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INÉDITS
P. MILLIÈRE SEIZIEME LIVRAISON (Présentées à la Société Linnéenne de Lyon, le 12 mars 1866)
Los =
Anthochnris Bellezinn * Bdv.
(Aberr. A.)
Ce sujet n'est caractérisé que par le dessous des ailes inférieures ; voici ce qui le distingue. Sur le fond vert qui est d'une teinte plus jaunàtre que chez l'espèce ordinaire, les taches blanches du milieu et celles du bord, au lieu de présenter la forme circulaire et elliptique, se montrent en stries très-allongées rayonnant pour la plupart du centre de l'aile et se prolongeant jusqu'à la frange, qui ne les limite pas. Cette variété accidentelle et remarquable à été prise aux
environs de Montpellier, par M, Daube qui a consenti à me la confier pour Ja faire connaître. Elle appartient à la collection de cet obligeant naturaliste.
Savamimerdiaimin (i) Egregiella,
Dup. Supp. HE. 299, fig. 9. — Herr.-Sch. p. 409. — Stgr. Cat. N° 1360.
(Pl 74; fig. 2,216.)
La chenille par ses mœurs appartient plus peut-être au genre Scythropia de Habner, composé, on le sait, de la seule Crataegella , qu'au Swammnerdamia du même auteur : ne serait-il pas mieux de déplacer cet insecte et de le faire entrer dans ce genre Scythropia ? Voici l'histoire de la larve d'Egregiella qui doit éclore à la fin de janvier ou en février. On ne savait encore rien de ses premiers états.
Elle est allongée, fusiforme, très-plissée, avec le premier et le dernier segments recouverts d'une plaque écailleuse. Sa parure est brillante et les lignes qui la parcourent dans toute sa longueur sont nettes et vivement indiquées. Le fond est d’un violacé plus ou moins accusé sur lequel se détache la vasculaire, qui est étroite, tremblée, continue, brune et qui repose sur un fond blanc carné, du 2° au 14° segment. Pas de sous-dorsale ; la stigmatale est large, ondulée, continue, blanche et teintée de jaune de chrôme au centre de chaque anneau. Le ventre est d’une couleur sombre et marqué d’une ligne blanchâtre. Les stigmates, invisibles à l'œil nu, sont blanes et largement entourés de noir. La tête est globuleuse, un peu cordiforme, d’un jaune d’ocre foncé avec les mandibules et ocelles noirs ; ceux-
(1) Crée par Hu bner.
Swammerdamia Egregiella 194 ci sont surmontés d’un trait horizontal blanc. Le premier anneau à un collier blane et un écusson d'un noir mat, lequel est partagé par un sinus étroit; la plaque du dernier segment est petite et aussi d'un noir mat. Les pattes antérieures sont robustes, noires, annelées de blanc; les ventrales et anales sont brunes avec la couronne claire. Les trapézoïdaux et autres points pilifères sont, ainsi que chez les espèces congénères, gros et foncés ; les poils qu'on ne peut distinguer sans loupe, sont d’une longueur normale et bruns.
Vers le 145 ou le 20 mars, la petite chenille a atteint son entier développement. On la rencontre aux environs de Cannes (Alpes-Maritimes), sur les Erica scoparia et arborea, dont elle ronge les fleureites. Elle ne vit pas précisément seule, mais toutefois on ne peut la classer dans les espèces vivant en société ; le plus souvent c'est par deux ou trois, et au plus par quatre et cinq individus occupant une branche de bruyère; mais alors ces petites chenilles sont éloignées l’une de l’autre et séparées entre elles par des bouquets de fleurs. Elle trahit sa présence par quelques fils de soie placés surtout de bas en haut, fixés aux petits rameaux parmi lesquels la chenille est comme suspendue et où elle demeure immobile pendant le jour. Elle neprend sa nourriture que la nuit, grossit rapidement, et pour se métamorphoser tisse dans les branches mêmes, un cocon en forme de navette, d’une soie pure et blanche, se place la tête en haut et se métamorphose cinq ou six jours après. Cette petite larve est plus que toute autre peut-être attaquée par un ichneumon dont on remarque souvent le cocon blanchätre fixé contre un petit rameau de la plante.
La chrysalide enfermée dans une double enveloppe blanche, opaque, très-mince, mais cependant forte et impénétrable à l'humidité , la chrysalide, dis-je, est allongée, rougeûtre, avec la gaine des antennes descendant très-bas et atteignant presque la pointe abdominale : celle-ci est obtuse, brune et munie de plusieurs crochets divergents, fins, tournés en dehors. La petite Hyponomeutide éclot dès le 45 ou le 20 avril, et toujours dans la matinée.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0,014 à 0",015.
Cette espèce, placée à la fin du genre dans le Catalogue Staud.… avait été bien à tort considérée par Duponchel comme une Butalis. La découverte de la chenille est venue donner raison à M. tierrich-Schaeffer qui, avant qu'on eût connaissance des premiers états de cette espèce, à reconnu en elle une véritable Hyponomeutide (1).
L'Egregiella est très-allongée surtout aux ailes supérieures qui sont relativement étroites, généralement d'un bronzé verdâtre et n'ont pour tout dessin que deux bandes blanchâtres ; l’une qui traverse l'aile dans la presque totalité de son étendue et qui est interrompue au milieu par un gros point noir, et l’autre placée à la côte, qui, partant de la hauteur du point noir précité, se dirige sur l’apex qu'elle n'utteint pas. Les ailes inférieures sont d'un gris de fer uniforme et ornées de très-longues franges soyeuses et concolores. Le dessous est luisant et unicolore ; les antennes noduleuses à la base sont brunes et épaisses, elles partent d’une touffe de poils fauves ; les palpes relevés comme chez les Butalis et les Gelechia.
L'Egregiella varie : chez certains sujets les lignes blanches sont très-oblitérées et les ailes paraissent d’une teinte uniforme.
Cette Hyponomeutide a toutes les habitudes des espèces de la même division ; elle est lente dans ses mouvements, vole peu, demeure dans une complète immobilité lorsqu'elle est blessée par l'épingle et meurt sans S’agiter beaucoup. Elle vole le soir d'une manière lente et nullement saccadée, ne quitte jamais trop le voisinage des Erica qui ont nourri sa chenille et où la femelle dépose à l’aisselle des branches, par petits groupes, ses œufs qui ne devront éclore que neuf
(1) A la vue de sa chenille que j'élevais en certain nombre, M. Stainton, de Londres, dont j'eus la visite à Cannes, soupconna de suite que ce devait être celle de la Swan. Egregiella, Dup.
Omia Theophila. 193 mois après. Il m'est à peu près prouvé que lEgregiella n'a qu'une génération. Elle ne parait pas exlusivement propre au Midi, puisque Duponchel (t. I, p. 345), tenait du nord de la France les individus qui lui ont servi à décrire l'espèce.
Obs. Postérieurement à la rédaction de l’article qui précède, J'ai pu m'assurer que la Swm. Egregiella fait partie de notre faune lyonnaise et que mème l'espèce se rencontre assez abondamment sur certains coteaux bien exposés des bords du Rhône, où croit en abondance la Calluna vulgaris. La chenille de l'Egregiella ne vit donc pas exclusivement sur les Erica scoparia el arborea.
Omia (1) Fiheophila, Stgr. Annales Soc, entom. de Stettin, 1865, p. 56 el 57.
(PI. 74, fig. 7.)
Cette nouvelle Omia est très-voisine de la Rupicola, avec laquelle il serait facile de la confondre au premier abord, car elle à la coupe d'ailes, la taille et la couleur de sa congénère ; cependant en comparant les deux espèces on reconnait de suite en quoi elles différent. Si le fond des quatre ailes est noir et luisant chez ces deux Omnia. celte couleur est légèrement brune chez la Theophila. Celle-ci, en outre, présente aux supérieures plusieurs lignes dentées, transverses, d'un bleu d'acier, et la coudée seule est toujours entière. On voit à la côte, d’où part la basilaire, une agglomération d'atomes bleuàtres ; les quatre à cinq taches blanches qui caractérisent le bord ex— térieur des ailes chez la Rupicola, manquent toujours chez l'espèce nouvelle; les franges, qui sont noires, ont l'extrémité blanche. Le dessous serait entièrement noir, n'était une tache claire à ja côte .
(4) Crée par M. Guenée.
correspondant à la coudée bien indiquée en dessus; l'extrémité des franges est, ainsi qu’en dessus, d’un blanc pur. Mais ce qui distingue surtout la Theophila de sa voisine, c'est que la tête, les palpes et le prothorax sont d’un jaune orangé très-vif. Le thorax et l'abdomen sont noirs; ce dernier est garni d’une petite touffe noire mêlée à des poils jaunâires ; chez la Rupicola ces poils sont toujours d’un jaune pur. Les pattes sont noires, velues et annelées de blanc aux derniers articles.
La © est toujours un peu plus grande que le ; elle lui ressemble pour la couleur et la disposition des lignes.
M. Staudinger nous dit que cette charmante espèce lui à été envoyée en certain nombre par M. le docteur Crüper, qui l'a prise pendant l'été de 1865, sur le Mont-Parnasse, en Grèce.
La Theophila, ainsi que ses voisines la Cymbalariæ et la Cyclopea, doit avoir un vol diurne.
Mon cabinet : un © et une © en bon état de conservation.
Kupithecia Niultiflowata, Mir.
(Species nova. )
(PI. 71, fig. 8 à 13.
Elle éclot dès la fin d'octobre ou le commencement de novembre , grossit lentement et n'est parvenue à son entier développement qu'en janvier et février ; cependant on trouve encore des individus tardifs jusqu’en mars.
A sa sortie de l'œuf, cette chenille est d’un vert clair uniforme ; ce n’est qu'à sa seconde mue qu'elle prend les jolies couleurs qui la distinguent et qu'elle conservera jusqu’à sa transformation. Parvenue à toute sa grosseur, elle est allongée, cylindrique, plissée, d'un
Eupithecia Multiflorata. 195 vert d'herbe avec la région dorsale d’un carminé vif, tendant à s'obscurcir sur les premiers anneaux. La ligne vasculaire, du second an douzième segment, est large, resserrée à chaque incision, carminée et finement liserée de blanc pur à droite et à gauche. La stigmatale est large, blanche et légèrement ondulée. Le ventre est également vert; il est marqué, du quatrième au neuvième anneau, d’une ligne double, continue et blanchâtre. La tête est petite, globuleuse, verte, avec les mandibules et ocelles d’un vineux obscur; le clapet anal existe, mais on le voit à peine; les stigmates sont blanes et d’une petitesse extrème; les dix pattes verdâtres; les autres ont le dernier article lévèrement carminé. Il existe de rares variétés de cette chenille chez lesquelles la teinte carminée du dos est remplacée par une couleur d'un jaune d'ocre vif.
Cette chenille est d’une lenteur extrème, et, au repos, d’une immobilité absolue; elle se tient pendant le jour fixée par les pattes anales aux branches de l’arbuste, légèrement recourbée, et par sa couleur se confond tellement avec les feuilles et les fleurs des Erica, qu'il faut la plus extrème attention pour la distinguer. Ce sont les E. multiflora (arborea) et scoparia qui la nourrissent. Elle est peutêtre plus fréquente sur la seconde de ces Erica. Je fais observer que la Calluna vulgaris, mêlée aux deux précédents arbrisseaux, ne m'ont jamais donné la chenille de la Multiflorata que j'ai prise en certain nombre aux environs de Cannes, sur toutes les collines chaudement exposées qui entourent la ville. On la rencontre aussi, mais de loin en loin, au bord de la mer, sur les rochers garnis de bruyères, et également à l'île Sainte-Marguerite.
Lorsque arrive en janvier et février l’époque de la transformation, cette petite chenille descend de l’Erica, se cache au pied parmi la mousse et forme une petite coque molle mais solidement Lissée et à laquelle se mêlent certains détritus de végétaux; la transformation a lieu dans un temps relativement court.
La chrysalide, qui a la forme cylindrico-conique de toutes les espèces congénères que j'ai observées, rappelle par sa couleur celle
de la chenille. Elle est d’un vert pomme avec l'enveloppe des ailes et des anneaux d'un vert jaunâtre; de plus, la partie dorsale est marquée d’une large teinte carminée. Le dernier segment est faiblement carminé et la pointe est brune; celle-ci présente trois à quatre petits crins droits très-courts. Les larves qui se sont métamorphosées des la fin de janvier, ont donné l’insecte parfait à la mi-avril; l’éclosion a continué pendant cinq à six semaines. Ce petit lépidoptère éclot entre six et huit heures du matin et jamais à un autre moment du jour.
INSECTE PARFAIT
Pour la coupe d'ailes et le facies général, cette Phalène est voisine de plusieurs de ses congénères ; notamment de la Tenebrosata, H.-S., Constrictata, Gn., Phaeniceata, Ramb. et Guinardaria, Bdv.; c'est peut-être de cette dernière espèce qu'elle se rapproche le plus ; elle est toutefois constamment plus petite et ses ailes supérieures et inférieures sont relativement plus étroites : de plus, la teinte de la Multiflorata est toujours plus sombre, les taches noires nervurales sont vivement écrites et les ligues transversales me semblent disposées différemment que chez sa voisine. Voici au reste la description de la Multiflorata.
Cette Eupithecia est assez tranchée et ses dessins sont toujours nettement arrêtés.
Les ailes sont allongées ; les supérieures sont aiguës à l’apex, le fond est d’un brun de bois sur lequel les larges lignes transversales plus ou moins claires se détachent assez bien. La coudée, dont l’ancle est bien formé, est limitée par une éclaircie qui, de mème que les autres lignes, part de la côte. L'espace médian présente, en outre, une tache blanche au centre, qui est quelquefois oblitérée, et cinq à six petits traits noirs nervuraux plus ou moins bien indiqués, et qui manquent parfois. Le point cellulaire est de grosseur médiocre, noir, ovale et ordinairement bien écrit. La ligne subterminale est très-fine,
Eupithecia Aultiflorata. 197 festonnée, claire et aboutit à un gros point blanc de forme anguleuse. La frange est foncée et entrecoupée de brun. Les nervares sont interrompues mais le plus souvent bien écrites. Les aïles inférieures sont d'un gris foncé, uniforme et obscur où on distingue imparfatement une ligne transverse et flexueuse et où le point cellulaire n'est pas toujours visible. Les ailes sont en dessous très-obscures et le point ordinaire et les traits noirs qui précèdent la frange, sont cependant bien indiqués. Entre la tache cellulaire et la côte, on distingue presque toujours une éclaircie dont la largeur varie. Les antennes sont assez longues, grises en dessus, brunes en dessous; les yeux gris foncé ; le thorax assez robuste et concolore; l'abdomen, qui participe de la couleur générale, est marqué sur les quatre anneaux du milieu d’une tache en forme d’0 ; sur les flancs, de taches noires, et cela indépendamment des deux premiers anneaux plus foncés que les autres; les pattes, d'une longueur normale et grises ; enfin, l'abdomen est un peu relevé.
La Ç@ est semblable au ©, mais elle est un peu plus grande. Les deux sexes se tiennent au repos les ailes inférieures entierement cachées par les supérieures, ce qui ferait croire les quatre ailes plus étroites qu'elles ne le sont en réalité.
Cette Eupithecia ne varie pas d’une manière appréciable, cepen dant quelques sujets se présentent avec une teinte généralement plus claire, plus grisâtre.
On ne rencontre que rarement dans la nature la Multiflorata à l'état d'insecte parfait volant dans le voisinage des Erica. Elle portera le n° 1421 bis, dans le Species général, et dans le Catalogue Stgr. le n° G91 bis.
Obs. N'ayant pas été à même de voir les Guinardaria Bdv. en nature, je dois avouer que je ne suis pas absolument certain que cette Eupithecia ne soit pas la même que ma Multiflorata.
Voici une troisième série d'Acidalia, mais ces Phalénites, par leurs mœurs, la forme de leurs chenilles et aussi par l’angle plus ou moins prononcé de leurs ailes inférieures, ne devraient-elles pas être séparées dés Acidalia proprement dites, et constituer un genre distinct ? Toutes les larves de ce groupe ont probablement une forme identique et doivent se rapprocher des Pellonia de M. Guenée. Les quatre espèces de larves dont il va être queition ont de grands rapports avec les deux chenilles connues du genre Pellonia: celle de la Vibicaria et celle de la Calabraria.
Acidalia Emmmautats,. L.
S. N. 264. — Bork. 258. — Haw. p. 352. — Steph. IE, p. 308. — Wood, 72. — Gn. IX, p. 498. = Sylvestrata, Hub. 97? — Tr. W, p. 306 et Sup., p. 201. — Frey. L pl. 77, fig. 2, 5. — Herr-Sch., p. 28, fig. 103, 105. — Lah., 37 — Stgr. Cat. 131.
(Pl°72; fig 1 a3.)
Des œufs de cette Acidalie ont été pondus le 10 août; ils sont ovalaires, cannelés longitudinalement, jaunes, puis couleur de chair, et striés de taches vineuses douze heures avant l'éclosion, qui est arrivée le 19 du même mois. La jeune larve est d'abord d’un jaune verdâtre, et huit jours après, la région dorsale se colore d'une teinte foncée sur le milieu du corps. Gette chenille, qui passe lhiver, n’a atteint son entier développement que pendant le mois de mars ; elle est alors allongée, cylindrique, légèrement carénée sur les côtés, avec la
Annales de la Societe Linreenne de Lyon 167 Jie
E 1 & FA At tdalia L{a7 td 1072727 274 malaria, Hb
UNIL LE, 1
Caruarta, Herr-Seh
P - Depurutatla, Jeep.
Acidalia Immautata. 199 tête petite, aplatieen devant. La couleur générale est l’argileux pius ou moins clair sur lequel la vasculaire se montre, à partir du quatrième anneau, sous forme d’un trait fin qui s'élargit insensiblement pour finir en pointe sur le onzième segment. Cette ligne, qui est d’abord dun vineux obscur, se prononce jusqu’à devenir très-brune. Sur l'incision des 5°, 6°, 7° et 8° anneaux, on distingue une tache carrée, noire, marquée au centre d’un point blanc; la sous-dorsale est fine et continue ; la stigmatale est un peu plus large que la précédente ligne, faiblement ondulée, claire, et contre elle sont appuyés les stigmates noirs et visibles à l’œil nu. Le dessous est d’un blanc verdâtre avec une ligne large, continue, à peine indiquée. La tête est d’un vert jaunâtre avec les ocelles noirs et les mandibules vineuses. Les dix pattes sont concolores et les antérieures sont très-éloignées des anales, ainsi que chez les trois autres espèces qui feront le sujet de cette livraison.
La chenille de l'Immutata ne m'a pas semblé varier ; elle est trèsrigide, et vit à découvert sur plusieurs espèces de plantes. Je lai nourrie avec les Chicoracées, les feuilles radicales de l’Arthemisia campestris et, en automne, avec la fleur du Thesium linophyllum. Pour se métamorphoser elle se comporte comme la plupart des chenilles dont l'état léthargique ne doit avoir qu'une courte durée; sa coque est molle, à claire-voie et protège à peine la chrysalide qui, dans sa forme, n’a absolument rien de remarquable. L’éclosion de la Phalénite a commencé le 9 avril et s’est continuée pendant dix ou douze jours.
On le distingue toujours des espèces voisines par ses ailes inférieures moins anguleuses, par ses lignes transversales de couleur de rouille, parallèles et régulières, par le point noir central toujours visible aux quatre ailes en dessus et en dessous, et enfin par la tête, dont le fond est noir et le vertex blanc.
Cette espèce, qui est une des plus communes du genre, a deux générations ; celle du printemps m'a paru moins abondante que celle de l'automne.
L'Immautata vole en grand nombre dans les prés humides de nos environs; dans le Bugey, au centre et au nord de la France. Elle n'a jamais été signalée dans le Midi. Elle appartient aux faunes belges, anglaises et allemandes.
« C'est bien là, évidemment, l'mmutata de Linné et de Clerk qui la figure à ne pas s'y tromper. La description de Borkhausen, de Haworth, ete., sont aussi concluantes. Comment donc les auteurs modernes ont-ils méconnu une espèce aussi solidement établie ? » (Gn. IX, p. 498.)
Acidalin Caricaria.
Herr.-Sch. Sup. p. 134, fig. 553 et 554. — Gn. IX, 861. — Stgr. Cat. 129.
C'est pendant le mois d'août que vole la seconde génération de celte Phalénite. Une 9 recueillie le 47, a pondu un certain nombre d'œufs qui sont éclos le 26 du même mois ; ces œufs sont sphériques, bleuâtres, puis passent au brun.
Lors de son éclosion elle est d’un blanc livide ; adulte, elle est lon— œue, eflilée, légèrement carénée sur les côtés. plissée transversalement, à anneaux distincts, généralement d’un argileux clair avec les lignes assez bien indiquées. La vasculaire est fine, interrompue : elle s’élargit sur les 7°, 8° et 9° segments et présente sur les incisions
e ces mêmes anneaux une tache petite, rectangulaire et bleuatre ; la
Acidalia Caricaria. 201 sous-dorsale est très-fine, brune, et repose sur une ligne plus large et plus claire qui déborde de chaque côté ; la stigmatale est blanchätre, mal indiquée, large et continue ; elle est limitée par les stigmates qui s’appuyent au bord supérieur ; ces organes de la respiration, invisisibles à l’œil nu, sont blancs, ronds et cercelés de noir. Le ventre est d'un gris foncé ; on y distingue à peine une double ligne claire . fine et continue. La tête est petite, aplatie en avant et brune; les dix pattes concolores ; les trapézoïdaux sont à peine visibles; les autres points et les poils courts et bruns, ne le sont pas sans le secours de la loupe.
Cette chenille, ainsi que la précédente, est très-rigide, vit à découvert et varie en gris et gris bleuâtre, mais alors les lignes sont moins distinctes. Elle est polyphage; je l'ai nourrie plus spécialement avec les feuilles de la Centaurea jacea, et, en hiver, avec celles des Artemisia vulgaris et campestris. Quelques-unes de mes larves étaient parvenues à leur entier développement au commencement de novembre, mais le plus grand nombre ne l'a atteint qu'en mars de l’année suivante, C’est à cette dernière époque qu'arrive la transformation de la chenille. Pour se métamorphoser elle forme une coque solidement construite dans la composition de laquelle il entre de la mousse, des grains de sable liés au moyen d'une soie brune. La chrysalide qu’elle renferme est d’un jaune clair lavé de verdâtre avec les anneaux rouge acajou et l'enveloppe tellement diaphane qu'on aperçoit distinctement les dessins des ailes lorsque celles-ci sont formées. La tète et la pointe anale sont brunes; cette dernière présente un double crochet allongé et recourbé en dehors. La chepille reste à peine un mois en chrysalide.
INSECTE PARFAIT
La Caricaria, dont la découverte n’est pas très-ancienne, est voi sine, mais cependant distincte de l'Zmmutata. Les ailes plus obtuses sont un peu moins grandes. Sur un fond très-blanc on voit à la
côte et sur les bords un semé de très-fins atomes bruns; les lignes argileuses, dont quatre aux supérieures et trois aux inférieures, sont diagonales et flexueuses. Ce qui distingue invariablement cette espèce de sa voisine, est l'absence constante du point cellulaire aux premières ailes, alors qu'il est toujours bien écrit aux secondes. Les cils des antennes sont plus longs que chez l’Immutata; de plus ils sont doubles; la tête est noire ainsi que les yeux ; le vertex est blanc.
Cette espèce, qui éclot en mai ou dans les premiers jours de juin, semble appartenir aux régions montagneuses. Je l'ai prise abondamment en septembre au pied du Mont-du-Chat (Haute-Savoie), dans un pré humide parmi les grandes herbes; mais c’est en vain que je l'ai cherchée en juillet dans les vallons frais des environs de Plombières (Vosges), où elle doit exister : il devait être à cette époque trop tard et trop tôt, la seconde génération ne paraissant qu'en août.
L’Acid. Caricaria fait partie de la faune de l’Oberland (Suisse), où M. de La Harpe l’a recueillie dans les marais, volant parmi les joncs. (Faune des lépidoptères suisses. Sup. p. 10.) M. Guenée l’a rencontrée dans les prairies des Pyrénées pendant la première quinzaine de juin. La Caricaria est jusqu’à ce jour assez peu répandue dans les collections; cela tient sans doute à ce qu’elle a été confondue avec l’Immutata; ses habitat sont d’ailleurs circonserits et peu nombreux.
Acidalin Emitrria,
Hub. 51.— Tr. I, p. 24. — Dup. IV, p. 229, pl. 148, fig. 4. — Step. IL, p. 318.— Bdv. 1912. — Herr.-Sch. p. 27. — Gn. IX, p. 508. Steor. Cat. 138.
(PI. 72, fig. 8 à 11.)
A la vue de la chenille de cette espèce, on penserait avoir sous les yeux celle d’une Pellonia. Sa forme, en effet, est à peu de chose
Acidalia Imitaria. 203 près celle des larves de la Vibicaria, L. et de la Calabraria Hb.? Si, par suite de la connaissance de ses premiers états, on reconnait que l'Imitaria n'est pas à sa véritable place, les classificateurs futurs l’enlèveront du genre Acidalia dans lequel on l'a toujours comprise; pour moi, je me contenterai de dire ce que j’ai pu observer des mœurs de cette espèce.
Ainsi que celle de sa congénère la Vibicaria, la chenille de l’Zmitaria est très-longue et filiforme, finement plissée transversalement, cylindrique, mais un peu plus épaisse à partir des trois derniers anneaux, nullement aplatie en dessous et non carénée latéralement. La tête est petite, arrondie sur les bords, un peu déprimée en avant, pointillée et éclairée de deux traits blanchâtres qui, partant du front, descendent à la hauteur des ocelles. Le type est d’un jaunâtre isabelle, sans dessins, si ce n’est une fine vasculaire géminée, droite, continue, brune et ombrée de chaque côté ; le ventre est plus foncé, mais il ne présente pas de lignes. Les stigmates, complètement noirs, paraissent reposer sur une caroncule très-plissée, invisible à l'œil nu. Les pattes sont concolores, fort espacées ; les postérieures, relativement robustes, sont tachées de noir extérieurement ; le clapet anal est fort petit.
Cette chenille varie beaucoup : il est des individus d’un jaune verdâtre, d’autres d’un gris bleuâtre ; certains sujets sont marqués sur les flancs, du 4° au 9° segment, d’une grosse tache brune, en forme d'étoile distinctement écrite ; cependant la plupart se présentent jusqu'à leur troisième mue inclusivement avec une livrée chamarrée, bien différente de ce qu’elle sera après la quatrième, En effet, sur un fond plus ou moins clair, on voit de grandes taches brunes dorsales et stigmatales, avec une large vasculaire et deux sous-dorsales de même couleur, et enfin tout le ventre est d’un brun plus ou moins enfumé. Ces diverses taches donnent à la chenille un aspect tellement
différent de celui qu'elle aura plus tard, qu'il faut avoir élevé sépa— rément les larves en nombre, ainsi que je l'ai fait souvent, pour être bien sûr que toutes appartiennent à la même espèce. Cependant à ses divers âges cette chenille conserve invariablement son aspect filiforme et cylindrique, sa pose en demi-cercle plus ou moins contourné et sa parfaite immobilité pendant plusieurs heures ; ce qui la fait confondre avec des tiges de plantes desséchées. Toutefois, au moindre contact, elle se roule sur elle-même, se pelotonne, se laisse tomber à terre, demeure ainsi confondue parmi les débris de végétaux et, de cette façon, échappe le plus souvent à ses ennemis.
Cette espèce qui a deux, trois et peut-être quatre générations et qui, de septembre ou octobre, reste à l'état de chenille jusqu'en mars, vit sur plusieurs espèces d’arbrisseaux et sous-arbrisseaux. Je l'ai rencontrée sur les Rubus, Artemisia, Rubia, Erica. et les Galium sous-ligneux, Aux environs de Cannes, c'est le Lotus angustissimus qui la nourrit le plus ordinairement. En hiver on la trouve sous les feuilles de cet élégant sous-arbrisseau qui orne de ses longues tiges étalées où pendantes les rochers des bords de la mer aux expositions les plus chaudes.
L'époque de la transformation de lImitaria est très-variable ; lorsque le printemps doit être précoce, la chrysalidation dans le Midi arrive dès les premiers jours de février : cependant aux environs de Lyon, où l'espèce est des plus abondantes, la transformation n'a pas lieu avant la fin de mars ou les premiers jours d'avril. C'est au pied de la plante ou parmi les petits rameaux qu'elle se transforme après avoir formé une très-légère coque. En Provence, l'éclosion arrive en mars, et quelquefois plus tôt; en effet, le 27 février j'ai trouvé appliquée contre un rocher une Imitaria © fraichement
éclose.
Acidalia Imilaria. 205
INSECTE PARFAIT
Cette jolie Phalénite placée dans le groupe V de M. Guenée, que ce savant rapporte au genre Calothysanis, Hb., occupe le milieu de ce groupe composé de douze espèces, dont trois européennes seulement. J'ai dit au commencement de cet article les raisons qui me font croire que l’Imitaria sera un jour déplacée, et rapprochée des Pellonia.
Il est bien clair que les individus à fond blanc isabelle avec large bande médiane brun rougeâtre, représentent le type et que les sujets d’un roux plus ou moins brunâtre n’en sont qu'une constante variété. Celle-ci, bien que fréquente, ne se retrouve cependant pas partout où vole l’Imitaria ordinaire. Type et variété sont communs aux environs de notre ville : ils se rencontrent dans les bois herbus, les haies fourrées, les jardins ombreux, les parcs, celui de la Tête-d'Or entre autres. Les sujets provenant de l'Ariège sont grands et ont une coupe d'ailes très-allongée, différente de celle du type : serait-ce une espèce distincte ? Cependant les dessins de cette race pyrénéenne sont les mêmes que ceux des individus ordinaires.
Les Imitaria des environs de Nice et de Cannes sont généralement d’une teinte plus sombre que celles du centre de la France, et leurs chenilles au troisième âge sont peu chamarrées de dessins bruns. Bien que cette Acidalia soit considérée comme espèce méridionale , elle n’est pas rare en Bourgogne et en Franche-Comté ; elle est « commune en Angleterre. » Gn. p. 508. L'Imitaria a été signalée en Italie, en Hongrie, en Dalmatie, en Espagne et en Belgique.
Acidalin Hegumetnaéa (PUNCTATA).
Scop. 343. — Villers, If, p. 362. — Bork. 246. — Dup. pl. 177, fig. 3.— Bdv. 1898.— Gn. IX, p. 500. Stgr. 128.— Subpunctaria, Herr.-Sch., p. 23, fig. 311, 313. — Cerusaria, Lah., p. 38.
(PI. 72, fig. 12 à 15.)
La chenille de cette Acidalia, dont la forme et les mœurs sont à peu près celles des trois précédentes espèces qui caractérisent le groupe U de M. Guenée, présente une particularité qui n'est pas sans intérêt : cette chenille ne parait qu'une fois par an, son insecte parfait n'ayant qu'une seule génération ainsi qu'il sera possible d’en juger.
Elle est éclose neuf jours après que l'œuf a été pondu, c’est-à-dire le 5 août. Sa croissance s'opère très-lentement ; en effet, dans les premiers jours de novembre elle était encore fort petite puisqu'elle mesurait à peine 2 millimètres ; cependant à partir du quinze au vingt du même mois jusqu'à la fin de janvier, cette chenille qui a été élevée dans l'appartement, n'a rien mangé, bien que des feuilles fraiches ne lui aient jamais manqué ; aussi ce jeûne absolu l’avait-il fait beaucoup maigrir, à tel point que je la croyais desséchée et morte. A peine les premiers beaux jours de février ont-ils paru qu'elle se remettait à manger et, vers la fin d'avril, elle était parvenue à son entier développement. A cette époque, cette larve est très-allongée, filiforme, atténuée antérieurement, très-plissée, carénée sur les côtés , généralement d'un blanc jaunâtre lavé de carné sur les premiers anneaux. La ligne vasculaire est large à partir du septième anneau, brune et continue ; la sous-dorsale est fine, à peine distincte ; la stig-
Acidalia Depunclata. 207 matale, placée sur la carène, est large, continue, faiblement ondulée et blanchâtre ; la partie dorsale laisse voir sur les anneaux du milieu un dessin brun en forme de fer-à-cheval allongé. Le ventre, dont le fond est blanchâtre, est marqué de cinq lignes fines et droites : celle du milieu présente sur chaque segment un losange allongé et brun. La tête est petite, carrée, concolore, aplatie en avant, pointillée, présentant au centre un delta bien écrit en clair. Une forte loupe permet de distinguer les stigmates, qui sont blancs et cerclés de noir.
J'ai nourri cette larve, qui demeure sans cesse à découvert, avec la fleur du Mélilot (Melilotus off.) et, à partir de février, avec les feuilles et les fleurs de l’Hippocrepis comosa.
Vers la fin de mai, mes chenilles de la Depunctata se sont réunies sous une couche commune de mousse et ont formé rapidement leurs cocons qu'elles ont placés les uns à côté des autres ; très-peu de jours après, la transformation a eu lieu. La chrysalide est pleine , médiocrement allongée, d’un vert jaunâtre, luisante el très-vive. L'éclosion de l’insecte, qui a toujours lieu le matin entre sept et huit heures, est arrivée dès les premiers jours de juin et s’est prolongée pendant environ vingt jours.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0",030 à 0,032.
Les ailes, qui sont très-blanches, sont traversées par les lignes argileuses ordinaires : trois aux antérieures et deux aux postérieures. Je ne parle pas de deux ombres ou lignes indécises qui suivent la coudée. Le blanc parfait des ailes est sali principalement chez la par un plus où moins grand nombre d’atomes noirs répandus surtout à la côte, sur les lignes et à la base des ailes inférieures. Chez tous les sujets que j'ai vus, on distingue le point cellulaire, et les points terminaux aux quatre ailes placés avant la frange. El paraît cependant que ces derniers points manquent souvent aux inférieures (Gn:, p. 501).
Notre compatriote de Villers prenait cette Acidalie dans les environs. Elle n’est en réalité pas très-rare dans les bois humides de Roche:ardon, où je l’ai rencontrée quelquefois, mais jamais ailleurs. Elle se tient appliquée au revers d'une feuille.
Je l’ai capturée, en compagnie de feu Bruand d’Uzelle, dans les buissons des petites collines aux portes d’Aix-les-Bains.
La Punctata, qui n’est pas très-répandue dans les collections, est considérée comme habitante de la France méridionale, de la Suisse et de l’Autriche.
Joques plpf Debray
DICSS AU L'eruliphua, Mill.
Depressaria Feruliphila. 209
Une plante commune sur quelques points de la Provence, la Ferula nodiflora, L., nourrit à ma connaissance trois espèces de Depressaria, dont deux nouvelles. En faisant connaître ces deux Depressaria inédites de la Ferule, je figurerai en même temps la chenille de la D, Ferulae, Zell. qui ne l'a pas encore été, et je dirai ce que jai appris de ses mœurs.
Depressaria Feruliphila, Mir,
Elle est fusiforme, à anneaux distincts, d’un vert clair franc, avec les lignes ordinaires larges, continues, mais imparfaitement écrites. Ce n’est pas sans peine qu'on distingue à l’aide d’une bonne loupe les organes de la respiration, d'une grandeur normale cependant , mais mal indiqués. La tête est cordiforme, d’un noir de jais et très-luisante; le premier segment, qui est écailleux, a cela de remarquable que la partie cornée de cet anneau présente deux couleurs distinctes ; la première moitié est jaunâtre et la seconde est d’un noir luisant aussi intense que la tête. Le dernier segment, qui m'a paru faiblement corné, est jaunâtre. Les pattes antérieures sont testacées avec le dernier article noir et luisant ; les dix autres pattes sont unicolores et la couronne est jaunâtr'e ; les trapézoïdaux sont bruns et les points pilifères sont d’un noir foncé, ils donnent naissance à des poils fins, courts et blanchâtres.
La chenille de cette nouvelle Depressaria vit sur la Ferula nodiflora dont elle lie les feuilles tenues, pour former une galerie ouverte aux extrémités, et d’où elle s'échappe très-prestement au moin-
dre danger qui la menace en se laissant glisser à terre au moyen d'un fil de soie ; autrement elle ne quitte sa retraite que la nuit pour ronger les feuilles déliées de la grande ombelle. Cette espèce est beaucoup moins répandue que ses deux congénères les Depressaria Ferulæ et Nodiflorella dont je parlerai bientôt. Ce n’est qu'à la fin d'avril qu'on doit chercher la chenille de Feruliphila. Elle se transforme parmi les débris de végétaux et l’éclosion du lépidoptère arrive vers la fin de mai ou les premiers jours de juin.
INSECTE PARFAIT
Il est de la taille des grands exemplaires de la Characterella, S.N. — Dup. Tr. IL, p. 127, pl. 290 ( Ocellana, KF., Steph. ), à laquelle cette Depressaria nouvelle ressemble, mais dont elle se distingue cependant, ainsi qu'on pourra en juger par la description que j'en ferai.
Lorsqu'on connaît les mœurs de la chenille de l1 Characterella, on ne peut admettre que la Feruliphila n'en soit qu'une variété; en effet, suivant Duponchel, p. 128, la chenille de la Characterella est lavée de couleur de chair sur le dos et elle a l’écusson et la tête d’un vert clair ; de plus, cette dernière est tachée de rose. Le même auteur ajoute : « La chenille de la Characterella vit sur le bouleau, appartient au département du Nord et éclot en octobre. » La chenille de la Feruliphila vit, je l'ai dit, sur la Ferula nodiflora. plante herbacée des bords de la Méditerranée, et éclot à la fin de mai.
La D. Feruliphila mesure 0",025 d'envergure environ ; elle rappelle assez pour la faille, la teinte générale et la disposition des taches, la Characterella. Les ailes supérieures sont allongéex, étroites. rectangulaires, d’un grisâtre chaud avec reflets carnés sur toute leur surface, marquées de quelques atomes noirs à l'extrémité, de plusieurs taches de même couleur appuyées à la côte, dont trois principales, des deux ou trois taches noires ordinaires centrales, et d'une rangée de sept petits points subterminaux également noirs et bien nets. En outre, les supérieures présentent à la base deux
Lycunen Arqus. 211 points bruns sous forme de petite ligne transverse; les franges sont longues et concolores. Les ailes inférieures sont allongées, élargies à l’angle abdominal, blanchâtres, luisantes, avec une teinte brune au bord. Les nervures sont fines et bien indiquées en brun ; les franges sont longues, soyeuses, luisantes et blanchàtres. En dessous les supérieures sont uniformément d'un fuligineux pâle avec les franges et la côte lavées de jaunâtre ; les inférieures ressemblent au dessus. Les palpes, dont la pointe se dirige en haut, ont les deux premiers articles très-velus ; le dernier est tout-à-fait dénudé; ces palpes sont d’un gris carné; les antennes médiocrement longues, moniliformes et grisàtres ; le front est gris carné; le thorax rappelle la couleur des premières ailes ; l'abdomen est crèté sur les flancs, gris et carné à l'extrémité; les pattes sont très-longues, velues, concolores et munies aux inférieures de trois tarses , dont deux au second article.
La femelle est semblable au mâle.
La Dep. Feruliphila ne doit avoir qu'une seule génération.
Après avoir rencontré une première fois cette espèce dans les ter— rains rocheux des environs d'Hyères (Var), j’espérais la reprendre à l'ile Sainte-Marguerite, près de Cannes, où abonde la Ferula nodiflora ; c’est en vain que je l'y ai cherchée à plusieurs époques. sur tous les points de l'ile.
Variété du Mycrema Argus ©, L.
Fab. — Ochs. — Hb. — Bdv. — De Vill. et Gn. — Stgr. — L'Argus bleu, Engr.
(PI. 73, fig. 4 et 5.)
Cette aberration @ qui est de grande taille, diffère du type : par la teinte bleue de la base des ailes, plus étendue, principalement aux inférieures; par l'absence des lunules fauves, en dessus
et en dessous; par la couleur gris de perle des quatre ailes en dessous, lavées de vert bleuâtre à la base; par la présence, aux inférieures, également en dessous, d’une série de lunules sagittées d’un vert métallique éclatant, bordées antérieurement par des chevrons noirs surmontès eux-mêmes d'un liseré blanc mat.
Cette remarquable variété accidentelle n’a point encore été signalée : elle provient des Alpes provençales.
Collection Donzel : deux exemplaires identiqnes.
Depressaria Ferulae, ZELL.
Is. 1847, Ann. Soc. Stett.— Herr.-Sch., fig. 437.—Stgr. Cat. 1482.
(P1., fig. 6 et 7.)
Elle est effilée, fusiforme, d’un verdâtre clair sur lequel se détachent en vert plus foncé la ligne vasculaire et les deux sous-dorsales, qui sont larges et continues. La tête est jaunâtre avec les ocelles bruns. Le premier anneau est muni d'une plaque écailleuse qui appuie un de ses côtés sur l'incision ; les deuxième et troisième segments ont, en outre des trapézoidaux, une couronne de points noirs très-petits, donnant naissance à autant de poils courts, bruns, invisibles à l'œil nu; le dernier anneau est aussi muni d’une plaque cornée, marquée de deux traits foncés longitudinaux. Les stigmates sont relativement gros et noirs ; le ventre est d'un vert bleuâtre et les seize pattes sont concolores.
La chenille, qui viten février et en mars, doit éclore en janvier; peu après que la férule a commencé à se développer. Adulte, cette larve ronge les feuilles de la plante, mais ce dommage est insignifiant, comparé au préjudice qu’elle lui cause alors qu'elle est plus jeune, en pratiquant à la base de cette grande ombelle des morsures qui dé-
Dep'essiria Ferulae. 213 terminent un abondant suintement (1) arrèteent sa croissance et sou— vent la font périr prématurément. Ce n'est qu'à la fin de mars ou au commencement d'avril que cette larve, vive et frétillante, est parvenue à toute sa grosseur. Pour se transformer elle se retire le plus souvent au pied de la plante; cependant elle se métamorphose quelquefois dans les feuilles réunies en paquet. La chrysalide est médiocrement allongée, d’un brun rougeâtre avec l'extrémité anale obtuse et sans crochets. La gaine des ailes, qui descend assez bas, est proéminente. Le petit lépidoptère commence à éclore à la fin d'avril.
INSECTE PARFAIT
Cette espèce, qui mesure environ 0,022 est très-tranchée; c’est assurément une des plus remarquables du genre. Les ailes supérieures sont d’un brun chocolat un peu plus accusé à la partie qui précède la tache claire de la base, la couleur de cette tache d’un jaune argileux, est celle du thorax ; les trois points du centre de l’aile sont blanchâtres et cerclés de noir. La frange, qui est médiocrement large, n’est ni précédée ni accompagnée de points nervuraux. Cette Depressaria ne doit avoir, ainsi que la Feruliphila, qu'une génération. On la trouve sur les rochers des environs de la ville d’Hyères (Var), partout où croit la férule; gros-fenou, en langue provençale.
Je n’ai pas retrouvé la chenille de la Ferulae à l'ile Sainte-Marguerite, dont quelques parties rocheuses sont littéralement infesté?s de cette Ferula nodiflora.
Obs. Bien que Cannes ne soit placée qu'à une très-faible distance des iles Lérins, je n’ai pu, dans un assez vaste rayon , autour de la ville, rencontrer cette grande ombelle.
(1) Ge suc de la plante, en se solidifiant au contact de l'air, passe, d’incolore qu'il est, au brun noirâtre et devient une substance analogue à certaines gommesrésines, laquelle, au dire des gens du pays, serait employée dans les arts.
Depressarin Nodifiprelie, Mi (Species nova.)
(PI. 73, fig. 8 à 11.)
Elle se distingue de celle de sa congénère la Feruliphila. dont elle a les mœurs, par la taille qui est plus petite de moitié, par la couleur de la tête et par celle du premier anneau qui ne sont pas noirs; elle paraît d’ailleurs vingt à vingt jours plus tôt.
Jeune, la chenille de la Nodiflorella ronge le parenchyme de la plante qui enveloppe et protège la fleur naissante; elle attaque aussi cette dernière alors qu'elle est à l’état rudimentaire. À cette époque la petite larve est d’un vert glauque; elle file déjà une soie fine et blanche et y demeure fixée pendant le jour ; ce n’est qu'après la troisième mue que sa couleur s’éclaircit et qu'elle lie les feuilles ténues de la férule; elle pratique par ce moyen une galerie tapissée intérieurement de soie, qu’elle agrandit à mesure qu'elle se développe. Adulte, cette larve est fusiforme, d’un vert pomme, et les lignes, bien que très-visibles sont moins bien indiquées qu'elles ne l’élaient précédemment. La vasculaire et la sous-dorsale se prolongent sans interruption du second au onzième anneau ; si la ligne sous-dorsale est très-large, la stigmatale n'existe pas. Le ventre est d’un vert clair ou vert bleuâtre. La tête est slobuleuse, coupée droit du côté de l’incision, d’un jaunâtre testacé avec les ocelles et les mandibules colorés en brun. Le premier anneau est protégé par un écusson jaunâtre, luisant et limité à droite et à gauche par un trait noir qui n’arrive pas jusqu'à la tête ; les st gmates sont blancs et cerclés de noir ; les pattes unicolores ; les trapézoïdaux et autres points bien indiqués en brun et surmontés de poils courts et foncés.
Depressarie Nodiflorella. 215 Cette chenille, qui paraît un peu plus tard que celle de la D. Ferulae, mais un peu plus tôt, je l'ai dit, que celle de la Feruliphila, n'a atteint son entier développement qu’au milieu d'avril; cepend nt les plus hâtives de ces larves sont parvenues à toute leur grosseur dès la fin de mars. Elle demeure sur la plante et se cache dans l'espèce de fourreau dont il a été question, formé avec plusieurs feuilles réunies et liées par de nombreux fils de soie très-blanche. Ce fourreau est ouvert au deux extrémités, et l'animal qui l’habite s’en échappe facile ment lorsqu'il est inquiété. Cette espèce, qui est la plus abondante des trois Depressaria dont je viens de parler, n’attaque jamais la base de la plante, ainsi que le fait la chenille de la Ferulae, et je n’ai jamais remarqué qu’elle se métamorphosàt dans les feuilles, mais toujours au pied de l’ombelle, parmi les débris de végétaux. La chrysalide est allongée et sans crochets à la pointe anale. L’insecte commence à éclore vers les premiers jours de mai ; il n'a vraisemblablement qu'une seule génération. -
INSECTE PARFAIT
Le type est d’un bon tiers plus petit que la Ferulae, Z.: 11 parait être de la taille de la D. Rotundella, Dougl., dont elle diffère par la couje relativement plus allonge, les ailes supérieures d’un argileux plus prononcé, l’angle anal des inférieures plus accusé, les palpes moins longs, etc. Voici au reste sa description :
Envergure : 0",017. Les ailes supérieures sont allongées, presque rectangulaires, d’un argileux plus ou moins obscur, salies d'ombres brunâtres formées par la réunion de très-fins atomes foncés et de rayons bruns qui, pfécédant la frange, s’avancent jusqu'au tiers de l'aile. On voit, en outre, plusieurs points noirs ainsi disposés : deux au centre assez espacés l’un de l’autre, un à la base plus gros que les précédents, et enfin une ligne de points subterminaux placés entre la frange, qui est unicolore, et les rayons précités. Les ailes inférieures sont faiblement enfumées et s'éclaireissent à la base. En des-
sous, les supérieures sont uniformément d'un brunâtre clair et luisant ; les inférieures sont semblables au dessus. Les antennes sont brunes, les yeux noirs ; le thorax, la tête, les palpes sont de la couleur des supérieures. L’abdomen est très-aplati et brunâtre avec l'extrémité garnie de poils argileux.
La femelle est plus petite et un peu plus enfumée que le mâle.
L'espèce ne varie pas.
J'ai élevé en très-grand nombre cette Depressaria aussi commune à l’île Sainte-Marguerite, près de Cannes, qu'elle est abondante sur les rochers qui avoisinent le ville d'Hyères, lieux où croit spontanément la Ferula nodiflora.
Hibernia Ankeraria.
Stgr., Stett. e. Z. 1861. — Cat. 234.
(PL. 74, fig. 4.)
Cette Phalénite récemment découverte n’a été figurée nulle part ; elle a cependant êté décrite dans les Annales de la Société entomologique de Stetlin.
Elle est de la taille de la Progemmaria, et trouve sa place entre celle-ci et la Defoliaria. Les ailes sont grandes, minces, à peine recouvertes d'écailles ; les supérieures, d’un brun clair, couleur de feuille forte, sont transversées par deux lignes, l'extrabasilaire et la coudée, brunes, étroites et continues : la première est presque droite, la seconde présente un coude arrondi très-saillant. Le point cellulaire, jlacé au milieu de l’espace médian, est ovale, grand et de la couleur des bandes. Les inférieures sont blanches, très-faiblement maculées de gris brun au bord subterminal avec la frange longue et la tache cellulaire à peine différente. En dessous les quatre ailes sont d'un grisâtre foncé et la tache ordinaire est mieux indiquée qu'en dessus. Les antennes sont concolores, atteignent à peine la moitié de la
Annales de la Socte Lineenne. de Lyon 16€ Ler nnee1866. PE y
Aspilates Citraria. 247 longueur de l'aile et sont faiblement pectinées de chaque côté. Les yeux sont gris; le thorax, proportionnellement grêle, et l'abiomen sont de la couleur des ailes supérieures.
La femelle d’Ankeraria n’est pas connue et on ne sait rien de si chenille.
Cette Hibernia, qui a été découverte en Hongrie, est encore une grande rareté. Elle sera indiquée sous le n° 4326 bis dans le Species général.
Mon cabinet.
Aspilates Citraria.
Hb. fig. 212. — Tr. I, p. 139. — Dup. V, p. 116, pl. 178, fig. 4, 5. — Bdv. 1491. —H.-S., p. 94. — Gn. 1220.— Stgr. 396 = Gilvaria var. Esp., pl. 51, fig. 5.
(PL. 74, fig. 2 à 5.)
Bien que tout-à-fait ignorée de l’auteur du Species, cette chenille inédite assure, par ses caractères spécifiques, la place qu'occupe l'insecte parfait parmi les Aspilates. Ce que dit ce savant des larves connues du genre, s'applique à celle de la Citraria.
La chenille, qu'on trouve au printemps, a passé l'hiver ; elle est éclose depuis le mois de septembre et n’est parvenue à tout son développement qu’à la fin demars. Pendant le premier âge, on la voit, à la taille près, ce qu’elle sera adulte. Sous ce dernier état elle est allongée, cylindrique, faiblement carénée latéralement, un peu renflée sur les 8°, 9° et 10° anneaux ; à seconde paire de trapézoïdaux plus saillante que la première et cela du 4° au 9°; cette saillie est surtout sen— sible sur les 8° et 9° segments. Le fond est d’un grisâtre argileux lavé de roussâtre par grandes places et où les lignes ordinaires sont bien indiquées. La vasculaire est fine, interrompue, brune; cependant comme il arrive que le dos prend parfois une teinte plus ou
moins foncée, la ligne vasculaire disparaît alors. La sous-dorsale est double, géminée, continue dans toute l’étendue de la chenille; la stiomatale, qui est d’une largeur moyenne, est blanchâtre et limitée par les stigmates, qui sont un peu jaunâtres et entourés d’un double cercle brun. Le ventre est marqué d’une ligne noire, interrompue et seulement indiquée sur la première moitié de chaque segment du 4° au 9°. La tête est lenticulaire, concolore et les lignes stigmatales et sous-dorsales sont indiquées jusqu’à la hauteur des ocelles ; les pattes sont tachées de noir perpendiculairement. Les trapézoïdaux sont quelquefois concolores, et quelquefois très-foncés.
Cette arpenteuse varie en brun, et de loin en loin on remarque certains sujets dont le fond est clair, sans lignes et entièrement recouverts de points bruns régulièrement placés.
La chenille de la Citraria, qui vit à découvert sur une foule de plantes basses et sous-ligneuses, est lente à grossir. C'est principalement sur les Scabiosa, les Lotus et certaines Crucifères que, dans les garrigues d'Hyères, ceux de Cannes et des îles Lerins, je l'ai rencontrée maintes fois vers Ja fin de mars et le commencement d'avril. La chenille, pour se métamorphoser , forme une coque à claire-voie mêlée de brins de mousse. La chrysalide est placée horizontalement et retenue par la pointe; elle est allongée, à anneaux abdominaux carénés et noirs au sommef{, à fond terreux tout chargé de rayures noires indiquant le contour des ailes, des antennes, de la trompe, etc. L’éclosion a lieu vers la fin d'avril.
INSECTE PARKAIT.
Le tÿpe en Provence serait d'un jaune d'ocre, cependant on rencontre un certain nombre de sujets qui varient depuis le jaune soufre. La femelle, contrairement à ce qu'on pourrait penser, n’est pas plus rare que le mâle ; c’est ce dont j'ai pu m'’assurer par l'éducation de l'espèce obtenue ex larva ; mais comme cette femelle vole très-peu, on la rencontre bien moins souvent que l’autre sexe, Au plus léger
Noctua Leucogaster. 219 bruit, la Citraria $ quitte pendant le jour son lieu de repos. Son vol est rapide, mais court. L'espèce est fort abondante en Provence, mais elle l’est beaucoup moins autour de Lyon; c’est sa congénère la Gilvaria qui la remplace dans notre département. Cette Gilvaria. très-fréquente presque partout en France, n'existe pas, je crois, sur le littoral de la Méditerranée. La Cütraria qui appartient aussi à l'Angleterre, la Corse, la Sicile, l'Espagne, etc., a deux générations : la seconde éclosion a lieu en août et septembre.
Noctun Leucogaster.
Frey. I, pl. 21. — Tr. X, p. 37. — Bdv. pl. 83. — Dup. sup. HT, p. 222, pl. 20. — H.—S. fig. 4. — Gn. V, p. 327. — Ster. Cat. 108.
(PI. 74, fig. 6 à 8.)
Cette larve méridionale doit éclore en décembre : ce qui me le ferait penser, c’est qu'étant fort petite encore vers le milieu de janvier, elle a atteint son entier développement dès le 10 ou le 15 février. Lors de ses seconde et troisième mues, les lignes dont elle est ornée sont beaucoup plus vives qu'elles ne le seront à son état adulte. — Parvenue à tout son développement cette chenille est médiocrement allongée, épaisse, rase, et serait tout-à-fait cylindrique si elle n’était un peu renflée sur les derniers anneaux; de plus, le onzième sesment est relevé en petite carène transversale qui incline faiblement en arrière. Le fond est d’un brun verdâtre mal décidé qui varie et passe souvent au jaune cannelle foncé. Les lignes ordinaires sont visibles surtout la stigmatale, qui est large, continue, d’un jaune de Naples assez vif, Striée de rouge orangé au bord supérieur et finement liserée de clair en dessus. Les vasculaire et sous-dorsale sont fines, blanchitres, ombrées de chaque côté ; la première de ces lignes est in-
terrompue par une tache foncée sur l’incision des anneaux du milieu. Les stigmates sont blancs, ovales, cerclés de noir, teinte qui s’élargit en se fondant. Le reste du corps, vu à la loupe, paraît finement strié de brun. Le ventre participe de la couleur du dos et des flancs. La tête est d’un jaune un peu rougeàtre, luisante, largement striée de brun, avec les deux croissants noirs opposés bien écrits. Les seize pattes sont concolores : les ventrales, qui sont plus largement striées de brun extérieurement, ont la couronne foncée. Enfin, les trapézoïdaux sont petits, noirs et accompagnés d’une éclaircie blanchâtre du côté de la sous-dorsale.
Cette chenille, qui n'avait point encore été observée, m’a paru rare aux environs de Cannes. Je ne l'ai rencontrée qu’en un seul lieu, à deux kilomètres de la ville, entre la route d’Antibes et la mer, cachée sous des touffes étalées ou pendantes du Lotus angustissimus? L., plante sous-ligneuse des bords de la mer et dont la chenille ronge les feuilles persistantes, petites et charnues. Elle ne doit cependant pas vivre uniquement sur le Lotus angustissimus, car à défaut de cette plante, je l’ai nourrie avec les feuilles de plusieurs Chicoracées,.
C’est au pied du Lotus, parmi les petites branches et les feuilles sèches que la chenille de cette Noctua construit une légère coque où la chrysalide est rapidement formée. Elle est de forme ordinaire, d'un brun rougeàtre, luisante, à anneaux abdominaux mobiles et dont le dernier finit en pointe courte. Dès la mi-avril les quelques chrysalides que j'avais obtenues sont écloses et ont donné des Leucogaster # et ® grands et bien développés.
INSECTE PARFAIT
Cette jolie Noctuélite est, on lesait, très-voisine de la Plecta; ce doit ètre en effet à cause de son extrème ressemblance avec cette espèce congénère, qu'elle est peu recherchée par les collectionneurs. Au
AT Pres —
POE x ETS ee FDA
Chionobas Aëllo. 221 reste jusqu'à ce jour notre faune française ne l'a signalée que dans la Provence où elle est, je le crois, assez peu répandue. Elle a encore été rencontrée en Sicile et en Dalmatie. (Gn. V, 327.)
Cette espèce doit avoir plusieurs générations.
La N. Leucogaster qui a été découverte par M. Freyer, ne varie pas, sauf certains sujets dont la teinte des ailes supérieures est plus claire que le type, cependant les inférieures demeurent inva— riablement blanches.
Chionobas Aëllo.
Esp. pl. 115. fig. 4. — Hb. 519. — Bdv. — Dup. — H. —S$. Stgr. = Norna, Bb. pl. 141, fig. 2.
(Aberr: A.)
(PL. 75, fig. 1.)
Voici une bien remarquable variété de l'Aëllo o ; elle parait d'autant plus intéressante qu'aucune aberration de ce Chionobas n'avait encore été indiquée. Si la taille et la coupe d'ailes de ce sujet sont exactement celles du type, la coloration générale s’en éloigne sensiblement, car au lieu d’être d’un brun d’ocre, cette teinte est uniformément d'un gris d'argile, sauf pourtant une nuance fuligineuse qui occupe le centre de chaque aile et qui fait d’autant mieux ressor— tir les nervures qui se détachent en clair. Les franges, qui ordinairement sont blanchâtres et entrecoupées de brun foncé, sont presque incolores. Les taches ocellées des ailes supérieures, au nombre de irois, ne sont pas pupillées et sont moins vivement écrites que chez l'espèce ordinaire. La tache des inférieures est à peine visible. Le dessous des quatre ailes ne présenterait rien d’anormal si les taches ocellées n'étaient, au rebours du dessus, très-accusées et vivement pupillées de blanc. Les antennes, le thorax et le reste du corps ne varient pas.
Cette variété accidentelle du Chionobas Aëllo appartient au cabinet de M. Auguste Prévost, de Genève ; elle a été prise par cet ento— mologiste dans les Hautes-Alpes.
Obs. je possède une variété de la même espèce, mais qui est moins remarquable que celle de M. Prévost. Chez ce sujet qui est aussi uno”, le brun a envahi la presque totalité des ailes, et les supérieures ne présentent qu’un seul point noir presque imperceptible ; cependant ce point redevient normal en dessous.
Laphygma Exigua.
Hb. fig. 362. — Tr. — Dup. UN, p. 45, pl. 75. — Bdv. — Gn. V, p. 158, Sigr. Cat. 497.
(PI. 75, fig. 2 et 3.)
Elle est cylindrique, rase, assez courte, faiblement atténuée en avant; se rapprochant un peu pour la forme et la couleur de certaines larves du genre Orthosia. Sa teinte sombre est uniforme; cependant la ligne stigmatale qui est large, claire, continue, rougeûtre sur les premiers segments et finement liserée de brun, présente cela de particulier que sur chaque anneau on voit, à partir du cinquième, un dessin à peu près carré qui s'appuie à cette ligne, et qui par cela même semble la faire onduler sensiblement. Ce dessin ou série de taches est moins clair que la ligne précitée et, chez quelques sujets, il est à peine visible. La stigmatale est en outre striée de brun irrégulièrement et marquée, sur chaque anneau, à partir du quatrième, d’une ligne de points foncés. Toute la région du dos et celle des flancs sont brunes; c'est à peine si on distingue la vasculaire qui commence au second segment; elle est fine, noire, interrompue et légèrement ondulée, Le ventre est d'un jaune d'ocre pâle et n’a
Laphygma Exiqua.
pas de lignes. Les stigmates sont gros, ovales, blancs et cerelés de brun ; ils sont placés avant la tache carrée dont il a été question. La tète est petite, un peu aplatie, d’un verdâtre obscur et marquée d'un double croissant brun. Les seize pattes sont unicolores. Les points trapézoïdaux sont {rès-petits et bruns.
La chenille d'Exigua présente une variété moins sombre ; la ligne stismatale et la région ventrale sont alors d’un jaune ochracé plus ou moins obscur ; peut-être même que ce que je considère comme une variété représente le type, puisque parmi les chenilles d’Exigua que j'ai vues, il s'en est trouvé autant de brunes que d’ochracées.
Cette espèce qui vit en automne sur les plantes basses, grossit assez rapidement. M. Himmigolffen qui me l’a procurée m'annonce qu'elle est fort abondante aux environs de Barcelone sur le Polygonum persicaria L., et que c'est toujours au bord des eaux ou dans le voisinage des lieux humides qu'on la rencontre. On savait assez peu de choses des mœurs de cette larve, qui n’est figurée nulle part, et c’est avec raison que l’auteur du Species, mal renseigné sur les chenilles qui habitent exclusivement le Midi, a plus d'une fois regretté les obstacles que lui a opposés ce défaut de précision. (V, p.157.) Cependant si M. Daube à affirmé que la chenille d'Exigua est très-commure dans les champs de blé des environs de Montpellier, son assertion peut être exacte, car cette larve vivant aussi sur plusieurs Convoloulus, doit se rencontrer sur le C. arvensis si fréquent dans les céréales; mais je ne pense pas que jamais ces dernières plantes aient été attaquées par la chenille de l’£Exigua. Elle n'aurait donc pas les mœurs de sa congénère exotique la Frugiperda, Abbot, qui, suivant cet iconographe, « fait son aliment du blé de Guinée, ainsi
« que de toute espèce de grains, auxquels elle est extrêmement nuisi- « ble sous forme de chenille, qui dévore le tuyau principal de la « plante où elle se loge. »
Abbot termine par proposer un moyen de détruire cette larve dangereuse, moyen que je crois impraticable. « Parmi les oiseaux de
« basse-cour, n’y en aurait-il point quelqu'un, dit-il, qui fit volon-
« tiers sa nourriture dela #ympheet qui füt la trouver sous la terre ? » Après avoir formé une légère coque, la chenille d'Exigua se
chrysalide dans la mousse ou parmi les plantes sèches ; en captivité
du moins. Dans la nature, le lépidoptère éclot depuis le mois de juin
jusqu’à la fin de juillet.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0,026 à 0,098.
Cette Laphygma, la seule qui soit européenne parmi les cinq espèces qui composent le genre, se distingue par la forme très-allonvée des ailes supérieures, la largeur relative des inférieures, la couleur hyaline de celles-ci où tranchent les nervures et la bordure blanche, l’exiguité du thorax et de l’abdomen ; tous caractères qui, en effet, doivent l’éloigner des Caradrina parmi lesquelles les auteurs l’avaient primitivement classée ; ce qui justifie sa séparation et sa place définitive parmi les Laphygma de M. Guenée.
Les Exigua du Midi varient en brun ; les taches ordinaires se détachent alors plus vivement en jaune ferrugineux ou ochracé et les nervures des ailes inférieures sont plus accusées.
Je crois que cette noctuelle, qui doit avoir deux générations, ne s’avance pas en France plus haut que Lyon, et que par le fait elle ne doit pas se rencontrer au delà de nos environs. C’est à la Pape, à 6 kilomètres au nord de la ville, {sur les collines qui avoisinent le Rhône, que je l'ai trouvée de loin en loin, au commencement d'août, en chassant la nuit sur la bruyère fleurie. Je l’ai prise une fois près de Cannes, à la fin de mai. Elle est commune en Italie, en Espagne, en Sicile. Elle fait également partie de la faune, de la Dalmatie.
Grannnodes Geomelrica, 295
Grommoics Geomeirica.
Rossi, I, p. 479. — Tr. HE, p. 310, God. — Bd. — Gn. — Stgr. — Chalciptera, Bork, 350. = Ammonia, Esp. 180, fig. 2. — Parallelaris Hh. 324. = Bifasciata, Petagna , 197. — Linearis, Hp.
(Pl A75, fi 41 6.)
Je ne l'ai vue figurée nulle part, et, si elle est connue, elle doit l'être imparfaitement. Cette chenille qui n’a que trois paires de pattes ventrales est très-allongée, sensiblement atténuée aux extrémités, complètement rase, d’un gris plus ou moins violâtre et ornée de lignes longitudinales jaunes, grises et brunes bien indiquées dans le Species, mais où cependant l'auteur de ce savant ouvrage n'a pas mentionné trois caractères qui ne manquent pas d’une certaine importance : 1° la tache noire ocellée appuyée à la ligne sous-dorsale qui existe non-seulement sur le quatrième anneau , mais encore, bien que plus petite, sur les 5°, 6°, 7° et 8° segments : 2° le ventre qui est d’un noir fuligineux velouté uniforme et sans lignes; 3° la première paire de pattes membraneuses un peu plus courte que les autres. La tête est petite, un peu aplatie, et présente sur un fond gris maculé de noir, deux traits jaunâtres qui la traversent du sommet à la hauteur des palpes ; ceux-ci sont carnés et les mandibule: sont rougeàtres. Les pattes antérieures sont effilées, d’un noir de jais et luisantes. Les membraneuses et les anales, dont la base est d’une belle couleur orangée, sont carnéex, tachées de points et de rayures foncés. Les stigmates sont très-petits, noirs et finement pupillés de blanchâtre.
L'espèce varie en gris de souris : chez cette variété qui est assez commune, les lignes sous-dorsale et stigmatale ne sont plus jaune
orangé ; elles ont, ainsi que les autres lignes et les taches, pâli d’une manière sensible. Chez le type et chez la variété les points trapézoidaux, qui sont petits et concolores, se confondent avec les lignes.
La chenille de la Geometrica qui a un faux air d’arpenteuse, a des mœurs autres qu'on ne l'avait pensé jusqu’à ce jour ; c'est toutefois ce que m'écrit M. Himmighoffen, de Barcelone. Non-seulement, dit-il, cette noctuelle n’a pas qu'une seule éclosion par an, mais les générations se continuent et se succèdent sans interruption du commencement de mai au mois de novembre où les froids arrêtent les éclosions. De la fin de mai au mois de décembre, on trouve des chenilles de cette Grammodes à tous les âges sur le Polygonum persicaria, au bord des eaux courantes ou des marais. Cependant l'espèce se cantonne et vit abondamment en certains lieux humides, tandis qu'elle est fort rare en beaucoup d’autres situés dans des condit ons analogues. Au premier âge, ajoute M. Himmighoffen, la chenille se tient au sommet de la plante et ronge seulement les feuilles récemment développées. Si une cause accidentelle la dérange, elle se laisse tomber de son point d'appui, mais elle demeure suspendue par un fil de soie (1); après la troisième mue, au plus léger c:ntact qu'éprouve la tige qui la supporte, elle se roule sur elle-même en se laissant choir, et si elle tombe dans l'eau où la plante croît souvent, elle n’a pas de peine à atteindre une tige et à se sortir du liquide. Enfin, parvenue à son entier développement, elle descend à fleur d'eau et demeure tout le jour la tête en bas, appliquée le long des plus gros Polygonum. Elle vit en compagnie des chenilles de la Laphygma Exigua et de la vulgaire Timandra Amataria fort répandue aux environs de Barcelone.
Ce que j'ai dit des nombreuses générations de la Geometrica, apprend que sa larve grossit très-rapidement. Pour se transformer elle tisse
(4) Ce fait, je le pense, n’a ;jamais été signalé chez les chenilles d'autres
noctuelles.
Lee]
Grammodes Geometrica. 227 dans les feuilles de la plante une coque en soie blanche, forte, serrée et impénétrable à l’humidité ; cela doit être puisque souvent la chrysalide demeure immergée pendant plusieurs jours à la suite d’une crûe d’eau subite, sans que pour cela l’insecte paraisse en souffrir. La chrysalide rapidement formée est allongée, d’un brun rougeûtre et recouverte, sauf les deux derniers segments, d'une efflorescence bleuâtre matte, à la manière des chrysalides de la plupart des Catocala. La Geometrica éclot le soir, quelquefois à une heure avancée de la nuit ; son développement est rapide.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0",640 à 0,042.
C’est un des papillons européens les plus richement parés : ses larges ailes supérieures d’un gris violtre dont le centre est occupé par une grande tache triangulaire d’un noir velouté, sont caractérisées par deux bandelettes droites, parallèles, d’un blanc jaunâtre. La première de ces bandelettes se prolonge sur les ailes inférieures, mais elle est indécise, à l'angle anal surtout.
L'insecte parfait varie peu ; aucun auteur ne signale d’aberration de cette jolie Grammodes. Gependant M. Himmighoffen me mande que parmi le grand nombre de Geometrica qu'il a obtenues ex larva, il ne lui estéclos qu’une variété, mais des plus remarquables. Le sujet est grand et bien développé; des deux bandes transversales ordinaires, il n’en reste qu'une : la seconde ; mais elle est du double plus large qu'elle devrait être.
Ce lépidoptère, qui n’est pas très-vif, se rencontre rarement dans la nature ; il demeure caché au centre des touffes de Polygonum et, si par hasard on le fait voler, il ne s'élève guère plus haut que les plantes parmi lesquelles il s’abat bientôt pour disparaitre aux yeux du chasseur.
L'Espagne, l'Italie, la Russie, la Mingrélie (4) et la France méri-
(1) Noctuéliles de la Russie, par le docteur Eversmann, p. 521.
dionale sont les seuls lieux où jusqu'à ce jour la Geometrica ait éte rencontrée. Sans nul doute elle existe en plusieurs autres pays de l'Europe. Fabricius assignant les Indes-Orientales pour patrie à cette espèce, il est probable que cet auteur à vu laGram. Ammonia, Cram., qui est extrêmement voisine et avec laquelle les auteurs l'ont confondue pendant longtemps.
Amyphidasys Betularia.
AÏb. — Lin. — Gn. Geer.— L'Adm. — Kléem. — Wien. — Verz. — Fabr.— Esp. — Bork. — Steph. — Bdv.— Herr.-Sch.— Gn. Stgr. = Ulmaria, Bork., fig. T3 = Marmoraria, Sepp., pl. 10 et
(Aberr. CFA)
Cette variété accidentelle de la Betularia © est fort remarquable ; le noir l’a complètement envahie; tout a pris cette teinte sombre en dessus et en dessous : les ailes, les antennes, le thorax, l'abdomen et les pattes ont l’air d’avoir été teints en noir, tant cette couleur est complète et profonde; les pattes cependant sont annelées de blanc. La taille de cette curieuse variété et sa coupe d'ailes sont exactement celles du type, autrement il eût été difficile peut-être de savoir à quelle espèce rapporter cette anomalie, qui devra être nommée variété A.
Nulle aberration de cette Amphidasys n'avait encore été signalée. Celle que je viens de décrire a pour patrie le nord de l'Angleterre ; elle appartient au cabinet de notre collègue M. Fallou, de Paris.
Mlle p y [ fcédalia Ochrata, Scor Il & 6, td Cbseletaria Ill 9 024 obter 1V. ze 12, ca Woniliata \ ) 4 LL CrnATLA nlererar de
Acidalia Ochrata. 229
J'ai donné précédemment Fhistoire des chenilles de plusieurs très-petites Acidalies. Je raconterai aujourd'hui celle de cinq autres espèces qui, de même que les précédentes, sont tout aussi incon— nues sous leurs premiers états (4). Deux de ces espèces sont communes presque partout et ce n’est pas sans motifs qu'on s'étonne que leurs larves, sans cesse foulées aux pieds des entomologistes, n’aient pas été plus tôt observées. Cela peut S’expliquer cependant : la parure sans éclat de ces chenilles, leur constante immobilité pendant le jour, leur exiguité et l'habitude qu'elles ont de se cacher parmi les plantes basses dont elles se laissent tomber au plus léger contact ; tout cela, dis-je, a bien pu les faire méconnaître jusqu'à ce jour. J'ai dit à la page 417 du présent volume, toute la peine qu'il m'a fallu pour amener à bonne fin les Acidalia Osseata et Holosericeata, je pourrais ajouter que les chenilles des A. Politaria, Ochrata, Obsoletaria, Moniliata et Var. Canteneraria ont, avec les larves de celles-à, de grands rapports de mœurs.
Acidalin ®clirata.
Scop. Wien. — Verz. — Bork. — Tr. — Fisch. — Rost. — H.-S., p. 20 — Gn. IX, 449. — Sigr. = Ochrearia, Lah. 30. = Pallidaria, Hb. — Dup., pl. 75, fig. 4. — Curt. — Wood. 741 — 3dv. 1865.
(PI 75 ga) CHENILLE.
Les œufs ont été pondus le huit juillet ; ils sont éclos le 45 du même mois. Les chenilles sont restées imperceptibles pendant plus
(4) J'en excepte la Var. Canteneraria, Bdv., dont la chenille du type, celle de l'Incanaria, a déjà été figurée par Hubner.
de six semaines; ce n'est guère qu'à la fin de septembre qu’elles ont commencé à grossir ; elles n’ont enfin acquis leur entier développeeut que dans la première quinzaine de juin. Leur état de chenille a donc duré juste onze mois.
Lorsqu'elle est adulte cette larve est médiocrement allongée ; elle serait tout-à-fait cylindrique si la carène latérale n’était assez saillante. Elle est de plus plissée transversalement, surtout aux deux extrémités du corps, d’un jaune de Naples plus ou moins verdâtre en dessus, et lavée de carné sur la tête, sur les premiers et les derniers anneaux, ainsi qu'aux incisions. La ligne vasculaire est trèsfine, blanche et largement liserée de verdàtre de chaque côté; ou mieux cette ligne blanchâtre repose sur une large bande vert clair qui passe au vert obscur sur les derniers segments pour finir en pointe aiguë et noire sur le douzième. La ligne stigmatale qui est placée sur la carène, est étroite, continue, ondulée et d’un blanc jaunâtre. Le ventre passe un peu au bleuâtre, avec une ligne claire qui le parcourt du quatrième au neuvième anneau. La tête est triangulaire , aplatie en avant, d’un carné vineux avec les ocelles et mandibules foncés. Les stigmates sont bruns; les trapézoidaux invisibles à lœæil nu ; les dix pattes concolores ; les antérieures relativement longues ; le clapet anal est bien formé, mais il ne dépasse pas les pattes anales ; les poils sont fins, courts et blanchatres.
Cette chenille est très-lente dans sa marche, mais au plus léger bruit elle cache sa tête en roulant sur elle-même la partie antérieure de son corps. Elle vit de la feuille de nombreuses plantes basses ; notamment de celle des Composées Radiées, Crucifères et Borraginées ; mais elle n'attaque pas la fleur.
La transformation arrive à la fin de juin dans une coque légère formée de brins de mousse liés par des fils de soie blanche. La chrysalide qui pour la forme ressemble à celle de ses congénères est jaunâtre et luisante; elle brunit 48 heures avant l’éclosion qui arrive vers les premiers jours de juillet. Or, comme la mère avait été prise le 8 du même mois de l’année précédente, cette espèce est demeurée,
Acidalia Obsoletaria. 231
on le voit, un an pour subir ses diverses transformations, Rappelonsnous toutefois que l’insecte est resté onze mois sous son état de larve. Cette Acidalie n’a donc qu'une seule éclosion.
INSECTE PARFAIT
« L'Ochrata, nous dit l’auteur du Species, est cette espèce très-vul- « gaire d’un roux-d’argile à ligues bien marquées, etc. » Il ajoute plus loin : « La chenille peut passer pour complétement inconnue, € la plante seule ayant été indiquée (Festuca duriuscula) probable- « ment un peu au hasard. »
L’Acidalia Ochrata est fort répandue en juillet dans nos environs, non pas seulement sur les coteaux herbus et bien exposés, mais encore dans les prés du pare de la Tête-d'Or et autres lieux bas. Elle s'envole lorsqu'on passe près d'elle ; son vol est court et on peut la saisir sans peine. L'espèce n'est pas rare aux environs de Marseille et de Cannes. Elle ne varie pas pour la couleur, cependant certains sujets de provenance espagnole, sont généralement plus clairs que le type. On la dit commune dans toute l'Europe.
L'Ochrearia de M. de La Harpe, rapportée à l’'Ochrata du Species, ne doit pas être la même espèce que celte dernière, car l’auteur de la faune suisse nous dit, p. 26, qu’elle paraît « du 42 mai au 27 juin, puis du 8 juillet au 28 août. » Jai démontré que l’Ochrata ne devait avoir qu'une génération.
Acidalia @bsoletaria.
Ramb. — Dup. — Bdv. — Herr.-Sch., p. 16. fig. 190. — Gn. IX, p. 481. — Stgr. Cat. 83. — Rufularia, Herr.-Sch., p. 17. fig. 84. — Led.
(PL. 76, fig. 4 à 6.) CHENILLE.
Une dizaine d'œufs de cette petite espèce qui avaient été pondus le 9 juillet, sont éclos le 18 du même mois entre six et huit heures du
232 CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS, matin. L'œuf, quiest oblong, cannelé et d’un blanc de cire, passe vingt-quatre heures avant d'éclore au vert foncé mat. La chenille lors de sa naissance est blanchâtre, rayée longitudinalement de plusieurs lignes continues et la tête est relativement grosse et brune. Cette larve ayant à la fin d'octobre atteint si troisième mue est, pour la forme et la couleur, ce qu'elle sera parvenue à son entier développement, qui n'a pas lieu avant le commencement de mai de l’année suivante. Elle à alors l'aspect de deux chenilles ses congénères figurées à la 64° planche; c’est-à-dire qu'elle est courte, très-atténuée antérieurement, plissée en travers, carénée latéralement, rugueuse, grossièrement chagrinée. Le fond est jaunâtre ou jaune verdâtre avec la partie dorsale d'un vert glauque et les extrémités lavées légèrement de bleuâtre. Sur chaque segment un dessin piriforme <e détache en plus clair que le fond. On ne distingue pas les lignes vasculaire et sousdorsale, excepté cependant sur les trois premiers anneaux, où la première de ces lignes est large, continue et d’un vert foncé. La stigmatale placée sur la carène est marquée en dessous, aux 5°, 6°, 7° et 8° segments, d’un gros point foncé que tout d’abord on prendrait pour un stigmate; cependant les organes de la respiration sont d’une extrème petitesse. Le clapet est mal formé, mais on le voit pourtant. Sur le ventre qui est bleuâtre on distingue des dessins de forme hiéroglyphique ; la tête est petite, triangulaire; d’une couleur rougeñtre plus ou moins foncée et recouverte ainsi que le premier anneau de nombreux poils courts, blanchâtres, visibles seulement à une forte loupe ; les dix pattes soni concolores ; les trapézoïdaux et les points pilifères sont de la couleur du fond.
Cette petite chenille est d’une lenteur excessive, cependant lorsqu'on la touche, elle se détache de la plante et se laisse choir.
Ainsi que la plupart des larves d’Acidalia qui passent l'hiver (4),
(1) Toutes les chenilles d’Acidalies que j'ai observées dans leurs mœurs, qu'elles aient une ou plusieurs générations ont sans exeeption passé l'hiver en chenille.
Acidalia Obsoletaria. 233 celle de l'Obsoletaria est polyphage, mais elle mange si peu à la fois, qu'on ne saurait le remarquer. Sa sobriété est telle que je l'ai laissée au printemps pendant plusieurs semaines privée de nourriture sans qu'elle ait paru en souffrir. Ce n’est qu'à la fin de juin qu'elle opère sa transformation. La chrysalide qui n’a rien de saillant, ressemble à la plupart de celles des Acidalies qui ont été observées.
INSECTE PARFAIT
Cette petite espèce dont la vie de chenille a duré plus de onze mois, n'a rien de tranché ; mais elle varie beaucoup pour la taille. La couleur, d’un ochracé roussâtre, empêche au premier abord de la distinguer parmi plusieurs espèces communes, ses congénères. Les lignes ordinaires quoique très-fines sont bien indiquées. La tache cellulaire aux quatre ailes et les points terminaux placés en dehors, sur la frange même, sont visibles bien que très-petits. On retrouve en dessous les lignes et les taches du dessus, mais elles sont plus nébuleuses. Le vertex et le premier quart des antennes sont blancs.
La Rufularia de M. Herrich-Schaeffer n’est je crois qu'un grand exemplaire de l'espèce dont il est question qui, on le sait, varie beaucoup pour la taille.
L’Obsoletaria se trouve en Corse, en Espagne, en Autriche et dans le midi de la France. Je ne la crois nulle part abondante. On la rencontre de loin en loin aux environs de Marseille (Dard.). Je l’ai prise plusieurs fois moi-même dans l'Ardèche, au fond d’une chaude vallée. Elle n’a, je pense, jamais été prise en France plus au nord que ce département. Quand elle est troublée dans son repos, son vol est lourd et incertain et, lorsqu'elle se pose, c'est toujours au revers d’une feuille. Les sujets que j’ai obtenus de Marseille et ceux que j'ai rencontrés à Celles-les-Bains, sont d'un bon tiers plus petits que le: individus provenant d'Allemagne.
Acidalia Politaria.
bi. — Tr. — Dup. V, p. 58, pl. 174, fig. 3.— Bdv. 1852. — Herr.-Sch., p. 18, fig. 337. — Gn. IX, p. 461. — Stor. 71.
(PI. 76, fig. 7 9.)
L'œuf est pondu à la fin de juin ou vers les premiers jours de juillet. La chenille tarde peu à éclore : elle est d’abord d’un jaune pâle presque diaphane, avec la tête foncée. A l’époque de la troisième mue qui arrive à la mi-octobre, cette larve est d’un vert glauque; ce n’est qu'à la fin d'avril de l’année suivante qu'elle est parvenue à son entier développement. Elle est alors relativement courte, très-atténuée en avant, carénée latéralement, rugueuse, très-plissée, d'un vert glauque plus ou moins sombre, mais moins intense qu'il ne l'était précédemment: elle présente quelquefois les 7° et 8° segments lavés de carné, de jaunâtre ou de bleuâtre. On ne distingue que très-imparfaitement la vasculaire qui est géminée et interrompue sur chaque incision. Pas de sous-dorsale ; la stigmatale placée sur la carène est large et plus claire que le fond ; les trapézoïdaux sont bruns et indiqués à l'extrémité de chacun des petits traits foncés qui croisent l’incision, mais cela seulement sur les 6°, 7°, 8° et 9° anneaux. On voit en outre au dessous de la ligne stigmatale un point brun proportionne:lement gros. Je n'ai pu distinguer les stigmates qui sont perdus dans les rugosités de la peau. La tête est petite, triangulaire et brune ; le ventre est d’un bleuâtre livide ; il est marqué au centre d'une double bande festonnée claire ; les pattes écailleuses sont verdâtres avec le dernier article noir et luisant ; les quatre autres sont carnées et marquées de chaque côté d’un trait brunâtre. Cette petite larve est au repos courbée en demi-cerele. Elle vit à découvert, et se nourrit d'un
Acidalia Politaria. 235 grand nombre de plantes basses. Bien que très-lente à grossir, elle opère rapidement sa transformation qui n'arrive que dans le courant de mai ou les premiers jours de juin , selon que le printemps a été plus ou moins précoce.
La chrysalide qui est médiocrement allongée, a l'enveloppe des ailes un peu proéminente. Elle est d’un jaune rougeûtre, lavée de brun à la tête et à la pointe anale ; celle-ci est obtuse et précédée d’un bourrelet foncé, granuleux et qui se termine par une pointe aiguë entourée de crins courbés en hameçon. La chrysalidation n'a pas duré plus de vingt à vingt-cinq jours ; cependant la vie de chenille de cette Acidalia a été de près de onze mois. L’éclosion de la Phalénite a eu lieu vers la fin de juin et a continué pendant une se—
maine; dans la nature elle se prolonge pendant quinze ou vingt Jours.
INSECTE PARFAIT
Cette petite espèce sera toujours facile à distinguer de ses voisines par la teinte paille luisante de ses ailes en dessus, la bande subterminale des quatre ailes, large, continue, d’un fuligineux violacé en dessus et en dessous, et par le point cellulaire noir, rond et bien écrit aux quatre ailes. Le thorax et l’abdomen participent de la couleur luisante précitée. La femelle ressemble au mâle. Je ne sache pas que cette espèce varie.
La Politaria est très-répandue aux environs de Marseille, dans les campagnes de Nice, de Cannes et dans celle de Perpignan (Pyrén. Orient.). Elle n’a je crois jamais été prise sur d’autres points de la France.
Obs. Je dois faire observer que l’une des quinze ou dix-huit chebilles que j'ai élevées ab ovo, plus robuste ou plus précoce sans doute que ses sœurs demeurées à leur troisième mue jusqu'après Fhiver, s’est métamorphosée le 29 septembre et a donné son insecte parfait le 2 novembre suivant.
Acidalin Moniliaia.
Wien. — Verz. — Fab. — Hb. — Treits. — Dup. p. 68, pl. 174, fig. à. — Bdv. 4847. — Herr.-Sch. —Lah. 31. — Gn. EX, p. 453. — Stor. Cat. 41.
Le]
(PI. 76, fig. 10 à 12.) CHENILLE.
Une ponte de cette Acidalia m'ayant été fournie le 4 juillet, est éclose dans l'appartement sept jours après. L'œuf est ovalaire, déprimé, jaune de cuir. A la fin d'avril de l’année suivante, la chenille qui s’élève très-difficilement, n'était point encore adulte; je l'ai tenue autant que possible dans des conditions qui la rapprochaient le plus de l’état de nature. Elle a vécu en plein air, et a passé la mauvaise saison cachée dans la mousse, à une exposition abritée des vents froids. Ce n’est que vers la fin de mai que cette larve est parvenue à tout son développement. A cette époque elle est courte, très-atténuée antérieurement, carénée sur les côtés, plissée transversalement, chagrinée, rugueuse, très-rigide, à tête petite, carrée, brune, à moitié rentrée et, au repos, les pattes antérieures tellement appliquées contre la tête qu'on ne saurait les distinguer. Elle a tout l'aspect de deux des chenilles précédemment décrites ; celles de la Politaria et de l’Obsoletaria ; elle est seulement un peu plus allongée. Le fond est d’un brunâtre argileux sur lequel se détache en clair, à la partie dorsale, un losange bien formé sur les 5°, 6°, 7° et 8° anneaux. Des lignes ordinaires, je n'ai vu que la stigmatale qui est blanchatre et placée sur la carène. Les stigmates invisibles à l'œil nu sont noirs, à centre blanc; le ventre aussi rugueux que le reste du corps est d’une teinte sombre ; on y voit imparfaitement, au milieu du 4° au 9° anneau, une ligne large, claire, interrompue; les dix pattes sont de la couleur du fond.
Acidalia Moniliata. 237
J'ai nourri cette chenille avec les Vicia, les Leontodon, les Borrago et autres plantes herbacées. Au commencement de juin elle se cache sous la mousse et forme sur la terre une coque à claire voie où elle se transforme en peu de jours pour demeurer sous cet état un mois à peine; ainsi qu'il arrive à presque toutes les chenilles qui, n'ayant qu'une éclosion, passent la plus grande partie de l’année à l'état de larve,
La chrysalide est allongée, d’un jaune clair, luisante, lavée de verdâtre au sommet et de rougeâtre à la partie anale. L’extrémité abdominale se termine par une pointe brune, garnie de quelques crins recourbés. La Phalénite à paru dans les premiers jours de juillet.
INSECTE PARFAIT
Ses dessins sont tellement précis et arrêtés que je crois inutile de le décrire de nouveau ; il l’a été d'ailleurs assez souvent avant moi. La Moniliata n'a jamais varié : aucune aberration au moins n'a été signalée à ma connaissance.
Ce qui me prouve très-évidemment que cette petite Acidalie n'a qu'une génération, c'est que la ponte dont j'ai élevé les chenilles, étant arrivée chez moi le 4 juillet, l’éclosion de la première des Phalénites n’a eu lieu que le six du même mois de juillet de l’année suivante. Les autres sujets ont paru dans les huit jours suivants. On peut expliquer ce retard, qui me parait anormal , par les conditions de captivité où l’insecte a vécu dans ses divers états, alors qu'il se nourrissait autrement sans doute qu'il ne l’eût fait à l’état libre. Les exemplaires provenant de cette éducation, étaient tous assez petits, preuve que la chenille avait souffert dans son développement.
En considérant la conformation de cette larve, il serait peut-être à propos de ne pas éloigner l’insecte parfait de ses congénères les Rusticata, Politaria, Obsoletaria, Lacvigata, Osseata et Interjectaria
dont elle se rapproche beaucoup, ainsi qu’on a pu en juger par ce que j'ai dit des chenilles de ces six Phalénites.
L’Acid. Moniliata vole assez communément aux environs de notre ville, sur le penchant des collines de St-Clair et de La Pape. Bien qu’elle soit considérée comme de la France méridionale, je dois dire que je ne l’ai jamais prise dans le Midi et que mes correspondants de la Provence ne m'ont jamais signalé cette jolie espèce que Je crois plutôt au centre et du nord de la France. On la rencontre dans le département de Saône-et-Loire. (Constant p. 201), en Autriche, en Allemagne, en Suisse (Gn. IX, p. 453).
« Çà et là, toujours rarement, sur les bords du Léman, en Valais » (Lah, faune suisse, p. 26).
Acidalia Incanaria.
Hb. — Tr. — Wien. — Dup. — Bdv. Herr.-Sch. — Lah. Gn. — Ster. — Seriata, Schr. = Virgularia, Hb. — How. — Step. — Vood. — Moniliata, Bork. = Laevigaria, Sepp.
(Var. Canteneraria, Bdy.) (PI. 76, fig. 13 et 14.)
La connaissance de la chenille de cette race exclusivement méridionale, m'a démontré que ce n'est bien là qu'une variété constante de l’Incanaria de Hubner. La réunion de cette variété au type est depuis longtemps établie; j'ai voulu toutefois corroborer ce fait et dire quelques mots de la larve dont l'insecte parfait est presque aussi abondant dans tout le midi de la France que le type est répandu ailleurs.
Elle est d’une longueur normale, effilée en avant, très-carénée sur les côtés, avec la tête petite, triangulaire et recouverte ainsi que tout
Acidalit Incanaria. 239 le corps de rares poils fins et bruns. Sa cou'eur varie de l’argileux clair au brun rougeâtre en passant par tous les tons intermédiaires. Les lignes ordinaires qui sont fines et brunes et quelquefois oblitérées, se présentent ainsi : la vasculaire est géminée et continue, mais mieux indiquée sur les derniers segments que sur les autres. La sous-dorsale est très-fine et interrompue ; la stigmatale qui repose sur la carène latérale est ondulée et claire. Le ventre se montre avec une ligne blanchâtre du 4° au 9° segment ; les stigmates sont bruns ainsi que les points pilifères. Les losanges du dos existant toujours chez les chenilles du type que j'ai élevées maintes fois, sont tout aussi bien indiquées en brun chez celles de la variété. A tous ses âges cette larve vit à découvert; je l'ai rencontrée communément aux environs de Cannes sur beaucoup de végétaux d'essence différente, sans parler des plantes basses ; il me suffira de citer les Rhamnus, Viburnum. Cytisus, Crataegqus, Rubus, voire le Pistacia lentiscus à odeur si pénétrante. Elle s’accommode des fleurs aussi bien que des feuilles ; celles-ci même desséchées lui conviennent au besoin. La rusticité de ses mœurs fait que cette espèce s'élève toujours bien, et c’est ce qui explique la vulgarité de l’insecte parfait. Cette chenille se métamorphose dans une coque légère, demeure à peine trois semaines sous cet état léthargique et le lépidoptère commence à voler dès les premiers jours de mars.
INSECTE PARFAIT
Les sujets des environs de Cannes et d'Hyères sont recouverts de fort peu d’atomes bruns sur les quatre ailes ; cependant les lignes ordinaires sont bien marquées ainsi que les points nervuraux; ceux qui précèdent immédiatement la frange et la tache cellulaire, en dessus et en dessous.
Bien que l’Acidalia Var. Canteneraria remplace dans la Provence l'Incanaria type, de loin en loin cependant on rencontre l'espèce ordinaire.
Cette Phalénite vole depuis le mois de février jusqu'à la fin de novembre.
Selon M. Guenée, la Calcearia Zell., d’un blanc presque pur, n’est qu'une sous-variété de l’Incanaria.
Obs. J'ai pris à Evian (Haute-Savoie), plusieurs individus © et $ d’une troisième variété remarquable et constante. Cette dernière au rebours de la Canteneraria et de l’Incanaria est entièrement recouverte d’atomes foncés ; à tel point que les lignes et taches ont si bien disparu qu'on à de la peine à reconnaître une variété du type. Cette troisième variété ne serait-elle pas la Virgularia, Hb. fig. 104. —Haw. fig. 354 ? Cette curieuse race vole en compagnie des Laevigata et Incanaria. C’est presque toujours dans les corridors des maisons que je l'ai prise. La chenille de cette variété savoisienne que j'ai élevée ab ovo a passé l'hiver; elle à la forme et des mœurs identiques à celle de l’Incanaria proprement dite.
Hiver Fig. 2.
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EXPLICATION DES PLANCHES De la 16e Livraison (1866).
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Anthocharis Bellezina ? Bbv. (Aberr.).
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Chenille de la Swammerdamia Egregiella, Die.
Id. id. vue le dos.
. Chrysalide.
. Cocon d’un Ichneumon parasite.
. Insecte parfait.
Omia Theophila, Srer.
. Chenille de l'Eupithecia Multiflorata, Mic.
Id. id. vue de dos.
. Chrysalide.
TEA EN Qi:
1 CNRS 7:
Branche fleurie de l'Erica arborea, L. (Var. Multiflora ?).
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Fig. 1. Chenille de l'Acidalia Immutata, L.