‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopt̀eres inédits (volume 3)Chapitre 38 sur 68 · Insecte parfait · texte numérisé non relu

Insecte parfait

Satureia montana.

Aster iscus spinosus.

Psoralea bituminosa.

LîvTuutron .

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ï R E N T E - (} U A T R I E M E LIVRAISON

An»itii<i Siniplieiala* Tr.

Sup. X, p. '210. — H. -S. p. 182, fig. 6-7. — On. X, p. 501. — Stgr. Cat. 2549. — Berce V, p. 484. — Magdalenaria, Bellier, Ann. Soc. Eut. Fr. 1856, p. 23, pl. 1 — Pierretavia, G-uilleinot, Ann. Soc. Acad. Glerni.

(Pl. 145, fig. 1 à 5.)

La chenille de cette espèce vit à une altitude de dix-sept à dix-huit cents mètres, dans la localité où l’insecte parfait vole abondamment à la fin de juillet et au commencement d’août, parmi les Hypericum alpinum et autres plantes de la haute montagne. Cependant j’ai élevé cette chenille, obtenue ab ovo, avec V Hypericum perforatum.

Si l’insecte parfait pond très-difficilement en captivité, la chenille qui sort de l’œuf quinze jours après que celui-ci a été pondu, arrive facilement à bonne fin ; pas une des SimpHciata qui ont passé l’hiver à Cannes n’a péri, elles étaient en plein air, il est vrai, et placées sur une plante en pot. Les insectes parfaits sont tous éclos chez moi vers le milieu de mai', alors que l’habitat de Çespèce en liberté devait être en totalité ou, tout au moin.s, en partie couvert de neige.

CHENILLES ET LEPIDOPTERES INEDITS

Elle rappelle assez celle de l’espèce congénère Plagiata, mais elle m’a paru moins allongée. La Simpliciata est, en efl'et, assez courte, carénée, avec la tête petite, rétractile et en partie recouverte par le premier anneau. Le ton général est le roux vineux, mais la carène et le ventre sont d’un blanc jaunâtre. La ligne vasculaire est line, brune et interrompue sur les premiers anneaux, large et continue sur les derniers; la sous-dorsale présente une agglomération de trois lignes foncées et interrompues, celle du milieu est un peu plus large. Cette ligne est noire et liserée de chaque côté de blanc vif. La stigmatale, qui est blanchâtre, est vigoureusement teintée de brun inférieurement. La tète et les pattes écailleuses sont d’un brun rougeâtre, les anales sont concolores ; les stigmates petits et noirs. En dessous on voit imparfaitement, sur un fond gris, une ligne étroite et blanchâtre. Cette chenille forme, dans un réseau à claire-voie, sa chrysalide qui. est d’abord d’un joli vert, mais qui tarde peu à brunir; elle présente une longue gaine descendant très-bas sur la partie abdominale et finissant en pointe aiguë.

La Phalénite a deux éclosions; ce qui n’avait pas encore été dit. Les transformations de la seconde génération doivent avoir lieu en un temps relativement court : de la fin de juin, par exemple, aux premiers jours d’août.

INSECTE PARFAIT

Tout le monde connaît aujourd’hui cette Anaitis devenue célèbre, il y a dix-huit à vingt ans, par la polémique acerbe de deux lépidopléristes, publiée dans les Annales de la Société Entomologique de France de l’époque Chacun de son côté lui donna

Cucullia Anthemidis

un nom, alors que l’espèce était nommée depuis déjà une vingtaine d’années.

L’insecte parfait varie rarement ; toutefois j’ai rencontré sur les hauteurs de Saint- Martin -l^antosque, à Notre-Dame des Fenestres, une variété J bien curieuse chez laquelle les lignes et les taches des supérieures ont disparu pour faire place à une ombre médiane obscure, très-large et qui traverse l’aile supérieure dans toute sa largeur (PI. 145, tig. 3).

Il est une particularité qui se rattache aux mœurs de cette intéressante espèce : lorsqu’on passe près d’elle, on la dérange de son repos, et c’est presque toujours sur uu rocher blanchâtre placé à fleur de terre qu’elle se pose, réussissant par ce moyen à échapper souvent aux regards du chasseur.

l-ucullia .rllkntlieinitlis, Gn.

VI, p. 140. — Bdv. — Stgr. Gat. 1735. — Berce IV, p. 1 15.

(PI. 145, fig. 6 à 8.)

Chacun sait que chez les Cucullia « des différences trèslégères sur l’insecte parfait correspondent souvent à des dissemblances énormes dans les premiers états. » (Guenée. Lettre du 15 août 1873.) i4ussi, n'est-on bien sûr de l’identité de certaines Cucullia qu’après l’exacte connaissance de la chenille.

J’étudie depuis trois ans les premières formes de la Cucullia Anthemidis, et aujourd’hui je suis à même d’en parler avec certitude, grâce, je dois en convenir, â l’obligeance de nos deux dignitaires de la Lépidoptérologie française, M. Guenée et M. Boisduval qui, après avoir étudié et comparé la Cucullia en question, se sont accordés â reconnaître en elle la trèsrare Anthemidis, Gn. On ne savait rien des premiers états de cette Noctuélite.

Elle vit de la mi-septeaibre à la fin d’octobre aux environs de Cannes, plus particulièrement 'sur les collines du Grand-Pin, faisant face à Plie Sainte-Marguerite. Elle se tient à découvert sur une plante fleurie alors, V Aster acris, en compagnie de la CnculUa Xerantherni (‘b La chenille de V Anthemidis est cylindrique, faiblement atténuée postérieurement. Le fond est d’un violacé pâle tirant sur le vineux, avec les lignes bien marquées et continues, sauf la vasculaire laquelle, bien que double et brune, est à peine indiquée. La sous-dorsale est géminée, large et brune, liseréede noir de chaque côté. La stigmatale est large, d’un blanc terne et surmontée en dessus d’une large ligne semblable à la sous-dorsale. C’est sur le liséré inférieur de cette dernière ligne que reposent les stigmates qui sont jaunâtres et cerclés de noir. Les seize pattes sont d’un jaunâtre pâle. La tête, où règne le prolongement des lignes ordinaires, est un peu biseautée et concolore. Les trapézoïdaux sont indiqués en noir.

Pour se transformer, cette chenille descend profondément en terre, se construit une coque épaisse, solide, composée de soie et de grains de terre. La chrysalide, qui rappelle celles du genre, est médiocrement longue, conico- cylindrique avec l’enveloppe delà trompe qui se prolonge sur l’a-bdomen, en gaine saillante et non adhérente. L’état léthargique dure dix mois au moins; l’insecte parfait ne se rencontre jamais avant le milieu d’août. Les éclosions continuent pendant plus de six semaines. Cependant une dernière éclosion a eu heu en captivité le 19 octobre 1873,

(1) J’ai figuré la Xerantherni II, pl. 89, sans connaître alors la plante qui la nourrit; ce que j’ai dit au reste en la décrivant.

2>Iij^ Linrcdson. .

ArmJe' ISVj,. PI. -

P. Mmère et Po wa^ie -p ^

pp^iΣ,r pl.pT

I, 1 a 3 , Spmtheropj' CataphaTte-a- , Eh.

II, If, e-t b, jiporopJuiJa C/^talaun/’nEié' , Jfi/h .

lŒ. ô , Aqrotié’ ÂrenicEla , Stefr.

ly. y à, g , Polza Veàila , Puf> .

DeÔTOii o'c .

lmp. HouLridz, Petrue .

Mû} ruiauæ- -c<iL.

s P in t lie) 'ops Ca lap lianes

Spîntlierops C’a(s«pliaii<-s , Hb.

God. — Tr. — Bdv. — Diip. — Gn. — Stgr. — Berce.

(PI. 146, fig. 1 à 3)

On ne savait à peu près rien de la chenille, si ce n’est qu’elle a été trouvée accidentellement sur les ulex et les genêts. Cette rare espèce, que j’ai été à même d’observer sous toutes ses formes, se rattache entièrement à ses deux congénères.

Elle est très-allongée, atténuée aux extrémités, cylindrique, sans éminences, à tête globuleuse, avec seize pattes toutes propres à la préhension. Elle ne change pas de couleur à ses divers âges, c’est-à-dire que, sur un fond plus ou moins gris clair, il existe, indépendamment des lignes ordinaires fines et bien marquées, plusieurs autres également fines et continues. Ces diverses lignes, qui se prolongent sur la tête, sont de couleur bois plus ou moins foncé, sauf la stigmatale, qui est blanchâtre. Le clapet anal est très-petit, et les trapézoïdaux sont microscopiques. Les stigmates, également très-petits, sont blancs et cerclés de noir. Enfin, sous le ventre, qui est d’un blanc carné, règne une ligne brune fine présentant un élargissement en deçà de chaque paire de pattes membraneuses.

Bien que j’aie représenté la Catap lianes sur le genêt épineux (Cali/colome spinosa), c’est en réalité sur le Genista purgans que je l’ai trouvée en juillet à Saint-Martin et à Berthemont-les-bains (Alpes-Maritimes). Elle vit à découvert, ne mange que la nuit, et préfère aux feuilles fraîches, les jeunes tiges de la plante. A l’époque où vit cette chenille, les fleurs ont disparu depuis

longtemps. La transformation a lieu dans une coque de soie blanche placée souvent entre les petits rameaux de l’arbuste. La chrysalide, qui est promptement formée, est lisse, sans aspérités et de couleur acajou clair. Vingt-cinq ou vingt-six jours après que la chenille s’est transformée a lieu l’éclosion du lépidoptère.

INSECTE PARFAIT

Il n’est pas de lépidoptériste qui, aujourd’hui, ne connaisse cette espèce qui ne doit avoir qu’une éclosion. Elle a été considérée longtemps comme étrangère à la France. Duponchel, après avoir décrit la Cataphanes qui ne varie pas, nous dit que l’individu qu’il a tiguré a été rapporté par Gliardiny comme ayant été pris aux environs de Kaguse. Depuis lors, M. Falloii l’a vue éclore accidentellement de chenilles qu’il a rapportées de Gelles-les-Bains (Ardèche). Enfin, je l’ai retrouvée moi-méme dans nos Alpes-Maritimes, à une hauteur d’environ 1,000 mètres.

Obs. — M. Herrich Schaeffer a figuré une bien remarquable variété de la Cataphanes, Tab. 113, n” 576, chez la(|uelle les quatre ailes sont très-largement bordées de brun, figure que M. Staudinger rapporte à la Dilucida.

I*oIîa Vetula, Dup.

Dup. pl. 58, fig. 4. — Bdv. — HS. — Gii. VI, p, 43 — Stgr., 1347. — Berce, IV, p. 39

(Pl. 146, fig. 7 à 9)

M. Lederer a-t-il bien eu raison de séparer dans son genre A mnwconia les deux Polia Vehila et Caecimacula? Je ne le crois pas; dans ce cas, je laisse la Vetula parmi les Polia où elle

Poiia Ve tu la

est effectivement bien placée. — Avant de parler de la chenille que je viens de découvrir aux environs de Cannes, je dirai que, par suite d’une erreur dans l’éducation de mes larves, j’ai d’abord considéré la chenille de Vetula (Gat. des Lépidoptères des Alpes -Marit. p. 100) comme une anomalie parmi les Folia, pensant alors qu’elle vivait uniquement de racines de graminées. Voici ce qu’en la figurant j’en dirai aujourd’hui.

Elle doit avoir les mœurs de ses congénères Flavocincta et Riofocincta, que j’ai précédemment fait connaître, en d’autres termes, les œufs de la Vetula doivent éclore au premier printemps, et les jeunes larves vivre d’abord de plantes basses, ensuite de feuilles et de fleurs d’arbrisseaux. Quoiqu’il en soit, c’est toujours après la troisième et la quatrième mue que j’ai rencontré ici la chenille à la fin d’avril et au commencement de mai, au pied du genêt épineux (Calycotome spinosa), et que c’est uniquement avec la fleur de cet arbuste que j'ai élevé la Vetiola. A l’époque du 15 mai environ, cette chenille a acquis toute sa grosseur; elle est alors pleine, cylindrique, d’un ton ochreux en dessus et sur les flancs, et d’un gris bleuâtre en dessous. La ligne vasculaire est fine, brune et seulement marquée sur les incisions; la sous-dorsale n’existe pas. La stigmatale est fine, continue, mal indiquée; c’est sur celle-ci que reposent les stigmates petits, blanchâtres et largement cerclés de brun. La tète est globuleuse et concolore. Les seize pattes sont de longueur normale et également concolores.

A la fin de mai, la Vetula disparaît profondément en terre et y forme une coque solide dans laquelle a lieu la transformation. La chrysalide, d’un rouge brun, est en tout semblable à celle des PoUa précitées. L’édosion du lépidoptère a lieu à

CHENILLES ET LÊPIHUPTÈRES INÉDITS

partir du commencement d’octobre et se prolonge pendant un mois environ, ce que je suppose, car je n’en ai pas la preuve.

L’espèce est toujours rare; on ne la rencontre qu’à une élévation de 150 à 200 mètres, sur nos collines mi-boisées et les plus chaudes, notamment celles qui font face à l’ile Sainte- Marguerite.

De toutes les Polia, c’est celle qui varie le moins.

A[>orophyIa Catalaunensis , Mill.

Revue Zoologique, page 4, 1873

(PI. 146, fig. 4 et 5)

Mes prévisions à l’égard de la chenille de cette espèce n’ont pu encove se réaliser. Contrairement à ce que j’espérais, je n’ai pu l’étudier et ne peux la tigurer aujourd’hui, ne l’ayant point encore reçue d’Espagne. Je ne parlerai donc que de l’insecte parfait en faisant représenter celui-ci, et répéterai ce que j’en ai dit dans la Revue Zoologique, n" 1, 1873, }). 4 et 5.

llemar(|uahle Noctuide, qui tient autant des Xglo)mjges,<jï).. que des Aporophyla, Gn. et qui fait passage de l’iin à l’autre de ces genres.

Je réunis de préférence ce lépidoptère aux Aporophyla à cause d’un point essentiel de rapprochement avec VAustralis, Bdv., celui d’avoir les antennes du ÿ « épaisses, demi-pectinées, à dents épaisses, surmontées de poils fasciculés, » indépendamment d’une certaine similitude, uu air de parenté, une vague ressemblance de couleur avec cette Aporophi/ln.

La Catalaunensls mesure 34. millimètres. Les ailes supérieures sont allongées, rectangulaires. Le fond blanchâtre est sali de violacé, avec la côte, l’espace cellulaire' et la hase de l’aile d’un

Apo) oph ijla Catalaunensts

brun violâtre. Plusieurs taches noires, allongées, existent, Tune à la côte, l’autre au centre de l’aile, partant de la base de celle-ci et se prolongeant jusqu’à la hauteur de la tache rénifornie. Une troisième tache noire, allongée, aboutissant à la frange, traverse la rénifornie qui est large, brune au centre et cerclée de noir. Une série de petites taches sagittées, noires, projètent leur pointe intérieurement. Deux autres petites taches ohlongues, superposées, l’une blanche et l’autre brune, précédent la réniforme. Les ailes inférieures sont blanchâtres, avec les nervures brunes. Une série de points lunulaires, bruns, existe au bord de la frange qui est entièrement blanche. En dessous les ailes sont blanches, mais les supérieures sont très-largement enfumées à leur centre. Aux inférieures se montre un point cellulaire foncé, très-visible, bien qu’il soit à peine indiqué en dessus. Le thorax est carré, velu et participe de la couleur des premières ailes. L’abdomen est grêle, un peu déprimé et blanchâtre. J’ai dit en commençant ce que sont les antennes.

La Ç que je n’ai pas encore vue, ne doit pas différer sensiblement du ÿ.

Cette curieuse Apamkle m’a été envoyée par M. Himrnighoffen. Elle avait été élevée de chenille; elle est originaire d’Espagne, pays cher aux entomologistes, et d’où leur sont envoyés, chaque année, de nombreux insectes de tous les ordres, rares et nouveaux.

Je crois pouvoir faire bientôt connaître la chenille de VApbrophyla Catalavneiisis ; en attendant, voici ce que m’écrit M. Himmighoffen ; « Cette larve est de la couleur du sable de mer, et marquée de quelques légers dessins. Elle se tient pendant le jour assez profondément enterrée dans le sable sous des touffes de VOnonis ramosissima.

La Catalaunensis prendra place avant VAustralls.

Mon cabinet : deux ÿ ex larva.

CHENILLES ET LÉPIDOPTÈHES INÉDITS

Agi'otîs? Ai-enicola, Stgr.

Berl. e. z. 1870, p. 109. — Stgr. et Wocke, Gat. 1194 (PI. 146, üg. 6)

Cette Nüctuélite, (jui a été découverte depuis peu en Corse, n’avait pas encore été figurée ; cependant elle a été décrite en Allemagne. Klle est très-voisine de V Aiwrophyla Catalaunensis, ainsi qu’on pourra en juger à la vue des deux espèces figurées exactement, pl. 146.

On lie sait encore rien des premiers états de VArenicola qui, pour moi, est une Apovophyla et non une Agrotis.

Liw'iii.i'on .

Aruuû'. 1673. PL Ilf.7.

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