‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 2)Chapitre 5 sur 44 · DOUZIEME LIVRAISON · texte numérisé non relu

DOUZIEME LIVRAISON

(Présentées à la Société Linnéenne de Lyon, le 14 Novembre 1864).

Nemoria Aureliariæ, Mille (Species nova.) (Pl, 35, fig. 1 et 2)

Je n’ai pu rapporter à aucune des espèces figurées , où simplement décrites, la jolie Phalénite que je publie aujourd'hui. Sa couleur vert bleuâtre est unique parmi les Géomètres européennes ; je ne saurais mieux comparer cette couleur qu'à celle de la Malachite (deutocarbonate de cuivre).

Pas une des espèces composant les genres Pseudoterpna, Geometra, Nemoria et Iodis, qui à peu près toutes sont vertes ou vert bleuûtre, aucune, dis-je, n'approche de la teinte délicate qui caractérise cette espèce nouvelle.

Envergure : 0",022. Sa coupe d’ailes la rapproche de la Pulmentaria, Gn., et sa faille est celle de la Viridata, L. Les ailes sont bien fournies d'écailles d’un vert bleuâtre velouté, participart de la

teinte de la Nem. Pulmentaria et de celle de l'Zodis Vernaria (4) au moment de leur éclosion. Les ailes supérieures, à apex prolongé, ont le bord costal un peu arrondi ainsi que le côté externe de la frange ; le bord interne est presque droit. La côte est très-légèrement teintée de fauve rougeätre. Sur un fond uni on voit, à la hauteur de la coudée, uneligne très-imparfaitement écrite, droite, blanchâtre, et traversant obliquement l'aile. Cette ligne qui s'appuie à la côte prend son point de départaux trois quarts de la longueur de celle-ci. Les ailes inférieures sont larges, assez longues, à angle anal prolongé, mais arrondi ; elles sont unies et traversées par une ligne blanchâtre, fine, coudée, La frange des quatre ailes est étroite et presque blanche des deux côtés. Le dessous n'a aucune ligne; il est d’un vert d’eau très - clair, et n’est teinté de vert bleuâtre qu’à la côte et sur les bords extérieurs. Les antennes sont franchement pectinées; la côte est blanche et les lamelles sont d’un fauve jaunâtre. Les palpes, au rebours de ce qui existe chez les espèces congénères, ne dépassent pas le front. Les yeux sont proéminents et bruns. La tête est d’un pourpré clair et le front est d’un blanc pur. Le thorax et l’abdomen sont grèles et recouverts d'écailles d’un vert plus tendre que celui des ailes. Les pattes, assez longues, sont ainsi que la poitrine d'un jaune rougetre. Enfin les tibias des pattes postérieures n’ont qu’une seule paire d’éperons courts.

Je ne connais malheureusement pas la @ de cette intéressante espèce et encore moins la chenille.

Cette Nemoria, bien tranchée et que je possède dans un état de conservation parfait, a été reconnue nouvelle par M. Guenée et par M. Staudinger auxquels je l'ai soumise. Fort de l’avis de ces messieurs, je n'ai pas hésité à la considérer comme inédite.

(4) Je fais observer que la couleur de la Nem. Aureliaria, malgré son état de dessiccation, est uniformément conservée; ce qui a lieu de surprendre, car toutes les espèces congénères sont, après leur mort, toujours plus ou moins altérées,

Margarodes Unionalis 39 Cette charmante Phalène a pour patrie l'Italie méridionale. J'ai l'honneur de la dédier à une Princesse française qui aime et encourage les sciences naturelles.

La Nem. Aureliaria devra dans le species général trouver place avant la Pulmentaria, Gn., et porter le n° 540 bis.

Margarodes Unionalis, Hb.

Europ. Sami. 132 ?— Exot. Saml. I, ©. a.—Tr. p. 116.— Dup.,

p. 455, pl. 2920, fig. 4. — Herr.-Sch., p. 25. — Gn. VIE, p.305. — Styr. Cat. 403.

(PI. 55, fig. 3 à 6.

Cette Pyralite appartient à un genre fort nombreux et qui renferme des espèces très-belles. Tel que l’a établi l’auteur du species général, le genre Margarodes compte vingt-trois espèces dont vingtdeux exotiques. La plus grande partie de celles qui ont été découvertes jusqu'à ce jour, nous vient des îles américaines plutôt que des continents et des Indes-Orientales ; cependant l'Afrique nous en fournit de fort remarquables (1). Nous sommes vraiment heureux qu'une espèce, l’Unionalis, vienne représenter en Europe ce genre brillant.

Depuis longtemps les mœurs de l'Unionalis, qui étaient restées inconnues, intriguaient les naturalistes qui n'avaient rien pu savoir des habitudes de sa chenille ; je désirais vivement, moi-même, connaître celle-ci ; malgré mes constantes recherches, elle a, pendant cinq ou six ans, toujours échappé à mes investigations.

Chaque année, depuis 1857, j'élevais avec une grande persistance une chenille qu’on ne trouve que très-difficilement sur les oliviers de

(1) Gn. VII p. 302.

la Provence. Je soupçonnais vaguement que cette larve pouvait bien être celle de l’'Unionalis, assez abondante dans nos contrées méridionales pendant la plus grande partie de l’année. Toujours mes chenilles périssaient misérablement avant la transformation ou pendant la chrysalidation ; ma curiosité, après ces insuccès, n'en était que plus excitée. Cette année cependant j'ai été plus heureux, et je puis enfin donner l'histoire complète de cette Margarodes.

L'’œuf est sphérique et blanchâtre. Après avoir été déposé par la mère prévoyante à l’aisselle d'un rameau d'olivier, cet œuf éclôt quinze ou vingt jours après qu'il a été pondu. La jeune chenille, qui attaque d’abord la surface inférieure d'une feuille récemment développée, grossit lentement. Elle est alors d’un vert blanchâtre, couleur qu’elle conserve jusqu'après la troisième mue. A cette époque le vert se prononce davantage et la chenille, de même que celles de certaines Tortrix, se retire pendant le jour au centre de plusieurs feuilles réunies par des fils de soie, d’où elle ne sort plus que la nuit pour manger. Cinq Ou six semaines après sa naissance, cette chenille est parvenue à foute sa grosseur : elle est fusiforme, assez allongée, plissée transversalement, un peu luisante, d’un vert clair teinté de bleuätre sur les deux premiers et sur les trois derniers anneaux ; elle est de plus lavée de jaunâtre antérieurement. La tête est lenticulaire, luisanteet d’un vert testacé. Les ocelles, au nombre de cinq de chaque côté, sont très-petits, noirs et disposés en ellipse. Le premier anneau est recouvert d’une plaque écailleuse et concolore. La région dorsale est quelquefois teintée de vineux du quatrième au dixième anneau : ce doit être la couleur du tube digestif qu’on distingue sous la peau; du reste pas de ligne vasculaire. La sous-dorsale est d’un vert assez foncé; la stigmatale est étroite, continue et blanchâtre. Ces deux lignes ne sont pas toujours bien indiquées. Le ventre est d'un vert bleuûtre et n’a pas de lignes. Des poils courts et blanchâtres nais-

Margarodes Unionalis. 1 sent des points verruqueux ordinaires; ceux-ci sont d’un vert foncé. Les pattes sont concolores ; les ventrales ont la couronne jaunâtre.

Je pense que cette chenille vit exclusivement sur les oliviers; on la trouve de préférence sur l'olivier non greffé (Otea oleaster, L.).

Pour se métamorphoser l'insecte descend rarement de l'arbre; il se fixe encore moins souvent dans les feuilles de l'olivier. C’est entre les gerçures des grosses branches ei du trone qu'il tisse une coque légère où il se métamorphosera huit ou dix jours après.

Cette espèce se rattache à ses congénères par un caractère important ef qui est propre à toutes les exotiques dont les premiers états ont été observés par M. Poey. Je veux parler d'un filet ventral qui rappelle celui des chrysalides de Cleophana.

La nymphe est allongée, cylindrico-conique, munie d’une gaine ventrale brune, détachée à l'extrémité et descendant très-bas sur l'enveloppe de l'abdomen. Sa couleur générale est le rougeàtre obseur; cependant la partie antérieure et l'enveloppe des ailes sont brunes avec les anneaux abdominaux plus clairs; enfin, la pointe est courte, noire ef inclinée du côté de la gaine ventrale.

En hiver et au printemps, l'insecte parfait éclot trente-cinq ou quarante jours après la transformation de la chenille, et cela toujours dans la matinée. J'ajouterai qu'il se développe très-rapidement.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0",0025 à 0",0027.

Les ailes sont larges, soyeuses, à moitié diaphanes, sans lignes, d’un blanc pur et irisé chez les individus frais, mais un peu jaunâtre chez ceux qui ne le sont plus. Les supérieures ont la côte d’un fauve brunâtre, continue et lisérée en dessous d’un trait fin qui est d’un blanc de lait. La frange est concolore et précédée d’une série de points noirs placés sur les nervures. En outre, un très-petit point noir se voit à l'extrémité de la disco-cellulaire; ce point manque

quelquefois chez la femelle. Les antennes sont blanches ; le front est jaune et teinté de roux; le thorax et l’abdomen sont blancs.

La femelle est ordinairement plus grande que le mâle: elle lui ressemble d’ailleurs.

Je crois que les générations de l'Unionalis se succèdent sans interruption, mais que pour les sujets qui volent en hiver, la croissance se fait beaucoup plus lentement que chez les autres. Ce que je puis dire, c’est que j'ai pris assez abondamment l'insecte parfait au printemps (1), en automne et quelquefois en hiver.

Cette espèce qui est vive, vole rapidement dans la campagne et sur les collines cultivées des environs d'Hyères, de Marseille, de Montpellier et autres lieux de la Provence.

Il est fort étonnant que Duponchel nous dise qu'on la prend dans les endroits marécageux du midi de la France (VIT, 2° éd., p. 155), où cependant ne croissent jamais les oliviers.

Les seuls pays où l’Unionalis ait été rencontrée jusqu'à ce jour , sont l'Italie, la Dalmatie, la Provence et le Languedoc. Il est supposable que tous les lieux où vient spontanément l'olivier, fournissent cette jolie Pyralite; et il est probable qu’elle est commune en: Afrique où cependant elle n’a point encore été signalée.

Obs. Elevée sur une branche d'olivier, enfermée sous une gaze , la chenille arrive fort bien à l'état parfait; mais il n'en est pas ainsi de celles qui sont placées dans d’autres conditions.

Tinen Oleastrella (2), Mir.

(Species nova. ) (PI. 55, fig. 7 à 9.) J'avais primitivement rapporté cette petite Tinéide à l’une des deux (1) Je l’eusse sans doute pris en été si, à cette époque de l’année, je me fusse

trouvé dans le Midi.

(2) Du latin Oleaster, olivier sauvage.

Tinea Oleastrella. n espèces observées par feu Boyer de Fonscolombe : lElachista (4) Oleælla et 'Æcophora Olivella (Ann. de la Soc. ent. de Fr., année 1857, t. VI, p. 179-187, pl. 8, fig. 4 et 5); mais je ne tardai pas à reconnaitre qu'elle n’était ni l’une ni l’autre et qu'elle devait bien certainement représenter une espèce nouvelle.

La chenille de la Tinea Oleastrella ne peut pas être celle de lune des deux espèces précitées, par la raison qu'elle n’a nullement, ainsi que je le dirai dans un instant, les mœurs des chenilles observées par M. Boyer de Fonscolombe.

Jajouterai que la description des insectes parfaits et leurs figures par Duponchel (Supp. IV, p. 434-439) ne s’y rapportent en aucune manière.

Elle est fusiforme, très-atténuée aux extrémités, d’un vert plus ou moins obscur avec plusieurs lignes longitudinales à peine plus accusées que le fond, excepté cependant la vasculaire qui est large, brune et continue. La tête est petite, cordiforme et d’un jaunâtre testacé qui est la couleur de la plaque du premier anneau. Les pattes écailleuses sont d’un vert foncé, les autres sont concolores avec la couronne brune, Tous les anneaux du milieu sont lavés trèslégèrement de rouille : cette nuance n’est pas constante, car pluseurs sujets n’en présentent pas de traces. Les stigmates sont noirs et sont placés sur un front vert clair. Elle vit en automne sur l'olivier cultivé, Olea europea, mais principalement sur l'olivier qui croit spontanément; ©. oleaster (sauvageon). Elle n'’attaque que les feuilles récemment développées dont elle commence par ronger le revers où, jusqu’à sa troisième mue, elle se tient fixée pendant le jour. Après cette troisième mue, elle file dans la gerçure

(1) Atemelia, Herr.-Sch., Stgr.

mn CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS.

d'une branche une galerie ouverte aux deux extrémités, s’y blottit et n’en sort que la nuit pour courir sur les feuilles : elle les explore longtemps avant de les ronger. Sa vivacité est telle, qu'on peut à peine l’imaginer ; elle est de plus fort délicate et d’une éducation difficile.

Des chenilles très-petites de l’Oleastrella, envoyées des environs d'Hyères le 7 novembre 1863, se sont métamorphosées vers la fin du même mois, chacune dans une petite coque solidement tissée dans la mousse d’un vase qui les renfermait.

La chrysalide est relativement petite, allongée et d’un brun rougeûtre. Quinze ou vingt jours après la métamorphose, arrive l'éclosion de la Tinéide.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0",021 à 0,022.

Ce petit lépidoptère me parait appartenir au genre Tinea proprement dit : il en a d’ailleurs la plupart des caractères. Les ailes supérieures sont longues, étroites, rectangulaires, un peu falquées, à angle apical obtus et ont, au premier abord, un aspect terreux. Sur le fond gris clair, lavé de rougeàtre à la base, au centre et à l'extrémité de l'aile, on voit un grand nombre de trèspetits points ou atomes bruns serrés qui en recouvrent assez régulièrement la surface. Il existe en outre plusieurs taches noiràtres ainsi disposées : la première, de forme triangulaire, est placée sur le bord interne, au tiers environ de l'étendue de l'aile; deux ou trois autres taches allongées se montrent à la hauteur de la coudée, une à la pointe qui précède l’apex, et enfin une dernière à la frange de l’apex mème. Les ailes inférieures sont allongées, cultriformes, gris foncé, unies, luisantes et garnies, ainsi que les supérieures, de longues franges soyeuses et concolores. Le dessous est d'un gris ardoisé, luisant, sans aucun dessin. Les antennes sont presque aussi longues que le corps, filiformes et brunes. La tête est

Eupithecia Cocciferatu. 45 laineuse et blanchâtre. Les palpes, un peu recourbés en crochet , sont assez longs, dépassant la tête, et garnis d’écailles blanchâtres, sauf le dernier article qui est nu; les yeux sont gros et noirs. Le thorax et l'abdomen sont de la couleur des ailes supérieures. Le corps en dessous et les pattes sont gris de fer et luisants.

L’insecte varie peu : on rencontre pourtant des sujets d’un gris jaunûtre.

La T. Oleastrella, qui doit avoir plusieurs générations par an, ne par'ait pas très-abondante dans les lieux où croissent les oliviers. Je l'ai prise au vol en hiver dans le département du Var (41). Sa vivacité est aussi très-grande : pour se soustraire au danger, elle disparait sous les gerçures avec une remarquable facilité.

Je place cette Tinea après la Clematella, Step. (Arcella, F.-7Z.), Dup. Sup,, pl. 85, fig. 13. Elle portera le n° 41,213 bis dans le catalogue Stgr.

Eupitheein docciferata (2), Mir.

(Species nova.)

(Pl: 56, fig. 1 2 4.)

Elle est assez courte, carénée sur les cités, atténuée antérieurement, à tête petite et globuleuse. Ainsi que certaines chenilles du genre Acidalia, tout le corps est plissé transversalement et présente de nombreuses rugosités qui ne sont autres que l'effet produit par la peau plissée. Elle est généralement d’un jaune plus ou moins

(1) En décembre et en janvier 1857, nous l'avons prise plusieurs fois, feu Bruand d'Uzelle et moi, dans la campagne d'Hyères. Je lai retrouvée en 1861 aux environs d'Amélie-les-Bains (Pyr.-Or.).

(2) Du nom spécifique Coccifera (Querceus coccifera).

accusé, lavé de verdâtre avec les dessins assez bien indiqués en brun rougeàûtre. La ligne vasculaire est fine et ne se distingue pas toujours ; cependant on voit sur chaque anneau, du deuxième au neuvième, une longue tache ou ligne brisée qui descend diagonalement à droite et à gauche. La sous-dorsale, qu'on n’aperçoit bien que du quatrième au neuvième anneau, est interrompue sur les incisions. La stigmatale, ainsi que la précédente ligne, est interrompue et ne règne que sur les anneaux du milieu. Ces deux lignes sont reliées entre elles par une sorte de chevrons qui n’est autre que l’un des cités de la ligne brisée dont il a été précédemment question.

Les stigmatales sont relativement petits, blanes et cerclésde noir. Le ventre est gris verdâtre avec une ligne centrale claire, fine, mal indiquée et interrompue du deuxième au dixième anneau. La tête est globuleuse et d’un rougeûtre obscur. Les pattes écailleuses sont d’un jaune rougeàtre avec le dernier article brun; les anales sont concolores.

Cette chenille mange pendant le jour et grossit avec assez de rapidité. Elle n’a encore été trouvée que sur les Quercus ilexæ, suber et coccifera , et attaque plutôt les fleurs que les jeunes feuilles de l’arbre qui la nourrit. Des chenilles de cette espèce, recueillies en mai, ont dû sortir de l'œuf un mois plus tôt. Elles se sont métamorphosées au commencement de juin. Je dirai encore qu’au rebours de la plupart des chenilles d'Eupithecia, celle de la Cocciferata est d'une éducation difficile.

Au moment de la métamorphose, la chenille descend de l'arbre, se retire sous la mousse et se fabrique une coque solidement tissée dans la composition de laquelle il entre des grains de terre et des détritus de végétaux liés au moyen d'une soie brune. La transformation a lieu quelques jours après.

La chrysalide est conico-cylindrique, assez allongée, d’un rougeàtre obscur, et luisante. L’enveloppe de la tête, des ailes et celle de la pointe abdominale sont d’un brun noirâtre.

L'éclosion de la petite Phalénite n'arrive pas avant les premiers

Eupithecia Cocciferata. 47 jours de mars de l’année suivante. Elle demeure, comme on le voit, un temps relativement très-long en chrysalide : ce qui lui est commun avec le plus grand nombre des chenilles d'Eupithecia qui ont été étudiées.

INSECTE PARFAIT

Je suis surpris que cette Eupithecia n'ait point encore été décrite, car elle n’est pas très-rare dans certaines provinces méridionales, et sans doute partout ou croit le chêne vert.

La Cocciferata est de la taille des Eupithecia Denotata et Innotata : c'est dans le voisinage de ces deux espèces qu'il convient de la placer. Bien que de couleur sombre, elle n’en est pas moins une des plus caractérisées du genre, par la forme et la régularité des dessins de ses ailes, mais plus encore par son facies particulier.

Voici la description de cette Eupithecia nouvelle, faite d’après sept individus des deux sexes qui tous ont été obtenus ab vo.

Envergure : 0",030 à 0",034, |

Les ailes sont entières, épaisses et fournies d’écailles, assez longues et larges, d’un aspect nébuleux et velouté. Les supérieures, bien qu’assez allongées, le sont moins que chez l’Innotata, et les inférieures ne sont pas arrondies ainsi que celles de cette dernière espèce : elles sont coupées carrément et ont le bord extérieur plutôt rentré qu'arrondi. Ces quatre ailes sont généralement d’un brunâtre plus ou moins accusé, avec les lignes et les dessins très-bruns ; le tout est lavé d’une teinte chaude et parfois verdâtre. La ligne transverse et caractéristique, commune à beaucoup d'espèces congénères, existe bien, mais elle est mal arrêtée et ne se distingue pas toujours. Cette ligne, qui est la coudée proprement dite, est dentée extérieurement et finement lisérée de noir. La subterminale et l'extrabasilaire sont encore moins arrêtées, plus nébuleuses, plus vagues que la précédente; cependant le point cellulaire est toujours bien indiqué en noir. Les inférieures, un peu moins aspergées d’atomes noirs que les

précédentes ailes, n'ont guère que des traces de bandes transversales, visibles seulement au bord abdominal. Le point ordinaire est allongé et assez mal écrit; il n’existe pas toujours. Les franges, aux quatre ailes, sont médiocrement longues, concolores et entrecoupées de brun. Entre chaque nervure on voit un petit trait noir, un peu courbe , éclairé extérieurement et précédant immédiatement la frange. En dessous, les ailes sont d’un gris foncé, luisantes, avec les taches transversales moins accusées aux premières ailes qu'elles ne le sont en dessus ; c’est le contraire qui arrive aux inférieures. Cependant le point cellulaire est bien indiqué aux quatre ailes, ainsi que les traits noirs qui précèdent la frange. Les antennes sont courtes, filiformes et concolores. Tète brune ; palpes gros, dépassant le front et recouverts de grossières écailles brunes. Thorax et abdomen concolores; ce dernier est muni de très-petites crêtes brunes.

La femelle ne diffère du mâle que par sa taille un peu plus grande.

Cette espèce, que M. Dardoin, de Marseille, et M. Daube, de Montpellier, élèvent chaque année, n’a encore été trouvée que dans la Provence et à Celles-les-Bains (Ardèche). J'ai recueillt moi-même un certain nombre de chenilles ; mais ne les ayant pas élevées avec assez de soin, je n'ai obtenu que fort peu d'insectes parfaits.

La Cocciferata varie : il est des sujets à ailes moins chargées d'atomes bruns, où l’espace médian est mieux indiqué, et qui sont d'un aspect plus clair que le type.

L'espèce ne peut avoir, on l’a compris par ce que j'ai dit des habitudes de la chenille, qu'une seule génération par an. Dans le species Guenée, elle portera le n° 4,438 bis, et dans le catalogue Staudinger, le n° 684 bis.

Obs. Avant d'achever cet article, je fais remarquer que plusieurs entomologistes peuvent avor en collection sous le nom de Guinardiaria celte mème Cocciferata que j'ai possédée moi-même longtemps sous ce faux nom.

Avant peu je pense donner l’histoire de la vraie Guinardiaria, Bdy., tout aussi remarquable par la chenille que par l'insecte parfait.

Bombyx Ilicis. 49

Bombyx (!) Elicis.

Ramb. Cat. Syst. Andal., pl. 5, fig. #4 — Bdv. Index meth. 575. — Dup. Cat., p. 75. — Stgr. Cat., 226.

(P1L56, fig. 5 à.8°) CHENILLE.

Par sa forme relativement allongée et son aspect particulier, on peut dire qu’elle s'éloigne de toutes ses congénères. Elle serait cylindrique si elle n’était atténuée antérieurement et si elle n'avait le pénultième anneau un peu relevé à la manière de certaines chenilles de Catocala. Sa couleur générale est le roux obscur : elle est simplement pubescente, et il règne sur la région du dos deux lignes d’un fauve très-chaud qui forment par leur réunion sur les incisions une sorte de losange, et cela sur chacun des anneaux, du deuxième au onzième compris. Le deuxième anneau, le troisième, le cinquième et le dixième sont marqués de deux taches noires placées après la première paire de trapézoïdaux : ceux-ci sont d’un jaune vif ainsi que les points pilifères qu'on remarque sur les flancs. Les deux autres lignes ordinaires, la sous-dorsale et la stigmatale, n'existent pas. Le onzième segment est plus relevé que les autres et présente une petite caroncule noire très-caractéristique. On distingue difficilement les organes de la respiration : ils sont blanc-bleuâtre et cerclés de noir. Le premier anneau, différent des autres, est dénudés moins large et d’un gris bleuâtre marqué de petits traits longitudipaux foncés. La tête est petite, un peu aplatie, cordiforme, maculée de brun et éclairée aux deux tiers de sa hauteur par deux taches blanches. Les pattes écailleuses sont d'un fauve rougeàtre et mar-

EE

(1) Genus Acnocampa, Ramb,

quées à la base d’un noir profond. Les autres sont concolores avec la couronne brune. Le ventre, sur un fond carné,présente, dans toute son étendue, une large bande noirâtre rétrécie à chaque incision. Cette chenille vit à découvert en mai et juin sur les Quercus ilex et coccifera : c’est, je crois, ce dernier chêne vert qui la nourrit le plus ordinairement. Elle attaque les jeunes pousses, et plus particulièrement les fleurs de l'arbre qu’elle quitte toujours lorsqu'arrive pour elle le moment de la métamorphose. La chenille cherche alors un lieu convenable où elle pourra tisser une coque papyracée, brune, très-solide, dans la composition de laquelle elle fait entrer des fragments de végétaux. L'éclosion du lépidoptère arrive cinq ou six semaines après la métamorphose de la chenille.

INSECTE PARFAIT

Comme il n’a encore été figuré que la femelle du Bombyx Ilicis, et cela dans un seul ouvrage iconographique (1), je pense être agréable à mes lecteurs en faisant représenter les deux sexes, qui diffèrent notablement l’un de l’autre.

Le mâle porte une envergure de 0",023 à 0",024. Il est bien moins grand que le Crataegi ; néanmoins on pourrait, au premier abord, le prendre pour un petit exemplaire de ce Bombyæ. Les ailes sont larges, bien développées, arrondies. Les supérieures, au repos de l’insecte, sont en toit écrasé : elles sont grises avec un léger reflet verdätre lorsque la lumière les frappe obliquement ; leurs dessins sont nettemment accusés en noir. L'espace médian, gris foncé, est limité par une ligne basilaire fortement dentée et par une coudée qui traverse l'aile obliquement et qui, plus large au sommet qu’à la base, est finement éclairée de blanchätre extérieurement. Une autre ligne subterminale, brune, interrompue, précède une série de points noirs

(4) Rambur : Catalogue systématique des Lépidoptères de l'Andalousie, pl. 5, fig. &.

Bombyx Ilicis. 51 triangulaires placés sur la frange qui, elle-même, est assez longue, concolore et entrecoupée de petites taches brunes contiguës aux points triangulaires précités. Les inférieures sont d’un gris foncé presque brun, et n’ont pour tout dessin que la ligne de points t'iangulaires qui caractérise la frange des supérieures. Ces franges des ailes inférieures sont assez longues et, en outre, plus claires que le fond. Le dessous des quatre ailes est semblable au dessus des inférieures ; cependant elles sont toutes traversées par une ligne brune centrale. Le corps est robuste et velu. Les antennes sont très-pectinées et brunes; la tête et le thorax sont de la couleur des supérieures ainsi que les pattes.

La femelle, plus grande que le mäle, mesure 0,028 à 0,030. Les ailes sont plus allongées et généralement plus brunes; elles ont l’espace médian plus accusé, et sur leur milieu se détache le point cellulaire qui est grand et blanchätre. Ce dernier caractère n'existe pas chez le mâle. Le dessous est aussi très-brun, et la ligne transverse qui se voit chez l’autre sexe, se détache en clair sur le fond. Les antennes sont très-ciliées, brunes, avec la côte blanchâtre. Le thorax est velu ainsi que l’abdomen; celui-ci est gros et dépasse les ailes inférieures.

Cette espèce, découverte en Espagne par M. le D' Rambur qui l’a décrite le premier, a été retrouvée dans la Castille-Vieille par M. Staudinger qui l’a élevée de chenille. C’est d’après des sujets obtenus ex larva appartenant au cabinet de ce naturaliste que j’ai fait mes descriptions.

Les entomologistes d’Aix-en-Provence, m'écrit M. Zeller, de Zurich, élèvent de temps en temps la chenille du Bombyx Ilicis; cependant cette espèce est toujours une grande rareté.

Voici trois espèces à ajouter aux nombreuses Acidalies qui déjà ont été publiées. La récente découverte de ces nouvelles venues fait espérer que la matière n’est pas épuisée, et qu'avant peu d’années leur nombre pourra augmenter sensiblement, d’autant plus qu’aujourd'hui les lépidoptéristes paraissent se livrer à leur recherche avec une prédilection marquée.

Ni l’une ni l’autre de ces trois espèces n’ont encore été figurées ; elles ont cependant été publiées.

Acidalia Robiginmata, Sren.

Ann. Soc. ent. de Stettin (année 1862, p. 267).

(Pl 57, fig. 4 et 2)

Cette Acidalia, qui appartient au groupe C du species Guenée, ne saurait être confondue avec aucune autre espèce.

Envergure : 0",018 à 0",020.

Les ailes sont entières, un peu épaisses, soyeuses, d’un jaune d'ocre plus foncé sur les bords qu'à la base et rappelant la teinte de la Perochreata, Sa congénère. Les lignes transversales sont disposées à peu près comme chez l'Aureolaria, Les ailes supérieures présentent trois lignes transversales noires : celle du centre, en zigzag, est trèsanguleuse. La frange, médiocrement longue et brune, est précédée d’une éclaircie festonnée, précédée elle-même d'une ombre qui s’affaiblit en s'’avançant au centre de l'aile. Les inférieures ne sont caractérisées que par deux lignes transverses noires, dont la seconde présente extérieurement un angle vif. L'espace ombré qui vient avant la frange se voit aussi. Le point cellulaire est indiqué en noir aux quatre ailes. Sur la frange même il existe des points qui correspondent aux nervures et qui alternent avec les traits noirs qui précèdent immédiatement la première. En dessous, les ailes sont plus

Annales de la Sociète Linneenne de Lyon

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Acidalia Pecharia. 53 foncées ; elles sont aspergées d'atomes bruns, et les lignes, qui ont la même disposition qu’en dessus, sont plus accusées. On voit également aux quatre ailes le point cellulaire. Les antennes sont courtes, moniliformes, concolores en dessus, et brunes en dessous. Le front et le thorax sont de la couleur des ailes. L'’abdomen est grèle et ocreux. Les pattes sont également ocreuses.

La femelle est semblable au mâle.

Lors de son dernier voyage en Espagne, M. le D' Staudinger à capturé cette jolie espèce à San Ilfonso (Vieille-Castille) , en juin ou juillet, dans des lieux très-herbus où elle volait à la tombée de la nuit. On ne sait absolument rien de sa chenille.

L'Acidalia Robiginata fait partie de mon cabinet. Plusieurs entomologistes français la possèdent aussi. Elle doit trouver place apres la Perochreata, et porter dans le species général le n° 738 bis.

L'espèce n’a point encore été comprise dans le catalogue Stgr.

Acidalia Pecharia.

Ster. Ann. Soc. ent. de Stettin (année 1862).

(PI. 57, fig. 3-et 4.)

Envergure : 0",016 à 0",017.

On ne peut non plus confondre cette petite espèce avec aucune autre Acidalie.

Les ailes sont assez allongées, avec les lignes et les dessins mal indiqués. Elles sont d’un gris de poussière, aspergées de nombreux atomes foncés qui, par leur nombre, dissimulent les lignes ordinaires; cependant on distingue bien la bande marginale qui est sombre, en zigzag et finement liserée de blanchâtre intérieurement. La tache cellulaire existe aux quatre ailes, mais elle est assez peu apparente. Les franges, médiocrement longues et d’un gris jaunâtre, sont

précédées de points noirs bien visibles qui ont aux inférieures la forme de petits traits noirs. Le dessous présente à peu près les mêmes lignes et les mêmes taches qu'en dessus, mais le tout est moins foncé. Les antennes sont à peine ciliées; elles sont blanchàtres ainsi que le haut de la tête. Le thorax et l'abdomen participent de la couleur des ailes. Les pattes sont blanchâtres : les inférieures sont garnies de poils plus longs qu’à l'ordinaire; enfin le fémur des premières pattes est relativement court.

L’Acidalia Pecharia à étè trouvée, il y a plusieurs années déjà, aux environs d'Ofen (Basse-Hongrie ), par un entomologiste zélé, M. Pech, à qui elle fut dédiée.

Elle sera placée après la Calunetaria, Stgr. (Dorycniata, Bell. Ann. Soc. ent. de Fr., 1869, p. 198, pl. 4, fig. 4.), et portera le n° 812 ter dans le species général.

Cette petite espèce, bien que rare encore, commence à se répandre dans les collections. J'en possède un exemplaire femelle obtenu ex larva.

Je n'ai rien appris sur la chenille de la Pecharia.

Acidalia Folognearia.

Stgr. Ann. Soc. ent. de Stettin (Année 1862, p. 264 ).

(PI 57, fig. AOVA 12)

Envergure : 0",048 à 0,019.

C'est à l'Acidalia Straminata, Tr. (Gn. 851) que cette espèce a été comparée. Bien que plus petite et avec des ailes plus allongées et plus aiguës à l’apex, la Folognearia sera mieux placée après cette Straminata que partout ailleurs. L'insecte est généralement d’un jaune paille clair, sali par de nombreux atomes noirs irrégulièrement répandus sur toute la surface des ailes. Les lignes ordinaires

Lu

Acidalia Folognearia. 55 sont mal indiquées, mais elles sont plus visibles cependant que celles de la Straminata. Ces lignes qui sont au nombre de quatre sur les ailes supérieures, et de trois sur les inférieures, sont presque droites, sauf la basilaire qui forme un coude avancé sur l’espace médian; on voit le point cellulaire indiqué en noir sur les quatre ailes. Les franges sont de la couleur du fond : à leur base il existe une ligne de points nervuraux noirs et assez gros. Le dessous est plus sombre : le sablé noir est plus serré; la tache cellulaire aux quatre ailes et les points nervuraux sont mieux marqués qu'en dessus; enfin une ligne transverse brune, dentée, flexueuse qui traverse les ailes, est indiquée sous forme de points noirs rapprochés. La tête est brune, les antennes et le front sont blancs; le thorax est d’un ton un peu plus chaud que le reste. Le corps qui est grèle est de la couleur des ailes. Les pattes antérieures sont brunes à la base, les postérieures n’ont pas de tarses chez le mâle. Les deux sexes possèdent ces pattes fort longues; elles sont plus grandes que je ne les ai remarquées chez aucune espèce du genre.

La femelle qui est de la taille du mâle s’en distingue par l’abdomen plus renflé et par la basilaire des ailes supérieures mieux écrite.

M. Staudinger nous dit qu'il a recu cette espèce de l’entomologiste M. Fologne, de la Belgique, auquel il l'a dédiée. M. le D' Breyer, ajoute-t-il, en a trouvé de son côté deux exemplaires dans des lieux incultes. Enfin l’auteur de la Monographie des Sésies européennes ajoute qu'il a reçu de la France occidentale une femelle de la même espèce. Cela étant, l'Acid. Folognearia, quia été trouvée pour la première fois en Belgique, doit appartenir à la faune lépidoptérique française.

Cette Acidalia nouvelle fait partie de mon cabinet; elle devra porter le n° 851 bis dans le species général, et dans le catalogue allemand le n° 55 bis.

Acidalia Nexata.

Hb. 401, 421. — Herr.-Sch. p. 32. — Bdv. 1887. — Dup. 271. — Gn. IX, p. 486. — Stgr. Cat. 27.

(PI. 57, fig. 5 à 9.)

Au printemps de cette année je faisais de l’entomologie à Ax-sur-Ariége (Basses-Pyrénées), et jy prenais une Acidalia femelle en assez mauvais état, que je rapportai à la Neæata, la plus exiguë peut-être de toutes les Phalénites connues. J'obtins de cette femelle quatre œufs fécondés qui sont éclos neuf jours après, c’est-à-dire le 18 mai. Je nourris avec soin ces microscopiques chenilles qui, au sortir de l'œuf, sont d’un jaune blanchâtre. Après la seconde mue, la vasculaire se prononce en gris foncé. Le 12 juin l’insecte avait atteint toute sa grosseur ; il ne mesurait pas plus de 0",017 à 0°,018 de long. Il est alors très-atténué antérieurement, caréné sur les côtés et d’un jaune verdàtre uniforme. La vasculaire assez bien indiquée, est continue, géminée, brun rougeàtre. On ne voit pas de sous-dorsale; la stigmatale est claire, large, flexueuse. Les stigmates sont ovales, bruns et presque imperceptibles. La région ventrale, d’un vert bleuàtre faible, laisse voir une seule ligne continue, assez large, mal indiquée et grisätre. La tête est petite, carrée, rougeûtre. Le premier anneau et les pattes écailleuses sont également teintés de rougeàtre. Les pattes anales sont concolores.

J'ai nourri ces chenilles avec les fleurs de la Linaria organifolia, D. C., plante fort répandue dans le fond des vallées chaudes des Pyrénées qui avoisinent l'Espagne. Cependant je crois cette espèce polyphage (1). J'ajouterai qu'elle est d’une éducation facile et qu’on l'amène aisément à bien.

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(1) Je dirai que je connaissais déjà la chenille de l'Acidalia Nexata, etqu'à

Acidalia Nexata. 57

Elle est lente dans ses mouvements, mais sensible au bruit : le plus petit froissement de la plante où elle demeure fixée tout le jour, l’oblige à se rouler sur elle-même et à se laisser tomber à terre.

Le 16 ou le 417 juin, un mois après son éclosion, la chenille filait quelques brins de soie blanche dans un coin du vase qui la renfermait, et tissait une coque légère dans laquelle la transformation arrivait bientôt après.

La chrysalide, un peu ramassée, est jaune, lavée de verdâtre, avec l'enveloppe des antennes et les incisions de labdomen plus ou moins rougeàtres. L’extrémité abdominale est brune et garnie de plusieurs petits crins divergents. L'éclosion a eu lieu à la fin du même mois de juin. L'insecte est donc resté en chrysalide une douzaine de jours seulement.

INSECTE PARIAIT

Envergure : 0,011.

Les ailes sont arrondies, luisantes, d’un blanc pur. Sur les supérieures on voit une ligne extrabasilaire, étroite, brune, mal écrite ; puis la coudée, suivie elle-même d'une large bande d’un gris argileux foncé sur laquelle se détache en blanc une bande terminale 1rrégulièrement large. La frange qui est blanche est précédée d'une série de petits points noirs. Les inférieures sont moins chargées de dessins que les supérieures; elles présentent néanmoins deux lignes transversales étroites, mal indiquées, avec le bord brunätre. Le point cellulaire est indiqué aux quatre ailes. En dessous, les supérieures sont très-blanches et marquées d’une large bordure brune

l'époque où j'en fis une première fois l'éducation, je l'avais nourrie avec plusieurs espèces de plantes : les Rubiacées, les Composées et certaines Crucifères. Le Diplotaxis tenuifolia, D.C., semblait lui convenir plus que toute autre. Je tenais ces premières chenilles de l'obligeant M. Staudinger qui me les avait envoyées de l'Espagne en mai 1858,

divisée elle-même par une subterminale blanchâtre. La côte est également brune. Les antennes, le thorax et l'abdomen sont blanchâtres.

La femelle, qui a un aspect plus élancé, présente une coloration différente : le large espace terminal foncé qu'on remarque chez le mâle existe bien, mais il est d’un argileux elair chez les sujets d'éelosion récente. Enfin l’espace basilaire et les lignes ordinaires sont largement teintés de cette couleur argileuse. L’abdomen est gros, conique et dépasse les ailes.

Cette Phalénite bien caractérisée doit avoir plusieurs générations ; elle vole à la tombée de la nuit, dans les lieux secs, mais cependant recouverts d'une végétation herbue.

Connue depuis longtemps déjà, elle a été rapportée de Andalousie par plusieurs lépidoptéristes qui y ont chassé les petites espèces.

Aujourd'hui la Nexata doit faire partie de la faune française. Elle a êté placée par M. Herrich-Schæffer dans le genre Emmiltis (Cleta), mais elle n’en à pas les caractères.

Noctun Conflun.

Treit. VI, 4° part. p. 405 et sup. X, p. 35. — Frey. Beitr. pl. 98, fig. 1. — Gn. Ind. 239. — Bdv. Icon. pl. 83 et Gen. 784. — Dup. IV, p. 140, pl. 109. — Herr.-Sch. 154. — Gn. V, p. 331. — Stgr. Cat. 91.

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