‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 2)Chapitre 13 sur 44 · FOURREAU · texte numérisé non relu

FOURREAU

Il ne ressemble nullement à ceux des Psyche Fulminella, Star., et Plumosella, Ramb., avec lesquelles espèces cependant l'insecte parfait a les plus grands rapports. Ce fourreau se rapproche plutit de ceux du genre Epichnopteryx, d'Hbner. Il aurait assez de rapport avec celui de la Nudella, Brd., bien que plus foncé. Il est tubuliforme, un peu courbé, très-atténué postérieurement et assez peu antérieurement ; il est de plus recouvert de parcelles de terre noiràtre et de grains de sable fins et serrés. L'intérieur du fourreau est ouaté d’une abondante soie fine et blanchätre. Le fourreau de la

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femelle diffère fort peu de celui du mâle : il est seulement un peu plus renflé au centre.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0",016 à 0",017.

Je viens de dire que cette espèce a beaucoup de rapports avec deux de ses congénères dont l’une d'elles, la Fulminella, n'a été découverte que postérieurement. Les quatre ailes sont d’un noir fuligineux ayant quelques reflets bleuätres. Les supérieures sont un peu falquées à la côte, s’abaissent à l'extrémité et ont l’apex sensiblement plus obtus. Les inférieures sont passablement allongées et sont de la couleur des supérieures. Les franges sont, aux quatre ailes, assez longues et d'un noir de suie. Les antennes sont très-pectinées et, ainsi que la côte, d’un noir matet prononcé.

Je renvoie du reste pour la description plus détaillée de cette espèce, à ce qu’en a dit M. Staudinger dans nos annales entomologiques où l’on remarquera les judicieuses observations de ce natura— liste sur la forme des antennes; cependant je ne saurais partager son avis rapporté dans ce passage : « Les ailes et les poils du corps < sont blancs, à l'exception des franges et du bord antérieur des « premières ailes qui sont noirätres » (1). Les divers sujets de la P. Leschenaulti que j'ai sous les yeux, dont l’un de récente éclosion, sont, je l'ai dit, entièrement d'un noir fuligineux, un peu diaphane et sans trace de poils blancs, si ce n’est cependant, et cela chez un seul individu, quelques rares poils grisâtres sur le thorax.

La femelle ressemble encore plus que le mâle aux espèces ses voisines : elle est courte, molle, de couleur ambrée, avec les antennes et les pattes antérieures fort courtes. Elle est destinée, on le voit, à

(1) Ann. de la Soc. entom. de France, 1860, p. 662.

ne pas sortir du fourreau qu’elle a préalablement fixé et où elle pondra un grand nombre d'œufs aussitôt après l’accouplement.

La Psyche Leschenaulti portera dans la Monographie Bruand le n° 26 bis.

L'espèce a été découverte par M. Leschenault du Villars, magistrat à Mauvezin (Gers). Cet entomologiste a bien voulu me transmettre sur cette Psyche certains détails de mœurs qu'on ne lira pas sans intérêt. « L’accouplement, m'écrit M. Leschenault du Villars, s’est opéré sous mes yeux et à plusieurs reprises au Pic du Midi de Bigorre (Hautes-Pyrénées). Le fourreau contenant la femelle était insensiblement plus gros dans la partie du milieu ; cette différence n'est presqu? pas remarquable, et elle m'eût échappé si, étant adossé contre des rochers pour ramasser des fourreaux qui y étaient appendus, plusieurs mâles ne fussent venus fondre avec une rapidité extrême sur la main qui tenait trois ou quatre fourreaux, en choisir un qui offrait pour toute dissemblance des autres ce léger gonflement, et s'accoupler quelques secondes sur ma main. Les mâles volaient en très-grande abondance; j'en pris une centaine et aurais pu en capturer un millier. Une seconde fois, en présence d’un botaniste, M. Philippe, de Bagnères, l’accouplement eut encore lieu. J'avoue que je crus que c'était l’Albida, et laissai dans mes boîtes mes échantillons, n’en préparant que très-peu. Plus tard, j'eus occasion de faire connaître ces échantillons à M. Staudinger, qui démontra parfaitement que c'était une espèce nouvelle.

« Je remarque que c’est la seule fois (l'année de mon premier envoi à M. Staudinger) que je trouvai en abondance cette espèce à 2,800 mètres au dessus du niveau de la mer. Depuis et les années qui suivirent, je m'occupai beaucoup moins de cette découverte ; mais aux mêmes époques, dans les mêmes lieux, je n’en vis pas; je m'installai pendant des semaines dans ces régions alpines et neigeuses, je ne trouvai que quelques fourreaux.

« Jeremarquai, dans les régions bien plus basses, c'est-à-dire à 1,200 mètres, quelques mâles très-rares volant et des fourreaux

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appendus contre les rochers. J'en avais ramassé une grande quantité; je les portai à Bigorre, mais malgré mes soins rien n’a pu éclore. La localité où je les ai trouvés la première fois est le flanc méridional du Pic, habité par l’Hepialus Pyrenaicus et l'Emydia Rippertü. »

Obs. Feu Bruand, dans son travail sur les Psychides d'Europe, ne nous à pas dit à quelle époque de l’année éclosent les diverses chenilles du groupe de l'Albida. Je crois devoir, pour compléter l'histoire de quatre de ces intéressants insectes, en dire quelques mots, ayant souvent été à même d'observer moi-mème les chenilles à tous leurs âges.

La mère des Psyche Albida, Plumosella, Millierella, Gondebautella et plusieurs autres sans doute, 11 mère, dis-je, de chacune de ces quatre espèces meurt en mai, aussitôt après avoir pondu ses œufs dont elle tapisse les parois intérieures de son fourreau. Douze ou quinze jours après, les larves sortent de l'œuf, formant aussitôt, avec les débris du fourreau maternel, un petit capuchon qu'elles portent sur leur dos tout en marchant très-vite. Elles grossissent lentement d’abord et ne se nourrissent que de graminées ; elles passent l'hiver fixées provisoirement très-près du sol, perdues dans la mousse ou les plantes sèches. Puis lorsque revient le soleil du printemps, elles mangent de nouveau, achèvent de grossir et, vers le milieu de mars pour les unes, et, à la fin d'avril pour les autres, se fixent enfin pour se chrysalider et éclore quinze à dix-huit jours après. On voit donc que ces insectesont demeurésprès de onze mois à l’état de larve. Ce temps doit paraître fort long eu égard à celui des deux autres états (1) et doit sembler encore plus considérable si on place en regard de la vie de ces Psyche, celle de certains lépidoptères qui, au contraire, ne restent à l’état de chenille que trois ou quatre semaines et passent près de dix mois en chrysalide.

(1) Pour la P. Leschenaulli, les diverses phases de sa vie se passent probablement d'une manière identique à celles que je viens de rapporter.

Fumen Suriens.

Reutti, I, e. — Stgr., Cat. 177. — Psyche Surientella, Brd., Ann. Soc. ent. de Fr., 1858, p. 465.

(PI. 65, fig. 4 et 5.)

Est-il bien certain que cette espèce ne soit pas la Perlucidella, Mann. (Brd., n° 52) ? (1). Le plus ou le moins de vétusté chez ces délicats insectes, peut souvent apporter une différence notable entre des sujets qui appartiennent néanmoins à la mème espèce. J'ai sous les yeux des individus très-bien conservés de la Suriens, Reutti, et qui m'ont été donnés comme authentiques; je les trouve seulement un peu plus pâles que les Perlucidella (2) que nous prenons sur les collines du Lyonnais, les parapets herbus du Grand-Camp, et jusque dans le Parc de la Tète-d'Or. Je dirai de plus que les fourreaux de chacune de ces deux espèces se ressembleraient tout à fait, si ce n'était la forme simplement tubulaire et un peu atténuée à l’extrèmité de celui de la Perlucidella, tandis que dans l'autre elle est conique et d'une teinte un peu plus sombre. C’est sur ces faibles différences de fourreaux que Bruand à établi les principaux caractères qui séparent les deux espèces. (Ann. Soc. ent. de Fr., 4858, p. 465.) Toutefois il est nécessaire de dire que cet auteur ajoute : « Il faudrait « figurer les chenilles de l’uneet de l’autre pour établir une diffé- < rence sensible et facilement appréciable entre ces deux Psychides.» Je fais représenter la Fumea Suriens mâle qui ne l’a été nulle part.

(4) La figure de la Monographie Bruand est beaucoup trop enfumée, ce qui la rend méconnaissable.

(2) Déterminées par l’auteur de la Monographie des Psychides.

Psyche Fulminella. 127 Elle mesure 0".016 à 0",017. Les quatre ailes sont presque trans” parentes, c'est-à-dire à peine recouvertes d’écailles d'un gris jaunâtre, avec les nervures d’une finesse telle qu'il faut une forte loupe pour les bien distinguer. Les franges sont étroites, d'un gris soyeux luisant plus clair que le fond des ailes. Le thorax et l'abdomen sont d'une ténuité extrème et unicolores.

La femelle qui est semblable à celle de Perlucidella est vermiforme, renflée, courte, avec une abondante touffe soyeuse qui termine l'abdomen.

Psyche Fulmimella, SrcR.

(PI. 65, fig. 6 à 8.)

Cette Psychide récemment découverte n’est pas plus connue sous ses premiers états que ne l'était naguère la chenille et l’insecte parfait de la Psyche dédiée à M. Leschenault du Villars.

Elle est un peu plus grande que celle de sa congénère la Leschenaulti; sa couleur est le carné obscur teinté de bleuâtre à la région dorsale et présentant sur chaque segment une tache foncée rectangulaire et transversale. La tête est petite, arrondie, rétractile et d'un noir de jais. Les trois premiers anneaux sont protégés par un écusson corné d’un brun foncé mat, dont les deux premiers sont partagés par un sinus étroit de la couleur da fond. Le dernier segment est taché de brun, mais il ne porte pas d’écusson. Les pattes écailleuses sont assez longues, robustes et d’un brun foncé luisant. Les pattes ventrales n'existent pas, mais on voit à leur place des petits renflements carunculiformes. Les stigmates sont proëminents et concolores.

Cette chenille, ainsi que celles de toutes les Psyche proprement dites observées jusqu’à ce jour, doit vivre de graminées.

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