QUINZIÈME LIVRAISON
Présentées à la Société Linnéenne de Lyon, le 11 décembre 1865.
Eupithecia Massiliata, Dar. ET Mie.
( Species nova.)
(PI. 67, fig. 1 et 2.)
Le genre si nombreux des Eupithecia européennes n’est point épuisé, et fien certainement les Phalénites qui le composent, et qui sont d’une étude si difficile, s’accroîtra encore. En attendant, M. Dardoin et moi apportons à ce genre intéressant une nouvelle espèce à enregistrer. Il est fâcheux que je n’aie pu encore me procurer la chehille pour la faire connaître. Notre collègue marseillais affirme l’a voir trouvée sur un Tamarix des bords de la mer.
Cette petite Phalénite se place dans le voisinage des Eupithecia Castigata, Hb., Pimpinellata, Hb., et Merinata, Gn., dont elle a l’envergure et à peu près la coupe d’ailes. Elles sont toutefois moins aiguës à l’apex que chez les deux premières espèces que je viens de citer, et ressembleraient assez aux ailes plus arrondies de la Merinata.
Voici la description de l’Eupit. Massiliata.
Envergure : 0°,016 à 0*,017.
Les ailes sont arrondies ; les supérieures sont d’un gris obscur foncé, recouvertes d’un grand nombre de lignes fines, brunes et assez distinctes ; celles qu'on voit le mieux sont: 1° la coudée, qui est double, géminée et qui présente deux dents internes avant d'attendre le bord abdominal ; 2° la bande subterminale, qui est denticulée, continue et plus claire que le fond ; les petits traits noirs qui précèdent la frange sont bien marqués et séparés par une éclaircie. La tache cellulaire est un peu ovale et bien indiquée en noir; la frange est concoloreet entrecoupée de brun. Les ailesinférieures sont de la couleur des supérieures , mais elles sont plus claires à la base; elles sont également marquées de nombreuses lignes, bien visibles seulement au bord interne. Les franges, plus longues qu'aux ailes antérieures, sont concolores; le point cellulaire est rond et indiqué en brun.
En dessous, les quatre ailes sont beaucoup plus claires qu’en dessus; c’est sans doute parce que les lignes transverses sont à peine marquées, mais la tache cellulaire et les petits traits qui précèdent les franges sont vigoureusement écrits aux quatre ailes. Les antennes sont courtes et pubescentes. La trompe est longue, fine et partagée en deux dans le dernier tiers de sa longueur. Les palpes sont droits, médiocrement longs, garnis d’écailles grossières et dépassent sensiblement le front. Le thorax est grèle et semblable aux ailes; l'abdomen n'est pas marqué d’une bande-foncée sur le deuxième anneau, mais il est muni sur les segments du milieu, de très-petites crêtes latérales. Les pattes sont concolores , annelées de clair et présentent deux paires d’éperons.
La femelle est de la taille du mâle : ce qui la distingue c’est la
Acrobasis Porphyrella. 147 teinte des ailes, légèrement plus claire, et, à l'abdomen, l'absence des petites crêtes latérales.
Je fais ma description d’après des sujets obtenus de chenilles par M. Dardoin, et qui sont, par conséquent, dans un excellent état de conservation.
L'Eupithecia Massiliata est encore fort rare; elle éclôt au commencement d'avril et sa chenille, suivant M. Dardoin qui l’a élevée plusieurs fois, vit, je l’ai dit, sur le Tamarix gallica des environs de Marseille.
Dans le Species général elle viendra se placer après la Pimpinellata, Hb., et portera le n° 1428 bis; et, dans le Catalogue Staudinger, le n° 663 bis.
Collection Dardoin : plusieurs exemplaires. Mon cabinet : un mâle.
Acrobhasis (1) Porphyrella.
Dup. X, pl. 279, fig. 2, Cat. 324. — Zell.-Herr.-Sch. 29. — Stgr. Cat. 514.
(PI. 67, fig. 3 à 6.)
Jusqu'à ce jour on ne soupçonnait nullement les mœurs de la chenille de cette charmante espèce. Les deux figures qui existent de l’insecte parfait sont si peu exactes, que j'ai eu beaucoup de peine à reconnaitre l'identité des sujets que, cette année, j’ai obtenus ex larva. Cette Phycide est encore une très-grande rareté. Je suis heureux de pouvoir fournir sur les mœurs curieuses de cette Acrobasis des détails complets et qui sont tout-à-fait inédits.
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(1) Acrobasis, Zeller (Phycis, Dup.).
Les œufs, qui sont pondus en été, n’éclosent sans doute que vers la fin de l'automne. En décembre la chenille est encore très-petite ; vers la fin de janvier elle est parvenue à moitié de sa taille ; elle n’a atteint toute sa grosseur qu’à la fin de mars. À celte époque, cette larve est sensiblement atténuée postérieurement, avec la tête grosse et les lignes ordinaires vivement indiquées en blanc. La couleur générale de cette cheni.le est le rougeâtre ou le rouge brique plus ou moins obscur. On ne voit pas la ligne vasculaire. La sousdorsale est large, droite et continue, du second au douzième segment. La stigmatale est très-large, ondulée , continue et d’un blanchâtre un peu carné, mais à partir du second anneau seulement cette ligne est, sur chaque segment, échancrée par en haut, ce qui semble la faire onduler fortement. La tête est de forme triangulaire, aussi haute que le premier anneau; elle est couronnée par de grandes taches noires cunéiformes dont la base est appuyée à l'incision. Les mandibules sont brunes et les ocelles sont visibles. Le premier anneau est corné, unicolore, et marqué de taches longitudinales brunes, contiguës ‘aux lignes précitées. Les stigmates sont blancs et cerclés de noir ; le ventre est carné et n’a pas de lignes; les trapézoïdaux sont bien indiqués en brun, ainsi que les autres points pilifères; ils donnent naissance à des poils noirs et courts.
Cette chenille vit aux.environs de Cannes, uniquement, je le érois, sûr l’Erica scoparia, L. Malgré mes nombreuses recherches, je ne l’ai jamais rencontrée sur les autres Erica auxquelles la Scoparia est mêlée. Elle est fort délicate et il est difficilé de l’amener à bien (4).
(4) Pour la faire reussir il faut, de toute nécessite, élever cette larve sur l’ar- ‘buste en pleine terre.
Acrobasis Porphyrella. 119 Sa manière de vivre est intéressante à observer : elle est encore trèspetite que déjà elle s’enferme dans un fourreau formé en partie avec ses excréments desséchés et quelques feuilles de bruyère retenus par de nombreux fils de soie, et tapissé intérieurement par une ouate blanche et pure. Elle demeure tout le jour dans ce fourreau et n'en sort que la nuit pour manger. À mesure que la chenille grossit, elle augmente le volume de sa demeure, et, lorsqu'elle est parvenue à sa taille, ce fourreau, qui n’est ouvert qu'au sommet et qui est tou.ours attaché au milieu de plusieurs petites branches réunies, est quelquefois très-long : il a ordinairement deux ou trois fois la longueur de son habitante. Je n’ai jamais trouvé deux larves de cette espèce dans le même fourreau, mais j’ai le plus souvent rencontré des fourreaux vides, car ceux-ci solidement construits, demeurent pendant plusieurs années fixés aux branches, jusqu’à ce qu’une cause accidentelle ou leur vestuté les détache de l’arbuste.
L'espèce, qui n’est pas abondante ne se rencontre pas partout; elle se cantonne en certaines localités. Je l'ai trouvée dans la campagne de Cannes (Alpes-Maritimes), sur quelques collines exposées au levant et sur les bords de la mer, en face de l’île Sainte-Marguerite , au mil.eu des lentisques et des pins maritimes.
J'avais précédemment remarqué cette chenille à Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales), mais je n’avais pu la faire réussir. Elle ne reste jamais dans le fourreau pour opérer sa transformation ; elle descend de l’arbuste et c’est dans les mousses qu’elle cherche un lieu convenable pour cette importante opération.
La chrysalide est médiocrement allongée, d'un brun rougeâtre avec l'enveloppe des antennes descendant assez bas sur l'abdomen ; celui-ci n'est pas garni de crins à l’extrémité. L’éclosion du petit lépidoptère arrive dans le courant du mois de mai; sa vie, ainsi que celle de ses congénères, est très-courte.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0",027 à 0°,028.
Les ailes supérieures sont médiocrement allongées, étroites, d’un rougeâtre pourpré, marquées de lignes transversales d’un jaune terreux et de plusieurs autres, longitudinales et blanches. Les deux premières lignes transversales sont très-obliques, la troisième, la coudée, présente extérieurement une série de pointes déliées ; elle est de plus éclairée de blanchâtre à droite et à gauche ; cependant l'éclaircie extérieure manque quelquefois. Le milieu de l’aile est occupé par une large ligne longitudinale, blanche, marquée au centre d’un gros point pourpré obscur. La subterminale est aussi d’un jaune argileux ; elle est marquée d’une série de points nervuraux mal écrits en brun; les franges sont médiocrement longues. Les ailes inférieures sont arrondies, d’un gris noirâtre, sans lignes, éclairées de blanchâtre à la base, avec les franges d’un blanc jaunâtre et plus larges qu’aux premières ailes. Le dessous est d’un gris foncé, uniforme ; on ne voit pour tout dessin que la coudée indiquée en plus clair que le fond, laquelle ligne se prolonge sur la moitié de la largeur des secondes ailes. Les antennes sont rapprochées et noduleuses à la base, sétacées, s’amincissant et brunâtres. Les palpes dépassent un peu la tête; ils sont pourprés en dessus et blancs en dessous; les yeux sont gros et noirs; la tête et le collier sont jaunâtres. Les ptérygodes présentent sur un fond ocreux la teinte purpurine des ailes supérieures ; le thorax laisse voir aussi la couleur porphyrisée des ailes antérieures. L'abdomen est conique, caréné sur les côtés, brunâtre, cerclé de blanc sur chaque anneau et garni à l’extrémité d’une touffe de poils jaunâtres. Les pattes sont purpurines en dessus, blanchâtres en dessous et annelées de clair à la base.
Agrotis Agathina. 151
La femelle est un peu plus grande que le mâle; elle est aussi plus foncée et a l’abdomen conique, renflé et sans carènes latérales.
Cette Acrobasis varie quelquefois ; j'ai remarqué certains mâles obtenus aussi de chenilles, généralement plus clairs que le type, et chez lesquels tous les dessins existaient cependant.
L'Ac. Porphyrella est demeurée, on le sait, fort rare jusqu'à ce jour. Elle a été rapportée pour la première fois, de Corse, par M. le docteur Rambur.
Obs. M. Guenée m'’écrit qu'il a pris la Porphyrella à l’état d’insecte parfait, une fois, aux environs de Châteaudun, sur les bruyères, vers 1844.
Agrotis Agathina.
Dup. IV, p. 359, pl. 122, fig. 2. — Gn. Ind. 240. — Bdv. 770.— Herr.-Sch. 2.—Gn. V, p. 294. — Stgr. Cat. 69. = Lidia, Bdv., Ind., meth. — Iconog., pl. 77, fig. 4 (non alior). — Albimacula ? St. I, p. 137, pl. 19, fig. 3. — Leucographa? St. Sup. If, p. 199.
(Aberr. Scopariae (1), Mi.)
(PL. 67, fig. 7 à 10.)
L’Agr. Agathina n’est pas rare au centre et dans tout le midi de la France ; cependant jusqu'à ce jour on ne savait rien de la chenille de cette jolie Noctuëlite. Je viens de découvrir, non la larve de l’Agathina ordinaire, mais bien celle d’une remarquable variété tellement constante, qu'aucun exemplaire parmi les nombreux sujets
(1) Qui rappelle l'Erica Scoparia.
que j'ai obtenus ex larva, n’est venu rappeler le type par sa coloration.
Les œufs doivent être pondus à l’aisselle des branches de l’Erica, vers la fin de l’été; leur éclosion arrive en décembre et en janvier. À la fin de ce dernier mois, la chenille est parvenue à sa seconde mue. Vers cette époque hâtive de l’année, elle est invariablement d’un vert pomme avec les lignes vasculaire, sous-dorsale et stigmatale, larges, continues et d’un blanc mat très-vif. Lors de la troisième mue, qui à lieu à la fin de février ou au commencement de mars, cette chenille passe au brun-chocolat et conserve les lignes précitées, larges, blanches et continues. Elle ne prend sa quatrième livrée qu’au milieu d'avril ; à ce moment la couleur change encore; elle devient rose foncé ou rougeâtre vineux plus ou moins vif, avec la partie antérieure et les flancs quelque peu lavés de verdâtre : les lignes blanches ordinaires sont à peine visibles sur le fond qui est aspergé de nombreux atomes foncés. Adulte, cette larve est médiocrement longue; elle est cylindrique, avec la tête globuleuse, rétractile , d’un jaune testacé et marquée des deux croissants opposés. Le premier anneau est couronné par une plaque écailleuse testacée sur laquelle se détachent trois traits d’un blanc vif correspondant à la ligne vasculaire et aux deux sous-dorsales. La première de ces lignes est double, géminée, fine, brune et continue ; la sous-dorsale est indiquée par deux points blancs placés sur chaque segment et qui sont plus accusés sur les premiers et les derniers que sur ceux du centre. La stigmatale est très-large, carnée, blanchâtre sur les bords et ombrée de brun en dessous; les organes de la respiration sont ovales, blancs et cerclés de noir. Il existe en outre, à partir du quatrième au pénultième segment, une double tache dorsale noire et cunéiforme dont la pointe se dirige en avant. Le ventre est de
Agrotis Agathina. 153 couleur livide; il ne présente pas de lignes. Les points trapézoidaux et pilifères sont petits, bruns et cerclés de blanchâtre. Les pattes écailleuses sont testacées, avec le dernier article brun ; les ventrales et anales sont violacées.
L'espèce varie en vineux très-foncé et en gris verdâtre avec les lignes et les taches moins visibles que chez le type.
Cette chenille vit à découvert jusqu’à l’époque de sa troisième mue ; après quoi elle descend de l’arbuste lorsqu’arrive le jour et y remonte la nuit pour manger. Je l’ai trouvée en très-grande abondance à Cannes, uniquement sur l’Erica scoparia, L., dont elle dévore les petites fleurs d’un jaune verdâtre, nombreuses et serrées contreles tiges. Les Erica arborea, L., multiflora, L., et laCalluna vulgaris, Salisb., parmi lesquelles l'Erica scoparia est mêlée, ne m'ont jamais donné cette chenille.
La métamorphose arrive à la fin d'avril ou au commencement de mai. La chenille se cache alors sous la mousse et forme sur la terre une coque solide dans laquelle la transformation arrive bientôt.
La chrysalide est conico-cylindrique, allongée, sans aspérités, luisante, d’un brun rougeâtre avec l'extrémité obtuse et terminée par une pointe déliée, unique, longue de cinq à six millimètres
L'éclosion du lépidoptère est arrivée, chez moi, dès le milieu de juin et s’est prolongée pendant un mois. Que penser de l'apparition si précoce de cette race d’Agathina (1) tout en tenant compte, bien entendu, du milieu dans lequel les chenilles ont été élevées ?
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0",024 à 0",025.
Il est, on le voit, un peu plus petit que le type ; mais cette variété
EE
(1) L'espèce ordinaire n'éclot guère qu'en août et même en septembre.
constante s'éloigne des sujets ordinaires : 4° par le ton général trèssombre, presque noir; 2° par la réduction des taches ordinaires ; 3° par l’ahsence complète de la ligne transversale des ailes infèrieu— res, laquelle cependant est bien écrite en dessous. Çes trois caractères essentiels et qui ne varient pas, sont néanmoins insuffisants pour voir en cette race enfumée d’Agathina, une espèce distincte du type. C’est aussi l’avis de M. Guenée qui, à ce propos, me mande avoir reçu d'Angleterre des variétés de cette Agrotide indentiques aux miennes. « Seulement, ajoute ce savant, cette couleur sombre s’expli- « quait par le climat de l’Ecosse ; il est curieux que la même modifi— « cation se produise dans la partie la plus chaude de la France. »
L’individu de la collection Donzel, indiqué dans le Species général (V. p.294, Var. AÀ.), diffère surtout de la Var. Scopariae en ce que le bord terminal est presque droit et nullement arrondi.
Cette même aberr. Scopariae ne serait donc pas propre seulement à la Provence, puisqu'elle se retrouve au nord de la Grande- Bretagne.
Larentia Toplhaceata.
Wien.-Verz. 16. — Hb. 309. — Treits. IT, p. 162. — Bdv. 1776. — Herr.-Sch., p. 1461, fig. 198-199. — Gn. X, p. 276. — Stgr. Cat. 539 = Potentillaria, Fray. 609, 1, a-c.
(PI. 68, fig. 1 à 4.)
La première génération de cette Phalénite vole en mai. Une femelle prise dans l’Ariége à cette époque m'a donné une ponte qui est éclose le 17 juin suivant. Les jeunes chenilles sont rases, sans
Larentia Thophaceata. 155 aspérités et d’un vert blanchâtre. À mesure qu’elles grossissent, les teintes se prononcent de plus en plus et, vers le dix juillet, ces larves étaient parvenues à toute leur taille. Elles avaient alors certains rapports de mœurs, de forme et de couleurs avec la chenille d'Ablutaria leur congénère. L'une et l’autre de ces espèces ont deux éclosions par an, et, bien qu'elles se ressemblent beaucoup, les dessins de chacune de ces géomètres, diffèrent cependant. L’insecte parfait de la Tophaceata à d’ailleurs des caractères constants qui ne permettent pas de croire qu’elle soit une simple aberration locale de l'Ablutaria.
Adulte, la chenille est cylindrique, un peu aplatie et faiblement carénée latéralement, avec les anneaux distincts. Le fond de la plupart des sujets est le verdâtre clair avec les taches et les lignes mal indiquées ; la vasculaire seule est très-visiblement écrite en vert glauque ou vert bleuâtre, et encore ne l’est-elle que sur les anneaux du milieu ; ceux du quatrième au dixième. Cette ligne est, sur chaque segment, interrompue aux trois quarts de leur longueur, et suivie alors d’une éclaircie parallèle à la seconde paire de points trapézoïdaux, mieux marquée que la première. La sous-dorsale est à peine indiquée, ou n’existe pas du tout chez certains sujets. La stigmatale est représentée par un léger renflement ondulé et blanchâtre formant la carène précitée. Les stigmates, proportionnellement gros, sont noirs et nullement cerclés. La tête est petite, globuleuse, testacée et marquée de nombreux points bruns. Le ventre est d’un vert obscur ou bleuâtre ; une large ligne continue et blanchâtre règne dans toute son étendue. Sur les 4°, 5°, 6°, 7° et 8° anneaux on voit, au tiers caché par le bourrelet de la stigmatale qui le recouvre , un gros point noir de forme à peu près ronde. La moitié du premier anneau est marqué en dessus de nombreux points noirs donnant naissance à des poils bruns très-courts. Les pattes écailleuses sont brunes et les quatre autres sont concolores avec la couronne foncée. Enfin le clapet anal est à peine formé.
Cette chenille varie en plus foncé que le type. Je l’ai nourrie avec les fleurs de plusieurs Rubiacées ; les Asperula et les Galium. L’insecte,
depuis l'instant de sa naissance jusqu’à sa chrysalidation, vit sans cesse à découvert; ce qui n’a pas lieu pour la chenille de sa congénère l’Ablutaria (1). Elle s'élève sans peine et arrive facilement à bonne fin.
Vers le dix juillet, époque où cette larve a disparu dans la mousse, elle tisse une coque à claire-voie, dans laquelle, au lieu de se transformer immédiatement, elle est demeurée sans mouvement, contournée en demi-cercle, jusqu’au 25 août environ. Le temps de la transformation proprement dite n’a pas duré plus de dix à douze jours. La chrysalide est allongée, lisse, luisante, d’un jaune vif, lavée de rougeâtre et de verdâtre sur la tête et à l’extrémité anale. La place des yeux est indiquée en noir, celle des incisions abdominales en verdâtre, et les stigmates en brun. ;
L’éclosion du lépidoptère est arrivée vers les premiers jours de septembre.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0*,024 à 0,030.
Cette Larentia varie beaucoup, soit pour la taille, soit pour l’intensité des couleurs. Parmi les sujets de la même famille que j’ai obtenus ab ovo, il se trouve de grands individus que je considère comme le type de l’espèce; j'ai remarqué également d'assez petits exemplaires que je rapporte à la variété constante, la Molliculata, Gn.
Ce qui distingue la Tophaceata de certaines aberrations de l’Ablutaria, avec lesquelles on pourrait la confondre, ce sont les antennes simples du mâle; sans parler de la taille du type toujours plus grande que celle d'aucune Ablutaria.