour. Cette larve est effilée, médiocrement longue, atténuée antérieurement, carénée sur les côtés avec le clapet anal assez bien formé. Elle est aussi très-plissée et parait rugueuse vue
Eupithecia Rosmarinata. 105
à la loupe. Sa couleur est le vert terne grisätre ou bleuâtre, assez vague et mal défini; en dessous la teinte est encore moins décidée. Sur ce fond les lignes vasculaire et sous-dorsale sont continues et largement tracées en vert glauque, du premier au onzième anneau inclusivement. La ligne stigmatale est plus claire que le fond. Certains sujets ont cette ligne teintée de carminé obscur. Les stigmates, à peine visibles à la loupe, sont bruns. Le ventre est d’un vert blanchâtre lavé de bleuûtre antérieurement; une ligne étroite et foncée le parcourt du quatrième au neuvième anneau, La tête est petite, globuleuse, jaunâtre et maculée de nombreux points noirs régulièrement placés. Les mandibules sont d'un pourpré obscur avec les ocelles noirâtres. Les dix pattes sont d'un vert grisätre; les écailleuses ont le dernier article brun. Le clapet anal est taché de vert obscur ou de brunûtre. Les trapézoïdaux et autres points pilifères sont fort petits et brunâtres.
Cette chenille doit vivre exclusivement sur le romarin officinal Rosmarinus (1) officinalis, L. L'œuf éclot à l’époque où la plante commence à fleurir, c’est-à-dire à la fin de décembre ou au commencement de janvier, peu de jours enfin après qu'il a été pondu. La jeune chenille grossit assez vite et ne ronge que les fleurs très-abondantes du romarin, au centre desquelles elle demeure pendant le jour cachée et confondue à cause de sa couleur, et cela depuis l'instant de sa sortie de l'œuf jusqu'à celui de sa métamorphose, qui arrive au milieu du mois d'avril. On trouve encore en mai quelques chenilles retardataires. L'espèce parait rare et demeure cantonnée sur les pentes de certains vallons très-chauds de la Provence.
Mon ami M. Dardoin, qui a toujours chassé si heureusement, et qui a enrichi la science d’un bon nombre de lépidoptères inédits, a découvert, il y a deux ans, aux environs de Marseille, la chenille de la Rosmarinata. L'espèce est demeurée rare, bien que depuis lors
(1) Dont nous avons fait Rosmarinata.
M. Dardoin ait indiqué à ses collègues marseillais l'habitat de cette Eupithecia nouvelle.
Lorsque la chenille sent approcher l'époque de sa métamorphose, elle se comporte ainsi qu'il arrive chez la plupart des espèces congénères. Elle descend de l’arbuste, se cache au pied, près du sol, lie la mousse ou plusieurs débris de feuilles sèches, se retire au centre de ce léger abri, et cinq ou six jours après se transforme en chrysalide. Celle-ci est conico-cylindrique, assez allongée, avec la tête et les ailes d'un beau vert pomme; l’enveloppe de l'abdomen est d’un jaune rougeâtre avec l'extrémité formée en bourrelet brun et terminé par sept à huit crins raides, divergents, destinés à retenir la chrysalide fixée à la coque, lorsque l’insecte parfait en sort.
L'éclosion de la phalénite n'arrive que sur l'arrière-saison et se continue pendant un mois à six semaines; du milieu de novembre au quinze janvier environ.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0",020 à 0",022.
Ainsi qu'on le voit, cette Eupithecia peut passer pour une des plus grandes du genre, où elle se place naturellement par la forme et les dessins des ailes. Les supérieures sont larges, lancéolées et prolonsées à l’apex. Chez le typele fond est d'un gris brun lavé de rougeitre avec les lignes ordinaires fines et nombreuses ; les bandes placées dans les intervalles se détachant à peine. L'espace médian est aussi mal accusé que le reste ; il est limité, comme toujours, par l’extrabasilaire et la coudée; celle-ci est très-anguleuse ainsi que les lignes et les traits qui suivent. La basilaire est à peine indiquée; la subterminale est simple, droite et un peu plus claire que le fond. Le point cellulaire est ovale et bien marqué en noir. Deux traits bruns, espacés, d’inégale longueur, sont placés au dessous de l’apex; et un troisième trait, mieux marqué que les précédents, traverse le point cellulaire et ca
Eupithecia Rosmarinata. 107 ractérise l'espace médian. Les franges sont assez longues et concolores. Les ailes inférieures sont arrondies et relativement plus petites que les supérieures ; elles n'ont pas les lignes transversales ordinainaires, si ce n'est cependant l'indice de ces lignes au bord interne. Le point ordinaire est petit, nébuleux et semble disparaître parfois. La frange, aussi longue que celle des ailes supérieures, leur ressemble pour la teinte. Le dessous est d'un gris luisant avec la coudée très-imparfaitement marquée à la côte ; le trait cellulaire est encore plus mal indiqué; le contraire arrive aux inférieures où la ligne coudée existe, mais elle est finement écrite. Les traits nervuraux qui précèdent la frange sont aux quatre ailes, en dessus et en dessous, visiblement écrits en noir. Les antennes sont crénelées. Le front et les pattes d'un gris clair. Les yeux sont gros et d'un gris bleuâtre; la tête et le thorax participent de la couleur des ailes supérieures. L’abdomen est subcaréné, concolore, dépourvu de petites crètes et n’a pas, ainsi que cela se voit chez la plupart des espèces du même genre, le second anneau marqué de brunâtre en dessus. Les pattes sont concolores; les postérieures sont munies de deux paires d’éperons.
La femelle est un peu plus petite, avec les ailes moins élancées ; le fond est généralement plus clair et les lignes transversales moins accusées.
J'ai vu une trentaine de sujets de la Rosmarinata obtenus ex larva; tous, à peu de chose près, se ressemblent pour la taille et la couleur. L'espèce parait donc ne pas varier. Ainsi que toutes les Eupithecia que j'ai élevées de chenille, celle que je viens de décrire n’a qu'une génération (1).
(4) Je crois même que toutes les Eupilhecia sans exception n'ont qu'une seule génération. Il pourrait cependant arriver que certains sujets provenant de la même mère éclosent en deux époques. I ne doit pas s'ensuivre pour l'espèce qui présenterait cette particularité, assez fréquente d'ailleurs chez les Ghelonia et les Bombyx, que celle-là dût avoir deux générations par an, ainsi qu'on pourrait le penser, si on ne connaissait ces éclosions tardives chez quelques lépidoptères.
Olindia (1) Rosmarinana (2), Mir.
(Species nova.)
(PI. 63, fig. 9 à 11.)
Elle est fusiforme, un peu aplatie en dessous, généralement d'un jaune argileux, avec la tête petite, lenticulaire et de teinte jaune ambré. Le premier anneau ainsi que le dernier sont recouverts d’une plaque écailleuse luisante. La ligne vasculaire est large, contioue et d’un vineux obscur, du deuxième au onzième segment ; pas de sous-dorsale; la stigmatale est ondulée et blanchâtre. Le ventre est d’un gris bleuâtre et sans lignes. Les mandibules et les ocelles marqués en noir se détachent sur le fond ambré de la tête. La plaque du cou, également d’un jaune ambré, est cerclée de noir; celle du dernier anneau est grisâtre. Les pattes écailleuses sont brunes, les autres sont concolores. Les points ordinaires petits et foncés donnent naissance à des poils courts et blanchâtres.
Cette chenille brunit d’une manière sensible au moment de la chrysalidation. Elle vit en août et septembre aux environs d'Hyères, et sans nul doute en d’autres endroits de la Provence, sur le romarin officinal (Rosmarinus officinalis, L.), grand arbrisseau qui croit spontanément, on le sait, dans nos provinces les plus méridionales. Cette larve réunit les feuilles et les fleurs récemment poussées, les lie à la manière de ses congénères, et sous cet abri préser vée de tous
(1) Genre créé par M. Guenée et adopté depuis par tous les auteurs { Genus Sciaphila, Dup.) (2) De Rosmarinus (R. Officinalis ), arbrisseau qui nourrit la chenille,
Olindia Rosmarinana. 109
dangers (apparents du moins ), elle grossit lentement en accomplissant son œuvre de destruction, car elle frappe d’atrophie les jeunes rameaux dont elle ronge le sommet. Lorsqu’en automne arrive linstant de la métamorphose, elle abandonne l'arbrisseau , se réfugie parmi les plantes sèches , file une coque blanchâtre, papyracée, étroite, dans laquelle elle se place horizontalement.
La chrysalide est assez courte, rougeàtre, luisante, avec l'extrémité obtuse, brune et garnie de cinq à six crins recourbés en hameçon courts et divergents destinés sans doute à faciliter la sortie de l'in secte parfait lors de son éclosion laquelle arrive dès le commencement du printemps, c'est-à-dire en février ou en mars.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0",012.
Au premier abord on penserait voir un petit exemplaire de l’Olindia Limoniana, Mill. (1), dont ila la coupe d'ailes et à peu de chose près les dessins; cependant, en comparant des sujets frais de chacune de ces deux espèces, on reconnait aisément que cellesci différent notablement entre elles.
Outre la taille plus petite d’un bon tiers que celle de la Limoniana sa congénère, la Rosmarinana présente certaines différences caractéristiques dans la forme des dessins des ailes supérieures. Voici la description de cette nouvelle Olindia. Les premières ailes sont médiocrement larges; le fond est d’un brun sombre et même noirâtre par places. Ce qu'on remarque tout d'abord, ce sont deux bandes transverses blanchâtres, salies d’atomes plus ou moins nom-— breux. La première de ces bandes, placée au tiers de l'aile, est presque droite, plus large à la base et bleuâtre au centre. La seconde bande située aux deux tiers de la longueur de l’aile est très-
(1) Zconogr., p. 134, ILE, pl. 4, fig. 7 et 8.
irrégulière; partant du bord costal auquel elle semble adhérer par trois litures, elle est très-étranglée vers le milieu, s’élargit brusquement et se divise en deux ruisseaux avant d'arriver au bord interne. Dans la partie resserrée cette bande blanchâtre est traversée par une ligne de points bruns qui paraissent la séparer en deux. L’apex est marqué d’un gros point rond et noir. La frange est brune et médiocrement longue. Les ailes inférieures sont arrondies, blanches, sans lignes, luisantes, un peu enfumées au bord interne ainsi que la frange qui est plus longue que celle des supérieures. En dessous les ailes sont brunes et leur nébulosité ne permet pas de voir les dessins du dessus, si ce n’est un ou plusieurs points blanchâtres à la côte. Les secondes ailes ne différent pas du dessus. Les antennes sont courtes, blanches et filiformes (1). Les palpes sont longs, blanchâtres et bruns sur les côtés. Le front et la tête sont blanchâtres ; les yeux sont gros et noirs. Le thorax est robuste et brun. L'’abdomen court, lisse, caréné, gris, bleuâtre en dessus, avec le dessous et la touffe abdominale blanchâtres. Les pattes sont renflées, d’un blanc jaunâtre avec deux paires d’éperons aux postérieures. L'espèce a, cela est supposable, plusieurs générations.
Cette platyomide est lente dans ses mouvements el parait fort peu voler.
L'Olindia Rosmarinana devant se placer après la Limoniana, portera dans le catalogue Staudinger le N° 689 ter.
(4) Elles sont noires et ciliées chez la Limoniana.
Annales de la Société Lin
flhere p°
Auskcata, W.
Zi Osreata, W.
zd {rterjectaria
Debray
Bar
Acidalia Laevigata. ail
Voici une nouvelle petite série de quatre Acidalia; si celles-ci sont anciennement connues, ce que j'ai à en dire ne sera pas sans intérêt puisqu'on ne sait encore rien de leurs premiers états,
Acidalin Lnevigatn.
Scop. 575? — W.-V., p. 10. — Fab. 247. — Hb. 74. — Tr. IT, p. 291. — Dup. VII, 174, fig. 6. — Bdv. 1853. — Herr-Sch., p. 45.— Lah. p.15. —Gn. IX, p. 460. — Stgr. Cat. 65. = Renularia, Hb. 331? = Bellata, Krey. IV, pl. 393, fig. 4.
(PI. 64, fig. 4 à 3.)
Une Laevigata femelle prise à Evian (Haute-Savoie), vers le milieu de juillet 1864, me pondit un petit nombre d'œufs. Onze jours après ces œufs qui étaient fécondés sont éclos ; ils m'ont paru sphériques, granuleux et jaunâtres. À sa sortie de l'œuf la petite chenille est d’un blanc terne; lors de la seconde mue elle devient jaunâtre, et rougeâtre après la troisième. Celle-ci est arrivée vers le milieu de novembre. C’est alors que la chenille cesse de manger, se cache parmi les plantes desséchées et s’y confond tellement qu'il faut une attention extrême pour la distinguer. Elle passe l'hiver sans prendre de nourriture et maigrit alors plutôt que de grossir. Elle ne sort de sa léthargie apparente, au moins dans l'intérieur de l'appartement, que vers les premiers jours de février, époque où elle se remet à manver et où elle tarde peu à atteindre la grosseur qu'elle doit avoir. Elle est alors courte, très-atténuée antérieurement, rugueuse, vue à la loupe, carénée sur les côtés du quatrième au onzième segment, avec les lignes et les dessins dorsaux en forme de losange, assez bien écrits en brun, et la teinte générale d’un verdâtre un peu glauque assez peu décidé. La ligne vasculaire est finie, mal arrêtée, incertaine. Je n'ai pas vu de sous-dorsale; la stigmatale indique sa
présence par une faible éclaircie. Les trapézoïdaux fort petits sont, ainsi que les autres points, marqués en brun. Sur les septième et huitième anneaux les points dorsaux se présentent ainsi : les deux premiers sont triangulaires et appuient un de leurs côtés à l'incision, les deux autres se montrent plus développés que les précédents. La tête est petite, aplatie en avant, concolore, et le sommet est couronné par une ligne brune qui descend jusqu'aux ocelles, ceux-ci sont foncés ainsi que les mandibules. Les pattes antérieures sont d'une longueur normale et sont un peu plus sombres que le corps ; les quatre autres sont concolores ; enfin le clapet anal est mal formé.
L'espèce varie peu; cependant elle offre des sujets qui tirent sur le brunûtre.
Ainsi que la plupart des chenilles qui passent l'hiver, celle de la Laevigata m'a semblé polyphage. Je l'ai nourrie plus spécialement avec les Galium, certains Chrysanthemum et une Gypsophila; la Muralis, L., desquelles plantes elle ronge préférablement les fleurs. Elle demeure plus de huit mois sous la forme de chenille, car ce n'est qu'à la fin de mars qu'elle s’est cachée définitivement pour se chrysalider. Elle file une coque légère où, peu de jours après, arrive la transformation.
Pour la forme, la chrysalide rappelle tout à fait celle des espèces congénères : elle est d’un jaune verdàtre, luisante, avec l'extrémité qui se termine par quelques crins en hameçon.
La petite Phalénite commence à éclore, en captivité, dès les premiers jours de juin, et dans la nature, on la rencontre pendant tout ce mois et au commencement de juillet.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0,015 à 0",016.
Les sujets frais de cette espèce sont rares : presque tous ceux que
Acidalia Laevigata. 113
lon prend sont plus ou moins déflorés. Obtenue d’éclosion, la Laevigata semble être une tout autre espèce que les individus pris au vol. Les ailes sont un peu élancées et, sur un fond d’un terreux obscur, les lignes basilaire et coudée, bien que fines, sont nettement indiquées en brun aux supérieures. L'espace médian est sali par une large tache brune qui s'appuie sur le bord interne et quelquefois s'étend jusqu'à la côte. Sur les ailes inférieures, la coudée seule est bien écrite, et le point cellulaire qu’on ne voit pas aux supérieures , existe ici vivement indiqué. Sur la frange même on voit une série de points bruns, relativement gros, bien accusés et correspondant aux nervures.
La femelle est plus grande que le mâle; elle a les ailes moins élancées ; l'abdomen est plus développé que chez les Acidalia appartenant au même groupe.
La Laevigata, suivant l’opinion des auteurs qui en ont parlé, n’est commune nulle part bien qu’elle existe en beaucoup de lieux. Elle est très-rare en Suisse (Lah., p. 18). Elle a été prise sur les bords du Rhin, dans la France centrale, dans la Charente (Gn., p. 460). M. Dardoin la prend de loin en loin aux environs de Marseille. Je l'ai prise moi-même une fois dans la campagne de Lyon et une fois à Aix-les-Bains. Cependant Evian (Haute-Savoie) semblerait être sa véritable patrie. Je l’ai recueillie fréquemment dans les corridors des maisons, fixée contre les murs où elle demeurait tout le jour, ainsi que sa voisine l’{nnotata dont elle parait avoir les habitudes, sauf toutefois que la Laevigata, au rebours de plusieurs de ses congénères, n'aurait qu'une seule génération. C’est au moins ce que je suis porté à admettre, puisque les chenilles de la Laevigata que je viens d'élever ab ovo ont mis près de dix mois à subir leurs diverses métamorphoses. Il est question de chenilles, on le voit, dont l'éducation a été faite en captivité; en est-il de même à l’état libre ?
Acidualia Rusticata.
W.-V.15.— Fab. 218.— Bork. 195.— Hb. 241. — Haw. p. 364. — Tr. Il. p. 44. et VI. p. 44. — Dup. V. p. 51. pl. 174. fig. 4. — Step. IL. p. 300. — Wood. 703. — Pdv. 1849. — H.S. p. 21. — Lah. 32. — Gn. IX. p. 466. — Stgr. cat. 73. — Vulpinaria, Herr.-Sch, sup. p. 65. fig. 473-474. — Minutata., Fab. 280.
(PL G., fig. 4 à 6.) CHENILLE.
Elle est ainsi que celles de ses congénères la Lævigata dont je viens de tracer l'histoire, les Acidalia Osseata et Interjectaria que je décrirai dans cette livraison, et les chenilles des A. Moniliata et Degeneraria qui feront partie d'une des livraisons suivantes; elle est, dis-je, régulièrement rugueuse et comme grossièrement chagrinée.
A sa sortie de l’œuf, qui arrive vers le quinze juillet, la chenille de Rusticata est d’un vert jaunâtre, couleur qu'elle conserve jusqu'à la seconde mue. Un peu plus tard elle brunit, et enfin parvenue à sa taille au quinze ou au vingt août, sa couleur s’assombrit encore ; sa peau se ride et présente la granulation dont j'ai parlé. Elle est alors assez courte, peu carénée, très-atténuée antérieurement, rigide, paresseuse, un peu courbée au repos, polyphage et vivant à découvert. La vasculaire est fine, interrompue et d'un vineux obscur ; Ja ligne sous-dorsale est de la même couleur que la précédente, mais celle-là est large et continue ; la stigmatale est étroite non interrompue. Les stigmates sont d'une petitesse extrème, carnés et finement cerclés de brun. Le ventre est d’un blanchâtre livide ;
Acidalia Rusticata. A15
il laisse voir un dessin triangulaire noirâtre sur les cinquième, sixième, septième et huitième seyments. Les dix pattes sont d’un verdâtre obscur. La tête est très-petite, globuleuse, et la chenille la rentre à moitié sous le premier anneau au moindre bruit.
Vers le quinze ou le dix-huit août, cette larve disparaissait sous la mousse et au bout de peu de jours se métamorphosait sans former de coque.
La chrysalide est cylindrico-conique, d’un jaunâtre luisant, avec la partie abdominale passant au rouge acajou. L'insecte parfait éclot dans le courant de septembre, le soir, après le coucher du soleil, moins de quinze ou vingt jours après sa métamorphose. Cette espèce, qui s'accouple facilement en captivité, a deux éclosions ; la seconde génération passe l’hiver en chenille.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0",019 à 0°,020.
Cette Acidalie est toujours plus petite que l'esp?ce voisine la Filicata avec laquelle on la confond souvent encore. Elle a les ailes moins élancées, n’est jamais teintée de jaune rouillé et a toujours le fond des supérieures partagé par l’espace médian brun festonné et marqué au centre du point cellulaire, lequel n'existe jamais chez la Filicata que sur le bord de la coudée, ainsi que l’observe très-judicieusement M. Guenée (IX, p. 466).
La Rusticata se prend dans presque toute la France, depuis les environs de Boulogne jusqu'aux garigues de Marseille, où les entomologistes de cette ville: la rencontrent chaque année; elle n’est rare nulle part.
Dès le milieu de juin on Ja voit voler, à la fin du jour, autour des haies {de nos collines; sa congénère la Filicata, beaucoup moins fréquente, parait quinze ou vingt jours après. Cependant, certaines années on prend ici l’une et l’autre de ces Acidalia dans les mêmes lieux et en même temps.
Obs. Lans sa monographie des Phalènes suisses, p. 27, M. de Laharpe dit que la Rusticata est commune aux environs de Lausanne où son apparition n'a lieu qu'en juillet et en août. Ce consciencieux auteur ne confond-t-il pas la Filicata avec la Rusticata, puisqu'il rapporte à celle-ci la variété Vulpinaria de M. Mann (H.-S., 473-474), qui ne se distingue :du type que par une nuance jaune rouillé à l'espace médian, laquelle teinte, je l'ai dit, n'appartient qu'à la Fülicata ? Chez les Rusticata authentiques cette couleur n'existe jamais. De plus, M, de Laharpe cite une époque d’éclosion qui doit être celle de la Filicata.
Dans la liste des Lépidoptères de la Belgique (Annales de la Société entomologique belge, t. IIT. p. 128), l’époque indiquée pour l'éclosion de Rusticata me ferait aussi craindre qu'elle n'ait été confondue avec sa voisine.
Acidalia Osseata.
W.-V. 22, — Fab., 276. — Bork., 154. — Hb. 102. — Tr. I, p. 32 — Dup. V, p. 104, pl. 1477, f. 5. — Steph. III, p. 309. — Wood., 723? — Bdv., 187. — Herr.-Sch., p. 18. — Lah., 24. — Gn. IX, p. 167. — Stgr., cat. 75.
(PI. 64, fig. 7 à 10).
Pendant les premiers jours de juillet 1860, dix jours environ après que les œufs de cette petite espèce ont été pondus, l'éclosion des jeunes chenilles est arrivée. Ces larves, pendant la première période de leur vie, n’ont rien qui les fasse remarquer ; elles sont d'un blanc tirant sur le verdâtre; peu à peu leur robe se fonce, et, |
Acidalia Osseala. 117
lors des froids, leur petitesse était encore extrême et leur rigidité était telle qu'il fallait une attention très-grande pour les reconnaître parmi les fragments de tiges sèches, de brindilles végétales flétries dont elles empruntaient la forme recourbée et la couleur terreuse. De novembre à mars elles ont été privées de nourriture (1); cependant je n’en ai pas perdu une seule. Ce n’est qu’en avril qu’elles ont augmenté de volume, et, au milieu de mai, elles étaient parvenues à toute leur grosseur. À cette époque, c'est-à-dire plus de dix mois (2) après son éclosion, cette chenille est courte, atténuée antérieurement, carénée, paraissant, vue à la loupe, rugueuse où mieux grossièrement chagrinée, d’un jaune clair, lavée de verdâtre sur les premiers anneaux et de carné sur les derniers. La tête est petite, un peu triangulaire et rétractile. La région dorsale présente une double ligne qui est plus visible sur les premiers segments que sur les postérieurs. Je n’ai pas vu la sous-dorsale; une carène blanchâtre et rayée de brun en dessous remplace la stigmatale ; les stigmates placés au milieu de cette carène ne sont qu'imparfaitement visibles, même à l’aide d’une bonne loupe. En dessous il règne une ligne indécise, du quatrième au neuvième segment. Les points trapézoïdaux se voient à peine à l'œil nu. Les six pattes antérieures sont brunes, les quatre autres sont verdâtres.
Si on l’inquiète elle a, dans son attitude, certains rapports avec la chenille de l'Euphorbiata et celle de la Berberata figurées par Hubner. Elle est polyphage ainsi que la plupart des larves qui passent
(1) A moins que, ainsi que certaines chenilles de Phalénite, celle de l'Osseata se soit contentée de feuilles de plantes desséchées.
(2) Je fais observer à mes lecteurs combien doit être grande la patience de celui qui veut conserver vivants dix mois, et quelquefois plus, d'aussi petits êtres que ceux dont je raconte la vie.
Je dirai encore que ce n’est qu'au bout de la troisième année qu'il m'a été possible d’amener à bien les chenilles de l'Osseata, car c'est en plein air seulement que son éducation peut réussir. Pendant les deux premières années ces petites larves, élevées dans un appartement sans feu, se sont desséchées avant la fin de janvier.
l'hiver. J'ai nourri celle de l'Osseata avec les Rumex, les Taraxacum, les Veronica etautres plantes basses qui paraissent dès le premier printemps. Elle mange si peu à la fois qu'on ne dirait pas qu'elle touche aux plantes dont elle vit.
La transformation est arrivée vers le milieu de mai, après que l’insecte a eu formé une légère coque dans la mousse. La chrysalide est assez allongée et d’un brun jaunâtre avec cinq ou six crins à l’extrémité de la pointe abdominale. Vingt jours après la métamorphose de la chenille, l’insecte parfait a paru. C'était toujours le soir, aussitôt après le coucher du soleil, qu’arrivait l’éclosion.
INSECTE FARFAIT.
Envergure : 0",017 à 0®,018.
« Il est surprenant que les auteurs du catalogue de Vienne, ni aucun des auteurs anglais n'aient mentionné un caractère aussi saillant que la côte rouge chez cette espèce » (Gn. IX, p. 468). « La couleur rouille de la côte devient quelquefois à peine visible, tant elle pâlit » (Lah., Faune Suisse, p. 23). Les sujets chez lesquels la couleur rougeâtre tend à disparaître, sont frustes, car les individus en bon état, ceux surtout que j'ai obtenus ex larva, possèdent cette teinte vive et caractéristique. « Il faut se défier de toutes les descriptions qui omettent ce caractère. » (Gn.)
Cette petite Acidalia qui n’a qu'une seule génération est fort répandue en Europe dans les taillis bien exposés et herbus de la première zone, celle des chônes. Je ne pense pas qu'elle ait jamais été prise dans la plaine, ni dans la haute montagne. Elle vole au coucher du soleil dès le 25 juin jusqu'au 45 ou 20 juillet.
C'est une des espèces qui s’accouplent facilement en captivité.
L’Ac. Osseata fait également partie de la faune de Belgique (Annales de la Soc. ent. belge, If, p. 129).
Acidalia Interjectaria. 119
Acidalia Interjectaria.
Bdv., 4873. — Herr.-Sch., p. 18, fig. 78-79. — Lah. 25. — Gn. IX, p. 468, n° 785.
L'histoire de cette espèce qui vole en mai et qui précède de quinze à vingt jours l'apparition de sa congénère l’Osseata, est, à très-peu de chose près, sa propre histoire. Mèmes mœurs, même nourriture, même rigidité dans les attitudes, même rusticité et même so— briété dans l'appétit, partant, mème lenteur dans le développement. Les chenilles de ces deux espèces élevées en même temps et dans les mêmes conditions, se sont comportées l’une comme l'autre ; en sorte que, racontant la vie de la chenille de l'Osseata, on trace celle de l’Interjectaria. Ayant assez parlé de la première, je renvoie à ce que j'en ai dit pour ce qui pourrait concerner la chenille de la seconde, me contentant de décrire cette dernière.
Elle est courte, atténuée antérieurement, carénée sur les côtés , très-plissée transversalement, régulièrement rugueuse et grossièrement chagrinée; la tête est petite, globuleuse, brune et rétractile, d’un verdâtre obscur lavé de rougeàtre sur les premiers segments, et, en dessous, d'un vert bleuàtre uni. On ne voit bien la vasculaire que sur les premiers et sur les derniers anneaux. La stigmatale placée sur la carène est un peu plus claire que le fond. Les organes de la respiration sont relativement petits, et m'ont paru bruns. Les
pattes antérieures sont de couleur terreuse, les autres sont bleuàtres. Les poils, rares, courts, raides, sont peut-être plus épais au sommet qu'à la base. Elle est polyphage ainsi que la chenille de l'Osseata ; je l’ai nourrie de préférence avec certaines prinsulacées ; l’'Anagallis arvensis, L., plante basse qui fleurit dès le mois de mars, lui convenait mieux que toute autre.
La métamorphose s'est opérée au commencement de mai de l'année suivante, et n’a duré qu'une quinzaine de jours. L’insecte n’a pas tissé de coque, car c’est sur la terre recouverte de mousse qu'il a formé sa chrysalide. Celle-ci est renflée, d’un brun rougeûtre, lavée de verdätre dans le voisinage de la tête, avec la place des yeux, les incisions, le bourrelet du dernier segment et les crins qui accompagnent la pointe, brun foncé.
L'éclosion arrive également le soir immédiatement après le coucher du soleil.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0",020 à 0",022.
Il est toujours plus grand que l’Osseata ; les ailes sont arrondies, avec la côte brunätre et terreuse, et non pas rougeûtre comme chez l'Osseata. L’éclaircie subterminale des supérieures est ondulée et trèsanguleuse extérieurement. Les quatre ailes sont de plus luisantes , el les petits traits qui précèdent la frange ainsi que les points discoïdaux sont plus gros et plus noirs que chez la précédente espèce. Le dessous est aussi plus clair et les lignes transverses plus nettement accusées.
L'Interjectaria se distingue d’Holosericata, Dup., qui vient après et à qui elle ressemble beaucoup, par un caractère principal et constant : le point cellulaire aux quatre ailes, en dessus et en dessous, qui manque toujours chez Holosericata.
L’Aci. Interjectaria, qui n’a qu'une éclosion, se prend un peu par-
Psyche Leschenaulti. 121
tout en France : elle ne se cantonne pas, ainsi que fait l'Osseata. Nous la trouvons fréquemment dans les taillis de nos collines et dans ceux de la plaine ; dans les lieux herbus de nos petites montagnes, ceux des bas-fonds, voire même dans les roseaux des bords marécageux du Rhône, et enfin jusque sur les troncs d'arbres de nos quais.
Elle est commune à Châteaudun (Gn.); assez rare aux environs de Marseille (Dardouin) ; fréquente à l'orient et au sud de Lausanne (Lah.). « Elle paraît » ajoute l’auteur de la faune Suisse, « avant « l’Osseata et disparaît lorsque celle-ci commence. » Ce qui a lieu également ici.
Obs. Dans son Addenda à ses Phalénites, M. Guenée nous apprend, p. 543, que les Znterjectaria qu'il à trouvées autour de Montpellier, de Perpignan et du Vernet, diffèrent des individus des diverses localités du centre de la France, « par la teinte noiràtre métallique des supérieures beaucoup plus prononcée, ainsi que la naissance des lignes, et par les traits terminaux plus fortement marqués en noir, surtout chez les femelles. »
Psyche Leschenaulti.
Stgr. Annal. Soc. entomol. de Fr., 1860, p. 663. — Stgr. Cat. 160. (PL. 65, fig. 4 à 3.)
L'insecte parfait de cette espèce a été décrit, mais nulle part figuré; on ne connaissait rien encore de ses premiers états; je ne sache pas au moins qu'il en ait été question. Je suis donc heureux de pouvoir compléter l’histoire de cette Psyche et de la faire représenter sous ses diverses formes.
Elle est cylindrique, atténuée postérieurement, d’un blanc tirant un peu sur le jaunâtre, rase, sans lignes, si ce n’est cependant un très-mince filet grisàtre placé à la hauteur de la stigmatale et qu'on ne distingue pas toujours bien. La tête est petite, globuleuse, rétractile et d'un noir de jais. Il existe sur les trois premiers anneaux un écusson corné, noir, luisant, qui occupe plus de la moitié de leur longueur respective. Ces écussons sont divisés en deux par un profond sinus plus large sur le premier anneau que sur les deux autres; celui-là est en outre taché de blanchâtre diagonalement. Le dernier segment porte aussi un écusson corné, mais il est petit et d'un noir mat. Les pattes écailleuses sont longues, concolores, marquées deux fois de noir longitudinalement avec le dernier article également noir. A la place des pattes ventrales on ne voit que de très-petits points verruqueux bruns. Les pattes anales sont aussi mal développées que les membraneuses. Les stigmates sont d’un gris foncé et fort peu visibles bien qu’assez gros.