‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 2)Chapitre 29 sur 44 · VI. 43 cd · texte numérisé non relu

VI. 43 cd

Cerondlaria, 46

Debray ve.

Synopsie Sociarin. 385 qu'on se procure par ce moyen ont les ailes plus ou moins déchirées. En captivité, la © pond rarement; dans la nature c'est contre le tronc de l’arbuste qu'elle dépose ses œufs par petits groupes de quatre à six. Ces œufs demeurent neuf mois avant d’éclore; de cette façon la Respersaria ne peut avoir qu’une génération par an. La chenille, pendant la nuit, après avoir mangé, se suspend au moyen d’un long fil de soie, dans le but, sans doute, d'échapper à certains ennemis, Sa croissance est rapide, aussi est-elle très-vorace.

Synopsia Sociaria, Ils.

Fig. 455 et 424. —Tr. — Dup. IV, p. 332, pl. 457, fig. 4, et pl. 159 fig. 6. —Frey., pl. 348. — Bdv., 4563. — Herr.-Sch., p. 78. — Gn., Species IX, p. 227.— Stgr. Cat. 257.

(PL. 91, fig. 1.)

Dans le genre Synopsia de Hubner, où les espèces sont très-voisines entre elles, les chenilles sont à peine connues. Celle de la Sociaria seule avait été observée par M. Freyer; elle est assez exactement représentée par ce fécond iconographe allemand. Cependant, bien qu'elle soit déjà figurée, je ne crois pas inutile de la faire représenter de nouveau et de la mettre en regard d’une espèce congénère avec laquelle cette larve à de grands rapports de mœurs.

Elle est longue, atténuée antérieurement, à trapézoïdaux saillants donnant naissance à des poils courts, raides et bruns. Le 4° segment, le 7° et le &° sont surmontés d’une caroncule; celle des 4° et 7° est double, en forme de pointe conique, éclairée de blanc sur les côtés. La caroncule du 8° anneau est trifide et plus élevée que les autres. Le dernier anneau se termine par une pointe placée horizontalement,

également bifide et qui dépasse de beaucoup le clapet (4). Sur un fond de couleur de bois, on voit, d’une stigmatale à l’autre, sept lignes, fines, brunes, inferrompues, et qui ne sont pas toujours bien indiquées. Ce qui caractérise cette larve, est une ligne stigmataie large, blanche qui s’élargit à partir du 6° anneau, et qui est bordée de noir en dessous. La têle est aussi haute que le premier segment, un peu lenticulaire et tachée de brun à la hauteur de la sous-dorsale. Le ventre est d'un grisâtre obscur, marqué de quatre à cinq lignes foncées, étroites, interrompues et accompagnées d'une tache noire sur les 5°, 6°, 7°, 8° et 9° anneaux.

Cette larve qui passe l'hiver, est parvenue à toute sa grosseur vers le milieu d'avril. Je l'ai rencontrée sur les Genista purgans et scorpius, les Artemisia campestris et absinthium, d’où on peut la faire tomber et où souvent on la distingue facilement à l'œil nu, à sa pose raide, alors qu'elle est seulement fixée par ses pattes anales à une branche supérieure et dénudée de l’arbrisseau. Je l’ai également remarquée sur le Thymus vulgaris. À Hyères et à Cannes, ce n’est pas loin du rivage de la mer que je l’ai rencontrée sur les Armoises et le Thym. Sur les collines, les Genêts me l'ont donnée le plus souvent. La chenille qui a vécu près de sept mois sous ce premier état, reste à peine trois semaines en chrysalide. La seconde génération doit opérer ses diverses phases dans l’espace de deux mois et demi à trois mois au plus; c'est-à-dire de la mi-mai à la première quinzaine d'août.

La chrysalide qui est renfermée dans un réseau läche fixé dans la mousse, est allongée, d’un brun presque noir, matte, finissant par deux pointes aiguës, munies de crins et recourbées en sens inverse. Le papillon éclôt dix-huit ou vingt jours après, dans la matinée, entre neuf et dix heures.

‘4 Ce caractère important doit rapprocher les Synopsia des Scodiona.

Synopsia Propinquiu ta. 337

INSECTE PARTAIT

La Sociaria et la Propinquaria se ressemblent beaucoup ; sauf la taille toujours plus petitechez cette dernière. Je ferai observer que chez les deux espèces, la teinte générale varie, que le testacé clair, à peine saupoudré d’atomes bruns, se voit chez les deux sexes, à côté d'individus chez lesquels les lignes sont vivement écrites en noir, et où le fond est presque obseurci par des atomes foncés. Pour moi, la Sociarian’a guère d’autres caractères spécifiques propres à la séparer de la Propinquaria que sa taille plus développée et la double pointe de la coudée plus aiguë et plus noire que chez sa congénère avec laquelle elle a, je le répète, de nombreux points de ressemblance (1).

La Syn. Sociaria appartient à nos provinces les plus méridionales. Elle ne parait pas rare aux environs de Nice, Cannes, Hyères, Marseille, etc.

Synopsia Propinquaria.

Bdv., Ind. 4564, — Gn.. Species IX, p. 227. — Sigr., Cat. 258. (PI. 94, fig, 2 à 5.)

L'œuf, de jaune qu'il est d’abord, devient, peu de temps après , d'un rouge purpurin obscur. Il est ovale et paraît, sous la lampe , sensiblement granuleux. Pondu le 31 mai, il est éclos le 6 juin, la petite chenille, à sa sortie de l'œuf, est très-vive, longue et d'un blanc

(1) Les divers sujets & et @ de la collection de feu Donzel, présentent les Sociaria et les Propinquaria semblables aux individus que j'ai obtenus ex larvr.

verdâtre, avec une large sous-dorsale foncée. À la fin de juin, cette larve ayant passé la troisième mue, change de livrée ; la sous-dorsale est alors divisée en trois filets foncés et continus. C’est le 10 juillet que la chenille est parvenue à son entier développement. Elle a, à cette époque, béaucoup de ressemblance avec sa congénère la Sociaria, quant à la forme ; il n'en est pas ainsi de la couleur qui est plus claire; la chenille est aussi plus lisse; ce qui lui donne comme un aspect de fayence. Jedirai encore que la seconde paire detrapézoïdaux, plus haute que les autres, l’est moins cependant que chez l'espèce précédente où les taches noires qui accompagnent inférieurement la ligne stigmatale, sont beaucoup moins accusées. Voici la disposition des lignes ordinaires : la vasculaire est fine et brune; elle n'est indiquée que sur les premiers et les derniers anneaux ; Ja sous-dorsale, de double et triple qu’elle était précédemment, n’est plus caractérisée que par une ligne fine, interrompue, d’un gris un peu rougeàtre ; la stigmatale est très-large, à peine ondulée, con— tinue et blanche, du premier au douzième. Les flancs, à l’incision des trois premiers anneaux, des 9° et 40°, sont marqués d'une tache noirâtre oblongue. Le ventre qui est d’un ton chaud, présente quatre lignes d’un pourpré obscur; les deux du milieu sont plus fines que les deux autres. Les stigmates sont grands, obliques, de couleur orange et cerclés de noir. La tête est un peu aplatie, concolore, marquée de deux lignes d'un lilas clair. Les poils sont courts et bruns. Ainsi que chez sa congénère, la Sociaria, le dernier anneau est très-caractérisé ; il est, ainsi que les trois précédents, plus épais que les premiers segments. Les dix pattes sont robustes et concolores.

Cette chenille qui est d’une extrême rigidité, a été nourrie en captivité avec les fleurs du Genista scorpius, L. Dans la nature on la rencontre sur divers Genista, tels que le purgans et le scorpius. L'Artemisia campestris, et le Plantago cynops, L., me l'ont également fournie.

Dès les premiers jours de juillet, la chenille de la première généra-

Synopsia Propinquaria. 389 tion file, dans les petits rameaux du Genêt, une toile à mailles lches où vingt-quatre heures après la transformation à lieu. La chrysalide qui est très-vive, brunit bientôt ; elle est conico-cylindrique, d'un brun noirâtre mat et se termine par deux pointes noires parallèles, recourbées en sens opposé. Vingt jours après la métamorphose, pa— raissait la phalénite.

INSECTE PARFAIT

J'ai dit à l’article précédent, en parlant de la Sociaria, que la Propinquaria était toujours plus petite que sa congénère ; j'ajouterai qu’elle me paraït être aussi moins élancée aux supérieures, et d'un aspect général plus arrondi. Dans le Species, la description de la Propinquaria, faite d’après « un mauvais 9”, » ne me semble pas exacte sur un point. Il est dit que les ailes sont d'un testacé clair à peine saupoudrées. Cette description doit convenir à une variété rare de l'espèce ; car, au contraire, les quatre ailes de la Propinquaria sont tout autant, et plus peut-être que chez sa voisine, saupoudrées de nombreux atomes bruns, et quelquefois tellement serrés, que les lignes noires transversales se distinguent à peine.

Cette Synopsia qui n'avait été, jusqu'à ce jour, figurée nulle part, appartient au littoral; elle n’est pas rare à Celles-les-Bains, et elle s’avance jusque dans le Lyonnais où, je me hâte de le dire, elle n’est pas commune, En Provence, elle vole plutôt sur les collines plantées de chènes verts que dans la plaine. On ne la rencontre sans doute pas plus haut que Lyon. C’est sur les terrains calcaires de la Pape, à six kilomètres de la ville, qu’on la remarque de très-loin en loin, Je n’y ai jamais vu l'insecte parfait.

Les œufs £e la seconde génération éclosent en août: les chenilles passent l'hiver, et ne se transforment qu'en avril, suivant exactement en cela les habitudes de la Sociaria.

Obs. Je me demande maintenant si, malgré cette différence dans la taille des chenilles et celle des insectes parfaits, si malgré leur co-

loration respective, il est bien certain qu'il y ait là deux espèces distinctes, car les différences spécifiques qu’on observe chez l’une et chez l’autre de ces Boarmides, n’accusent peut-être que des variétés locales. Je dirai encore, et cela pourrait être une chose concluante, que les mœurs, les habitudes et l’époque d'apparition de la Sociaria et de la Propinquaria sont identiquement les mêmes. J'appelle donc l'attention des lépidoptéristes sur ces deux phalénites, et les engage à renouveler les éducations comparatives des deux Synoptia dont il vient d'être question.

Scodiona? Agaritianria, Danp.

Ann. Soc. entomol. Fr. 484%, p. 201, pl. 8, fig. 3 et 4.—Herr.-Sch., p. 68, fig. 44 et 261. — Gn. Species, X, p. 143. — Stgr., Cat., 37à.

(PL. 91, fig. 6 et 7.)

Cette rare espèce, par suite de la connaissance de sa chenille, ne doit pas plus être une des Scodiona de M. Guerée (Species général) qu’une des Enconista de M. Lederer (Catalogue Stgr.), par la rai son que, autant toutefois qu'on en peut jugér par une larve très- - bien préparée que j'ai reçue du docteur Staudinger, par la raison, dis-je, que cette chenille n’a aucun des caractères dés larves connues appartenant à ces deux genres.

Il est bon de reconnaître une fois de plus que, si l’auteur du Species s’est trompé quelquesfois dans le classement d’un lépidoptère dont il ignorait les premiers états, il soupçonnait le plus souvent son erreur et, en cette circonstance, c'est ce que sa justesse de vue lui a fait entrevoir : « Cette géomètre, nous dit M: Guenée, est un peu incertaine, quant au genre. Elle tient à la fois des Numeria et des Selidosema. » Nul doute done que si ce savant eût connu la chenille de l’Agaritharia, il l’eût placée près des Plumularia, W.-V .etTænio-

Scodonia Agaritharia. 391 laria (1), Hb. dont les chenilles, que j'ai souvent été à même d'observer, ont de grands rapports de forme avec celle de l'Agarütharia.

Elle est longue, pleine, cylindrique, rase, sans éminences, à peine carénée latéralement, à lignes nombreuses, peu apparentes, excepté la stigmatale qui est large, un peu ondulée, continue du 4° au 12° anneau, blanchätre, ombrée de noir en dessous, partagée par un liseré vineux, et interrompue aux incisions. Sur un fond grisâtre lavé de carné et de vineux, on distingue à peine une fine vasculaire perdue dans une infinité de liserés clairs ou lignes très-fines et continues, lesquelles sont mieux marquées sur les trois premiers segments que sur tous les autres. Le ventre qui est concolore, présente, en ou— tre des nombreuses lignes qu'on y remarque, une ligne centrale brune, presque noire, longue et continue, du 4° au 9° segment, et accompagnée de chaque côté d’un fin liseré blanchätre. La tête est relativement petite, presque globuleuse, concolore et on y trouve la continuation de plusieurs des lignes dont il a été question. Les stigmates sont proportionnellement gros, circulaires, noirs et par— tagés par un trait fin perpendiculaire, jaunâtre, et qu’on ne voit bien qu’à la loupe. Les pattes écailleuses sont robustes, notamment la 3° paire, jaunâtres, avec la pointe brune ; les quatre autres pattes sont concolores.

M. Staudinger me mande que cette chenille vit en Andalousie, sur un grand Genêt dont il l’a fait tomber plusieurs fois.

M. Dardoin, de Marseille, qui a nommé l'insecte parfait, nous ap— prend que la chenille d’Agaritharia qu'il ne retrouve plus depuis bien des années, vit sur un Uleæ qu'il suppose le provincialis, et que la phalénite vole sur l'un des versants de la montagne de Notre- Dame-de-la-Garde.

om

(1) Icon. Mill, I, p. 77, pl. 3, fig. 4 à 7.

Pseudoterpna Cytisarir, Rors.

I, pl. 142. — W.-V. — Bork. — Esp. — Hb. 2. — Tr. —Stphe. HT, p. 480. — Vood. 497. — Sepp., VI, pl. 19. — H.-S., p. 14, et Supp., p. 64. —Gn., IX, p. 339. — Stgr. Cat. 1. — Pruinata, Hufn. Berl. Mag. naturf.=Papilionaria Wilk., 75. = Prasinaria, Fab. 80. — Haw., p. 299. = Genistaria, Vill. 455. = Var. Agrestaria? Dup. p. 257, pl. 4592 fig. 4. — Porracearia? Bd. n° 1419 (spec. nusquam descripta).

(PI. 91, fig. 8 à 10.)

Elle n’est pas une des espèces de ce genre bizarre qui a le moins suscité de discussions parmi les lépidoptéristes, car, si sa chenille ne varie pas ou varie peu, il n'en est pas de mème de l’insecte parfait qui présente des sujets bien différents du type, soit pour la couleur, soit pour la taille. Deux autres espèces du même genre ne paraissent pas authentiquement distinctes aux yeux de quelques entomologistes ; ce sont la Corsicaria, Ramb., et la Coronillaria, Hb.; cependant rien n’est plus certain que l'identité de chacune de ces trois espèces, ainsi qu'il sera possible de s’en convainere à la vue des chenilles que je fais représenter sur la même planche; aucune de ces deux dernières n'avait encore été figurée.

Cette larve de la Cytisaria peut être considérée comme le type du genre; c’est d'elle qu'on peut dire, ainsi que nous l’a si bieh raconté l’auteur du Species dans l'exposition de ses généralités, que l’inflexibilité de cette chenille est complète; que, détachée de son point d'appui, elle demeure aussi immobile que si elle était encore fixée

Pseudoterpna Cytisaria. 393 sur la tige; « Droite, dure, sèche, roulant comme un cylindre de pierre ou de métal. » Son attitude rigide est, au repos, des plus bizarres : elle rentre sa tête ainsi que ses pattes écailleuses, pelotonne ses trois premiers anneaux de manière à faire disparaitre aux yeux ces diverses parties du corps. Sa couleur étant celle de la plante, on la prendrait alors pour une petite branche, ou une épine du Cytisus spinosus dont elle parait imiter la disposition avec les pointes de sa tête; dans le but sans doute d'échapper à ses ennemis.

Cette larve qui est d'un vert myrthe, semble différer un peu de ia description qu’en donne M. Guenée, p. 340. Si la vasculaire est bien d’un vert foncé et continu, la stigmatale large, blanche, lavée de vineux au centre, est bien indiquée, la ligne sous-dorsale n'est pas « géminée, blanchâtre, peu marquée » (Gn.) ; cette sous-dorsale est, au contraire, assez large, blanche et nullement géminée. Cependant cette différence de lignes, et celle de la couleur, ne doivent être que des variétés climatériques et locales. Les trois lignes blanches et continues existent donc chez les sujets de la Provence. Les pointes de la tête sont de couleur vineuse. On voit encore au dessous du clapet anal, sur chacune des dernières pattes, une petite pointe rosée, horizontale et qui se relève un peu lorsque la chenille se met en mouvement.

A la fin de janvier, alors que la chenille n’est qu'à sa seconde mue, la ligne stigmatale est teintée de vineux clair. Cette larve qui vit à découvert aux environs de Cannes et de Nice, sur le Cytisus spinosus, dont elle préfère les tiges les plus retardataires, et dont elle aime mieux les feuilles que les fleurs, grossit d'abord avec une extrème lenteur. Eclose en été, elle est encore fort petite au mois de no-vembre (1). De ce moment jusqu’en février, elle ne mange absolument rien, et maigrit par le fait; mais dès qu'arrive la mi-février, sa croissance est rapide. La fin de mars la voit atteindre son entier

(1) Je ne parle que des chenilles de Cytisaria observées en Provence.

développement; elle descend alors dans la mousse où elie se tisse une très-légère coque, et la transformation a bientôt lieu ; l'insecte parfait se montre trois semaines ou un mois après au plus.

La chrysalide est passablement allongée, d’un gris argileux, maculée sur toute la surface de nombreux points noirs et ronds, dont quelques-uns plus gros que les autres, notamment sur l'enveloppe des antennes. La pointe abdominale qui est un peu rougeitre, est garnie de petits crins qui servent à fixer cette chrysalide dans sa coque au moyen de plusieurs fils de soie.

INSECTE PARFAIT

Tout le monde connaît cette jolie phalène dont je crois inutile de faire la description et dont je dirai seulement que les sujets obtenus ex larva, provenant des environs de Cannes, sont d'un vert pulvérulent, semés d’atomes blanchätres, d’une teinte bleuâtre plus prononcée que ceux du Lyonnais, dont la chenille ne vit ici que sur les Genista scoparia et tinctorium.

L'Agrestaria de Duponchel(p. 257, pl. 152, fig. 4) qui n'est évidemment qu'unevariétéde petite taillede la Cytisaria, semble ne pas exister près de Nice et de Cannes; mais par contre, on obtient par les éducations de chenilles, dans des proportions d'un huitième environ, une belle variété, grise chez le ©”, et gris ardoisé chez la @ ; celle-ci surtout est des plus caractérisées. Je Ja figure (pl. 91, n° 10). Il résulte de ce fait que la variété grise dont a parlé M. Boisduval, existe en réalité, et que l'opinion émise dans le Species (IX, p. 340) ne doit pas être fondée puisqu'il y est dit : « Je crois donc, jusqu'à preuve contraire, que la variété grise en question, si elle existe quelque part, consiste seulement en exemplaires décolorés de la Cytisaria. »

Pseudolerpna Corsicaria. 395

Pseudoterpna Corsicaria, Ring.

Ann. Soc. entomol. Fr., T. IL, p. 32, pl. 2, fig. 6. — Dup., Sup. IV, p. 100, pl. 59, fig. 1. — Bdv. 1420. — Herr.-Sch., p. 12, fig. 60. — Gn., Species, IX, p. 339. — Stgr. Cat. 3.

(PL. 94, fig. 41 et 12.)

C'est à l'obligeance de M. Mabille, lépidoptériste distingué, qui habite la Corse une partie de l’année, que je dois de connaître la chenille de cette rare espèce, qui est très-différente de celle de sa voisine la Coronillaria et qui, de plus, est toujours plus petite. On pourra juger de cette différence par le dessin de la chenille de la Corsicaria, tracé par M. Rambur lui-même, et que j’ai fait reproduire par la gravure.

Dans les Annales entomologiques de France, on trouvera une description détaillée et très-complète des mœurs de cette larve et de son insecte parfait. Sa couleur ordinairement verte passe quelquefois au jaune obscur. Elle est « très-rarement rouge ». (Ramb.)

Suivant M. le docteur Rambur, la Corsicaria ne vit que sur le Genista corsicaria; tandis que celle de la Coronillaria ne se ren— contre que sur les Cytisus lanigerus et spinosus.

La chrysalide qui est renfermée dans un réseau en soie foncée, à mailles lâches, ressemble à celle de la Cytisaria, c’est-à-dire qu'elle est de médiocre longueur, d’un jaunûtre argileux, et recouverte de nombreux points foncés de grosseurs diverses.

La chenille vit d’abord en mars, puis en juin; le lépidoptère fait sa première apparition en avril et en mai, la seconde a lieu en juillet et en août.

Ce qui distingue la Corsicaria de ses congénères, la Cytisaria type, sa variété grise, et la Coronillaria, c’est le front qui, chez celle-là

est invariablement gris, comme l’a fait observer M. Rambur, tandis qu'il est largement noir chez les trois dernières. Il est un autre caractère léger, en apparence, mais qui n'en à pas moins sa valeur puisqu'il est immuable : ce sont les antennes de la Corsicariä qui sont près du double plus pectinées que celles de la Coronillaria, etun peu plus que celles de la Cytisaria. Enfin cette espèce possède plus qu'aucune autre du genre peut-être, ce caractère qui, lui aussi, a son importance, et dont, jusqu'à ce jour, M. Guenée seul a parlé : les crêtes abdominales disposées par petites touffes au sommet de chaque segment.

La Psec. Corsicaria, particulière à la Corse et à la Sardaigne, n’a encore été rencontrée que dans ces deux iles.

Pseudoterpna Coronillaria.

Hb., 479. — Tr. I, p. 170. — Dup., IV, p. 255, pl. 152, fig. 3. — Ramb., Soc. ent. Fr., t. I, p. 251 et IT, p. 33, Bdv., 1421.—H.-S., p. 12. — Gn., Species, p. 338. — Stgr., Cat. 2. — Var. ? Axillaria, Gn. IX, p. 339.

(PL. 91, fig. 13)

Je n’ai jamais vu en nature la chenille de cette Pseudoterpna, qui, je l'ai dit, n’est figurée nulle part. Cependant je viens de recevoir un beau dessin de cette larve de la part de M. le docteur Rambur, et je m'empresse de le faire figurer sur la mème planche que celui de la Cytisaria et celui de la Corsicaria.

On dit que la Coronillaria appartient à la France méridionale, centrale et occidentale (Gn.), cela doit être ; pourtant je ne l’ai ren— contrée ni aux environs de notre ville, ni en Provence, ni dans l'Ardèche. M. Rambur nous apprend qu'il a trouvé la chenille sur les Cytisus laniger et spinosus. (Soc. ent. Fr., IE, p. 33.) À la vue du dessin gravé de cette chenille, je crois qu’on pourra se faire de

Bolina Cailino. 397 celle-ci, une idée exacte. Elle est distincte de celle de la Cyti-

saria, et surtout bien différente de la chenille de Corsicaria, Ra mb.

INSECTE PARFAIT

Il est quelquefois plus petit que la Cytisaria, bien que toujours un peu plus grand que la Corsicaria. Cependant il n’est pas exact de rapporter la variété de Cytisaria, ainsi que l'a fait M. Boisduval , à la Coronillaria de Duponchel (IV, p. 257, pl. 452, fig. 4), par plusieurs raisons ; notamment par celle que la Coronillaria, que je n'ai jamais rencontrée aux environs de Cannes, a toujours les ailes moins aiguës, plus arrondies à l’apex que chez cette dernière. Ce caracière, indépendamment de plusieurs autres, tout léger qu'il parait ètre, a néanmoins sa valeur par sa constance.

Bolinn Caïlino, Ler.

Ann. Soc. Linn., VE, p. 94, pl. 5. — Ramb., Soc. obs. 1829, p. 10, pl. 5, fig. 4.— Dup., Sup., pl. 43, fig. 4.— Evers., F. V. U. 342. — Herr.-Sch., 245. — Gn., VIE p. 62. — Sigr., Cat. 874. — Gentilis, Friw. Magy. Ac., 14838.

Voici un beau genre parmi les BoLINIDx de M. Guenée, composé de vingt-deux espèces toutes exotiques, sauf une seule, la Cailino, et, ce qu'il y a de surprenant, c’est qu'aucune larve de ces vingt-deux lépidoptères, pour la plupart d’une taille au-dessus de la moyenne, n'est encore connue. La publication de la chenille de Caïlino sera donc bien accueillie, puisque la connaissance de ses mœurs, soulèvera un coin du voile qui cache aux yeux des entomologistes, les premiers états de ce genre remarquable.

On soupçonnait bien, il est vrai, que la B. Caïilino. qu'on rencon-

tre toujours dans le voisinage des saules, devait vivre à l’état de chenille, sur ces arbres ; mais on ne savait rien de précis à cet égard ; « bien qu’on élève dans le midi de la France la chenille de la Caïlino, on fait encore un secret de ses habitudes » (Gn.). Les choses en étaient là, jusqu'au jour où M. Poulin, de Genève, M. Staudinger, de Dresde, et moi, fümes assez heureux pour recueillir, le 28 septembre 1866, à Gelles-les-Bains, un bon nombre de ces précieuses chenilles que, de suite, nous supposâmes être celles de la se conde génération de la Caïlino. Nous en avons eu la preuve en mai dernier, lors de l’éclosion de l'insecte parfait.

Elle est allongée, rase, sans aspérités, et serait à peu près cylindrique, si elle n’était sensiblement atténuée postérieurement. Elle a seize pattes, et, par ce caractère important, est bien à sa place parmi les BOLINIDE ; mais je me hâte de dire que quatre des huit pattes ventrales, les quatre dernières, sont seules propres à la marche. Les deux précédentes paires, très-courtes, ne servent à la chenille que de point d'appui.

Cette larve est d’une teinte argileuse lavée de carné par places, sauf les premiers segments qui sont d’un gris blanchâtre en dessus, et où les lignes ordinaires sont assez mal indiquées. La région du dos, qui est plus foncée que les flancs, présente sur chaque anneau un espace foncé qui est traversé par la ligne vasculaire fine et brune. La sous-dorsale est géminée, non interrompue ; la stigmatale, plus mal indiquée que les précédentes lignes, ne se voit pas toujours bien. Le ventre, plus clair que le reste du corps, est d’un ton argileux chaud; il n'est pas maculé de taches foncées, ainsi qu'on le remarque chez toutes les chenilles de Catocala, et ne présente aucune ligne. Les stigmates qui sont placés un peu obliquement, sont ovales, d'un jaune orangé et finement cerclés de noir. La tête est ovoido-glo-

Bolina Caïlino. 399 buleuse, un peu rentrée sous le premier segment, testacée, avec les mandibules foncées ; les ocelles, au nombre de cinq de chaque côté, sont noirs. On voit en outre, au-dessous du front, une ligne transversale d’un jaune rougeâtre. Les pattes écailleuses qui sont longues et fortes, sont d’un gris blanchâtre, noires à la base et à la pointe, et, de plus, tachées au centre d'un trait brun perpendiculaire. Les ventrales et anales sont concolores et robustes, sauf les quatre premières qui, je le répète, sont courtes et impropres à la locomotion.

Cette chenille qui tient de celles des Catocalides et des Ophiusides, est vive, frétillante, et a un aspect particulier. Elle vit à découvert sur le Salix viminalis, et grossit rapidement aux dépens des feuilles récemment développées. Jeune, elle demeure fixée pendant le jour aux rameaux supérieurs de l’arbrisseau dont on la fait facilement tomber ; mais parvenue à sa troisième mue, elle descend trèsbas, presque à fleur d'eau et reste étroitement appliquée contre les gros rameaux du saule viminale.

C'est toujours sur les Salix du bord de l’eau qu'il faut la chercher. Ceux de ces arbres éloignés des cours d’eau ne nous ont pas donné cette chenille qui, pour bien réussir, demande essentielle ment des feuilles très-fraiches qu'il convient de renouveler tous les jours (1).

Mes chenilles se sont métamorphosées dans les branches du saule ; mais je suppose que dans la nature, c'est au pied de l’arbrisseau, parmi les détritus de végétaux qu'a lieu cette transformation, au centre d’une légère toile en soie grisàtre.

La chrysalide qui est formée cinq ou six jours après, est allongée,

(1) Pour faciliter l'éducation de cette chenille, il convient de l’enfermer dans une poche en gaze, sur un saule, au centre des buissons, en ayant soin de visiter de temps en temps la poche, car souvent les forficules y pénètrent et dévorent soit les jeunes chenilles, soit les chrysalides ; M. Staudinger et moi en avons fait la fâcheuse expérience.

lisse, avec les anneaux très-mobiles, d’un rougeâtre foncé, nullement efflorescente, ni luisante. L’extrémité anale présente deux pointes déliées, assez longues, brunes et espacées à la base. Si la première génération se montre en mai, la seconde fait son apparition en août. J'ai remarqué que l’éclosion a ordinairement lieu au milieu de la nuit; mais pendant le reste de cette première nuit, le papillon ne vole pas.

INSECTE PARFAIT

Les Caïlino de l'Ardèche n'ont rien qui les éloigne du type quant à la couleur, mais il n’en est pas de même de la taille qui est sensiblement plus petite, au moins chez la plupart des sujets qui nous sont éclos. Comme nous n’avons pas pris l’insecte au vol, je suppose que ce peu de développement est plutôt dû à l’état de captivité dans lequel a vécu la chenille, qu'à une exiguité naturelle chez cette race du centre de la France.

La figure de Duponchel (I, pl. 43, fig. 4), bien qu'un peu outrée de couleur, représente le type. La figure deHubner, n° 834, ne donne pas la Caïlino ordinaire, mais bien la variété ; celle dont je parlerai bientôt. Cette Bolina varie assez ; quelques sujets se montrent avec la bande subterminale brune des inférieures, dépourvue de la tache blanche appuyée à la frange; chez d’autres individus, l’espace médian est rempli en presque totalité par la teinte du fond; en sorte que cet espace est à peine distinct (4). Les ailes inférieures s’éloignent de celles du type, en ce que le fond a perdu sa blancheur parfaite, et qu'il est devenu d’un gris violacé obscur.

Cette jolie noctuelle qu’on prend facilement à la lanterne sur les lavandes fleuries (Donzel) à été rencontrée pour la première fois en Sicile. Elle l’a été ensuite en Espagne, en Italie, aux environs d’Aix- PR

(1) Cette aberration, qui appartient à la collection Donzel, a servi de modèle à la figure 83% de Hubner. C’est du moins ce que je lis dans les notes manuscrites de feu Donzel, qui ajoute avoir pris ce sujet à Digne, en juin 1829.

Tephrina Rippertaria. 401 en-Provence, de Montpellier, de Digne, et enfin aux environs de Celles (Ardèche), où elle n’est pas rare.

Il me semble bien douteux que la Caïlino (1), dont parle Eversmann, trouvée par lui sur les sommets arides et pierreux de l’Oural, espèce dont les palpes, dans les deux sexes, sont plus de moitié plus longs que chez la Caïlino ordinaire; il me paraît douteux, dis-je, que cet insecte soit bien la même Bolina que celle dont je viens de raconter l’histoire.

Tephrina Rippertaria, Dur.

V,p. 159, pl. 180, fig. 5.—Hh., 579. — Bdv. 1604. — Herr.-Sch., p. 88, fig. 121 et 122. — Gn., Species, p. 99. — Stgr., Cat. 560.

(PI. 99, fig. 5A8)

A la connaissance de Ja chenille de cette Tephrina viendra bientôt se joindre celle de trois autres espèces du même genre, les Partitaria, HB., Murinaria, W.-V. et Assimilaria, RAMB., après quoi presque toutes les larves européennes de Tephrina seront connues. En attendant, je dirai l'histoire de la chenille de la Rippertaria, phalénite demeurée assez rare jusqu'à ce jour.

Elle ressemble beaucoup à celle de sa congénère l'Artesiaria, à tel point que, sans une grande attention, il serait très-facile de les confondre. Elle est médiocrement allongée, un peu aplatie en dessous, lisse, rase, d’un vert bleuâtre, avec les lignes ainsi disposées : la vasculaire est fine, continue et d’un vert foncé; la sous-dorsale fine,

(4) Les entomologistes qui l’ignorent, ne seront peut-être pas fâchés d'apprendre que le nom de Caïlino qu'a imposé M. Lefèvre à cet insecte, est l'anagramme de celui d’un ancien officier de la marine française, auquel il l’a dédié (Nicolaï).

séminée, continue, blanchâtre; la stigmatale large, droite, continue et blanche. Les stigmates, placés en dessus de celle-ci, sont ovales, d'un jaune rougeâtre et cerclés de brun. Le ventre, également d’un vert bleuâtre, est marqué de nombreuses lignes claires et continues. La tête est aplatie, concolore, avec les mandibules rougeâtres et les ocelles bruns. Cette chenille qui vit une première fois en mai, et que j'avais reçue des environs d'Aix (Bouches-du-Rhône), m'a fourni, lors de cette première génération, des sujets variant en brun. La seconde éclosion de la Rippertaria, provenant de l'Ardèche, ne m'a pas donné cette variété de chenille brune. Elle vit à découvert sur les Salix viminalis et rosmarinifolia; elle ne mange que la nuit, et, pendant le jour, elle demeure appliquée contre une grosse branche de saule, se confondant avec son écorce. Elle grossit très-vite. Pour se métamorphoser, cette larve se comporte ainsi que plusieurs du genre: elle tisse, parmi les feuilles sèches, un réseau à claire-voie ressem— blant assez à du tulle grossier et se transforme trois ou quatre jours après, c’est-à-dire, à la fin de mai, pour la première génération, et du 25 au 30 septembre pour la seconde.

La chrysalide est rougeûtre, lavée de verdätre sur l'enveloppe des ailes. Les anneaux abdominaux, qui sont mobiles, se terminent par une pointe unique, un peu recourbée à l'extrémité. L'’éclos'on de l'insecte parfait, pour la première génération, arrive dix-huit ou vingt jours après la transformation, tandis que pour la seconde, linsecte passe l'hiver dans son état léthargique et n’éclôt qu'à la fin d'avril.

INSECTE PARFAIT

Cette espece découverte depuis bientôt quarante ans, par M. Rippert, à qui Duponchel l’a dédiée, est exclusivement propre à la Provence. Prise d’abord aux environs de Digne, elle a été retrouvée par M. Dardoin, aux environs d’Aix-en-Provence ; puis, enfin, près de Celles-les-Bains, où, à la fin de septembre 1866, MM. Staudinger, Poulin et moi avons rencontré la chenille.

Ophiusa Algira. 103

La Rippertaria ne doit fréquenter que les lieux frais et humides, plantés de Salir viminalis. Elle ne vole pendant le jour que lorsqu’on la dérange de son lieu de repos, qui est ordinairement l'intérieur des buissons de saules bas et fournis de nombreux rameaux. Son vol est vif, rapide et soutenu.

Cette espèce varie : le Species signale june Var. À qui ne présente aucune trace de bandes noires sur les ailes supérieures. Cette variété constante n’avait point encore été figurée; je la fais représenter, pl. 92, f. 8.

Feu Donzel, dans ses notes manuscrites, parle d’une semblable variété prise à Gréouls (Basses-Alpes).

Je possède deux variétés & obtenues ex larva où il n’existe que la plus large bande noire; celle-ci est-elle encore fort atténuée ; et chez l’autre, il n'y a pas de trace de bande foncée. Enfin, la Rippertaria varie aussi pour la taille : certaines $ présentent une envergure de près de moitié plus grande que celle du type.

Ophiusa Algira, L.

S. N. 98. — Esp., pl. 87, fig. 1. — Brek. — Treits. — God., Il p. 3, pl. 53. —Gn., Ind., p. 248. — Bdv., 1363. — Enc. 141. — Gn., Species VII, p. 270. — Stgr. Cat. 881. — Achatata, Sulz.— Ræm., p. 75, pl. 2. = Triangularis, Hb., 323.

(PI. 92, fig. 9 et 10.)

La chenille de cette espèce est fort mal connue, ou ne l'est peutêtre pas du tout. M. Guenée, dans son savant ouvrage, décrit la larve de l’Algira d’après un dessin peu fidèle probablement, car ce consciencieux observateur eût parlé autrement qu'il l’a fait des deux premières pattes membraneuses : « la première paire de ventrales tout-à-fait rudimentaire, » lorsqu’en réalité ces deux premières pattes existent, bien que plus courtes que les autres. L’au-

leur du Species, s’il eût vu cette chenille en nature, eût encore signalé une petite caroncule bifide placée sur le 41° segment, et le ventre marqué de noir sur chaque anneau. Quoi qu'il en soit, cette chenille n’a jamais été figurée et, en la faisant représenter, je comble une Jacune dans l’histoire de l’Algira.

Elle est allongée, fusiforme, atténuée, sur les derniers anneaux avec une petite éminence bifide sur le 11° segment, propre à la plus grande partie des chenilles de Catocala. La têle est presque aussi haute que le premier anneau, aplatie en avant, grise et rayée de deux lignes blanches frontales, ne descendant pas plus bas que les ocelles qui sont bruns et visibles à l'œil nu. Le corps est d’un gris terreux chaud sur la région du dos; passant au rougeûtre antérieurement , elle est rayée de nombreuses lignes fines, continues, aboutissant toutes au dernier segment. Au milieu de ces lignes, il serait difficile de distinguer la vasculaire et la sous-dorsale. La stigmatale est double, géminée, un peu plus claire que le fond ; mais à peine plus apparente que les précédentes lignes. Les stigmates , placés en dessus, sont blancs, ovales, et finement cerclés de noir. Les pattes ventrales sont au nombre de huit; les quatre premières sont sensiblement plus courtes que les quatre autres ; celles-ci, trèsallongées, ainsi que les deux paftes anales; toutes sont concolores et maculées extérieurement de petits points noirs. Les écailleuses sont robustes et teintées de rougeàtre. Le ventre est, ainsi que chez les larves de Catocala, marqué de noir sur chaque segment. Les trapézoïdaux sont petits et à peine visibles.

Cette larve qui est assez vive, mais non frétillante, ressemble un peu à celle de la Caïlino. Elle vit sur divers arbrisseaux, notamment

Ophiusa Algira. 405 la ronce, le saule, le grenadier (4), Gn. La première génération opère ses métamorphoses en été; de juin à août. La © dépose ses œufs en août et en septembre ; ceux-ci éclosent peu de jours après. La chenille grossit rapidement et se transforme dans la mousse (2) vers la fin d'octobre, après avoir formé une coque mince en soie grise et serrée, dans laquelle l’insecte passe l'hiver sans son état léthargique. La chrysalide est allongée , sans aspérités, d’un brun rougeatre et efflorescent sur toutes les parties.

INSECTE PARFAIT

C'est une des plus jolies espèces de ce beau genre; mais il parait que beaucoup d'auteurs l'ont confondue avec plusieurs de ses congénères exotiques, notamment la Stuposa, Fab. et l’Achattina, Cr.

L'Oph. Algira paraît aussi commune aux environs de Barcelone, Cannes et Fréjus, que dans la campagne de Lyon; cependant la race provençale semble plus petite, avec le cendré du fond un peu violâtre et la tache brune rhomboïdale du milieu, plus intense et plus veloutée. Je ne crois pas que l'Algira, qui est répandue aussi bien au centre qu’au midi de la France, puisse être, ainsi que le pensent plusieurs entomologistes, d’origine exotique , et qu’elle ne se soit propagée qu'accidentellement parmi nous.

Elle fait partie de la faune du département de Saône-et-Loire (Constant).

Obs. Les chenilles d’Algira et de Caïlino ont certainement entre

elles plusieurs points de ressemblance; quand ce ne serait que les quatre premières pattes ventrales plus courtes que les quatre suivantes, chez les deux espèces; sans parler de leur forme générale qui se ressemble beaucoup. Cependant les classificateurs ont tous placé les insectes parfaits bien loin l'un de l’autre; ont-ils bien ou mal fait ?

(1) Ce qui n'a rien de surprenant, puisque dans le Midi on la rencontre sur plusieurs arbrisseaux grands et pelits.

(2) En été, c'est dans les feuilles de l’arbre qu’elle se métamorphose.

Variété de l'Euclidia Munita, [s.

395 — Ev, Fau, Ural., p. 352. — Gn., Species VIT, p. 293. (Var. Immunita, Stgr.).

(PI. 92, fig. 41.)

Les Euclidia sont de jolis insectes qui paraissent avoir tous le vol diurne et qui butinent à l’ardeur du grand soleil, ainsi que les Heliothis dont elles ont les habitudes.

L'Eucl. Munita qui est peut-être la plus élégamment parée de toutes les espèces du genre, semble varier beaucoup. Outre la Var. Angulosa, Evers, il en est une seconde, plus remarquable et qui paraïit con:tante ; c’est l’Zmmunita (1), Srer. Celle-ci qui a l’envergure du type, se distingue par les ailes supérieures, qui sont d’une belle teinte rouge ochreuse et qui n’ont pour tout dessin qu’une ligne centrale et transversale large, brune, qui se fond insensiblement; on voit encore deux petites taches brunes et allongées; Ia première appuyée à la côte, la seconde placée sur la troisième nervure et précédant un commencement de ligne subterminale, présentant au centre un angle vif extérieur. Les quatre ailes sont en dessous de la couleur du dessus des inférieures, avec la ligne de ces dernières à peine indiquée.

Cette belle variété vole en juin sur les promontoires méridionaux de l’Oural.

Le type n’est pas très-rare dans les steppes de la Russie.

Mon cabinet: type et variété que je crois ex larva (2); un exemplaire de chaque.

(1) Que je ne crois décrite nulle part.

(2) Je n'ai rien pu apprendre des premiers états de l'Eucl. Munita.

Fig.

Fig.

. Fourreau.

EXPLICATION DES PLANCHES De Ia 206 Livraison (1867).

——— 0eme

je

. Sesia Himmighoffeni, Srcr.

. Tephrina Buffonaria ® , Mic.

IT

. Chenille de la Cerocala Scapulosa, Hs.

. Insecte parfait.

. Eupithecia Sextiata, DARD et Mi.

Psyche Tenella, SPEYER.

. Fumea Sieboldii, REUTTI.

. Fourreau.

Chenille de la Cucullia Xeranthem, By.

Tiges de l’Helianthemum halimifolium et de sa variété sanquineum ?

IE Fig. 4. Chenille de la Gnophos Ophtalmicata, Len. 2. Chrysalide.

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