LS
arrondis comme chez l’/nceurv. Muscalella F. Mais la côte, fortement arquée au premier tiers de sa longueur, se relève un peu vers l'angle apical. Elles sont couvertes d’écailles peu fines et allongées. Le fond de leur couleur est le gris cendré roussâtre, mélangé de blanchâtre et recouvert d'écailles noirâtres, plus ou moins nombreuses, suivant les individus. Ces écailles sont ordinairement ramassées dans le pli; elles forment de plus une ligne régulière à la naissance de la frange; ailleurs, elles n’offrent que des taches vagues et confusex, dont la plus apparente occupe le disque: Elles font défaut sur un petit triangle appuyé sur l'extrémité du bord interne, où leur absence produit une tache claire, analogue à celle qu’on remarque chez quelques Yicropteryx Hb. et Nemophora Hb. (Fastuosella Z. Pilulellu Hb., etc.) La frange est très-caractérisée par sa couleur blanche, coupée aux deux angles et au-dessus de l’angle apical, par des faisceaux d’un oris noirâtre. Cette disposition, qui donne aux ailes l'apparence aiguë, signalée plus haut, est moins marquée chez la femelle.
« Les ailes inférieures sont notablement plus étroites que chez le genre /ncurvaria, et ressemblent davantage à celles du genre Tinea ZL. Elles sont presque translucides, coyvertes, au lieu d’écailles, de poils d’un gris foncé, et garnies de longues franges de même couleur.
«La tête est recouverte d’une laine brune. Les antennes sont longues, filiformes et épaisses. Les palpes labiaux sont petits, d’un gris roussâtre clair et garnis de plusieurs cils de même teinte. L
« Le dessus du thorax est gris de cendre, et tout le reste du corps, ainsi que les pattes, sont d’un gris noirâtre, plus ou moins roussâtre ou clair, suivant l'intensité de la lumiere.
« Le Crynopteryx Familiella habite, dans le midi de la France,
les parties les plus ombragées et les plus fraîches des bois, et principalement le bas des pentes septentrionales des collines.
© FPT
Nepticula Cistivora 233
La chenille vit en société parfois des plus nombreuses, mais
dans des localités circonscrites (particularité d’où j'ai tiré le nom de l'espèce), sa présence se trahit aisément par les larges taches d’un blanc verdâtre qu’elle occasionne sur les feuilles du Cistus Salviæfolius, et très-rarement ou accidentellement, du Cistus Monspeliensis. Bien qu'évidemment particulier ‘au Midi, cet insecte semble être, par son facies, par son époque d'apparition et par les sites privés de soleil, qu’il semble choisir presque exclusivement, un réfugié des latitudes plus septentrionales. »
Nepticula, Z. Cistivora, de Peyerimhoff
(PL. 125, fig. 13 à 16)
« L’insecte que nous allons décrire sous ses divers états a été observé, pour la première fois, sous la forme de larve, en 1867, à Cannes, par M. Stainton. (Voir d'he Tineina of Southern Europe, page 230.) Durant l'hiver 1868-1869, je la trouvai moi-même abondamment sur les collines des environs d'Hyères, et en rapportai un certain nombre de chrysalides, qui, malheureusement, sont écloses en mon absence, et ne me procurèrent ainsi que des sujets défigurés. Enfin, vers la fin de décembre 1870, M. Millière-et moi en fimes, dans tous les alentours de Cannes, une récolte abondante, qui nous permet de faire connaître aujourd'hui l’insecte parfait. F
« La chenille, d’après M. Millière, qui l’a étudiée avec le soin qui préside à ses patientes investigations, possède les prineipaux caractères du genre, c’est-à-dire absence de pattes cornées, mais, en revanche, ayant neuf paires de pattes membraneuses très-courtes, il est vrai. Gette conformation exceptionnelle des chenilles de Nepticula parait unique, ajoute M. Millière, et, dans
ce cas, semble présenter une anomalie dans l’Ordre si nombreux des Lépidoptères.
« La Cistivora mesure quatre millimètres ; elle est fusiforme, d’un jaune vif, avec le vaisseau dorsal verdätre. La tête est petite, déprimée, d’un brun pâle et traversée par deux lignes plus foncées qui aboutissent aux mandibules.
« L’insecte sort de l’œuf vers le 20 décembre environ, et se trouve en grand nombre, durant tout le mois de janvier, et à toutes les expositions, sur les Cistus Monspelensis et Salviaefolius. Mais, circonstance assez singulière, tandis qu'à Hyères la seconde de ces plantes seule présentait un nombre considérable de mines, l'inverse avait lieu à Cannes, où, sur des centaines de chenilles, vivant sur le €. Monspetiensis, j'en trouvai à peine deux ou trois sur le €. Salviaefolivs.
« La galerie de cette Nepticula est très-étroite, mais n’a pas de disposition fixe ; parfois elle est tortueuse et repliée sur ellemême, et quelquefois droite sur presque tout son parcours.
« Parvenue à sa taille, la petite larve perce l’épiderme supérieur de la feuille, et cherche à la surface du sol un abri où elle file, dans le sable ou les débris végétaux, un cocon d’un blane jaunâtre et d’une forme plus ovoïde que celle des cocons ordinaires de Nepticul«.
«J'ignore l’époque exacte dé la transformation en chrysalidet", de même que les formes de celle-ci. L’éclosion de l’insecte parfait a lieu dans le courant de septembre et d'octobre.
«Ge dernier à une livrée des plus modestes. Envergure : # à 4 1/2 millimètres. Le fond des ailes supérieures est d’un blanc grisätre et parfois, mais très-rarement, d'un jaune pâle. Sur ce
(1) C’est vers la fin de février qu'a lieu cette transformation. Dès le milieu de mars, toutes les chenilles de la Cistivora ont abandonné les feuilles qui les ont nourries pour se mélamorphoser. P, M.
ET YU ATP
Nepticula Cistivora 239
fond, luisant et presque translucide, se trouvent dispersées, en plus ou moins grande quantité, des écailles noires assez grossières. Chez beaucoup de mâles ces écailles occupent, avec une densité à peu près égale, toute la superficie de l’aile ; mais chez la femelle, elles manquent, en tout ou en partie, sur le troisième quart de cette superficie, où leur absence forme une bande transverse, pâle et plus au moins nette. Cette éclaircie varie de lucidité suivant les individus, et se retrouve, quoique affaiblie, chez un certain nombre de mâles.
« Les ailes inférieures, les franges des quatre ailes et le dessus du thorax, sont d’un gris pâle ; l'abdomen a une teinte plus foncée, surtout vers l'extrémité ; chez la femelle, les poils qui le recouvrent sont moins fournis, en sorte que ses côtés, et même le dessous des premiers anneaux, ont souvent une teinte jaunâtre.
« La Nepticula Cistivora est probablement des plus abondantes partout où croissent les plantes qui la nourrissent, du moins dans le midi de la France. M. Staudinger me mande qu’il a observé en Espagne, sur le Cistus Laurifolius, une mine de Nepticola qui, probablemen!, n’est autre que la Cistivora. »
DE PEYERIMHOFF.
Eupithecia Uliimaria, Bdvr.
Bdv. 1704.— Dup. IV, p. 107. pl. 59, £. 5. — H.-S. p. 121 et 133, f. 281-283, — Gn. — Led. — Sigr. 2192.
(PI. 126, fig. 1 à 4.)
Les entomologistes qui étudient les chenilles, cherchent depuis longtemps déjà, celle de l'Ultimaria, Bdv. Jusqu'à ce jour, on n'avait obtenu que de vagues renseignements sur les premiers états de cette rare Ewpithecia, la plus petite du genre peut-être. Jen ai dit quelques mots, IT, p. 112. Ge renseignement, tout incomplet qu’il a été, s’est trouvé exact; c’est effectivement le Täamarix gallica qui nourrit la
Celle-ci est très-allongée, cylindrique, sans carène latérale, à tête petite et globuleuse, avec les pattes postérieures très-rapprochées et partant très-éloignées des pattes antérieures. Cette forme allongée la fait plutôt ressembler à une 4cidalia qu'à une Eupithecia. C’est, en effet, sous le nom d’Acidalie que cette larve m'a été envoyée d’Espagne, et tout d’abord j'ai partagé l'erreur de mon correspondant. Le type est d’un vért clair, avec de jolies taches blanches et carminées. Le clapet anal, vineux en dessus, est blanc sur les côtés. La vasculaire, d’un vert foncé, est interrompue sur les incisions. Il n’existe pas de sous-dorsale, mais on voit une stigmatale blanchätre, ondulée et marquée aux incisions d’un point blanc vif rectangulaire, lequel est surmonté d’une tache vineuse de même forme. Les stigmates, invisibles à l'œil nu, sont elliptiques et brurs.
L’espèse varie en rougeâtre vineux. Cette variété constante
PPT p
Eupithecia Ultimaria 237
rappelle par sa couleur celle du Tamaris où, au repos, elle se tient fixée pendant le jour, et où, par sa forme allongée, elle se confond tellement avec les feuilles de l’arbrisseau, qu'il devient fort difficile de la distinguer.
Ces jolies chenilles, type et variété, grossissent rapidement et se chrysalident de même. Elles se sont transformées le 26 août, et, des trois sujets que j'ai élevés, l’un m'est éclos le 5 septembre, à huit heures du soir. Les deux autres chrysalides ont passé l'hiver, et sont écloses au mois de mai. (le l’année suivante.
INSECTE PARFAIT
IL est effectivement très-petit; la #Wassiliata seule peut lui être comparée.
L'Ultimata que M. Westwood a donnée dans le Supplément de Wood, sous le n° 1736, peut bien être cet insecte, puisque le Tamarix, qui nourrit la chenille, est aussi abondant sur le littoral anglais qu'il l’est en France.
L'Ultimata est aussi rare à Cannes qu'à Montpellier ; elle ne parait pas plus abondante à Marseille, à Barcelone (Espagne), que partout, enfin, où elle a été signalée.
Agdistis Tamaricis, Zell.
Is. 1847, 899 — Herr. Sch. pl. 41, fig. 2, v. p. 369. — Star. et Wocke, 3116.
Celle de la première génération passe l'hiver; elle est alors très-petite, de couleur brune, et demeure étroitement fixée aux
branches jusqu'au printemps, époque où reparaïtront les feuilles
du Tamarix gallica, dont elle se nourrit. Dès lors, elle grossit rapidement et parvient à toute sa taille vers les premiers jours de mai.
C'est une des chenilles les plus singulières par la forme, car elle est en partie recouverte de pointes charnues ou caroncules de longueurs diverses, et disposées ainsi que je vais le dire.
Le premier anneau est couronné de quatre caroncules finissant en pointe; celles-ci sont relativement petites. Le second anneau en présente deux plus élevées. Le troisième, le cinquième et le huitième sont, de leur côté, surmontés de deux caroncules un: peu plus élevées que celles du premier.Enfin, le onzième segrnent présente une pointe inclinée en arrière plus longue que toutes les autres. La tête est petite,globuleuse et concolore. Les trapézoïdaux sont noirs ; les stigmates blancs Le type de cette curieuse chenille est d’un rougeâtre obscur, cependant l'espèce varie beaucoup, de puis le gris clair jusqu'au vert d'herbe, mêlé de teintes rougeñtres sur les deuxième, quatrième, huitième et douzième anneaux.
J'ai dit que cette Agdistis vit sur le Tamarix galliea répandu sur tout le littoral, cependant le Myricaria germanica, fort commun sur les îles du Rhône, près de Lyon, nourrit cette larve tout aussi abondamment que le Tamaris de la Provence. Pour se chrysalider, elle se suspend aux branches et se transforme, ainsi que certaines Vanesses, la tête en bas. De même que la chrysalide de ces Vanesses, celle du Tamaricis, dont la tête se termine par trois pointes aiguës, présente une sorte de masque. La gaïne des ailes est très-allongée et finit en pointe non adhérente au corps, dans la moitié de sa longueur. Elle est le plus ordinairement d’un rougeätre obscur, maculée de points blanchâtres.
(1) Tamarix germarica des anciens hotanistes,
(ne aa
+ L draft
Pseudophia Ilunaris . 239
Le Tamaricis éclot 20 ou 25 jours après la transformation de sa chenille, et les éclosions se succèdent jusqu’en octobre.
Cet insecte prend au repos une forme singulière; 1l projette en avant ses ailes roulées sur elles-mêmes dans le sens de leur longueur, lesquelles forment alors deux pointes avancées.
Pseudophia HNiunaris, Hb,
069, 574, 868. — Tr. II, 305 et Sup. p. 1955. — God. IT, p. 126, pl. 55. — Bdv. 1360. — Gn. Ind. v. 248. — Gn Sp. VIE, p. 235. — Mill. Ic. 60, f. 9. — Stgr. 1945.
(PI. 126, fig. 8 et 9.)
Elle a déjà été publiée et figurée, mais d’une manière qui laisse beaucoup à désirer; d’ailleurs, on connaît imparfaitement ses mœurs. Cette larve, en effet, ne se rencontre pas seulement « de septembre jusqu’à la fin d'octobre » (Bdv. Rb. et Gr.), puisque dès la mi-juillet on la trouve à toute sa grosseur. Cette génération éclot trois semaines après au plus. L'espèce a donc toujours ici deux éclosions ‘!).
Je dirai encore qu'il n’est pas du tout vrai que les chenilles d'Illunaris « conservent toute leur vie la couleur et le dessin de leur jeunesse. » Si cette chenille, à son état adulte, est toujours brune, dans ‘sa jeunesse, au contraire, et jusqu’à sa trois sième mue, elle est toujours ou presque toujours d’un vert très-tendre et sans lignes. C’est à peine si, une fois sur cent, on rencontre une jeune chenille brune de cette Pseudophia.
(1) J'ai cependant recu d'Espagne des chenilles qui ne m'ont donné leur insecte parfait que dix mois après leur transformation. Je mentionne plus loin une variété d’Jllunaris éclose dans ces conditions.
Enfin, je fais observer que la figure qui à été donnée de la
chenille d'Aunaris (Catocalitae, pl. 2; f.-3\ n'est pas assez allongée et ne présente point la plaque écailleuse du premier anneau.
Ainsi que personne ne l’ignore, l’insecte parfait varie énormément pour la couleur et la netteté des dessins.
En outre de. la variété unicolore, que j'ai figurée (Ic. pl. 68, f. 9) et que je rappelle pour qu'on sache à quel point l'insecte varie, je dirai qu'une race ou variété constante qui me paraît être, aux environs de Cannes et d'Hyères, presque aussi commune que le type, a les ailes supérieures carnées ou d’un vineux clair. Chez cette race, qui fournit des sous-variétés, le thorax est toujours de la couleur des supérieures. Il est, aux environs de Barcelone (Espagne), une variété constante d’Jlunnaris, trèssombre, cependant le type est le même qu'en Provence. Une chenille de cette variété s’est transformée chez moi, à la fin d'août 1871, et n’est éclose que le 22 juillet 1872.
L'Illunaris, qui est essentiellement méridionale, dont la chenille n'a jamais été rencontrée que sur le Tamarix gallica, est commune à Cannes, partout où, au bord de la mer et dans les ravins humides, croît le Tamaris. Flle est particulièrement abondante au Golfe-Jouan et dans le lit du torrent qui descend de Vallauris. ‘
Orobena? Hsatidalis, Dup.
NII, pl:,238,.1.,3,:p:.336. — H.-S. 110-111, ps Gn. VITE, p. 379. — Stor. et Wocke, 245.
(PI. 127, fig. 1 à 3.)
Il est vrai que les chenilles du genre Orobena, de M. Guenée, sont mal connues ; cependant, on sait aujourd'hui que trois des
SATA PPS
Orobena? Isatidalis 241
quatre espèces européennes qui composent ce genre, Sophialis, Frumentalis et Isatidalis, ont élé observées, et que, de plus, ces trois larves vivent sur les /satis, crucifères assez abondamment répandues dans les Alpes-Maritimes. Pourtant, jusqu'à ce jour, aucune de ces larves n’a encore été représentée. La reproduction de celle de l’satidalis devra donc présenter de l'intérêt aux entomologistes qui s'occupent des mœurs des insectes.
Elle m'a été envoyée de Corse, par M. Mabille, vers le milieu d'avril 1866, aux trois-quarts de son développement. Le 25 du même mois, elle était à son entière grosseur; elle est alors assez
. courte, épaisse, cylindrique, atténuée postérieurement, verdâtre, lavée de vineux en dessus et-de vert jaunâtre en dessous, avec ‘seize pattes concolores. La ligne vasculaire seule existe; elle est fine, brune et interrompue. La tête est petite, cordiforme et roussâtre. Le 1° anneau, avec plaque étroite et concolore; les 2° et 3° sont marqués de quatre gros points noirs, placés transversalement sur chacun d’eux.
Cette chenille, qui varie en jaune Isabelle, lavé de verdâtre, est remarquablement lourde et paresseuse. Elle paraît avoir les mœurs de la Pionea Margaritalis, vit comme celle-ci en société sur l’/satis tinctoria, par petits groupes, sous une toile com-. mune entre les rameaux, ne quittant sa retraite que la nuit pour manger, et ne descendant de la plante que pour se transformer. « Lorsque la plante est entièrement dépouillée, elle perce la tige dans l’intérieur de laquelle elle se loge pour en ronger la moelle. » Ramb.
La métamorphose a eu lieu, dans l'appartement, vers la fin d'avril ou Les premiers jours de mai. La chenille a tissé dans la mousse une coque papyracée (fig. 4), blanchâätre, mince, de
texture solide et-paraissant impénétrable à Phumidité. Les éclosions n’ont eu lieu qu’à la fin de décembre et dans le courant de janvier.
L’insecte n’a, selon toute probabilité, qu'une génération; il se répand lentement dans les collections.
L’Isatidalis n’a été prise qu'une fois dans les Alpes-Maritimes, mais elle ne doit pas être rare sur les hauteurs de Vallauris où croît abondamment la plante qui nourrit la chenille.
Hypsopygia (1) Egresialis? H.-S.
Deutsch]. Ins. 163, f.3.— H.-$S., f. 55, IV, 120.—Gn. VIII, p. 133. — Stgr. 28.
(Var? Medusalis)
(PI. 127, fig. 4 et 5.)
Cette jolie Pyralite, nouvelle pour la faune française, n’est pas inédite ainsi qu'on aurait pu le penser d’abord. Jusqu'à ce jour elle est demeurée tellement rare, que je crois être le seul qui la possède en France.
Plusieurs caractères sérieux éloignent du type les divers sujets que j'ai capturés à Cannes, soit au réflecteur, soit dans Les garigues de mon voisinage. L'un de ces caractères constants est, ‘chez l’insecte vivant, l'abdomen entièrement noir dans les deux
derniers tiers de sa longueur, alors que ce caractère n'est nula ;
lement indiqué sur l’insecte qu'a figuré M. Schaeffer. Je pourrais encore citer l’envergure de cette variété constante ® de près de moitié plus petite que la figure précitée.
(1) Ulotricha, Led.
(2) Ou peut-être bien espèce distincte.
Dé ue
Lithostege Grisenta L 243
Je ne connais pas l'£yregialis, H.-S., en nature; je ne puis done être absolument certain que mon insecte s'y rapporte authentiquement.
Lithostege Grisenta, W.-V.
p. 116. — Tr. — Dup. — Gn. X, p. 502. — Stgr. 2534 — Asinata,F.p. 199 = /ncanata, Hufn.= Duplicaria, Hb. 208, ab.
PI. 127, fig. 6 à 9.)
Aucune larve de ce genre, composé de neuf à dix espèces européennes, n’est connue. Il n’est pas douteux qu’on apprenne avec intérêt ce qu'est la chenille de la Lith. Griseata, ses mœurs, ainsi que le nom de la plante qui la nourrit. Cette larve n’est parvenue à toute sa grosseur qu'à la fin juillet ou dans les premiers jours d'août. C’est le 24 juillet dernier et le 8 août de l’année précédente, que je recevais de M. Doubleday quelques sujets -adultes de cette rare espèce.
La chenille est cylindrique, à peine carénée sur les côtés, avec le clapet anal assez bien formé, et les anneaux distincts. Le type est d’un vert pomme et les lignes ordinaires sont ainsi disposées : la vasculaire est fine, d’un vert foncé et interrompue sur les incisions; la sous-dorsale est double, et du même vert que la précédente ligne; la stigmatale est large, blanchâtre et continue. Le ventre ne présente pas de lignes, mais il est marbré de blanchâtre. La tête est cordiforme et maculée de points vineux ; les stigmates sont d’un pourpre obscur et cerclés de noir. Les dix pattes concolores.
Cette chenille varie en gris foncé et gris brun, avec les deux prenuères lignes d’un vert glauque; mais la stiémate demeure blanchâtre (fig. 7). Elle vit en Angleterre, m'écrit M. Doubleday, sur le Sisymbrium sophia, L., mais je l'ai nourrie avec une plante de la même famille, l’/satis tinctoria.
{ES La transformation a eu lieu vers le 15 août dans une coque formée parmi les feuilles sèches. La Phalénite n’a paru qu’en juin de l’année suivante; l’espèce n’a, on le conçoit, qu'une éclosion.
Bien que cette Lithostège passe pour avoir éte prise en Provence, j'en doute cependant; non-seulement je ne l’y ai jamais rencontrée, mais je n’ai pu obtenir sur son compile aucun renseignement certain des entomologistes du midi de la France.
La Griseat: appartient à l'Autriche, à la Bavière et à la Russie méridionale; elle ne paraît pas très-rare aux environs d'Epping.
Mon cabinet, huit exemp. ex larvd.
Euterpia Laudeti, Bdv.
Gen. 1224. — Gn. Ess. p. 520 et Ind. p. 246. — Dup. pl. 82. — H.-S. f. 228-229. — Frey. pl. 395, — Gn. VI, p. 172. — Stgr. 1849 = Cretacea, Ex. Bull. M. 1847, IL, 80, pl. 6, fig. 2.
(PL. 128, fig. 1 à 4.)
Pendant bien des années l'obscurité a entouré cette charmante espèce, dont un marchand naturaliste, M. Anderrego, de Gamsen, connaissait seul les mœurs et l'habitat, et dont il a su pendant longtemps tirer un fructueux parti). Le jour s’est fait, enfin,
(1) Pour que son secret fût mieux gardé, ce marchand a dù induire volontairement en erreur les entomologistes sur le nom réel de la plante qui nourrit la chenille de ZLaudeti. Ce qui le ferait supposer, c'est ce passage du Species général (VI, p. 171), en parlant de cette chenille : « Tout ce que j'en sais, c’est qu’elle vit sur des plantes du genre Æypericum. » — La chenille de Laudeti ne vit point sur un Hypericum, ainsi que je le dirai dans un instant.
Euterpia Laudeti 245
sur cette précieuse larve, et la Laudeti, espérons-le, devra bientôt ne plus être une rareté. |
C'est à feu le docteur Rambur qui, le premier, a retrouvé la chenille de Zaudeti, et à un entomologiste distingué de Genève, feu J.-P. Poulin qui, sur les indications de Rambur, a su la découvrir. C'est, dis-je, à ces amis de notre chère science, que je dois les détails de mœurs qui se rattachent à cet intéressant insecte. Ce n’est pas, en effet, sur un AHypericwm que vit cette larve, mais bien sur le Silene otites, plante visqueuse, d’une conservation difficile, circonstance qui augmente l'embarras de l’éducation de la chenille en captivité.
Suivant l'avis de feu Rambur, exprimé dans sa lettre du?24 mai 1870, peu de temps avant sa mort, cette espèce, dit-il, n’a pas, jusqu’à ce jour, été mise à sa véritable place; elle doit suivre le genre Dianthaecia. « Quant à la chrysalide, elle présente un renflement qui fait saillie vers la base de l'abdomen, mais son extrémité abdominale forme une pointe plus saillante que chez les autres. » ;
Elle est médiocrement allongée, à peine atténuée, presque cylindrique, sans aucune ligne; cependant sur un fond jaune très-clair, presque blanc, tous les points pilifères, compris les trapézoïdaux, sont subverruqueux, gros, d’un noir profond, luisants et surmontés d’un poil très-court, raide et noir. La tête est petite, cordiforme, d’un jaune roux, marquée de noir sur chaque calotte, avec les ocelles et mandibules noirs. Le premier anneau est surmonté d’une petite plaque fauve, avec quatre gros points noirs rectangulaires placés en avant, et deux autres placés postérieurement et en travers ; ceux-ci sont plus allongés. Le dernier segment présente aussi une petite plaque fauve,
limitée par un gros point noir de chaque côté,"et deux plus petits occupant le milieu. Les stigmates sont petits, ovales et noirs. Les seize pattes sont bien développées, concolores et marquées de noir à l'extrémité.
Après la troisième mue, cette chenille se présente déjà avee les caractères que je viens d'indiquer; seulement le fond est alors d'un vert jaunâtre, les points noirs et les plaques sont relativement plus développés (fig. 3.
C’est en Juin « sur les collines et endroits des environs de Sion et surtout de Sierre (Valais), que vit la chenille de la Laudeti, sur le Silene otites, assez répandu en ces lieux » et d’où J.-P. Poulin a bien voulu m'envoyer un certain nombre de chenilles à divers âges. C’est au pied de la plante qu'elle se transforme.
INSECTE PARFAIT
Les ailes, d’un blanc de lait pur, ornées de larges bandes dentelées, mèlées de rose, de brun et de noir, font de cette curieuse espèce une des plus jolies parmi toutes les noctuelles.
La Laudeti ne varie pas et sa parure, si on tient l’insecte dans de bonnes conditions, demeure, malgré le temps, sans s’altérer sensiblement. Je possède dans ma collection deux Zaudeti, envoyées, il y a près de trente ans, par le chasseur Anderregg, et je les vois aussi bien conservées, et avec des nuances presque aussi vives que le Jour de leur arrivée.
Non-seulement l'espèce appartient aux Alpes du Valais, mais elle a été retrouvée dans la Russie méridionale. Elle pourrait bien aussi faire partie de la faune des Alpes-Maritimes ; c'était l'avis de Rambur, car le Silene otites croit abondamment dans les lieux arides : au-dessus de Menton, Nice, Antibes, Saint-Vallier, etc. (Arduino, p. 57.
RAETORS S -{
Anthoecia Purpurascens 247
Anmthoecia Purpurascens, Tauscher.
Led. — Ster. — Pulchra, Ev. — Tr. Fr. V. U. — Herr. Sch. — Gn. VI, p. 186.
(PL. 198, fig. 5 à 7.)
Voici une larve qui ressemble assez à celles de ses congénères connues, les Cardui et Cognata. Elle me paraît aussi se rapprocher de la chenille de la Laudeti. Au reste, les renseignements que j'ai obtenus sur cette chenille reçue de M. Standinger, sont, je l'avoue, assez incomplets, puisqu'il n’a pu me préciser ce qu'était la plante qui la nourrit dans la nature. En attendant de plus amples informations sur les premiers états de la Purpurascens, je représenterai la chenille telle que je la vois, et j'en donnerai la description suivante :
Elle est entièrement cylindrique, à tête petite, globuleuse et fauve, avec le premier anneau portant une plaque écailleuse, bien développée et également fauve. Les points trapézoïdaux et autres sont petits, un peu saillants, noirs, et se détachent sur le fond, qui est d’un jaune serin. Il n’existe aucune ligne, soit en dessus, soit en dessous. Les stigmates sont ovales et noirs ; à la troisième mue, ils sont blancs et cerclés de noir. La plaque du cou, qui est entourée de points noirs au troisième âge, s’en trouve dépourvue au quatrième. Les pattes écailleuses sont ambrées ; les dix autres sont d’un jaune blanchâtre.
Lors de la troisième mue, le fond est d’un jaune moins clair qu'il ne le sera à la quatrième, et tous les points pilifères sont plus gros, et, pour la plupart, reposent par groupes de deux sur
une tache d’un gris foncé. De plus, les second et troisième segments sont entourés d’un cercle de points noirs assez serrés.
Cette brillante noctuide, qui semble ne pas varier, appartient à la faune de la Russie méridionale. Elle vole en juin et juillet « sur le sommet des montagnes de l’Oural, nues et pierreuses. » Gn. |
Toutes les grandes collections possèdent aujourd’hni l’Anthoecia Purpurascens, qui conserve toujours son prix élevé.
Cannes, janvier 1872.
P. MILLIÈRE
Tr
EXPLICATION DES PLANCHES
DE LA 29° LivrAISON (1872)
Fig. 1. Chenille du Chauliodus Daucellus, de Peyerimhoff. 2. Id. à moitié cachée entre deux pellicules du 2. Carota.