‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 2)Chapitre 14 sur 44 · FOURREAU · texte numérisé non relu

FOURREAU

C'est peut-être, à cause de sa structure exceptionnelle, le plus extraordinaire de tous les fourreaux de Psychide. I} présente une réunion de plusieurs petites feuilles sèches de Buæus et de Quercus coccifera appliquées les unes contre les autres et fixées ensemble par de nombreux fils de soie. Cette enveloppe protectrice de l'insecte est à peu près ovale autant qu'il est possible d’assigner une forme à des fourreaux dont pas un ne ressemble à l’autre. Toutefois sa forme générale serait assez celle d’un grain de courge de grosseur moyenne et médiocrement renflé au centre.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0",018 à 0*,019.

Cette espèce est un peu plus grande que la P. Leschenaulti, Stgr.; mais un peu moins que la P. Plumosella, Ramb., de qui elle diffère par 1° la coupe des ailes supérieures moins anguleuse ; 2° la forme moins arrondie des inférieures; 3° la coloration complètement enfumée sans reflets bleuâtres de ses quatre ailes ainsi que de tout le reste du corps: antennes, tête, thorax et abdomen.

La Fulminella qui a été rapportée de la Castille où elle ne parait pas rare, n'était pas encore publiée lors de l'impression du catalogue de M. Staudinger, où par conséquent elle n’est pas indiquée. Placée après la P. Leschenaulti, elle devra porter dans la Monographie Bruand le n° 26 ter, et dans le catalogue Staudinger le n° 160 bis.

Six mâles et deux femelles avec fourreaux. Coll. Mill.

Crymodes Exulis. 129

Crymodes Exulis, LEFEBY.

Ann. Soc.entom. Fr. V, p. 393, pl. 10, fig. 2.—Gn. Ind., p. 238.— Bdv. 938. — Dup. Sup. IT, p. 588, pl. 49, fig. 2. — Sigr. Cat. 364. — Polia Exulis, Herr.-Sch., Cat. 21.

La chenille de cette noctuélite se rapproche par ses mœurs mystérieuses de celles de la grande famille des Agrotides qui, pour la plupart, vivent cachées près des racines des plantes basses ou parmi ces racines elles-mêmes; elle a de plus l'aspect vermiforme et la triste parure du plus grand no nbre de ces larves souterraines. Elle est allongée, épaisse, cylindrique, plissée, à plaque cornée sur le premier et sur le dernier anneau, d’un blanchâtre livide, luisante et sans lignes; cependant les second et troisième segments, plus ridés que les autres, sont teintés de jaunâtre en dessus et ont comme l'apparence d'une vasculaire et d’une sous-dorsale. La tête est de grosseur moyenne, globuleuse, échancrée par en haut, rougeàtre et très-luisante, avec les mandibules et les ocelles bruns. Les pattes écailleuses sont de la couleur de la tèteet le dernier article est noir, les dix autres pattes sont concolores avec la couronne de chacune d'elles brunâtre. Les stigmates sont ovales, noirs et se détachent très-visiblement sur le fond clair de la chenille. La plaque écailleuse du premier anneau occupant toute sa surface est aussi d’un jaune rougeitre, mais elle est plus claire que la tête; la plaque du dernier segment est également large et de la couleur de celle du premier. Les trapézoïdaux ne sont pas plus gros que les autres points pilifères; ils donnent naissance à des poils très-courts et noirâtres.

La chenille de l'£Exulis dont l'œuf a ête déposé par la prévoyante

mère sur là tige d'une graminée, le plus souvent un Poa, et qui éclot peu de jours après, doit s'introduire au centre de la tige, au dessous de la première articulation, en ronger lentement l'intérieur etarriver jusqu'à la racine. L'hiver, si précoce dans les régions du nord de l'Europe, tarde peu à paraitre en Islande, patrie de cette Crymodes ; il surprend l'insecte rongeur qui se hâte de s’abriter sous une abondante couche de mousse dont la presque totalité de l’île est recouverte et où il demeurera engourdi pendant plusieurs mois. Lorsqu'arrive le printemps cette chenille a atteint toute sa taille; si on la cherche alors, on remarque les longues galeries qu'elle s’est formées parmi les plantes, et qui le plus souvent décèlent sa présence à l’investigateur. À la mi-juin, c’est-à-dire sept à huit mois après qu'elle s’est enfouie au pied des mousses, elle tisse une légère coque où elle se transforme pour donner son insecte parfait trois ou quatre semaines après tout au plus (1).

La chrysalide est pleine, luisante, sans aspérités, assez allongée, d’un brun rougeâtre, et n'aurait absolument rien qui dût la distinguer du plus grand nombre, si ce n’était le dernier anneau abdominal qui est brunâtre, coupé carrément à l'extrémité et terminé par quatre pointes courtes dont les deux du centre sont un peu plus allongées que les autres.

INSECTE PARFAIT

Il n’est peut-être pas de noctuelle qui ait autant de synonymes que cette Crymodes boréale qui, suivant M. Staudinger, en aurait onze.

Plus que tout autre il a été à même de reconnaitre et d'étudier les nombreuses et intéressantes variétés de cette espèce. Suivant donc

(1) Ces renseignements de mœurs m'ont été fournis, ainsi que la chenille et la chrysalide, par mon ami M. Staudinger.

Crymodes Exulis. 131 l'opinion de ce naturaliste la Cry. Exulis, Lef., aurait pour synonymes les noctuélites dont voici les noms : Gelata, Lef., Groenlandica, Dup., Cervina, Germ., Marmorata, Herr-Sch., Difflua, Hb., Assimilis, Dbld., Gelida, Gn., Poli, Gn., Aretica, Thubg., Oleracea, Mobr.. et enfin la Borea, Herr-Sch. (1). Or, d’après cela, toutes les espèces formant le genre Crymodes de M. Guenée, sauf la Sommeri, Lef., toutes ne seraient que des aberrations plus ou moins remarquables de l’Exulis que je vais décrire.

Envergure : 0",038 à 0",040.

Les ailes sont élancées, arrondies à l’apex, obscures, ou mieux d’un brun plus ou moins lavé de jaunâtre avec les nervures et les points nervuraux assez visiblement indiqués en clair. L'espace médian est limité par ces derniers, et les taches réniforme et orbiculaire sont toujours plus ou moins visibles. Les inférieures sont d’un gris jaunâtre qui se prononce davantage en s’approchant de la frange; celle-ci est blanchâtre. Les antennes sont épaisses, crénelées et médiocrement longues.

La femelle a un peu moins d'envergure que le mâle ; sa parure est plus claire, c'est-à-dire que les teintes jaunâtre - terreuses sont plus répandues sur les supérieures. Mais ce sont surtout les taches ordinaires et les nervures qui se détachent plus ou moins vivement en clair qui distinguent cette femelle ; ces taches sembleraï2nt au premier abord en faire une espèce distincte du mâle. Les inférieures sont aussi moins obscures.

L'espèce a été rapportée en grand nombre de l'Islande où elle est fort abondante. Paraissant en juillet, elle n'attend pas toujours la nuit pour voler. Dès qu'un pâle rayon de soleil se fait jour à travers l'atmosphère humide de cette brumeuse contrée, on voit butiner ces noctuelles par essaims sur les rares plantes qui croissent clairsemées et on les saisit sans peine. La Cr. Exulis habiterait aussi le

(1) Catalog der Lepidopteren europa's und der angrenzenden, lander, Von Dr O. Staudinger, p. 43.

Labrador, le Kamtschatka, la Laponie, les régions polaires et l'Amérique boréale.

Cleophana Arctata, G\.

Serrata Hb., 861.— Gn., Ind. 246.— Bdv., 1221.— Feisth., Ann. Soc. entom., 1837, p. 299, pl. 12, fig. 2. — Dup. Sup. IX, p. 426, pl. 37. — Herr.-Sch., Cat. 53, VI, p. 161. = Stgr., Cat. 651. (Non Tr.)

(PI. 66, fig. 4 et 2.)

La Cleophana Serrata de Treitschke n’est pas celle que nous connaissons en France sous ce nom. C’est toutefois l'avis du savant auteur du Species (VI, p. 160), à l'opinion duquel je me range. J'adopterai donc le nom de Arctata (Serrata, Hb.) pour désigner cette Cleophana, dont je vais décrire la chenille qui, ainsi qu'on va le voir, a de grands rapports avec celle de sa congénère l'Antirrhini, Hb.

Elle est très-allongée, sensiblement atténuée en avant, et renflée sur les huitième, neuvième et dixième anneaux, avec les seize pattes bien distinctes; cependant la première paire ventrale semble un peu plus courte que les autres. La tête est petite, globuleuse et d’un jaune isabelle foncé. Tout l'insecte est d’un vert mat rayé longitudinalement de lignes fines, nombreuses, continues et plus claires que le fond. La stigmatale est blanchâtre et plus large que les autres lignes; elle part de la tête et aboutit au dernier segment; le dessous qui est d’un vert bleuâtre ne présente pas de lignes. Les stigmates sont concolores et finement cerclés de brun. Les seize pattes sont d’un vert jaunâtre; les antérieures sont à peine plus

Cleophana Arctata. 133

foncées que le reste; j'en dirai autant de la couronne des autres pattes. Absence complète de points pilifères et de poils ; ils sont du moins invisibles.

Cette chenille vit en mai et en juin, sur plusieurs espèces de Scabieuses.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,026 à 0",027.

Les ailes supérieures sont presque rectangulaires, à côte droite, à apex un peu aigu, à franges épanouies et profondément entrecoupées de blanc. Le fond est d’un gris brunâtre; il est traversé par l'espace médian qui est très-brun et sur lequel se détachent trèsvisiblement les deux lignes ordinaires, blanchâtres, continues, rapprochées au centre et formant par ce rapprochement une sorte d’X. Les taches réniforme et orbiculaire sont séparées par la coudée à son point de départ. Ces taches sont de forme à peu près semblable, concolores, limitées par un cercle noir interrompu par places et éclairées de blanchâtre intérieurement. On voit sur l’espace basilaire deux traits fins et noirs. Les ailes inférieures sont allongées, brunes, avec la base d’un gris jaunâtre et la frange médiocrement longue et blanchätre. En dessous les ailes supérieures sont brunes, plus claires à la côte, à frange blanche entrecoupée de brun avec l'espace médian bien écrit en brun foncé. Les inférieures sont à peu près la répétition du dessus ; seulement le fond, plus clair, laisse voir l’espace médian et les nervures. Les antennes sont longues et ciliées; les yeux sont gros et bruns ; la spiritrompe est épaisse et relativement longue; le thorax est robuste et concolore; l'abdomen est surmonté de deux longues crêtes noirâtres placées perpendiculairement.

Je ne connais pas la femelle qui ne doit pas beaucoup différer du mâle, ainsi qu'on le voit chez les espèces du même genre.

Cette jolie Cleophana, qui vole au printemps dans le midi de

l'Europe, est encore une grande rareté. Le sujet que j'ai sous les yeux et qui a été obtenu de chenille provient des environs de Malaga. L'espèce a été primitivement rapportée de l'Espagne méridionale, mais on ne nous avait encore rien dit de sa chenille. La Cl. Arctata, Gn. fait partie de mon cabinet.

Hydrilla Obliterata, Dai.

Bdv., Ind. 4117. — Gn., Ind. 236. — Gn. V, p. 238. — Herr. Sch., Cat. 40. — Agrotis Lætabilis, Dalm. — Zett., Ins. Lapp., p. 940. — Sior., cat. 74.

(PI. 66, fig. 3 et 4.)

Le mâle de cette espèce boréale était à peine connu (1) et la femelle était restée complètement ignorée; mais tout récemment un naturaliste allemand, M. le docteur Wocke, a rapporté les deux sexes de l'Obliterata des montagnes centrales de la Norvège (2).

Envergure : 0",038 à 0",040.

Les ailes sont entières, bien développées et oblongues : les supérieures sont d’un gris foncé lavé de nuances terreuses surtout à l'es pace médian, qui est limité par les lignes transversales ordinaires lesquelles sont brunes, denticulées et éclairées de blanchâtre extérieurement. La ligne subterminale est plus brune que les précédentes, mais elle est interrompue et moins régulièrement indiquée. Les taches orbiculaire et réniforme sont blanchâtres, entourées de brun et reliées par deux traits foncés. La frange qui est médiocrement large, est en-

(1) Lors de l'impression du Species général des Lépidoptères, le seul mâle connu faisait partie de la collection de M. Boisduval. (2) Lettre du docteur Staudinger, 2 décembre 1863,

Hydrilla Obliterata. 135

trecoupée et précédée de lisérés foncés. Les secondes ailes sont d'un gris clair ; le centre est coupé par une ligne brune aussi mal indiquée que le point discoïdal et les traits bruns nervuraux qui précèdent la frange. Le dessous est d’un gris blanchitre ; la coudée des ailes supérieures, la ligne transversale des inférieures sont vigoureusement accusées. La tète est petite et les antennes assez courtes ; les palpes sont bien développés et les yeux sont noirs. Le thorax est relativement grèle, globuleux, hérissé et concolore. L’abdomen est long, étroit, caréné, hérissé latéralement, ef teinté de fauve.

La femelle diffère du mâle par le peu de développement de ses ailes. Elle ne mesure que 0,030 à 0",031. Les supérieures sont de la même couleur que celles du mâle et les dessins sont à peu près semblables. Cependant on peut remarquer que l’espace médian est relativement plus large que chez le mâle, que les lignes ordinaires sont mal indiquées et que la subterminale se voit à peine. Si les taches orbiculaire et réniforme sont petites, la claviforme au contraire est allongée, brune et appuie un de ses bords sur la basilaire. Les ailes inférieures sont d’un gris blanchâtre et n’ont pas la ligne transversale qu’on remarque chez le mâle. La tache discoïdale existe, mais elle est mal indiquée. En dessous, les supérieures sont blanchätres et les franges sont précédées d’un liséré brun. Les inférieures sont plus claires que les supérieures et laissent voir la tache ordinaire mieux marquée qu'en dessus. Le thorax n’est pas très-robuste, cependant l'abdomen est renflé, conique et finit en pointe, il est également teinté de fauve.

Cette très-rare Hydrilla, qui appartient aux contrées les plus septentrionales du globe, a été rapportée pour la première fois du nord de la Laponie; et, en dernier lieu, je l’ai dit, des provinces les plus froides de la Norvège.

Elle n’est pas indiquée dans les Noctuélites de la Russie, par le docteur Eversmann.

Les deux sujets mâle et femelle qui m'ont servi aux descriptions que je viens de faire, ont été obtenus ex larva; ils appartiennent à mon cabinet.

Je ne sais malheureusement rien de la chenille de l’Hydrilla Obliterata.

Arctia (1) Sordida.

Hb. 151. — Bdv., Ic. GO, fig. 2-4. — Dup. TE, 4, fig. 5, a. b. — Herr.-Sch., fig. 34-36. — Frr., p. 332, 1, 2, 677. — Stgr., cat. 104. — Aberr. Carbonis Frr., p. 6492, fig. 4.

(PL. 66, fig. 5 à 8.)

I n°y à pas très-longtemps qu'on ne savait pas encore ce qu'était la Sordida. Ochsenheimer la supposait appartenir au genre Liparis, et M. Boisduval nous dit (Icon. IT, p. 133), qu’elle semble se rapprocher de ce genre plus que de tout autre ; cependant cet auteur la place parmi les Arctia.

Feu Donzel avait, un des premiers, obtenu l’insecte parfait d’une chenille trouvée dans le Var, ressemblant beaucoup à celle de la Chelonia Casta! (Dup., Sup. IE, p. 59 et 60).

L’œuf est sphérique, granuleux et jaunâtre; il acquiert vingt-quatre heures avant l’oclosion de la larve une couleur gris bleuâtre.

A sa sortie de l'œuf, la chenille qui éclot dix à douze jours après que celui-là a été pondu, est d’un vert blanchâtre avec les points ordinaires foncés et surmontés de poils gris relativement longs et

(1) G. Spilosoma, Stph. Stgr.

Arctia Sordida. 137

d’une finesse extrême. La tête est brune. Trois jours après, c'est-àdire à la fin de mai, les jeunes larves avaient doublé ‘de grosseur.

Le 5 juin, cette chenille qui se nourrit très-bien et qui grossit rapidement , était arrivée à sa troisième mue. Sa livrée est alors toute différente de ce qu’elle était précédemment : le dos et le ventre sont d’un gris bleuâtre ; les flancs sont d’un jaune isabelle présentant ainsi une ligne large et continue. Les poils toujours trèslongs sont devenus d'un gris foncé. Les points pilifères sont gros et saillants. A la hauteur de la sous-dorsale on remarque, sur chaque segment, une éclaircie blanchâtre. La tête est jaunâtre et jaspée de noir.

A la fin de juin, cette chenille (4) étant parvenue à toute sa taille, a un faux air de celle de la Luctifera dont elle se rapproche d’ailleurs par les mœurs. Au premier abord elle parait entièrement noire, cependant vue de près, la peau est d'un gris ardoisé, sur laquelle on distingue les verrues trapézoïdales et autres points pilifères qui sont saillants et très-développés. Les poils sont relativement moins longs qu'ils ne l’étaient aux âges précédents ; ils sont nombreux et d’un noir mat, sauf quelques-uns très-clairsemés et qui sont grisâtres. La ligne vasculaire est étroite, continue, grise et marquée sur les incisions, d’un point orangé obscur qui n’est pas toujours distinct. La stigmatale, qu'on a le plus souvent assez de peine à reconnaitre au milieu de l’abondante villosité dont cette chenille est enveloppée, est d’un beau jaune orangé, mais cette couleur est bien moins prononcée sur les anneaux du centre que sur les premiers et les derniers. Cette stigmatale est plutôt indiquée par deux gros points sur chaque segment que par une ligne pro-

(1) J'ai élevé une famille de cette espèce que je tenais de l’obligeance de M. R. Zeller, de Zurich. La mère de ces chenilles provenait des Alpes suisses.

Je fais observer que dans la nature les larves de cette Arctia propre aux hautes régions éclosent beaucoup plus tard que dans les éducations privées, et que ce n'est guère qu'à la fin de juillet qu'on rencontre la chenille sous les pierres et les feuilles, dans les lieux herbus et bien exposés. (Détails fournis par M. Zeller.)

prement dite. Le ventre, à partir du quatrième au neuvième, est gris bleuâtre. Le dessous des trois premiers et des trois derniers anneaux est d’une teinte fuligineuse. Les stigmates sont ovales, d’un blanc mat et cerclés de noir. La tête est petite, échancrée au sommet, luisante et d’un noir de jais, ainsi que les écailleuses; les autres pattes sont d’un gris clair avec la couronne d’une teinte vineuse ainsi que les mandibules et l'extrémité des palpes.

Ces chenilles sont très-voraces, polyphages et grossissent avec une rapidité remarquable. Presque toutes les plantes basses paraissent leur convenir (1). Ce sont principalement les feuilles de Plantogo, de Rumex et de Scabiosa qui leur ont été fournies et dont chaque Jour elles faisaient une énorme consommation. Les soins de propreté à apporter dans leur éducation sont indispensables, autrement la muscardine les atteindrait bientôt. La vivacité de ces larves est extrème, et leurs mœurs sont féroces; elles se dévorent souvent entre elles, mais seulement à l’époque de leur métamorphose; on doit alors les isoler.

Dans la première quinzaine de juillet elles avaient toutes disparu sous la mousse pour se mélamorphoser ; mais avant la formation de leur chrysalide ces chenilles avaient filé une soie très-foncée et construit une coque molle ressemblant à du crépe noir. La transformation s'opère au bout de quatre ou cinq jours.

La chrysalide est un peu allongée, obtuse aux extrémités, d'un rouge acajou foncé, avec le derrière de la tête et le commencement du thorax sensiblement déprimés. L’abdomen, plus renflé que le reste , se termine par deux pointes courtes, brunes, fortes et accompagnées de plusieurs crins divergents.

A l'état de liberté l’éclosion de l’insecte parfait arrive vers la mijuin et continue jusqu'à la fin de juillet, tandis que dans les éducations privées, c'est de la fin d'avril à la fin de mai.

(4) Elle vit encore sur le genêt d'Espagne, Dup., Sup. IH, p. 60.

Arctia Sordida. 139

La Sordida, me mande M. Zeller, ne se montre jamais à l’état d’insecte parfait, que l’année qui a suivi la métamorphose; en captivité ou à l’état Libre. Certaines personnes, ajoute-t-il, ont dit à tort que l'éclosion avait en partie lieu six semaines ou deux mois après la chrysalidation.

Pendant assez longtemps l’Ar. Sordida, qui n’est plus aujourd'hui une raret?, avait été confondue avec la Mendica sa voisine dont le mâle, ainsi que celui de la Sordida, est bien différent de la femelle.

Le type, on le sait, a les ailes d’un gris noiràtre obscur, et la femelle les a d’un blanc roussâtre, à demi-transparentes ; cependant les nombreux sujets que m'a soumis M. Zeller présenteraient, chez les mâles, plutôt une teinte d’un gris obscur plus ou moins accusé que celle d’un gris noirâtre.

La variété de M. le docteur Boisduval, Icon. IL, pl. 60, fig. 3, se rencontre assez souvent dans les Alpes suisses.

L’Arctia Sordida fut prise par Duponchel, en Provence, au mois d'avril 1822 ; c’est depuis lors qu’elle a été considérée comme faisant partie de la faune française. Elle est restée fort rare jusqu'à l’époque où feu Anderregg, de Gamsen la répandit dans les collec tions, où, depuis lors, tous les cabinets de quelque importance la possèdent.

L'insecte parfait a été pris à Digne. On l’a également recueilli à Rive-de-Gier, volant au grand soleil; enfin, depuis qu'on sait trouver la chenille, il ne paraît pas très-rare au Mont-Pilat, près de Lyon.

EXPLICATION DES PLANCHES De la 14e Livraison (1865).

——— he — PLANCHE 63.

Fig. 1. Chenille de la Rhodaria Sanguinalis. L. 2, Chrysalide à moitié sortie de la coque.

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