‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopt̀eres inédits (volume 3)Chapitre 31 sur 68 · TRENTE ET UNIÈME LIVRAISON · texte numérisé non relu

TRENTE ET UNIÈME LIVRAISON

Melanargiu (1) ï*syclie Ilb.

fig. 198-199 — Gad. — Bdv. — de Vill. et Gn. — Berce = Arge Occitanica Esp.

(PI. 133, fig. 1 à 4.)

Après avoir reconnu l’extrême difficulté de découvrir dans les lieux mêmes où, chaque année, en mai et juin, vole abondamment l’insecte parfait, j’ai pu expliquer que, jusqu’à ce jgur, cette chenille soit restée inconnue. Elle n’a rien de particulier dans sa forme qui rappelle ses congénères.

L’œuf qui est pondu sur les tiges d’herbe dont se nourrira bientôt la jeune chenille, éclot à la fin de juin. Cet ceuf est

(1) A rge des anciens auteurs.

(2) Ce n’est qu’après l’avoir cherchée au printemps, aux îles Lérins, pendant plusieurs années que, le 8 avril 1872, j’ai pu, en compagnie démon vieil ami, M. Mnlsant père, la trouver enfin. Peut-être que si j’eusse pu, par une nuit favorable, faucher les grandes herbes, j’eusse rencontré cette chenille plus facilement.

CIIÉNILLES ET LEPIDOPTÈnES INEDITS

légèrement ovale, blani'ljûtre, chagriné vn à la loupe, et cannelé sur les côtés dans le tiers de son étendue, (fîg. 4).

La chenille qui au moment de l’éclosion a une tête relativement très-grosse, passe l’iiiver et reste petite pendant toute cette saison. Au commencement d’avril, elle atteint sa quatrième mue, mais elle a encore à grossir, puisque ce n’est guère qu’au 10 ou 15 mai qu’elle est parvenue à toute sa taille. A cette dernière époque elle est assez allongée, sensiblement atténuée postérieurement, pubescente, d’un carné jaunâtre, avec les lignes bien marquées et continues. La vasculaire qui commence et finit en pointe aiguë est large, d’un brun clair et liserée de blanchâtre de chaque côté. La sous-dorsale est d’un jaune de Naples et liserée de vert foncé en haut et en bas. Le liseré inférieur se fond sur les flancs jusqu’à la ligne stigmatale qui est fine et claire. La tête est globuleuse, pubescente et d’un vert incertain, avec deu.v ocelles noirs de chaque côté. Les seize pattes sont carnées ; les flancs présentent, en outre des lignes ordinaires, un lin liseré clair qui n’est pas toujours bien visible. Les stigmates sont très-petits, blanchâtres et cerclés de noir.

Le tiers environ des chenilles recueillies était d’une teinte diflerente du type. Cette variété constante s’est présentée avec le fond d’un beau vert clair et uae ligne vasculaire entièrement noire. M. Guenée méfait observer que la même chose se produit chez la chenille de Galatea.

Cette Melanargia vit sur une grande herbe fort répandue aux environs de Cannes, et propre aux terrains calcaires, secs et pierreux; le Bmchypoclinn 2nnii:it:inn, F. Y^ea.\xx.

Au commencement de mai, les chenilles que j’élevais sur une touffe de cette graminée, placée dans un vase et en plein air, se sont retirées au centre de cette touffe, la tête en haut, et, après avoir filé quelques soies blanches retenant les brins d’herbe, se sont transformées dans cette position qui semble

Satyrus Alcyone

s’éloigner du mode de clirysalidation des Melanargia. Quelquesunes de mes chenilles cependant se sont placées au pied de la plante dans une position horizontale.

La chrysalide est assez allongée, pleine, lisse, d’un jaune de cuir et finement striée de brun. L’éclosion du lépidoptère a eu lieu, en captivité, du 15 au 25 juin, entre neuf et dix heures du matin.

Il n’est pas très-répandu sur les collines qui avoisinent Cannes, mais dès la fin de mai, il est fort abondant aux îles Lérins où, en compagnie de M. Guérin-Méneville, j’aurais pu, le 25 juin 1868, prendre une centaine de ce lépidoptaire en une matinée. L’insecte nous a paru plus particulièrement commun à l’île Saint-Honorat.

Ce Satyride varie quelquefois; on peut citer la variété noire de Huhner et l’/a'ora, Bdv., chez laquelle manquent les yeux sur le bord terminal des supérieures. Mais, comme me l’écrit encore M. Guenée, ce mode d’aberration est commun à tout le genre Melanargia.

Obs. Une Ç du Psyché a été prise au Grand-Pin, le 11 juin; elle n’est morte qne douze jours après; je dois ajouter qu’elle n’avait pas été blessée par l’épingle. Elle a pondu en captivité six œufs fécondés qni sont éclos vingt-deux jours après.

Satyrus A.Icyone ScliiW.

S. V. p. 169 — Scha. — Hb. — Och. — Bdv. — .Dup. — Berce — Stgr. 339 = Herrnione Var. L. — Bk. — Hbst. — De Vill. et Gn. — Herrnione minor Esp.

(PL 133, fig. 5 à 8.)

Ce Satyride que plusieurs entomologistes considèrent encore

ciiemlLes et lépidoptères inédits

comme une simple variété géographique de V Hermione en est distinct.

La connaissance de la chenille m’en donnerait la preuve, alors que les mœurs respectives de chacun des deux insectes parfaits ne suffiraient pas pour me démontrer ce fait.

Ces Diurnes qui volent aux environs de Cannes, se montrent bien près l’un de l’autre , cependant leur habitat n’est point le même.

J’ai pu observer facilement les deux espèces que je rencontre dans mon voisinage. V Hermione vole dans la plaine en compagnie du Circe, tandis que VAlcyone ne hante que le haut des collines, à quatre-vingts ou cent mètres environ, en compagnie du Fklia , ne descendant jamais à leur base.

Elle a les habitudes de toutes celles des Satyres , mais , ainsique je vais le dire, sa livrée ditière de l’/Zerm/onc. L’,4/cyone pond plus difficilement peut-être qu’aucun des Satyrides. L’œuf, PI. 137, f. 4, est sphérique, d’un blanc mat, parfois de couleur argileuse.

La chenille qui passe l’hiver, reste fort petite pendant cette saison. A la fin de mars elle opère sa troisième mue, et, pendant le jour, se tient très-soigneusement cachée au centre d’une touffe d’herbe, grossit très -lentement et n’est parvenue à toute sa taille que vers le milieu de mai. A cette époque V Alcyone,([\x\ n’a pas précisément changé de couleur, est épaisse, pleine, glabre* très-atténuée postérieurement, d’un blanchâtre argileux, et rayée en long. Elle se rapproche plus de la çhenille du Circe cjue de celle de V Hermione. La ligne vasculaire chez VAlcyone est toujours large et noire sur les anneaux du milieu, et la présence sur ces mêmes anneaux d’un trait

31 ’r Xivriiison

Année 1373. FJ. 13!,

Jpzloo'OTTuz, Jordida,, ffb d Var. j 3om2>ya> Ilici<r , Ri .

id. FrcuiaomjRiy, E.,-p. flrar.A.j id . Fra.n/xra.ca. ? /Iot^o.. J J, id . f Vkr. ? ArbaACld/Z&- , Frey .J

fnip. ffoiuR'lti-, ù n iC/jru>n. .

Spilosoma Sordida

noir rectangulaire, l’éloigne assurément de la chenille de sa congénère qui en est dépourvue ; indépendamment de la couleur qui est carnée chez VHermione, tandis que VAlcyone est toujours d’un jaune chamois ou d’un blanchâtre argileux lavé de vert obscur antérieurement.

Cette chenille m’a paru vivre ainsi que celle du Psyché exclusivement sur le Brachypodmm pinnatum, graminée des plus abondantes aux environs de Cannes.

Pour se transformer VAlcyone se place horizontalement sous une pierre , ou sous des plantes sèches. Elle demeure cinq ou six semaines en chrysalide, et n'éclot le plus souvent qu’à la mi-juillet. Il vole abondamment sur nos petites montagnes parmi les pins d’Alep, sur le tronc desquels il se pose pendant la nuit. J’ai fait la remarque qu’en été, dès la fin de juin, il vole dans la haute montagne, à Saint-Martin-Lantosque, et qu’il s’y montre encore du 15 au 20 août.

VAlcyone présente des races assez tranchées, lesquelles ne peuvent être considérées que comme variétés locales.

Spîlosoma Sordida Hb.

Bdv. — ’ Dup. — PL- S. = Var. $ Carbonis, Frey. — Stgr. 778 ( $ unicolor nigricans ) — Gn. Pet. Nouv. Ent. N“ 53. ( Sordida, Var.).

(PL 134, fig. 1.)

En lisant dans le, n“ 53 des Petites Nouvelles Entomologiques l’intéressante communication de notre savant collègue, M. Guenée, sur une variété de la Spilosoma Sordida, j’éprouvai le désir de figurer ce curieux lépidoptère, ce que je pus faire par l’empressement que mit mon obligeant ami à me confier son précieux insecte.

Je crois devoir placer en regard delà figure de cette Sordida, le texte de la lettre de M. Guenée, au gérant des Petites Nouvelles Entomologiques.

a Mon cher collègue,

« Je vous apporte, pour vos Petites Nouvelles, un tout petit fait, mais qui peut être gros de réflexions.

« Des chenilles de la Spilosoma Sordida, que notre bon collègue, M. Fallou, m’avait données l’an dernier, m’ayant donné une femelle de cette Gliélonide , j’attendis l’éclosion du mâle pour obtenir un accouplement Ije mâle arriva, en effet, au bout de deux jours; mais il constituait une remarquable variété {de la cou, leur de la Ç, sauf l’extrémité des ailes supérieures qui était noire comme chez les J ordinaires). Malgré ma répugnance à sacrifier cette jolie variété, je résolus de laisser s’opérer la copulation ; mais à mon grand étonnement les sexes, pendant trois jours entiers, ne montrèrent aucun désir de se rapprocher.

« Le quatrième jour, un mâle ordinaire sortit de la coque, et la femelle ne lui laissant même pas le temps de se développer, descendit du sommet du poudrier, vint se placer tout contre lui et l’accouplement eut lieu, avant même que les ailes du J fussent séchées. Pendant ce temps, l’autre mâle resta toujours éloigné et ne chercha rullement à succéder au premier. La femelle pondit et mourut.

« Ne faut-il pas voir là, en dépit des idées darwiniennes, un exemple du soin jaloux que la nature apporte â maintenir la pureté des races ? »

Bombyx lUcis

Ooml>j’X Slieis Rb.

Gat. S. And. 1858 — Mill. le. Il, p. 49, pl. 56^ fig. 5 à 8.

— Stgr. 910.

< P1, 134, fig. 2.)

En représentant le Bombyx Ilicis d- pl- 56, f. 5 à 8) je l’ai fait d’une manière imparfaite d’après une chenille assez mal soufflée. De plus, je me suis trompé en disant, d’après de fausses données, que cette larve, qui vit en mai et juin, donne son papillon cinq à six semaines après qu’elle s’est transformée. En réalité, l’insecte parfait, qui n’a qu’une génération, éclot en mars et avril de l’année suivante, s’éloignant en cela de son congénère le Crataegi.

Voici une nouvelle description faite d’après plusieurs chenilles vivantes, reçues à Barcelone où M. Himmighoffen les élève chaque année :

Cette larve ressemble pour la forme à certaines Calocala, d’autant mieux que, demi-plate en dessous, elle est marquée d’une tache obscure entre chaque paire de pattes ventrales, et que de plus, les cinquième et onzième anneaux sont surmontés l’un de deux caroncules rougeâtres, l’autre d’une seule caroncule, mais plus développée quenelles du cinquième anneau. La tête est grosse et maculée de brun. Cette chenille semi- velue, est généralement d’un gris roussàtre, avec les lignes dorsales formant sur chaque segment une losange bien marquée. Enfin, le Bombyx 1/ ici s \)ara\t YÎYve clans la’nature exclusivement sur le Q lier Clos il ex.

CHEMLLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS

Bombyx Franconien Esp.

pl. 26^ fîg. 142 — Hb. pl. 175^ fig. 6 — God. IV, pi. 13 , fig. 7-8 — Stgr. p. 29 — Mill. le. I, p. 363, pl. 44, fig. 1-6.

(Var. A.^MiU.)

(Pl. 134, fig. 3 et 4.)

En reproduisant, en 1864, le type du Bombyx Franconica Esper., espèce si différente par sa chenille du Bombyx Dorycnii, je signalais dès lors, I, p. 363, une variété très-sombre que je supposais accidentelle et que je désignais : Var. A. (1;.

Si IM du catalogue allemand n’est, comme c’est trèsvraisemblable, qu’une aberration du Franconica , le nom d’d/pico’a, ne sera plus qu’un nom synonyme.

N’ayant pas vu VAIpicola, je ne puis rien affirmer ; dans ce cas je ne considérerai la variété sombre que je fais représenter, ainsi que sa chenille, que comme simple variété géographique du Franconica, Esp.

C’est dans la seconde zone des Alpes-Maritimes que se trouve abondamment la variété constante qui nous occupe. Elle existe aussi, dit-on, dans les Alpes suisses.

J’gi reçu de Nice, aux premiers jours du printemps 1872, de mon obligeant collègue, M. Bruyat, qui habite cette ville, une famille de la Var. Franconica, chenille que ce lépidoptériste m’affirme récolter fous les ans, au Mont-Adnaigrier, près de Nice.

Advant sur plusieurs espèces d’Euphorbes, les chenilles, après

(Ij Ne serait-ce pas cette variété constante c[ue M. Standinger a signalée depuis, en 1870, sous le nom de Alpicola ?

Bombyx Lancsiris

avoir subi leur dernière mue, se transforment vers le milieu de mai. Elles ne m’ont semblé différer du type que par une taille plus petite et la ligne vasculaire moins large (1). L’insecte parfait no s’éloigne de l’espèce ordinaire que par sa petitesse relative et son aspect sombre qui est d’un brun presque noir chez la 9- J’en juge d’après un grand nondjre d’exemplaires qu’a rassemblés M. Bruyat Mon cabinet : 4 exempl. ÿ, 4 9-

Mojn5>yx LaiiesJ l’is L.

Esp. — Ht). — 169.170 — Och. — God. IV, pl. 11, f. 1-2. Stgr. 920 = Arbusculae, Frey. T. 590, f. 2.

(Pl. 134, tig. 6 et 7.)

J’ai fait graver en 1867 une variété de YAbraxas Grossulariata (le. pl. 90, f. 1 1) d’après une figure photographique. Cette première tentative, bien qu’assez satisfaisante, laisse cependant à désirer. Aujourd’hui deux nouvelles productions, mieux réussies que la précédente , m’ont été offertes par notre très-obligeant collègue M. Rod. Zeller Je les fais représenter telles que les a

(1) Je reçois de M. Guenôe en communication une chenille soufflée provenant des Alpes du Lautaret où elle a été prise, ainsi que plusieurs autres semblables, par luietM. Constant. Chez cette dernière (Pl. 134, fig. 5) la ligne vasculaire blanche est remplacée par une ligne grisbleu, continue, et, sur un fond de même couleur, se détachent trèsdistinctement de chaque côté, trois lignes ondulées d’un rougeâtre aurore liserées de noir de chaque côté.

Je ne connais pas le papillon de cette troisième race du Franeonica, lequel doit, sans doute, constituer une seconde variété peut-être des plus tranchées.

rendues le procédé mécanique , espérant par là appeler l’attenion des entomologistes sur ce moyen facile et rapide de reproduire les insectes.

Les sujets dont il est question sont deux variétés de Bombyx, les Lanestris ei Populi des hautes Alpes. La première de ces variétés, qui seule sera gravée aujourd’hui , érigée en espèce par Freyer, d’Âugsbourg, et rapportée au B. Lanestris par M.Staudinger, est-elle en réalité une simple aberration ? j’en douterais assez volontiers par les raisons suivantes ; différence notable de couleur de la chenille figurée par Frayer, pl. 590, comparativement à celle du Lanestris ; dissemblance réelle de l’insecte parfait qui est plus grand, plus brun, le J surtout; avec la ligne ou bande transversale blanche plus large, moins sinueuse que chez le Lanestris.

Parlerai -je maintenant de l’habitat respectif de ces deux espèces? L’une, VArbusculae, qui appartient à la très-haute montagne des Alpes suisses; l’autre, le Lanestris, qui ne hante que la plaine et les petites collines où il est partout abondant.

Obs. Suivant M. Rod. Zeller, VArbusculae demeure , au moins chez lui, à Zurich, deux, trois et même quatre ans en chrysalide.

Mon cabinet ; deux exemp. un ÿ et une 9-

Crnuibiis Oxybîellus, Mill. (Sp. nov.)

Revue de Zoologie, 1871-1872,.n" 2, p. 62.

(Pl. 135, fig. 1.)

Pour la taille et la coupe d’ailes il est assez voisin du Cr. Delicatellus Z. ; cependant les ailes supérieures de Y Oxybiellus sont allongées, rectangulaires, et leurs ‘dessins sont différents de ceux de l’espèce voisine.

31f Livraison .

Armé.» W3. PLUS

I 1. Cra-mbus 0,T//fibzb/A . iPP.

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