‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopt̀eres inédits (volume 3)Chapitre 2 sur 68 · VI. 18 etig · texte numérisé non relu

VI. 18 etig

id.

Fchr&ttCL, Boyer de. Fonde.

Debray so.

J/np.lIouLt'tk’, Xr.Mù]ni.ni .

M'P^ Myruwiay Col.

Tuphonia Phryganilugubrelta. 7

mères nervures des secondes ailes, celles de la queue, sont presque entièrement jaunes ; le bord interne des inlèrieures est orné de longues franges soyeuses et concolores. Le dessous des quatre ailes est, à peu de chose près, la répétition du dessus ; la seule différence appréciable est le bord supérieur des secondes ailes qui est d’un jaune vif. Les antennes, qui sont médiocrement longues, sont remarquablement pectinées ; elles sont entièrement d’un brun ferrugineux ; la hampe est fine et se termine par une pointe aiguë ; les barbules sont réunies par deux et non disjointes à l’extrémité. La tête est jaune avec les yeux noirs; le thorax, fourni de longs poils, est vineux, et le prothorax est jaune ainsi que lesptérigodes. Le corps est très-villeux, jaunâtre, marqué de vineux en dessus et finement annelé de noirâtre.

La 9 s’éloigne principalement du a* par son envergure plus petite, les queues des ailes inférieures très-courtes et anguleuses, par les antennes qui ne présentent qu’une légère ciliation, etc.

Mon cabinet : un cf et une 9 ex larvâ, et six cocons de couleurs diverses.

Collection Dardoin, à Marseille ; un d".

TypSionisu PS^ryganilu^ubrellsft cf.

(PI. 102, lig. 1 à 3).

Celle Typhonia à" est peut-être distincte de la Phryganüugubrella, Brd. dont l’auteur de la monographie des Psychides n’a connu que la 9 ; mais la confusion dans ce genre difficile me paraît déjà si grande que j’aime mieux, jusqu’à nouvelle information, ne voir en ce lépidoptère que l’espèce précitée dont l’histoire des premiers états est à peu près inconnue. Bruand n’a donné sur la chenille qu’une indication très- vague et un dessin assez peu exact (1), Cet iconographe

(1) Ce dessin a été fait d’après une chenille morte dans son fourreau, depuis longtemps desséchée, et chez !a(}uelle les i’,ouleurs des plaques écailleuses étaient devenues très-confuses.

avoue que l’exemplaire unique qui a servi à sa figure et à sa description, « a été rapporté par MM. Lederer et Herrich-Schæffer à la Lugubrosella aiLugubrisapudGermanos). Il est possible, ajoute cet auteur, que ce ne soit là qu’une variété bien plus petite, et à antennes plus grosses, au contraire, o A cela je répondrai que si les insectes varient souvent par la taille, plus petite ou plus grande, il n’en doit être de même à l’égard des antennes, etqne])msquQhPhryganilugubrella o alesantennes beaucoup plus épaisses que la Lugiibrosella $ (Lugubris) qui, elle, les afiliformes, celle-là est bien évidemment une espèce distincte. De jdus, et ce fait doit paraître concluant, c’est que les trois d" obtenus ex larvâ, que je rapporte à la Phryganilugubrella, Brd. n’ont, chez aucun, les points blancs et si caractéristiques des ailes supérieures. Pourrai-je encore ajouter un dernier fait militant en faveur de mon opinion? c’est que « M. Stentz a pris plusieurs couples de Lugubrosella en chassant, il y aune dizaine d’années, près d’Ulreichsdorf, en Styrie, où il recueillit une centaine d’exemplaires de cette rare Psychide, dans une forêt récemment coupée où se trouvaient beaucoup de troncs pourris de sapins. Les voltigeaient en grand nombre autour des 9 . Plusieurs de celles-ci étaient posées sur des troncs pourris où M. Steutz trouva des chrysalides semblables à celles des Sesia et engagées dans le vieux bois. 11 en conclut que ces chrysalides étaient celles des Lugubris et que la chenille vivait à la manière des Sesia. » (I) {Monographie sur la tribu des Psychides, par Th. Bruand, p. 26). Et, dans ce même ouvrage, l’auteur nous dit, à l’introduction, p, 4 : « M. Lederer m'a assuré avoir pris des Lugubris, Hb. incopulâ et fraîchement éclos dans les Alpes d’Autriche, près de leurs chrysalides engagées dans le bois pourri de vieux troncs d’arbres. » La chenille de h Phryganilugubrosella, au contraire, habite un fourreau tubulaire qu’elle traîne sans cesse après elle, et où l’insecte opère ses

(1) Je (lois ajoater (jae Bruand croit cjne M. Stentz s’est trompé , et (jue les (chrysalides qu’il a découvertes appartiennent réellement à des Sesia.

Typhonin Phryçinnihujuhrplla. 9

diverses métamorphoses à la manière des Psychides, ainsi, do reste, que je vais le dire.

Dès le mois de septembre on la rencontre, cà moitié taille, traînant son fourreau. Elle passe l’automne, l’hiver et une partie du printemps ; elle grossit donc lentement et n’est parvenue à tout son développement que vers la fin de mai. Enlevée de son fourreau à cette époque, cette chenille vermiforme s’est ainsi montrée à mes yeux : elle est longue, cylindrique, un peu atténuée postérieurement, faiblement carénée sur les côtés, à seize pattes, avec les trois premiers anneaux et le dernier recouverts d’une plaque écailleuse noire et luisante. Ee fond est d’un jaunâtre ambré chaud, largement marqué de gris foncé sur les six premiers et les deux derniers segments. Le chapet anal et les points trapézoïdaux jaunâtres et luisants sont très-petits, mais visibles à l’œil nu. La tête est rétractile, noire et marquée de deux [)oints jaunâtres fronteaux. La plaque des trois premiers segments est de son côté marquée de plusieurs lignes d’un ton jaunâtre; le tube intestinal, d’un vineux bleuâtre, est très-visible sur les 1\ 8" et 9“ anneaux; les stigmates, quoique blanchâtres, sont à peine indiqués. Les pattes, écailleuses ainsi que toutes celles de Psyché destinées à traîner un fourreau, sont robustes, relativement longues et noires ; les huit ventrales sont petites, concolores, avec la couronne brune.

Cette larve, après avoir été retirée de son fourreau, et ensuite remise à sa portée, s’y est précipitée ; mais je n’ai pas remarqué qu’elle ait réussi à s’y retourner , ainsi que le font les Psyché Qi Fmnea en pareil cas.

On trouve la chenille de Phryganilugubrella, qui paraît avoir les mœurs de la Cilmis, Tr., sur plusieurs plantes basses et arbrisseaux ; cependant c’est l’esparcettequ’ellem’aparupréférer. Jel’ai rencontrée en grande quantité, aux environs d’Ax (Ariége), sur les pelouses.

rocheuses les mieux exposées. Pour se chrysalider, cette chenille ne quitte pas son fourreau, demeure sur le sable nu ou sur le gazon court, enfermée dans son enveloppe tubuleuse, laquelle présentant un certain poids, n’est point emportée par le vent, ainsi que le seraient ceux des Psyché, formés le plus souvent de fétus de paille ou de brins de mousse.

Le fourreau est allongé, cylindrique, tubuliforme, grisâtre, tissé de soie grise et recouvert de grains de sable et de parcelles rocheuses. Il ressemble à celui de la T. Ciliaris, Tr.

INSECTE PARFAIT

Le cf, toujours plus petit que la 9 , mesure 0” 020 àO™ 021 ; il aun peu le port de la Lugubrosella, Br. et de la. Ciliaris Tr. bien que plus petit. Les quatre ailes sontd’un noir fuligineux, opaque, mat, uniforme, bordé à la cote et en deçà de la frange, d’un liseré d'nn noir profond. Cette frange, médiocrement longue aux quatreailes, est blanchâtre (1). Les antennes sont sensiblement pectinées, pas très-longues, finissant en pointe aiguë, et entièrement noires ; le thorax est assez robuste et noir; l’abdomen, dépassant à peine les ailes inférieures, finit en deux pointes gi-isàtres. Le dessous ressemble au dessus, cependant le noir des ailes est moins intense, et si les pattes sont noires, elles sont annelées de blanc cà l’extrémité ; les postérieures ne possèdent qu’une seule paire d’éperons ; la î en a deux paires.

La Thyph. Phryganilugubrella cf et î , avant d’avoir été trouvée dans le département de l’Ariège, avait été rencontrée à Marseille, puis à Hyères ( Var) par feu Donzel . Depuis, je l’ai retrouvée une fois aux

(1) Ce caractère des franges blanches chez le S, alors qn’elles sont plus ou moins obscures chez la Ç, est partage par sa congénère la Ciliaris, Tr. {Mtlas Ciliaris, bup.).

Psyché Abencerragella. H

environs de Cannes où l’espèce paraît fort rare. Cependant à Axsur-Ariège, comme je Pai dit, elle est des plus abondantes (1).

Collection -Donzel : un cPetune ?

Mon cabinet : trois cP ex larm, et deux î , dont l’une a servi à Rruand à créer l’espèce.

Obs. Bien qu’il ne me soit éclos que des cf, j’incline fortement à penser que ceux-ci appartiennent à la Phryganilugubrella de Bruand ; en effet, une î a été prise au vol dans un lieu oü, à Ax, de nombreux fourreaux du o* furent rencontrés.

IPsycîte AtoeiacepragelSa, Mill.

(Speciesnova.)

(PI. 102, fig. 4 et 5.)

Si, comme j’essaierai bientôt de le démontrer, la prétendue variété constante de la Psyché Albidella (Ps. Millierella, Bdv.) est une espèce bien distincte, j’ai tout lieu de croire qu’une variété supposée delà Ps. Malvinella, constamment de couleur fuligineuse, est également distincte du type, et doit constituer une espèce séparée ; elle est de plus inédite ; car personne, que je sache, n’en a encore parlé.

(1) L’espèce appartient aussi à la faune napolitaine; en effet , lors de mon voyage en Italie, je remarquai dans le cabinet entoinologique de l’Université de Naples, deux individus, un ^ et une $ de cette rare Typlwnia sous les noms deChimera liMjubi'is. Ces deux sujets sont en tout semblables à ceux d’Ilyères, de Cnmcs et d’Ax ; ils ont été capturés par M. Achille Costa lui-même , directeur du muséum de Naples', la 9 '""ix environs de la ville, le cî sur le versant méridional d’Aspreraonte,

Voici la description de cette ma\eWe Psyché :

Envergure : O™ 013 à O™ 014. Bataille est un peu plus grande que celle de sa congénère Malvinella ; cependant la coupe des ailes de l’une n’est pas exactement celle de l’autre. En effet, Abencerragella a les quatre ailes un peu plus allongées, les antennes plus développées et mieux fournies d’écailles, le thorax plus robuste et l’addomen plus gros, Ce qui frappe tout d’abord chez cette nouvelle Psychide, c’est la teinte des quatre ailes qui, bien qu’un peu diaphanes, sont entièrement d’un noir fuligineux, avec les antennes, les poils du thorax et ceux de l’abdomen en dessus, d’un noir profond et mat. Les franges, la poitrine et les pattes sont d’un noir de charbon; cependant les poils de l’abdomen sont, en dessous, moins noirs qu’en dessus.

Je regrette de ne pouvoir faire connaître les premiers états de cette Psyché. Sa chenille etson fourreau doivent sans doute avoir beaucoup de rapports avec ceux de l’espèce voisine ifatomeWa.

La P. Abencerragella a été prise aux environs de Grenade (Andalousie), par M. Staudinger. Elle vole au premier printemps, au soleil le plus ardent.

Dans le Catal. Stgr., elle portera le n“ 161 bis.

Cabinet Stgr. : plusieurs o".

Mon cabinet : quatre mâles.

PsycUe Ci«iereBIa, Dur.

Supp. IV, p. 61, pl. 36, fig. 1. — Brd. Monog., p. 53, n" 30

aeA'dOb. = Villosella. Ramb. Cat. Syst. de l’Andal., p. 295.

(Pl. 102, fig. 5 à 12.)

Bien que M. Rambur, dans son savant livre, p. 295, nous dise en parlant de la Psyché Villosella, Och ; « Nous ne sommes pas certain que cette espèce habite l’Andalousie, ayant cru seulement la recon-

Psyché Cinerella.

naître d’après le fourreau de la chenille. » Et, qu’au renvoi qui suit, M. Rambur ajoute : « Cette espèce est commune dans le midi de la France, et on ne peut douter que ce ne soit elle que Fonscolombe ait désignée sous le nom Febretta : etc;» bien, dis-je, que l’habile observateur que je viens de citer ait cru reconnaître une Villosella dans la Psyché méridionale dont il va être question , je crois qu’il y a eu erreur de sa part. Il ne me paraît pas moins certain que c’est encore par erreur que la F'r&retîa Fons. ait été rapportée par M. Rambur, à la Cinerella, Dup. bien distincte, et par sa chenille et par ses moeurs, ainsi que je vais essayer de le démontrer.

La P. Cinerella paraît remplacer aux environs de Marseille, d’Hyères, de Cannes et de Nice, la P. Graminella si commune dans le Lyonnais, et si rare aux environs de Cannes où je ne l’ai prise qu’une fois mêlée aux P. Cinerella.

‘ La Psyché Febretta = Magnella, Brd., Monog., fig. 34, a et 6 = Maritimella, Brd. Ann. Soc. ent. Fr. 1858, pl. 12, fig. 2. = Vetulella, Ramb. (1).

La Febretta, dis-je , est une Psyché tout-à-fait séparée de la Cinerella, Dup., laquelle ne me paraît pas être la Villosella des Allemands.

Avant de décrire la chenille de la Cinerella , je crois devoir citertextuellement ce qu’a dit, de la Febretta, Boyer de Fonscolombe qui habitait Aix-en-Provence : « Onia rencontre, dit-il, dans les

(1) Selon moi, la Vetulella ne peut être que la vraie Febretta, Fons., et bien que M. Rambur ne dise pas à quelle époque éclot sa Vetulella (1), j’ai acquis la certitude que cette Vetulella n’éclot jamais au printemps; d’ailleurs, la description de la chenille s’accorde avec ce que Boyer de Fonscolombe a dit de celle de sa Febretta, et, mieux encore, avec ce dont j’ai pu m’assurer par mes notes recueillies pendant plusieurs années et mes dessins sur nature. Enfin, je crois que feu Bruand n’avait pas tort lorsqu’à son article Febretta,-^. 51 de la. Monographie des Psychides, il nous dit; « M. Rambur m’a communiqué récemment (sous le nom de Vetulella) une Psychide qu’il regardait comme nouvelle et qui n’est autre que h vraie Febretta. n

(t) Dont la chenille n’est parvenue qu'aux deux tiers de sa taiüe lorsque paraît le papillon de la P. Cinerella.

champs dès les premiers jours du printemps. Elle reste ordinairement vingt-six ou vingt-huit jours en chrysalide , et donne son papillon à la fin d’août. » Je souligne ces quatre derniers mots pourbien faire remarquer l’époque d’éclosion de la Febretta, tandis que la Cinerella, ainsi que la précédente Psyché, passe l’hiver et éclot invariablement du 15 aw 20 mai.

Voici la description de la larve de la P. Cinerella :

Dès le mois de novembre elle a atteint toute sa grosseur; elle cesse de manger en décembre, se lixe près du sol à un tronc d’arbre, à une branche d’arbrisseau ou à une tige desséchée de plante basse, rarement elle s’attache à une pierre. Elle passe ainsi les deux plus mauvais mois de l’hiver ; décembre et janvier. En février, elle recommence à manger; mais elle ne grossit plus d’une manière appréciable, se fixe définitivement au commencement d’avril , mais moins près du sol qu’avant l’hiver, et se transforme.

Parvenue à son entier développement, cette larve, enlevée de son fourreau, est médiocrement longue, cylindrique, très-plissée , rase, avec une large plaque écailleuse noire, luisante, séparée par un sinus, sur les trois premiers anneaux et une plaque entière sur le dernier. Le fond de la chenille est noir sur les anneaux précités , les segments intermédiaires sont d’un brun vineux sur le dos, et d’un jaune livide sur les flancs et le ventre. Les stigmates sont gros, ovoïdes , de couleur pourpre, cerclés de noir et comme en saillie. La tète, qui est petite et globuleuse, est rétractile ; elle est marquée de plusieurs taches blanches, et, au centre, d’un T renversé de même couleur (fig. 10). Les mandibules sont entièrement noires, les palpes également noirs, avec la base blanchâtre. Les trois premiers segments sont marqués au sommet par le sinus concolore qui partage la plaque écailleuse, puis,

Psyché Cinerella. 15

de chaque côté, par une large bande blanche, et au-dessous par deux autres bandes de même couleur, mais étroites. Les six pattes écailleuses sont remarquablement robustes , principalement la troisième paire, avec le premier article clair et les deux autres d’un noir de jais et luisants. Ces pattes, ainsi que le sommet des trois premiers segments, sont seuls garnis de poils fins et courts. La plaque du dernier anneau est à peine plus obscure que le fond. Les dix pattes membraneuses sont fort courtes et petites, d’un vineux clair, et, vues à une forte loupe, présentent au centre une tache ovale , orangée, formant ventouse, c’est-à-dire, disparaissant pour reparaître à la volonté de la chenille. Cette tache est entourée d’un dessin en fer à cheval ouvert du côté interne et formé par la réunion de petits traits noirs régnlièrement placés les uns à côté des autres (fîg. L2).

La chrysalide est allongée, cylindrique, atténuée aux deux bouts, d’un brun foncé; couleur qui s’affaiblit aux extrémités.

Après l’acte copulatif, la ç de la Cinerella sort à moitié de son fourreau et demeure ainsi, la tête en dehors, jusqu’après la ponte, puis elle rentre dans son enveloppe où elle tarde peu à mourir.

Le fourreau qui varie autant pour la forme que celui de Gratninella, est, chez le type , construit avec des pailles , quelquefois assez grosses et assez longues, placées les unes à côté des autres et quelques fragments de feuilles sèches de couleur plus ou moins foncée. Au reste, si ce fourreau varie, cela tient aux matériaux qui le composent, aux lieux que les chenilles ont habités. On les rencontre aussi bien dans la plaine que sur les petites montagnes, dans les lieux humides que dans les bois de pins bien exposés et très-secs (1). Il est bon de faire observer que si le fourreau de la Cinerella varie beaucoup, celui de la Febretta, au contraire {Vetulclla, Ramb.), varie fort peu. Ce dernier fourreau a été exactement reproduit par M. Bruand , pl. I,

(1) Les chenilles qui traînent ces fourreaux semblent cependant affectionner le voisinage des habitations; plusieurs fois je les ai trouvées dans mon jardin , d’autres fois je les ai vues fixées aux murs de ma maison , à Cannes.

iü CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS.

lig. 34 b, et par M. Rambur, pi. iïi, fig. 0. Quoi qu’il en soit, il n’est pas possible de confondre ce fourreau de la Fe/ire/to avec celui de la Ginerella.

Je me résume et dois dire que n’ayant pu me procurer la chenille vivante de la P. ViUosellaûes Allemands pour la comparer, il ne m’est pas prouvé d’une manière absolue que la Ginerella, Dup. n'est pas une espèce identique aveccetteFiWoseWa, mais que cependant jesuis certain que la Vetulella de M. Rambur, est la même Psyché que Isi Febretta de Boyer de Fonscolombe, précédemment nommée. Enfin, je fais oliserver que la chenille de la P. Villosella de Freyer (Tab. 663), est trop différente de celle de la P. Ginerella, pour supposer la chenille de la Villosella même espèce que la larve de Ginerella.

La figure 30 de la monographie Bruand me paraît vraie et la plus exacte de celtes que j’ai vues; seulement, comme le sujet a dû être peint d’après un exemplaire qui avait vieilli en collection, je dois reconnaître que cette figure est pâle, point assez fuligineuse, que la tache cellulaire des ailes supérieures n’est pas assez grande, et l’abdomen pas assez teinté de fauve à l’extrémité.

Le <f de cette Psychide possède à un haut point la faculté d’être attiré par sa $ , ce dont bien souvent je fus témoin à Cannes. En effet, ayant dans mon cabinet des î écloses, les cd s’y introduisaient souvent par la fenêtre ouverte et se posaient sur la cage qui contenait ces $ . D’autres fois je les trouvais le matin endormis contre les barreaux de la cage placée sur un balcon. Enfin, je ne dois pas oublier de signaler pour cet insecte un trait de mœurs que je n’ai encore observé chez aucune autre Psyché; je veux parler de l’instant de l’éclosion. Après avoir élevé ex larvâ un grand nombre de P. Ginerella , j’ai toujours remarqué que cette espèce, contraire-

' Psyché Cinerella. 17

ment à la plupart de ses congénères, éclosait, non pas dans la nicalinée, mais toujours vers la tombée de la nuit, c’est-à-dire entre cinq et sept heures, et, dès qu’arrivait le crépuscule du soir, commençai^ à voler; ce qu’elle continuait à faire pendant une partie de la nuit.

L’acte copulatif a lieu pendant la nuit, et non [)endant le jour, ainsi qu’il arrive pour les autres Psyché.

Le O* est très-vif ; s’il m’arrivait de ne point voir éclore quelques sujets , le lendemain ils étaient à peine reconnaissables , tant ils avaient volé dans la cage qui les enfermait.

La î a certaine ressemblance avec celle de la Mayniferella, Brd. ( 1 ) mais elle s’en éloigne par la taille plus petite , la couleur générale moins obscure; la teinte des plaques des trois premiers segments, lesquels, au lieu d’être noirâtres, sont jaunâtres; l’absence de la tache au-dessus de l’œil. Cette $ s’éloigne surtout de sa congénère par la présence de deux petites antennes, alors que celles-ci n’existent pas chez la Mayniferella.

Six ou sept jours après l’acte de la copulation, les œufs éclosent, et presque immédiatement les jeunes chenilles, après s’être construit une petite enveloppe portative, s’échappent rapidement à la recherche de leur nourriture.

Obs. Tout récemment j’ai pu m’assurer que la P. Cinerella fait partie de la faune napolitaine; en effet, le cf existe, en un seul exemplaire, il est vrai, dans la collection entomologique de TUniversité de Naples, parmi les insectes appartenant à la région des environs de cette ville.

Le 8 mars, j’ai trouvé moi-même quatre fourreaux ((ue j’ai rapportés à ceux de la Cinerella ; ils avaient donné leur insecte parfait l’année précédente. Ces fourreaux étaient fixés aux murailles mises à jour de l’antique Pompéi. Puis, le 20 du même mois, j’ai rencontré

(î) Que cet auteur rapporte, mais d’une manière incertaine, à la ViUosella, Ochs. « Il serait donc possible que Magniferella ne fût qu’une ViUoseUa. » (Monogr., p. SS.).

au jardin botanique de Naples, une chenille de la Cinerella, point encore fixée(l), qui ne diffère en rien de celtes des environs de Cannes. A Velletri,sur le territoire pontifical, j'ai recueilli plusieurs fourreaux de celte même Psyché, qui sont, ainsi que leurs chenilles, identique', à ceux des Alpes-Maritimes. Mais à Rome et aux alentours de la ville, c’est bien vainement que j’ai cherché le fourreau de la Cinerella Après de patientes investigations, je suis demeuré à peu près convaincu que cette Psychide n’appartient pas à là faune lépidoptérique des environs de Rome; au reste partout m les, Psyché doivent être d’une grande rareté puisque je n’ai vu que la seule P. Crassiorella, Gn. dont les fourreaux étaient appendusaux vieilles murailles.

Soc. ent. Fr. = Plamosella, Brd., p. 48. — Albiviîrella, var. abdomine nigro, Brd., p. 48 = Var. Albida, Ramb. Cat. Syst. p. 310. — Var. Albidella, Stgr. Cat. n" 158 b.

Les auteurs qui persistent à ne pas vouloir séparer la Psyché Millierella, Bdv. delà P. Albidella, Esp. (Albida), de laquelle ils ne font qu’une variété constante (3), ne connaissent pas les habitudes de chacune d’elles. La plupart de ces naturalistes n’établissent ce rappro-

(1) Elle ne s’est métamorphosée qu’à la fin de mai.

(2) Gcnns Ptilocephala, Ramb.

(3) Bruand excepté, qui la considère comme la Plumosella, Ramb. Il faut que feu Bruand n’ait pas vu la véritable Plumosella en nature pour rapporter celle-ci à la Millierelln. Cette P. Plumosella doit être réunie à une autre espèce. Ne serait-ce pas plutôt à la Lorqtiinella, Brd. {Monogr., p. 46,fig. 25), puisque cette dernière Psychide a le sommet des ailes supérieures seul a légèrement noirâtre, tandis que chez l’autre (la Plumosella), cette portion a une teinte de suie ou de fumée. » ?

(PI. 102, fig. 13 à 17.)

Psyché Millierella. 19

ehement des deux Psycliides que sur la forme des fourreaux (1). indépendamment de ce que les chenilles diffèrent entre elles, ce dont on pourra juger par le dessin de la tête et celui des premiers anneaux de ces deux larves (pl. 102, fig. 16 et 17), les insectes parfaits s’éloignent toujours l’un de l’autre.

L’habitat de ta P. Millierella, Bdv. est plus étendu que je ne l’avais d’abord pensé. L’espèce est fort répandue dans le haut Bugey, dans la Savoie et dans toute l’étendue de la vallée de Saint- Rambert ; mais elle ne dépasse pas Ambérieux (Ain). J’ai retrouvé cette Psycbide sous ses divers états, et surtout des mieux caractérisée sous celui d’insecte parfait, à Celles-les- Bains (Ardèche), à Amélie-les-Bains (Ariège), et à Nice, Grasse et Cannes (Alpes-Maritimes). Cependant les départements de la Loire (2), de l’Isère ne me l’ont jamais fournie.

Bien que les chenilles d!Albidella et de Millierella diffèrent l’une de l’autre, elles ont entre elles plusieurs points de rapprochements, ne serait-ce que les mêmes formes générales et les mêmes mœurs. Voici les caractères qu’on découvre sur chacune d’elles après les avoir sorties vivantes de leur fourreau : Le fond de la peau A’Albidella est légèrement ambré, tandis que celui de sa voisine est plus obscur, avec les derniers anneaux qui sont presque noirs. Les trois premiers segments de la première de ces chenilles sont garnis de trois doubles plaques écailleuses, noires et luisantes, au lieu que, chez Millierella, ce sont des taches noires allongées, irrégulières de forme, sur un fond

(1) La forme du fourreau est très-peu stable chez plusieurs Psyché, particulièrement chez Albidella et les espèces voisines, Graminella, Cinereüa, etc.

(2) C’est par erreur que M. Rambur, d’après Bruand, sans doute , a dit (Cat. Syst. Lép., p. 311), que cette espèce a été prise au mont Pilât, aux environs de Lyon. Je ne l’ai jamais capturée, ni personne à ma connaissance, sur les flancs de cette montagne, ou à son sommet haut de près de 3,000 mètres, lieu cependant où sa voisine la P. Albidella est commune, soit à l’état de chenille, soit à celui d’insecte parfait des mieux caractérisés, c’est-à-dire relativement petit et presque d’un blanc lacté mat au moment de l’éclosion. Les Albidella de ces hauteurs m’ont paru plus petites et peut-être plus blanches encore que celles des zones inférieures, notamment les sujets qu’on prend aux portes de Lyon.

CHENII/I.F.S ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS

gris. Si les paltes écailleuses iV A ibidella n'ont que le dernier article noir et les stigmates de forme circulaire, l’espèce voisine a les écailleuses entièrement noires et les stigmates sensiblement elliptiques; indépendamment, bien entendu, de la petitesse comparative de la chenille d’Albidella, de sa transformation qui a lieu vingt ou vingt-cinq jours plutôt de la blancheur de l’insecte parfait au moment de l’éclosion ( I) et enfin de son vol qui a quelque chose d’extravagant et qui est d’une rapidité excessive.

Les chenilles de ces deux Psyché placées hors de leur fourreau, paraissent fort embarrassées ; elles marchent très-difficilement, et leurs corps, au tiers recourbé, semble beaucoup les incommoder dans leurs mouvements.

Lors de la métamorphose, la Psyché Millierella fixe son fourreau (2) soit à une pierre, soit à une tige de plante desséchée. L’éclosion a lieu vingt jours après, c’est-à-dire du r' au 20 juin dans le Bugey et en Savoie, et du 1"' au 25 mai en Provence et dans l’Ardèche.

L’insecte parfait (3) est relativement grand et robuste ; il est entiè-

(l) Cette extrême blancheur de l’insecte lorsqu’il éclot disparaît en partie pour peu qu’il vieillisse en collection , et la teinte de blanche qu’elle était devient grisâtre.

(-2) Chez les deux Psychides dont il est question, la forme du fourreau et sa couleur ne sont nullement des caractères différentiels de chacune d’elles ; en effet , dans les pays moniagneux du département de l’Ain , on trouve des fourreaux d’Albidella formés en mousse à côté d’autres recouverts de brins de graminées desséchées. Chez l’espèce voisine, le même fait se présente; le tout dépend des lieux qu’habitent les chenilles ; si ce sont des terrains moussus, un peu humides, lamousse ne leur manqueront pas, et c’est ce dont elles se serviront de préférence pour recouvrir leur enveloppe; si, au contraire, ce sont des terrains secs, comme ceux du Midi, la larve emploiera des tiges d’herbe pour la composition de ce travail important.

(3) Voici ce que j’ai encore remarqué à l’égard de cette Psychide. Le <J m’a paru attiré par la $ , alors que celle-ci était encore à l’état de chenille et n’était point fixée pour se transformer. .le pense avoir eu la preuve de cette particularité intéressante, qui n’a pas encore été signalée, par l’arrivée de plusieurs cî fraîchement éclos qui sont venus se placer sur une cage en toile mécanique, dans la-

de^ la. Socî-eU Zmncf.n/jA de lyorv. 23 1' Liv.

Atvièe i36ÿ. PLjo'd.

P.Jfi/lière, eà Pojyade- LTopues p^-p’:

l. 1 à. 3, AcuLalia, Cej~uaftta.ria. , Mil.

Vl. Ifj ^ ! Se^icL Mon<S'p eUe.ius'is , Stgr.

m. 6, iii. Himmip}ioffe?VL i , Stgr.

VI, J, ni. Acjclu?ti^07'nn.^s' ,

V. S a J2, J3oà/s Diffù.falùs', (m. { (xu'neal!^’,I)up. ) IV. i3 à i5 , Antliopjizila. OblUeratcb, Rtxmh.

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Liip. Eouii^te ü.r.Mùpion.

M'\‘' Afùpu-mur 6h7.

Acidalta Ccrmntaria. 21

rement et imiformément d’un noir fuligineux ti'ès-accusé et beaii- .coup plus intense que lorsqu’il a vieilli en collection.

Au moment de l’éclosion, celte /’syc/ie rappelle par sa couleur la teinte de VAtra, Dev. {Stomoxella, Bdv.).

Obs. Les Psyché Albiclella et Mülierella, autant que j’ai été à même d’en juger par les Psychides qui existent au muséum de Naples, n’appartiennent pas à la faune des environs de cette ville ; elles y sont remplacées par la Psyché Apiformella, Brd. (Monog. p. 39, fig. 18 a et 18 b) = Apiformis, Rossi, = B. Fucella, Hub., dont j’ai vu un certain nombre d’individus cf bien conservés recouverts de poils d’un fauve vif aux ptérygodes et surtout à l'abdomen.

J’ai rencontré, le 8 mars, une dizainedefourreauxdel’ipîifomeWa à Pompéi contre les murailles extérieures de l’antique ville. Ces lieux étaient recouverts de Ronces, et les plantes herbacées y étaient fort clair-semées. La chenille de cette Psychide pourrait bien vivre sur la Ronce frutescente, ainsi que Ochsenheimer l’a dit le premier. Cette opinion n’est pas celle de Bruand (Monog. p. 39).

Aciflalim Cervanfaria, Mill.

(Species nova.)

(I*l. 103, fig. 1 à 3.)

Cette petite Acidalie, d’origine espagnole, que M. Guenée et moi considérons comme inédite, est voisine de VAsellaria, Herr.-Sch. ;

quelle plusieurs chenilles de la même Psyché $ cherchaient un lieu convenable pour opérer leur transformation.

L’opinion de notre savant collègue, M. Guenée, à qui j’ai soumis ce fait curieux, s’accorde assez avec ce que j’en pense moi-même. « C’est, dit il, un fait très-intéressant de la production des effluves, qui paraît presque en opposition aux lois naturelles ; car, pour remplir leur fonction, ces effluves ne devraient être émises que par l’animal arrivé à l’étal parfait «

CHEXIU.ES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS

mais j’ai reconnu qu’elle en diffère par la coupe d’ailes, l’apex plus aigu, le ton général jaunâtre et non d’un aspect vineux. Elle aurait plutôt la taille et la couleur de la Miserata, Ramb. (Cat. Syst. pl. 18, fig. 3), Acidalia nouvellement figurée et dont la Cervantaria s’éloigne par les antennes pectinées (pl. 103, fig. 3), la forme des ailes plus élancée, la ligne coudée fine, entrecoupée de points nervuraux cunéiformes, et par les points subterminaux qui ne sont pas placés sur la frange même, car ils la précèdent, et qui ne sont pas ronds, mais bien sous forme de petits traits allongés. Ce dernier caractère, à défaut d’autres, pourrait suffire à la rigueur pour différencier cette espèce nouvelle de ses voisines. Voici la description de la Cervantaria.

Enverg. : 0"* 016 à 0“ 017.

Les quatre ailes sont relativement allongées, avec l’apex des supérieures aigu ; elles sont, ainsi que le corps, d’un jaune argileux chaud, avec les lignes et les points bien indiqués, quoique fins et déliés ; le tout est aspergé d’un sablé fin, brun et serré. Sur les premières ailes on distingue quatre lignes transverses presque droites partant toutes de la côte pour aboutir au bord interne ; la coudée est festonnée, dentelée extérieurement et noire : l’espace médian est occupé par une ligne brune assez large, du même ton et présentant les mêmes formes que la ligne extrabasilaire; la subterminale est claire, concolore, présentant deux angles internes obtus et ombrés de brun vineux intérieurement. Les points qui précèdent la frange sont rectangulaires et au nombre de sept aux quatre ailes. Les franges sont concoures et assez longues. On voit aussi sur chaque aile un très-petit point brun cellulaire. Les inférieures seraient la répétition des ailes supérieures, si la ligne extrabasilaire ne manquait pas. Les antennes sont concolores, pectinées bien que faiblement ; la hampe est brune, les lamelles doubles vont en diminuant de longueur jusqu’à la pointe; le vertex est concolore ; le thorax est assez robuste, il est concolore ainsi que l’abdomen. Le dessous des quatre ailes est d’un gris jaunâtre un peu violacé, les lignes sont à peine indiquées et le sablé a dis-

Sesia Monspeliensis.

paru, C6p6ndant le point cellulaire est jilus visiltle rju en dessus. Les pattes n’ont qu'une seule paire d’éperons aux inférieures.

Cette espèce, que je dois à l’obligeance de M. Hirnmighoffen , vole en mai et probablement en juillet, aux environs de Barcelone.

Je ne sais encore rien de la chenille.

VAcidalia Cervantaria portera dans le Species général let-n" 74861s et, dans le Cat. Stgr.. le n“ 64 bis.

Mon cabinet : deux o* d’une extrême fraîcheur.

§esSa MoBBspelieusIs ) Strg.

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