VINGT-QUATRIÈME LIVRAISON
(Présentées à la Société Linnéenne de Lyon, le 12 avril 1869),
L'Osyris alba, L. (vulgairement Rouvet) est un arbuste aux rameaux nombreux et flexibles qu’on ne rencontre guère que dans les contrées méridionales de l’Europe, sar les terrains un peu secs des côtes maritimes. Il fait partie de la flore des environs de Cannes et de Nice où il est très-répandu (1). A l’époque de sa floraison, qui a lieu dans les premiers jours de mai, j'äi trouvé sur cet arbrisseau deux chenilles précieuses qui ont les mœurs de celles du genre Swammerdamia de Hubner. Ces chenilles sont d'autant plus intéressantes qu'elles m'ont fourni deux papillons inédits dont l’un forme genre, c'est de celui-là que je parlerai en premier lieu.
AP
(4) L'Osyris alba appartient encore au bassin du Rhône; en eff.t, on le re-., marque de loin en loin à partir de Valence
Annales de la Société linnéenne. 1
Paradoxus Osyridellas, Mir.
(Species nova.) (PI. 105, fig. 12 à 22.)
Dès le 15 avril, on remarque, en se promenant dans les forêts de pins maritimes situées à l’Est de Cannes (Alpes-Maritimes), des touffes de l’Osyris alba aux rameaux duquel sont fixés des fils de soie ressemblant assez aux lacs d’une araignée. Après s’être approché de très-près, on reconnaît qu’une petite chenille, à moitié de sa taille, paraissant comme suspendue et sans appui parmi ces fils, tant ceux-ci sont fins, a formé ce travail délicat.
Cette petite larve, brunâtre à sa seconde mue, d’un jaune obscur à sa troisième, passe au vert glauque en arrivant à toute sa taille qu’elle atteint à la fin d'avril, ou pendant les premiers jours de mai. A cette époque, la chenille de l’Osyridellus est longue, cylindrique, à peine atténuée postérieurement, d’un vert lavé de roussâtre dans la partie dorsale, à tête petite, globuleuse, d’un rougeâtre obscur, marquée de noir sur chaque joue, avec le premier anneau à plaque écailleuse noire, luisante, partagée par un lignée claire et précédée par un collier d’un blanc vif, à 46 pattes normales dont les écailleuses sont noires et annelées de blanc. La ligne vasculaire est fine, continue et d’un vert foncé; la stigmatale est assez large, continue et blanchâtre, avec les stigmates, qui la touchent par le haut, clairs et cerclés de noir. Cette chenille varie en rougeâtre foncé et en brun. Elle vit aux dépens des feuilles et n’attaque jamais la fleur. Ce sont celles de l’année précédente qu’elle semble rechercher, et souvent, je l’ai remarqué, les tiges anciennes et presque dépourvues de feuilles sont celles que cette larve choisit préférablement:aux tiges fraîchement développées et garnies de feuilles récentes. Elle est des
Paradoxus Osyridellus. 45
plus vives et des plus frétillantes ; au plus léger contact des rameaux auxquels sont fixés ses fils, elle se laisse glisser et se perd au pied de la plante. Par ses mœurs, cette larve qui grossit rapidement et qui est attaquée dans de grandes proportions par un parasite ichneumonien, se rapproche beaucoup de la Siammerdamia Egregiella, Dup. dont j'ai raconté l'histoire (XVI® Liv., p. 490, fig, 4 à6). Cependant, à l'opposé de cettellernière chenille, celle du Paradoxus Osyridellus ne se chrysalide jamais sur la plante qui l’a nourrie; c’est au pied, parmi les feuilles sèches et au centre d'une petite toile en soie fine, serrée et blanche, qu’a lieu la transformation après 24 heures à peine. La chrysalide est médiocrement allongée, verte, lavée de jaune vif, avec la gaîne des ailes atteignant l'extrémité abdominale. L'état léthargique n'a qu'une faible durée ; en effet, quinze à seize jours après éclot l’insecte adulte, vers le soir, et, le plus souvent, pendant la nuit.
INSECTE PARFAIT
Sans la forme exceptionnellement singulière des palpes de ce lépidoptère, il devrait trouver place après la Swammerdamia Eyregiellu; mais la présence de ce caractère important me force, et ce, d'après l’avis de M. Stainton, à créer pour lui un genre nouveau.
Le Paradoxus Osyridellus mesure 0*,016 à 0",017.
A la première vue on pourrait prendre ce nouvel insecte pour un petit individu de la Hyponomeuta Sedella, Tr., ou Rorella, Hb., desquels il a un peu la taille, la couleur et l’aspect général ; cependant il rappelle plutôt, pour la coupe d'ailes, la Swamm. Egregiella dont il a également les mœurs ; aussi, est-ce après celte dernière Tinéide que je place ma nouvelle espèce; entre les Swammerdamia de AM et le genre Distagmos de M. Herrich Schaëfer. |
Les ailes sont très-allongées, aiguës à l’apex, garnies de longues franges soyeuses, surtout aux inférieures. Les premières ailes sont
kk CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS.
étroites, grises, plombées, marquées au centre de det@ix lignes longitudinales blanches et recouvertes chacune d’une trentaine de trèspetits points noirs. La pointe apicale, garnie de longues franges, présente celles-ci d’un noir foncé, et, chose digne d'observation, cette couleur noire disparait pour devenir plombée, et reparaît noire, selon que la lumière frappe directement ou indirectement cette partie de la frange. Les ailes inférieures sont plombées, unicolores, luisan— tes avec leurs longues franges plus obscures et mates. En dessous les quatre ailes sont plombées, luisantes et seraient unicolores si la teinte noire de la frange à l’apex ne reparaissait. La tête est velue, d’un gris clair bleuâtre ; les palpes sont longs, incombants, en forme de doloire, gris-bleuâtres, et garnis de longs poils concolores tachés très-finement de noir à l'extrémité de chacun d’eux. Les antennes sont très-longues, noires, et blanches à l'extrémité. Les yeux sont noirs, le vertex et le thorax sont blancs. L’abdomen est long, grêle, dépassant les inférieures ; il se termine par une petite touffe de poils. Les pattes sont longues et concolores ; la seconde paire est blanche à l'extrémité et porte uné paire d’éperons; la troisième en a deux.
La 9, qui ressemble au © pour la couleur, est un peu plus grande que lui.
Si le Parad. Osyridellus varie pour la taille, il ne présente aucune variété de coloration.
Un fait physiologique caractérise cet insecte dans ses habitudes : son état de repos nous le montre dans une position des plus bizarres : la partie antérieure du corps est inclinée en avant, et ses palpes ont l'air de lui servir de point d'appui, tandis que l’extrémité est sen— siblement relevée (PL. 105, f. 19.).
L'Osyridellus s'envole avec rapidité lorsqu'on froisse les rameaux de l’Osyris parmi lesquels il se tient au repos pendant le jour. Cette espèce pourrait bien avoir plusieurs générations.
Chauliodus Staintonellus LS Chauliodus Staintonellus, Mi.
(Species nova.)
(PI. 105, fig. 4 à 41.)
La chenille de cette nouvelle espèce est peut-être plus intéressante à étudier que son insecte parfait lequel, suivant M, Stainton, ne peut se séparer du genre Chauliodus. Tr. Cette petite larve vit à peu près en même temps, sur le même arbrisseau (l’Osyris alba), et a les mêmes habitudes que celle du Paradoxus Osyridellus précédemment décrite, c’est-à-dire qu’elle se tient au repos, fixée à des fils de soie. Elle a de plus les mœurs de la chenille de la Swam. Egregiella.
Vers la fin d'avril, on commence à voir de très-pelites larves d’un jaune citron, ou d’un jaune verdâtre, fixées à leurs fils de soie ; elles sont alors presque diaphanes; mais ce n’est guère que vers le 15 mai que ces larves, qui grossissent rapidement, ont atteint leur entier développement. A cette époque, la chenille de ce Chauliodus inédit ne ressemble, pour la forme, à aucune autre larve de Tinéide; elle a 16 pattes, une tête petite, cordiforme, noire, avec le premieranneau muni d’une plaque écailleuse étroite, brune, partagée par une ligne claire. Elle est globuleuse, charnue, à anneaux distincts et recouverte de nombreux petits points verruqueux noirs, et d’un vert myrte uniforme; ellene présente pas de lignes, si ce n’est le vaisseau dorsal qui se prononce en vert foncé. Les stigmates, invisibles à l’œil nu, sont bruns. Les pattes écailleuses sont courtes et noires ; les membraneuses, qui semblent ne pas exister tant elles sont petites, sont verdâtres.
Cette larve ne se nourrit que de la fleur de l’Osyris alba, sans corolle, on le sait, dont elle fait disparaitre le pédoncule en entier; elle semble manger nuit et jour, sa croissance aussi est-elle des plus rapides; en effet, dès le 45 avril, toutes les chenilles se sont métamorphosées.
Contrairement à ce qui se passe pour la chenille du P. Osyridellus, celle du Chaul. Staintonellus ne descend jamais de l’arbuste pour se transformer; c’est, fixée à un ou à plusieurs rameaux réunis, que, après s'être entourée de fils de soie fins, serrés et blancs, elle opère sa métamorphose. L'état de nymphe, lors de la première génération, dure quinze jours environ, mais Ja dernière doit passer l'hiver en chrysasalide (1). |
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0°,014 à 0,012.
C'est un des plus exigus du genre, le plus petit sans doute; pourfaut s’il est un peu moins grand que le Chaul. Chaerophyllellus, Goeze, il l’est un peu plus que le Chaul. Ochreomaculellus, Mill. (2). C’est du premier de ces Chauliodus que le Staintonellus se rapproche le plus pour la coupe générale.
Les ailes sont longues, étroites, garnies de longues franges soyeuses; les supérieures sont falquées, courbées en crochet à l’angle apical, et garnies de deux dents au bord interne. Le fond est ardoisé, et on voit une double ligne rougeñtre qui en occupe le centre dans toute sa longeur ; le tout est très-finement sablé de noir. L’apex en crochet, et les deux dents du bord interne de la supérieure sont noirs. Les secondes ailes sont étroites, claviformes, d’un gris ardoisé, unicolores, luisantes, munies de très-longues franges concolores et a reflets rougeâtres. Les quatre ailes en dessous sont uniformément d'un ton ardoisé, luisantes, avec de larges reflets rougeâtres. Les antennes sont longues et concolores: vues à une très-forte loupe,
mm
(4) Fait supposable, puisque avant l'apparition des fleurs , au commencement d'avril, j'ai pris au vol un certain nombre de Chauliodus Slaintonellus dans le temps que nulle chenille de celle espèce n'avait pu encore paraitre.
(2) Ann, Soc. ent, Fr., Séance du 11 janvier 1854, pl. 3. fig. #.
Acidalia Circuitaria. 47
elles paraissent granulées jusqu’à l’extrémité. Les palpes sont recourbées en crochet, avec le second article plus court que le premier. Les yeux sont gros et bruns ; le thorax robuste est de la couleur des ailes supérieures, et l’abdomen, qui ne dépasse pas les franges des inférieures , participe de leur couleur. Le pattes, médiocrement longues et bleuâtres, sont munies aux inférieures de deux paires d’éperons courts.
La © ressemble au o”.
L'espèce ne m'a pas paru varier.
Ce nouveau Chauliodus s'envole facilement lorsqu'on touche les rameaux de l’'Osyris parmi lesquels il vient se réfugier pendant le jour; mais son vol n’est pas très-vif, et il est court. Il à au moins deux générations, et il pourrait bien en avoir trois ou quatre, car les tranformations s’opèrent rapidement pendant que l'Osyris est en fleur , à partir des premiers jours de mai à la fin de juin. Mais, par ce que j'ai dit en commençant, la dernière génération qui a lieu en été, ne doit éclore qu’au printemps de l’annéesuivante. Que deviendraient, en effet, les larves qui ne vivent absolument que de la fleur de lOsyris ?
Le Chauliodus Staintonellus devra trouver place après le Chaerophyllellus ; il portera dans le Cat. Stgr. le n° 2243 bis.
Je dédie ce nouveau et remarquable Chauliodus à mon savant ami M. Stainton, de Londres.
Acidalia Circuitaria ; Hp.
Hb. 499. — Dup. Sup. IV, p. 55, pl. 54, fig. 13. — Bdv. 1856. — Her.-Sch. p. 18, fig. 232 et 233. — Gn.IX, p. 456. — Stg. Cat. 95. = (Var. Chimaeraria, Mill. )
(PI. 105, fig. 23 à 28.)
Si, chez les lépidoptères, on tenait avant tout compte des premiers états, voici une pelite Phalénite qui pourrait appartenir aux Géomé-
métrides, et cesser d'être une Acidalie. En eflei, la forme très-allongée de la chenille, sa tête bifide et le premier anneau à deux pointes devraient la faire considérer comme une Nemoria ou une Lodis ; mais tel n'est pas l’avis de l’auteur du Species, qui, jugeant l’insecte parfait avant tout, déclare que la Circuitaria ne peut être transportée dans la tribu des Géométrides malgré la forme de sa chenille, et qu’elle doit rester parmi les Acidalies.
« Maintenant, m’écrit M. Guenée, aux lumières de qui j'ai soumis ‘ cette question délicate, la Circuitaria peut-elle former un genre ou rester dans les Acidalia comme groupe séparé ? Elle a des caractères trés-tranchés, et il y a des genres faits à moins ; mais quand on réfléchit à la prodigieuse variété des groupes du genre Acidalia, on devient timide pour faire des genres nouveaux, ou bien alors, il faudrait multiplier ces derniers presque à l'infini.
« Le groupe le plus voisin de la Circuitaria qui doit être seule dans le sien, est celui des Aureolaria, Flaveolaria, etc. Elle n’a point d’analogie avec l’'Ondinata (d'Australie), qu’on serait, à cause de sa couleur verte, tenté, au premier abord, de transporter dans les Géo— métrides. Ce qui caractérise surtout la Circuitaria, ce sont les tarses postérieures dont les articles sont indistincts, et leurs tibias qui n'ont point d’éperons. Les pattes antérieures sont d’une longueur considérable ; le front a aussi une forme particulière, la nervulation s'accorde assez bien avec celle des Acidalies, et point avec celles des Géométrides. Les tibias intermédiaires ont un petit éperon, mais peu développé ; les postérieurs ne sont point renflés, ni vésiculeux, mais ils sont aplatis et élargis par des poils squammeux. Dans tout cela rien qui rende un genre intlispensable, mais une individualité très-caractérisée. » 2,
La chenille de l’Acid. Circuitaria (Nar. Chimaeraria) est effilée (4),
(1) Par ce caractère elle s’eloignerait de la chenille de la Flaveolaria figure pl. 100, no 3. |
Aridalia Circuitaria. 29
atténuée antérieurement, carénée sur les côtés, à tête profondément bifide, à premier anneau surmonté d’une double pointe. Elle est sur tout le corps d’une teinte terreuse, avec une ligne vasculaire fine, géminée, continue, brune, une sous-dorsale assez large, brune, largement interrompue, la stigmatale fine, claire, interrompue, et les stigmates, placés en dessus, sont d’une petitesse extrême ; ils sont noirs et cerclés de blanchâtre. Le clapet anal se termine en pointe courte; les pattes sont concolores ; les six antérieures très-rapprochées de la tête, et les anales, se touchant presque, sembleraient plutôt rappro— cher cette chenille de celle de la Rubricata figurée pl. 100 n° 16. Ce qui tendrait encore à réunir ces deux chenilles est l’habitude qu’elles ont toutes deux de se rouler en spirale au plus léger contact. Ce fait est caractéristique chez la Circuitaria (pl. 105, fig. 23),
Cette chenille, qui passe l’hiver, a une manière fort étrange de se nourrir, et, bien qu'il ait déjà été signalé, chez certaines chenilles de Phalénites(1), de singuliers goûts, ce n’est pas sans iutérèt qu'on apprendra que celle de la Circuitaria, qui paraît polyphage, préfère aux feuilles fraiches qui lui sont fournies, les feuilles depuis longtemps desséchées de l’osyris, de la clématite, et jusqu’à l'écorce à moitié séche de là ronce. Elle est très-difficile à élever, et arrive rarement à bien. Je ne l'ai rencontrée qu’en un seul lieu, aux environs de Cannes : sur les côtes sablonneuses parsemées de pins maritimes, dans le quartier dela Croisette. On peut la trouver dès l'automne: mais ce n'est trop qu’au printemps qu’il convient de la chercher, car, pendant l'intervalle de novembre à la fin de mai, la croissance de cette larve ne peut se remarquer tant elle est lente, et on ne doit pas avoir la crainte qu’elle se transforme pendant cet espace de sept mois.
Vers la fin de juin ou les premiers jours de juillet, la chenille de la Circuitaria rassemble sur la plante même deux ou trois feuilles qu’elle lie par quelques fils de soie et se métamorphose, après s'être pliée en deux.
(1) Et en particulier chez la Herbariata. .
50 CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS. ÿ
La chrysalide est d’un jaune argileux, tachée de brun seulement au sommet. Moins de quinze jours après la transformation a lieu l’é— closion de la petite Phalénite.
INSECTÉ PARFAIT.
Je vois dans celte race méridionale, sensiblement plus petite que le type, à ailes supérieures plus aiguës à l’apex, sans parler de la coloration plus claire, une variété tranchée et qui, sielle ne doit êtreérigée ‘en espèce, doit au moins être considérée comme une aberration constante et porter un nom.
Les lignes des ailes, bien que rappelant tout-à-fait celles du type, sont plus droites, la coudée surtout; mais on pourra mieux juger de ces différences par la figure de l'espèce ordinaire mise en regard de celle de la variété, pl. 105 n° 26.
Cette Acidalie n’a qu’une génération ; elle est toujours rare dans les collections. Elle n’est pas commune dans les Alpes-Maritimes. Elle a été prise en Corse, dans la Lozère, aux environs de Bordeaux où, parait-il, elle n’est pas rare.
Acidalia Circellata, G\.
IX, p. 821. — Stgr. Cat. 84. = Obsoletaria, Vood. Sup. 1738.
(PL. 106 fig. 1 à 3.)
Le o” seul a été décrit ; on ne connaît pointencore la © ; ni l'un ni l’autre des sexes de cette Acidalie n’est figuré. En faisant représenter aujourd'hui le detla ® de l’Acid. Circellata, je remplis une lacune, en attendantque la chenille, qui m'est promise depuis longtemps déjà, me permette de compléter l'histoire de cette espèce. C'est une petite
Acidalia Circellatta. 51
Acidalie bien simple, bien humble, longtemps confondue en Angleterre avec plusieurs de ces voisines à cause de l’uniformité de sa parure, mais elle n’en est pas moins intéressante aux yeux de l’observateur. é
Le o” mesure 0",018 à 0,019. Il à un peu la coupe d’ailes de l’Obsoletaria, mais par sa couleur d’un blanc douteux il se rapprocherait plus volontiers de l’Elongaria, Ramb. ou de la Compararia, Herr.-S. ; cependant la Circellata a un facies qui lui est propre.
Les ailes sont d’un blanc rendu fameux par la présence d’une série d’atomes foncés plus abondants sur toute la longueur de la côte. Les lignes médianes sont, bien visibles aux quatre ailes ; les points cellulaires, et surtout les terminaux précédant immédiatement la frange, sont noirs et bien marqués. Le dessous des quatre ailes est enfumé, avec la ligne coudée, l'ombre médian, la tache cellulaire et les points terminaux des plus accusés en noirâtre. La tête est noire, le vertex blanc, les antennes minces et pubescentes, les pattes b'anchâtres et les tibias aplatis.
La 9 estun peu plus grande que le ©”, mais ce qui la distingue de l’autre sexe, ce sont ses ailes plus arrondies, sa couleur plus jaunâtre, les lignes plus larges, plus foncées. J'ai sous les yeux plusieurs variétés de la Circellata qui m'ont été confiées, ainsi que l'individu qui a servi à M. Guenée à le décrire. L'une de ces variétés se distingue par les lignes transversales très-larges et par l’espace médian presque entièrement obscurci par les atomes noirs.
L’Acid. Circellata, quia deux éclosions, n’a, jusqu’à ce jour été rencontrée qu'aux environs de Manchester, en Angleterre.
M. Henry Doubleday, d’Epping, à l'extrême obligeance de qui je dois la possession des deux sexes de cette rare Phalénite, me mande que la chenille est élevée tous les ans par M. Gruning, qui la trouve dans un bois situé dans le voisinage de Manchester, où elle vit sur le Vaccinium oxycoccos, L.
Cette Acidalie est encore très-peu répandue dans les collections.
Mon cabinet : un o et une ® ex larvä.