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INSECTE PARFAIT
Cette jolie Cerocala, ainsi que le dit M. Guenée, au bon livre duquel j'emprunte ce passage : «est remarquable, avant tout, par ses antennes, dont la tige est recouverte, dans les deux sexes, d'écailles disposées par rangs circulaires et imbriquées ; dans les mâles, ces tiges sont munies de barbes longues, inelinées en dessous, spatulées à l’extrémité, et garnies de petits cils extrêmement fins. Ses palpes forment une exception dans la famille, par la longueur de leur dernier article, qui dépasse, sous ce rapport, celle des Erébides. »
La ® m'a toujours paru un peu plus petite que le o. Ses couleurs sont aussi moins vives; elles sont roussâtres et le thorax est gris.
La C. Scapulosa n’a, jusqu'à ce jour, été rencontrée sur le continent qu'en Espagne. C'est M. Lorquin, qui le premier, en a rapporté un assez bon nombre en 1847. Depuis cette époque , M. Staudinger l'a répandue dans les collections qui presque toutes la possèdent aujourd’hui.
L'Algérie revendique aussi la possession de la Scapulosa. M. Lucas, dans la séance du 27 juin 1849, de la Société entomologique de France, signale, pl. 2, n° IE, f. 3, une variété de cette Cerocala qui, dit-il, « habite les vallées du Djebel-Amour, où elle a été découverte par le général Jean Levaillant. »
Teplhirina Buflonaria , Mi.
(PI. 89, fig. 2.)
On ne saurait dire à quel genre appartient réellement cette phalénite ;: aux Acidalia où aux Tephrina. Si c'est à ce dernier
Tephrina Buffonaria 369 genre que la Buffonaria doit être rapportée, elle sera assurément la plus petite de toutes les Tephrina. Quoi qu'il en soit, et bien que je ne possède qu'une seule $ obtenue ex larva, je n'hésite pas à la publier, tant ce sujet me semble caractérisé par la forme des ailes, et la netteté des lignes aux supérieures. Malheureusement ayant fait l'éducation de la chenille alors que je n’étudiais pas encore avec soin les premiers états des lépidoptères, je n'ai peint, ni décrit, et n’ai conservé aucun souvenir de la chenille trouvée lors d'un premier voyage que j'ai fait à Hyères, au printemps de 1855. Cette larve m'a donné son insecte parfait vers la fin de l'été, ou au commencement de l’automne suivant.
C'est de la Teph. Arenacearia que cette nouvelle espèce, dont l'envergure est de 0",020, s’éloignerait peut-être le moins. Les ailes, par leur coupe, ont un aspect particulier ; elles sont assez étroites, élancées, aiguës à l’apex, et les inférieures présentent une légère pointe externe, ainsi qu'on le remarque chez plusieurs Arenacearia, mais plus particulièrement chez certains sujets @ de la Murinaria. Les ailes supérieures, en outre de la pointe apicale prononcée, se distinguent encore par la côte légèrement convexe au centre. Elles sont d’un jaune argileux, saupoulrées de rares atomes bruns à la base, à la côte et au bord interne. Ces mêmes ailes sont traversées par deux lignes très-bien écrites en brun; la première est fine, droite, bien qu'un peu flexueuse, non interrompue, de la côte au bord interne. La seconde ligne, la coudée, est oblique, également fine, mais très-largement ombrée de brun extérieurement. Le point cellulaire est grand, brun et des mieux écrits. La frange est courte et concolore ; elle est précédée par une série de huit points bruns subterminaux. Les ailes inférieures sont uniformément d'un gris argileux, sans ligne ni point cellulaire. En dessous, les supérieures, beaucoup plus pâles qu'en dessus, laissent soupçonner vayuement sur un fond saupoudré comme au-dessus, les lignes transverses et le point cellulaire. Les inférieures ressemblent au dessus. Les antenhes médiocrement longues sont très-faiblement pubescentes el concolo—
res. Les yeux sont gros et noirs; les palpes sont grossièrement squammeux, disposés en bec, et, ainsi que le vertex et le thorax, sont de la couleur des premières ailes. L'abdomen est ovoide-oblong, concolore et ne dépassant pas les inférieures. Les pattes sont munies de deux paires de tarses très-courts; elles sont concolores. La Teph. Buffonaria, que je dédie à notre illustre naturaliste français, portera, dans le Species général, le n° 1092 bis, et, dans le Catalogue Ster. le n° 366 bis.
Eupiilheecin Sextiata (1); Danp. et MILL.
(Species nova.)
(PI. 89, fig. 5.)
Elle est d'une teinte uniforme et n’a rien de tranché. Les ailes sont grandes et allongées, eu égard à l’exiguité du corps de l’insecte. Sur le fond, qui est d’un gris mat, les trois lignes des ailes supé— rieures sont obliques, continues et non festonnées. Indépendamment de ces trois lignes, on en voit une quatrième qui traverse le point cellulaire, forme un coude à sa hauteur, et vient aboutir, ainsi que les autres lignes, au bord interne de l'aile. Ces quatre lignes sont assez vivement indiquées à la côte. Enfin, le feston subterminal, fin, délié, clair, règne sans interruption dans la plus grande largeur de l'aile. La tache cellulaire est relativement grande, rectangulaire, noire. Les franges sont entrecoupées de gris foncé et précédées de la série des petits traits noirs ordinaires, séparés entre eux par un point clair. Les ailes inférieures sont grises avec une large bande continue, à peine plus claire que le fond. On voit au-dessous, le feston clair subterminal, mais il est, aux supérieures, moins accusé
(1) De Sertius (aquæ Sexliæ; Aix).
Psyche Tenella. 371 qu’en dessus. Le point cellulaire existe, mais il est ici à peine indiqué. Cependant la bande transversale de ces dernières est mieux marquée qu'en dessus. Les antennes sont simples; le vertex est d’un gris clair, presque blanc. Le thorax est grèle et de la couleur des ailes. L'abdomen est eflilé et concolore. La @ ressemble au o”.
L’Eupith. Sextiata, dont on ignore les premiers états, a été rencontrée par M. Dardoin, en juin, aux environs d'Aix (Bouchesdu-Rhône), dans des lieux boisés et herbus. Elle a un peu la taille et le facies de la Laquearia, H.-$. ; c'est après elle qu’on doit la placer. Dans le Species général, cette petite espèce portera le n° 1469 bis.
Cabinet Dardoin : deux mâles, une femelle
Je fais figurer deux Psychides à peine connues, et qui, sans être dcs nouveautés, n’en ont pas moins un très-réel intérêt; ni l’une ni l’autre n’était encore figurée. J'ajouterai que le fourreau de la Psyche Tenella, d’une forme très-particulière, n'avait point été observé.
Psyche Temnæelln, SPEYER, Stett. ent. Zeitung.
(PI. 89. fig. 6 et 7.)
Elle a l’envergure de la Fumea Sapho, Mill., mais elle a la coupe d'ailes des petits individus de la Calvella, Och. (Fusca, Haw.); ce-
pendant c’est au groupe de cette dernière Psyche qu'elle doit appartenir.
Par la délicatesse de ses ailes qui sont presque diaphanes, et par l’exiguité relative de son corps, elle se rapprocherait encore des Epichnopteryx Pectinella, S. V., et Surientella, Reutti; mais la conformation du fourreau qui n’est pas tubulaire, l'en éloigne ; cependant ce fourreau par sa structure ne ressemble à aucun autre. Il est formé de parcelles de terre micachiste quartzeuse qui, examinées à la loupe, laissent très-bien reconnaitre leur nature et leurs formes plus ou moins lamelleuses.
Je ne sais rien de la chenille qui, d’après la conformation du fourreau, doit vivre de graminées, sur des terrains secs et rocheux.
Mon cabinet : deux © ex larva.
Fumea Sleboldii, REUTT.
Btr. z. rh. Nat. 1853, II, p. 48. — Her. Sch., p. 61. — Stgr. Cat. M67- L
(PL. 89, fig. 8 et 9.)
Cette petite espèce qui est déjà décrite depuis quelques années, n'a pas été connue par feu Bruand d'Uzelle, elle ne fait done pas partie de la monographie des Psychides de cet auteur.
Ainsi que je l'ai dit, la F. Sieboldii n’est encore figurée nulle part.
Par la coupe des quatre ailes, elle a quelques rapports de forme avec la P. Pulla des auteurs, et la Plumella, Brd.; cependant on peut dire que la conformation arrondie de ses ailes et leur brièveté, lui donnent un aspe2t particulier qu’on ne retrouve chez aucune autre Fumea. Si ce n’est cependant chez la Pontbriantella, Brd.; mais celleci est sensiblement plus grande.
Le fourreau ressemble à s’y méprendre à ceux de la Pulla : il est
Cucullia Xeranthemi. 373 formé de tiges d'herbes sèches appliquées les unes contre les autres. La chenille qui n’a pas encore été observée doit se nourrir de gra minées.
Mon cabiret : trois o" ex larva.
Cucuillis Meranthezmi, Boy.
1998. — Gn. Ind., p. 240. — Herr. — Sch. 495, 481. — Gn. Species, 862. — Stgr. Cat. 695.
(PI. 89, fig. (0 et 11.)
Elle s'éloigne de la plupart des larves de Cucullia; cependant elle a as$ez la forme de celle de l’Asteris dont elle rappelle aussi les brillantes couleurs. Elle est donc loin d’avoir l'aspect des chenilles de l’Abrotani et de la Gnaphali entre lesquelles l’insecte parfait tient cependant le milieu. Il est à remarquer que l’auteur du Species, sans avoir jamais vu la larve de la Xeranthemi, l'a devinée. « La chenille doit être très-distincte. » En effet, elle est allongée, fusiforme, lisse, rase, matte, à tête globuleuse, à lignes nettes et tranchées, avec seize pattes bien développées. Le fond est d’un vert un peu jaunâtre sur lequel deux des lignes ordinaires sont ainsi disposées : la vasculaire large, continue, d’un carné vineux , couleur qui s’éclaircit à chaque incision à partir du quatrième anneau; sur les trois premiers, c’est seulement un filet clair qui partage la vasculaire. La sous-dorsale est très-imparfaitement indiquée par une doub'e ligne large et continue, à peine plus accusée que le fond ; la stigmatale, au contraire, est large, continue et des mieux marquées en carminé vineux sur toute la longueur; cette ligne est accompagnée en dessous d’un filet clair et continu très-net; les stigmatales, blancs et cerclés de vineux, sont compris dans
la ligne. Le dessous qui est concolore, ne porte qu’un filet central clair à peine distinct. La tête est obscurément marbrée et ces marbrures, vues à la loupe, présentent autant de petites agglomérations de points vineux ; les mandibules sont blanchâtres et les ocelles noirs.
Il est fâcheux que je n’aie pu obtenir aucun détail sur les mœurs de cette chenille qui doit avoir les habitudes de ses congénères, et, ainsi que ces dernières, vivre à découvert mêlée aux fleurs de la plante qui la nourrit; mais quelle est bien cette plante ?
J'ai tracé mon dessin d’après un bel exemplaire de la chenille soufflée de la Xeranthemi que m'a procuré M. le docteur Staudinger, et dont les couleurs sont demeurées très-vives.
INSECTE PARFAIT
Comme je l'ai dif, si la chenille de cette noctuelle est essentiellement différente de ses voisines, l’insecte parfait se rapproche beau— coup de ces deux Cucullia, principalement de la Gnaphalü avec laquelle il serait facile de le confondre. On distingue la Xerdnthemi de cette dernière, dont elle a la coupe d'ailes, par l'absence du gros trait noir de l'angle postérieur. Elle diffère de l’Abrotani par la teinte des quatre ailes toujours plus sombres et les taches ordinaires qui sont moins marquées, plus nébuleuses. Les ailes inférieures de la Xeranthemi se distinguent de celles de ses deux congénères en ce qu’elles sont noirâtres et qu'elles ont la base largement éclairée de gris presque blanc.
Cette espèce qui est toujours rare, se répand lentement dans les collections. Jusqu'à ce jour elle n’a été rencontrée en France qu'aux environs de Montpellier, où on l'élève de chenille.
Le naturaliste Eversmann a également trouvé cette Cucullia dans quelques provinces méridionales du Volga (4).
(1) Les Noctuélites de la Russie, par le docteur Eversmann, p. 402.
I, z & 4, Cnophos Ophthalmicata Led
Gnophos Ophthalmicata. 379
Gnrophes Omplitinimicata, LE.
Lepid. sibir., p. 29, pl. 5, fig. 5. — Gn. Species, IX, p. 306. — Stgr. Cat. 300.
(PI. 90, fig. 1 à 3.)
Une ponte de cette rare phalénite m'a été envoyée le 2 août, de la Haute-Suisse, par mon ami M. Rodol. Zeller. Les œufs qui sont ovales, cannelés et d’un rouge vif, sont éclos le 40 du même mois. La chenille qui passe l'hiver, grossit très-lentement. À la fin de novembre, elle est au tiers de son développement; à la mi-février, elle avait atteint sa troisième mue, et, un mois après, elle était parvenue à toute sa grosseur. Depuis le premier âge jusqu’à l’état adulte, sa livrée a peu varié; j'en dirai autant de sa forme qui était dès le commencement ce qu'elle a été peu de jours avant la transformation. Cette larve est des plus caractérisées par sa rugosité, la carène saillante de ses flancs et par ses couleurs vives. Par sa forme cependant elle ne s'éloigne pas des chenilles de Gnophos; les Mucidaria, Glaucinaria et Pullata que, dans la Liv. IH, pl: 1, j'ai figurées. Elle possède, ainsi que ces dernières, cette particularité de mœurs propre aux chenilles congénères, que j'ai signalée; cette sorte de frémissement dont parait agitée la chenille au plus léger bruit qui se produit dans son voisinage.
La chenille d'Ophthalmicata est de médiocre longueur, trèscarénée latéralement, très-plissée, et présente sur le pénultième segment quatre pointes caronculiformes ; deux au sommet qui sont très-rapprochées, et une sur chaque flanc, placée sur la carène qui est elle-même comme festonnée. Le clapet anal, bien formé, présente, vu de dos, deux pointes concolores. La partie antérieure du
corps, d'une carène à l’autre, est d’un fauve rougeitre ; les anneaux du milieu, sur un fond grisâtre, montrent des chevrons foncés séparès entre eux par une ligne blanchâtre, On voit en outre sur les 4°, 5°, 6° et 7° segments, près de l’incision, un trait noir placé à droite et à gauche de Ja bande blanche. Les lignes ordinaires n'existent pas; cependant le dessous en présente plusieurs qui sont mal indiquées.La tète est de grosseur moyenne, un peu rentrée, jaunâtre, avec deux lignes frontales claires et perpendiculaires. Les stigmates sont blancs et cerclés de noir. En outre des caroncules du 11° anneau, on voit, sur les segments postérieurs, de petites rugosités saillantes et conco— lores. Les dix pattes sont de la couleur du corps.
Cette larve qui est une des plus rigides, fort délicate à élever, est cependant très-polyphage. Pendant l'automne et l'hiver je l'ai nourrie avec la feuille d’un grand nombre de plantes basses; mais au printemps ce sont les fleurs de Ficaria et de Chrysanthemum qu'elle a préférées à toute autre. C’est dans les feuilles sèches qu'a eu lieu la transformation, au centre d’un réseau à claire-voie. La chrysalide est médiocrement allongée, d'un brun rougeûtre, avec l'enveloppe des ailes descendant assez bas; les anneaux abdominaux courts et mobiles se terminent par une pointe forte garnie elle-même de trois ou quatre crins recourbés invisibles à l'œil nu. L’éclosion a lieu vers le 45 avril ; mais dans la véritable patrie de cette Gnophos, la première apparition de l’insecte parfait doit se produire beaucoup plus tard ; cependant il est supposable que cette espèce à deux générations; la seconde devant opérer toutes ses phases en l’espace de quelques semaines seuiement.
INSECTE PARFAIT
Cette phalénite, qui a été découverte il y a peu d'années par M. Lederer, a dù, pendant longtemps , être confondue avec les espèces congénères Mendicaria, H.-S., Dilucidaria, W.-N., Ambiquata, Dup., et même avec certains petits exemplaires de la Pullata.
Camptogramma Fluviata. 377
Cette Gnophos, dont les individus ne semblent pas différer entre eux pour la taille, varie pour l'intensité du fond. Les sujets que j'ai reçus des Alpes sont d’une teinte plus sombre, plus nébuleuse, que ceux que j'ai rencontrés soit au Mont-Pilat (Loire), soit appliqués contre les rochers ou les murs en pierres sèches de Plombières (Vosges), où l'espèce n'est pas rare à la fin de juillet et en août.
La Var. À du Species provenant de l’Altaï, autant que je peux en juger par ce qui en est dit, se retrouve au Pilat.
La chasse de cette Gnophos n’est pas difficile, car le plus souvent elle se tient plaquée pendant le jour contre les rochers où il est facile de la voir et de la saisir. Son vol est essentiellement nocturne. Elle partage encore avec ses congénères la faculté de pondre aussitôt qu'elle a été piquée par l’épingle.
La Gn. Meyeraria, Lah., p. 121, fig. 2, pourrait bien n'être qu'une Ophthalmicata des régions basses, qui, on le sait, sont toujours à fond plus clair que les sujets des hautes montagnes. La Meyeraria à été prise au pied du Jura (Lah., p. 66.)
Camptogramma Fluviata.
Hb., 280-281.—Tr. II, p. 52.—Herr.-Sch., p. 175.—Labh., 316.— Led., 102.—Gn., p. 429.—Stor., Cat. 529.—Gemmata, Hb, 283. Tr.,-Dup.,-Herr.-Sch., p. 173, fig. 345.— Bdv.-Lah., 317. — Gn., X, p. 429.—Angustata, Haw., p. 340, — Step., IE, p. 258. Wood., 616. — Obstipata, Fab., 257 ?
(PI. 90, fig. 4 à 10.)
Il est parmi les lépidoptères des espèces dont les sexes sont si différents l'un de l’autre, qu'il n'est pas surprenant que ceux-ci aient pu causer des doubles emplois, c’est-à-dire induire en erreur les ento-
mologistes qui, jusqu'à ce jour, ont vu en eux deux espèces distinctes. La Fluviata et la Gemmata des auteurs sont la preuve de ce que je viens de dire. On soupconnait depuis quelque temps que ces deux prétendues espèces n'en formaient qu'une seule, mais on n’en avait point encore eu la preuve. Constatons que tous les auteurs indiquent dans leurs livres la Fluviata et la Gemmata comme deux phalénites distinctes entre elles, sauf pourtant M. Staudinger, qui, dans son récent Catalogue, les réunit en une seule espèce.
J'ai eu la preuve irrécusable que la Fluviata était le o” de la Gemmata en élevant une ponte que m'a donnée cette dernière, laquelle ponte, lors de l’éclosion des insectes parfaits qui en provenaient, m'a fourni des Fluviata et des Gemmata en nombre à peu près égal.
Vingt œufs environ ont été pondus par une Gemmata que j'ai rencontrée le 27 janvier dans l'intérieur de Cannes, appliquée contre un mur. Le 41 février, ces œufs sont éclos ; de vert obscur qu'ils sont d'abord, ils deviennent d’un jaune orange. Au moment de l’éclosion la chenille est d’un jaune terreux, couleur qu'elle conserve jusqu’à sa troisième mue. À cette époque, celle du 410 mars, elle passe au vert clair et acquiert des lignes dorsales mal indiquées. Elle grossit alors rapidement et atteint son entier développement vers la fin de mars. Elle est à cette époque assez longue, cylindrique, à peine atténuée en avant, peu carénée sur les côtés, avec les lignes mal écrites. Cette ponte m'a donné autant de sujets verdätres que d’individus d'un brun jaunâtre; il serait donc difficile de préciser quelle est celle de ces deux chenilles qui doit représenter le type, d'autant que les larves que j'ai rencontrées dans la nature, en novembre et en décembre, sous des touffes de Chrysanthèmes et d’Anthemis, étaient brunes et quelques-unes presque noires. Des lignes ordinaires on ne voit guère que la sous-dorsale qui est largement interrompue, et, à
Camptogramma Fluviata. 379 la place de la vasculaire, on distingue, à l’incision des anneaux du milieu, une tache en forme d’omicron rougeätre à fond vert clair. La stigmatale se détache à peine en couleur plus claire que le fond ; elle est ondulée et porte les stigmates qui, vusà la loupe, paraissent de couleur orange ; ils sont cerclés de brun et reposent sur un fond clair. Une ligne, d’un vert obscur, parcourt le ventre, du 4° au 9° segment. La tête est petite, globuleuse, à fond vert ou jaunâtre, marquée de nombreux points pourprés. Les dix pattes sont concolores; les anales sont lavées de vineux à l'extrémité. On ne voit aucun des points ordinaires.
Cette chenille se tient ordinairement un peu recourbée, soit à découvert sur une tige, soit cachée au pied de la plante. Il n’est pas, jecrois, de larves qui se fixent aussi solidement à la plante qui les supporte que celle de la Camp. Fluviata. On la trouve aux environs de Fréjus, de Cannes et de Nice sur une foule de plantes, telles que l'Anthemis maritima, le Chrysanthemum segetum, le Convoloulus lineatus , l’Alyssum maritimum, etc.; mais ce sont le plus souvent les Anthemis et les Chrysanthèmes qui les fournissent dans les lieux incultes, et même dans les jardins.
La chrysalide est rapidement formée au centre de feuilles sèches, retenues par des fils de soie.
Elle est médiocrement allongée, brune, lavée de rougefre sur les anneaux, et de verdàtre sur les ailes et les yeux. La pointe abdominale est garnie de cinq à six petits crochets recourbés. L’éclosion a lieu du 20 au 25 avril.
Divers sujets se sont facilement accouplés en captivité. Les œufs qui en provenaient sont éclos et les chenilles ont réussi. Les générations de cette géomètre doivent se succéder sans interruption en Provence ; excepté peut-être pendant les grandes sécheresses qui, sur le littoral, sont un temps d'arrêt pour les plantes basses surtout, notamment pour les Anthémis et les Chrysanthèmes dont les fleurs paraissent être la principale nourriture de notre chenille. Ces plantes, on le sait, refleurissent en automne.
INSECTE PARFAIT
Cette phalénite varie énormément, non-seulement par la couleur de chacun des deux sexes, mais encore par la grandeur relative des sujets. À l'égard du © (Fluviata), les Var. À et B du Species, sont fréquentes, et la © (Gemmata) présente des individus bruns, sombres où les lignes sont à peine distinctes, mais où cependant l’omicron blanc ou tache cellulaire est d'autant plus visible. Certains sujets o” et © récoltés dans la nature, sont d’une exiguité extrème. Les individus frais se rapprochent pour la couleur de la figure 345 de Hubner. Il est très-probable que l'Obstipata de Fabricius n’est qu'une variété de cette petite espèce qui doit se trouver en Algérie, et qui a été rapportée de l'Amérique septentrionale. (Gn. X, p. 429.)
Elle appartient à la France centrale et méridionale, à l'Angleterre, à l'Allemagne, et à la Suisse où elle est rare. (Lah., p. 316.)
Les Camp. Lapillata & Gn. (1603) d’Abyssinie, et Baccata & Gn. (4604), de Ceylan, « ne seraient peut-être que des modifications locales » Gn., p. 430. de la Gemmata. Si ce doute est fondé comme je le crois on devra, en conservant le nom du © Camp. Fluviata , supprimer du Species général les Gemmata, Hb., Lapillata, Gn. et Baccata, Gn.
La véritable patrie de la Fluviata semblerait être Cannes et ses environs où l’espèce parait des plus abondantes, à la fin de l'hiver principalement. Il est facile de s’en assurer à la vue des nombreux sujets de cette phalénite qui, par les tièdes.soirées de février et mars, tourbillonnent autour des becs de gaz ou s'appliquent contre leurs verres. La ® paraît plus rare ; cela tient à ce qu'étant plus lourde que le o”, elle vole bien moins.
En automne, on rencontre quelquefois la Fluviata aux environs de notre cité; soit appliquée contre les murs des enclos, soit dans le parc de la ville, où on peut la chasser des buissons de Clématite ,
Abraxas Grossulariata. 381 sous les feuilles de laquelle elle se tient fixée pendant le jour. En septembre, j'ai trouvé plusieurs fois cette espèce dans la propriété de MM. Ferrouillat, située au pied de la montagne d'Izeron, en chassant la nuit à la lanterne.
Je ne sache pas que la Fluviata ait été rencontrée en France audelà du département du Rhône; mais elle doit exister dans n03 départements du Nord puisqu'elle n’est pas rare en Angleterre.
Nouvelle vante de l'Abraxes Grossuiariata, Mourr. (PI. 90, fig. 41.)
J'ai donné dans la première livraison de mon 1° vol., pl. 4", fig. 6 et 7, deux variétés de la Grossulariata. Depuis lors il m'a été soumis de nouvelles aberrations plus ou moins remarquables de cette belle phalénite, notamment deux sujets qui font partie’ de la collection de notre collègue M. Oberthur. Chez l'un d’eux, une ©, les taches noires sont très-développées, et le fond, au lieu d’être d’un blanc jaunâtre, est entièrement d'un jaune cannelle. Chez l'autre sujet qui est un o” et qui est de petite taille, les taches noires sont, chez les supérieures, tellement rapprochées, qu’elles ne présentent plus qu'un large espace noir qui occupe les deux premiers tiers de chaque aile. Les inférieures n’ont rien d'anormal.
Cependant la plus étrange des aberrations de la Grossulariata que j'ai vues, est celle dont M. Henry Doubleday, d'Epping, vient de me communiquer la reproduction photographiée avec une réussite parfaite, et que je fais graver telle qu’elle est sortie de l'appareil. J'ai l'espoir de faire comprendre aux entomologistes qui verront cette gravure, tout le parti qu'on pourrait tirer pour la reproduction de certains insectes, de ce nouveau et précieux moyen. Je fais donc scrupuleusement graver et sans y rien changer l'épreuve photographique de cette variété de Grossulariata.
LE
Cette remarquable aberration qui est d’une taille médiocre, n’a conservé de la couleur du type, qu'une large bande d’un blanc pur précédant l’espace médian, qui se continue sur les ailes inférieures ; tout le reste des quatre ailes, en comprenant les franges, est d'un noir absolu. La tête, le thorax et l'abdomen participent de cette dernière couleur. Les ptérygodes et l'abdomen cependant rappellent un peu l'espèce ordinaire.
Celte variété accidentelle (4) de la Grossulariata, qui est originaire de l'Angleterre, appartient à la riche collection de lépidoptères de M. H. Doubleday.
Gmophos? Kespersrarir, Hs.
406. — Herr.-Sch., p. 76, et Sup., p. 73, fig. 505-506. — Bdv. 1590. — Gn. Species IX, p. °96. — Stgr. Cat. 294. — Perspersaria, Tr. 1, p.166 (non Dup.).
(PI. 90, fig. 12 et 13.)
A la vue de la chenille on reconnaitra immédiatement que, dans le classement qui a été fait de ce lépidoptère, celui-ci n’est point à sa véritableplace. La chenille n’a en effet aucun des caractères de celles des Gnophos propres ; elle se rapprocherait plutôt des larves connues, des Solidosema, desquelles, je crois, la Respersaria est moins éloignée que des Gnophos.
Elle ne change pas de couleur à partir de la seconde mue. Ce n'est qu'en avril, qu'étant parvenue à sa complète grosseur, sa livrée se modifie. Elle est à cette époque médiocrement longue, entièrement cylindrique, sans nulle proéminence ou caroncule,
(1) Peu d'heures avant l'impression de la 29e livraison, M. Doubleday me mande
que sept exemplaires de la Grossulariata, semblables à la variété que je viens de signaler, ont été élevés en même temps.
Gnophos Respersaria. 383 sans carène latérale, à tête petite, moins haute que le cou, à dix pattes, avec les derniers segments un peu plus bas que les précédents. Toute la région du dos et des flancs, d’une stigmatale à l'autre, est d’un blanc vineux, et, examinée à la loupe, permet de distinguer une granulation noire et serrée sur un fond gris. La prèsence de deux traits gemminés d’un jaune serin, sur la première moitié des trois premiers segments, laisse soupçonner la vasculaire ; on ne distingue pas la sous-dorsale; la stigmatale est large, continue, blanchâtre et partagée par un point noir relativement très-gros, lequel est entouré par d’autres points foncés variant de grosseur. Le ventre est d'un blanchâtre lavé de carné avec les anneaux marqués de deux croissants bruns et opposés. Les trapézoïdaux sont très-gros et noirs, mais seulement sur les 4°, 5°, 6° et 7° anneaux. Les postérieurs sont précédés de deux gros points d’un jaune serin. On voit en outre d’autres points noirs sur les flancs et le ventre. Les stigmates sont blanchätres et d’une petitesse remarquable. La tête est granulée de noir ainsi que les pattes postérieures ; les pattes écailleuses sont robustes, concolores et noires à l'extrémité.
Cette chenille qui, ainsi que son papillon, n’a encore été rencontrée qu’en Espagne, est arboricole. Elle vit sur le Rhamnus alaternus, L., arbrisseau de l'Europe méridionale, à feuilles persistantes dont elle attaque les plus récemment formées. Elle demeure pendant le jour appliquée très-bas contre les branches les plus grosses ; en sorte qu'il n'est guère possible de se la procurer que la nuit, car alors elle monte sur les rameaux élevés du Rhamnus. Elle est fort délicate à élever ; si on ne veut laisser périr cette larve à sa troisième mue, il faut de toute nécessité en faire l'éducation sur l’arbrisseau en pleine terre. Les branches coupées, dont le pied baigne dans l’eau, empêchent toujours la chenille de la Respersaria deréussir. Pour se transformer, elle descend profondément en terre où elle se métamorphose bientôt dans une coque formée de soie et de grains de terre. L’éclosion de la phalénite a lieu dix-huit ou vingt jours après la chrysalidation, c'est-à-dire, vers la fin de mai ou les premiers jours de juin.
INSECTE PARFAIT
La confusion qui s’est faite au sujet de cette espèce, nous dit M. Guenée, vient de ce que Hubner a deux Respersaria. Treitschke voulant éviter ce double emploi, appela celle-ci Perspersata (2) ; mais Duponchel qui ne la connut point, donna, sous ce dernier nom, une espèce du midi de la France, toute différente.
La Respersaria varie peu; cependant quelques sujets & se montrent avec une grande envergure et une teinte plus sombre que le type (2).
Je ne désespère pas de rencontrer cette espèce dans les Alpes- Maritimes où abonde le Rhamnus qui, selon M. Himmighoffen, nourrit exclusivement la chenille de la Respersaria.
C’est par l'éducation seule qu'on doit obtenir cette géomètre qui maintenant n’est plus une rareté.
Obs. M. Himmighoffen, de Barcelone, qui m'a procuré cette intéressante chenille, me transmet, en dernier lieu, certains détails de mœurs qui devront compléter l'histoire de la phalénite dont il vient d'être question.
L'insecte parfait qui ne hante que le lit desséché et profond des torrents est des plus farouches ; le plus léger bruit l'oblige à quitter le lieu de son repos. Il a le vol rapide, saccadé mais soutenu ; il s'abat enfin après que l'œil a eu de la peine à le suivre dans son vol qui paraît exiravagant, et il se pose contre les rochers, ou mieux sur les feuilles où on a l'espoir de le saisir au filet. Toutes les Respersaria
(1) Je crois devoir rappeler qu’en faisant connaître la chenille de la Perspersata (1, p. 293, pl. 35, fig. 1 à 5), je ne considérai point cette géomètre comme une Scodiona; j'indiquai alors sa place future parmi les Selidosema, parmi lesquelles devra venir se placer la Respersuria par les raisons que j'ai données.
(2) Je reçois au dernier moment une Respersaria & qui est d’un gris clair, avec les lignes transverses bien marquées.
Annales de la Sociele Linneenne de Li
vr: 307€ Læ. Annee 1867, Pl. 91
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C7 Jyrnopsia Jociarta, Hb IL z22e8.
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Fropinquaria, Bd».
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IV 8 à 10. Preudoterpna Glsarta # c V. u et 22 td, lorsuwartæ, Ramé