‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopt̀eres inédits (volume 3)Chapitre 3 sur 68 · L. c. p. 223, 257; Cat. 68 ; = Tengyraef. B. Gen., p · texte numérisé non relu

L. c. p. 223, 257; Cat. 68 ; = Tengyraef. B. Gen., p

(PI. 103, fig. 4 et 5).

Cette jolie Sma a été décrite en Allemagne ; mais elle n'a point encore été figurée ; ses premiers états sont, jusqu’à ce jour, restés ignorés.

La S. Monspeliensis rappelle assez sa voisine la Sesia Astatiforniis^ Herr.-Sch., bien qu’elle soit plus sombre et qu’elle présente de légères différences de coloration, notamment aux pattes postérieures qui sont annelées de noir, tandis que chez X Aslatiformis ces mêmes pattes sont unicolores. Ces caractères différentiels pourraient bien n’ètre que le résultat d’influences climatériques. Mais attendons de connaître la chenille de ces deux Sesia pour affirmer ou nier la validité de la Monspeliensis.

Cette Sésie qui vole en mai, ne paraît pas rare aux environs de .Montpellier.

Mon cabinet : deux <f et deux 9 .

Sesia Mimmigltoll'efil Stgr.

(PI. 103, lig, 6).

Je n’aî, dans l’une de mes précédentes livraisons, figuré que la 9 de cette Sesiffl (PI. 89, n» 1). Aujourd’hui, je représente le a* qui est assez différent de l’autre sexe, et qui n’était point encore connu. Cette espèce, dont les premiers états .sont toujours ignorés, provient des environs de Barcelone où, chaque année, en mai, M. Himmighoffen la récolte en certain nombre, butinant sur les fleurs, au soleil le plus ardent,

SIesia AgdlistiformiS) Stgr.

Stett, ent. Zeit. 18B6.

^ (PI. 103, fig. 7.)

Une des Sesia les plus caractérisées est certainement VAgdistiformis, Stgr., découverte depuis peu de temps. Elle a été décrite en 1866, dans les annales entomologiques de Stettin, mais elle n’a point encore été figurée. En faisant connaître le cf de cette Sésie si tranché, je regrette de ne pouvoir figurer la 5; mais j’apprends que celle-ci n’a pas encore été découverte.

La S. Agdistiformis cf porte une envergure de 0” 025, Elle a de grandes ailes délicates, soyeuses, et des plus luisantes. Son corps est grêle, c’est-à-dire que le thorax présente pour de si grandes ailes une remarquable ténuité. Ses antennes sont courtes et fines ; son abdomen très-mince est terminé par une touffe de poils épais et soyeux. Les pattes sont aussi fort délicates et très-longues; on voit deux paires d’éperons aux inférieures.

Sesia Diffusalis. 25

La teinte des ailes supérieures est d’une couleur assez pâle, tandis que toutes les Sésies les ont très-noires et rehaussées ou de jaune vif ou de rouge éclatant. Cette couleur pâle des ailes supérieures laisserait supposer que l’insecte est défloré ; il n’en est rien pourtant, car sa fraîcheur est telle que, vu à la loupe, on le croirait obtenu ex larvâ.

On ne sait encore rien des premiers états de la S. Agdistiformis, et, comme je l’ai dit, la 9 n’a pas encore été découverte.

Cette remarquable Sesia appartient à la Russie méridionale. Cabinet Staudinger : plusieurs cf .

Botys BîSTusalis, Gn.

p. 340. — Stgr. Cat. 139= Carnealis, Dup., p. 322, pl. 232, fig. 4.

(PI. 103, fig. 8 à 12.)

Elle est caractérisée par une grosse tête, seize pattes, et par sa couleur qui est d’un vert d’eau bieuâtre lavé de jaunâtre sur les flancs, avec les lignes ordinaires un peu plus claires que le fond ; ces lignes sont continues et ainsi disposées : la vasculaire est très-fine et se distingue à peine , mais la sous-dorsale est très-large et liserée de vert foncé en dessous ; la stigmatale est d’une largeur médiocre et sensi hlement ondulée dans toute sa longueur. La première paire de points trapézoïdaux est plus développée que la seconde; ces points, ainsi que tous les autres, sont relativement gros; ils sont cerclés de blanchâtre; chacun d’eux donne naissance câ un poil assez long. La tête est d’un testacé faiblement jaunâtre, avec la continuation des lignes sous-dorsales.

26 aiEiVlLLES ET LÉPIDOPTÈBES mÉDlTS,

Cette chenille vit sur le Marrubium vulgare (1) dont elle lie les feuilles, et aux dépens desquelles elle grossit rapidement en été. Elle demeure dans les feuilles qu’elle a réunies en paquet jusqu’au moment de l’éclosion du lépidoptère , car c’est là qu’elle se transforme en chrysalide.

L’espèce qui a trois et peut-être bien quatre générations en été , passe l’hiver en chenille sous une toile forte, double, serrée et blanche. Cette larve ne se transforme en nymphe qu’en avril, et éclot en mai. C’est à partir de cette époque que commenceront les générations de l’été, lesquelles se continueront jusqu’en automne (2).

La chrysalide, placée horizontalement au centre de sa toile, est allongée, rougeâtre, avec la gaine des ailes fortement prolongée en pointe.

Très-souvent, c’est-à-dire dans les proportions des deux tiers, un petit Hyménoptère éclot à la place du papillon attendu. Le plus ordinairement la chenille meurt au moment où la larve du parasite abandonne sa victime pour se transformer.

INSECTE PARFAIT

L’individu 9 , figuré par Duponchel (pl. 232) , est beaucoup trop grand , et sa couleur trop foncée ne donne qu’une idée imparfaite de hDiffusalis, Gn. ( Bo/i/s rapporté par l’auteur du Species à la Carnealis, Dup.)

Le type mesure O™, 01 7 à 0'",018 d’envergure; les ailes sont entièrement d’un rougeâtre carné, ainsi que les franges assez longues aux quatre ailes.

La 5 est un peu plus grande que le cf ; elle est d’un carné argileux

(1) Aux environs de Barcelonnc (Espagne), on la rencontre parfois sur les Lavatera, suivant M. Himmighoffen. En mars, je crois l’avoir remarquée au pied d’un Marrubium, en suivant le chemin de Résina au Vésuve.

(2) Renseignements fournis par M , Himmighoffen,

Phijllophüa Oblitéra. 27

plus ou moins prononcé. Cette î ayant été représentée imparfaitement, je donne une figure de l’un et l’autre sexe de cette Pyralite.

La Diffusalis paraît abondante aux environs de Barcelone (Espagne). Elle fait partie des faunes de Nîmes, Montpellier, Marseille, Celles-les-Bains , Cannes, etc. Je l’ai prise sur les terrains rocailleux des environs de Cannes, où croît le Marrubium vulgare. Bien que je ne l’aie pas vue au muséum de Naples, je pense qu’elle apparitent à la faune de ses environs.

Mon cabinet possède plusieurs cf et 9 .

Pl»ylI®gsMîâ (l) ©MIterata (2), Ramb.

Ann. Soc. ent. Fr. (1833). — Stgr. Catal. 841 = Winmerii, Tr. X, p. 148(1835). — Frey. II, pl. 162, fig. 4 et 5. — Dup. Sup. III, p. 516, pl. 44, fig. 2. — Bdv. n® 1391. — Gn. VI, p. 254. — Herr.-Sch., 255.

(Pl. 103, fig. 13 à IS.)

On ne connaissait qu’imparfaitement cette larve : c’est ce que nous a dit l’auteur du Species général. « On sait seulement, dit-il, qu’elle est de couleurs vives, avec les lignes ordinaires blanches, bien tranchées, et qu’elle vit sur VArtemisia absynthium. » Au reste, cette chenille n’a point encore été figurée.

Vers la fin de juin de l’année dernière, je recevais de M. Mabille, qui habitait alors Bastia (Corse), plusieurs larves de la Phyllophila Obliterata parvenues à leur entier développement , lesquelles ont peu tardé à se métamorphoser.

(1) Genre créé par M. Guenée aux dépens des Anthophila.

(2) Le nom spécifique de M. Rainbur doit primer celui qui a été imposé pos térieurement à la même espèce par Treitschke.

Cette chenille est allongée, cylindrique, avec les tO^et H" segments très-faiblement relevés ; elle est parée de couleurs vives , avec la tête semi-lenticulaire, le clapet anal formé, et 16 pattes normales. Le fond est d’un vert clair lavé de rougeâtre aux extrémités ; il passe au vert bleuâtre en dessous. Les trois lignes sont bien marquées, trés-blanches et continues ; la dernière de ces lignes, la stigmatale, est liserée de vert foncé en dessous ; le ventre est unicolore ; la tête est un peu aplatie, concolore, lavée de jaunâtre sur les côtés, avec les ocelles noirs ; les stigmates sont elliptiques, grands, carnés et très-nettement cerclés de noir; les 16 pattes sont concolores, mais les écailleuses ont le dernier article noir ; les poils sont clair-semés, courts et blanchâtres. « Cette larve, me mande M. Mabille, vit en Corse, sur VArtemisia caerulescens, L. » Je l’ai nourrie en capti vité avec rirZemisf a campestns, dont elle rongeait les feuilles préférablement aux fleurs. Deux jours avant la métamorphose, qui a eu lieu au commençement de juillet, l’éclat des lignes blanches avait disparu et la chenille était devenue d’un vert mat uniforme. Elle s’est transformée dans la mousse sans avoir formé de coque. La chrysalide est cylindrico-conique, assez courte, à pointe obtuse, d’une jaune rougeâtre, lavée de vert à la hauteur des ailes, avec l’enveloppe de celles-ci un peu saillante. L’insecte parfait a paru pendant les derniers jours de juillet à la tombée de la nuit.

INSECTE PARFAIT

Les individus d’un gris cendré rougeâtre qui nous arrivent de la Hongrie, sont considérés comme représentant le type, tandis que ceux qui proviennent de Corse seraient « d’un gris blanchâtre fortement sablé de brun, avec tous les dessins plus distincts, et notamment l’ombre médiane, les lignes de la base et les points terminants » . (Gn. VI, p. 255.)

Les sujets qui me sont éclos, tout en se rapprochant du type pour le gris cendré sensiblement rougeâtre, présentent des lignes trans-

Anruile.j- Je Ln. Société Li/méerme- de Lyon,.

23 Lia.

Année .PL Juif.

T.MUlière' et FoiJade- Jopuea' pl.p^ Debrca/ e'c.

1 à. 3, Tiylocampci Lithj'trhiyui', £orh. ir. k à B, Folypfuiej-Luf Servctna, Liznp.

\]\.ç ecé -LO , HelioÛii.Ÿ Nubu^tti'a, îfer.-ScA.

fmp.HouLs'te; â,r.Mtpnt>n .

Mipri£<UAr Col -

Ji

XyJocampa Lithorhiza.

versales claires bien accusées; la coudée est oblique, anguleuse aux deux tiers, avec le coude largement arrondi ; cette ligne n’est nullement sinueuse ou dentelée. Les ailes inférieures sont grandes, largement développées et d’un gris roussâtre.

Cette Anthophilide, suivant M. Rambur, n’est pas rare en juin aux environs de Bastia, dans les lieux marécageux des bords de la mer où sans doute croît communément VArtemisia caerulescens. Elle a le vol rapide et il est très-difficile de la prendre fraîche.

Mon cabinet : un cf et une $ ex larvé.

Xylocampa liltiaotiE'laiza, Bokk.

HO. — Tr. in, p. 66, et Sup. p. 118. — -Dup. ÏV, p. 191, pl. 1L2. Frey.pl. 70. — Step. li, p. 187. = Gn. ïnd., p. 246. — Bdv., 1207. — Gn.VI, p. HO. — Stgr. Cat. 640. = Areola, Esp. 141. = Operosa, Hb. 398. = La Brunâtre, Eng., 200, a. b.

(Pl. 104, fig. 1 à 3.)

C’est principalement par la chenille que cette espèce se sépare de toute autre Noctuelle, et forme genre. Déjà cette larve a été observée avec soin par l’auteur du Species général, qui nous a fourni sur elle d’intéressants détails, mais aucun iconographe, je crois, ne l’a encore représentée. Cette chenille de la Lithorhisa est effectivement des plus bizarres par la forme et les allures; elle est aussi des plus remarquables par la couleur. Au premier abord, il est presque impossible de ne pas la prendre pour une larve d’Ophiuside; il faut que l’éclosion de l’insecte parfait vienne vous prouver à quel point vous vous trompiez.

L'œuf éclot quelques jours après qu’il a été pondu, c’est-à-dire en février et mars dans la Provence, et en avril au centre et au nord de la France. La petite larve grossit très-vite; jusqu’à sa troisième mue elle est d’un gris ardoisé plus ou moins obscur, et, en la faisant tomber dans le parapluie, elle se montre des plus frétillantes. Lorsqu’arrive la quatrième mue, six semaines environ après sa naissance, sa livrée pâlit et les lignes se prononcent; elle descend de l’arbre où jusqu’alors elle a vécu à découvert, se cache au pied, près du sol, et, le soir, remonte au sommet des branches pour ronger les fueilles récentes dont elle fait .sa nourriture exclusive. Parvenue à son développement, cette chenille est très-allongée, fusiforme, rase, avec le pénultième anneau surmonté d’une petite caroncule bifide. Elle est généralement d’un gris argileux, avec seize pattes dont les ventrales et anales sont longues et bien développées ; la tête est petite et lenticulaire. Sur le fond clair, les lignes se montrent ainsi : la vasculaire est fine, blanchâtre,, divisée par un filet qui n’est bien visible que sur les incisions; cette vasculaire est accompagnée, de chaque côté, d’une large bande foncée visible seulement sur les 3% 4", 5® et 6® segments, et sur l’incision des 1®", 7®, 8® et 9® anneaux. Cette tache, qui varie du gris foncé au brun, est toujours plus prononcée sur le 7® segment que sur tout autre ; la sous-dorsale est fine, double, gris foncé, à peine indiquée ; la ligne stigmatale est étroite, un peu ondulée, blanchâtre, continue et ombrée de brun en dessus, principalement sur les quatre derniers anneaux. Les stigmates sont gros, elliptiques, clairs et cerclés de noir ; ils reposent sur la ligne même. La tête est concolore et marquée de deux petits traits bruns parallèles à la ligne sous-dorsale; les trapézoïdaux sont blancs et cerclés de noir ; la petite éminence bifide du 1 1 ® anneau est trèsbrune; le ventre est, ainsi que chez les chenilles de Catocala, mar-

Xilocampa Lühorhiza. 31

qué de grandes taches noirâtres; les pattes sont concolores; les membraneuses sont marquées extérieurement de petits points bruns superposés.

Cette Xylocampa est peut-être plus commune en Provence que partout ailleurs; mais elle ne parait rare nulle part. Elle vit sur les divers iom'cem, notamment \Qxylostemi (Chamécerisierdesbuissons). Mais à Cannes, à Hyères, à Amélie-les-Bains, je l’ai rencontrée plus spécialement sur le L. caprifolia.

Pour se chrysalider la chenille, qui doit passer neuf à dix mois dans son élat de repos, tisse sur la terre une coque papyracée, dans la composition de laquelle il entre des débris de végétaux. La chrysalide n’est pas moins remarquable que la chenillle : « Elle a aussi ses singularités, nous dit M. Guenée, chacun de ses anneaux porte un dessin arqué qui paraît sculpté avec art, et son extrémité anale est ruguertse- et coupée carrément. Elle n’a aucune trace d’appendice ventral. »

INSECTE PARFAIT

La Xyl. Lühorhiza qui, à elle seule, ainsi que je l’ai dit, compose le genre, semble ne pas varier dans nos départements du centre ; cependant on rencontre dans le Midi des sujets plus sombres et de taille plus grande, mêlés au type. Comme c’est un des premiers lépidortères qui se montrent et qu’il doit avoir besoin de se garantir du froid, il est revêtu d’une chaude fourrure. Si, dès le mois de mars, on trouve dans nos environs et autour de Paris, la Lühorhiza appliquée contre les murs et comme engourdie par le froid, en Provence on la voit éclore dès le mois de janvier et en février ; mais c’est en vain que, dans cette partie de la France, on la chercherait appliquée aux murailles, aux rochers ou aux troncs d’arbres. A ce propos, je ferai part d’une observation que j’ai faite bien souvent ; c’est qu’on ne rencontre jamais ou presque jamais en Provence des lépidoptères appliqués contre les troncs d’arbres, les murs etc., comme on les voit

si souvent dans le centre de la France (1). A quoi cela tienl-ii et comment peut-on raisonnablement expliquer ce fait, puisque c’est par tous les temps qu’il se produit? Les vents excessifs qui régnent bien souvent en Provence et dont l’effet tend à soulever et à emporter tous les corps légers qui ne sont pas adhérents à ceux qui les supportent, n’en sont-ils pas la cause? Mais non, ce ne peut être cela, car on trouve des Noctuelles et des Géomètres dans ces conditions chez nous par les vents les plus violents.

Obs. Les larves de deux grands parasites, d’ordre bien différent, un Diptère et un Hyménoptére, attaquent l’un et l’autre deux chenilles, celle de la Lithorhiza, que je viens de décrire, et celle de la Poly. Sericina, dont la description sera le sujet de l’article suivant. La larve du Diptère (pl. iO't, üg. 3) est celle de V Echinomyia Fera, espèce répandue un peu partout. L’autre larve, qui est celle d’un Ichneumonien, ne me paraît pas non plus très-rare. Je n’ai pu le déterminer encore d’une manière sûre. Il semble attaquer plus spécialement la larve de la Sericina. Au reste, cet Hyménoptére parasite m’a été fourni par d’autres chenilles de genres fort éloignés les uns des autres.

Polyphaenis Sericina, Lang.

Verz., 193. — Esp., p. 183, pl. 188, fig. 4. — Bork. 47. — Gn. VI, p. 71. — Stgr. Cat. 407. —Linogrisea, Hb., pl. 4. = Prospicua, Tr. II, p. 60. — Dup. III, p. 398, pj. 97, fig. 4. — Gn. Ind. 243. ~ Bdv., 1033. = Viridis de Vill. III.

(Pl. 104, fig. 4 à 8.)

L’œuf doit éclore au commencement de mars ; la jeune larve, pen-

(1) Cependant le 11 avril, après avoir quitté la Spezzia (Italie), pour nie rendre à Gênes, je trouvai sur la partie la plus élevée de la route, à près de 2,S00 m..

Polyphaenis Serisma. 33

dant les premières périodes de sa vie, estd’un vert faiblement bleuâtre, à demi diaphane, molle, délicate. A sa troisième mue, la couleur verte change de tou et devient glauque. Vers lami-avril, cettechenille est parvenue à son entierdéveloppement ; elle est alors médiocrement allongée, rase, cylindrique, très-faiblement bombée sur le iV segment, et sa couleur générale a passé au marron clair. Sur le fond on distingue des lignes ainsi disposées ; la vasculaire, qui commence au second anneau, aboutit au 1 r. Elle est assez large, continue, et d’un brun noir prononcé. Cette ligne présente sur chaque segment, près de l’incision postérieure, et sur le dernier tiers de chacun d’eux, un petit trait blanc rectangulaire. On voit à peine la sous-dorsale, mais les côtés sont occupés par une bande large, continue, foncée, sur la lisière inférieure de laquelle reposent les stigmates petits, blancs et entourés de brun. La tête et les pattes écailleuses sont d’un blanc clair ; les ventrales et anales, d’un vert livide ; les stigmates sont trèspetits et noirs.

Cette chenille est caractérisée dans ses mœurs par une habitude qu’elle semble partager avec plusieurs espèces du genre Cymatophora; en effet, au repos, pendant le jour, elle se tient sur une feuille, contournée en hélice, c’est-à-dire la tête touchant le centre du corps. Elle vitaux environs de Cannes sur divers Z/omcera, notamment le xylosteum, et sur le Phyllirea angustifolia, au milieu delà forêt de File Sainte-Marguerite ; c’est toutefois là que je l’ai rencontrée en notable quantité.

A Celles-les-Bains, j’ai remarqué cette larve vers la même époque sur leLocinera caprifolium, à la porte même de l’hôtel. A Lyon, où l’espèce est rare, c’est la chenille de la variété Prospicua qu’on trouve de loin en loin, et plutôt sur le L. xylosteum que sur le L. caprifolium.

sur une crête presqu’entièrement dénudée, une Lithorhiza fraîchement éclose appliquée contre une borne du chemin. Ce sujet est grand, d’un gris foncé, avec les taches du milieu des supérieures presque noires.

34 GHENILl.ES RT UîRIDOPTÈRES INÉDITS.

La chenille de la variété Prospicua, Bork., figurée par M. Freyer, lab. :2I3, paraît différer de celle de la Provence par la couleur beaucoup plus pâle et par la taille plus petite; cependant les lignes principales se retrouvent, bien que mal indiquées. « Elle est représentée sur VAlsine media; mais M. Freyer n’affirme pas que ce soit là sa nourriture réelle, puisqu’on l’a trouvée sur des feuilles sèches, et prête à subir sa métamorphose. Si l’observation confirmait ces différences, cette variété, malgré sa ressemblance avec la Sericina, devrait être érigée en espèce.» (Gn. VI, p. 72.)

La chenille que je figure, malgré ses dissemblances apparentes avec celle de l’iconographe allemand , représente , à n’en pas douter , la même espèce, c’est-à-dire celle de la Polyph. Sericina type.

Pour se métamorphoser, cette chenille, qui ne vit à découvert que jusqu’à sa troisième mue, construit une coque solide formée de grains de sable fiés fortement avec des fils de soie, et se transfoi'me bientôt.

La chrysalide est brune, à pointe courte, garnie à la base de crins recourbés à l’e.xtrémité. L’éclosion du lépidoptère, qui n’a qu’une génération, arrive à la mi-juin, et ordinairement à la tombée de la nuit .

LNSEGTE PARFAIT.

J’ai dit que la race du midi de la France est toujours la Sericina; dans le Lyonnais, c’est invariablement la variété Prospicua, Bork., laquelle présente une envergure plus grande, avec une coloration vert olive obscure moins blanchâtre à l’espace médian.

La Pohj. Sericina type appartient non-seulement à la France méridionale, à l’Italie (I), à la Dalmatie ; mais elle semble ne pas être rare dans la Catalogne et dans tout le nord de l’Espagne.

Le Eversmann, dans ses « Noctuélites de la Russie * , ne fait nulle mention de cette Polyphaenis.

(1) Je l’ai vue figurer au muséum de Florence et à celui de Naples.

ïleliothü Nnl}i{iera.

Heliothis ATublsera, P'riv

Herr.-Sch., p. 3()6. — Stgr. Cat. 784. — Eversmann, Noctuélites de la Russie , p. 465.

(PI. 104, fig. 9 et 10.)

Cette Noctuelle , découverte depuis peu d’années, n’est point comprise dans le Species de M. Guenée. Ni l’un ni l’autre des sexes de cette Héliothis n’est encore figuré. Elle est de la taille et présente assez le faciès de sa congénère Peltigera; elle s’en distingue cependant par un caractère très-important : un pinceau de longs poils concolores (pl. 104, fig. 10), dont sont garnis le fémur et le haut du tibia des pattes postérieures du d". Ce caractère essentiel et qui est constant, n’existe pas chez la î , laquelle diffère du o* par les caractères suivants ; les ailes supérieures tournent à l’argileux foncé, et les inférieures sont plus brunes que chez le d ; cependant les dessins des ailes sont tout aussi bien accusés que chez l'autre sexe.

La Nubigera a pour patrie la province de Sarepta (Russie méridionale) (1). Elle a également été trouvée aux environs de Beyrouth, Syrie) par M. Lederer, qui a bien voulu me confier les deux sexes de cette rare Héliothis , lesquels sont d’une conservation irréprochable.

Il ne m’a rien été appris des mœurs de la chenille , qui doivent être celles de la plupart des larves congénères, notamment de la Peltigera. Ces larves, comme on sait , vivent constamment à découvert de la fleur d’une foule de plantes. Je dirai à cette occasion que, surtout à Hyères, à Cannes, à Menton, pendant toute l’année, on voit

(1) Dans ses Noctuélites de la Russie, le Dr Eversiïiann dit avoir rencontré la Nubigera dans les montagnes de Gouberlinsk, du gouvernement d’Orenbourg.

abondamment les chenilles de la Peltigera sur tous les arbustes indigènes et exotiques, et que, par leur grand nombre, ces larves maudites à bon droit , causent aux amateurs de jardins et aux pépiniéristes un préjudice notable.

.le crois que personne ne possède en France VHeliothis Nubigera

EXPLICATION DES PLANCHES

EXPLICATION DES PLANCHES De la 23® Livraison (1868).

EXPLICATION DES FIGURES

Fig. 1. Chenille de la Saturnia Isabellæ , Grael.

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