VINGT-DEUXIEME LIVRAISON
Présentées à la Sociélé Linnéenne de Lyon, le 9 mars 1263
ER are e—
Orgyian Ledereri, Mi.
(PI. 97, fig 1 et 2.) (Species nova.)
A la première vue on prendrait ce Bombycide inédit pour une phalénite ; cependant M. Lederer, de Vienne, en Autriche, avant de me confier deux mâles de cette Orgyie, a dénudé les ailes du dernier ©” qui lui restait, et a reconnu, à ne pas en douter, que la nervulation était bien celle des Orgyia propres. C’est ce dont cet entomologisie distingué a bien voulu m’informer dans sa lettre du 9 décembre 1867.
Je n'hésite donc pas à considérer ce lépidoptère comme une véritable
Orgyia. en attendant que la connaissance de la 9 et celle de la che nille nous en fournissent la preuve irrécusable.
Envergure : 0",32 à 0",33.
Les ailes sont grandes, bien développées , prolongées à l'apex, entières, épaisses, d'un noir fuligineux mat. Les supérieures sont traversées par l’espace médian qui est d’un noir plus profond ; il est limité par les deux lignes principales qui sont très-noires et profondément dentelées; la première, l'extrabasilaire, est presque droite; la seconde présente un coude arrondi prononcé. Une éelaircie partant de la côte, limite le coude extérieurement. La tache cellulaire se présente sous forme d'un croissant allongé, étroit, plus clair que le fond, arrondi aux extrémités, étranglé au centre, et limité par un filet noir. Les secondes ailes, dont l'angle interne est prononcé, ne présentent aucun dessin. Les ailes en dessous sont d’un noir mat, lavées de jaunàtre et la ligne coudée du dessus y est faiblement indiquée en roussâtre. Bien qu’en dessus on ne distingue aucune bande aux inférieures, on voit en dessous une large lignée subterminale roussâtre tres-arquée qui les traverse en presque totalité. Les ner— vures sont aussi indiquées en roussitre ; les franges, aux quatre ailes, sont finement entrecoupées de noir; les antennes sont médiocrement longues, pectinées, noires, avec la hampe annelée de gris clair. Le thorax est noir et l'abdomen qui dépasse les ailes inférieures, est également noir et recouvert de rares poils grisâtres assez longs. Les pattes sont médiocrement longues, noires et munies de trèspetits éperons.
L'un des deux mâles qui servent à ma description, est dans un état de parfaite conservation.
La © est encore inconnue; elle doit être aptère ainsi que toutes celles des espèces congénères.
Découverte récemment en Sicile par M. Benoit, lépidoptériste de Messine, cette Orgyia fut envoyée à M. Lederer qui seul doit la posséder. On ne sait encore rien de la chenille qui, espérons-le, ne tardera pas à être connue, et, avec elle, la © de l'insecte adulte.
Acidalix Isabellarix. 153
Je dédie cette Orgyia nouvelle au savant lépidoptériste viennois, M. Julius Lederer.
La Ledereri est la plus grande des Orgyia ; je la placeen tête de ce genre; elle précédera donc l’Aurolimbata, Gn. et, dans le Cat. Stor., elle portera le n° 193 bis.
Cabinet Lederer : 3 o”.
Acidalin Esabellaria, Mr.
(PL. 97, fig. 3 et L.) (Species nova.)
Envergure : 0",017.
Elle à un faux air de la Rubricata, S. V. dont elle présente assez bien la coupe d'ailes et la couleur générale ; cependant elle diffère de cette Acidalia par des caractères essentiels, tels que : les ailes moins allongées et moins aiguës à l'apex, les lignes des quatre ailes sensiblement festonnées ; la coudée entre autres montre un coude bien formé, tandis qu’il n'existe jamais chez la Rubricata ; les palpes et le vertex blancs, etc. Cette nouvelle Acidalie présente bien les lignes de l'Acid. Submutata, Tr., mais elle s'en éloigne aussi par sa taille plus petite, ses ailes plus arrondies et surtout par ses antennes faiblement pectinées.
Les quatre ailes de l’Isabellaria sont épaisses, mates, entièrement d'u8 rougeàtre vineux chaud, lavées de bleuâtre sur les bords et traversées par quatre lignes aux supérieures, toutes appuyées à la nervure costale. L'espace médian, limité par l'extra-basilaire et la coudée, est traversé par uneligne tortueuse assez large, mais mal arrêtée sur les bords. Cette ligne présente, àson deuxième tiers, un angle obtus interne. La coudée est fine, festonnée, brune, nette, continue, avec le coude bien formé, mais peu saillant et arrondi. La frange qui est
concolore, avec le limbe carné, est précédée à l’apex d’un trait délié, continu et noir. D'autres traitstrès-fins, très-courts, également noirs, limitent les nervures. La quatrième ligne, la subterminale, est trèssinueuse, brune et continue. Les secondes ailes ressemblent aux premières, mais elles n'ont que trois lignes transverses au lieu de quatre. Les franges sont aussi précédées de petits traits noirs limitant les nervures. La tache cellulaire est indiquée aux quatre ailes sous forme d'un petittrait noir allongé aux premières, et d’un point mal défini aux secondes. Le dessous ne donne aucune idée du dessus ; il est d’un gris uniforme et luisant, avec les franges lavées de fauve. Seul le point cellulaire est indiqué, et encore l’est-il trèsvaguement. Les antennes sont sensiblement ciliées, ou mieux sont pectinées, de médiocre longueur et brunes; le thorax est assez robuste et concolore ; l'abdomen est conique, également concolore et annelé de clair ; les pattes sont longues, grises et blanchâtres intérieurement.
La © m'est inconnue.
Cette jolie phalénite dont j'ai reçu deux exemplaires identiques, m'a été envoyée d'Espagne par M. Himmighoffen. Elle est dans un état de fraicheur tel qu'on la dirait obtenue ex larvä. Je n'ai rien appris de sa chenille ; je sais seulement que l’insecte parfait vole en juin, aux environs de Putchet (Espagne), dans les lieux herbus des collines bien exposées.
L'Acidala Isabellaria viendra se placer après la Rubricata, et portera le n° 753 bis dans le Species général, et le n° 108 bis dans le catalogue du docteur Staudinger.
Mon cabinet : deux mâles.
Ædia Pusiella. 155
Ædia Pusiella, Far.
Eut. syst., IE, 2, 301, 65; Sup. 481, £. —Dup., X, p. 507, pl. 285, fig. 5. — Stgr. Cat., 1379.— Sequella, S. V. — La Mignonne, Devill. = Lithospermella, Hb. 104. = Tr. — Ev. = Scalella, Z. Is., 1844.
(PL. 97, fig. 5 à 9.) CHENILLE.
Elle est fusiforme, d'un noir profond el mat où tranchent en vives couleurs les lignes vasculaire et stigmatale. Il n°y a pas de trace de la sous-dorsale. La ligne vasculaire est représentée sur chaque segment, à partir du troisième, par une tache d'un ochracé rougeàtre, ayant exactement la forme d’une étoile à cinq pointeséclairées de blane vifà l'extrémité de chacune d'elles ; cette étoile est, en outre, marquée d’un point noir au centre; ce qui la détache d'autant mieux du fond. Les deux premiers anneaux n'ayant pas l'étoile précitée, sont marqués d'une tache blanche rectangulaire. La ligne stigmatale est large, continue, également d’un ochracé rougeitre, mais elle est interrompue d'un côté par une grosse tache d’un blanc parfait qui touche à l'incision, et de l’autre par un gros point noir. La ligne stigmatale n'est plus d’une teinte ochracée sur les premiers et les derniers segments, mais elle est blanche. La tête est petite, globuleuse, d'un noir luisant, et marquée de petits traits noirs frontaux. Le ventre est d’un noir mat, et sans lignes ; les pattes écailleuses sont robustes, longues et d’un noir de jais ; les dix autres sont fortes, longues, avec la couronne noire. On voit, enfin, sur tout le corps, des poils assez longs et noirs; ils sont implantés sur des points pilifères un peu saillants.
Cette chenille, qui n’est pas commune aux environs de Cannes, y vit solitaire sur deux espèces de Borraginées ; le Cerinthe major, L.,
et le Borrago officinalis, L. (1). Elle se tient à découvert pendant le
jour, couchée dans le pli d’une feuille ou fixée au centre d’un groupe
de fleurs, se laissant tomber à terre au plus léger froissement des feuilles, en se roulant sur elle-même. Elle est aussi des plus vives, et sa marche saccadée a quelque chose de fébrile. Sans cette extrème facilité de s'échapper et de se perdre en se laissant choir parmi les plantes qui recouvrent le sol, que deviendrait-elle ? sa race, décimée par ses nombreux ennemis, disparaitrait bientôt. Il est vrai que sa riche parure tend à la dissimuler au milieu des jolies fleurs dont elle se nourrit et dont elle semble emprunter les vives couleurs. De plus, elle m'a semblé douée d’un autre avantage, celui d'échapper aux atteintes des parasites ailés. En effet, je n’ai point remarqué jusqu'à ce jour que la chenille de la Pusiella fut devenue victime d'aucun hyménoptère, ou d'aucun diptère.
Cette espèce mange beaucoup à la fois, et plus volontiers la fleur que la feuille; elle grossit rapidement. L’œuf éclot au printemps, lors du développement de la plante qui doit nourrir la chenille; dès le milieu d'avril, elle a acquis en Provence toute sa grosseur. C'est à cette époque qu’elle se tisse soit sur une feuille sèche, soit contre la tige de la plante, une coque en soie blanche, papyracée, relativement grande, d’une texture solide, dans laquelle la transformation a lieu douze ou quinze jours après. La chrysalide est ordinairement placée la tête en haut; celle-là est d’un brun rougeâtre, avec l’enveloppe des ailes descendant très-bas sur l'abdomen ; la pointe anale est obtuse, avec des crins recourbés placés dans le même sens, et qui précèdent cette pointe; les stigmates sont bruns et paraissent saillants.
L'insecte adulte se montre dès les premiers jours de septembre, el son éclosion se prolonge pendant vingt jours environ. L'espèce n’a, je pense, qu'une génération ; cependant si la Pusiella vole en juin et juillet, ainsi que l'annonce Duponchel, cette Ædia, dont M. Stau-
(4) Et sans doute sur d’autres plantes de la même famille.
Ædix Pusiellu. 157 dinger, dans son catalogue, a faitune Psecadia, aurait deux éclosions. Toutes les chenilles de la Pusiella que j'ai prises en avril aux environs de Cannes sont toujours écloses en automne ; cela ne me prouve cependant pas d'une manière absolue que l'espèce n'ait qu’une génération.
C'est un des plus charmants insectes, comme c'est aussi la plus grande de toutes les Ædia, lesquelles ont un peu les habitudes et la facon d'être de la plupart des Lithosides. Le vol de la Pusiella est vif, saccadé, mais court.
A l'approche d’un danger, son immobilité est absolue; ce n'est qu’assez longtemps après qu'elle s’agite vivement.
L'espèce n'appartient pas seulement au midi de la France: dans certaines parties chaudes du Bugey, à Artemart (Ain), je l'ai rencontrée à l’état de larve sur l'Echium pustulatum G. et G.; mais je n'ai pas obtenu le papillon. Je ne l'ai jamais vue dans la nature à l'état d’insecte parfait.
Obs. S'il n'y à pas eu erreur à l'égard de la Pusiella que Duponchel dit vivre sur le Grémil violet (Liüthospermum cœæruleum), j'ai de la peine à expliquer ce passage de son 40° vol., p. 307 : « Dans les premiers jours de juin, cette chenille se fabrique une coque de soie blanche. le papillon en sort à la fin du mèêrne mois. » Jai dit précédemment, à l'égard des larves de la Pusiella rapportées de la Provence, que l'insecte parfait ne m'était jamais éclos avant le mois de septembre.
Duponchel ne veut-il pas plutôt parler de la chenille d’une espèce congénère, la Decemguttella dont il avoue ne pas connaitre les preniers états; laquelle larve, je m'en suis assuré, vit sur le Lithosp. cœruleum? Toutefois, M. Guenée me mande qu'il a élevé aussi Ja Decemguttella sur l'Echium vulgare.
Aretin Bivularis, MÉNÉTRES.
Herr. —Sch., p. 160. — Bdv. Zud. met. 531. — Dup. Cat., p. 64 — Led. — Stgr., Cat. 85.
(P1..97, fig. 10 à 13.)
Le ©” de cette Chélonide qui est à peine connu, n’a été nulle part figuré; de plus, nila © semiaptère ni la chenille n’avaient encore été observées. À la première vue, il semble qu’on devrait placer de prèférence ce lépidoptère dans les Trichosoma, Ramb.; cependant, chez la Rivularis, le crochet des pattes antérieures existant, et les antennes du © étant ciliées et non pectinées, doivent en faire plutôt une Arctia qu'une Trichosoma. Les ailes, incomplètes chez la, ne sont point une cause suffisante pour comprendre la Rivularis dans le sousgenre Trichosoma (1).
Si l'insecte parfait de la Rivularis o° a quelque rapport de forme avec la Pudica s, il èn est de même des larves deces deux espèces qui se ressemblent assez; cependant, celle de la Rivularis est un peu plus allongée et plus brune que la chenille de la Pudica. Elle parait aussi avoir les poils plus rares, mais plus longs. Elle se rapprocherait davantage peut-être de la chenille de la Dominula, qui est une Callimorpha; mais voici, au reste, sa description : Elle est médiocrement longue, cylindrique, recouverte sur un fond brun clair de nombreux
(1) La validité du genre Trichosoma, suivant M. Lederer , doit paraître douteuse, puisque lArclia Bellieri, Led. a les antennes pectinées, le crochet des Trichosoma, et la ® à des ailes parfaitement développées: tandis que chez la Trich. Hemigena, Grasl., le crochet manque etla Q@ est aptère.
Arctia Rivularis. 459 {ubercules ovales, gros, roussâtres, chacun donnant naissance à un faisceau de poils courts, fins, grisâtres, et, en outre, à deux ou trois poils noirs plus longs que les autres. Des lignes ordinaires, on ne distingue que la stigmatale qui est ondulée, continue et d’un blanc jaunûtre. Le ventre est d'un jaune argileux luisant, teinté de rougeûtre sur les derniers segments; les stigmates sont bien développés, elliptiques et noirs. La tête est brune, luisante, marquée de deux traits jaunes et de deux points frontaux de même couleur : les ocelles sont noirs ; les pattes écailleuses sont d’un jaune vif, et les ventrales et anales d’un jaune pâle, teintées de noir à l’extrémité. Je dois ajouter que les flanes de cette chenille, de la hauteur de la sousdorsale à la ligne stigmatale, sont d’un brun foncé, présentant ainsi une large bande continue où reposent sur chaque anneau et de chaque côté, trois des tubereules pilifères dont ila été question. Cette chenille, qui paraît polyphage, vit sur diverses plantes basses: je la décris d'après un sujet soufflé en très-bon état, qui m'a été communiqué par M. Lederer.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0",036 à 0,037.
Les ailes supérieures sont allongées, plus larges à l'extrémité qu'à la base, aiguës à l’apex, d'un blanchâtrercarné et entièrement maculées de taches noires de diverses formes et de différentes grandeurs, lesquelles sont au nombre de quatorze non compris deux points noirs touchant à la frange ; ces taches sont, pour la plupart, disposées par quatre sur trois lignes obliques. Les ailes inférieures sont d’un blanc un peu jaunâtre, sans taches, sauf pourtant un trait fin, noir, placé sur la lisière du bord supérieur. La frange est médiocrement large, et de la couleur du fond. Le dessous des quatre ailes rappelle tout-àfait le dessus ; les taches sont cependant d’un noir moins prononcé. Les antennes sont de médiocre longueur, simplement ciliées, jaunà— tres dans leur première moitié et brunes dans la seconde ; les yeux
gros et noirs; la tête bien fournie de poils concolores et marquée d’un trait noir en dessus ; le thorax est robuste, garni d’une abondante fonrrure d'un jaunâtre chaud, et maculé de quatre taches noires ; l'abdomen est jaunâtre et taché de noir sur les derniers segments. Les patles sont largement annelées de noir. Les antérieures ont une paire de crochets noirs très-apparents. Cette espèce, ainsi que sa congénère la Pudica, m'a paru posséder sur les flancs cet organe propre à faire entendre pendant le calme des nuits ce petit cri particulier qui a été successivement signalé par MM. Devilliers et Goureau , par MM. les docteurs Laboulbène et Girard , et plus récemment parM. J. Künkel dans les annales de la Société entomologique de France.
La ©, dont la couleur générale est plus chaude que celle du o, n’a guère que des rudiments d'ailes; celles-ci sont donc fort courtes ; cependant, on peut y remarquer de petites taches noires ainsi disposées: au centre des supérieures, un point noir de forme à peu près triangulaire, suivi d’une série de sept à huit points plus petits qui précèdent la frange de haut en bas; les inférieures sont marquées dune-ligne subterminale noire et continue; les antennes sont de moitié plus courtesque celles du do”, maiselles rappellent leur couleur. il en est de mème des pattes, dont les antérieures sont également munies de crochets; le thorax est moins gros que chez le o, mais l'abdomen est remarquablement développé; sur un fond bistre chaque anneau est en dessus et sur les flancs marqué d’une tache noire gènéralement d’une forme triangulaire.
Cette précieuse Chélonie, dont les deux sexes ont été obtenus de chenille, provient des environs d'Elisabethpol, petite ville de la Géorgie russe (1).
Cabinet Lederer : plusieurs mâle: et femelles, et chenilles soufflées.
(4) M Boisduval, dans son Index methodicus, p. 65, fait paraître la Rivularis en septembre, et lui donne pour patrie la Russie méridionale.
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Argyris Ommalophoraria. 161
Argyris Ommatophoraria, G\.
X., p. 18. — Led. — Sigr. — Bombyx Ocellata, Herr.-Sch. p. 97, fig. 125-196.
(Pl, 98, fig, 1.)
® , Envergure : 0,036.
Cette remarquable phalénite n’a point encore été figurée en France: le o” seul à été représenté en Allemagne par M. Herrich-Schaeffer.
La © diffère du © par sa taille plus grande et par la teinte des ailes généralement plus claire.
Ce n’est pas sans étonnement qu'on à appris que M. Herrich- Shaeffer ait, en faisant connaitre le © de l'Ommatophoraria, Gn., placé ce lépidoptère parmi les Bombyx de sa famille des Saturnides ; on n’est pas moins surpris que ce naturaliste distingué, n'ait pas reconnu en ce lépidoptère une phalène des mieux caractérisées. On ne peut expliquer cette erreur du savant entomologiste de Ratisbonne qu’en admettant que le sujet qui à servi à la description de l'espèce était en partie mutilé.
Le genre Argyris, Gn., comprend six espèces, dont cinq exotiques ; toutes sont des plus élégamment parées : il est bien regrettable qu'on ne sache absolument rien des premiers états de ces remarquables insectes desquels on aura une idée fort juste en lisant cette phrase descriptive du genre, extraite du Species général de M. Guenée, et que je reproduis textuellement :
€ Un des plus jolis genres de Géomètres, ce sont les belles phalènes à ailes blanches ou grises, veloutées, et qui se reconnaissent d'abord aux écailles couleur d'argent ou d'acier métallique le plus brillant, qui dessinent des anneaux ou des yeux sur différentes parties des ailes. Ces écailles sont. en outre, soulevées et comme gonflées, en
sorte que la lumière se joue dans leur relief et y développe les couleurs irisées de la nacre, jointes à l'éclat du métal. Si une de ces écailles se détache, elle scintille comme une paillette sur la surface de l'aile. Enfin, chez quelques espèces (Deliaria, Delphiaria, etc.), ces belles écailles, vues à la clarté de la lampe ou des bougies, renvoient tous les feux du diamant , et cet état leur est d'autant plus naturel qu'elles sont placées sur un fond blanc qui n’est guère propre à les faire valoir. »
L'Ommatophoraria $ que j'ai devant moi, appartient à la riche collection de M. Lederer, à l'obligeance de qui je dois la communication des deux sexes de cette précieuse espèce. Elle a été découverte à l'île de Candie par M. ie docteur Frivaldszky, puis retrouvée aux environs de Beyrouth en Syrie. C’est, je l’ai dit, la seule espèce du genre qui soiteuropéenne, etencoresa patrie touche-t-elle à l'Afrique. Il est probable que personne en France ne possède cette grande rareté.
Cabinet Lederer : plusieurs mâles et femelles.
LCucullia Formosa, ROGENHOFER.
Z. b. V. 1860, p. 775. — Led. — Stgr. Cat. 692.
(PI. 98, fig. 2.)
Cette Cucullie qui est à peine connue, n'existe sans doute dans aucune co!lection française. C'est encore à M. Lederer que je dois la communication des deux sexes de cette charmante noctuelle élevée de chenille, et qui, jusqu’à ce jour, n’a été figurée nulle part. Elle est de la grandeur de la Balsamitæ, Bdv. ou de la Tanaceti, S. V. Sa couleur rappelle un peu celle de l'espèce congénère Santonici, Hb., et, les dessins des ailes supérieures, ceux de l’Absinthii, L.; mais elle est distincte de toutes ces Cucullia.
Les ailes supérieures ont le fond d’un gris de perle; elles sont tra
Fidonia Pennigeraria. 463 versées au centre par l’espace médian qui est presque noir et traversé lui-même par une bande droite, jaunâtre, continue, au centre duquel repose l’orbiculaire qui est petite, ochracée et entièrement cerclée de blanc vif. La tache réniforme limite extérieurement l’espace médian; elle est grande et a le fond d'un jaune chamois chaud, ombré de brun postérieurement. L’extrabasilaire est teintée de jaunâtre à sa base ainsi qu'à la naissance des ailes; les nervures sont finement indiquées en noir. La frange est brune et précédée de petites lunules nervurales noirâtres. Les secondes ailes seraient complètement d'un blanc hyalin, si elles n'étaient enfumées sur les bords; les franges sont blanches. Les ailes antérieures sont en dessous d’un gris foncé luisant, lavées de fauve à la base et au centre; les inférieures ressemblent au dessus. Le thorax est crêté, gris de perle et teinté de noir sur les ptérygodes. L'abdomen est blanc, marqué de noir au sommet des quatre premiers segments, et enfumé à la base, La poitrine est blanchâtre, ainsi que les poils des pattes ; celles-ci ont les derniers articles bruns.
La 9 est un peu plus petiteque le o”; ses ailes sont plus arrondies, et l'abdomen est brun et aigu à la pointe.
La Cucullia Formosa, me mande M. Lederer, a été découverte par M°° Haberhaner, à Kuenfkirohen, en Hongrie. La cheaille vit sur l'Artemisia camphorata, Vill., et ressemble à celle de l’Absinthü. M. Lederer ajoute que M. Rogenhofer a décrit par erreur Ja chenille de la Tanaceti pour celle de la Formosa .
Cabinet Lederer : plusieurs mâles et femelles ex larva.
Fidonia Penmigeraria, NH.
363 — Tr. I, p. 230. — Dup. IV, p. 4142, pl. 164, fig. 2. — Bdv. 1511. — Herr.-Sch., p. 91.— Gn. X, p. 160. = Athroolopha Pennigeraria, Led. — Stgr., Cat. p. 73.
(PI. 98, fig. 3 et 4)
Lorsque je publiai deux chenilles du genre Fidonia. celle de la
Concordaria, Hb., et celle de la Plumistaria, Bork., on connaissait déjà les larves de quatre espèces de ce beau genre ; les Atomaria.. Geof., Pinetaria, Tr., Conspicuaria, Reaum. et Roraria, Fab. La chenille de la Pennigeraria étant désormais connue, il en restera bien peu à découvrir.
Ces diverses larves sont généralement allongées, cylindriques, sans éminences ; celle de la Pennigeraria, pour la forme, tient de la Concordaria et de la Plumistaria ; elle est moins allongée que la première. mais cependant plus eflilée que la seconde; voici sa description :
Elle est assez longue, complètement cylindrique, sans éminences, à tête globuleuse, aussi haute que le cou, à lignes très-visibles, avec le clapet anal assez bien formé. Le fond est d’un vineux très-obscur, entièrement aspergé d’atomes bruns et serrés. Les lignes ordinaires sont ainsi disposées: la vasculaire est très-brune, presque noire, interrompue aux incisions, sauf sur les trois premiers anneaux où cette ligne devient plusétroite ; la sous-dorsale est fine, claire, et n’est continue que sur les quatre premiers segments ; la stigmatale est trèslarge, blarche, ondulée, continue, marquée d’un liseré noir en dessus et d’un gros point de même couleur en dessous. Le centre de cette ligne est marqué sur chaque anneau d’un gros point ochreux; cette tache, au milieu de laquelle on voit le stigmate rougeâtre, est entourée d’un trait noir antérieurement, et postérieurement d'un point de même couleur. La tète testacée, est aussi aspergée denombreux points foncés. Le dessous est concolore, et les six anneaux du milieu sont parcourus par une ligne claire, étroite, non interrompue, qui se double au centre de chaque segment pour former un losange. Les dix pattes sont concolores; on voit enfin sur tout le corps de trèscourts poils blanchâtres. c
M. Staudinger, quim'a procuré cette chenille, pense qu'elle vit sur la Santoline (Santolina chamæcyparissus, L.), sous-arbrisseau qui
Polia Canescens. 165 . croit spontanément en Espagne. Cette chenille doit avoir les mœurs de celle de la Plumistaria, c’est-à-dire qu'elle éclot une première fois au printemps pour reparaitre en été ou en automne. C’est dans la mousse que la chenille de la #. Pennigeraria forme sa chrysalide. Celle-ci est assez longue, pleine, brune, à pointe abdominale unique, avec la place des stigmates bien indiquée en noir.
INSECTE PARFAIT
On dit qu'il varie beaucoup pour l'expression de la bordure des secondes ailes et pour la quantité des atomes qui les recouvrent en dessus (Gn.). Le Species fait mention d’une grande et belle variété de la Pennigeraria, supposée d’origine andalouse, d’une envergure de 0"047, avec les ailes supérieures d'un blanc jauni, et les inférieures d'un jaune vif et à frange concolore.
Cette remarquable variété faisait partie de la collection Pierret.
Je n'ai pu encore découvrir la Fid. Pennigeraria aux environs de Cannes ; cependant, cette belle phalénite, qui appartient à la fauve française, doit exister dans le département des Alpes-Maritimes où croît spontanément la Santoline, « sur les coteañx arides de la Roquette, près de Grasse. » (Ardoino, Flore des Alpes-Maritimes). : La Pennigeraria paraît assez répandue en Andalousie, d’où le docteur Staudinger l’a rapportée en certain nombre.
Polia Canescens, Boy.
Ann. Soc. Linn., Paris, 1827.— Dup. VI., pl. 99, fig. 3, p. 432. — Tr. — Herr. — Sch. — Frey. — Gn. VI, p. 35. — Stgr. 313 — Var. a Pumicosa, Hb.— Dup., Gn., Stgr.—= Senilis, Bdv. = Var.? b. Asphodeli, Ramb., Ann. Soc. Fr., 1839, p.382, pl. 9, fig. 4.— Dup. — Gn.— Hb. — H, —S$. Stgr., p. 42.
(PL. 98, fig. 5 à 8.)
La P?. Asphodeli, Ramb. n'est-elle en réalité qu'une variété locale
du type, la Canescens? La question a été examinée et jugée par notre consciencieux et savant collègue, M. Guenée, à l'opinion dequi je crois devoir me rendre, bien que je ne sois pas entièrement convaincu.
En publiant deux figures de la chenille de l'Asphodeli, espèce distincte ou variété constante de la Canescens, je pense être agréable aux lépidoptéristes que cette question intéresse: puissé-je apporter quelques lumières sur ce sujet.
Elle est médiocrement allongée, cylindrique, pleine, rase, d’un vert pâle, avec un éeusson étroit, concolore placé sur la première partie du premier anneau. La seconde des lignes ordinaires n'existe pas, mais la vasculaire et la stigmatale sont bien indiquées. La ligne vasculaire qui règne du second au onzième segment, est fine, continue, d’un vert foncé, et marquée, aux incisions du milieu, d’un gros point rougeàtre largement éclairé en dessous. Le ventre, qui ne présente pas de lignes, est d’un vert pâle, lavé de bleuûtre: la tête est petite, rétractile, d’un verdâtre testacé, avec les mandibules rougeàtres : les stigmates sont elliptiques, d’un blanc jaunâtre, et cerclés de brun. Les pattes écailleuses sont testacées ; les membraneuses concolores, avec la couronne rougeûtre.
Il existe une variété de cette chenille, mais elle est assez rare. Le dos de cette variété est d’un vineux pourpré jusqu'à la ligne stigmatale ; le dessous reste d’un vert pâle. Les sujets qui m'ont servi d'étude provenaient des environs de Bastia (Corse), d'où ils m'ont été envoyés par notre obligeant collègue, M. le professeur Mabille.
Je n’ai pu encore découvrir la chenille de cette Polia aux environs de Cannes où, en certains lieux, notamment aux îles de Lérins et sur quelques points de l’Esterel, abonde la plante qui la nourrit : FAsphodelus microcarpus, L.
C'est en janvier que sort de l'œuf cette chenille, qui est d’une édu-
Polia Canescens. 467 cation difficile; elle n’est parvenue à son entier développement qu'en avril, époque où elle descend dans la terre et se métamorphose bientôt en une chrysalide médiocrement longue, brune et luisante. L'insecte adulte éelot seulement en automne; son apparition dure un
oO
mois environ : du 45 septembre au 45 octobre.
INSECTE PARFAIT
La véritable patrie de la P. Canescens type, aux ailes supérieures presque blanches, semblerait être l'Ardèche, où, aux environs de Celles-les-Bains, l’insecte parfait m'a paru des plus abondants à la fin de septembre et pendant une bonne partie d'octobre. Cependant, jamais en ce lieu je n’ai pris les Var.? Asphodeli, Ramb.,et Pumicosa, Hb.
Si la P. Pumicosa à les ailes supérieures grises et saupoudrées d’atomes olivâtres où disparaissent les lignes ordinaires, l'Asphodeli est encore plus obscure, plus nébuleuse, et recouverte d'un plus grand nombre d’atomes foncés aux supérieures. Les inférieures sont blanchâtres, avec les nervures bien indiquées en gris, mais chez la @ ces ailes postérieures sont antérieurement d’un gris très-sombre.
Je ne puis rien dire des habitudes de l’Asphodeli de Corse, car je ne l'ai jamais rencontrée à l’état libre; mais dans l’Ardèche on trouve fréquemment, pendant le jour, la Canescens plaquée contre les murs, les rochers, les troncs d'arbre ; la nuit, on la voit sur le raisin, où elle paraît comme enivrée de sa liqueur et où on peut la piquer sur place sans qu’elle cherche à s'envoler. C'est à la même époque et dans les mêmes conditions qu'on la rencontre aux environs de Thiers (Puyde-Dôme), mais elle y est assez rare.
M. Constant, dans son Catalogue des lépidoptères, dit qu’il a trouvé la P. Canescens en assez grande quantité, au mois d'octobre 1850, sur les bruyères aux environs d’Autun, mais que depuis cette époque elle est devenue très-rare,
Alamis Albidens, Herr-Scu.
Fig. 295.—Gn. VIE, p. 5. — Stgr., Cat. 867. — Albidentaria, Frey. IV, pl. 354, fig. 1 (1847).
(PI. 99, fig. 9 et 10).
C'est, j'ai lieu de l’espérer, avec un certain intérêt qu'on apprendra ce qu'est la chenille l’Alamis Albidens, H.-S. (Albidentaria, Frey.), considérée primitivement comme celle d’une phalénite. Elle présentera d'autant plus d'intérêt, qu'aucune larve de ce genre n’avait jusqu'à ce jour été observée.
Toutes les Alamis de M. Guénée sont exotiques, sauf l’A{bidens,
-et encore celle-ci est presque asiatique, puisque sa patrie est la Russie méridionale.
Elle est très-allongée, sensiblement ‘atténuée antérieurement et postérieurement, à tête globulo-cordiforme, avec quatorze pattes, dont la première paire des membraneuses est d’une petitesse extrême, et impropre à la marche; les deux autres paires de pattes ventrales sont longues et fortes ; les anales sont relativement petites. Cette chenille est d’un vert jaunâtre très-pâle, faiblement lavée de rougeûtre sur la tête, Sur les deux premiers et les trois derniers anneaux. La ligne vasculaire est fine, claire, et n’est distincte que sur les anneaux du milieu; pas de sous-dorsale; la stigmatale est assez large, continue et jaunâtre; les stigmates sont petits, elliptiques, rougeûtres et cerclés de noir ; la tête est concolore, aspergée de noir, avec une série de sept à huit ocelles bruns de chaque coté rangés en demi-cerele. Les 5°, 6° et 7° anneaux, vus de dos, présentent une tache rectangulaire verdatre ; sur les 5°, 7°, 40° et 14°, cette tache prend une forme
Alanis Albidens. 169
circulaire. Les pattes antérieures sont longues, robustes et concolores : les autres ont Je second article carné, avec la couronne brune: le ventre est concolore ei sans lignes.
Je ne connais aucune chenille qui ressemble à celle de l'Albidens : sa forme, exceptionnellement allongée pour une larve de noctuide, et sa manière de marcher, ont bien pu, sans trop d'examen, la faire prendre pour une géomètre (1), de là sans doute le nom d’Albidentaria qui lui a été imposé dans le principe.
Cette chenille vit au printemps sur une plante épineuse qui doit être un Ulez où un Genista.
INSECTE PARFAIT
Tout le monde connait aujourd'hui lAthidens, el toutes les collections la possèdent ; elle était naguère fort rare. Chaque année, depuis quelque temps, on élève la chenille en nombre; c'est ce qui explique là vulgarité actuelle de l’insecte parfait.
L’Albidens ne varie pas; elle a, paraît-il, beaucoup de rapport avec sa voisine l’Alamis Palioides, Blanch., rapportée du Chili par M. Guy, laquelle appartient au Muséum de Paris.
Obs. Au moment de l'impression de Particle qui précède, j'apprends par M. Guenée que la chenille de FAlamis Albidens a été figurée par Ménétries, dans son Enwmeratio coysorum animalium musei Petropolitani, 3° livraison, dernière planche ; mais qu'il n’y a point de texte.
(1) Les chenilles des autres Alamis, dont on le sait, aucune n’est connue, viendront-elles, par leur forme et le nombre de leurs pattes, confirmer l'homogénéité
du genre ?
Orgyia Féambumrii, MABILLE.
Ann. Soc. ent. Fr. 1866, 4° trim., p. 557, pl. 8, fig. 6, et séance du 11 septembre 1867.
(PI. 99, fig. 1à4.)
M. P. Mabille, en publiant la chenille de cette Orgyia, ne l'a pas figurée. Notre collègue nous dit que, dans sa seconde ascension au Monte-Rotondo, en Corse, entreprise le 29 juillet 4867, il reconnut que c’est dans la vallée de Rivisecco, sur les pentes qui descendent du lac aux bergeries, que croît le Genista lobelü, Dec., lequel nourrit en juillet la chenille de cette Orgyia récemment publiée. — Cette larve doit éclore à l’époque du développement des fleurs du G. lobelü ; elle n’a atteint toute sa grosseur que vers les premiers jours de juillet; c’est, en effet, à cette époque que M. Mabille m'a fait parvenir la chenille de l'Org. Ramburii.
Cette chenille ne le cède pas en beauté à toutes ses congénères ; elle a le corps assez long, cylindrique, garni de faisceaux de poils disposés en brosses sur les 4, 5°, 6° et 7° anneaux, indépendamment de deux pinceaux de poils longs placés sur le cou, dirigés en avant, et de deux autres pinceaux fixés sur le pénultième segment, inclinés en arrière. Les lignes ordinaires sont ainsi disposées : sur un fond brun, on distingue la vaseulaire assez large, continue ef d’un noir mat; la sous-dorsale est large, interrompue sur les anneaux du milieu, d’un rouge de Saturne chez les chenilles qui produiront des mâles, et d’un jaune vif chez celles qui donneront des femelles (1); la stigmatale, un peu moins large que la précédente ligne, est interrompue, ondulée, atténuée sur les premiers et les derniers anneaux ; elle est
(1) La grosseur ou la petitesse des chenilles d'Orgyia, indique quel est le sexe que ces larves doivent produire; les chenilles des femelles sont toujours beaucoup plus grosses que celle$ des mâles.
Orgyia Ramburii. A7 d’un jaune de Naples, liserée de noir de chaque côté ; le ventre est d’un noir blanchätre ; la tête et les pattes écailleuses sont d’un noir luisant, les dix autres d'un gris carné ; les pinceaux du cou et ceux du 11° anneau sont noirs; les brosses dorsales, d’un gris un peu fuligineux ; le corps est, en outre, recouvert de gros points pilifères, saillants, d’où s’échappent des poils courts, d’un gris clair, Enfin, les 9° et 10° segments portent au centre une petite caroncule du même rouge que la sous-dorsale. Les couleurs des chenilles qui produiront des femelles sont généralement moins vives que celles qui donneront des mâles.
Cette larve était douée d'une grande vivacité ; elle s’est transformée vers la mi-juillet, après avoir tissé dans les débris de végétaux une coque en soie oblongue, renflée, pointue aux extrémités, et où la chrysalide a été très-promptement formée. Celle-ci est courte, épaisse, à pointe obtuse, d'un brun foncé et à demi-velue. Vingt jours après, environ, parait le lépidoptère.
INSÉCTE PARFAIT.
Cette Orgyia rappelle, en effet, la Trigotephras, Bdv., mais je trouve qu’elle a plus de rapport avec la Corsica, Bdv., soit pour la taille, soit pour la teinte générale, soit pour la coupe d'ailes ; cependant je me hâte de dire que je n’ai point vu en nature la Corsica de M. Boisduval, que je ne la juge que d’après les bonnes figures de cet icono— graphe (pl. 64, f. 6 et 7), et qu'aussi je ne possède que deux Org. Ramburii, un o” et une ®. Mais, sans nul doute, M. Mabille, avant de publier son espèce nouvelle, à dù s'assurer qu'elle est dis- {incte de la Corsica, et ce n’est qu'après avoir bien vu, bien jugé, qu'il a dit en parlant de cette Corsica : « dont la figure dans les icones et dans Herrich-Schaëffer ne s'accorde en rien avec notre espèce. » :
La © de la Ramburü, Mab. est aptère; elle rappelle, pour la forme, la $ de la Trigotephras ; elle est allongée, pleine, ventrue,
recouverte d’un duvet fin, court, d’un blanc satiné en dessus et jaunâtre en dessous, duvet qu’elle détache pour entourer les œufs qu’elle pond dans le fou'reau même, après avoir été fécondée, lequel devient son tombeau. La tête est très-dissimulée sous le premier anneau; les antennes sont courtes et brunes: les yeux noirs ; les pattes fauves et annelées de blanc.
Eubolis Broximearia, Ram.
Soc. ent, Fr. 1839, p. 40, fig. 7. — Dup. Sup., IV, p. 26, pk 52, fig. 6. — Gn. X, p. 489. — Stgr. Cat., p. 76. —?Sororiata, Dup., VIT, 194, fig.7. — Gn. X, pl. 494.
(PI. 99, fig. 5 et 6)
Larve et insecte parfait de cette rare Eubolia (4) ont été décrits par l’auteur du Catalogue de File de Corse ; cependant, la phalénite seule a été figurée. Je représente la chenille sur la plante où elle a été rencontrée la première fois par M. Rambur. Les sujets qni m'ont servi ont été adressés de Corse par M. Mabille qui a retrouvé cette chenille sur le Genista corsica et sur un Ulex. Cette larve a les plus grands rapports de forme avec celle de la Peribolaria, que j'ai fait connaitre (Iconog., 1, p. 321, pl. 38, fig. # et 5); de plus, les mœurs de ces deux chenilles arboricoles se ressemblent beaucoup. Celle de la Proximaria se distingue de celle de la Peribolaria par le fond de sa livrée qui est plus sombre, la stigmale plus vive, les taches dorsales plus accusées ; celles-ci ont aussi une forme différente. Voici la description de cette larve, qui n’est parvenue à foute sa grosseur que vers le milieu ou la fin de mars.
4) Genre Ortholitha, Hb.
Eubolia Proximari«. K73
Elle est médiocrement longue , atténuée antérieurement et carénée sur les côtés; le fond étant d’un brun rougeâtre, les lignes se présentent ainsi: la vasculaire est fine, double, géminée, noire et interrompue sur les six anneaux du milieu, par une tache à l'incision, laquelle se divise en deux; cette tache est anguleuse antérieurement et noire, et à peu près ronde postérieurement et blanche. Les stigmates sont petits, blanes et largement cerclés de noir. Le dessous montre trois lignes foncées, du 4*au 9° anneau; celle du centre est plus étroite que les autres ; la tête est globuleuse; elle est concolore ainsi que les dix pattes. Cette chenille, qui varie, se montre quelquefois sensiblement plus pâle que le type. Ainsi que celle de la Peribolaria, elle passe l'hiver, et, par le fait, grossit très-lentement. Elle demeuré à découvert, dans une position des plus rigides, tout le temps de son repos, c’est-à-dire depuis l'aube jusqu’à la tombée de la nuit. C’est parmi les débris de feuilles sèches qu'elle se transforme dans une coque légère. La chrysalide est conoïde, aiguë, d’un rouge obscur et finissant par une pointe allongée et fourchue.
Les Proximaria que j'ai élevées sont écloses dans les premiers jours d'octobre ; c'est à cette époque que l'insecte parfait vole aux environs de Bastia et dans « les lieux où se rencontre le Genista corsica. » (Ramb., p. 41.)
Cette Eubolia n’a qu'une génération ; elle a encore avec la Peribolaria ce point de rapprochement. C’est une phalénite que j'ai l'espoir de rencontrer dans les Alpes-Maritimes où, en certains lieux de son territoire, croit assez abondamment le Genista corsica. (Ardoino, Flore des Alpes-Maritimes.) :
Obs. IL est fort possible, et mème probable, que la Sororiata, Dup., V, p. 335, pl. 194, fig. 7. (Var. de la Carsia Imbutata, Hb., suivant M. Guenée, X, p. 494), n’est qu'un petit individu $ à tons chauds de la Proximaria, Ramb. Cette variété accidentelle, qui n’a pas été retrouvée, avait été rapportée du midi de la France et communiquée à M. Duponchel par le capitaine de Villiers.
= Lo
F'ephvinma Fiurinarin, W.-P.
G. - 4. — Fab., 67. — Hb., 115-134. — Tr. I, p. 284. — Dup., IV, p. 442, pl. 167, fig. 3, 4et 5. — Bav., 1599. — Herr.-Sch., p. 87. — Gn. X, p. 103. — Sigr., Cat., p. 74. — Respersaria, Bork, 96. —=Myosariu, Esp., pl. 49, [. 1.=— Planata,Nill., p. 386, f. 23. = Cineraria, Dup. VIL 2° part., p. 440, fig. { et 2.
(PI. 99, fig. 14 à 16.)
En décrivant, dans la précédente livraison, la Teph. Rippertaria, p.401, j’annonçai que bientôt je ferais connaitre les premiers états de trois Tephrina dont les larves étaient encore inédites; je viens donc aujourd’hui compléter l’histoire des Teph. Murinaria, W.-N., Assimilaria, Ramb. et Partitaria, Hb. Les Tephrina françaises citées dans le Species général, et dont le nombre s'élève à sept (1), seront toutes connues sous leurs premiers états. Je commencerai par la FT, Murinaria.
Elle est assez courte et cylindrique, très-faiblement carénée sur les côtés, avec la tête aussi haute qne le premier anneau, d’un beau vert myrte, et marquée de lignes claires longitudinales qui se présentent ainsi : la vasculaire est fine, blanc'âtre, interrompue aux incisions ; la stigmatile est large, continue, blanche et aboutit au clapet annal qui est imparfaitement formé ; de pius, cette ligne est marquée sur les anneaux du milieu, du 4° au 9°, d’une tache qui présente deux
(1) Je dois excepter de ce genre la Vincularia, Hb., laquelle, par la connaissance de sa larve (Icon., pl. 7, fig. 4), ne doit plus, selon moi, être considérée comme une vraie Tephrina; les six autres espèces me paraissent aussi homogènes par leurs chenilles que le sont entre eux les insectes parfaits,
Tephrina Murinaria. 475 couleurs : vineuse et jaunâtre. Le venire est parcouru par une bande chaire, large et continue. La tête est concolore et marquée de deux petits traits foncés et perpendiculaires ; les dix pattes sont robustes et concolores.
Cette chenille vit sur divers espèces de Vicia, mais principalement sur la luzerne (Medicago sativa, L.).
On doit s'étonner avec raison qu’une larve aussi abondamment répandue que l’est celle de la Murinaria soit demeurée inconnue jusqu'à ce jour; rien n’est cependant plus vrai, puisque aucun auteur n’en a encore parlé. On élève cette chenille, que je crois polyphage, avec une grande facilité; en effet, toutes réussissent, C’est dans les herbes sèches qu’elle se métamorphose.
La chrysalide est médiocrement allongée, un peu ventrue, et entièrement d’un brun rougeâtre obscur.
INSECTE PARFAIT
Il varie beaucoup, non-seulement pour la teinte des quatre ailes, mais encore pour la taille, et même pour la disposition des lignes. De ce fait, il ne faut pas conclure à plusieurs espèces, d'autant mieux qu’une ponte de la Murinaria m'a produit la plupart des variétés lesquelles sont plus ou moins constantes.
Il est bien évident que la Cineraria de Duponchel, p. 440, pl. 467, f. et 2, n’est qu'une variété locale du type lequel est représenté par la figure 4, même planche, bien que trop chaude de ton; c’est-à-dire à fond gris, très-sablé, et à lignes brunes bien marquées. Il ne doit pas être moins certain que la Respersaria , Bork., la Myosaria, Esp. et la Planata, Nill., sont autant de variétés de la Wurinaria.
Si le type appartient à la France centrale et occidentale, la Cineraria Dup., semble plutôt être propre au midi de la France. Jai pris abondamment cette race aux portes de Valence (Drôme), volant pendant le jour dans un champ de luzerne.
La Teph. Murinaria, qui a deux générations et qui éclot une pre—
mière fois en mai et une seconde en juillet et août, passe l'hiver en chrysalide. Dans le Lyonnais, on la rencontre aussi bien dans la plaine que sur les collines. En outredes champs de luzerne, on la voit dans les prés du parc de la Tète-d’Or, où, pendant le jour, elle vole aussi bien qu'un lépidoptére diurne. Enfin , le 42 juillet 1867, cette Tephrina m'a semblé très-répandue aux alentours du château des Esguillons, ainsi que dans les lieux incultes de la propriété située au pied de la montagne d’Iseron (Rhône).
Tephrina Assimilaria, Rime.
Ann. Soc. Ent. Fr., 4832, p. 34, pl. 2, fig. 9 et 10. — Bdv., 1597. — Herr.-Sch.-Sup., p. 74. — Gn. X, p. 102. — Stgr.. Cat. p. 74.
(PI. 99, fig. 7 à 10)
Elle est médiocrement longue, cylindrique, d’un vert jaunâtre clair et ornée de lignes continues; pour la forme, elle ressemble beaucoup à la chenille de sa congénèrela Murinaria; cependant, elle en diffère : 4° par les lignes vasculaire et sous-dorsale, qui ne sont pas blanches, mais bien la première vert foncé et continue, la seconde double, trés-fine, grisätre et se détachant à peine du fond clair; 2 par la stigmatale, qui, au lieu d’être blanche, est jaune serin, tachée de vineux au centre et croisée diagonalement par un trait blanchâtre, du second au dixième anneau; 3° par la tête, qui est concolore et non marquée de deux lignes perpendiculaires ; %° par le dessous, qui, au lieu d’une seule ligne, en présente quatre fines, continues, et d’un vert foncé ; 5° par les nombreuses variétés plus ou moins sombres qu'elle présente, alors qu’on n’en remarque pas chez la chenille de la Murinaria: 6° enfin, par ses habitudes
Tephrina Assimilaria. ’ 77 arboricoles, lorsque sa congénère précitée vit essentiellement sur les plantes herbacées. Les stigmates gros, ronds el noirs, reposent sur une tache d’un blanc d’émail placée sur la ligne stigmatale même.
Cette chenille, qui m'a été envoyée de Corse par M. Mabille, vit aux environs de Bastia, en mai, sur le Genista corsica; cependant je l'ai nourrie et menée à bien avec le Genista tinctoria et le Spartium junceum, dont elle rongeait préférablement les fleurs. Parvenue à son entier développement vers le commencement de juin, elle se transforme dans Ja terre, après avoir formé une coque légère.
La chrysalide est longue, cylindrique jusqu'à l’avant-dernier anneau, entièrement d'un rougeûtre obscur, sauf le dernier segment, qui est brun et se termine par une pointe unique, longue, effilée et noire.
J'avais reçu quatre chenilles de l’Assimilaria ; trois se sont méta— morphosées ; les deux premières sont écloses dans la matinée des 9 et 44 octobre 1866, et, chose digne d'observation, la troisième, dont la chenille paraissait être du même âge que les deux premières, n’est éclose que le 5 mai de l’année suivante !
INSECTE PARFAIT
L’insecte adulte à autant de rapport avec la Xurinaria que la chenille de celle-ci en a avec celle de l’Assimilaria ; cependant, elle s’en distingue par les ailes plus oblongues, les lignes moins marquées et surtout par les antennes du © qui sont sensiblement plus pectinées que chez la Murinaria.
« Elle paraît deux fois; en mars et en avril, puis en août. » (Ramb., faune de la Corse, p. 35.)
Autani la Tep. Murinaria varie, autant le contraire parait se produire chez l’Assimilaria. Celle-ci vole en Core dans tous les lieux arides et montagneux, où croit le Genista corsica.
Obs. J'ai aussi l'espoir de rencontrer l’Assünilaria dans les Alpes- Maritimes, puisque, suivant M. Ardoino, auteur de la flore du département, le Genista corsica croit aux environs de Menton, Vense et Grasse.
M'ephrina Partitaria, Hs.
374. — Dup. V, p. 160, pl. 180, fig. 6. — Bdv., 1601. — Herr.— Sch., p. 87, fig. 262, 263. — Led., p. 100. — Gn. X., p. 100. — Stgr. — Convergata, Vill., p.382, pl. 6, fig. 18.
Le 40 septembre, en chassant la nuit à Celles-les-Bains, en compagnie de mon ami le docteur Staudinger, je pris une 9 de la T. Parlitaria qui me fournit une abondante ponte d'œufs fécondés. Les jeunes chenilles qui sont écloses douze jours après furent nourries sans peine, car M. Staudinger, qui avait déjà observé cette larve inédite, m’apprit qu'il l'avait rencontrée en Espagne, sur le Teucrium chamædryis, L.
À sa sortie de l'œuf elle est effilée et très-vive, elle grossit assez rapidement, puisque le 45 octobre elle avait atteint son entier développement. Jeune, cette larve paraît diaphane, jaunâtre, avec les lignes à peine visibles ; après sa quatrième mue, elle ressemble, bien que plus grosse, à la chenille de l'Ablutaria (Icon., pl. 3, fig. 8 et 9.); elle est médiocrement allongée, presque cylindrique, très-faiblement atténuée aux extrémités, avec les anneaux distincts, d’un gris argileux, et largement lavée de vert bleuâtre sur les flancs des quatre ou cinq premiers segments, avec les lignes et les dessins assez bien marqués. La vasculaire, du 5° au 9°, est très-fine, double, brune, inter-
l'ephrina Partitaria. 479 rompue; la sous-dorsale, qu'on ne distingue qu’à la loupe, est fine, claire et interrompue sur les derniers anneaux; la stigmatale est assez large, continue, ondulée, blanchâtre, et repose sur la carène.Le dessous, qui est d’un argileux obscur, permet néanmoins de distinguer plusieurs lignes déliées, blanchâtres, continues, indépendamment de deux lignes plus larges, de couleur bois, et qui limitent les premières, La tête est petite, un peu globuleuse, d’un gris testacé et comme mar— brée ; le clapet anal est très-court ; les stigmates ronds, relativement gros et noirs; la région du dos à la hauteur de la sous-dorsale présente, du 4° au 9°, un dessin sagitté, brun, dont la pointe est obtuse; les incisions sensiblement carnées; les dix pattes concolores; les quatre postérieures sont teintées de bleuâtre. Enfin, l'extrémité du clapet anal présente une sorte de pièce cornée, grise, luisante, dont l’usage, chez une chenille qui vit sans cesse à découvert, ne peut facilement s'expliquer.
Dès la fin d'octobre mes chenilles avaient toutes disparu; elles s'étaient réfugiées soit dans la mousse, soit dans les feuilles sèches, et avaient, chacune de son côté, tissé un réseau de soie brun-rougeàtre, au centre duquel la chrysalide a été très-promptement formée, la tête en haut. Cette chrysalide est allongée, d’un rougeûtre pâle, mat, avec la pointe brune retenue au réseau par d’imperceptibles cro— chets epposés les uns aux autres.
L'insecte parfait, qui éclot au printemps, représente la première génération, Presque toutes les Partitaria provenant de cette édu-— cation sont écloses en mars et avril; quelques-unes, cependant, n'ont paru qu’en août, et même en septembre.
Ce dernier fait ne laisserait-il pas supposer, puisqu'il y à eu deux époques d’éclosion pour cette phalénite provenant de la même ponte, que celle-là n'aurait qu'une génération? En effet, les sujets tardifs peuvent être considérés comme représentant la seconde éclosion. Cependant, je répète encore qu’on ne peut rien préciser pour le nombre des générations et l'époque certaine des éclosions, lorsqu'on expérimente sur des insectes élevés en captivité.
INSECTE PARFAIT
Il varie aussi bien pour la taille que pour le nombre des atomes bruns qui recouvrent les quatre ailes. Les sujets que j'ai capturés en Provence sont généralement plus'petits que ceux de l'Ardèche.
La Partitaria de M. Herrich-Schaëffer (fig. 262 et 263) représente un petit exemplaire o” que deux auteurs fort compétents ont rapportée à la Peltaria, bien qu’en réalité c’est une Partitaria à ailes très-fournies d’atomes bruns et à bandes jaunes un peu larges.
La T. Partitaria n’est pas rare aux environs d'Hyères dans les lieux découverts placès à une exposition méridionale ; plusieurs fois je l’y ai prise en chassant à la lanterne, en compagnie de feu Bruand d’Uzelle. Après l'avoir rencontrée en septembre, à Celles, puis à Cannes, je l’ai retrouvée au printemps dans ces deux localités.
« Elle se prend à Fontainebleau, dans la vallée de la Sale, dès le mois d'août. » (Gn., p. 400.)
Cette Tephrina n'a jamais été rencontrée dans le Lyonnais ou les départements limitrophes.
Acidalis Ostrimarir. Hs.
430. — Dup. Sup. IV, p. 47, pl. 54, fig. 7.— Bdy., 4859.— Herr..- Sch., pl. 28, fig. 234, 235. — Gn. IX, p.467, et X, p. 542, — Stgr. Cat. 97.
(P1. 100, fig. 1.et 2.) CHENILLE.
L'œuf est légèrement allongé, granuleux, d'un blanc jaunâtre, puis
carné, et, examiné à la loupe, il laisse voir une plaque d’un rouge aurore à l’une de ses extrémités. Cet œuf est éclos le 25 juin, quel-
Arnalesgde la Societe Linneenne de Lyon € Lépr ESS La Annee 14
PMillère et Poujade p? loques pl.p°
L 2242, Acidalia Ostrinaria, H6 IL. 346, #4 IL fety, 14