‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 4)Chapitre 43 sur 70 · FOURREAU · texte numérisé non relu

FOURREAU

Il mesure quatre centimètres de long sur un dans sa plus grande largeur; il a la forme allongée, conique et quadrangulaire. Ainsi que les deux fourreaux figurés par M. Lucas, il est composé de brindilles ou buchettes placées régulièrement. Les quatre côtés de ce singulier fourreau sont semblables. L'intérieur est tapissé d’une épaisse couche dé soie grise ; il est solidement fixé au moyen de nombreux fils de soie à une tige de la plante qui a dù nourrir la chenille. La chrysalide vide, encore adhérente au fourreau, n’est pas rougeâtre, mais d’un brun foncé presque noir. |

INSECTE PARFAIT

Par sa taille il rappelle la Ps. Vesubiella, et par sa couleur les Ps. Albida et Malvinella. Les ailes sont relativement étroites, élancées, aiguës à l’apex ; elles sont blanches, semi-vitreuses et bordées de noir aux supérieures. La frange des quatre ailes est aussi d’un noir prononcé. Le thorax est robuste avec les poils qui le recouvrent longs et grisâätres. L’abdomen dépassant de près de moitié les ailes inférieures, est recouvert de poils noïrâtres. Les antennes sont très-pectinées, mais bien moins que chez la Vesubiella; elles sont grisàtres avec la hampe noire.

Psyche Praecellens, Stgr.

Berl. e. Z. 1870, page 106 (PI. 147, fig. 8et 9)

C'est bien certainement une des plus rares de toutes les Psyche. En effet, M. Staudinger paraît être le seul possesseur de cette précieuse espèce. C'est d’après un sujet à, obtenu ex larvä, et qui m'a été communiqué par notre collègue, que la figure en a été faite.

La Praecellens rappelle assez la Graslinella, bien que les quatre ailes soient moins longues et plus arrondies. Elle a pour patrie l'Espagne centrale. Je n’ai rien appris de la Q et de la chenille. Celle-ci doit se nourrir de graminées à en juger par la composition de son fourreau. Cette enveloppe protectrice ressemble à celle de la Psy. Graslinella; elle est peut-être construite avec des brindilles moins entourées de soie blanchâtre.

Psyche Kabhri, Led.

Wien. Mts. 1847, p. 80. — Stgr. 838 (PI. 147, fig. 10)

Cette espèce n'avait pas été plus figurée que la précédente. Elle est bien plus voisine de la Psyche Malvinella par la forme arrondie des ailes supérieures que de la P. Abencerragella W. Elle est cependant plus grande que ses deux congénères. Elle

(1) Psyche d'Espagne, rapportée improprement à la Malvinella comme variété noire par l'auteur du Catalogue des Lépidoptères d'Europe, p. 63. Les premières formes d’Abencerragella ne sont toujours pas connues.

Psilothrix Dardouinella 311

a surtout le thorax et l’abdomen plus robustes, avec des

antennes longues et garnies de lamelles bien développées. La

Kahri a été prise en Silésie. C’est encore une rareté. La Q® et

les premiers états de cette Psyche sont tout à fait ignorés. Mon cabinet : quatre &.

Psyche Viadrina, Stgr.

Cat. 821

M. Staudinger s'exprime ainsi dans son dernier Catalogue, en citant cette espèce « Forma Viciellae, sed paullo minor et nigricans (non fusca); larvae folliculus folliculo Viciellae simillimus. » Ge principal caractère différentiel « non fusca, » qui n’en est pas un sérieux, ne doit pas suffire pour considérer la Viadrina comme une espèce séparée de la Viciella. J’avouerai done que je suis porté à ne voir dans la Ps. Viadrina qu'un petit exemplaire, une variété locale, une race abâtardie si l’on veut de la P. Viciella de Schiffer. Quoiqu'il en soit, je donne la figure aussi exacte que possible de la Viadrina, espèce que le docteur Staudinger nous dit appartenir à la Sicile. |

Psilothrix (!) Dardouinella, Mill.

le:p2:318; pl. 37, fig. 8-11; IH, p. 27, pl. 54, fig. 3-5. — Stgr. et Woche, 1343 (PI. 147, fig. 13 à 15)

Tout a été dit sur l’insecte parfait et le fourreau de ce curieux lépidoptère ; je n’en parlerai donc plus. Cependant il restait quel-

A) Genre créé par M. Wocke.

que chose à connaître de la Dardouinella, puisque la chenille n’était pas publiée. Cette larve, qui a touteséles habitudes du plus grand nombre des Psychides et des Mélasines, doit passer l'hiver parvenue à sa seconde ou à sa troisième mue. Elle se développe très-lentement et n’atteint toute sa grosseur qu’en été, vers la fin de juin. Elle est, à ce moment, fusiforme et d’un jaune pâle un peu carné sur la région dorsale. Elle a seize paites; les écailleuses sont robustes, blanchätres et annelées de brun pourpré; les ventrales et anales sont très-courtes, concolores et paraissent impropres à la marche. Les trois premiers anneaux, avec plaque écailleuse à fond blanchâtre, présentent des dessins hiéroglyphiques de couleur obscure, Il existe sur les quatrième, cinquième et sixième segments cinq raies longitudinales assez larges, d’un amarante vif. La tête est globuleuse, rétractile, d’un blanc jaunâtre et striée de bandelettes pourpres descendant en zig-zag, mais n’atteignant pas les mandibules qui sont également pourpres Cette larve, qui semble polyphage, vit sur un assez bon nombre d’arbrisseaux et sous-arbrisseaux dont elle ronge les feuilles. Elle fixe son fourreau au commencement de juillet, et l’insecte parfait éclot trois semaines aprés.

L'espèce qui parait commune aux environs de Barcelone (Espagne) ne l’est pas moins dans les bois clair-semés qui entourent Cannes, mais plus spécialement sur les collines à base siliceuse où abondent les cistes à feuilles de sauge.

Melasina Lugubris, Hb,

Hs. fig. 114. — Stgr. et Wocke 1345. — Phryganilugubrella, Brd. (Var. 6).

(PL. 147, fig. 16 à 19).

La lumière se fera-t-elle un jour sur les Melasina Bdv., genre

Melasina Lugubris 379

peu nombreux en espèces cependant? Espérons-le, mais en attendant, j'avouerai ne pas voir distinctement clair parmi les quelques insectes qui composent ce groupe. Tous les auteurs, en elfet, semblent avoir eu jusqu'à ce moment assez de peine à se reconnaître en parlant des Melasina. Si je cite feu Bruand, c'est parce qu’en réalité c’est lui qui s’est le plus occupé de ce genre difficile. Dans sa Monographie des Psychides, p. 24, à l’article Melanatella (Melasia, Friw., HS., p. 79), il dit : « M. Herrich Schaffer pense que cette Psychide pourrait bien être une grande variété & de la Zugubrosella. » (Lugubris, Hb.). Et plus loin : « Ne serait-il pas possible que cette Melanatella fut la © de Punctatella? » (Punctata, HS.) Monog. f. 80. Et, à la p. 18, en parlant de la Ciliarella, Och. : « Hubner à figuré sous le n° 217 et sous le nom de Lugubris une ® qu'il a attribuée au & n° 216 et qui est la Q d’une autre espèce. Ochneimer a distingué et séparé les deux espèces : il à désigné la première sous le nom de Ciliaris et laissé à la seconde le nom de Lugubris. Malheureusement, il a pris cette dernière pour un à ; et M. Boisduval a fait la même erreur. » Moi-même je dois avouer que, par erreur, j'ai figuré, pl. 107, n° 1, une chenille sous le nom de Phryganilugubrella, Brd., d’après un mauvais dessin qui ne représentait pas l’espèce de Bruand (Lugubris, Hb.). Cependant après avoir, depuis lors, élevé un certain nombre de sujets de cette rare espèce, appartenant plus spécialement aux environs de Cannes, je crois reconnaître aujourd’hui que la Phryganilugubrella, Brd., n’est autre que la Lugubris, Hb. Présentement je fais représenter la véritable chenille (pl. 147, fig. 16) de cette Melasina dont j'ai figuré précédemment les deux sexes, pl. 109, fig. ? et 3, sous ce nom de PAryganilugubrella, qui ne devrait plus être qu'un synonyme.

La chenille de la Lugubris, Hb., peinte à Cannes d’après un sujet vivant, n'est parvenue à toute sa grosseur que vers le

milieu de juillet. On la trouve en compagnié de la Psilothrix, précédemment décrite, sur les terrains siliceux micacés. Elle est polyphage, mais elle. préfère à toutes autres feuilles celles des Cistus et de l’£rica scoparia, aux branches desquels arbustes elle fixe toujours, soit temporairement, soit définitivement, son fourreau tubulaire composé de grains de sable auxquels sont méêlés des parcelles de Mica, et dans lequel fourreau protecteur la chenille se transforme bientôt après l'avoir fixé en dernier lieu. L'état léthargique ne dure que dix-huit à vingt jours, et c'est au lever du soleil qu'a lieu, au commencement d'août, l’éclosion de l’insecte parfait.

Les fig. 2 et 3, planche 102, représentent bien le type de la Lugubris Hb. à et © ; les fig. 17 et 18 que je donne aujourd’hui, pl. 147, représentent deux variétés 4 de la même espèce, obtenues en même temps que le type, variétés dont les ailes supérieures sont maculées de blanc sur un fond fuligineux. Ces aberrations sont tout aussi abondantes ou mieux ne sont pas plus rares ici que les Lugubris ordinaires. La © ne s’est jamais présentée, à moi du moins, avec les points blancs des variétés précitées De plus, si la frange, aux quatre ailes, est toujours blanche chez le à, elle est invariablement noire chez la Q des environs de Cannes.

Dirai-je encore qué, jugeant comparativement les Lugubris du littoral, avec des Lugubris reçues récemment d'Allemagne, je trouve que ces dernières, à et ®, ont le corps relativement plus robuste et les ailes assez larges, tandis que chez les Lugubris de Cannes, les ailes supérieures sont plus étroites, plus élancées et plus aiguës à l’apex? Bruand, enfin, a-t-il eu tort ou raison de voir en cette Melasina de la Provence une espèce séparée de la Lugubris des anciens auteurs ? La question, je le crois, n’est pas encore tranchée.

Melasina Ciliaris 381

Melasina Ciliaris®? Och.

— H.-$S. — Hein. — Stgr. et Wocke = Lugubris, Hb., fig. 216. — Bdv. pl. 56 — Ciharella, Brd. Mon. — Cihiarivicinella, Brd. Mon. = Semiluqubrella, Brd. Monog.

(PL. 147, fig. 20)

Cette espèce de la montagne, des environs de Saint-Martin (Alpes-Maritimes) où elle n’est pas très-rare en juillet, est-elle la vraie Ciliaris? J'en ai sous les yeux plusieurs exemplaires des deux sexes, obtenus de chenille. Les ailes sont grandes, bien développées, entièrement d’un noir de suie mat des plus profonds, sans un atome de blanc et de jaunâtre. Bruand, en décrivant la Ciliaris, Och. (Monogr. p. 19) s'exprime ainsi : « Le & a le fond des ailes d’un noir brun, la frange est d’un blanc un peu jaunâtre, » et, en parlant de l’autre sexe, « la @ avec la frange blanchâtre, etc. » Quoiqu'il en soit, la chenille de cette Melasina de la haute montagne est différente de la Lugubris des environs de Cannes, et nous montre des habitudes qui sont tout autres. On ne trouve jamais le fourreau fixé aux arbrisseaux ou aux rochers; c'est sur les pentes gazonnées situées à l’Est que la chenille traine, au lever du soleil, son enveloppe tubuliforme. Je n’ai pu m'’assurer quelles sont les plantes herbacées qu’elle préfère, mais il est à supposer que ce sont les Rumez ou les Leontodon. Voici sa description : Elle est cylindrique, avec seize pattes dont les écailleuses seules sont propres à la marche, d’un jaunâtre livide, avec les trois premiers segments et le dernier recouverts d’une plaque écailleuse noire. Celle des trois premiers anneaux est luisante, avec plusieurs taches d’un ochreux pâle; les unes arrondies (celles du sommet), les autres rectangulaires (celles des côtés). La

tête est entièrement noire. Les pattes écailleuse#sont d’un noir de jais et annelées de blanc. Le fourreau tubuliforme, atténué inférieurement, légèrement arqué, est composé de grains de sable et de terre, rappelant un peu celui de la Lugubris. L’insecte parfait vole sur les pentes rocheuses de Saint-Martin et de Berthemont-les-Bains depuis la fin de juillet jusqu’à la mi-août.

Acidalia Cassandrata, Mill.

(Species nova)

(PL 148, fig: 1)

Cette nouvelle Acidalie égale par son envergure les Aversata de grandeur moyenne; les ailes sont cependant plus élancées, plus aiguës à l’apex, elles sont donc grandes et bien développées, d’un gris blanchâtre lavé de roux par places et aspergées d'atomes noirs. Les lignes transverses sont, aux ailes supérieures, . au nombre de quatre : la basilaire, les deux lignes qui limitent l’espace médian, et une quatrième qui partage ledit espace. Ces lignes sont fines et noires, mais épaisses et empâtées à la côle, leur point de départ. Il existe quelques traits nervuraux sagittés petits et noirs sur la coudée. L'un de ces traits placés aux deux tiers de la même ligne coudée, traverse l’espace médian pour se réunir à la quatrième ligne précitée. Nulle trace en dessus et en dessous du point cellulaire. Les ailes inférieures, qui sont très-faiblement lavées de roux, présentent aussi plusieurs lignes, mais moins accusées que celles des premières ailes. Les franges des quatre ailes sont concolores. En dessous on ne distingue que très-imparfaitement les lignes du dessus. Le thorax et l'abdomen participent de la couleur générale de l’insecte. La tête est relativement petite, avec les yeux gros et d’un gris bleuâtre. Les palpes sont grèles, assez longs, bruns et placés horizontalement. Les antennes filiformes et brunes.

Agrotis Saucia 383

Cette espèce est décrite d’après une 9; le &, que je n'ai fait que voir, appliqué contre un rocher, sans qu'il me fût possible de le saisir, m'a semblé plus petit, avec les dessins plus vigoureusement écrits.

J'ai capturé cette remarquable Acidalie à Saint-Martin-Lantosque, en juillet 1872, fixée à un grand rocher, non loin de la Vésubie.

L'Acidalin Cassandrata trouvera place dans les catalogues après l’Ac. Aversata.

Agrotis Culminicola, Stgr.

Berl. e. Z. 1870, p. 107. — Stgr. et Wocke, 1161 (PL. 148, fig. 2 et 3)

Cette nouvelle Agrotis, rencontrée en certain nombre dans Valais par M. Staudinger, à une hauteur de 3,000 mètres, varie beaucoup; à tel point qu’un & (fig. 3), de couleur chamois, « portait dans la collection de Lederer le nom de Dumosa. » Cette Agrotis et ses variétés ne seraient-elles pas de simples aberrations de l’AJelvetina, Bdv.? Quoiqu'il en soit, je fais représenter les deux sexes de cette Culminicola, Stgr., lesquels sont d’une conservation parfaite.

Agrotis Saucia,s Hb.

— Tr. — God. — Frey. — Gn. — Stgr. — Berce.

(Var. Æqua, H.-G. 811-812) (PI. 148, fig. 4 à 6)

La Var. Æqua est à Cannes bien plus abondante que le type; c’est le contraire aux environs de Marseille où l'espèce est aussi

commune qu'ici. Cette chenille a déjà été publiée en Allemagne par Freyer, mais la figure, Tab. 112, laisse à désirer pour l’exactitude du dessin et la vérité de la couleur, à tel point que j'aurais eu de la peine à la reconnaître. Elle est cylindrique, pleine, avec seize pattes bien développées. Le fond est d’un argileux plus ou moins foncé; les lignes ne sont pas toujours bien accusées, cependant les dessins dorsaux, formant un losange sur chaque segment, sont bien indiqués. On voit encore sur les anneaux du milieu, à l’incision, une tache très-foncée qui se fond insensiblement en tout sens, accompagnée d’un point noir à droite et à gauche. Les trapézoïdaux sont à peine visibles; le douzième segment présente à l'incision un gros pli transversal d’un jaune de Naples mat, recouvert lui-même d’une tache de même couleur de forme hexagone qui occupe la presque totalité de ce dernier anneau. Les stigmates sont entièrement noirs. La tête est petite, rétractile, d’un testacé rougeûtre et marquée de deux traits noirs perpendiculaires. Les seize pattes sont concolores.

Cette chenille est fort abondante partout aux environs de Cannes, où elle cause parfois un notable dommage aux jardins potagers. Elle ne vit pas de racines, mais des feuilles d’une foule de plantes basses telles que Rumex, Plantago, Arum arisarwm, Daucus, Carduus, etc. Cette année, j'ai été obligé, pour m'en débarrasser, de la faire chercher la nuit dans mon potager, où elle dévorait en automne les feuilles d’artichaud et les laitues. Pendant le jour, elle s'enfonce dans la terre, ou elle se réfugie sous des feuilles sèches recouvrant le sol.

On sait que la Saucia type qui varie plus par la taille que par l'intensité du ton obscur aux ailes supérieures, est rare dans les Alpes-Maritimes. Dans la campagne de Barcelone, c’est l’Æqua qui domine.

Cannes, février 1874.

P. MILLIÈRE

EXPLICATION DES PLANCHES

. Chenille de l’Anuitis Simpliciata,. Tr.

. Chrysalide.

. Insecte parfait & variété.

Id. @ type.

. Œuf grossi.

os

OT à © à —

Fig. 6. Chenille de la Cucullia Anthemidis, Gn. 7. Chrysalide.

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