CS
(1) Ce n’est qu’assez longtemps après la rédaction de cet article, et la gravure des dessins de la 125° planche de mon Iconographie, que m'est parvenu le vol. XII de M. Stainton, où est décrit et figuré cet insecte sous ses divers états. P. M.
et mal définies. Elles sont traversées par une bande d’un oris brunâtre clair, mince et très-oblique, qui part du premier tiers du bord interne pour aboutir, en s’élargissant, au milieu de la côte. C'est à la naissance de cette bande que se remarque la dent principale du bord interne, caractéristique du genre. Cette dent est peu ‘saillante et terminée par un groupe d’écailles noires. Trois groupes d’écailles de même nature, mais de plus en plus petites, se remarquent encore le long du même bord, entre le précédent et l'angle interne. Entre la bande médiane et l'extrémité de laile se voit un assez gros point noirâtre. La côte est chargée de petites taches noirâtres et brunâtres, surtout à sa naissance et à son extrémité. La frange, d’un gris foncé, est garnie sous l’angle apical d’une double rangée d’écailles noirâtres. Elle s’éclaireit au bord interne. Les ailes inférieures sont grises, ainsi que leurs franges, dont la naissance est un peu rougeàtre. La tête, le thorax et l'anus sont jaune pâle; l'abdomen gris, et les pattes jaune pâle, avec les jointures grises.
« La chenille, grosse, luisante, assez courte, est d’un jaune verdâtre très-pâle, avec la vasculaire d’un vert plus prononcé et des points verruqueux noirs. Elle vit moitié à découvert, moitié comme mineuse sur les feuilles de la carotte sauvage (Daucus Carota), sur les pentes chaudes des coteaux cultivés des environs d'Hyères (), en janvier, février et mars. La métamorphose a lieu dans un léger réseau et l’insecte parfait éclot au bout de trois semaines.
(1) Et, dans des conditions analogues, dans toute la vallée du Cannet, près de Cannes, où l'espèce est des plus abondantes en octobre, et où on voit éclore l’insecte parfait au mois de novembre. P. M.
LE
Crinopterir Fa miliella 229
Crinoptervx, de Peyerimhoff, Famitiella, de Peyerimhofr
Coleophora Cistorum, de Peye.
Pet. Nouv. Ent. n° 15%: {97 fév: 1872
(PL. 125. fig. 5 à 12)
« Placé par sa situation climatérique, plus encore que géographique, vers la limite des zônes tempérées, le midi de la France nourrit, non-seulement des espèces, mais encore des genres, et parfois même des tribus, dont les représentants viennent s'interposer, souvent d’une manière inattendue, dans la faune européenne. Cette remarque, qui n’est pas neuve, m'est suggérée ii par l'étude du peüt Lépidoptère dont l'histoire va suivre, et qui m'a paru nécessiter la création d'une nouvelle coupe générique.
« C'est vers la fin de novembre ou au commencement de décembre qu'éclotlachenille de la Crinopteryr Familiella. Elle commence par vivre à l'état de mineuse, dans une large plaque qu'elle pratique dans la feuille de Cistus Salviæfolius sur laquelle a été déposé son œuf. Plus tard, quand elle a atteint environ le tiers de sa taille, elle se faconne, avec les épidermes dépouillés de. leur parenchyme de cette même feuille, un fourreau de forme elliptique et plate, mais qui devient de plus en plus cylindrique, au fur et à mesure que l’insecte grandit et en remplit la capacité, Ce fourreau est définitif; elle n'a besoin ni de l’allonger, ni de l’élargir, par la raison qu'elle se développe peu en longueur el qu'elle a eu soin, au moment‘de sa confection, de lui donner l'ampleur qui sera nécessaire plus tard.
« Pour fabriquer ce fourreau, elle découpe, dans la forme voulue {c’est-à-dire l’ellipse et avec des dimensions identiques, les deux membranes opposées entre lesquelles elle se trouve, mais
en ayant soin de n’en tailler d’abord que les troi$" côtés; elle lie ensuite, avec de la soie, les bords latéraux des deux pièces, et alors seulement achève de détacher l’ensemble de son travail, à l'abri duquel elle va désormais mener un nouveau genre d’existence.
« On voit que ce fourreau offre la même disposition que celui : des /ncurvaria et des Adela ; mais tandis que les chenilles de ces dernières désertent (autant qu'on les connaît) le végétal qui les a nourries dans leur jeune âge, pour vivre à la surface du sol, notre insecte continue à ronger les feuilles du Giste qui l’a vu naître, exactement à la facon du Colephora. Il va de place en place, perce l’une des deux épidermes de la feuille (ordinairement celle du dessous), et attache son fourreau contre cette ouverture, à travers laquelle elle ronge le parenchyme, et qu’il franchit parfois entièrement, en abandonnant ainsi momentanément sa demeure.
« Vers la fin de janvier ou en février, la chenille est parvenue à sa taille. Elle est alors, nous dit M. Millière, qui l’a soigneusement observée pour la représenter, assez courte, cylindrique, d’un blanc d'os, teinté de verdâtre, avec 16 pattes. La tête est petite, jaunâtre, et les trois premiers anneaux sont recouverts d’une plaque écailleuse partagée par un large sinus ; le dernier segment avec plaque concolore. Les pattes antérieures sont de couleur testacée, les membraneuses sont très-courtes et concolores. On ne voit pas de lignes; il existe seulement un liseré ventral fin, brun, et interrompu sur chaque ineision.
« À la même époque, cette chenille abandonne sa plante nourricière, cherche un abri quelconque à la surface du sol, et tombe dans un état d’engourdissement, sans même avoir eu soin de fermer son fourreau. Vers la fin de l'été, elle se transforme en une chrysalide de consistance molle et plus semblable en apparence à la nymphe d’un Hyménoptère qu’à celle d’un papillon.
Crinopterix Familiella 231
L'abdomen, d’un jaune d'os très-pàle, est très-développé ; l'enveloppe des autres parties est, au contraire, très-réduite, et présente une teinte cornée ; mais elle est si transparente que les organes qu'elle renferme sont translucides jusqu'aux approches de la métamorphose. Les fourreaux des pattes et des ailes sont indépendants.
« L'éclosion de l’insecte parfait, en captivité et en Alsace, eut lieu vers la fin de septembre et en octobre. »
Celui-ci n’a de remarquable que ses caractères. Disons de suite que son facies, autant que les mœurs de la chenille, le rapproche de la tribu des Tineidue, où il prendrait place à côté du genre /rcurvaria Hw. Toutefois, après avoir cru reconnaitre formellement la présence des palpes maxillaires sur l’insecte vivant et fraïchement tué, j'ai fait depuis de vains efforts pour les retrouver sur l’insecte desséché. Le doute qui en résulte pour moi m'empêche de lui assigner une place positive. Je me bornerai à dire, quant à présent, qu’en l'absence de tous autres caractères, la structure des ailes inférieures, à la fois couvertes d’écailles filiformes et garnies de longues franges(!), suffit à mes yeux pour exclure l’insecte dont 1l s’agit de tous les genres de Tineæ établis jusqu’à ce jour.
INSECTE PARFAIT
« Enveroure : 7 à 8 millimètres.— Les ailes supérieures, médiocrement larges, ont une apparence très-triangulaire, due aux couleurs de la frange. En réalité, leur extrémité a des contours
(1) On sait que le premier de ces caractères appartient à six espèces d'Incurvaria et aux genres Micropteryæ Hb. et Nemophora Hb. Le second distingue le genre Tinea Lin. Z., des genres avoisinants.