WE] PE
Acidalin Decornata, W.-V.
PI, 43. — Boik. 226. — Hb. 71. — Tr. I, p. 285. — Dup. VIN, p. 47, pl. 173, fig. 2. — Bdv. 1836. — Herr.-Sch. p. 25. — Gn. IX, p. 485.— Stgr. Cat., 140. = Cinerata, Fab., p: 259. = Ornataria, Esp., pl. 51, fig. 2.
Le]
Elle a quelque ressemblance avec la chenille de sa voisine l'Ornata, Scop. avec laquelle on pourrait la confondre; cependant sa forme plus allongée la rapproche plutôt des larves de l'Zmitaria, Hb., [m— mutata, L., Depunctata, Scop., Submutata, Tr., ete.
Les chenilles d'Ornata et de Decorata ont les mêmes mœurs ; vivent à la même époque et se nourrissent sur la même plante; mais je dois dire que la chenille de Decorata estheaucoup moins abondante que celle de sa congénère, et qu'en comparant ces deux larves, on n'a pas de peine à les distinguer. Celle de la Decorata dont on ne savait rien des premiers états, passe l’hiver, et na parvient à toute sa grosseur, en Provence, que vers le milieu ou la fin d'avril. A cette époque elle est longue, cylindrique, très-plissée, non carénée sur les côtés, généralement de couleurs assez vives, avec les lignes ordinaires bien marquées, et la tête petite et globuleuse. La vasculaire est fine, double, noire et repose sur un fond de couleur jaunâtre; la sous-dorsale esttrès-large, continue, d'un gris noir ardoisé se fondant par en haut. La stigmatale est large, continue, blanche, salie de gris ardoisé sur les incisions et finement liserée de brun rougeâtre, Les stigmates sont relativement gros et noirs. La têle, qui est concolore, est marquée de lignes foncées, lesquelles sont la continuation des sous-dorsale et stigmatale, Le ventre est marqué sur chaque anneau
du milieu d'une tache brune de forme rectangulaire. Les dix pattes sont concolores; les quatre dernières sont très-rapprochées.
Cette chenille vit sur le Thymus vulgaris dont elle ronge les feuilles les plus tendres en attendant qu’elle puisse se nourrir des fleurs. Elle se tient à découvert et sa position est ordinairement des plus rigides. Elle doit vivre aussi sur le Thymus serpillum.
La métamorphose, pour la première génération, a lieu vers le 10 ou le 45 mai, sous la mousse, au centre d’une légère coque; la chrysalide qui n’a rien qui la distingue pour la forme, est d’un vert pomme, avec les anneaux abdominaux rougeûtres. L'état léthargique de l’insecte ne dure pas plus de dix-huit à vingt jours.
INSECTE PARFAIT
Cette Decorata, Si bien nommée, est une des plus jolies du genre Acidalia. Elle est généralement considérée comme appartenant à la France méridionnale : cependant je dirai qu'avant de la rencontrer aux environs de Cannes (Alp.-Mar.), je l'avais recueillie dans le Lyonnais, en Auvergne près de Clermont, etdans le département de Saôneet-Loire, près d’Autun, volant sur les coteaux les plus secs, parmi les genêts où croît le Thymus serpillum. Partout elle’était assez rare et se voyait en compagnie de l'Ornata dont, pendant longtemps, on ne la croyait qu'une variété locale.
La Decorata qui à deux générations, et peut-être trois ou quatre dans le Midi, ne paraît pas varier, à moins que l’Arcuaria, Hb., f. 137, « que personne n’a vue en nature » (Gn.) ne soit qu'une aberration de cette Acidalia.
Obs. Je lis dans les notes manuserites de feu Donzel que l’Arcuaria. Hb, appartient à l'Halie.
Ce
Acidalia Submutalu.
Acidalia Submruiats, Tr.
IF, p. 277.-Herr.-Sch., p. 25, fig. 97.— Led. — Bdv. 1837. — Gn. IX, p. 488. — Stgr. Cal. 121.
(PI. 85, fig. 8 à 10.)
Si l'insecte parfait de cette espèce ne se placelpas dans le groupe des Acidalia Immutata, Caricaria, mais surtout Zmitaria et Depunctata, il s'en approche par sa chenille qui a de grands rapports de forme et de mœurs avec les larves de ces quatre espèces dont j'ai raconté les habitudes (IE, p. 198-208).
Les œufs de la première génération de la Submutata éclosent pendant le courant de maï: ils sont oblongs, cannelés et d’un rouge corail. Jeune, la chenille est d'un vert obscur: cette teinte s'éclaireit à mesure que la petite larve grossit. Elle se développe rapidement ct parvient à toute sa taille vers le milieu ou à la fin d'avril. A cette époque elle est très-allongée, presque cylindrique, à peine atténuée en avant, faiblement carénée sur les côtés, mais très-plissée en travers. Elle est d’un vert un peu glauque. avec une ligne stigmatale très-large, blanchâtre, continue de la tête au douzième segment. Si on distingue à peine la vasculaire qui est fine, blanchätre et continue, on ne voit pas du tout la sous-dorsale. Les stigmates, placès sur la ligne même, sont très-petits, blanes et cerclés de brun. La tête est carrée, jaunâtre, avec deux lignes claires correspondant aux deux stigmatales. Les pattes antérieures sont testacées, les anales concolores; ces dernières sont marquées de brun extérieurement, et ont la couronne vineuse. Deux ou trois jours avant la métamorphose, cette chenille prend une teinte violacée, sombre, et conserve toutefois la ligne stigmatale blanchâtre. À côté du type de cette larve, on rencontre assez souvent des sujets qui sont d'un gris bleuâtre: d'autres.
d'une teinte ardoisée plus ou moins prononcée. Cette géomètre qui vit à découvert jusqu'au moment de sa transformation, fixée aux centre des petits rameaux par les pattes anales, est fort commune dans les lieux circonscrits de son habitat. On la rencontre aux environs de Cannes et d'Hyères, et dans toute la Provence, la chose n’est pas douteuse, sur le Thymus vulgaris, et, de loin en loin, sur les Doryenium. Je l'ai encore trouvée assez abondamment sur les mêmes plantes aux environs de Celles-les-Bains (Ardèche),"ce petit coin de terre caché au milieu de hautes montagnes calcaires, si riche en lépidoptères du Midi.
Cette larve, ainsi que celles du groupe dont elle est voisine par les premiers états, se transforme dans la mousse ou les feuilles sèches. La chrysalide est médiocrement allongée, luisante, avec le dernier segment finissant en pointe aiguë. L'enveloppe des ailes est verdâtre et celle des anneaux abdominaux d'un rouge obscur. L'éclosion qui commence du 20 au 25 mai, pour la première génération, se prolonge pendant quinze jours environ; l’éclosion de la seconde génération a lieu à la fin d'août ou le commencement de septembre (4).
INSECTE PARFAIT
Cette Acidalie n'est pas toujours facile à distinguer, et je soupconne qu’elle est encore confondue dans plusieurs collections d’amateurs; car non-seulement elle varie pour la couleur, mais certains sujets se montrent sensiblement plus petits que d'autres. Le fond du type est d'un blanc roussàtre lavé de gris-bleuâtre au bord terminal, avec les trois lignes parallèles qui ne sont pas toujours bien écrites. La tache cellulaire et quelques points nervuraux aux supérieures,
(1) Les chenilles qui proviennent de cette seconde éclosion passent lhiver; ces dernières ne sont parvenues à leur faille que pendant le mois d'avril,
Nola Thymula. 337
sont toujours bien marqués. La tête est brune avec le vertex blanc.
C'est ja race de l'Ardèche qui me semble représenter le type ; celle des environs de Cannes et d'Hyères est plus sombre, plus ardoisée.
L’Acidalia Submutata dont on ne savait rien comme chenille, a précédemment été signalée en Croatie, en Dalmatie et en Anda-— lousie (Gn.).
Obs. Depuis que je connais les mœurs de cette Acidalie, j'ai bien de la peine à admettre qu'elle ait été rencontrée en Auvergne, ainsi que l’ont avancé plusieurs entomologistes.
Noln Æhhymula, Micc.
(Species nova.)
Parvenue à son entier dévelannement vers la fin de mai, elle est assez courte, convexe en dessus et très-atténuée à partir du huitième segment; elle est en outre demi-velue, mamelonnée, ornée de couleurs vives, à tête petite, globuleuse, noire et très-dissimulée sous le premier anneau ; ce segment présente en dessus une double plaque noire. Sur le fond de la chenille qui est carné on voit, du second au onzième anneau, la ligne vasculaire qui est large, continue, blanchâtre et accompagnée, à partir du quatrième, d'un gros point verruqueux d’un pourpre noir luissant, et, à la suite, de deux perles d’un carné jaunâtre également luisantes, semblables aux autres perles qui toutes sont pilifères et donnent naissance à la villosité dont il a été question. Toutes les pattes sont, ainsi que le corps, d’un carné indécis.
Cette petite chenille, qui paraît très-localisée, vit en mai aux environs de Cannes, sur les collines les plus chaudes, dans les plis de terrains les mieux exposés au soleil, uniquement, je crois, sur le
Thym vulgaire dont elle ronge pendant le jour les fleurs et les graines récemment formées. Elle grossit très-rapidement; trois ou quatre semaines lui suffisent pour opérer ses divers changements de peau et se métamorphoser. Lorsque vient le moment de la transformation, la chenille s'applique contre une petite branche de la plante qui l'a nourrie, construit une coque papyracée d’un gris roussätre en forme de nacelle renversée qui se confond avec la couleur de l'écorce. La chrysalide est médiocrement allongée, presque cylindrique, d'un brun clair, obtuse à l'extrémité anale et sans crins, avec la gaine des ailes descendant très-bas sur l'abdomen. L’insecte demeure sous son état léthargique depuis la fin de mai jusqu’en mars ou avril de l’année suivante; près de onze mois !
INSECTE PARFAIT
Il est de la taille de ses congénères les Strigulalis, Hb., et Cicairicalis, Tr. Les sujets d’éclosion récente ont une teinte gris-bleuâtre qu'ils perdent après quelques mois, pour devenir d’un gris légèrement argileux. Les lignes des ailes supérieures sont bien marquées quoique fines ; ce qui ne permet pas de confondre cette Nola avec ses voisines. La basilaire et la coudée sont brisées, noires et nettes. La seconde de ces lignes, la coudée, esi accompagnée intérieurement d’une autre ligne, à peine visible à l'œil nu, qui suit son mouvement; cette coudée présente un angle extérieur très-vif. On distingue encore une ligne subterminale claire, ondulée, légèrement ombrée intérieurement. Ainsi que la plupart des espèces du genre, la Thymula présente deux rugosités au centre de l’espace médian et une à la base de l'aile. Ces trois rugosités, formées par des agglomérations d'écailles, sont d’autant plus apparentes que l’insecte est mieux conservé. Les ailes inférieures sont plus claires que les supérieures et sont sans dessin.
La N. Thymula qui se tient pendant le jour appliquée contre les
Bolys Cultralis. 339 pierres ou les tiges du Thym, devra trouver sa place après la Strigulalis, Mb. (Pyr., fig. 16). et précéder la Cicatricalis, Tr. Dans le catalogue Ster. elle portera le n° 10 bis.
Je dirai avant de terminer cet article que c’est encore à l’extrème obligeance de M. Guenée que j'ai acquis la certitude que cette Nola est bien une espèce inédite, On sait que cet habile et savant observateur a reconnu le premier que le genre Nola, qu'on avait jusqu'à Jui placé dans les Pyralites, doit faire partie de la famille des Lithosides. Les auteurs allemands partagent également cette opinion.
HBotys Cultralis, STGn.
Ann, Soc, entomol. Stettin, année 1866, p. 108. (PI. 85, fig. 17.)
M. Staudinger qui vient de décrire cette nouvelle Botyde, ne nous dit pas après quelle espèce elle doit être inscrite. Sa place sera sans doute à la suite des B. Lancealis, S. V. Les ailes antérieures {rèsélancées et fort aiguës à l'apex, donnent à cet insecte une forme particulière qui empêchera toujours de le confondre avec tout autre. Ces premières ailes sont à demi transparentes, d’un jaune paille, couleur plus prononcée à la base et au bord interne ; elles sont traversées par trois lignes d’un brun clair ; la basilaire, la coudée et la subterminale. Si la basilaire est fine et à peine indiquée, la subterminale est large, droite, et touche au bord interne. Outre la tache cellulaire qui est grande, rectangulaire et d’un brun clair, on voit un point de même couleur, petitet cireulaire, qui la précède. Les ailes inférieures sont très-larges, bien développées, plus transparentes que les supérieures et d’un jaune paille plus pâle. Ces inférieures sont traversées par deux lignes également d'un gris brun ; la première correspond à la coudée ; elle est fine, irrégulière et présente un angle au centre : Ja subterminale, qui est large, part de l'angle supérieur de l'aile, finit
en pointe et n'atteint pas le bord interne. Le dessous est plus pâle, mais les lignes ont la même forme. Les palpes sont bruns, les yeux noirs, le front blanchâtre, les antennes longues, cylindriques, filiformes, jaure paille ; la trompe forte et brune. Le thorax est grêle et de la couleur des premières ailes. L'abdomen est allongé, conique, dépassant les ailes ; les pattes longues et blanchâtres. La ® est inconnue. L'exemplaire du Bot. Cultralis qui sert à ma description est dans un parfait état de conservation. Il appartient, me mande M. Staudinger, à la collection Grüner et provient du naturaliste Kindermann qui l’a recu du Caucase.
Herminmia Crinmalis, In.
Tr. — Dup., p. 34, pl. 2144, fig. 7. — Herr.-Sch., p. 385. — Gn., p. 61. — Styr. Cat. 951. — Barbalis, Hb., fig. 48. — W.-V.. fig. A-9.
Jusqu'à ce jour une seule chenille de ce beau genre avait été observée; celle de la Barbalis qu'a élevée et étudiée l'auteur du Species. Je viens faire connaitre celle d'une espèce congénère, la Crinalis, dont les habitudes point encore connues sont à peu près celles de la première de ces deux larves : toutefois leur forme respective diffère : voici ce que j'ai appris sur la Crinals.
Elle est renflée, du troisième au septième anneau, très-atténuée postérieurement, un peu aplatie en dessous, avec la tète petite, d'un noir mat. Le cou est étranglé, et les anneaux bien distincts; cependant les deux derniers sont très-étroits. Jusqu'à la troisième mue inclusivement, cette chenille est d’un brun marron plus ou moins som-
Annales de
la Socete Linéenne de
Lyon
Dasypolia
Temple,
Thunb
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vus glohug
Hermüouia Cronulis. 341 bre ; mais lorsqu'elle prend sa quatrième livrée, elle passe au jaune cannelle ou rougeûtre indécis ; quelquefois cependant elle reste jusqu'à la fin d'un brun de bois. Le premier segment qui est étroit , ainsi que les deux derniers, est recouvert d’une plaque brune partagée par un sinus. La ligne vasculaire large et brune n'est pas cependant bien marquée. On voit à l'incision, des cinquième au dixième segment, une tache blanchätre de forme rectangulaire qui est d'autant plus visible que la couleur du fond est plus obscure. La sous-dorsale est fort étroite, et le plus souvent il n'existe pas de ligne stigmatale : mais On voit sur les flancs et sur chaque anneau un chevron plus ou moins bien indiqué. Les stigmates sont gros et noirs ; les seize pattes concolores:; les trapézoïdaux et autres points pilifères sont bruns, ainsi que les poils fo.t courts auxquels ils donnent naissance. Cette larve est très-paresseuse et ne se déplace que difficilement; lorsqu'elie marche, le cou qui, au repos de l'insecte, semble étroit, s’allonge, et la tète paraît ne plus tenir au corps que par un ligament. La chenille tombe-t-elle de son point d'appui, elle se roule sur elle-même et ressemble assez vaguement alors à un cloporte.
Cette larve de la Crinalis vit aux environs de Cannes, sur là Rubia peregrina, L., et, bien que je l'aie nourrie avec les feuilles de plusieurs arbres et arbrisseaux, tels que ronce, chévrefeuille, ro: sier et chène, je ne l'ai pas trouvée ailleurs que sur la Rubia précitée. Ainsi que la chenille de la Barbalis, eelle de la Crinalis semble polyphage, sans toutefois se nourrir de plantes basses propres. Elle se tient sans cesse à découvert, et c'est en battant les haies où grimpent les tiges de la garance, qu'on la fait aisément tomber. Elle passe l'hiver, grossit lentement, et se transforme en mars, dans la terré ou sous la mousse, après avoir formé une coque mince, mais solide,
Si par sa forme la chenille de la Barbalis est remarquable, il n'en est pas ainsi de la chrysalide qui n’a absolument rien qui la distüingue ; toutefois, je dirai que l'enveloppe des antennes descend assez bas sur les anneaux abdominaux qui sont mobiles.
Cette Herminia éclot du 4°" au 45 mai.
INSECTE PARFAIT
Il réunit de nombreux caractères, et la description seule de ses premières pattes suffirait à le distinguer des autres Herminia. Ces pattes, en effet, présentent dans leur dernière moitié deux touffes de poils noirs séparées entre elles par un pinceau en éventail de soie jaune. Les palpes, bien fournis de poils, sont très-longs . égaux, bruns et ont le troisième article court, large, sécuriforme et qui se termine par une pointe blanche. Les anten— nes ont ceci de remarquable qu'elles présentent de véritables lames plumeuses qui occupent la côte jusqu'à l'extrémité, mais dont ces « lames ne commencent à garnir les deux côtés de la tige qu'à partir de Ja nodosité. » (Gn. VITE, p. 60). Ce nœud squammeux est propre au plus grand nombre des Herminies.
La Crinalis qui à probablement deux générations, appartient à notre faune Jyonnaise, mais ce n’est que de loin en loin qu'on la rencontre, volant à la tombée de la nuit dans le voisinage des haies hautes et fourrées. Aux environs d'Hyères, et de Cannes sa véritable patrie, c'est dans le lit des torrents desséchés garnis de végétation sur les bords qu'elle se tient en grand nombre. Son vol est court, mais rapide et saccadé, L'espèce a été remarquée en Espagne, en Autriche, en Italie. On la trouve encore aux environs de Marseille, Montpellier, Perpignan et dans plusieurs de nos départements da Centre, notamment celui de Saône-et-Loire. (A. Constant.)
Bolys Asinalis. 945
Botys Asinalis, Hs.
Fig. 185. — Dup., p. 318, pl. 232, fig. 1. — Slep., p. 47. — Vood. 808. — Herr. - Sch., p. 31. — Gn., p. 340. — Stgr.
Cat. 141.
(PI. 86, fig. 4 à 6.) CHENILLE.
En Provence, elle éclot en automne ; pendant ses deux premiers àges, elle vit à la manière de certaines mineuses : elle s'introduit sous l'épiderme d'une des feuilles les plus récentes de la Rubia peregrina, en ronge le parenchyme et, par ce moyen, donne aux feuilles qu’elle a privées d'une partie de leur matière colorante, cet aspect vitreux et blanchâtre qu'on remarque ässez souvent chez celles qui ont été précédemment attaquées. Lorsque cette larve est adulte, ce qui n'a lieu qu'en janvier ou vers les premiers jours de février, elle est atténuée aux extrémités, légèrement aplatie en dessous, renflée au centre, monoliforme, luisante, chargée de points piliferes gros, foncés et surmontés de poils courts, raides et gris. Le fond, d'un jaunâtre livide, lavé de carné, présente de nombreuses stries d'un vineux pâle. Les lignes ordinaires, peu apparentes, se présentent ainsi : la vasculaire est fine et brune ; elle règne sans lacune du second au onzième segment; la sous-dorsale est large, grise et continue ; on remarque sur cette ligne unesérie de points verruqueux bruns; ce qui la fait paraitre plus foncée qu'elle ne l'est en réalité. La stigmatile est ondulée, continue, concolore et se distingue à peine. Les stigmates sont petits, blanchâtres, non cerclés de noir et invisibles à l’œil nu. La tête est petite, lenticulaire, jaunâtre et tachée de points bruns parallèles qui semblent être la continuation des deux sous-dorsales. Le ventre est livide, sans lignes: mais la couleur des matières ingurgitées s'y montre sous forme de grosses taches foncées, Le premier et le dernier anneaux
sont recouverts d'une plaque écalleuse concolore; sur là premiere plaque on voit la continuation de la ligne sous-dorsale. Les points verruqueux sont gros et foncés ; ils donnent naissance à des poils courts el noiràtres.
Cette chenille qui m’a paru assez rare, semble vivre, du moins aux environs de Cannes, exclusivement sur la Rubia peregrina. J'ai dit que dans sa jeunexse, elle se nourrit du parenchyme des feuilles récem-— ment développées, mais à l'état adulte elle ronge non pas l'extrémité supérieure des jeunes tiges, mais seulement la base, ou mieux le péliole des jeunes feuilles. Pendant le jour, cette chenille, qui est trèsviveetqui ne mange que la nuit, se tient immobile au centre de plusieurs feuilles réunies, liées par des fils de soie, et d'où elle s'échappe prestement au moindre danger. La métamorphose arrive à la fin de janvier ou dans les premiers jours de février : cette larve descend alcrs sous la mousse et construit une coque légère où la chrysalide est bientôt formée ; celle-ci est allongée et d'un brun rougeûtre. La première génération du Bot. Asinalis éc'ôt à la fin d'avril ou pendant les premiers jours de mai.
INSECTE PARIEAIT.
Les sujets obtenus ex larra sont oénéralement pourvus aux quatre ailes, notamment aux supérieures, de couleurs sombres ou très-foncées. Les antérieures sont allongées, larges, à apex prolongé, d'un gris enfumé, sombres, luisantes où les lignes médianes et les «eux taches ordinaires sont assez mal indiquées. Les inférieures bien développées et larges sont moins obscures que les supérieures. Le thorax est de la couleur des premières ailes ; l'abdomen, qui dépasse de beaucoup les inférieures, rappelle la teinte de celles-ci.
Le B. Asinalis appartient non-seulement à la France méridionale, au Bugey et au département de l'Ardèche, où en juillet et en août Je l'ai pris abondamment, mais encore à l'Angleterre, à l'Italie, à l'Espagne, à la Corse, etc.
Eubolia Basochesiala. 345
Obs, La Rubi peregrina m'a semblé ne pas exister aux environs
de Celles-les-Bains (Ardèche). Cependant le B. Asinalis y est commun, La chenille vivrait-elle sur une autre plante?
Eubolia EBasochesiata. Dur.
VIT, p. 558, pl. 210, fig. à, — Bdv. 1768. — Gn. p. 485.—Mill. 1, p. 145-148, Liv. 3, fig. 4 à 6. — Stor. Cat. 557. Malvaria Var. Herr.-Sch., p. 166, fig. 397.
(PI. 86, fig. 7 à 9.)
La première figure que J'ai donnée de cette arpenteuse, peinte d'après un sujet qui n était point encore adulte, ainsi que je l'ai fait connaître, n'est pas très-exacte. Ayant retrouvé la chenille de cette Eubolia sur la plante qui parait la nourrir exclusivement dans la nature, je crois devoir figurer de nouveau la larve de Ja Basochesiata longtemps confondue, c'est ce que j'ai démontré (FE, p. 148), avec une espèce congénère. Je donnerai aussi quelques détails inédits sur les mœurs de la larve et sur l’insecte parfait.
On la trouve parvenue à toute sa taille depuis la fin de novembre jusqu’au commencement de mai, et, pendant cet espace de temps, on rencontre des larves de cette espèce à tous les âges. Cette chenille grossit rapidement, mème en janvier. Adulte elle est médiocrement allongée, presque cylindrique et quelque peu atténuée antérieurement. avec la tête de grosseur moyenne et un peu lenticulaire ; le corps est sans éminences, mais il présente sur les flancs une légère carène qui est ondulée, continue, concolore et qui occupe la place de la ligne stigmatale. La couleur générale est celle du brun clair, ombré de noirâtre sur les flancs ; le dessous est gris ardoisé. La ligne vasculire est fine. brune, continue du premier au onzième anneau inclu-
sivement; la sous-dorsale est d’un blanc carné, lavée de jaunâtre; elle est médiocrement large et continue; la stigmatale est ondulée, claire et interrompue. Le ventre présente une ligne claire, large, non interrompue et partagée par un trait brun et fin. La tête est d’un testacé clair, maculée de nombreux points bruns, avec les ocelles de la même couleur. Les dix pattes sont blanchâtres et paraissent diaphanes. La dernière paire est rayée d'un trait brun perpendiculaire. Les stigmates sont ovoïdes, très-petits, d’un jaune orangé et largement cerclés de noir. On distingue quelques poils rares, courts et raides. La région du dos laisse voir, chez certains sujets, des taches noirâtres rhomboïdales et cerclées de blanchâtre, mais ces taches ne sont pas toujours bien visibles ; elles sont placées sur les incisions du milieu, qui sont elles-mêmes d'un carné vif.
Cette larve qui vit à découvert depuis sa naissance jusqu'à l'époque de sa transformation sur la Rubia peregrina, L., dont elle ne mange que les jeunes tiges, ronge celles-ci jusqu'à ce que, parvenue à la partie coriace du rameau, elle l’abandonne pour se jeter sur une autre tige fraichement poussée. Moins de six à sept semaines suffisent le plus souvent pour voir cette espèce subir ses divers états. Pour se chrysalider elle descend de la Rubia, plante aux rameaux grimpants et aux feuilles persistantes, et se métamorphose dans la terre après avoir formé une légère coque composée de soie et de grains de terre; cependant la métamorphose a souvent lieu dans la mousse seulement, alors que la terre ne lui manque pas. La chrysalide est conicocylindrique, médiocrement longue, d'un rouge acajou, et n’a rien qui Ja distingue. L'état léthargique de l'insecte ne dure que vingt ou vingt-cinq jours au plus en hiver et au commencement du printemps.
Cependant je ferai observer qu'un certain nombre de ehenilles de Basochesiata recueillies au printemps, et paraissant devoir éclore plus rapidement que celles qui ont subi leur métamorphose en hiver, ne sont après bientôt trois mois de transformation point encore écloses.…... Les chrysalides, je m'en suis assuré, sont vivantes.
Eubolia Basochesiate. 347
L'insecte parfait ne varie pas: cependant Ft @ à pour caractère constant d’avoir les couleurs moins vives que le ©”. La Basochesiata, décrite par Duponchel, a été, personne ne l'ignore, considérée pendant longtemps comme une simple variété de la Malvata, RAM. Celte Eub. Basochesiata n'est plus aujourd'hui une rareté, car on la chasse facilement aux environs d'Hyères et surtout de Cannes. Les entomologistes, par les soirées tièdes de l'arrière-saison, et même de l'hiver, peuvent en saisir un certain nombre de sujets dans le voisinage des haies. Elle s'éloigne cependant des lieux qui nourrissent sa chenille, car le 7 novembre, à Cannes, je prenais une Basochesiata à la tombée de la nuit, butinant sur les fleurs de mon jardin.
Obs. Voici, en dernier lieu, etaprès l'impression de l'article précédent, une remarque qui, je crois, n’est pas sans intérêt à proposde cette Eubolia, remarque dont je n'ai pu que tardivement reconnaitre l'exactitude. Les chrysalides de cette Phalénite, qui, en hiver et au premier printemps, éclosent 20 ou 25 jours après la transformation des chenilles, cessent tout à coup d’éclore , ainsi que je l'ai dit, et, quelque chaude que soit la température de la fin du printemps et de l'été, ces chrysalides n'écloront plus qu'en automne. Ce n'est donc qu'à partir de la fin de septembre et du courant d'octobre que reparaissent les Basochesiata dont les générations, pendant les cinq ou six mois qui suivront, se succèderont sans discontinuer. Il est clair que, dans ce fait anormal en apparence, se montre la sagesse infinie du Créateur qui réserve cette génération du printemps pour l’automne suivant, alors que reparaîtront de nouvelles pousses de la Rubia. En effet, que deviendraient les jeunes chenilles de notre Eubolia si, au sortir de l'œuf, en été, elles ne trouvaient sur la garance qui doit les nourrir, que des feuilles dures et inattaquables ? (1)
(4) Certains botanistes disent, avec une grande apparence de raison, que le véritable hiver pour un grand nombre de plantes du littoral, règne du milieu de juillet au 15 septembre environ.
La R. peregrina, où le sait, ne croît ans la Provenc», qu'à partir du mois d'octobre, pendant tout l'hiver et le premier printemps. Ses feuilles après leur déveloprement deviennent, en été, très-coriaces et alors, nul insecte ne s’en nourrit.
Nouvelle variété de l'Arectin @uemselli, Park.
Tr., Hb. — Dup. ME, pl. 4, fig. 4. — Stgr. Cat.87. — Mill. IE,
p. 20, pl. 53, f. 4et5. — Jourdheuil. Ann. Soc. Fr., p. 126, pl. 2, fig. 14.
(PI. 86, fig. 10.)
La Quenselii, cette joie Chélonide qui aujourd'hui n’est plus une r.reté, grâce à l’ardeur toute juvénile de plusieurs de nos collègues de la Sociëté entomologique de France, et de M. Zeller, de Zurich, la Quenselii est assurément un des lépidoptères qui varient le plus. En outre des quatre aberrations que j'ai signalées (IE, p. 20), et, plus récemment, de celle qu'a décrite et fait figurer M. Jourdheuil, sous le nom de Falloui, dans les Annales de la Société entomologique de France, en outre, dis-je, de ces cinq variétés, je viens faire connaître une sixième aberration de cette Aretia. Cette dernière variété accidentelle n’est point aussi remarquable que celle qui a été dédiée à notre excellent collègue, maiselle l’est assurément davantage que les quatre que J'ai décrites. Chez cette dernière venue, rapportée du Haut- Valais par M. Fallou, et qui est éclose à Paris, les ailes supérieures présentent cette particularité: sur un fond jaune de Naples, et non plus jaune nankin, les grandes taches noires du type ont tellement diminué d’étendue, qu'elles ne sont plus indiquées que par quelques stries noires à la base, par quelques atomes de même couleur au bord subterminal, et, au centre, par un gros point noir de forme circulaire. Les larges taches des ailes inférieures ont pâli, mais elles ont à peu près la forme des taches de l'espèce ordinaire. Si le thorax
Arclia Fasciata. 9349 rappelle la couleur de celle du type, l'abdomen est dépourvu de la série de taches noires latérales.
Cette aberration, que je désignerai par la lettre F, appartient à mon cabinet ; je la tiens de notre collègue M. Fallou père.
Variété de l'Arctia FMnscintn, Esp.
PI. 33, fig. 3. — God. IV, p. 31. pl.3, fig. 3. — Stgr. Cat., 76. = Gratiosa, Hb,, 133.
(PI. 86, fig. 11.)
Aucune variété de cette belle Chélonide n'avait encore été figurée ; celle que j'ai l'honneur de présenter à la Société Linnéenne est assurément digne d’être connue. Ce sujet est un ©” de médiocre grandeur ; voici ce qui le distingue. Le fond qui est d'un jaune clair est envahi en presque totalité par le noir. Les diverses taches centrales qu'on remarque chez le type, n'existent plus chez cette aberration, ou mieux elles se sont réunies pour ne plus présenter qu'une seule tacbe, une sorte d'espace médian entièrement noir. Ce n’est qu’à la base de l'aile et dans le troisième tiers qu’on distingue d’étroites bandes jaunes qui rappellent le type. Les inférieures n'ont rien d’anormal. Il en est de même du thorax et de l'abdomen. Les quatre ailes sont en dessous la répétition du dessus.
Cette variété accidentelle que je désignerai par la lettre À, appartient à la collection Donzel, mais elle ne porte nulle indication de patrie. Dans les notes laissées par notre regretté collègue, il n'est point dit d'où provient ce lépidoptère.
Godard nous apprend (IV, p. 314) « qu'on voit parfois des individus qui n'ont pas de taches noires sur le disque des ailes inférieures ». J’ajouterai qu'on en remarque bien plus souvent chez lesquels les taches noires des supérieures sont réduites à de simples
points noirs. Deux de ces derniers sujets appartiennent à ma collec tion.
J'ai sous les yeux un individu de la Fasciata que m'a communiqué M. Fallou, lequel a été obtenu d’une chenille rapportée de Grasse. Ce sujet qui s'éloigne du type par la disposition des taches noires, se rapprocherait assez par la taille et la couleur, de l’aberration que Jje fais connaitre.
Obs. 11 n’est pas inutile d'indiquer que, bien que cette belle Chélonide ait été jusqu’à ce jour exclusivement signalée en Provence, j'ai rencontré abondamment la chenille aux environs de Celles-les-Bains, à la fin de mars, vivant de plantes basses sur un terrain composé de roches schisteuses, situé en plein midi, privé d'arbres et arbustes.
J'ajouterai que je ne crois pas que la chenille, que je confondais d’abord avec la Caja, vive sur « le lilas commun » (1), comme le dit Godard, p. 312, d’après le renseignement de de Villers.
Tapinostola Bondii, DBLo.
(PI. 87, fig. 4 et 2.)
Cette espèce, découverte depuis peu en Angleterre, n’a été représentée nulle part; elle ne figure pas dans le Species de M. Guënée, et doit trouver sa place après la Nonagria Concolor, Gn., dont elle est voisine, aussi bien par la coupe d'ailes que par la couleur générale.
Chez la Bondiü, les ailes supérieures sont d'un blanc mat, sans lignes ni dessins, si ce ne sont cependant quelques taches nervurales de couleur argileuse à peine accusées au bord subterminal. Les ailes inférieures sont légèrement enfumées, avec une ligne transversale étroite, faiblement indiquée, et qu'on ne distingue pas toujours, ainsi qu’un point cellulaire qui n’est guère plus apparent. Les antennes
(1) Ou sur un arbuste quelconque.
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Dasypolia Templi, 351 sont simples et d'un blanc pur ; l'abdomen est long, lisse et blane. En dessous, les ailes supérieures sont légèrement enfumées, ainsi que le sont en dessus les inférieures ; c’est le contraire aux ailes inférieures qui sont plutôt blanchätres.
La ® est de la taille du o’; elle en diffère seulement par la couleur des ailes inférieures un peu plus claires, et par l'abdomen plus gros et plus long.
Cette Leucanide nouvelle, qui est encore une rareté, provient des environs de Folkston (Angleterre). J'en possède plusieurs sujets des deux sexes qui m'ont été envoyés par M. Henri Doubleday, d’Epping.
La chenille de cette Tapinostola n'est point encore connue.
Obs. La Bondii qui ressemble beaucoup à l'Extrema , Herr. Sch., 336-337, sauf la taille plus petite de cette dernière, pourrait bien n'être qu'une variété locale de cette noctuelle.
Dasypolia Templi, THUNDERG.
Diss. Ent. Ins. Sv. IV (1792), p. 56. — Hb, 373. — Tr. I, p. 23.
— Dup. IE, p. 43, pl. 57. — St. INT, p. 31, pl. 26, fig. 1. — Gn. Ind., p. 238.— Bdv. S88.— Herr.-Sch.. fig. 454. — Gn. VE, p. #4. — Stgr. Cat. 639. — Frey. pl. 544, lig. 3.!
(PI. 87, fig. 8 à 7.)
L'espèce unique qui compose le genre, bien que décrite et figurée depuis longtemps, est demeurée jusqu'à ce jour tout à fait inconnue sous ses premiers états. La manière exceptionnelle dont vit la chenille de la D. Templiest des plus curieuses. Ce ne sera pas sans intérêt, j'ose l'espérer, qu'on l’apprendra. C'est encore de l'obligeance de M. Doubleday, d'Epping, que je tiens tous les détails concernant cette belle et rare Noctuide que cet entomologiste distingué élève ex larva et sou-
vent ab ovo. C'est aussi cet ami de la science qui m'a procuré de bons dessins de la chenille et de la plante qui la nourrit.
L'œuf qui est déposé au printemps sur la fleur naissante de l’Heracleum sphondium, L., éclot quinze jours après ; les jeunes larves se cachent aussitôt parmi les pétales et rongent ceux-ci jusqu’au réceptacle qui porte Ja jeune fleur. La chenille, peu de temps après, pénètre dans l'intérieur de la tige, y descend peu à peu jusqu’à la racine, s'enfonce dans celle-ci, trace de nombreuses galeries dans cette racine charnue, mange beaucoup, mais cependant grossit avec lenteur, et acquiert pendant l'été son développement complet. Ayant acquis toute sa taille, la chenille qui a cessé de manger, quitte alors sa retraite, et, avant de se métamorphoser, se cache, soit dans la terre, soit sous des pierres amoncelées. Cette larve, qui rappelle assez celle de la Gortyna Xanthenes ({con. XV° Liv.), soit pour les mœurs, soit pour la forme, est allongée, cylindrique, plissée, rase. Le premier et les deux derniers anneaux portent un écusson corné. L'aspect de cette chenille est d’un ferreux mat, avec les trapézoïdaux et autres points gros, foncés ct se détachant bien du fond. La tête est globuleuse, d'un rougeñtre obscur et luisante: les mandibules sont brunes ; l'écusson du premier segment, partagé par un sinus, est de la couleur de la tête ; il est entouré d’un trait noir plus large en avant qu'en arrière ; les deuxième et troisième anneaux portent chacun une série de points noirs placés au centre, et partant d’une stigmatale à l'autre. Les trapézoïdaux n'existent que du 4° au 11° segment. On voit en outre, quatre gros points sur chaque anneau qui semblent protèger les stigmates ; ceux-ci sont ovoides, clairs et cerelés de noir. Si la plaque du 11° anneau est petite, celle du 12° est large, entoure celui-ci et le protège. Ces deux plaques sont de la couleur de celle’ du
Dasypola Templi. 999 premier segment. Les seize pattes sont concolores.. On ne voit enfin aucune trace des lignes ordinaires.
La couleur sombre de cette larve et sa conformation, indiquent bien son genre de vie et ses habitudes souterraines. Ce n’est guère qu'à la fin de juillet ou en août qu'elle s'enfonce assez profondément dans le sol pour se métamorphoser, mais sans former préalablement de coque.
La chrysalide est allongée, cylindrico-conique, à anneaux trèsmobiles, d’un rougeûtre vineux. Les stigmates sont visibles ; la pointe abdominale est double, forte et brune. L’éclosion du lépidoptère a lieu à la fin de septembre où au commencement d'octobre.
INSECTE PARFAIT
Envergure : Le © 0,035.
La $ 0”,048.
Les ailessont grandes, larges, avec de longuesfrangesconcolores. Les supérieures sont allongées, d'un jaune argileux, nébuleuses, chargées de nombreux atomes, foncées, avec les lignes ordinaires, ainsi que les dessins, parfois mal arrêtés dans leurs formes et leurs contours ; ce pendant les dents régulières de la ligne coudée, sont bien accusées et indiquent les nervures. La ligne extra-basilaire est assez vague ; la subterminale est indiquée entre chaque nervure par une tache claire, sagittée ; les taches ordinaires sont petites et mal écrites. Les ailes inférieures sont d'un gris jaunâtreet marquées d’une ligne transverse très-accusée, Les antennes sont pubescentes et concolores, avec des cils assez longs. Le thorax est robuste, large, muni de nombreux poils qui rappellent la couleur des ailes supérieures. L’abdomen est velu, concolore et dépasse un peu les ailes inférieures.
La ® est sensiblement plus épaisse que le o”, mieux fournie d'écailles ef de poils, à dessins et lignes plus foncés, présentant enfin
un aspect plus sombre. Les antennes sont simples et nullement pubescentes.
Cette intéressante noctuelle, qui est depuis longtemps ballottée d'un genre à un autre genre, et qu'en dernier lieu, M. Guenée, dans son savant livre, a séparée de toutes les autres espèces pour en faire un genre à part; cette Dasypolia, dis-je, n'est pas, si nous tenons compte des mœurs de sa chenille, parfaitement à sa place dans le voisinage des Polia. Je crois qu'elle serait mieux placée avant ou après les Gortyna.
La Dasy Templi qui est toujours une grande rareté, appartient à la Laponie, à la Suède, au Devon et au nord de la Grande-Bretagne.
Collect. Bdv. Coll. Dbld. Mon cabinet : deux ©’; une ® ex larva.
Vamesse Callirhoë, Hr.
Vulcania, God. Eney. Méth., T. VX, p. 320 (1S19). = Pap. Atalanta, Cram. pl. 84, fig. E. F. = Pap. Indica, Herbst, pl. 180, fig. 1 et 2.
(PI S8- sue 2)
Ce lépidoptère qui est un des plus remarquables du genre, doit désormais appartenir à la faune européenne. Cette Vanessa, me mande le docteur Staudinger qui me l’a procurée, a été prise sur les côtes méridionales du Portugal où l'espèce, originaire de l'ile de Ténériffe, doit s'être acchimatée.
La V. Callirhoë est un peu plus petite que l'Atalanta: elle diffère de celle-ci par la bande rouge des supérieures qui est plus large, plus sinueuse, et qui est d'un rouge de feu plus éclatant. Elle est marquée, en outre, sur le côté interne de trois taches noires de diverses grandeurs. Les taches blanches du sommet de l'aile, sont plus petites que chez l’Atalanta. Le dessous des ailes inférieures se distingue en ce que la tache jaune du milieu de la côte est moins grande et moins vive.
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Vanessa Atalanta. 399
La chenille de la V. Callirhoë vit sur les orties ainsi que celle de l’Atalanta. Cette jolie Vanessa, suivantHubner, se trouve assez communément à l'ile de Ténériffe où, parait-il, elle remplace notre Atalante. C'est de cette île que le naturaliste Mangé l’a rapportée pour la première fois. Cramer dit qu’elle habite la Chine, mais cela mérite confirmation.
Il paraît que Herbst la croyait des Indes, puisqu'il l'a nommée Atalanta Indica (Encyclop. méth.) (1).
La Vanessa Callirhoë étant considérée aujourd’hui comme européenne, portera dans le Catalogue Stgr. le n° 187 bis, et dans le Catalogne Berce le n° 232 bis.
Nouvelle variété de la VWamessa Atalanta. L.
S. V. — Esp. 44, 1. — Hb. 75, 76. God. LE, 6, 1. — Vill. et Gn., p. 51. — Sigr., Cat. 187 = Le Vuleain, Engr.
(PI. 88, fig. 3.)
« L'intérêt qui s'attache à l'étude des aberrations est beaucoup « plus grand que certaines personnes ne semblent le soupçon- « ner, etc. » (Professeur Girard, séance du 8 novembre 1866).
La nouvelle aberration de l'Atalanta que je fais connaitre aujourd'hui est de grande taille ; elle est d’une conservation telle qu'on là croirait obtenue ex larva. Elle se distingue du type par une coloration anormale des plus étranges : le rouge des supérieures a disparu, et cette partie de l'aile, entièrement dénudée, est diaphane ; le sommet et la base de cette bande qui traverse obliquement toute l'aile, est d'un jaunâtre isabelle mat. Les taches blanches ont la même
(1) Cependant l’auteur du Spécies général m'écrit que « Herbst ne se trompait point. J'en ai trois individus qui viennent du nord de linde, et il me paraît très-probable que la Callirhoë se trouve aussi en Chine.
disposition et sont d'un blanc tout aussi vif que chez les individus ordinaires. Aux ailes inférieures la très-large bande rouge subterminale, tachée de quatre points noirs, a changé de couleur ; elle a passé au jaune isabelle faiblement teinté de couleur terre de Sienne à l’angle inférieur. Le dessous des quatre ailes ne se distingue de celui du type que par la bande rouge absente aux supérieures et remplacée par la bande diaphane dont il à été question. Je répète que ce sujet est dans un grand état de fraicheur, et que la décoloration que j'ai signalée aux ailes, ne peut être le résultat de la vétusté ou d’une exposition prolongée à la lumière, car dans ce cas, le noir du fond eût päli et le blanc eût perdu de son éciat. D'ailleurs, enfin, l'absence des écailles rouges seules ne saurait s'expliquer par une cause accidentelle.
Cette intéressante aberration que je désignerai par la lettre B., appartient au cabinet de M. Oberthur, de Rennes, qui à bien voulu me la confier. Elle à été prise au vol, aux environs de Rennes (Hle-et-Vilaine).
Nyssia Alpinaria, SUL7.
Abg. Ges. pl. 21, fig. 56 (4775) — Scriba, pl. 47, fig. 4 à 5 (1793). — Bork. 81. — Esp. pl. 42, fig. 2 à 6. — Tr. I, p.244. — Herr.-Sch., p. 100, fig. 422(9). — Gn. IX, p. 200. — Lah. 1692, fig. 5 ? — Star. 245.
La connaissance de la chenille de cette rare phalénite, vient justifier la séparation de l’insecte parfait d'avec la Bombycaria, Bay. D'ailleurs les larves de ces deux Myssia sont évidemment distinctes entre elles.
Une ponte de l’Alpinaria provenant de la Haute-Engadine m'ayant été adressée par M. Rodophe Zeller, de Zurich, j'ai pu amener à
Nyssia Alpinaria. 397 bonne fin l'espèce, et recueillir sur ses premiers états les renseignements que je vais avoir l'honneur de soumettre à la Société.
En avril des œufs de la Nyssia Alpinaria ont été pondus en grand nombre par une seule @ dont l'éducation avait eu lieu en captivité. Les œufs sont ovales, déprimés et d’un vert glauque; ils présentent une particularité remarquable que je crois intéressante à signaler : leur texture ou enveloppe, au lieu de se solidifier à l'air, conserve jusqu'à l’éclosion de la chenille une certaine flexibilité ou mollesse : en effet, l'œuf lorsqu'on le touche s’affaisse sensiblement sous Ja pression du doigt.
Vers les premiers jours de mai les œufs sont éclos. Pendant la première période de sa vie la petite chenille est d’un noir mat et présente, sur chaque anneau, une ceinture de points blancs; ce qui lui donne un aspect bien différent de celui qu'elle aura plus tard. Dès la troisième mue, sa livrée devient ce qu’eile devra être jusqu'à la fin, c'est-à-dire jusqu'à la première quinzaine de juillet. À cette époque la chenille d'Alpinaria, étant adulte, est allongée, cylindrique, dépourvue d’éminences, à tête aussi large que le premier anneau, avec dix pattes bien développées et robustes. Pour la forme elle est assez voisine des chenilles de la Zonaria et de la Bombycaria (1) figurées par Hubner (Geometrae H, Æquivorae À. C.); cependant elle s'en éloigne sensiblement par la couleur générale et la disposition
(1) H me parait évident que la chenille figurée par Hubner sous le nom d’Apinarix, n'est pas celle de cette Nyssia, mais plutôt la chenille de la Bombycaria, car cette larve d'Hubner, dont le dessin me semble exact, est tout autre que Ja chenille d'Alpinaria. Ce qui a pu donner lieu à cette confusion de noms, c'est que la Bombycaria n'était point encore séparée de l’Alpinariaà l'époque où ont paru les chenilles d'Hubner; cet iconographe a dù figurer la chenille de la Bombycaria croyant représenter celle de l’Alpinari«.
des taches. Sur le fond qui est d'un blanc bleuâtre, se détache vivement une large stigmatale ondulée, continue, d’un jaune vif, liserée de noir de chaque côté; on voit en outre une multitude de taches noires de diverses grosseurs qui recouvrent tout le corps de la chenille; ces taches sont plus où moins nombreuses et serrées sur le ventre, avec une éclaircie jaune au centre de chaque segment. Les lignes vasculaire et sous-dorsale n'existent pas, mais la région du dos est éclairée de taches jaunes placées à l'inscision de tous les anneaux. Les stigmatales sont gros, elliptiques, d'un noir luisant et largement cerclés de jaune vif. La tête est également recouverte d'un grand nombre de taches noires. Les mandibules er ocelles sont noirs: les pattes écailleuses qui sont également noires, sont, à la base du dernier article, cerclées de blanchâtre. Les pattes anales sont de la couleur du corps.
J'ai nourri cette chenille avec les fleurs du Chrysanthemum inodora, celles de la Bellis perennis et de la Centaurea jacea; mais dans les deux dernières périodes de sa vie, elle a préféré les feuilles du Cratægus oxyacantha.
Cette larve se métamorphose dans la terre, après avoir formé une coque assez solide. La chrysalide est médiocrement longue, renflée au centre, entièrement d'un brun d'acajou foncé mat; les anneaux abdominaux sont mobiles et se terminent par une pointe unique, longue, forte et brune.
Il est un détail de mœurs, se rattachant à cette Nyssia, qui présente un intérêt réel : la chrysalide, au lieu d'éclore au printemps de l’année suivante, passe deux hivers sous son état léthargique. En est-il de même dans Ja nature? Le fait est assez supposable. M. R. Zeller est le premier qui ait fait cette remarque ; c'est ce qu'il m'apprend par sa lettre du 43 mai 1866. Je n'ai encore pu reconpaitre exacte la remarque de M. Zeller; mais Je me suis assuré qu'après dix-huit mois les chrysalides sont vivantes,
Nyssia Alpinaris. 399
Je ne sais pourquoi cette phalénite est considérée par plusieurs auteurs qui en ont parlé comme très-voisine de sa congénère la Zonaria, quand en réalité elle s’en distingue sensiblement par la taille toujours plus grande, et par la coupe d'ailes. L'espèce dont elle est le plus voisine est la Bombycaria chez laquelle les supérieures sont moins élancées, plus arrondies, plus blanchâtres.
La N. Alpinaria type a donc les quatre ailes relativement longues, traversées, ainsi que chez la Bombycaria, par quatre lignes brunes, mais ces lignes sont plus obliques et plus larges ; ce qui donne à l’Alpinaria un aspect généralement plus sombre. J'ai sous les yeux une variété de cette dernière espèce, que m'a soumise M. Zeller, et qui provient des Hautes-Alpes ; d'une teinte argileuse terne, mais où ce— pendantla coupe d’ailes etles lignes rappellent tout à faitcelles du type.
La ® à une forme ovoïde; elle est entièrement pourvue de poils laineux d’un blanc roussâtre, a l'abdomen terminée en pointe longue, aiguë, et n'a que des moignons d'ailes aiguës, très-courtes. Ces deux Nyssia, l'Alpinaria et la Bombycaria, sont bien dictinctes entre elles.
Les chenilles, je le répète, sontassezdifférentesl'une de l'autre, pour admettre définitivement la séparation des deux insectes parfaits que plusieurs entomologistes ont voulu dernièrement réunir. Je prierai mes lecteurs de ne pas oublier que la chenille de la N. Alpinaria de Hubner, doit représenter celle de la Bombycaria. Je dirai encore que cet auteur donne à la pointe qui termine la chrysalide de sa Nyssia, deux crochets recourbés en hamecon très-apparents, tandis que la chrysalide de l’Alpinaria, que je figure, ne présente qu’une pointe longue et brune.
La N. Alpinaria, bien que demeurée rare, est depuis fort longtemps connue. Sa patrie est, je l'ai dit, la Haute-Engadine; elle a encore été rencontrée dans les Alpes italiennes et en Dalmatie (Lah.).
Obs. Toutes les Nyssia sont rares; j’ajouterai que les chenilles qui ont été observées sont d'une éducation difficile.
On ne connaît jusqu'à ce jour que des Nyssia européennes.
La N. Graecaria, Boy. de Morée, appartient-elle bien à ce groupe? Elle n’a été ni décrite ni figurée.
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