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Sesiæ Chalcocnemis. il un naturaliste français, M. Lefèvre, qui le premier l'a trouvée en Sicile en 1824 (1).
J'ai dit à l’article précédent que la Nyctemeraria habitait le Haut- Valais et que sa présence en Suisse (2) me surprenait. J’ajouterai que j'ai la crainte qu'il n°y ait une erreur, et qu'à l'exemple de Treitschke, M. de Laharpe n'ait confondu l’Abruptaria avec la Nyctemeraria.
L'auteur de la Faune suisse s'est-il assuré par lui-même que la Phalénite « découverte et élevée chaque année par M. Anderregg » soit bien la Nyctemeraria?
Sesia Chalcocnemis,.
Stgr. I, c. p. 322. — Cat. 92.
Envergure : 0",019 à 0,020.
Elle est de la taille de la Doryliformis, O.,ou plutôt de celle de la Prosopiformis, O., H. Ld., H.-S. 33, très-voisine elle-même de la Chrysidiformis des auteurs.
Les ailes supérieures sont transparentes avec les nervures et les bords d’un fauve obseur, entre les deux cellules diaphanes, dont la première allongée et triangulaire, et la seconde allongée et relativement petite. Entre ces deux cellules, dis-je, il existe la tache ou bande transversale ordinaire, oblique, noire, précédée d’une teinte faiblement rougeñtre, À la base de l'aile et sur le bord interne, cette même teinte se voit remplissant une petite cellule jus-
4) Dup. VIE 1re par. p. 553.
(2) Laharpe, Faune suisse, p. 69.
qu'au tiers de sa longueur. Les inférieures sont diaphanes avec les nervures fines, noires et le bord subterminal de même couleur. La frange aux quatre ailes, est longue et d'un roux obscur. A la seconde nervure vient aboutir un petit croissant noir lequel s'appuie au bord supérieur de l'aile. Le dessous est à peu près semblable au dessus, mais les teintes sont moins prononcées. Les antennes sont d’un noir bronzé avec le dessous un peu crénelé. Les palpes, longs, gris, velus. Les yeux gros, luisants et grisätres. La trompe allongée, ténue et noire. Le thorax robuste, d’un brun irisé et brillant. Pour distinguer cet éclat il faut que les poils nombreux et grisâtres du thorax, chez les individus frais, aient en partie disparu. L’abdomen est assez gros et d’un noir velouté : chaque anneau est séparé par une bande d'un gris bleuûtre irisé. Le quatrième anneau présente un cercle jaunâtre à reflet brillant. La brosse de l'anus est longue, fournie et complétement noire. La poitrine et l’abdomen sont d'un noir velouté ainsi que les pattes. Celles-ci ont le dernier article et les tarses grisàtres. Les pattes postérieures sont épaisses et velues.
Cette Sésie, récemment découverte, n’a point encore été figurée ; elle a pour patrie les environs de Montpellier.
Quant à la race des environs de Cadix que j'ai également fait figurer (PI. 52, fig. 2) et que je désignerai
Var. À.
Je la crois distincte de celle de la Provence, et je pense qu'elle pourrait bien constituer une espèce séparée. Si elle a la taille et la coupe d'ailes du type, elle s'éloigne de celui-ci par des différences peu importantes, il est vrai, mais constantes ; les voici :
1° Les supérieures sont d’un rouge de Saturne qui rappelle toutà-fait la couleur des ailes de la Prosopiformis; ce qui n’a pas lieu chez les sujets ordinaires.
2° Le thorax et l'abdomen sont caractérisés par une teinte métal-
Atyciia Laeta. 13 lique gris-bleuâtre et irisée très-belle. Ce brillant éclat se remarque en dessous des ailes, sur la poitrine et sur le ventre.
3° Enfin, chez aucun sujet provenant de Montpellier, on ne voit le quatrième anneau jaunätre qui caractérise les individus typiques.
La Sesia Chalcocnemis, type et variété, fait partie du cabinet de M. Staudinger.
Atychin HLaeta,
Stgr. Ann. de la Société entomolog. de Stettin, p. 269 (année 1863).
(PI. 52 fig. 3 et 4.)
Cette nouvelle espèce vient d’être décrite, mais elle n’a pas encore été figurée. Le mâle de cette intéressante Atychia a cela de remarquable qu'il s'éloigne très-sensiblement de la femelle par la forme. Plus que chez toutes les espèces congénères, cette femelle se rapproche beaucoup de la Funebris, Feisth, bien que plus petite, et le mâle ressemble assez à la Cassandrella, Sigr.
Cependant le mâle et la femelle de cette Atychia appartiennent à la même espèce. Il est nécessaire de dire que si les mâles de la Laeta volaient abondamment autour de la femelle, M. Staudinger qui a observé ce fait sur les lieux, n’a pu être témoin de l'acte copulatif. Quoi qu'il en soit, ni l’un ni l’autre de ces sexes n'était connu.
Le mâle de lAf. Laeta mesure 0,024. Les ailes supérieures sont étroites, presque rectangulaires et d’un jaune paille uni. Les franges sont d’une largeur normale. Les ailes inférieures sont d’un gris fuligineux, sans taches et tranchent avec les franges qui sont d’un jaune paille. En dessous les supérieures sont d’un gris sombre, luisantes avec les bords teintés de jaunàätre. Les inférieures,
d'un gris plus clair que les supérieures, sont aussi plus largement lavées de jaune rougeàtre sur les bords. Les antennes, au rebours des espèces congénères, ne sont pas pectinées, elles sont minces et filiformes. La tête est hérissée de poils jaune paille. Le front est blanchâtre. Les palpes sont droits, légèrement velus, aigus et assez longs. Le thorax est robuste et garni d’écailles concolores. L’abdomen est effilé, dépassant les ailes, brun et annelé de jaunûtre.
La © mesure 0,020 mill.
Elle est, on le sait, plus grande que lAtychia Funebris 9. Les ailes sont relativement plus allongées que celles de sa congénère et moins arrondies à la côte des supérieures. Ces ailes sont également plus rectangulaires avec l’apex plus émoussé que chez la Funebris. Les supérieures sont d’un brun noirâtre, marquées de quatre grosses taches d’un gris clair ainsi placées : Les deux premières et les deux dernières, par leur disposition , forment les lignes transversales ordinaires ‘vaguement indiquées; la coudée, à son point de départ, s'appuie à la côte. L'espace médian ainsi limité n'a rien qui le distingue du fond. Les ailes inférieures sont larges, d’un noir fuligineux et sans aucune tache. La frange aux quatre ailes est concolore. Le dessous est d'un gris noirâtre, très -luisant et sans aucune tache; cependant le bord interne des supérieures s’éclaircit un peu. La tète rappelle celle du mâle, seulement les antennes également simples sont d'un tiers plus courtes. Le thorax est d’un brun foncé ainsi que l’abdomen; celui-ci est long, conique, renflé au milieu avec le dernier anneau plus allongé que les précédents et finissant par un oviducte de plusieurs millimètres de long, un peu tridenté et de couleur ambrée. La poitrine est d'un gris blanchâtre ainsi que les pattes; ces dernières sont annelées de brun avec l'extrémité noirâtre.
La femelle de la Laeta paraît être d’une grande rareté, puisque M. Staudinger qui a rapporté de son voyage en Espagne, patrie de cette nouvelle Atychia, un certain nombre de mâles, n’a pu saisir qu'une seule femelle,
EU
Cerastis Buci. 5 Cette espèce a été prise au mois de juillet, volant au soleil, sur un pic rocailleux très-sec, à San-Tldefonso, près de Madrid. Je possède le mäle de l'At. Laeta. La femelle fait partie du cabinet de M. Staudinger. L'espèce non comprise dans son catalogue devra prendre place après la Cassandrella et porter le n° 119% bis.
Cerastis Buxi.
Bdy. 1180. — Gn. Ind. 242. — Gn. Spe. V, p.378. — Herr.-Sch. 92-93. — Stgr. 614 — Orthosia Daubei, Dup. sup. IE, p. 334, pl. 30.
(PI. 52, fig. 5 à 8.)
L'œuf éclot au printemps : la croissance de la jeune chenille est assez rapide et elle ne change pas de couleur, c’est-à-dire qu'elle demeure verte à tous ses âges. Parvenue à son entier développement au commencement de mai, elle est alors rase, médiocrement allongée, atténuée antérieurement, veloutée, d’un vert plus ou moins blanchâtre, et faiblement lavée de rougeàtre sur le dos et les flancs avec l'écusson du premier anneau concolore et.bien indiqué. En outre, tout le corps en dessus et en dessous est strié longitudinalement de vert foncé. Les lignes ordinaires, continues, étroites, se distinguent à peine à l'œil nu. La vasculaire est peu apparente, bien que plus claire que le fond; elle est très-finement lisérée de vert foncé. La ligne sous-dorsale est plus large que la première et faiblement ondulée. La stigmatale, également vert clair, n’est indiquée que sur les incisions. Les stigmates sont ovales et entièrement noirs. Le ventre n’a pas de lignes. La tête est petite, aussi haute que le premier anneau et d’un jaunâtre testacé : les paipes sont longs et les mâchoires brunes. Les pattes antérieures, assez
courtes, testacées; les autres, concolores avec la couronne jaunâtre.
Cette chenille vit exclusivement sur le buis, Buxus sempervirens, L., dont elle ronge les jeunes pousses. C’est vers les premiers jours du mois de mai qu'il convient de la chercher. On ne peut réussir à la trouver pendant le jour, car, ayant les habitudes des Anchocelis de M. Guenée, elle fuit la lumière.
M. Daube, qui chaque année récolte en abondance cette chenille, me mande qu'il la trouve sur les nombreux buis de son jardin, la nuit, au sommet des jeunes rameaux. Pendant le jour elle se fixe au centre des touffes et demeure accrochée aux grosses branches de buis, d’où il est presque impossible de la faire tomber.
Cette espèce est fort délicate et arrive difficilement à bien.
Vers la fin du mois l'insecte s’enterre assez profondément ; toutefois il ne se transforme qu'à la fin de septembre et même plus tard, bien que la principale éclosion arrive en novembre.
La chrysalide est conique, d’un brun rougeätre, sans aspérités , lisse, luisante et finissant par une pointe très-obtuse sans qu'il y ait vestige de crins ou de crochets. L'éclosion du Lépidoptère, je l’ai dit, arrive en automne, sur l’arrière-saison.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0,033 à 0",035.
Les ailes supérieures sont coupées carrément, festonnées, à bord arrondi inférieurement, d'un ochracé pale et aspergées d’atomes bruns. Les lignes ordinaires sont très-imparfaitement indiquées ainsi que la tache réniforme et l'ombre médian. Cependant les points terminaux, petits et bruns, sont assez visibles. Les ailes inférieures sont d’un gris foncé et luisantes, avec la frange de la couleur des ailes supérieures. Le dessous est d’un ochracé pàle avec le milieu des supérieures ombré de rougeàtre, Une ligne transversale est assez mal
Chelonia Hebe. 17 indiquée aux quatre ailes. Le point cellulaire est seulement marqué aux inférieures.
Cette Cerastis que, malgré ses caractères constants, certains entomologistes considèrent encore comme variété de l’Humilis ou de la Pistacina, a été nommée par Duponchel Orthosia Daubei (4).
Il n’est pas extraordinaire de voir la C. Buxi voler encore en décemore, et mème en janvier (2).
À ma connaissance elle n’a encore été trouvée qu'à Montpellier ; ausssi l’espèce est-elle demeurée rare.
Il est supposable que les nombreux buis de certaines provinces au midi de l’Europe doivent également nourrir la chenille de la Burt ; le tout est de savoir la chercher.
C’est encore à l’infatigable M. Daube que nous devons la découverte de la chenille de cette rare Cerastis.
Nouvelles variétés de la Chelonia (3) Hehe.
L.; S. V. — Esp. 34, 1-4. — Hb. 199; 296 ab. — God. IV, 31, fig. 1. 2. — Frr. 458, 3. ab. 632 — Herr.-Sch. 68, ab. — Sto. Cat. 79.
Bien que les variétés d'insectes n'aient que peu d'intérêt relativement à la science, souvent elles ne laissent pas d'en présenter à l’observateur, considérées au point de vue de la Tératologie. De plus, il en est qui, par leur étrangeté, ont un puissant attrait aux yeux des naturalistes collectionneurs.
Si les aberrations connués de la Chelonia Hebe (Hb. 296 et H.-$.,
(1) LE. Supp., p. 331, pl. 30, fig. 5.
(2) M. Daube m'écrit l'avoir trouvée, le 1°* janvier, fixée dans la glace d’un bassin de son jardin, où elle avait dû tomber dans la soirée précedente.
(3) Arctia, Stph. Stgr.
68) sont curieuses, les trois variétés que je figure aujourd’hui le sont, bien davantage, je le crois ; la première
Var D:
(PI. 53, fig. 1.)
est tout aussi grande que le type. Les ailes supérieures d’un jaune clair ont à peine à la nervure costale, à la base et à l'extrémité de l'aile, quelques taches noires qui indiquent la place qu'occupent, chez les sujets ordinaires, les larges taches noires qui les caractérisent. Certaines taches de rouille placées au sommet de l'aile, et d’autres qui entourent le noir de la côte et celui de l’angle intérieur, se montrent comme délayées sur le fond jaunâtre. Le rose des ailes inférieures est faible, et les deux grosses taches noires du bord postérieur sont bien développées. La frange est plutôt grise que noire. En dessous, les ailes sont differentes du dessus : les supérieures ont le fond plus blanchâtre avec les taches noires de la costale plus développées. Les inférieures, roses à la base et au bord supérieur, ont leurs taches noires plus prononcées qu'en dessus et ont en outre deux taches noires cunéiformes, appuyées au bord supérieur. Ainsi que chez le type, les deux colliers existent chez cette variété. L’abdomen ne présenterait rien d’anormal si le rose n’était un peu sali par le noir. Les antennes, la poitrine et les pattes n’ont rien de particulier. Cette curieuse variété, dont la patrie m'est inconnue, est un mâle. Elle fait partie du cabinet de M. Staudinger.
Ne, "DE (PI. 53, fig. 2.)
Celle-ci, qui représente un des plus grands exemplaires de la C. Hebe, est une femelle; elle mesure soixante millimètres. Son aspect est des plus remarquables : les ailes supérieures, grandes, larges et parfaitement développées, seraient entièrement d’un noir ve-
Chelonia Hebe. 19 louté uniforme, n’était une bande claire, étroite, flexueuse, trèsétranglée au centre, qui côtoie la frange jusqu'aux deux tiers de son étendue. Cette bande d’un jaune clair est lavée de roussätre sur les bords ; elle est suivie d’un très-petit point qui se détache en roux. Les secondes ailes sont également noires, mais ce n’est plus le velouté mat des supérieures, mais bien un noir fuligineux qui, à certains reflets de la lumière, passe au bleuâtre obscur. A la base, ces ailes sont frès-faiblement teintées de carmin qui apparaît en se fondant d'une manière insensible ainsi que ferait, qu'on me passe cette comparaison, un dernier reflet de soleil couchant dans un ciel obscur. En dessous, les ailes supérieures sont également d’un noir douteux et ne présentent plus la bande marginale du dessus que sous forme de cinq points, qui se suivent et qui sont de grosseurs diverses. Les inférieures sont en tout ce qu’elles sont en dessus.
Ce beau Lépidoptère a été élevé de chenille à Montpellier : il appartient à la riche collection de M. Staudinger.
Var: 4E"
(PI. 53, fig. 3.)
Si les deux précédentes aberrations de la C. Hebe sont dignes d’intérèêt, celle-ci qui estun mâle me paraît en présenter bien plus encore par l’étrangeté de ses couleurs, c’est-à-dire par la différence complète des teintes des deux ailes droites comparativement aux ailes gauches : celles-ci, bien que s’éloignant de celles du type par la coloration, n'ont rien qui doive surprendre ; mais à côté de ces deux ailes gauches, combien n‘est-on pas surpris de voir les droites presque entièrement d’un noir fuligineux ! La supérieure gauche n’a de visible que deux bandes transverses jaunâtres, et encore la première de ces bandes estelle étroite et interrompue. Cependant, à la hauteur de ces bandes, on voit vers le milieu une éclaircie roussâtre. Le reste de Paile est recouvert par le noir plus intense sur les faches que sur les places envahies.
La seconde aile est d’un rose tendre et légèrement enfumée à la base : ce sont les seules particularités qui différencient ces ailes de cellesdu type. L’aile supérieure droite serait tout à fait noire si, en dessous de l’apex, il n'existait une très-légère éclaircie roussâtre. La seconde aile droite serait entièrement fuligineuse si son milieu et la frange du bord interne n'étaient faiblement lavés de jaunàtre. Chez ce sujet, un peu plus petit que le type, le double collier du thorax n'existe pas et l’abdomen est presque entièrement sali par le noir ; le rose cependant se fait jour de chaque côté. En dessous les quatre ailes sont semblables au dessus ; les teintes toutefois sont plus nébuleuses.
C'est, à ma connaissance, la seule variété de Lépidoptère présentant une Coloration aussi anormale que celle que je viens de signaler. Je n'ai nulle connaissance du lieu où cette remarquable variété a été prise ; je la crois cependant des environs de Berlin,
Variétés de l’Arctina Q@uenselii.
Payk. Act. Hist. Nat. Hafn. IL, 2, p. 99. — Tr. IL, fig. 2 (47914). HD. 353, p. 5. — Dup. I, 4, 3, Stgr. Cat. 87. = Strigosa, F. E. S. LIT (1794).
L’Arctia Quenselii, qui est encore une très-grande rareté, a été publiée depuis longtemps. Duponchel qui n’avait connu que le mâle en a donne une figure médiocre (Sup. HE, p. 54, pl. 4.), copiée sur le seul individu qui existait alors en France et qui était possédé par l’entomologiste Iyonnais feu Chardiny. Hubner a donné depuis le mâle et la femelle convenablement figurés (353-355). Je viens aujourd'hui faire connaître quatre variétés de cette Arctia, qui sont originaires, l’une de la Sibérie orientale, et les trois autres du Labrador (Amérique septentrionale). La première de ces aberrations que je désignerai :
Arctia Quenselii. 21
Marat
(PL. 53, fig. 4.)
est un mâle ; ce sujet, dont l’envergure est celle du type (0*,031) , a les ailes supérieures allongées et de forme rectangulaire. Les nervures qui, chez les individus ordinaires, sont d’un jaune de Naples plus ou moins pàle, se montrent, chez cette variété, d’un jaune d'ocre très-chaud, Les bords, y compris la frange, sont entièrement de la couleur des nervures. Le fond, comme chez les sujets typiques, est d’un noir velouté. Les secondes ailes seraient tout à fait noires si une large bande transverse fortement ondulée et d’un fauve vif ne les partageait. Les quatre ailes en dessous sont la répétition du dessus, mais les teintes sont plus päles. Les antennes sont faiblement pectinées et noires. Le thorax, médiocrement garni de poils et l'abdomen peu développé, sont de la couleur des nervures; cependant le sommet du collier offre deux gros points noirs. Le centre des ptérygodes et le haut du thorax sont noirs. Le milieu de l'abdomen est marqué d'une large bande longitudinale entièrement noire; les flancs, sur chaque anneau, sont également marqués de noir. L’abdomen se termine par quelques rares poils noirs et fauves. La poitrine est noire ainsi que le ventre. Enfin, les pattes sont d’un fauve clair.
Cette variété et les trois suivantes appartiennent à la collection Staudinger.
Var. B.
(PI. 53, fig. 5.)
Cette seconde anomalie est aussi une femelle; elle se distingue par sa grande taille qui mesure 0,035, par les ailes supérieures un peu ptus arrondies et par le fond généralement plus noir que chez le type ; c’eit-à-dire que les parties claires sont toutes étroites. Les nervures , les franges, le bord costal et le bord interne sont, ainsi qu’à l’or-
dinaire, d’un jaune de Naples clair ; seulement cette couleur est nette et nullement maculée. Les secondes ailes sont, ainsi que toutes les franges, d’un jaune de chrôme vif, mais le noir qui contraste avec cette belle couleur est ainsi réparti : une bande festonnée, interrompue, précède la frange; une grosse tache noire, triangulaire, appuyée par l’un de ses côtés au bord supérieur, projette un de ses angles au milieu de l'aile. Le dessous des quatre ailes est à peu de chose près la répétition du dessus. Le thorax est très-velu ; il est de la couleur des supérieures. Les taches noires du thorax et de l’abdomen existant chez la Var. À, se reproduisent exactement chez celle-là.
Jai devant moi deux autres aberrations de la Quenselii, mais moins importantes que les précédentes ; la première,
Var. C,
est un mâle. Les ailes supérieures rappellent assez celles du type, mais les secondes sont presque entièrement fuligineuses. Une éclaireie qui longe l’avant-dernière nervure, seule, se détache du fond. Les franges sont blanches. Le dessous des ailes est bien différent du dessus : les dessins, qui sont un peu ceux du type, se détachent en clair sur un fond fuligineux.
La dernière de ces aberrations,
Var. D,
est une femelle, elle se distingue par les nervures et les franges qui, presque blanches, se détachent du fond noir des supérieures et du fond fuligineux des inférieures. Le thorax et l'abdomen sont également blanchâtres avec dessins mal arrêtés.
Ogs. Depuis la rédaction de l’article précédent, j'ai été à même d'obtenir de nouveaux renseignements sur cette Arctia, qui, avant peu, ne sera sans doute plus une rareté.
La Quenselii \ole dans le Haut-Valais : au mois de juillet dernier
Chelonia Caja. 23
il en fut pris plusieurs exemplaires dans les mêmes lieux où vit la Nemeophila Cervini, FALLOU (Ann. de la Soc. entom. de Fr., p. 23, pl. 1,186%) qui fut retrouvée elle-même cette année en grand nombre, soit à l’état de chenille, de chrysalide ou d’insecte parfait.
Vers le même temps, M. Rod. Zeller, de Zurich, a pris à Celérina (pays des Grisons), plusieurs individus mâle et femelle de la Quenselii. Quelques œufs fécondés de cette espèce m’ayant été envoyés par ce naturaliste, j'ai l'espérance de pouvoir bientôt connaitre la larve de cette Arctia, qui doit passer l'hiver et qui, en cela, possède un nouveau point de rapprochement avec la chenille de la Nem. Cervini.
Cependant aujourd’hui, 22 août, au moment où j'allais envoyer ce dernier travail à l'impression, j'obtiens l'éclosion de deux exemplaires de l’Arctia Quenselii, dont un ©" et une ©, provenant de deux chenilles que, le 4 août, J'avais reçues de M. Zeller. Ce naturaliste et moi ignorions ce que devaient être ces chenilles; fort heureusement j'avais eu le temps de peindre et de décrire l’une d'elles avant la transformation ; je pourrai donc bientôt, je le répète, faire connaître les premiers états de cette rare Chélonide.
Nouvelles variétés de la Chelomia Caja, HD.
Il n’est pas, je crois, de Lépidoptères qui varient autant que la Ch. Caja : on comptait, jusqu'à ce jour, sept principales aberrations de cette espèce. Les variétés dont il va être question doivent, à juste titre, rivaliser avec les plus curieuses. La première, qui est un mâle,
Var.‘ (P1 53, fig. 6.)
est d'une très-grande taille : elle mesure jusqu'à 0",062. Voici en quoi elle s'éloigne du type : les ailes supérieures qui ont le fond brun
chocolat, n’ont plus les ruisseaux blanchâtres et sinueux de lespèce ordinaire ; ils sont remplacés 1° par une large bande transversale oblique, blanchâtre, placée aux deux tiers de l'aile et présentant au sommet une pointe obtuse, deux pointes antérieures très-aiguës et deux autres pointes inférieures ; 2° par divers points également blanchâtres, situés entre la bande précitée et la base de l'aile à laquelle s'appuie le plus large de ces points.
Il est bon de faire observer que la tache oblique de l'aile gauche n'est pas exactement semblable à celle de l'aile droite. Sur celle-ci la tache se termine bien par deux pointes, mais la gauche, très-déliée, court dans le sens des nervures, et tend à se réunir au point carré de la base de l'aile. Le rouge brique des inférieures se voit encore, mais à la base seulement, sous forme d’une large bande transversale. Le reste de l'aile est occupé par une teinte fuligineuse, avec l’éclaircie au bord supérieur. Sur les secondes ailes on ne voit rien des cinq ou six taches bleues bordées de noir qui caractérisent le type. Les franges sont toutes de la couleur du fond. Le dessous des quatre ailes offrirait le mème dessin que le dessus, si le point blanc basilaire et carré n'avait disparu. Les taches et teintes générales sont à peu près celles du dessus, mais cependant elles sont beaucoup plus pales. Les antennes sont blanches avec les lamelles brunes ; le collier est rouge. Le thorex est bien fourni et d’un rouge brunâtre. L’abdomen est d'un rouge brique avec les cinq taches noires transversales ordinaires.
Cette aberration qui a dû être obtenue ex larva fait partie du cabinet de M. Staudinger ; mais je n’en connais pas la patrie.
Var. I.
(PI. 53, fig. 7.)
Un peu plus petite que la précédente, elle est au moins aussi remarquable qu’elle. Envergure 0",057. Sa taille, on le voit, est celle