‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 2)Chapitre 21 sur 44 · V. 10 à 12. Eromene Bella · texte numérisé non relu

V. 10 à 12. Eromene Bella

VL 27 415. Epidola Barcinonellz. Will

Année 1667. PL. 83

Debrey se

MT Mignair col.

Crambus Lugdunellus. 305

M. Staudinger me mande qu'il a ob‘enu ce Grambide en septembre d’une chenille trouvée dans la mousse, dont elle avait dû ronger les racines.

Cette espèce appartient aussi à notre faune française, car j'ai collecté, depuis plusieurs années déjà, aux environs d'Ax (Ariège), en juin, deux exemplaires du Cram. Staudingeri dans un pré montagneux sec, et où l’espèce ne m'a pas semblé rare.

Ce petit Crambus mesure 0,017 à 0,018. Les ailes supérieures sont étroites, d’un blanchâtre lavé de gris à la côte et au bord interne, marquées de plusieurs lignes longitudinales foncées, dont la principale, partant de la base de l’aile, aboutit à la pointe apicale. Deux lines sagittées se dirigeant intérieurement occupent le centre de l'aile. On voit en outre plusieurs petits traits et points noirs : les premiers à l'angle interne de l'aile, les seconds à la base. Enfin, une ligne de points noirs subterminaux, avec une frange étroite et grise. Les ailes inférieures sont entièrement blanches ainsi que la frange. Les palpes sont très-longs et blancs; le thorax est grêle et concolore. L’abdomen, qui dépasse les aïles inférieures, est gris.

La © ressemble au ©”; elle est seulement un peu plus foncée, avec l'abdomen renflé au centre et pointu à l'extrémité.

Le Cr. Staudingeri, qui trouve sa place après le Falcellus, a deux éclosions.

Ma collection : un o”, une ©.

Crambus Lugdumnellus. MiL1.

( Species nova).

(PL. 83, fig. 2.)

Ce nouveau Crambide est de la taille du Contaminellus, Hb., et a un peu sa coupe d'ailes. Je l'ai pris, il y a dix ans environ, dans le Lyonhais, en mai, sur la montagne d'Iseron, dans un pré exposé au midi,

306 CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDIT, et où, autant qu'il m'eu souvienne, l'espèce ne doit pas être rare.

Envergure 0",019 à 0",020.

Les ailes supérieures sont longues, étroites, un peu falquées, à bord extérieur très-oblique, à apex prononcé. Ces ailes sont d’un jaune paille, sur le fond desquelles tranche une ligne médiane des plus caractéristiques ; cette ligne est très-flexueuse, fine, brune, et, partant de la côte, aboutit au bord interne après avoir formé un coude arrondi : prononcé et, plus bas, un angle également prononcé. La pointe apicale, très-aiguë, est précédée d’un double trait diagonal qui part de la côte et aboutit à la frange; celle-ci est précédée d’un double trait brun. Au-dessous du double trait diagonal, on voit un autre trait fin subterminal qui accompagne la frange jusqu’au bord interne. L’espace compris entre ce dernier et la frange est, vers son milieu, occupé par trois petites taches noires éclairées extérieurement par un point argenté éclatant. Les nervures sont bien indiquées par une couleur plus sombre que le fond. Les ailes inférieures sont larges, bien développées, semi-circulaires, et, au repos, plissées en éventail sans les supérieures. Ces secondes ailes sont uniformément enfumées, sans dessins, avec la frange longue, soyeuse et luisante. Les quatre ailes en dessous sont d’un gris fuligineux ; chez les supérieures, les lignes et points du dessus ont complètement disparu, si ce n’est pourtant le double trait qui précède la frange. Les antennes sont allongées et simples. Les palpes inférieurs, seuls visibles, sont médiocrement longs et projetés en avant. La tête etle thorax sont de la couleur des premières ailes; le corps est effilé et dépasse sensiblement les inférieures.

Cette description ne concerne que le o”; je ne connais pas la 9.

Le Crambus Lugdunellus, qui doit trouver sa place après le Cr. Contamanellus, nortera dans le Catalogue Staudinger le n° 316 bis.

Mon cabinet : deux ©.

Crambus Argentarius. 307

Crambus Argentarius, Sigr.

Ann, de la Soc. entomol. de Stettin (1866).

(PI. 83, fig. 3.)

Cette belle espèce, qui est des plus tranchées, vient d'être décrite par le docteur 0. Staudinger, de Dresde, qui à bien voulu me la confier pour la faire figurer, ear elle ne l’a point encore été.

Ce beau Crambus, dont la conservation est parfaite, a été envoyé par Kandermann comme provenant de l'Oural.

Le C. Argentarius, qui vient naturellement se placer après le Pascuellus L., se rapproche aussi du Cr. Agitatellus. Clem., de l'Amérique du Nord.

L'envergure du Cr. Argentarius d'est celle des grands exemplaires du Pascuellus, c'est-à-dire qu'il mesure 0,026.

Les ailes sont larges et bien développées : les supérieures, aiguës à l'apex, sont d'un blanc argenté éclatant, traversées par une seule ligne centrale d’un jaune d’or mat, liserée de brun de chaque côté. et formant vers le milieu du bord de l'aile, deux angles qui aboutissent à un trait subterminal délié et noirâtre. On voit encore, au centre de l’aile, une grande A couchée longitudinalement aussi d’un jaune d'or mat, dont le premier jambage part de la base del’aile. Les franges sont aussi argentées avec le bord extérieur foncé. Les ailes inférieures sont d’un gris légèrement enfumé qui va en diminuant , pour devenir très-clair à la base. Le dessous des ailes supérieures est le gris fuligineux sur lequel reparaissent , mais très-imparfaitement, les lignes et les dessins du dessus. Les ailes inférieures sont d’un gris blanchâtre, avec les franges toutes blanches, ainsi qu’en dessus. Les palpes sont blanes, mais teintés de fuligineux extérieurement. Les antennes sont jaunes ; les veux noirs; le thorax convexe et de la couleur des supé-

rieures. L’abdomen, dépassant de beaucoup les inférieures, est d'un gris foncé.

La $ de l’Argentarius n'est pas connue.

Ce beau Crambide fait partie de la riche collection Gruner, de Leipzinck.

Ephestia Gnidiella, Mizr.

(Species nova.)

Le Daphne gnidium, L., plante essentiellement méridionale, répandue dans Ja région située entre Nice et Foix, pour reparaître dans la Gironde, nourrit spécialementiune petite larve qui, par la manière dont elle attaque cet arbrisseau, lui cause un dommage considérable.

Elle est allongée, fusiforme, rayée de nombreuses lignes pas toujours bien indiquées. La tête est lenticulaire, d'un vineux bleuâtre avec les ocelles et mandibules noirs. Le premier segment est recou— vert d’une large plaque écailleuse, convexe, d’un noir mat et qui descend très-bas sur les flancs. Le corps de la chenille est généralement d’une couleur terreuse, lavé de verdâtre sur la partie dorsale et de bleuâtre livide en dessous. Sur la région dorsale, à partir du deuxième segment, il existe une large bande continue d’un vineux . obseur. Immédiatement en dessous de cette bande, on distingue la stigmatale déliée, plus claire que le fond, continue, ondulée et finement liserée de brun en dessous. Les trapézoïdaux et autres points pilifères sont bruns et cerclés de blanchâtre; ils donnent naissance à des poils courts et foncés. Les stigmates invisibles à l’œil nu paraissent noirs. Les pattes écaillantes ont le dernier article foncé et luisant; les dix autres sont unicolores.

Cette chenille varie pour l'intensité des couleurs: elle vit, comme

Ephestia Gnidiella. 309 je l’ai dit, sur le Daphne gnidium depuis le milieu de juillet, époque où commence à fleurir l'arbrisseau, jusqu'en novembre. Elle préfère les jeunes feuilles aux fleurs du Daphne : cependant à défaut de l’une, elle s'accommode bien de l’autre. Les petites baies dela plante, vertes d’abord, puis rouges à maturité, ne sont jamais attaquées par l’insecte qui nous occupe. Cette larve vit le plus ordinairement solitaire, mais quelquefois on les trouve réunies par deux, par trois et même par qnatre dans des paquets de feuilles terminales desséchées en partie, liées ensemble par des fils de soie et où ces chenilles semblent vivre en bonne intelligence. Le plus souvent elles descendent de Parbuste pour se métamorphoser, mais parfois elles demeurent dans le paquet de feuilles dont il a été question pour opérer leur métamorphose.

Cependant deux parasites, une larve d’'Ichneumonide etune de Chalcidite, attaquenten assez grand nombre les chenilles de la Gnidiella. Le parasite ichneumonien ne se métamorphose jamais ailleurs qu'au centre du paquet de feuilles sèches lesquelles se sont noircies, et cela dans une coque de soie d’un blanc satiné. Je n'ai pu suivre dans ses transformations la larve du Chalcidite : celle-là ne manifeste sa présence que lors de l'éclosion dela chrysalide d'où s'échappe un petit Hyménoptère qui doit appartenir au genre Morinia, Rob.— Desv., au lieu du lépidoptère qu'on attend.

Les premières chenilles de cette Ephestia inédite m'ayant èté procurées par M. Himmighoffen, de Barcelone, mon attention, lors de mon arrivée dans les Alpes-Marifimes, se porta sur les nombreux Daphne gnidium répandus aux environs de Cannes et où je rencontrai abondamment la chenille que je viens de décrire.

La chrysalide est formée au centre d’une coque en soie d’une solide texture. Elle est conico-cylindrique, passablemeut allongée, d’un brun rougeitre; elle éclôt ordinairement trois semaines au plus tard après sa formation. Cependant les chenilles tardives, celles qu’on ne rencontre qu'à la fin de novembre, ne doivent éclore qu'au printemps suivant ; je le crois du moins.

INSECTE PARFAIT

Envergure : le © 0,019 à 0",020.

la © 0%,016 à 0",017.

Cette phycide, très-tranchée, ne peut être confondue avec aucune autre. Elledoitêtre placée dans le genre Ephestia, Gn., et c’est del’Elutella, Hb. qu’elle paraît s'approcher le plus. Les ailes supérieures sont étroites, allongées, faiblement arquées à la côte; le bord extérieur est élargi, oblique, d'un rougeûtre plus ou moins sombre, avec l'espace médian relativement large et limité par les deux lignes ordinaires, brunes, plus où moins nettement éclairées en dehors, et qui se pré— sentent ainsi : la première, l’extrabasilaire, n'est pas toujours bien marquée, elle indique une M couchée dont le premier jambage touche au bord interne, et le troisième s'appuie à la côte. La ligne coudée presque droite, très-oblique, laisse voir deux festons à peine marqués. Le point cellulaire est très-petit, allongé dans le sens des nervures, brun et précédé d’un point noir rond et aussi très-petit. On voit, en outre, une bande brune partant de la base de l'aile qu'elle partage en deux et se prolongeant jusqu'à la partie éclairée de l’extrabasilaire. Les franges sont assez longues, concolores et précédées d’un filet délié, clair et qui est précédé lui-même par cinq ou six points bruns, petits, à peine visibles à l'œil nu. Les inférieures sont larges, d'un gris un peu bleuâtre, luisantes, sans lignes, mais légèrement plus foncées au bord terminal précédant la frange, qui est large et soyeuse. Les ailes sont en dessous uniformément luisantes, sans dessins, sans lignes, si ce n'est un simple point clair aux supérieures. Les antennes sont rapprochées, sétacées, brunes, plus épaisses à la base, nullement noduleuses, ni garnies de poils ou d’écailles à leur point de départ. Les palpes sont courts, recourbés, ascendants, aigus et dénudés au troisième article. Les yeux sont gros, foncés et mats; la trompe est médiocrement longue ; le thorax grêle et de la couleur des premières

Eromene Bella. 311 ailes. L'abdomen est long et dépasse les ailes inférieures ; il est cylindrique, d’un gris brun annelé de blanchâtre. Les pattes sont d’une longueur normale ; garnies de deux paires d’éperons aux inférieures, blanches et annelées de clair.

La ® est un peu plus petite que le o”; elle a les premières ailes moins foncées, d’un ton plus grisätre où les lignes transversales se détachent généralement mieux. L’abdomen est plus allongé etaigu à l'extrémité.

L'espèce varie quelque peu ; certains sujets, également obtenus de chenille, se montrent avec une teinte uniformément rougeûtre et où les lignes ont complètement disparu.

L'Ephestia Gnidiella, qui peut bien avoir deux générations, et qui doit trouver place après l'Elutella, Hb., précédera dans le Catalogue Dupauchel, la Binaevella, Hb.; dans le Catalogue Staudinger elle portera le n° 521 bis.

Eromene Bella, Hz.

Fig. 60. — Tr. — Dup. pl. 270, fig. 7. Zell. — Stor. Catal. 331, (PI. 83, fig 10 à 12.)

J'ose espérer qu'on n’accueillera pas sans intérêt l'histoire des premiers états de cette Eromene, par la raison qu'aucune larve de ce beau genre n’est encore connue.

Une ® de l’Er. Bella prise vers le milieu de septembre dernier à Celles-les-Bains, par le docteur Staudinger, pondit à cet observateur habile un certain nombre d'œufs. Les jeunes chenilles furent élevées par lui avec la fleur d’une Scabieuse blanche (Scabiosa columbaria ? ou mieux sa variété, las. afinis, Gr. et G,), plante herbacée fort abondante à l'endroit très-sec d’ailleurs où avaitété rencontrée la Bella Q. C'est en vain cependant qu'à l’époque voulue, M. Staudinger, qui m'a soumis ces chenilles lors de leur entier développement, a cher-

ché sur les Scabieuses du lieu que je viens de citer ; il n’a pu rencontrer une seule larve de l'Eromene Bella. X est donc bien difficile de préciser quelle est en réalité la plante qui nourrit dans la nature cette chenille, laquelle, élevée en captivité, n’avait atteint son entier développement que le 20 ou le 25 octobre. Voici sa description.

Elle est allongée, cylindrique, atténuée postérieurement, non carénée, à tête petite, cordiforme, un peu aplatie, d'un brun clair, avec les mandibules et ocelles noirs. La plaque du 1" segment est partagée par un sinus étroit. Cette plaque, plus claire que la tête, est trèslarge et recouvre en presque totalité l’anneau: elle est de plus maculée de petits points rougeûtres. Le corps est d’un carné obscur, lavé de vineux postérieurement et recouvert de larges points verruqueux de couleur testacée, donnant naissance chacun à un poil gris assez long. Le dernier segment présente de son côté une plaque écailleuse, mais celle-ci est relativement étroite et presque concolore. Les six pattes écailleuses sont de la couleur de la tête ; les huit ventrales et les deux anales sont d'un cerné clair, ainsi que le ventre: celui-ci n’est marqué d'aucune ligne ou tache. Les stigmates sont circulaires, petits et noirs. On ne voit aucune trace des lignes ordinaires, mais on distingue à la place de la vasculaire, le tube intestinal qui se montre sous forme de ligne brune, étroite et interrompue,

J'ai dit qu'on ne savait quelle devait être la plante que préfère cette larve à l’état libre. J'ajouterai que celles qui ont été élevées avec les fleurs de la Scabiosa columboria ? ont parfaitement réussi. Je ferai encore observer que cette chenille n’est pas polyphage, car ellen’apas touché à d’autres plantes qui lui ont été données en même temps que celle de la Scabieuse. C’est à la fin d'octobre que cette larve descend sous la mousse et forme une petite coque en soie très-blanche, mince et forte, où a lieu assez promptement la transformation. La chrysalide n’est pas très-allongée : la pointe abdominale est obtuse et dé-

Epidola Barcinonella. 313 pourvue de crochets. L’enveloppe des ailes se prolonge beaucoup sur l’abdomen ; celle des yeux et surtout des antennes est saillante. La couleur générale de cette chrysalide est le brun rougeâtre. Le petit lépidoptère paraît une première fois en avril.

INSECTE PARFAIT

Cette charmante Eromene est très-anciennement connue; elle avait été comprise par Duponchel dans son genre Crambus.

La Bella appartient au midi de la France, et bien certainement à d’autres parties de l'Europe méridionale. Elle semble fréquente dans l'Ardèche ; mais elle n’a jamais été rencontrée dans le département du Rhône ou les départements voisins. L'Eromene Bella à bien certainement deux générations, car je l'ai prise en avril aux environs de Cannes, volant dans les lieux bas où il y avait beaucoup de Scabiosa maritima? Le soir, elle venait dans l'appartement, où elle était attirée par l'éclat des lumières ; c'est ce dont j'ai pu me convaincre plusieurs fois dans mon nouveau domicile d'hiver.

Epidola Bareinonella, Mir.

( Species nova).

= (PI. 83, fig. 13 à 15.)

En 1859, M. Staudinger créa le genre Epidola pour un lépidoptère fort curieux, dont la chenille traîne une sorte de fourreau. Je viens ajouter à ce petit genre une seconde espèce distincte de l’Epidola Stigma, Stgr., dont la larve à des mœurs au moins aussi remarquables que celles de sa congénère. Il est fâcheux que M. Himmighoffen, de Barcelone, qui m'a procuré cet intéressant insecte, n'ait pu me dire au juste quelle est la plante dont se nourrit ordinairement la chenille.

Ce naturaliste, trompé par la forme du fourreau que la larve devenue adulte traîne sans cesse après elle, crut reconnaitre celle d’une Coleophora et me l’adressa sous ce nom générique. Je n’ai pas tardé à voir que cette chenille n’appartenait nullement au genre des Coléophores.

Parvenue à toute sa taille pendant le mois de mai, elle se présente alors avec une forme allongée, cylindrique, très-plissée, d’une couleur carnée tirant sur le jaunâtre, avec les lignes ordinaires ondulées, continues et d’un ton ochreux assez vif. La tête est globuleuse, entièrement d’un noir mat, avec le premier anneau convexe, sensiblement plus élevé que les suivants et recouvert jusqu'à la naissance de la seconde paire de pattes, d’une plaque écailleuse d’un noir mat. Le second anneau, dont le fond est carné, ainsi que le reste du corps, est précédé d’une large zone blanche. On remarque en outre sur ce même segment des caractèresnoirs imitant imparfaitement un F couché, et qui sont placés dans le sens des lignes vasculaire et sous-dorsale. Au moyen de la loupe, on distingue d’autres lignes fineset continues. Les pattes antérieures sont relativement robustes, concolores, avec le premier article noir.

Bien que M. Himmighoffen ne puisse préciser le genre de plante dont se nourrit cette larve, puisqu'il l’a trouvée à divers âges soit dans les tiges de graminées, soit dans la tige d’une lavande, soit enfin dans celle d’une scabieuse à fleurs blanches, il est supposable qu'elle se nourrit le plus ordinairement de graminées et que, parvenue à une certaine grosseur, elle coupe une tige de ces dernières plantes, laissée ouverte aux deux extrémités. Dans cette nouvelle demeure, qui à la forme d’un fourreau allongé qu’elle traine à la manière des larves de Coleophora, cette chenille se transporte d'une plante à l’autre, se fixe momentanément pendant le repos , et demeure ainsi jusqu'a la fin de mai où, se fixant définitive-

Epidola Burcinonella. 345

ment, exposée au soleil, elle opère sa transformation. La métamorphose a lieu assez rapidement, mais avant ce changement d'état, la chenille doit se retourner dans son enveloppe ainsi que le font dans le leur, en pareil cas, les larves de Coléophores, celles des Psychides o” et celles des Solénobides ©. L'éclosion a lieu cinq à six semaines après.

Le parasite de cette nouvelle Epidole, qu'on remarque dans les proportions d’un huitième environ, est un très-petit Chalcidite qui s'échappe trois semaines après la fixation du fourreau. Sa larve a vécu aux dépens de la chenille et a ensuite pratiqué un petit trou rond dissimulé au moyen d’une mince couche de soie que l’'Hyménoptère n’a pas de peine à. déchirer lors de son éclosion.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0®,013 à 0°,014.

Les ailes supérieures sont allongées, un peu falquées, aiguës à l'apex, d’un carné grisàtre, aspergées de nombreux atomes foncés qui recouvrent en grande partie les ailes et qui donnent à celles-ci un aspect légèrement ardoisé, on voit au centre trois petites taches allongées, brunâtres, ef pas toujours bien écrites. De plus, on voit une ligne longitudinale qui part de la base de l’aile, et arrive au tiers de sa longueur. Cependant ces premières ailes sont quelquefois zonées de lignes claires d’un carné chaud. Les ailes inférieures sont allongées, étroites, taillées en biseau à l'extrémité, d’un gris légèrement bleuâtre ; parfois carnées, luisantes et garnies de très-longues franges soyeuses et carnées. En dessous, les antérieures sont d’un gris foncé, et les atomes bruns ont disparu ; les postérieures ressemblent audessus. Les antennes sont longues, épaisses, moniliformes, jaunâtres, légèrement noduleuses à la base, avec cette partie de l’antenne recouverte de fines soies concolores. Les palpes sont médiocrement longs. ascendants, gris, garnis de soies plus longues à l'extrémité qu'à la

base. La tête est un peu laineuse, c’est-à-dire recouverte de poils fins. courts et gris; les yeux gros et bruns. Le thorax convexe et concolore ; l'abdomen long, grisâtre, dépassant les ailes inférieures; les pattes longues, jaunâtres, soyeuses, avec deux paires de tarses aux inférieures,

La ® ressemble au o”.

Cette espèce varie: quelques sujets sont d’un gris moins chaud, plus sombres, c’est-à-dire d’un gris d’ardoise. |

L'Epidola Barcinonella n'a qu'une seule génération. Au repos, elle a assez la forme d’une Coleophora; elle est effilée et ses ailes infé— rieures sont entièrement cachées par les supérieures. Elle ne parait pas rare aux environs de Barcelone (Espagne) et vole sur les terrains secs des collines bien exposées. J'ai dit qu'elle devait représenter la seconde espèce du genre Epidola de M. Staudinger, dans le Catalogue de qui elle portera le n° 1752 bis.

Obs. N'ayant pas vu l’Epidopta Stigma, Stgr., je n’ai pu comparer à ce Micro la Barcinonella ; mais lors de la dernière visite que ce naturaliste m'a faite à Lyon, en 1866, il n’hésita pas à dire que ma nouvelle Epedola était bien distincte de celle qui avait motivé la création du genre.

Xodis Impararia, G\.

IX, p. 354. —Stgr. Cat. 10. — Herr.-Sch., p. 27. (PI. 84, fig. 4 et 2.)

M. Guenée, qui a nommé cette phalénite dans son Species, a fait sa description d’après un seul o” rapporté de l'Oural par le naturaliste Kinderman. Ce savant ne connaissait pas la ®, qui n’est publiée nulle part, et, comme on n’a donné aucune figure de cette Zodis, je suis heureux, tout en publiant la ©, de pouvoir faire représenter les deux sexes de l’Impararia qui est toujours de la plus grande rareté.

lodis Impararia. 317 Je dois cet avantage à l’obligeance de M. le docteur Rambur qui a consenti à me confier les deux sexes de cette espèce, qu’il a reçus de la Russie méridionale.

Envergure : le © 0",036.

la ç 0",938.

Les ailes sont grandes, entières, soyeuses; les supérieures sont aiguës à l’apex, d'un vert päle mat un peu plus prononcé à la côte. Elles sont traversées par deux lignes blanches; la basilaire et la coudée ; la première interrompue, la seconde légèrement flexueuse et sans coude. On soupçonne l’extrabasilaire qui est à peine indiquée par un trait blanchâtre. On distingue au centre de l’espace médian une sorte d’éclaircie occupant la place du point cellulaire. Les franges sont étroites et blanches à l'extrémité. Les ailes inférieures sont allongées et présentent un coude assez apparent; l'angle interne est assez sensible. Ces ailes inférieures sont blanches ou d’un blanc très-légèrement lavé d’une teinte verdâtre, sans lignes et à franges blanches. Le dessous des quatre ailes est d'un vert d’eau très-clair ; il ne présente aucun dessin , aucune ligne. Les antennes sont blanchâtres et faiblement carnées en dessous, pectinées et diminuant d'épaisseur jusqu’à l’extrémité. Les palpes sont courts, les yeux noirs, le front est d’un rougeâtre obscur, le vertex blanc ; le thorax assez bien four-ni d'écailles, est de la couleur des premières ailes. L’abdomen est lisse et d’un blanc satiné mat. Les pattes sont grandes et blanches; les quatres premières présentent deux couleurs; la partie externe est blanche tandis que la partie opposée est rougeûtre.

La © est à peu de chose près semblable au 0’; elle en diffère par”: la taille un peu plus grande, les antennes crénelées, l'abdomen gros, allongé et conique.

Ma description du © de l’Impararia ne se rapporte pas exactement à celle de l’auteur du Species, cependant il est facile de reconnaitre que c'est bien de l’Impararia, Gn., qu'il vient d’être question.

Coll. Guenée un ©’, et coll. Rambur un o et une 9.

Obs. En ne voyant que très-imparfaitement ma nouvelle pha-

lénite, la N. Aurelieria, on pourrait penser que l’une de ces deux espèces, l’Impararia et l'Aureliaria, n’est peut-être qu'une variété de l'autre ; mais il suffit de les comparer pour reconnaitre à quel point elles s'éloignent l'une de l’autre, Non-seulement l’Aureliaria © est plus petite; mais la coupe d’ailes chez les deux sexes, si différente de l’Impararia, pourrait suffire, si, à ces caractères, ne s’en joignaient d'autres, tels que la briéveté comparative des ailes inférieures chez l’'Aureliaria, l'absence du coude à ces mêmes ailes, caractère si importants, enfin celles-là toujours semblables aux ailes supérieures, par la belle couleur verte. Tous caractères qui suffisent, et au-delà, pour qu'il ne soit jamais permis de confondre ces deux remarquables phalénites.

Xanthodes Malvae. Esr.

P. 63, pl. 195. fig. 4. — Hb. 358. — Tr. sup. p. 145. — Gn. In. 249. — Dup. sup. HE, p. 533, pl. 45, fig. 2. — Herr. Sch. 221 ? — Ga. VI, p. 210. — Stgr. Cat. 794.

Les observations qui précèdent l’histoire de la chenille de la Graellsiü, congénère de la Malvae, Esp., dans mon Iconogr. IT, p. 73, peuvent très-bien s'appliquer à la larve que je vais décrire, car ces deux espèces sont très-voisines entre elles, non-seulement par la forme, mais encore par les habitudes et par les mœurs depuis leur sortie de l'œuf. On ne savait rien de la chenille de la rare Malvae, si ce n’est que Esper en parle vaguement en décrivant l’insecte parfait: il « se borne à dire qu'elle vit sur la mauve ». Gn. VI, p. 210.

Elle est trés-allongée, moniliforme, cylindrique, à tête globuleuse,

Xanthodes Malvae. 319

n’a que douze pattes ; mais, ainsi que la chenille de la Graellsii, elle a, aux sixième et septième segments, à la place des pattes membra-— neuses existant chez les autres chenilles, « les deux points ventraux surnuméraires et placés immédiatement au dessus du 2° ventral supérieur, comme si ces points étaient les rudiments des pattes absentes », dont parle M. Guenée, dans la note qu'il m’a envoyée à l’article de la Graellsü (leon, p. 76). La chenille de la Malvae est partagée en trois couleurs principales : la région du dos, du 4° au 10° segment inclusivement, est d'un gris de souris limité de chaque côté par la sous-dorsale fine, brune et interrompue. Les flanes sont d’un beau jaune serin uniforme, mais taché, ainsi que je lindiquerai dans un instant; et enfin la région ventrale qui est d’un vert bleuâtre ne présentant ni ligne ni tache. La ligne vasculaire est très-fine, interrompue et ne se voit pas sur les derniers anneaux ; la stigmatale plus fine encore n'est indiquée en plus clair qu'au commencement de chaque segment. Le premier anneau présente en dessus quatre traits noirs dont 'es deux premiers tendent à se toucher par la pointe et, sur les côtés de ce même segment, on voit trois points disposés en triangle. Le 2° et le 3° anneaux nous montrent un trait noir oblique reposant sur une large tache latérale d’un jaune plus vif que le fond. Tous les autres anneaux, jusqu'au 10°, sont en outre partagés par un trait perpendiculaire d’un pourpré obseur et limité en haut et en bas par deux points foncés s'appuyant au centre sur un gros point noir luisant placé antérieurement. Enfin, le 11° segment est marqué de trois points d’un noir mat et le 12° d’une tache jaune orange triangulaire. La tête est aussi haute et large que le corps, d’un vert bleuâtre lavé de jaune par places, et maculée d’une vingtaine de très-petits points noirs, ronds et ovales, placés symétriquement. Les pattes écailleuses sont bien développées, implantées sur des mamelons saillants d'un noir de jais et, à leur point de départ, teintées de pourpré obscur. Les quatres pattes ventrales et les deux anales sont fort longues, effiléés et coniques; sur ses six dernières pattes la couleur: jaure des flancs se prolonge jusqu'au dernier article, celui-ci tes

d’un jaunâtre orangé. Les trapézoïdaux et autres points sont noirs, verruqueux et donnent naissance à des poils longs et grisâtres. Cette larve, ainsi que celle de sa congénère la Graellsii, varie en vert glauque uniforme où les tach?s ei les lignes ont disparu; cependant chez celte variéié qui est assez fréquente, le ventre demeure d’un vert bleuitre uniforme.

Celie chenille vit aux environs de Barcelone (Espagne), uniquement, d'après M. Himmighoflen, sur la Lavatera olbia (4). Néanmoins je l'ai nourrie et amenée à bonne fin avec les feuilles de la Malra officinalis et de la M. Moschata, L. Cette larve et sa voisine vivent sans cesse à c'écouvert. Avant la seconde mue elles se cachent en de:sous des feuilles dans l’un des plis où l'œuf avait été déposé. Plus tard, c'est encore au revers des feuilles qu'on les voit fixées, et le plus souvent confondues avec la couleur de ces feuilles. La génération d'été opère rap dement sa transformation ; quelques semaines lui suflisent pour cela. Mais voici ce qui se passe à l'égard de la génération d'automne: si les chrysalides ne sont pas formées promptement et si, par le fait, l’éclosion ne doit pas avoir lieu deux ou trois semaines après, les chenilles qui se sont retirées au pied de la plante, au centre d’une coque molle et solidement tissée, les chenilles, dis-je, rentrées sur elles-mêmes, en partie décolorées, demeurent ainsi jusqu'au printemps d'après, époque où seulement la nymphe est formée (2). Cette chrysalide est passablement allongée, pleine, lisse, luisante, d'un rougeitre acajou clair, à anneaux mobiles et dépourvus de crins à la pointe abdominale. L’enveloppe des ailes très-transparente et lavée de jaune vif, permet de distinguer les nervures et la forme des antennes. Elle est vive, s’agite au moindre

(1) Malvacée sur laquelle je leusse placée dans mon dessin, si j'eusse eu à ma disposition une branche de cet arbrisseau à faire représenter.

(2) Ces détails de mœurs doivent exactement s'appliquer à la chenille de Graellsii dont les habitudes sont tout à fait celles de la Malvae.

Xanthodes Malvae. 321 contact et, si elle doit éclore la mème année, elle ne dépasse jamais trois semaines pour l’époque de son apparition.

INSECTE PARFAIT

Envergure : Le o” 0,"030 à 0,"032.

La $ 0,"098 à 0,"030.

Cette Noctuide est d’un cinquième environ plus petite que la Gracllsii. Les ailes sont arrondies, entières; les supérieures sont d'un jaune paille et marquées d’une large teinte terminale foncée. Ces alles antérieures sont traversées par trois lignes à peine indiquées en plus foncé. La tache orbieulaire comprise dans l’espace médiane est large, bien marquée, elliptique, brune, faiblement éclairée an centre. La réniforme est à peine marquée. Les ailes inférieures sont d’un blanc pur un peu nacré. Les antennes sont médiocrement longues et pubescentes.

La ©, qui est un peu plus petite que le ©”, a les lignes et la tache terminale des supérieures mieux marquées que chez ce dernier; cependant chez quelques sujets la tache orbiculaire des supérieures est à peine indiquée et chez d’autres elle manque tout à fait. Les ailes inférieures diffèrent de celles du © en ce qu’elles sont trèslargement teintées de jaunâtre, surtout au bord terminal.

La Malvae, comme je l'ai dit, varie passablement : je fais représenter un sujet $ obtenu ex larva, où les supérieures sont largement salies par le roux foncé er où le jaune des ailes inférieures est en partie enfumé. Ne serait-ce pas cette variété, qui du reste parait constante, qui a été décrite comme Var. 221? par M. Herrich-Schæffer et que M. Guenée rapporte à sa Stramen (976), du Thibet, où la tache réniforme manque tout à fait?

Cette jolie noctuelle est toujours des plus rares ; elle est peu répandue dans les collection: mais comme M. Himmighoffen l'élève de

322 CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS chenille et souvent ab ovo, elle commence à se répandre chez les entomologistes, tout en conservant son prix élevé.

En outre de l'Espagne, la Malvae*a été signalée en Sicile, en Italie et en Hongrie. Je ne désespère pas de la rencontrer aux environs de Cannes, d'Antibes ou de Nice, où les Lavatères ne sont pas rares.

Coll. Mill. plusieurs ©” et ® et la Var. ®. Coll. Gn. Coll. Zeller, de Zurich. Coll. Ferrouillat frères, de Lyon, etc.

Obs. La figure de Duponchel est trop pâle: elle a été cop.ée sans doute sur l’un des deux sujets o” de la riche collection Donzel, qui ont dû voler, car ces deux insectes, sont assez défectueux.

Hadena Assimilis, DBpay.

Cat. p. 10. — Gn. VI, p. 85. — Stgr. Cat. 364. {PI .84, fig. 8.)

il faut que M. Standinger n'ait pas vu cette belle Noctuide d’origine écossaise pour qu'il l'ait rapportée, dans son Catalogue, à la Crymodes Exulis dont, suivant ce naturaliste, elle ne serait qu’une variété locale.

Autant que je puis juger de l’Assimilis par un beau dessin de la © que vient de me communiquer M. Doubleday lui-même, cette noctuelle me paraît être une Hadena très-caractérisée, bien plus voisine assurément de la Satura, W.-V. et de l’Adurta, Esp., que de l'Exulis reportée non sans raison dans le genre Crymodes de M. Guenée.

L'Had. Assimilis & mesure 0,"047. Les ailes sont grandes, larges, entières, bien fournies d’écailles. Les supérieures, d’un aspect sombre. presque noir, sont traversées par les lignes ordinaires d'un pourpré obscur et présentant, à la coudée surtout, des dents correspondantes à chacune des nervures qui sont fines, mais distincte: cependant. Les

Hadena Assimilis. 323 taches réniforme et orbiculaire qui reposent sur un fond presque noir, se détachent d'autant mieux en jaune ochreux. Le cercle de chacune de ‘ces taches présente intérieurement une solution de continuité, et le centre des taches elles-mêmes est très-obscur. Les ailes inférieures sont d’un brun noirâtre uniforme, avec une tache centrale obseure en forme de croissant ; les franges sont moins obscures que le fond. Le thorax est robuste, très-velu et de la couleur des ailes supérieures. L’abdomen est velu et participe de la couleur des ailes inférieures. Les antennes sont simples chez les deux sexe (1). Le ©”. que je ne connais pas. est tout aussi grand que la ®, mais il est un peu moins obscur.

On ne sait absolument rien de la chenille de cette remarquable espèce, qui est à peine connue. Elle vole en juin; sa patrie est le nord de l'Ecosse.

Le cabinet de M. Henry Doubleday, d'Epping, possède seul l'Hadena Assimilis.

(4) M. Guenée m'écrit que le & etla @ de l’Had. Assimilis sont décrits dans son Species (VIe vol.,p. 85, n° 781), savoir: le & sur la nature et la @ sur un fort beau dessin de M. Doubleday.

EXPLICATION DES PLANCHES De la 18e Livraison (1867).

——#oi— PLANCHE 81.

Fig. 1. Chenille de la Nemoria Aureliaria, MiLL. DUT id. vue de dos.

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