‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 4)Chapitre 47 sur 70 · ESS · texte numérisé non relu

ESS

, Tortrix Angustiorana., Hw.

— Steph. — Stgr. et Wocke. = Rotundana, Hw. = Dumeriliana, Dup. pl. 266. — HS. pl. 366.

(PI. 152, fig. 9 à 13.)

Elle a beaucoup de rapports avec celle de la Pronubana, toutefois en comparant les deux espèces, on voit de suite que l'Angustiorana est plus fusiforme, moins aplatie en dessous, toujours d’un vert clair et que la tête n’a pas de dessins cunéiformes appuyés à l’incision, dessins ou taches brunes qui existent invariablement chez la Pronubana. La plaque du premier anneau est d'un vert glauque, lisérée de noir de chaque côté. Sur le fond vert clair de la chenille, les lignes ordinaires sont à peine indiquées. Les stigmates, invisibles à l'œil nu, sont blanchâtres ; les seize pattes sont concolores. La chenille, dont on ignorait les mœurs, doit vivre uniquement sur le laurier ordinaire (Laurus nobilis) 1) dont elle lie les feuilles à plat (fig. 10) et dont elle ronge en hiver les surfaces adhérentes. Au mois de mars, après avoir abandonné plusieurs fois les feuilles qu'elle a liées précédemment, et dont elle a rongé une partie du parenchyme, elle atteint toute sa grosseur, tarde peu à se transformer soit à terre parmi les détritus, soit entre deux ou trois feuilles de laurier réunies et attachées par des fils de soie (fig. 11). Cependant ce dernier mode de transformation est le moins fréquent.

Au commencement d'avril les chrysalides sont formées ; mais

(1) Cependant je viens de l'observer sur un Prunus lauro-cerasus de mon jardin.

Geometra Smaragdaria 493

on trouve encore à cette époque, sur les Zauwrus placés dans les ravins frais des environs de Cannes, quelques chenilles d’Angustiorana très-petites. L’éclosion a lieu dans les premiers jours d'avril et continue pendant plus d’un mois.

INSECTE PARFAIT

Cette jolie Tortricide, décrite pour la première fois par Haworth, varie beaucoup ; ce qui explique sans doute que, nommée d’abord par l’auteur anglais, celui-ci n'ayant pas reconnu l’une des nombreuses aberrations de l’Angustiorana, nomma cette variété Rotundana. L’espèce fut ensuite appelée Dumeriliana par Duponchel, qui l’a décrite et figurée d’après des sujets « venant de Russie. »

La Tor. Angustiorana n'avait pas été indiquée de France avant que je l'y ai rencontrée, il y a quelques années déjà. Je ne pense pas qu'elle existe plus haut que la région méditerranéenne comprise entre Gênes et Toulon, région où le Laurus nobilis est spontané et partout abondant dans les vallons frais non loin des cours d’eau, et où souvent il acquiert les proportions d’un trèsgrand arbre.

Geometra Smaragdaria, F.

— Hb. — Esp. — Dup. — Frey. — Gn. — Stgr. — Berce, V, p. 102.

(Var. Gigantea.)

(PI. 152, fig. 16 à 18.)

Placée hors de son fourreau, elle est allongée, cylindrique, à tête petite, et possède dix pattes robustes. Sa couleur est l’argi-

leux clair où les lignes brunes et blanchâtres sont nettes et bien visibles. Les trapézoïdaux et autres points pilifères sont saillants, et les pattes anales sont granuleuses avec des tubercules également saillants et surmontés de poils rudes destinés à retenir le fourreau protecteur que cette chenille traîne et qu'elle ne quitte que pour se transformer. Autant que j'en juge par de fort beaux exemplaires soufflés qui m'ont été fournis par le D" Staudinger, cette larve ne serait donc pas « nue et sans aucune éminence, » ainsi qu’on l’a dit précédemment sans doute d’après le dessin de Frevyer qui la représente enveloppée en presque totalité de son fourreau. |

La ligne vasculaire est étroite, continue et d’un brun noirâtre ; la sous-dorsale est très-large, continue, brune et liserée de chaque côté de blanchâtre. La stigmatale est fine, claire, . ondulée et interrompue sur tous les anneaux. Les stigmates sont entièrement circulaires et noirs.

On dit que cette chenille vit sur les arbres; j'en douterais, eu égard à la nature des matériaux employés à la formation de son fourreau portatif. Au reste, M. Freyer la représente sur la millefeuille ; ce que confirme M. l'abbé Fettig qui l’a élevée.

iNSECTE PARFAIT

Ce n’est que depuis peu d'années que cette superbe Phalénite a été signalée en France. M. Berce nous apprend, dans son 5" volume, p. 102, qu’elle a été rencontrée dans les Pyrénées- Orientales, l'Indre, l'Auvergne et la Charente. Après l'avoir recueillie en automne, en 1845, à la Pape, près de Lyon, au moment de l’éclosion, la Smaragdaria n’a pas été depuis lors, que je sache du moins, revue dans le Lyonnais. Enfin, le 17 juillet 1872, je l’ai retrouvée à Saint-Martin-Lantosque sur les bords de la Vésubie, volant en compagnie de la jolie Phorodesma Bajularia, Geoff.

Geometra Volgaria 495

Cette Geometra est aussi une espèce qui a le privilége de conserver en vieillissant sa belle couleur verte, mais moins cependant que la Nem. Aureliuria. La Smaragdaria varie sensiblement par la taille; j'ai sous les yeux de très-grands exemplaires de provenance espagnole, dont un sujet ® mesure jusqu'à 35 millimètres (pl. 152, fig. 18) et chez lequel les lignes transverses ont disparu pour ne laisser visible que la tache cellulaire blanche.

Geometra Volgaria Q, Gn.

IX, p. 344. — Mill. Ic., pl. 96, fig. f.

(PL. 152, fig. 19 ©.)

Dans mon vol. Il, pl. 96, j'ai figuré le & de cette remarquable espèce, seul sexe que je connusse alors de la Volgaria, que, dès cette époque, je considérais comme séparée, et depuis, la ® obtenue ex larvd m'a été envoyée. Sa vue n’a fait que confirmer mon opinion première, c'est-à-dire que la Volgaria, Gn. me paraît plus que jamais distincte de la Smaragdaria, L. La coupe d'ailes plus allongée, les lignes transverses très-larges, trèsblanches, le vert des ailes antérieures très-pàle, les ailes postérieures presque entièrement blanches en dessus et en dessous, sont des caractères qui devraient ne pas faire douter de la validité de cette Geometra. Je m'étonne donc que le D' Staudinger indique comme simple variété de Smaragdariu cette espèce si bien caractérisée spécifiquement. La chenille n’est pas encore connue, mais il est très-supposable qu'elle est différente de celle de la Smaragdaria. |

Jusqu'à ce jour la Vo/garia n’a été observée que dans la Russie méridionale.

Avant de parler de plusieurs espèces de léfidoptères appartenant en bonne partie aux sommets sub-alpins de nos Alpes francaises, mais plus spécialement à ceux des Alpes suisses, je dirai que des renseignements nombreux et précis sur ces insectes, les uns rares, les autres nouveaux, m'ont été fournis par un intrépide entomologiste dont l’obligeance, connue et appréciée de tous, ne le cède pas à son ardeur juvénile. Je veux parler de M. Rodolphe Zeller, de Zurich (Suisse). Je commencerai par la

Dasvydia(!) Wockearia (2). Stgr.

Cat. Ster. et Wocke (an. sp. propria?}, p. 169. (PL 158, fig. 1 à 5)

Cette rare Phalénite ne me semble pas être une simple aberration de la Torvaria, Hb.; je vois en elle une espèce séparée. Le à et la 9, ainsi qu’on pourra en juger par les figures qui suivent ces lignes, diffèrent notablement de la Torvaria, comme je le dirai dans un instant.

L'œuf qui est relativement gros, granuleux et jaunâtre, passe au vineux trois ou quatre jours après qu'il a été pondu, preuve

(1) Les chenilles de ce genre qui ne vivent qu'aux dernières limites de la végétation, sur ces pointes rocheuses d’une élévation considérable, où il ne se développe plus qu’une herbe courte et rare et quelques cryptogames, ces chenilles, dis-je, ne sont guère connues que par ce qu'on sait de l'Operaria, (Var. Scalettaria, Mill.)

(2) Espèce qui, jusqu'à ce jour, n'avait élé figurée nulle part.

Dasydia Wockearia 427

certaine qu'il est fécondé, il est ovalaire et déprimé. La chenille éclot environ dix jours après. Dans sa jeunesse, elle est, à peu de chose près, ce qu’elle sera parvenue à son entier développement. Vers les premiers jours d'août, presque en même temps que vole l'insecte parfait, se montrent encore quelques chenilles retardataires de la Wockearia, lesquelles ont passé l'hiver engourdies par le froid qui, sur ces hauteurs, règne pendant une bonne partie de l’année. Cette chenille rappelle par, sa forme, la Gnophos Var. Scalettaria (Ic. I, pl. 50), cependant elle est moins allongée et un peu plus obscure (1), Elle est assez courte, cylindrique, d’un vert grisâtre incertain et mat. La tête est grosse, rétractile, d'un brun rougeâtre, avec cinq ocelles proéminents, noirs, luisants et disposés en cercle de chaque côté de la tête. Le clapet anal est bien formé. Les stigmates sont relativement gros, d’un rougeâtre obscur et cerclés de noir. La ligne vasculaire est à peine indiquée en vert foncé; la sous-dorsale est large, continue, d’un vert incertain; le ventre est unicolore.

La chrysalide représente assez celle de la Gnophos Var. Scalettaria, cependant la pointe abdominale est plus obtuse. L'état léthargique ne dure pas plus de quatorze à quinze jours.

INSECTE PARFAIT

Il s'éloigne de la Torvaria par Son envergure moindre, par la concavité prononcée de la côte des ailes supérieures, par sa teinte d’un fuligineux presque uni, laissant à peine percer une éclaircie qui accompagne la coudée extérieurement, et aussi par

(1) La chenille d’une autre espèce du même genre, celle de l’Andereggaria, que je ne puis figurer aujourd'hui, a les plus grands rapports de forme avec celles de la Scalettaria et de la Wockearia.

la netteté de la bandelette subterminale en dessous. L'espèce se distingue encore de sa congéuère par la © toujours plus grande, les ailes par conséquent plus développées, moins arrondies, l'abdomen remarquablement plus gros, et enfin par la couleur générale plus obscure que chez la Torvaria, de laquelle il nous reste maintenant à connaître la chenille qui devra confirmer mon opinion : celle de voir dans la Wockearia plus qu’une variété constante de la Torvaria.

La Dasy. Wockearia, m'écrit M. Zeller, vole au col du Stelvio, à une élévation de 3,000 mètres, en plein jour, entre dix heures et midi, effleurant le sol où elle se repose fréquemment, soit sur les pierres (pl. 153, fig. 3), soit en se cachant sous cellesci après un vol court. « C’est, ajoute M. Zeller, sur les crêtes arides mais abritées de ces hauteurs que j'ai découvert, à la fin de juillet, la chenille de cette remarquable Phalénite, réfugiée sous des débris de Dolomie (), dont elle emprunte la couleur. Le matin, on trouve le papillon engourdi par la gelée blanche de la nuit et paraissant privé de vie. On rencontre alors tout à la fois la chenille, la chrysalide et le papillon. »

. (1) Roche particulière offrant un aspect cristallin et une texture lamellaire recouverte par places de parcelles de Mica lamelliforme, au sommet de laquelle se développent de rares et courtes graminées et où se montrent quelques Ranunculus glacialis et parnassifolius, Saxifraga caesia et oppositifolia, mais où cependant les lichens dominent, et sur lesquels doit vivre préférablement la Wockearia, bien qu'en captivité elle se soit nourrie des feuilles de Rumex scutatus,

+ Je)

Glacies Alticolaria

Glacies, Mill. Alticolnaria, Mn.

Ma. Z. b. V. 1853, p. 79. — Gn. I, 320. — HS. n. Schm. 64 à 67. — Stgr. et Wocke, 2414.

(PI. 153, fig. 6 à 9)

Par la forme de la chenille, le genre de vie de celle-ci, par les habitudes de l’insecte parfait et sa configuration, cette Phalénite ne me paraît être ni une Dasydia ni une Psodos; or, l’Alticolaria qui tient de l’un et de l’autre de ces genres, doit en être séparée par cela même, et doit nécessiter la création d’un nouveau genre. Ce dernier cas, M. Laharpe semblait le prévoir lorsqu’après avoir décrit minutieusement l’insecte, il s'exprime ainsi : « Cette espèce intermédiaire des Gnophos et des Psodos, genres très-voisins, pourrait motiver une fusion des deux. » Je crois mieux faire que d'opérer la fusion de ces deux genres.

M. Rod. Zeller a, l’an dernier, récolté en nombre ce rare lépidoptère à l’habitat même de la Dasy. Wockearia, au col du Stelvio dont, on se le rappelle, l'altitude est de 3,000 mètres, « volant de dix heures à midi en compagnie de la Psodos Trepidaria et de la Dasy. Wockearia, ayant de cette dernière l'aspect et le vol plutôt que de la Trepidaria. »

J'ai pu obtenir quelques renseignements sur les premières formes de l’A/ticolaria, et bien qu’ils soient assez incomplets, je les mentionnerai en attendant. Je dirai donc peu de chose de la chenille, car les divers sujets que j'élevais avec un grand soin, sont morts après la seconde mue. Les jeunes Alticolaria ressemblent beaucoup à la Wockearia (1), bien qu’un

(1) Si la création du genre Glacies pour l'A/ticolaria n'était pas absolument nécessaire, cette dernière Phalénite appartieudrait plutôt, par sa chenille, au genre Dasydia qu'au genre Psodos.

peu plus courtes et de couleur moins sombre; pourtant elle est beaucoup plus délicate qu'elles. Je la suppose telle que je la figure (pl. 153, n° 6) sans être absolument certain qu'elle dût être ainsi parvenue à toute sa grosseur. Je l'ai nourrie avec les Léontodons, mais les plantes cryptogames, qui croissent abondamment à son habitat, doivent être, je l’ai pensé trop tard, l’unique nourriture de cette chenille qui demeure « ensevelie sous la neige pendant près de dix mois. »

L'œuf de l’Alticolaria ressemble à celui de la Wockearia ; àl est un peu moins ovale. Pondu à la fin de juillet, il éclot moins de quinze jours après. La chenille doit, dès le mois de septembre ou octobre, s'engourdir et demeurer ainsi jusqu'au mis de mai de l’année suivante. Il arrive, pour les chenilles qui vivent à de pareilles hauteurs, que, bien avant que la neige soit entièrement fondue, les plantes, par l'élévation graduelle de la température, commencent à végéter sous une dernière couche de neige, et que, de leur côté, les chenilles revenues de leur long sommeil se remettent à manger et à grossir dans un milieu qui semble anormal, ainsi recouvert de neige.

La Glacies Alticolaria, par suite des récentes observations de M. Zeller, varie beaucoup, aussi bien pour la couleur fuligineuse qui s’affaiblit, que pour l’envergure. Le æ que je fais représenter (pl. 153, fig. 9) en est un exemple, car il mesure 28 millimètres, alors que le o type, fig. 8, n’en porte que 22. Cependant le dessous des quatre ailes de cette race des hautes Alpes suisses a toujours un fond noir « tirant sur le bleu d’acier avec les bandes subterminales d’un blanc argenté d’un vif éclat et lisérées de noir profond. »

Erebia Gorge. 431

Erebia Gorge, Esp.

(Var. Triopes, Spr.) — Stgr. 312.

(PI. 153, fig. 10)

Cette variété constante des sommets alpins, décrite par le docteur Speyer dans les Annales Entomologiques de Stettin, n'avait pas encore été figurée. La simple phrase descriptive qu'en donne M. Staudinger dans son dernier Catalogue, PATÉ peut à la rigueur suffire pour faire connaître cette aberration : « Al. ant. apice ocellis 3 apicalibus.» La Var. Triopes est demeurée rare. Je tiens de l’obligeance de M. Zeller les deux sexes de cette variété constante qu'il a prise lui-même au Stelvio. |

Eupithecia? Fenestrata, Mill.

(PL 155, fig. 14 et 15.)

C'est assurément une des plus remarquables du genre et qui ne peut se comparer à aucune autre (!) aussi bien pour l’envergure ®) que pour la couleur.

L'exemplaire que j'ai sous les yeux est des mieux conservés ; cependant c’est à peine si, sur le fond blanc, on distingue les lignes transverses ordinaires qui sont fines, interrompues, d’un

(1) « La plus fameuse Æupithecia que j'ai jamais vue » Staudinger, lettre du 8 février 1874.

Je ne partage pas précisément l'opinion de notre collègue à l'égard de la place qu'occupe ce lépidoptère; si j'en fais une Æupithecia, j'avoue ne pas être bien sûr que ce ne soit pas autre chose.

(2) Sauf l'Eupithecia Magnata, qui mesure 32 millimètres.

gris roussâtre, un peu moins effacées aux ailes supérieures qu'aux inférieures. Le coude, formé par la ligne dite coudée, est arrondi aux quatre aïles. Les franges sont assez longues et d’un blanc satiné. Le dessous des quatre ailes est d’un gris blanchâtre, surtout aux supérieures ; cependant les lignes ordinaires indiquées en gris foncé, sont mieux marquées qu’en dessus ; la coudée présente une dentelure interne fine et régulière. Le point cellulaire qui n'existe pas en dessus, n’est que très-imparfaitement visible en dessous. Les antennes sont fines et blanches, mais elles sont grises en dessous. Le vertex est blanc; le thorax, relativement robuste, est d’un blanc pur ainsi que l’abdomen gros et très-aigu à l'extrémité. Les pattes sont d’une longueur normale et srises; les postérieures sont munies d’éperons courts.

Le à m'est inconnu.

J'ai capturé l’'Eupith. Fenestratu le 5 août 1872, à Fenestre (1), situé à quatorze ou quinze kilomètres de Saint-Martin-Lantosque (Alpes-Maritimes), sur la frontière italienne, à une altitude d'environ deux mille mètres. L’insecte, pendant le jour, se tenait au repos, au milieu de hautes herbes bordant un ruisseau formé par les neiges fondantes des crêtes voisines, à quelques pas au-dessous de la chapelle.

Cette nouvelle Phalénite trouvera place après l’£up. Magnata.

Larentia Incultaria, HS.

p. 162, f. 372, 456. — Led. — Lah. — Gn. — Stgr. (Var. Latifoliata, Mill.) (PL. 153, fig. 16 à 19.)

Le 5 octobre 1873, M. Rod. Zeller, de Zurich, me faisait par-

(1) Notre-Dame des Fenestres, lieu de pèlerinage qui, au 15 août, auire chaque année un grand nombre de pèlerins de France et d'Italie.

Larentia Incultaria 433

venir à Cannes huit chenilles de Phalénite qu'il avait, quelques jours auparavant, rapportées des hauteurs de Célerina (Suisse) sans savoir ce qu’elles devaient produire. Le lendemain de leur arrivée, cinq de ces chenilles se sont transformées dans la mousse où, sous l'état de chrysalide, elles ont passé l'hiver. En automne, ces larves ont vécu de graines récemment formées de la « Primula latifolia, leur nourriture ordinaire. » Cependant ces Larentia ont été nourries pendant plusieurs jours avec les feuilles d’une chicoracée.

Cette chenille a un peu la forme et l'aspect de certaines Eupithécies ; aussi ai-je pensé d’abord qu’elle appartenait au genre Eupithecia. Elle est assez courte et d’un vert clair. Les lignes vasculaire et sous-dorsales sont imparfaitement écrites en vert foncé, mais la stigmatale est large, ondulée, d’un vert très-clair ; cette ligne est lavée au centre de carminé plus ou moins vif. La tête est petite, globuleuse et concolore. Les dix pattes sont d’un vert blanchâtre.

La chrysalide est d’un brun clair, avec les anneaux abdominaux d’un beau vert.

L’éclosion du lépidoptère qui à commencé dès le 15 avril de l’année suivante à Cannes, s’est continuée pendant environ une semaine.

INSECTE PARFAIT

Par sa petitesse (1) relative, cette variété constante qui ne mesure que 18 à 19 millimètres (®), s'éloigne sensiblement du type eb pourrait faire penser, au premier abord, qu’elle représente une espèce distincte. Les ailes supérieures sont d’un gris foncé,

(1) Düe peut-être à ce que les chenilles ont souffert en captivité. (2) Les dix-huit ou vingt /ncultaria obtenues ex larvä, par: M. Zeller ont toutes cette envergure.

luisantes, un peu verdâtres et traversées par les dignes extrabasilaire et coudée ; celles-ci sont larges, en zigzag, blanches, interrompues et partagées au milieu par un liseré fin et obscur. Les lignes basilaire et subterminale sont très-fines et blanchàtres. Un point noir, placé entre chaque nervure, limite la frange qui est concolore. Le point cellulaire est petit, oblong, noir et bien indiqué sur les quatre ailes en dessus et en dessous. Les secondes ailes sont unicolores, d’un gris un peu bleuûtre, sans aucune ligne, mais avec un liseré obscur qui limite la frange. Les antennes sont filiformes et noirâtres. Les yeux sont gros ; le vertex est blanc. Les pattes sont noires et annelées de blanc. Les secondes sont munies d’une paire de tarses, les troisièmes en ont deux.

La © ressemble au &. L’Incultaria est à peine connue des lépidoptérologues.

Tortrix Steineriana, Hb.

Î. 170. — HS. 57, 58. — Hein. 47. — Stgr. et Wocke, 746. (Var. ? Stelviana, Mill.)

(PL 153, fig. 11 à 14.)

Le type est peut-être le lépidoptère le plus abondant sur les plus hauts sommets de la France, de la Suisse, etc. Deux variétés de cette espèce ont été publiées; la Lusana, HS. f. 330, et la Dohrniana, Hb. f. 162. Je viens à mon tour faire connaître une troisième variété constante de cette Tortricide. Elle semble appartenir plus spécialement au Slelvio et autres sommets alpestres qui l'entourent. La chenille du type, pas plus que celle des variétés de la Steineriana, n'était connue; s’il m'est donné de publier cette nouvelle aberration sous ses divers états, c’est encore à l’obligeance de M. Rod. Zeller, qui m'a fait parvenir la

Tortrir Steineriana 433

Celle-ci est allongée, fusiforme, avec seize pattes bien visibles. La tête est lenticulaire, noire, teintée de jaunâtre au centre. Les pattes écailleuses et la plaque du premier anneau sont d’un noir de jais et luisantes. L’écusson du deuxième anneau est petit, luisant et également noir. Tout le corps est d’un brun noirätre sans aucune ligne. Les trapézoïdaux et autres points sont clairs et donnent naissance à des poils très-courts.

Le 4 juillet 1879, jour de l’arrivée chez moi des chenilles en question, elles étaient parvenues à leur taille et ne mangèrent plus, je ne puis savoir au juste ce qu'est la plante qui les nourrit sur les sommets où il ne se développe qu’une végétation herbacée très-courte et rare, et où ces chenilles vivent cependant en abondance. Elles se sont toutes transformées aussitôt arrivées à Cannes, et le 26 du même mois je vovais éclore ma première variété Séelviana.

IiNSECTE PARFAIT

Il s'éloigne du type par l’étroitesse relative des ailes antérieures, la teinte argileuse pâle de ces dernières, par la côte blanchâtre dans toute son étendue, et par la présence d’une tache allongée, brune qui occupe le centre des supérieures. En outre de la strie brune qui précède la frange, on voit encore quelques points bruns paraissant placés sans ordre. Les quatre ailes sont très-luisantes; les inférieures sont grisâtres avec de larges franges blanchâtres. Les antennes sont noires et la pointe abdominale tire sur le fauve. Les sujets que j'ai obtenus à trois ou quatre jours d'intervalle présentent les mêmes caractères.

Guenea Borreonella; Miil.

(Species nova)

(PL. 153, fig. 20 et 21)

Bien qu'ayant l’article basilaire dilaté, avec la tête touffue, cette nouvelle espèce ne doit pas plus être une Tinea (1) qu’une Bucculatrix, à l’un ou à l’autre desquels genres on pourrait croire au premier abord qu’elle appartienne. Les Bucculatrix, ainsi qu'on le sait, se distinguent par le front lisse, la tête velue, et surtout par l'absence des palpes (Staint. VII, p. 2). Les Tinea ont aussi la tête velue, mais leurs palpes sont courts et droits. Voici la description de la Borreonella.

Envergure : 9 millimètres. — Les quatre ailes sont étroites et relativement allongées; elles sont de couleur argileuse sans autre dessin qu’une strie brune longitudinale interrompue vers le milieu. Les ailes antérieures se distinguent par leur aspect luisant et comme satiné. En dessous les quatre ailes sont semblables au dessus, mais d’un aspect un peu plombé. La tête est très-laineuse et d’un fauve pâle. Les antennes sont allongées, monilformes, faiblement ciliées, presque aussi épaisses au sommet qu'à la base, argileuses, luisantes, avec une légère nodosité au premier article. Les yeux sont noirs, les palpes sont longs, minces, incombants (pl. 153, fig. 21) avec le second article garni de longs poils soyeux. Le thorax et l’abdomen sont unicolores et aussi luisants que les ailes.

(1) Voici ce qu’à la date du 9 octobre 1872 M. Stainton me mandaïit à l'égard de ce curieux lépidoptère : « Votre numéro 11 est une chose nouvelle et très-intéressante. Je l'ai prise d'abord pour une Tinea, mais les palpes sont trop minces et trop longs. »

Acontia Moldavicola 437

Cet insecte nouveau n'a pas dù voler tant sa conservation est parfaite. N’élant ni une Tinéa, ni un Lithocolletis, ni une Buéculatrir, la Borreonella demandé la création d’un nouveau genre. Je dédié le nom du genre Guenea à mon savant ami M. Guenée. Elle rappellera par son nom spécifique, sa patrie, les bords escarpés du Borréon, affluent impétueux de la haute Vésubie, au-delà de Saint-Martin-Lantosque. C’est, en effet, en ce lieu des Alpes-Maritimes que j'ai rencontré, le 5 juillet 1872, la Borreonella appliquée au mur d’une bergerie à l’exposition de l'Est.

La Guenea Borreonella trouvera place après le genre Bucculatrix.

Acontia Moldavicola, HS.

fig. 224-225, IL, p. 419. — Ster. 1854.

(Var. Euboica, Mill.)

(PI. 154, fig. 1)

Cette charmante Acontie a été rapportée de l’île d’Eubée (Grèce) par M. de Mimont, où elle vole rapidement au soleil de mai. Mon obligeant ami a capturé plusieurs sujets identiques de cette variété qui me paraît constante et qui semble remplacer, dans cette ile d’une richesse rémarquable, la #oldavicola type. Âge

Sur un fond bleuâtre très-sombre, presque noir, les lignes basilaire et subterminale qui existent chez la Moldavicola ordinaire ne sont plus indiquées que par un liséré noir qui ne se voit que très-imparfaitement. De plus, les taches blanchâtres appuyées à la côte, chez le type, sont ici beaucoup moins développées et d’un blanc ochracé, Cependant l’orbiculaire et la réniforme

sont tout aussi obscurément indiquées que chez l'espèce ordi-

naire, et le corps ainsi que les ailes en dessous n’en différent pas. Ce joli lépidoptère vole au soleil le plus agdent sur les collines

herbues de l’île d'Eubée, où il paraît ne pas être rare.

Thais Polyxena. Schifi.

(Var. Polymnia, Mill.)

(PL. 154, fig. 2)

Je ne suis pas absolument certain que cette remarquable et constante variété de la Thais Polyxena ne soit pas une espèce distincte, car, indépendamment des bandes noires transverses

beaucoup plus larges aux quatre ailes que chez le type, je signa-

lerai l’envergure sensiblement plus grande, la forme des ailes supérieures plus élancées, le fond d’un ochracé plus chaud, plus vigoureux de ton que chez aucune des nombreuses variétés de l'espèce. Enfin, je dirai qu’il existe aux premières ailes une tache rouge qui touche à la côte et qui manque complétement chez la Polyrena.

Le docteur Staudinger, à qui j'ai soumis cette variété constante (1) m'a répondu : « Pas une des Var. Ochracea, Sigr. (dont le type est la Polyxena, Schiff.) n’a autant de noir, parmi la grande quantité d'exemplaires de cette espèce que j'ai en ma possession, que votre variété qui est une combinaison des deux formes : Var. Cassandra, Hb. et Var. Ochracea, Stgr. »

(1) Les sujets à fond jaune de Naples que je considère comme le type de ceite remarquable Thais, dont l'envergure est de près de 60 millimètres, présentent exactement, aux supérieures, la même tache rouge et les mêmes larges bandes noires que chez la Var. Polymnia qui est figurée.

. É nier.

Thais Polyxena 439

Les tiges sèches d’Aristolochia clematitis? qui m'ont été rap-

portées, auxquelles étaient fixées les chrysalides qui ont donné cette Thais, sont celles de la plante qui a nourri les chenilles lesquelles vivent à l’île d'Eubée, au bord des ruisseaux ombragés et où elles ont été recueillies par notre collègue de la Société Entomologique de France, M. de Mimont, dans ses propriétés mêmes.

La chrysali@ation a eu lieu en mai 1871, et, au mois de mars de l’année suivante, j'obtenais, sans perdre une seule de mes chrysalides, environ autant de sujets à fond jaune de Naples que d'individus à fond ochreux très-vif, race grecque qui portera plus spécialement que les individus à fond jaune clair le nom de Var. Polymnia (pl. 154, fig. 2).

Cette belle race vole communément à l’île d'Eubée dès la fin de février, pendant un mois ou six semaines environ, à l'habitat de rares lépidoptères qui ont été capturés en mai, tels par exemple : le Polyom. Otitomanus, la Lycaena Bavius, Ev., les Melitea Var. Caucasica, Stgr., Var. Orientalis, Mén. et Var. Nona, Stgr., la Syntomis Antiochena, Led., qui est des plus abondantes, la précieuse Zethes Insularis, Rb., qui vole pendant le jour, l’Acontia Var. Euboica, Mill., l'Ocneria Terebynthi, Frey., la belle Boarmia Umbraria, Hb., la Cledeobia Palermitalis, Gn., etc., etc., et aussi le Char. Jasius, L., qui acquiert en ces lieux privilégiés une très-grande taille.

Obs. — À propos de cette superbe espèce, voici ce que me contait récemment M. de Mimont : un jour de chasse aux insectes, arrivé dans un ravin frais de mon voisinage, mon domestique suspendit à une branche d’arbre, un sac contenant une petite provision de Yaowrti, sorte de lait de chèvre ou de brebis caillé, lorsque je vis à une grande hauteur un point noir que je pris pour un oiseau se détacher sur le bleu du ciel. Tout-à-coup

j'apercus cet objet, qui était un CA. Jasius, fondre comme un trait et s’abattre sur le petit sac contenant l’Faourti, s'enivrer du liquide qui en découlait, et se laisser prendre sans difficultés. D’autres Jasius s’abattirent de même que le premier, et furent également pris. Je recommande aux lépidoptéristes ce moyen commode de se procurer ce beau Diurne. Je dirai encore, a ajouté M. de Mimont, que venant à l’île d'Eubée depuis trente ans, je n'y avais jamais vu, avant ce jour-là, voler le Char@xes Jasius.

Lycaena Coelestina, Ev.

— HS. — Frey. — Sigr.

(PL. 154, fig. 3)

En parlant de la richesse entomologique de la vallée de Lantosque, j'avais déjà signalé dans les Pelites Nouvelles Entomologiques, N° 64, la présence dans les Alpes-Maritimes de cette Lycène de la Russie méridionale, découverte en 1843 par le docteur Eversmann. Bien que les deux sexes de ce Diurne aient été figurés, je crois devoir faire représenter dans mon iconographie le & de la Coelestina qui est presque une nouveauté pour la plupart des entomologistes. J'espère par là appeler l'attention des lépidoptéristes sur cette jolie Lycene qui doit exister en Suisse, ou mieux dans les Pyrénées où elle a dû être confondue avec ses voisines les Lyc. Cyllarus ou Acis, Sch. {Semiargus, Rotti.)

Le & est d’un bleu violacé en dessus et d’un gris de souris en dessous, teinté de bleu irisé à la base des inférieures. La Q@ est entièrement noire en dessus, avec la frange blanche, et n’a pas la teinte bleue irisée des secondes ailes du &.

La Coelestina ne paraît pas rare en juillet au-delà de Saint- .

Pachnobia Rubricosa | "A4

Martin, sur les bords du principal affluent de la Vésubie, le Borréon. Il est supposable qu’on doit la retrouver sur d’autres points élevés des Alpes de notre département (1).

Peu de semaines avant mon arrivée à Saint-Martin, l'espèce y avait déjà été rencontrée par M. Rod. Zeller qui tout d’abord ne la connut pas.

Pachnobia Rubricosa, Roes.

— F.— Bork. — Hb. — Dup. — Gn. — Stgr. — Berce. (PI. 154, fig. 4 et 5.)

Elle n’est pas inédite, puisque Hubner l’a fait connaître. Sa reproduction dans mon œuvre n’a donc peut-être pas sa raison d’être, cependant je fais observer que très-peu d’entomologistes possèdent les chenilles de l’auteur allemand, et que pour ceux-là, la vue de la belle chenille de Rubricosa devra leur présenter de l'intérêt.

Cette larve est toujours rare, aussi bien sur le littoral que partout en France. Hubner qui en a donné une bonne figure la fait vivre sur le fraisier. M. Berce l'indique, d’après le témoignage de M. de Graslin, sur la Digitale pourprée. Je l’ai rencontrée aux environs de Cannes, mais seulement de loin en loin, sur diverses espèces d’Anémones, sur le Tamus commun, la Ficaire à grandes fleurs et une fois sur la Bruyère arborescente dont elle dévorait les fleurs blanches.

(1) Jedirai à cette occasion qu'à la fin de juillet 1873 j'ai capturé deux intéressantes Lycènes, nouvelles pour la faune des Alpes-Maritimes : le Meleager, Esp. — God. pl. 7, et l’Agestor, God. (Escheri, Hb.) L'une et l’autre de ces Lycaena abondent à Berthemont-les-Bains.

INSECTE PARFAIT

Le type seul, chez lequel la couleur grise domine, semble exister en Provence, |

La Var. À. Mista, Hb., d’un rouge-brique foncé, et la Var. B. Rufa, Haw.(1) plus petite et d’un rouge de tuile clair, paraissent dominer dans la France centrale, notamment dans le Lyonnais et dans l'Indre.

Prothymia Baueri, Stgr.

Berl. e. Z. 1870, p. 122.

(PI. 154, fig. 6.)

Envergure : 27 millimètres. — L’apex des supérieures est relativement aigu ; les dessins dont ces ailes sont ornées, bien que très-simples sont caractéristiques : l’espace médian limité par une coudée droite, oblique et brune, est, sur un fond argileux, très-large au sommet, mais très-resserré au bord interne de l’aile. Le point cellulaire est gros, brun et appuyé à la côte. Les ailes inférieures sont uniformément d’un gris obscur et luisant. Le dessous ne présente aucun dessin, si ce n’est la coudée très-imparfaitement visible aux supérieures.

La © n’est pas connue.

La Baueri est encore fort rare ; elle a été découverte en Andalousie.

(1) Species, V. p. 360.

Pyralis Pulchellalis 443

Pyralis Pulchellalis, Mill.

Catal. des Lépid. des Alpes-M. 1873, p. 221.

(PL. 154, fig. 7 et 8.)

J'ai décrit récemment dans mon Catalogue des Lépidoptères des Alpes-Maritimes, 2° partie, p. 221, cette remarquable Pyralite. Je rappellerai ce que j'en ai dit alors :

IL est plusieurs Pyralis dont la Regalis, W.-V. « paraît trèsvoisine, mais beaucoup plus jolie qu’elles. » Species, VIII, p. 123. C’est cette dernière, la Regalis, qui se rapproche le plus de la nouvelle venue, la Pyr. Pulchellalis. Voici en quoi celle-ci s’éloigne de la Regalis () : Envergure plus grande, fond des quatre ailes violacé et non gris aux inférieures comme chez la Regalis. Les lignes transverses ont, chez les deux espèces, une disposition différente : celles des premières ailes de la Pulchellalis ne sont guère indiquées que par deux grosses taches rectangulaires d'un blanc vif, appuyées à la côte, continuées par un liseré mal formé. La tache, comprise dans l’espace médian, n’est pas d’un jaune clair, comme chez la Regalis, mais d’un jaune rougeâtre. Les deux lignes des ailes inférieures sont sensiblement festonnées, et la première se présente avec un coude prononcé et non, comme chez la Regalis, simplement courbée en dehors. Enfin, les franges aux quatre ailes sont violacées et blanches à l’angle interne des inférieures, et non pas uniformément grises ainsi que cela existe chez la Regalis.

(1) Espèce de Hongrie, inconnue en France où elle ne fait partie sans doute d'aucune collection; elle est donc d’une extrême rareté. Cependant l’iconographe Hubner a laissé une assez bonne figure de la Regalis. (Pyralidæ, XII, n° 105.)

La Pyralis Pulchellalis, qui vient enrichir la faune des Alpes- Maritimes, vole à Berthemont-les-Bains en jüillel. Le sujet qui a servi à ma description est d’une conservation irréprochable ; il a été capturé le 16 juillet dernier dans le salon de l’hôtel où il a dû être attiré par l'éclat des lumières.

Pyrausta Falcatalis, F.-R.

— Ga. VITE, p.167.—Stgr.et Wocke, 124.— Mill. Cat. Lépid. Alpes-M., p. 227.= Phœnicealis, Fisch.R. —7Z.—HS.

(PL. 154, fig. 9)

. Espèce à peine connue; en tout cas elle est nouvelle pour la faune de France. À l’époque où j'ai rencontré la Falcatalis, elle n’avait été signalée qu’en Hongrie, en Autriche et dans le midi de l’Italie; cependant la Falcatalis est abondante dans la vallée de Lantosque (Alpes-Maritimes) sur les bords du Spailliard, du Borréon et de la Vésubie où elle vole pendant le jour ainsi que les autres Pyraustes, dont elle partage les habitudes et l’extrêème vivacité.

C'est à Berthemont-les-Bains dans le voisinage de l'hôtel de l'établissement que, du 15 juillet au 15 août, on voit cette jolie Pyralite butiner sur les fleurs des ravins, notamment celles de l’Origan et de l’Eupatoire commune. La chenille, restée inconnue, doit vivre sur la première de ces deux plantes.

Le seul auteur qui ait figuré la Falcatalis, est Fischer Edler von Roslerstlamm, mais l’iconographie de cet auteur n'existe peut-être dans aucune bibliothèque française, sauf toutefois celle de M. Guenée. or

J'ai cru utile la reproduction de la Pyrausta Falcatalis qui, pour la plupart des lépidoptéristes, doit avoir l'intérêt de la nouveauté.

Fig.

Fig.

EXPLICATION DES PLANCHES

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