‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 4)Chapitre 42 sur 70 · TRENTE-QUATRIÈME LIVRAISON · texte numérisé non relu

TRENTE-QUATRIÈME LIVRAISON

Anaîitis Simpliciata, Tr.

Sup. X, p. 210. — H.-S. p. 182, fig. 6-7. — Gn. X, p. 501. — Stgr. Cat. 2549. — Berce V, p. 484. — Magdalenaria, Bellier, Ann. Soc. Ent. Fr. 1856, p. 23, pl. 1 — Pierretaria, Guillemot, Ann. Soc. Acad. Clerm.

(PL 145, fig. 1 à 5.)

La chenille de cette espèce vit à une altitude de dix-sept à dix-huit cents mètres, dans la localité où l’insecte parfait vole abondamment à la fin de juillet et au commencement d'août, parmi les Hypericum alpinum et autres plantes de la haute montagne. Cependant j'ai élevé cette chenille, obtenue ab ovo, avec l’Hypericum perforatum.

Si l'insecte parfait pond très-difficilement en captivité, la chenille qui sort de l'œuf quinze jours après que celui-ci a été pondu, arrive facilement à bonne fin; pas une des Simpliciata qui ont passé l'hiver à Cannes n'a peri, elles étaient en plein air, il est vrai, et placées sur une plante en pot. Les insectes parfaits sont tous éclos chez moi vers le milieu de mai, alors que lhabitat de l'espèce en liberté devait être en totalité ou, tout au moins, en partie couvert de neige.

Elle rappelle assez celle de l'espèce congénère Plagiata, mais elle m’a paru moins allongée. La Simpliciata est, en effet, assez courte, carénée, avec la tête petite, rétractile et en partie recouverte par le premier anneau. Le ton général est le roux vineux, mais la carène et le ventre sont d’un blanc jaunâtre. La ligne vasculaire est fine, brune et interrompue sur les premiers anneaux, large et continue sur les derniers ; la sous-dorsale présente une agglomération de trois lignes foncées et interrompues, celle du milieu est un peu plus large. Cette ligne est noire et liserée de chaque côté de blanc vif. La stigmatale, qui est blanchâtre, est vigoureusement teintée de brun inférieurement. La tête et Les pattes écailleuses sont d’un brun rougeûtre, les anales sont concolores ; les stigmates pelits et noirs. En dessous on voit imparfaitement, sur un fond gris, une ligne étroite et blanchâtre. Cette chenille forme, dans un réseau à claire-voie, sa chrysalide qui est d’abord d'un joli vert, mais qui tarde peu à brunir; elle présente une longue gaine descendant très-bas sur la partie abdominale et finissant en pointe aiguë.

La Phalénite a deux éclosions; ce qui n’avait pas encore été dit. Les transformations de la seconde génération doivent avoir lieu en un temps relativement court : de la fin de juin, par

exemple, aux premiers jours d'août.

INSECTE PARFAIT

Tout le monde connaît aujourd’hui cette Anaitis devenué célèbre, il y a dix-huit à vingt ans, par la polémique acerbe de deux lépidopléristes, publiée dans les Annales de la Société Entomologique de France de l’époque. Chacun de son côté lui donna

Cucullia Anthemidis 363

un nom, alors que l'espèce était nommée depuis déjà une vingtaine d'années.

L'insecte parfait varie rarement ; toutefois j'ai rencontré sur les hauteurs de Saint-Martin-Lantosque, à Notre-Dame des Fenestres, une variété &4 bien curieuse chez laquelle les lignes et les taches des supérieures ont disparu pour faire place à une ombre médiane obscure, très-large et qui traverse l’aile supérieure dans toute sa largeur (PI. 145, fig. 3).

Il est une particularité qui se rattache aux mœurs de cette intéressante espèce : lorsqu'on passe près d'elle, on la dérange de son repos, et c'est presque toujours sur un rocher blanchâtre placé à fleur de terre qu’elle se pose, réussissant par ce moyen à échapper souvent aux regards du chasseur.

Cucullia Anthemidis, Gn.

VI, p. 140. — Bdv. — Ster. Cat. 1735. — Berce IV, p. 115. (PL. 145, fig. 6 à 8.)

Chacun sait que chez les Cucullia « des différences trèslégères sur l’insecte parfait correspondent souvent à des dissemblances énormes dans les premiers états. » (Guenée. Lettre du 15 août 1873.) Aussi, n'est-on bien sûr de l'identité de certaines Cucullia qu'après l’exacte connaissance de la chenille.

J'étudie depuis trois ans les premières formes de la Cucullia Anthemidis, el aujourd’hui je suis à même d’en parler avec certitude, grâce, je dois en convenir, à l’obligeanee de nos deux dignitaires de la Lépidoptérologie française, M. Guenée et M. Boisduval qui, après avoir étudié et comparé la Cucullia en question, se sont accordés à reconnaître en elle la trèsrare Anthemidis, Gn. On ne savait rien des premiers états de cette Noctuélite.

Elle vit de la mi-septembre à la fin d'octobre aux environs de Cannes, plus particulièrement sur les collines du Grand-Pin, faisant face à l’île Sainte-Marguerite. Elle se tient à découvert sur une plante fleurie alors, l’Aster acris, en compagnie de la Cucullia Xeranthemi (). La chenille de l’Anthemidis est cylindrique, faiblement atténuée postérieurement. Le fond est d’un violacé pâle tirant sur le vineux, avec les lignes bien marquées et continues, sauf la vasculaire laquelle, bien que double et brune, est à peine indiquée. La sous-dorsale est géminée, large et brune, liserée de noir de chaque côté. La stigmatale est large, d’un blanc terne et surmontée en dessus d’une large ligne semblable à la sous-dorsale. C’est sur le liséré inférieur de cette dernière ligne que reposent les stigmates qui sont jaunâtres et cerclés de noir. Les seize pattes sont d’un jaunâtre pâle. La tête, où règne le prolongement des lignes ordinaires, est un peu biseautée et concolore. Les trapézoïdaux sont indiqués en noir.

Pour se transformer, cette chenille descend profondément en terre, se construit une coque épaisse, solide, composée de soie et de grains de terre. La chrysalide, qui rappelle celles du genre, est médiocrement longue, conico-cylindrique avec l'enveloppe de la trompe qui se prolonge sur l'abdomen, en gaîne saillante et non adhérente. L'état léthargique dure dix mois au moins; l’insecte parfait ne se rencontre jamais avant le milieu d’août. Les éclosions continuent pendant plus de six semaines. Cependant une dernière éclosion a eu lieu en captivité le 19 octobre 1873.

(1) J'ai figuré la Xeranthemi II, pl. 89, sans connaître alors la plante qui la nourrit; ce que j'ai dit au reste en la décrivant.

Spintherops ‘Cataphanes 365

Spintherops Cataphancs, Hb.

D Tr, — Bdv. — Dup. — Gn. Stgr. — Berce.

On ne savait à peu près.rien de la chenille, si ce n’est qu’elle a été trouvée accidentellement sur les ulex et les genêts. Cette rare espèce, que j'ai été à même d'observer sous toutes ses formes, se rattache entièrement à ses deux congénères.

Elle est très-allongée, atténuée aux extrémités, cylindrique, sans éminences, à tête globuleuse, avec seize pattes toutes propres à la préhension. Elle ne change pas de couleur à ,ses divers. âges, c'est-à-dire .que, sur un fond plus ou moins gris clair, il existe, indépendamment des lignes ordinaires fines et bien marquées, plusieurs autres également fines et continues. Ces diverses lignes, qui se prolongent sur la tête, sont de couleur bois plus ou moins foncé, sauf la stigmatale, qui est blanchätre. Le clapet anal est très-petit, et les trapézoïdaux sont microscopiques. Les stigmates, également très-petits, sont blancs et cerclés de noir. Enfin, sous le ventre, qui est d’un blanc carné, règne une ligne brune fine présentant un élargissement en decà de chaque paire de pattes membraneuses.

Bien que j'aie représenté la Cataphanes sur le genêt épineux (Calycotome spinosa), c’est en réalité surile Genista purgans que je l’ai trouvée en juillet à Saint-Martin et à Berthemont-les-bains (Alpes-Maritimes) .’Elle vit à découvert, ne mange que:la nuit, et préfère aux feuilles fraiches, les jeunes tiges dela plante. A Pépoque où vit cette chenille, les fleurs ont disparu depuis

longtemps. La transformation a lieu dans une coque de soie blanche placée souvent entre les petits raméaux de l’arbuste. La chrysalide, qui est promptement formée, est lisse, sans aspérités et de couleur acajou clair. Vingt-cinq ou vingt-six jours après que la chenille s’est transformée a lieu l’éclosion du lépidoptère. .

Il n'est pas de lépidoptériste qui, aujourd’hui, ne connaisse cette espèce qui ne doit avoir qu’une éclosion. Elle a été considérée longtemps comme étrangère à la France. Duponchel, après avoir décrit la Cataphanes qui ne varie pas, nous dit que l'individu qu’il a figuré a été rapporté par Chardiny comme ayant été pris aux environs de Raguse. Depuis lors, M. Fallou l'a vue éclore accidentellement de chenilles qu’il a rapportées de Celles-les-Bains (Ardèche). Enfin, je l’ai retrouvée moi-même dans nos Alpes-Maritimes, à une hauteur d'environ 1,000 mètres.

Obs. — M. Herrich Schaeffer a figuré une bien remarquable variété de la Cataphanes, Tab. 113, n° 576, chez laquelle les quatre ailes sont très-largement bordées de brun, figure que M. Staudinger rapporte à la Dilucida.

Polia Vetula. Dup.

Dup. pl. 58, fig. 4. — Bdv. — HS. — Gn. VI, p.48 — Ster., 1347. — Berce, IV, p. 39

(PL. 146, fig. T à 9) M. Lederer a-t-il bien eu raison de séparer dans son genre

Ammoconia les deux Polia Vetula et Caecimacula? Je ne le crois pas; dans ce cas, je laisse la Vetwla parmi les Polia où elle

Polia Vetula 367

est effectivement bien placée. — Avant de parler de la chenille que je viens de découvrir aux environs de Cannes, je dirai que, par suite d’une erreur dans l'éducation de mes larves, j'ai d’abord considéré la chenille de Vetwla (Cat. des Lépidoptères des Alpes -Marit. p. 100) comme une anomalie parmi les Polia, pensant alors qu’elle vivait uniquement de racines de graminées. Voici ce qu’en la figurant j'en dirai aujourd'hui.

Elle doit avoir les mœurs de ses congénères Flavocincta et Rufocincta, que j'ai précédemment fait connaître, en d’autres termes, les œufs de la Vetula doivent éclore au premier printemps, et les jeunes larves vivre d’abord de plantes basses, ensuite de feuilles et de fleurs d’arbrisseaux. Quoiqu'il en soit, c'est toujours après la troisième et la quatrième mue que j'ai rencontré ici la chenille à la fin d'avril et au commencement de mai, au pied du genêt épineux {Calycotome spinosa), et que c’est uniquement avec la fleur de cet arbuste que j'ai élevé la Vetula. À l'époque du 15 mai environ, cette chenille a acquis toute sa grosseur; elle est alors pleine, cylindrique, d’un ton ochreux en dessus et sur les flancs, et d’un gris bleuâtre en dessous. La ligne vasculaire est fine, brune et seulement marquée sur les incisions ; la sous-dorsale n'existe pas. La stigmatale est fine, continue, mal indiquée; c’est sur celle-ci que reposent les stigmates petits, blanchâtres et largement cerclés de brun. La tête est globuleuse et concolore. Les seize pattes sont de longueur normale et également concolores.

A la fin de mai, la Vetula disparaît profondément en terre et y forme une coque solide dans laquelle a lieu la transformation. La chrysalide, d’un rouge brun, est en tout semblable à celle des Polia précitées. L'éclosion du lépidoptère a lieu à

partir du commencement d’octobre'et se prolénge pendant un mois environ, ce que je suppose, car je n’en ai pas la preuve. L'espèce est toujours rare; on ne la rencontre qu'à une élévation de 150 à 200 mètres, sur nos collines mi-boisées ét les ‘plus chaudes, notamment celles qui font face à l’île Sainte- Marguerite.

De toutes les Polia, c'est celle qui varie le moins.

Aporophyla Catalaunensis, Mill

Revue Zoologique, page 4, 1873

(PI. 146, fig. 4 et 5)

Mes prévisions à l’égard de la chenille de cette espèce n’ont pu'encore se réaliser. Contrairement à ce que j'espérais, je mai pu l’étudier’et ne peux la figurer aujourd'hui, ne l'ayant point encore recue d’Espagne. Je ne parlerai donc que de l’insecte parfait en faisant représenter celui-ci, et répéterai ce que j'en ai dit dans la Revue Zoologique, n° 1, 1873, p.'4 et 5.

Remarquable Noctuide, qui tient autant des Xylomyges, Gn. que des 4porophyla, Gn. et qui fait passage de l’un à l’autre de ces genres.

Je réunis de préférence ce lépidoptère aux Aporophyla à cause d’un ‘point essentiel de rapprochement avec l’Australis, Bdv., celui d’avoir les antennes du à « épaisses, demi-pectinées, à dents épaisses, surmontées de poils fasciculés, » indépendamment d’une certaine similitude, un air de parenté, une vague ressemblance de couleur avec cêtte Aporophylu.

La Catalaunensis mesure 34 millimètres. Les ailes supérieures sont allongées, rectangulaires. Le fond blanchätre est sali de violacé, avec la côte, l’espace cellulaire et la base de l'aile d’un

Aporoplhuyla 'Catalaunensis 369

brun violätre. Plusieurs taches noires, allongées, existent, l’une à la côte, l’autre au‘centre de l'aile, partant de la base de celle-ci et se prolongeant jusqu’à la hauteur de la tache réniforme. Une troisième tache noire, allongée, aboutissant à la frange, traverse la réniforme qui est large, brune au centre et cerclée de noir. Une série de petites taches sagittées, noires, projètent leur pointe intérieurement. Deux autres petites taches oblongues, superposées, l’une blanche et l’autre brune, précèdent la réniforme. Les ailes inférieures sont blanchâtres, avec les nervures brunes. Une série de points lunulaires, bruns, existe au bord de la frange qui est entièrement blanche. En dessous les ailes sont blanches, mais les supérieures sont très-largement enfumées à leur centre. Aux inférieures se montre un point cellulaire foncé, très-visible, bien qu’il soit à peine indiqué en dessus. Le thorax est carré, velu et participe de la couleur des premières ailes. L’abdomen est grêle, un peu déprimé et blanchâtre. J'ai dit en commençant ce que sont les antennes.

La @ que je n'ai pas encore vue, ne doit pas différer sensiblentent du ä.

Cette curieuse Apamide m'a été envoyée par M. Himmighoffen. Elle avait élé élevée de chenille; elle est originaire d’Espagne, pays cher aux entomologistes, et d’où leur sont envoyés, chaque année, de nombreux insectes de tous les ordres, rares et nouveaux.

Je crois pouvoir faire bientôt connaître la chenille de l’Aporophyla Catalaunensis; en attendant, voici ce que m'écrit M. Himmighoffen : « Cette larve est de la couleur du sable de mer, et marquée de quelques légers dessins. Elle se tient pendant le jour assez profondément enterrée dans le sable sous des touffes de l'Ononis ramosissima.

La Catalaunensis prendra place avant l’Australis.

Mon cabinet : deux & ex larva.

: Agrotis? Arenicola, Sigr.

Berl. e. z. 1870, p. 109. — Stgr. et Wocke, Cat. 1194

(PL 146, fig. 6)

Cette Noctuélite, qui a été découverte depuis peu en Corse, n'avait pas encore été figurée; cependant elle a été décrite en Allemagne. Elle est très-voisine de l’Aporophyla Catalaunensis, ainsi qu'on pourra en juger à la vue des deux espèces figurées exactement, pl. 146.

On ne sait encore rien des premiers états de l’Arenicola qui, pour moi, est une Aporophyla et non une Agrotis.

Epichnopteryx Helicinella 371

Je donne aujourd’hui à mes souscripteurs l’histoire des premiers états d’une nouvelle série de Psychides, les dernières sans doute qui paraîtront dans cette iconographie.

L'étude difficile des Psycninar, leur livrée sombre, partant pen flatteuse, a, jusqu’à ce jour, éloigné d'elles la plupart des lépidoptéristes. Ceux-ci, en effet, n’ont abordé leur recherche et l'étude de leurs mœurs qu'avec indifférence, pour ne pas dire plus. Cependant cet éloignement des entomologistes de tous les pays pour les Psychides en général peut s'expliquer jusqu’à un certain point. La rareté relative du plus grand nombre de ces insectes, et la difficulté de les voir réussir en captivité, doivent être les principaux motifs de cette indifférence marquée pour cette nombreuse () famille aux mœurs si intéressantes pourtant.

Epichnopteryx Helicinella, H.-$.

Brd. — Rh. — Stgr. et Wocke.

(PI. 147, fig. 1 à 4)

Avant de parler des habitudes de cette curieuse espèce, je dois un aveu aux entomologistes : celui de m'être étrangement trompé, 1° en la décrivant comme nouvelle il y a près de vingt ans dans les Annales de la Société Linnéenne de Lyon, n'ayant alors obtenu d’éclosion que des femelles; 2° en créant pour cel insecte, ainsi que pour deux autres espèces, les Solenobia Clathrella? Dup. et Pineti, Z. un genre nouveau : Genus Apterona. À quelques années de là, je dus reconnaître mon erreur qui m'a

(1) Linnée n'a connu que la seule Graminella; aujourd'hui, le nombre des Psychidae s'élève à près de quatre-vingts espèces.

été clairement démontrée par feu Rambur lors de sa visite a Lyon en 1857, erreur qui me fut ensuite confirmée dans un article de son Catalogue systématique de l’Andalousie, p. 303. Ce qui dut enfin faire disparaître mon genre Apterona, a été l'apparition, tardive il est vrai, des mâles des deux Solenobia précitées.

Je n'ai vu nulle part l’Epich. Helicinella aussi abondante que dans mon jardin à Cannes, où, en mai et juin, la chenille vit sur une foule de plantes ligneuses et sous-ligneuses, mais trèsrarement sur les plantes herbacées. Ce sont surtout les Lavandula, Thynrus, Teucriwm et Cistus qui la nourrissent, et dont elles rongent, en les blanchissant, la surface inférieure des feuilles. La chenille ne me paraît pas différer sensiblement de celle du Lyonnais. Voici ce que j'ai à dire de l’Aelicinella de Cannes. Placée hors de son fourreau, cette chenille est allongée, cylindrique, d’un gris verdâtre différant en cela des Aelicinella du centre de la France, lesquelles sont d’un jaune un peu rougeûtre. Cependant celle-làs’en éloigne encore par les plaques écailleuses noires des trois premiers anneaux, qui me paraissent un peu plus grandes et plus larges ; mais il n’y a là que de simples aberrations sans doute

L'insecte parfait de la Provence varie beaucoup par l’envergure, cependant la plus petite des Helicinella ne représente point, comme Rambur l’a dit, la plus petite des Psychides, puisque la Tarnierella, Brd. est d’une taille moitié moindre. L’Helicinella, insecte parfait, se montre du 15 au 25 juin, mais jamais pendant le jour; je ne l’ai toutefois pas vue; en revanche, elle vole abondamment pendant la nuit, ce dont je me suis assuré maintes fois en la prenant au réflecteur qui l’attire facilement. Son vol est des plus rapides, ilest aussi très-saccadé. Le & ne m'a pas semblé être attiré par la ®, ainsi.qu'il arrive pour plusieurs espèces’ de Psyche propres.

Psyche Quadrangqularis 373

Le fourreau, composé de grains de sable et de terre, est mou: il a la forme d’une petite hélice présentant. trois ou quatre tours de spire. À l’époque de l’éclosion du &, celui-ci s'échappe par un petit trou rond ménagé dans la moitié de la longueur du fourreau où la chrysalide vide demeure aux deux tiers engainée après le départ de l’insecte &.

L’Helicinella vivante est d’un fuligimeux opaque et non pas « d’un ferrugineux pâle » (1).

L'espèce appartient non-seulement aux diverses contrées basses de la France, mais on la retrouve sur les montagnes élevées des Alpes-Maritimes, de 12 à 1500 mètres d'altitude. Rambur dit l'avoir rapportée du cirque de Gavarnie, où elle existe jusque près des glaces.

Obs.— Il est une particularité intéressante et inédite à signaler dans l’histoire de la chenille de l’Aelicinella, c'est que, contrairement à celles de toutes les Psychides qui ont été observées jusqu'à ce jour; elle se suspend, pour descendre à terre, par un fil de soie, à l’imitation des chenilles de Micros et de certaines Phalénites.

Psyche Quadrangularis, Christoph.

H. S. E: Ross, X, 26, pl. 1. f: 7 et 8.

(PL. 147, fig. 5 à 7.)

M. Staudinger, qui m’a procuré cette remarquable éspèce, la plus belle assurément de toutes les Psyche connues, me mande qu’elle a été « recueillie par M. Cristoph, près de Schahrad

(1) Les Epich. Helicinella G tardent peu à devenir par la dessiccation d'un argileux plus où moins prononcé.

(Perse) sur l’A/hagi persarum, et près de KrasnoSowodsk sur l’Alhagi camelorum, ainsi que sur une Artemisia et autres arbuscules des steppes, inconnus à moi; quelquefois aussi sur le Peganum harmale. » L'espèce paraît donc polyphage.

Bien avant qu’on ne connut l’insecte parfait de cette intéressante Psychide, celle-ci était signalée, ou plutôt son curieux fourreau était rapporté d'Afrique, décrit et figuré très-exactement par M. Lucas dans les Annales de la Société Entomologique de France, année 1866, pl. III. Si done l'espèce n’est pas européenne, elle appartient toutefois à la faune de nos possessions africaines () tout aussi bien qu’à celle de la Perse occidentale. « Ces fourreaux, nous dit M. Lucas en terminant sa notice lue à la séance du 14 février 1866, ces fourreaux que je rapporte avec doute à un Lépidoptère de la tribu des Psychides, ont été rencontrés à Aïn-Madhi et paraissent ne pas être rares, car M. Marulaz, à qui l’on en doit la découverte, en a récolté plus de 300 exemplaires. » Aujourd’hui, je suis en mesure de donner l'histoire complète de l’insecte en question, et de le faire représenter sous toutes ses formes. |

Elle est d’une taille proportionnée au papillon qu'elle doit produire et au fourreau qu’elle a construit; son corps épais, médiocrement long, est d'un jaunâtre foncé. Les plaques cornées des premiers segments sont larges, épaisses ; les pattes écailleuses sont longues, robustes et brunes, principalement la troisième paire. Les chenilles qui ont été recueillies, me mande M. Slaudinger, se sont fixées au commencement de juillet. La première

(1) Situées au nord de l'Afrique.

Psyche Quadrangularis 375

éclosion de l'insecte parfait a eu lieu le 8 septembre et la dernière le 6 octobre. Dans sa communication, M. Staudinger ajoute : « M. Christoph m'écrit qu'à présent, mars, plusieurs chrysalides sont encore vivantes, mais il n’est pas sûr qu'elles éclosent. »

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