TRENTE-CINQUIÈME LIVRAISON
T'ephronla Fingalarla , Mill.
Mill., Gatal. des Lép. des Alpes- Marit., p. 159.
(Specîes nova)
(PL 149, fig. 1)
Le genre Tephronia de Hubner, composé de trois espèces européennes, vient d’être augmenté d’une quatrième espèce découverte récemment dans les montagnes des Alpes-Maritimes.
En figurant cette Phalénite nouvelle, je fais représenter sur la même planche la Tephronia Oppositaria, Mn. de la Macédoine, publiée depuis peu, non encore figurée, et que l’auteur du Species n’a pu comprendre dans sa Monographie.
Les trois Tephronia du Catalogue Staud. et Wocke ont entre elles de grands rapports de forme et de couleur. La Fingalaria est très-voisine de ses congénères, cependant elle s’en distingue par les caractères suivants : Envergure plus grande, ailes supérieures très-aiguës à l’apex chez les deux sexes, disposition autre des lignes transverses, et surtout absence complète d’éperons aux tibias des postérieures. Voici la description de cette nouvelle Tephronia.
CHENIIiLES ET LEPIDOPTERES INÉDITS
Enverg. 24 millimètres. — Les quatre ailes sont allongées; les supérieures sont très-aiguës à l’apex, d’un fuligineux prononcé, mais moins cependant que chez la Cariemria, HS. f. 214. Ces premières ailes sont traversées par deux lignes noires dont l’ime, la coudée, est à peine éclairée de blanchâtre extérieurement, et par une ligne centrale qui, ohez le 5, n’atteint que le milieu de l’aile et qui, chez la traverse cette aile dans toute sa largeur. La tache cellulaire est grande, ovale, noire et s’appuie à la côte. Les ailes inférieures ne présentent qu’une seule ligne transversale noirâtre, également éclairée extérieurement. En dessous, la ligne coudée n’est, sur un fond plus clair, qu’imparfaitement' indiquée; cependant, aux ailes inférieures, la cellulaire qui est à peine écrite en dessus, est très visible en dessous, chez la 9 principalement. Les antennes du 5 sont assez longues, pectinées, à lamelles régulières, décroissant insensiblement jusqu’au sommet. Thorax arrondi et concolore, abdomen plus long que les ailes, pattes assez longues et privées d’éperons.
La 9 6st un peu plus grande que le ÿ, d’un gris trèsfoncé et non fuligineux, avec les lignes bien écrites en noir, notamment celle qui traverse l’espace médian. Les antennes sont filiformes et l’abdomen renflé au centre. Les pattes sont également dépourvues d’éperons.
La Fingalaria vole à la mi-juillet, au crépuscule du soir et vient au réflecteur. Je l’ai rencontrée à Saint- Martin- Lantosque et à Berthemont (Alpes-Maritimes) où l’espèce ne doit pas être rare. La chenille n’est pas connue, mais elle a sans doute les mœurs des autres Tephronia qui ont été observées, lesquelles sont toutes lichenivores et qui passent leur vie appliquées contre les murs et les rochers moussus à l’exposition du nord.
Tephronia OpposUaria
'Feplironia Oppositaria, Mn.
Wien. Mis. 1864, p. 178. — Tr. IV, p. 4. — Stgr. 2378.
fPl. 149, fig. 2)
Elle est distincte dans ce genre où les quatre espèces qui le composent sont toutes d’un gris foncé plus on moins fuligineux. \j OpposUaria a les ailes moins allongées, et aussi moins anguleuses à l’apex des supérieures et plus arrondies aux inférieures que chez les autres Tephronia. Le ton général (V OpposUaria est le gris tirant un peu sur le roux, où les lignes tranverses des quatre ailes sont Anes, mais nettement écrites en brun foncé. Les antennes du ÿ sont sensiblement pectinées et l’abdomen est d’un gris roussâtre. M. Staudinger, qui m’a procuré cette espèce, laquelle est presque une nouveauté, l’a reçue des environs de 'Brousse. Elle existe aussi en Macédoine, et par le fait, appartient à la faune européenne.
Ocnogj'na Coi*«>ica, Rb.
— Tr. — Bdv. — Dup. — Frey. — Stgr. (Var. Sardoa, Stgr.)
(PL 149, fig. 3 a 5)
Je figure trois sujets d’une variété constante de la^ jolie Ocnogyna Corsica nommée Sardoa par M. Staudinger fd/. pos/. maculatis, Ç major, ohscurior, alis majoribus. Gat.p. 59). Voici ce qu’à l’égard du lépidoptère en question m’écrit M. Staudinger, en date dn 14 janvier 1873 : « Ayant eu occasion de comparer plus de mille de ces variétés toujours constantes, cela veut dire quelque chose. »
CHENILLES ET LEPIDOPTERES INEDITS
Toute constante que puisse être cette variété, on ne doit voir en elle qu’une simple aberration de la Corsica, car elle n’a rien de bien tranché chez le ÿ. Toutefois, la $ présente, par la disposition des taches nombreuses et foncées aux quatre ailes, une variété plus prononcée que l’autre sexe. On pourra juger de ces différences de coloration par les trois figures que je donne de la Var. Sardoa, dont une $.
Mitliymun linpai*, Stgr.
Berl. e. Z. 1870, page 117.
(PI. 149, fig. 6 et 7)
Cette espèce n’a rien qui frappe les yeux, sa parure en effet est des pins uniformes. Les quatre ailes sont d’un argileux très-obscur et n’ont pour tout dessin aux supérieures qu’un point cellulaire blanchâtre et allongé, avec une ligne subterminale étroite, tortueuse et imparfaitement indiquée en clair. Le dessous des quatre ailes est de la même couleur uniforme, n’ayant sur les inférieures qu’un point cellulaire brun. La $ a les ailes relativement plus étroites, elles semblent par là plus allongées que celles du ÿ ; le fond est plus obscur et le point cellulaire ainsi que les lignes transversales aux supérieures se détachent mieux en clair.
La Mithymna Irnpar a été rapportée des steppes de la Russie méridionale.
Liita Epîlliymella, Stgr.
Stett. e. Z. 1859, p. 242.
(PL 149, fig. 8 à 10)
Elle est fusiforme, a seize pattes, avec la tête, les écailleuses
Lita Epitliymella
et la plaque du premier anneau touL-à-fait noires ; le second anneau, plus élevé que tous les autres, est plissé et entièrement d’un vineux obscur. Ge n’est qu’à partir du quatrième segment que se montrent les lignes ordinaires, lesquelles se détachent en vineux sur un fond livide. Cette petite chenille ronge, au commencement de l’automne, les feuilles de la Morelle noire (Solanum nigrum). Elle attaque d’abord la surface de ces feuilles et les lie ensuite avec des fils de soie. Après s’ètre déplacée plusieurs fois, elle abandonne la plante vers la fin de septembre ou les premiers jours d’octobre, et se retire dans les détritus végétaux pour y former une légère coque où elle se transformera bientôt en chrysalide. Moins d’un mois après, le petit papillon apparaît. C’est du milieu d’octobre à la fin de novembre que cet insecte se montre le plus, bien qu’il ne soit jamais abondant. Quelques chenilles sont encore très-petites à la fin d’octobre ; celles-là ne donneront leur insecte parfait qu’au mois de janvier, ce qui peut faire supposer deux générations lesquelles se suivraient sans interruption, le développement de la plante annuelle, le Solanum nigrum, n’ayant lieu qu’à la fin d’août.
INSECTE PARFAIT
Les quatre ailes sont très-allongées. Sur un fond argileux, plus ou moins obscur aux supérieures, existe une large strie ou bandelette brune s’avançant jusqu’à la première moitié de l’aile. Les inférieures sont fuligineuses, sans lignes, mais garnies de longues franges. L’espèce varie sensiblement : j’ai obtenu de chenilles reçues d’Espagne, des individus dont les ailes antérieures et le thorax sont entièrement tl’un brun noir.
U Epitliymella vole aux environs de Cannes, de Monaco, de Menton, etc., mais plus particulièrement peut-être dans le chemin encaissé des Tignes de mon voisinage. Il fuit les localités trop
ombragées, et les nombreuses morelles qui croissent en ces lieux frais ne nourrissent aucune de ces cbenilles.
Je possédais depuis longtemps en collection cette Lüa sous le nom de Solanella, nom spécifique qui lui conviendrait mieux que celui qu’elle porte dans le Catalogue Slgr. et Wocke, mais ici, comme partout, l’antériorité doit être maintenue.
Plusia Ni, Hb.
Tr. — Dup. — Frey. — Gn, — Stgr. — Berce.
(PI. 149, fig. Il à 13)
Elle n’a rien de remarquable; ce qui expliquerait jusqu’à un certain point qu’elle soit demeurée inédite jusqu’à ce jour. Cependant je dois dire qu’elle est fort rare et que ses mœurs ne sont pas encore bien connues. Je ne suis même pas certain qu’elle vive ordinairement sur le Solanum nigrum, plante sur laquelle je figure cette chenille. Pourtant je crois pouvoir assurer que deux entomologistes sérieux de la Provence m’ont dit autrefois avoir rencontré la Ni de loin en loin sur la morelle noire, la tomate comestible et aussi sur les orties. Je n’ai pu, jusqu’à ce jour, voir cette larve vivante; c’est d’après des chenilles de la Ni très-bien soufflées, reçues du D’’ Staudinger que je décris l’espèce et que j’ai fait mon dessin.
Par sa forme, la Plu. Ni rappelle tout-à-fait ses congénères, c’est-à-dire qu’elle n’a que dix pattes, qu’elle est cylindrique et atténuée antérieurement, avec la tête petite et globuleuse. Elle est d’un vert très-clair où se détache nettement la ligne stigmatale qui est large, continue, d’un blanc jaunâtre et nullement liserée sur les bords. Les autres lignes sont très-imparfaitement
Agrolis liogneda
indiquées en clair. Les stigmates sont de couleur chamois et finement cerclés de brun. La tête est d’un fauve obscur et n’e.st jamais marquée de noir sur les côtés; les pattes écailleuses sont aussi d’un fauve obscur et luisantes ; les six autres sont concolores. Pour se transformer, elle se comporte ainsi que la Plusia Gamma; elle tisse sur la plante qui l’a nourrie, dans les feuilles liées, une coque formée de soie blanche très-pure. La chrysalide est lisse et d’un brun presque noir.
INSECTE PAKFAÎT
On dit qu’il a deux générations ; je n’ai pu m’assurer du fait. Je ne l’ai jamais rencontré qu’à la fin d’août ou pendant la première quinzaine de septembre, soit au vol, butinant aux environs de Cannes, soit dans la campagne du Lyonnais ; mais toujours l’insecte m’a paru d’une extrême rareté. Une fois, le 1" décembre 1868, j’observais à Cannes, dans mon jardin, une Ni en train de développer ses ailes, sans qu’il me fût possible de préciser sur quellè plante du voisinage avait dû vivre la chenille.
Cette Plusie, la moins remarquable puisque de toutes c’est la plus simplement parée, ne varie pas ; cependant il est parfois des individus plus clairs que le type. Je ne sache pas que la Ni ait été rencontrée sur les collines du littoral, ou sur les montagnes élevées du département.
Agpotls Rogneda, Stgr.
Beii. e. Z. 1870, p. 113 — Trifida? F. de W. Bull. M. 1839.
(PI. 149, fig. 14)
Charmante espèce qui a été seulement décrite dans les Annales entomologiques de Berlin , mais qui nulle part ne doit être figurée.
Les ailes supérieures sont caractérisées par les nervures d’un blanc jaunâtre qui se détachent nettement sur un fond de couleur bois. Les ailes inférieures seraient entièrement blanches n’était une série de très-petits points bruns qui précède la frange. Les antennes sont relativement longues et pectinées .
Je ne connais ni la Ç ni la chenille.
h' A gratis Rogneda a pour patrie la Grimée d’où l’a reçue M. Staudinger et au cabinet de qui elle appartient.
dè'r LivriiLfun,. . Armée- 187!/,. Pl.150.
l. 1, Butalr<r O^sian&Ua-, MüL.