PINS EMA) CHENILLE
Elle est allongée, épaisse, cylindrique, rase, légèrement renflée postérieurement, d'un jaune verdâtre et finement striée de brun. Ainsi que bon nombre de chenilles de noctuelles, celle dont il est question est marquée du quatrième anneau au dixième compris, d’une li-
Noctua Conflua. 59 one sous-dorsale surmontée, sur chaque segment, d'une tache cunéiforme noire dont la pointe se dirige en avant. La vasculaire est étroite, blanchâtre, finement liserée de brun de chaque côté et n'est que très-imparfaitement visible sur les anneaux du milieu. La stigmatale est indiquée par des traits bruns, étroits et chevronnés. Les stigmates sont ovales, noirs, et cerclés de blanchâtre. La tète est petite, globuleuse, cordiforme, et marquée de deux traits noirs en croissant 0pposés l’un à l’autre. Le ventre est plus clair que le reste du corps et n’a pas de lignes. Les pattes écailleuses sont testacies avec le dernier article noir. Les ventrales et anales sont concolores et ont la couronne brune.
Est-ce plutôt une chenille de Noctua que celle d’une Agrotis? Bien que M. Staudinger ait compris dans son Catalogue général l’insecte parfait parmi les Agrolis, j'inelinerais à le considérer, d’après la forme de sa chenille, plutôt comme une Noctua proprement dite, et à me ranger ainsi de l'avis de nos auteurs français, MM. Boisduval, Duponchel et Guenée.
Cette espèce, qui passe l'hiver, à été rapportée d'Islande. Elle est polyphage, mais ce sont surtout le Selene acaulis, L. et les Leontodon qu’elle mange de préférence (4). Parvenue à toute sa taille vers la fin de mai, elle tarde peu à se métamorphoser après s'être placée parmi les détritus de végétaux où elle a formé une coque mêlée de grains de terre.
La chrysalide est médiocrement allongée, de forme ordinaire, brun foncé, peu luisante avec l'extrémité noire, munie de quatre pointes droites un peu divergentes. Deux de ces pointes, celles du milieu, ont une longueur double des autres.
(4) Ces renseignements, ainsi que ceux qui concernent la chenille de la Sommeri, m'ont été fournis par M. Staudinger qui a récolté et élevé lui-même les chenilles de ces deux noctueiles.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0,030 à 0",032.
Les ailes supérieures, de forme presque rectangulaire, sont coupées carrément; elles sont épaisses et bien fournies d’écailles d’un gris plus ou moins rougeûtre avec les lignes et les taches ordinaires assez visibles, sinon bien indiquées. La réniforme et l'orbiculaire sont jaunâtres et se détachent sur le fond d'une tache longitudinale presque noire. La claviforme est écrite en noir et représente un V couché de forme indécise, L’extrabasilaire, la coudée et la subterminale sont jaunâtres et liserées d’une teinte foncée; les deux premières de ces lignes sont sinueuses et peu marquées. La frange est médiocrement longue et précédée d'un liseré blanchätre, précédé luimême d'une série de points nervuraux. Les inférieures sont brunes, unies avec la frange jaunâtre. Les antennes sont à peine ciliées. Le thorax est concolore et bien fourni, l’abdomen est long avec l'extrémité jaunàtre. Je ne connais pas la femelle : elle ne doit pas beaucoup différer du mâle.
Treitschke est le premier qui ait observé et décrit la Conflua. Elle à été trouvée pour la première fois en Hongrie, et depuis retrouvée en Silésie et en Islande; ce dernier pays semble être sa véritable patrie. M. Guenée croit qu’elle pourrait bien avoir été prise en France (V. p. 332).
La Noctua Conflua fait partie de mon cabinet. La plupart des grandes collections doivent posséder cette espèce, car depuis ses voyages dans les contrées du nord de l'Europe, M. le D' Staudinger Fa répandue en Allemagne et en France.
Crymodes Sommeri. 61
Crymodes Sommeri.
Lefebv. Ann. Soc. ent. de Fr., p. 394, pl. 10, fig. 1. — Gn. 238.— Bdv. 934.—Dup. Sup. IE, 586, pl. 49, fig. 1-2.—Gn. V., p. 187. — Stgr. Cat. 354.
(PL: 58, fig. 4 à 6.) CHENILLE,
Elle vient heureusement jeter quelques lumières sur les chenilles de Crymodes, car aucune de ce genre n'avait encore été observée. Gelle de la Sommeri est cylindrique, pleine, complétement rase et offre des couleurs tranchées : elle est d’un rougeâtre vineux en dessus et sur les côtés. Le ventre est d’un verdâtre livide largement strié de jaune clair mat dans le voisinage des pattes membraneuses et au milieu de chaqie segment. La ligne vasculaire est médiocrement large, brune et continue; la sous-dorsale, un peu plus étroite que la précédente, est également brune et continue. La stigmatale est sombre, étroite, ondulée, interrompue : cette ligne est limitée par la couleur du ventre qui tranche d’une manière sensible. La tête est assez petite, cordiforme, d'un jaunâtre obscur, striée de brun et luisante. Les pattes écailleuses sont de la même couleur, mais le dernier article est noir ainsi que la couronne des dix autres pattes. Le premier anneau, un peu plus haut et plus foncé que les autres, n’est pas corné. Les stigmates, visibles à l'œil nu, sont blancs et doublement cerclés de noir d’abord et de jaunàtre. Les trapézoïdaux sont petits et mal indiqués : les deux premiers, sur chaque segment, sont accompagnés extérieurement d’un point gris blanchâtre pas toujours bien visible.
Cette chenille élevée en Islande vit sur diverses espèces de Hieracium, Leontodon et certaines graminées. Elle met tout l'été à gros-
sir et n’est parvenue à toute sa taille qu'en septembre. Elle se cache alors pour se métamorphoser, passe tout l'hiver en chrysaïde et n’éclot qu'au printempstrès-tardif dans ces froides contrées, c'est-àdire à la fin de mai ou au commencement de juin.
La chrysalide, qui est proportionnellement grosse, est d’un brun rouseâtre et luisante. Les anneaux très-distincts sont sensiblement carénés. La pointe abdominaleest unique, courte, forte, noire et un peu relevée. Les yeux et les antennes sont visiblement indiqués sous l’en-
veloppe qui les protège.
INSECTE PARFAIT
A voir les deux figures de Duponchel, représentant la Sommerti (HE, pl, 49, fig. 1 et 2), on reconnaitrait difficilement l'espèce qu'il a voulu représenter. Comme ce sont les seules figures qui existent de cette Crymodes, si celle que je fais figurer est passable, j'ai l’espoir qu'elle sera bien accueillie. Voici la description de ce lépidoptère toujours fort rare.
Envergure : 0°,034 à 0*,036.
Les ailes sont épaisses, squammeuses, robustes. Les supérieures sont d'un gris foncé sur le fond desquelles les lignes et les taches sont bien indiquées. La réniforme et l’orbiculaire, qui sont concolores, £e détachent en clair par leur entourage et surtout par le trait noirâtre sur lequel ses taches reposent. L'espace médian, largement sali de noir, est limité par la coudée et l’extrabasilaire qui toutes deux sont claires, flexueuses, dentées et finement liserées de noir à droite et à gauche. Une tache blanchâtre, en forme d’M couchée, précède la frange ; celle-là est précédée elle-même par des taches cunéiformes noires qui s'y appuient. La frange est brune et accompagnée antérieurement par une ligne de points noirs lunulés et séparés entre eux par une éclaircie. Les ailes inférieures sont d’un gris brunâtre, traversées par une bande foncée et presque droite. On distingue le point cellulaire, Les antennes sont ciliées ; le tho-
Crymodes Sommeri. 63 rax est robuste, fourni d’écailles, d’un gris foncé avec les ptérygodes brunes. L'’abdomen est concolore.
L’insecte varie : certains sujets sont plus chaudement teintés que ne l’est le type.
En outre de l'Islande où cette noctuellé à été prise en certain nombre, elle a été rapportée du Cap-Nord et du Groenland.
Très-peu d’entomologistes connaissaient cette rareté en nature avant les voyages en Islande et au Cap-Nord de M. Staudinger, qui a rapporté de ces loitaines contrées un grand nombre de sujets obtenus de chenilles par ses soins.
Les deux sexes de cette espèce appartiennent à mon cabinet.
M. Lefèvre qui a décrit la Sommori dans les Annales de la Société entomologique de France. en 1836, la dédiée à M. Sommer d’Altona.
EXPLICATION DES PLANCHES De la 42e Livraison.
ot ——©
Fig. 1. Nemoria Aureliaria, MILL.
2. id. id. ie Fig. 3. Chenille de la Margarodes Unionalis, He. &. id. id. jeune.
». Chrysalide.