IV. Setg
Vlz2azh, 14 Degenerart
np Houisée. 5. Migros
A Acidalix Ostrinaria. 181 ques jours après avoir été pondu. La chenille, lors de sa naissance, est allongée, blanchâtre. Douze jours après son éclosion, cette petite larve n'avait encore que deux millimètres de long. Le 40 août, elle paraissait être au tiers de sa taille; dès lors, un caractère des plus singuliers, pour une chenille de ce genre, se montrait; elle était garnie de poils clair-semés relativement fort longs, à tel point que ces grands poils retenaient le pollen détaché des fleurs dont la chenille se nourrissait, et, l'en garnissant d’une manière complète, la rendaient méconnaissable. Pour l'examiner alors il devenait nécessaire de faire tomber cette poussière au moyen d'un fin pinceau. Ces poils étaient d’une finesse extrême, blanchâtres, recourbés à l'extrémité, et projetés en avant. Après s'être nourrie du pollen, puis des étamines de plusieurs espèces de plantes basses, telles que : Synanthérées, Caryophyllées, Convolvulacées, Campanulacées, elle attaqua les pétales, puis enfin les feuilles lorsque ceux-là vinrent à lui manquer.
Vers la fin de septembre, ayant atteint la moitié de sa taille, la chenille de l'Ostrinaria m'a paru d'un brun foncé presque noir, avec certaines taches dorsales claires qui ont persisté jusqu’à la fin de son existence de chenille.
Ainsi qu’un grand nombre de chenilles d’Acidalies, celle dont il est question passe l'hiver, ne mange presque rien pendant la mauvaise saison, recommence à prendre de la nourriture en février, et demeure sous son état de chenille jusqu'en mai, époque où elle a atteint son entier développement. À ce moment, ses poils, bien que toujours fort-longs, n'avaient plus la dimension si anormale qu'on leur remarquait précédemment. Elle est alors courte, carénée latéralement, atténuée en avant, très-rugueuse, à tête petite et rétractile, d’un brun rougeûtre; des trois lignes ordinaires, on ne distingue que la stigmatale quiestun peu plus claire que le fond. Les incisions des 6°, 7° et 8° segments sont marqués sur le dos d’un gros point oblong, blanc, entouré de noir; cependant, sur le 8°, cette tache blanche se développe et prend la forme d’un cœur maculé de brun au centre. Le ventre, qui est concolore, laisse voir, sur chaque anneau, un
losange clair assez mal formé. Tête globuleuse, sans dessins, concolore, ochracée au sommet; les dix pattes concolores ; les stigmates fort petits, blancs et cerclés de noir. Trapézoïdaux et autres points noirs donnant naissance aux longs poils dont il a été question.
Cette chenille, qui se tient fixée aux grosses tiges des plantes dont elle vit, ou mieux, cachée au centre des fleurs ou d’un groupe de feuilles, a préféré se nourrir de la fleur de l'héliotrope d'Europe et de celle de la bruyère commune. C’est dans la mousse qu’elle s’est transformée à la fin de mâi, et c'est à la mi-juin qu'est éclos le lépidoptere.
INSECTE PARFAIT
Il est un des plus jolis du genre. Bien que M. Guénée ait pris cette petite phalénite « en certain nombre, autour de Cette (Hérault), vers la fin de juin » X, p. 542, elle n’est, je crois, nulle part abondante. C’est de loin en loin seulement que, dans le courant de juin, on la rencontre aux environs d'Hyères, de Marseille, de Montpellier, de Barcelone (Espagne), etc. Je ne l’ai prise qu'une fois dans un vallon ombreux du territoire de Cannes.
D’après l'éducation que j'ai faite de l’Ostrinaria, j'ai tout lieu de penser qu'elle n’a qu'une génération; cependant, mon correspondant de Barcelone, M. Himmighoffen, me mande qu'après l'avoir prise en juin, il l’a retrouvée à la fin d'août dans les mêmes lieux que la première fois.
Acidalia Inesata, Mi.
(Species nova.) (PI. 400, fig. 3 à 5.)
Envergure : 0",018 à 0",0419.
C’est de la Scutulata, W.-N., que cette espèce nouvelle se rappro—
Acidalia Inesata. 483 che le plus : au premier abord, elle semble n’en être qu'une variété; cependant, en comparant les deux espèces sur nature, on reconnait bientôt en quoi elles diffèrent l’une de l’autre. L'’nesata est toujours plus petite, les quatre ailes sont relativement plus allongées , l’apex plus aigu ; les lignes transverses sont nettes, continues, et ne présentent pas, ainsi que chez la Scutulata, une basilaire nébuleuse et une coudée formée par une ligne de points nervuraux; enfin, lespetites taches terminales représentent chez l’Inesata une série de petits traits bruns placés en dehors de la frange, tandis que, chez la Scutulata, ce sont invariablement des points ronds sur la frange même; sans parler d’autres caractères différentiels qui ont aussi leur valeur.
Cette nouvelle Acidalia ne peut être confondue avec l’Inustata, H.-$., si différente par la taille, les bandes, et surtout par « son apex souillé de brun-noir, quis’étend presque sur toute la côte. » (Gn. IX, p. 459.)
L’Inesata ne peut être davantage confondue avec l’Ochroleucata, H.-S., qui a « la ligne coudée fortement denticulée. L'ombre médiane également bien visible aux quatre ailes. » (Gn. IX, p. 458), puisque la ligne est brisée chez l'Acidalie nouvelle, qu’elle ne présente pas de dentelure, etqu’enfin on ne voit pas de trace de l'ombre médiane au bord interne des supérieures.
Voici la description de l’Acidalia Inesata :
Envergure, 0",018.
Les ailes sont allongées, arrondies, aiguës à l’apex des antérieures, avec le fond d’un gris blanc jaunâtre sur lequel se détachent les lignes et les taches ordinaires. L'espace médian est sans ombre aux quatre ailes, à peine sali à la côte des supérieures, avec le point cellulaire rond, brun et bien marqué. La première ligne, l’extrabasillaire, est fine, oblique, continue, brune; la coudée, plus visible, présente un léger coude avec un angle interne au second tiers de sa longueur. L'espace subterminal, ainsi que la base de l'aile, sont salis
par des atomes bruns et serrés; on voit, en outre, un trait brun oblique partant du coude pour aboutir à l’apex, limitant ainsi le semé d’atomes bruns de l’espace subterminal ; les franges concolores sont précédées aux quatre ailes d'une série de petits traits noirs allongés ; enfin, on voit, compris dans l’espace subterminai, un filet clair se détachant à peine. La tête est petite et concolore; le thorax et l’abdomen rappellent la couleur des ailes. Le dessous est la répétition du dessus, mais d’une manière imparfaite, car sur un fond grisätre, les lignes et les taches ont visiblement pâli, les pattes sont médiocrement longues ; elles sont grises et munies de deux paires d'éperons aux postérieures. Le corps est grêle, caréné en dessus, brunâtre et d’un gris clair à l'extrémité. La ©, qui est un peu plus grande que le ©”, en diffère sensiblement par la couleur de l’espace subterminal, lequel est entièrement d'un gris brun jusqu'au trait diagonal qui relie l’angle de la coudée à l’apex. La bantle subterminale des inférieures est également brune. Cette espèce varie pour la grandeur des sujets : je vois une ® dont l’envergure n'arrive pas aux deux tiers de celle du type.
Cette petite Acidalie a pour patrie les environs de Barcelone (Espa gne), d'où me l’a fait parvenir M. Himmighoffen.
L'Acidalia Inesata prendra place après la Scutulata et précédera Ja Lœvigata. Elle portera, dans le Species, le n° 765 bis.
Mon cabinet : deux oettrois 2.
Acidalia Flaveolaria. 185
Acidalia Flaveolaria. Hz.
341. — Dup., V, p. 87, pl. 176, fig. 1. — Tr., Sup., 221. — Herr. Sch., p. 27. — Led., p. 91. — Lah., 49. — Gn., IX, p. 447. — Star. 32. — Brunnearia, Fab. 119 ?
(PI. 100, fig. 6 et 7.) CHENILLE.
L'œuf est relativement gros et elliptique, granuleux vu à la loupe, et d’un vert glauque. Pour arriver à tout son développement, la chenille demeure depuis la fin de juillet jusqu'au commencement de mai de l’année suivante; pendant ce long espace detemps, elle semble à peine toucher aux plantes dont elle se nou: rit. Elle a les habitudes de toutes les petites chenilles d’Acidalia dont j'ai parlé précédemment. Parvenue à tout son développement, elle est courte, atténuée en avant, rugueuse, médiocrement carénée sur les côtés, à anneaux distincts et à tête petite. Généralement d'un argileux foncé, les lignes sont ainsi indiquées : la vasculaire est fine, claire, un peu rosée, continue, liserée de brun de chaque côté : la sous-dorsale est fine, claire, légérement flexueuse, brune et continue: la stigmatale, placée sur la carène, est claire et continue. Tête petite et brune; marquée de deux lignes claires correspondant aux sous-dorsales ; le ventre est concolore et marqué d’une double raie claire formant sur les anneaux du milieu un dessin losangé ; les stigmates blanchätres et non cerclés. Au-dessous de la stigmatale il existe, à partir du 5° au 9° anneau, un gros point brun placé en dessous de ‘hacun des stigmates. On voit, enfin, sur le premier segment, quatre traits bruns qui en occupent le sommet.
Bien que mangeant fort peu à la fois, la chenille de la Flaveolaria a touché aux feuilles et aux fleurs d’un bon nombre de plantes basses.
Il est probable que dans la nature l’espèce, originaire des Hautes— Alpes, y vit sur les surfaces gazonnées et qu’elle passe de six à sept mois enfouie sous la neige, engourdie par le froid. Dans l’appartement, la métamorphose a eu lieu en mai, et l’état léthargique a été fort court.
INSECTE PARFAIT
I est vrai qu'il varie du jaune citron au jaune orange foncé. Elle est très-commune dans les Alpes-Rhétiennes (Meyer). Assez fréquente dans les prairies sèches des montagnes de la Suisse orientale (Bremi). Abondante près de Zermatt, à la Grave et dans plusieurs autres parties des Alpes (Gn..).
La © de la Flaveolaria est un peu plus difficile à rencontrer que le ©; car, plus lourde que celui-ci, elle vole peu. Cette Acidalia est plus rare que sa voisine l’Aureolaria, ou plutôt moins répandue dans les collections, parce qu'elle n’habite que les régions montagneuses. Cette dernière, au contraire, est plus facile à chasser, puisque « elle est très-commune sur les pentes rocailleuses et chaudes de la plus grande partie de l’Europe. » (Gn., IX, p. 447).
Acidalia Belemiata, MiLL.
(Species nova.) (PI. 100, fig. 8 et 9.)
C’est la plus petite du genre après la Nexata, Hb., qui, elle, appartient à un tout autre groupe d’Acidalies. La forme relativement arrondie des quatre ailes de mon espèce nouvelle, et lagrosse tache d'un brun noir dont chacune de ses ailes est marquée aux trois quarts du bord interne, en font une espèce tranchée, et que de suite on recon-
Acidaliu Belemiata. 1:87 naît comme distincte de tout autre. Si je rapporte l’Acidalia Belemiata au groupe G. du Species général (Gen. Ptychopoda, Steph.), je ne puis la comparer à aucune des Acidalia qui le composent, si ce n’est pourtant à la Lœvigata, dont les lignes transverses des ailes supérieures rappellent un peu celles de la nouvelle Acidalie.
Voici sa description :
Envergure, 0°,015.
Les ailes sont arrondies, mais cependant les supérieures présentent une légère pointeobtuse à l’apex: ellessont d’un argileux foncé, un peu vineux, saupoudrées de quelques atomes noirs et traversées par deux lignes brunes, fines, très-coudées aux supérieures, une ligne de même couleur aux inférieures, partant toutes du bord supérieur pour aboutir au bord inférieur, avec une grosse tache noirâtre , d'une forme à peu près rectangulaire, appuyée aux trois quarts du bord interne de chaque aile. L’unique bande transverse des inférieures, qui est très-arquée, n’est précédée d'aucune tache ni d'aucune ligne, si ce n’est pourtant le point cellulaire qui est relativement gros et noir, aux secondes ailes surtout; on voit, mais vaguement, un feston clair, subterminal, appuyé à la grosse tache noire précitée. On distingue en outre une série de points noirs et ronds sur la frange des quatre ailes; celle-là est médiocrement large; elle est concolore. Le dessous serait assez la répétition du dessus ; cependant le fond est plus clair, les lignes, les taches et les points y sont beaucoup moins accusés. Les antennes sont longues, simples et de couleur argileuse ; les yeux noirs; le vertex et le thorax concolores; les pattes, longues et brunâtres, sont munies aux inférieures d’une paire d’éperons assez longs.
La © nediffére que légèrement du o’; elle est un peu plus grande et un peu plus foncée que lui.
Cette petite espèce m'a été procurée par M. Himmighoffen qui l’a découverte, ainsi que l’Inesata précédemment décrite; elle vole aux environs de Barcelone (Espagne).
Devant trouver place après la Lœvigata. V' Acid. Belemiata portera. dans le Species général, le n° 758 bis.
Mon cabinet: un o” et deux 9.
Acigdnlin Séreminmnén, Tr.
Sup., p. 205. — Bdv., 1880? — Herr.-Sch. p. 16, fig. 82,83. — Lah., 49. — Gn. IX, p. 493. — Stgr. 55. —Sylvestraria, Hb. 94? — Marçinepunctata. Steph. HE, p. 310. — Wood. 721.
(PI. 100, fig. 40 et 11).
Le 4 juin, une Straminata m'a pondu dix-huit œufs sphériques, cannelés, jaunes, puis rougeàtres ; ils sont éclos le 1? du même mois. Si ces œufséclosent rapidement, la chenille, qui se développe en été, n'en grossit pas moins fort lentement. Six semaines apres Sa naissance, elle n'avait pas un céntimètre de long; ce n’est qu'en ceptembre que cette larve prend du développement d’une maniére appréciable A la voir, vers la fin d'octobre, parvenue à sa taille, on penserait que sa transformation doit avoir bientôt lieu; il n'en est rien cependant, car elle passe l'hiver (4) et ne se chrysalide qu'au premier printemps de l’année suivante, vers la fin de février. Ea est-il de même à l'état de liberté? La chose me paraît assez supposable.
Cette chenille est, pour une espèce de ce groupe, passablement longue, atténuée en avant, très-plissée, carénée, à tôte petite, globuleuse, un peu aplatie antérieurement, brune, rétractile, avec les derniers segments très-plissés et formés en petites caroncules ; le clapet anal existe, mais imparfaitement. Le corps, sur un fond verdâtre plus ou moins prononcé, est chamarré de taches blanches,
(4) J'en excepte deux sujets qui se sont transformés à la fin de novembre
Acidalia Straminata. * 489 grises, noires et rougeûtres. Le losange dorsal, sur les anneaux du milieu, est bien formé ; il est ordinairement carné et liséré de noir sur les bords, avec des éclaircies blanchätres extérieurement. On ne distingue que la ligne vasculaire; elle est fine, double, noire; le ventre, qui est de couleur fuligineuse, présente au centre, sar chaque segment du milieu, un dessin clair, en forme de losange.
Cette chenille est polyphage ; je l'ai nourrie avec les fleurs et les feuilles d’un certain nombre de plantes basses, telles que: Synanthérées, Renonculacées, Polygonées, Convolvulacées, etc. Celles de ces chenilles qui ont continué à manger pendant l'hiver ont préféré les feuilles sèches, alors que les feuilles fraiches ne leur manquaient pas. Ainsi que la plupart des larves d’Acidalies, celle de la Straminata se cache parmi les débris de plantes, les lie et tisse une sorte de réseau blanc à larges mailles, ressemblant assez à du tulle grossier; elle s’y blottit et se transforme après trois ou quatre jours, et, un mois après environ , éclot l'insecte parfait, c'est-à-dire vers le commencement d'avril, *
La chrysalide ne présenterait rien de remarquable si la gaine des antennes , des yeux, et celle des nervures des ailes supérieures. n’étaient des plus prononcées. La pointe abdominale est précédée d’un bourrelet et terminée par six ou sept crins recourbés.
INSECTE PARFAIT
La race méridionale est un peu moins saupoudrée d’atomes noirs que celle qui se prend eu Allemagne: elle est donc plus claire, sans avoir le blanc satiné de la Subsericeata, Haw. Cette race du Midi est aussi plus grande; mais, malgré ces différences, je ne saurais voir là ni uné espèce distincte, oi même une variété tranchée; d'ailleurs, la tache cellulaire et les points terminaux sont aux quatre ailes bien marqués.
Cette Acidalie ne doit avoir qu'une génération.
Les figures 32 et 83 de M. Harrich-Schaëffer sont très-bonnes ; la
Sylvestraria de Hubner, à cause de sa médiocrité, ne doit pas plus être rapportée à cette dernière Acidalia qu'à la Straminata, Tr. « D'ailleurs, comme le dit avec grande raison M. Guenée, il est fort inutile de discuter une figure aussi imparfaite. »
L’Acid. Straminata, qui n’avait point encore été signalée comme appartenant à la Provence, est cependant très-abondante à Cannes pendant le mois d'avril, dans les terrains incultes qui avoisinent Notre-Dame-des-Pins.
Acidalin Zubrieata, W.-V.
K.-19. — Fab., 264, — Bork., 152. — Hb., HE.— Tr., IL p. 8 et Sup. p. 203 — Dup., V, p. 94, pl. 476, fig. 5, 6. — Step., II, p. 408, pl. 34, fig. 1.— H.-S., p. 22. — Lah., 34. — Gn., IX, p. 454. — Stgr., 108 = ? Rubiginata.
(PI. 100, fig. 16 et 17.) CHENILLE.
La Rubricata, par la forme relativement (rès-allongée de sa larve, serait peut-être mieux placée dans le voisinage des Acidalia Tmitaria, Hb., Depunctata, Scep. (Iconog., pl. 72, fig. 8, 12 et 13), et Promutata. Elle est, en effet, très-longue, très-effilée, cylindrique, à peine carénée sur les côtés, à pattes antérieures très-rapprochées et à pattes anales se touchant presque, à tête petite et globuleuse, à clapet bien formé. Elle est en dessus et sur les flancs d’un jaunâtre carné, avec une seule ligne; la vasculaire, fine, continue et rougeâtre ; le ventre est d’un vert clair uniforme; la tête, la région du dos et les trois premiers segments sont lavés de rougeûtre ; les stigmates ronds, noirs, bien visibles, les dix pattes concolores.
Il est surprenant que cette chenille, qui est si abondante dans la plus grande partie de l'Europe, soit demeurée inconnue jusqu'à ce
Acidalia Degeneraria. 191 jour, je l’ai nourrie avec les feuilles de la Vicia cracca, du Convoloulus vulgare, du Polygonum aviculare, ete. L'espèce paraît au moins trois fois dans l’année. Pour se métamorphoser la chenille se comporte ainsi que celle des Acidalia que j'ai observées et dont j'ai raconté les mœurs dans les précédentes livraisons.
INSECTE PARFAIT
Indépendamment du fond de la couleur, qui varie passablement du gris verdâtre au pourpre rosé (c’est cette dernière variété queje figure en regard de la chenille du type, pl. 100, fig. 16), indépendamment de cette variété dans la couleur des ailes, dis-je, on rencontre dans le Lyonnais des sujets relativement petits, lesquels présentent une envergure de 0,15, alors que de grands exemplaires de cette Acidalie mesurent jusqu’à 0,25.
Je n’ai jamais remarqué la Rubricata plus bas que le département du Rhône, et je ne sache pas qu'elle y ait été prise. Elle est fréquente aux environs de Lausanne, et près des lacs de Zurich et de Constance (Laharpe). Elle n’est pas très-rare sur les coteaux secs exposés au midi des environs d’Autun (Constant).
Acidalia Degeneraria, Hs.
57.— Tr. I, p. 267.—Dup., V, p. 78, pl. 175, fig, 4.—Curt., 384. — Step., IV, p. 394 — Wood., 720. — Herr.-Sch., p. 15, fig. 339. — Gn., IX, p. 513. — Stgr., 99.
(Var. Meridiaria, Mill.) (PI. 100, fig. 42 à 15.)
Voici une espèce qui présente, chez les sujets du midi de la France, une variété tellement constante, que le type, toujours rougeûtre et
plus petit, ne s’est, à ma connaissance, jamais rencontré en Provence. Je dirai en outre que la chenille de cette variété est d’une couleur si différente, qu'il pourrait bien se faire que ce fut une espèce séparée. Je ne la considère cependant que comme variété constante de la Degeneraria, et je crois devoir l'appeler Var. Meridiaria. Tout en donnant la figure de la chenille de chacune de ces deux races, je les décrirai séparément et dirai leurs mœurs, lesquelles pourtant sont assez semblables.
CHENILLE DU TYPE (Degeneraria)
Elle est courte, atténuée en avant, très-carénée sur les côtés, trèsplissée sur les premiers et sur les derniers anneaux, presque entière ment d'un noir velouté, carnée sur les premiers et derniers anneaux, à clapet anal formé, mais assez petit. On voit imparfaitement les deux premières lignes, et, si on distingue mieux la stigmatale, c'est qu'elle est blanchâtre. Le dos présente, sur les 6°, 7°et 8° anneaux, un losange clair, mais qui n'est pas toujours bien arrêté sur les bords; on voit en outre, sur le 8°, un dessin en forme de fer à cheval, suivi d’une ligne noire qui atteint le 12° segment. Le dessous est également noir, avec une tache claire sagittée placée au centre de chaque anneau du milieu; les pattes écailleuses sont entièrement noires ; les autres sont concolores.
Quand eette chenille est au repos, sa pose est des plus rigides. et, ses habitudes de vivre à découvert, fixée près du sol pendant l'hiver, sont des plus curieuses à observer. Eclose en été, cette larve n'avait atteint son entier développement qn'en avril de l'année suivante. Elle a vécu sur plusieurs espèces de plantes herbicées, telles que Scabieuses. Achillées, Liserons, etc. Elles’est métamorphosée dans la mousse et a formé une chrysalide brune, lavée de verdâtre antérieurement, et terminée par une pointe recourbée et précédée d’un petit bour— relet brun. Le lépidoptère a paru en mai.
Acidalia Degenerariu. 493
CHENILLE DE LA ‘ARIÉTÉ (Meridiaria).
L'œuf provenant de la seconde génération est sphérique et rougeàtre. Lors de son éclosion, la petite larve est jaunâtre est cerclée de brun; éclose le 20 mai, elle était à toute sa grosseur vers le à juillet.
Je fais observer que cette chenille, représentant la génération de l'été, n’a jamais été noire comme celle du type, et que les sujets que j'ai rencontrés dans la nature, pendant l'hiver, n'avaient pas davantage cette teinte obscure: que toutes ces chenilles, enfin, se sont toujours montrées. d’un rougeâtr: plus ou moins foncé (1). Parvenue à sa taille, la chenille de cette variété constante m'a paru plus allongée et plus épaisse qae celle du type; elle est atténuée en avant et caré— née, a tête petite, rétractile et brune. Les anneaux sont distincts : ceux du centre présentent sur ledos une espèce d'X auxincisions ; on voit encore sur le 8° un dessin rappelant vaguement celni du type. La ligne vasculaire est fine, interrompue, blanche; la stigmatale, qui est continue, est aussi un peu plus claire que le font. Les stigmates ronds et noirs. J'ai nourri la chenille de cette variété de la même manière que celle du type.
INSECTE PARFAIT
La figure de Duponchel (pl. 174, n° 4), nous montre, non la Degeneraria type dont le fond est rougeàtre, avec une ombre médiane plus foncée ; mais elle indique la variété constante (Meridiaria), dont l'espace médian est ordinairement envahi par une teinte vineuse plus ou moins accusée.
La couleur de l’insecte de Duponchel n'a, au reste, rien qui doive surprendre, car le sujet qui a servi à représenter la figure en ques-
(1) Il est cependant utile de dire que parmi les chenilles noires du type, quelques-unes avaient perdu leur couleur sombre, et qu’elles étaient devenues d’un earné obscur.
tion, provenait du Midi. « L’individu figuré, rapporte Duponchel, nous a été communiqué par le docteur Rambur, qui l’a pris dans les environs de Montpellier. »
Le type, que l’on rencontre de loin en loin aux environs de notre ville, au centre, à l'est et au nord dela France, en Angleterre et en Hongrie, n’a, je l’ai dit, jamais été remarqué en Provence.
La Var. Meridiaria qui, au moment de l’éclosion, a des reflets verdâtres, est fort abondante aux environs de Cannes, aux îles de Lérins principalement, où elle paraît être, en ce lieu, la plus commune de toutes les phalénites. Elle est également fréquente à Amélie-les- Bains (Pyrénées-Orientales (1), aux environs de Montpellier, de Marseille, ainsi que sur tout le littoral, où elle pourrait bien avoir plus de deux générations. |
J'ai rencontré une seule fois cette variété constante près de Lyon, dans la propriété de MM. Ferrouillat.
(4) Les sujets de ce pays, obtenus de chenilles rencontrées en hiver, sont grands, bien marqués, et caractérisent parfaitement la variété méridionale.
EXPLICATION DES PLANCHES De la 226 Livraison (4868).