‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopt̀eres inédits (volume 3)Chapitre 39 sur 68 · I. I ti I7., J^pic/uu)pleruj- Helù:ùieihj , /{.S · texte numérisé non relu

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Epichnopteryx H el ici ne lia

Je donne aujourd’hui à mes souscripteurs l’histoire des premiers états d’une nouvelle série de Psychides, les dernières sans doute qui paraîtront dans cette iconographie.

L’étude difficile des Psyghidae, leur livrée sombre, partant peu flatteuse, a, jusqu’à ce jour, éloigné d’elles la plupart des lépidoptéristes. Ceux-ci, en eflét, n’ont abordé leur recherche et l’étude de leurs mœurs qu’avec indifférence, pour ne pas dire plus. Cependant cet éloignement des entomologistes de tous les pays pour les Psychides en général peut s’expliquer jusqu’à un certain point. La rareté relative du plus grand nombre de ces insectes, et la difficulté de les voir réussir en captivité, doivent être les principaux motifs de cette indifférence marquée pour cette nombreuse famille aux mœurs si intéressantes pourtant.

Bplcliiioptevj^x Heliclnella, H. -S.

Brd. — Rb. — Stgr. et Wocke.

(PL 147, fig. 1 à 4)

Avant de parler des habitudes de cette curieuse espèce, je dois un aveu aux entomologistes : celui de m’être étrangement trompé, 1® en la décrivant comme nouvelle il y a près de vingt ans dans les Annales de la Société Linnéenne de Lyon, n’ayant alors obtenu d’éclosion que des femelles ; 2“ en créant pour cet insecte, ainsi que pour deux autres espèces, les Solenobia Clathrella? Dup. et Pineti, Z. un genre nouveau : Genus Apterona. A quelques années de là, je dus reconnaître mon erreur qui m’a

(1) Linnée n’a connu que la seule Oraminella ; aujourd’hui, le nombre des Psychidae s’élève à près Je quaire- vingts espèces.

CIIENIIXES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS

été clairement démontrée par feu Kambur lors de sa visite a Lyon en 1857, erreur qui me fut ensuite confirmée dans un article de son Catalogue systématique de l’Andalousie, p. 303. Ce qui dut enfin faire disparaître mon genre Apterona, a été l’apparition, tardive il est vrai, des mâles des deux Solenobia précitées.

Je n’ai vu nulle part l'Epich. Helicinella aussi abondante que dans mon jardin à Cannes, où, en mai et juin, la chenille vit sur une foule de plantes ligneuses et sous-ligneuses, mais trèsl'arement sur les plantes herbacées. Ce sont surtout les Lavandula, Thymus, Teucrlmn et Cistus qui la nourrissent, et dont elles rongent, en les blanchissant, la surface inférieure des feuilles. La cfienille ne me paraît pas différer sensiblement de celle du Lyonnais. Voici ce que j’ai à dire de V Helicinella de Cannes. Placée hors de son fourreau, cette chenille est allongée, cylindrique, d’un gris verdâtre différant en cela des Helicinella du centre de la France, lesijuelles sont d’un jaune un peu rougeâtre. Cependant celle-lâ s’en éloigne encore par les [ilaijues écailleuses noires des trois premiers anneaux, qui me paraissent un peu plus grandes et plus larges ; mais il n’y a là ({ue de simples aberrations sans doute

L’insecte parfait de la Provence varie beaucoup par l’envergure, cependant la plus petite des Helicinella ne représente point, comme Kambur l’a dit, la plus petite des Psychides, puisque la Tarnierella, Brd. est d’une taille moitié moindre. IT Helicinella, insecte parfait, se montre du 15 au 25 juin, mais jamais pendant le jour; je ne l’ai toutefois pas vue; en revanche, elle vole abondamment pendant la nuit, ce dont je me suis assuré maintes fois en la prenant au réflecteur (|ui l’attire facilement. Son vol est des plus rapides, il est aussi très-saccadé. Le ÿ ne m’a pas semblé être attiré par la Ç , ainsi qu’il arrive pour plusieurs espèces de Psyché propres.

Psyché Quadrangularis

Le fourreau, composé de grains de sable et de terre, est mou; il a la forme d’une petite hélice présentant trois ou quatre tours de spire. A l’époque de l’éclosion du ÿ, celui-ci s’échappe par un petit ^trou rond ménagé dans la moitié de la longueur du fourreau où la chrysalide \dde demeure aux deux tiers engainée après le départ de l’insecte J.

L'Helicinella vivante est d’un fuligineux opaque et non pas « d’un ferrugineux pâle »

L’espèce appartient non -seulement aux diverses contrées basses de la France, mais on la retrouve sur les montagnes élevées des Alpes-Maritimes, de 12 à 1500 mètres d’altitude. Kamhur dit l’avoir rapportée du cirque de Gavarnie, où elle existe jusque près des glaces.

Obs. — Il est une particularité intéressante et inédite à signaler dans l’histoire de la chenille de V HeUcineUa, c’est que, contrairement à celles de toutes les Psychides qui ont été observées jusqu’à ce jour; elle se suspend, pour descendre à terre, par un fil de soie, à l’imitation des chenilles de Micros et de certaines Phalénites.

I*syclie Qiiadraii^'iilaris, Cliristoph.

H. S. E. Ross., X, 26, pi. 1. f. 7 et 8.

(PL 147, fig. 5 à 7.)

M. Staudinger, qui m’a procuré cette remarquable espèce, la plus belle assurément de toutes les Psyché connues, me mande qu’elle a été « recueillie par M. Cristoph, près de Schahrad

(l)Les Epich. HeUcineUa c? lardent peu à devenir par la dessiccation d’un argileux plus ou moins prononcé.

(Perse) sur V Alhagi persanom, et près de Krasnosowodsk sur VAiliagi camelorum, ainsi que sur une Artemisia et autres arbnscules des steppes, inconnus à moi; quelquefois aussi sur le Peganum harmale. » L’espèce paraît donc polyphage. „

Bien avant qu’on ne connut l’insecte parfait de cette intéressante Psychide, celle-ci était signalée, ou plutôt son cnrieux fourreau était rapporté d’Afrique, décrit et figuré très-exactement par M. Lucas dans les Annales de la Société Entomologigue de France, année 1866, pi. III. Si donc l’espèce n’est pas enropéenne, elle appartient toutefois à la faune de nos possessions africaines tout aussi Lien qu’à celle de la Perse occidentale. « Ges fourreaux, nous dit M. Lucas en terminant sa notice lue à la séance du 14 février 1866, ces fourreaux que je rapporte avec doute à un Lépidoptère de la tribu des Psychides, ont été rencontrés à Aïn-Madbi et paraissent ne pas être rares, car M. Marulaz, à qui l’on en doit la découverte, en a récolté plus de 300 exemplaires. » Aujourd’hui, je suis en niesnre de donner l’histoire complète de l’insecte en question, et de le faire représenter sous toutes ses formes.

Elle est d’une taille proportionnée an papillon qu’elle doit produire et au fourreau qu’elle a construit; son corps épais, médiocrement long, est d’nn jaunâtre foncé. Les plaques cornées des premiers segments sont larges, épaisses ; les pattes écailleuses sont longues, robustes et brunes, principalement la troisième paire. Les chenilles qui ont été recueillies, me mande M. Staudinger, se sont fixées an commencement de juillet. La première

(1) Situées au nord de l’Afrique.

Psyché Qnadrangularis

éclosion de l'insecte parfait a eu lieu le 8 septembre et la dernière le 6 octobre. Dans sa communication, M. Standinger ajoute : « M. Ghristoph m’écrit qu’à présent, mars, plusieurs chrysalides sont encore vivantes, mais il n’est pas sùr qu’elles éclosent. »

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