‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 5)Chapitre 17 sur 58 · I ER · texte numérisé non relu

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(4) Iconog. I, p. 79,

Larentia Multistrigaria. 157

L'espèce a, je l'ai dit, deux générations : la seconde passe l'hiver en chrysalide.

J'ai pris contre les roches de Thiers (Puy-de-Dôme) des sujets de la variété Molliculata, Gn., très-obscurs, moins toutefois que certains individus sombres que j'ai rencontrés près d’Ax-sur-Ariége, en mai et en juin, où l'espèce, type et variétés, sont fort répandus aux environs de la ville.

La Tophaceata, qui n’a jamais été prise dans la plaine, se fixe pendant le jour contre les rochers placés au nord. Elle est d’une grande vivacité, extrêmement farouche et, par conséquent, se laisse difficilement approcher par le chasseur. Elle n’est pas très-répandue en France.

Cette Larentia a été prise dès les premiers jours de juin à Saint- Sauveur. (Haut.-Pyr.). Gn. Elle est assez commune dans les Alpes vers le 25 juillet (Lah.).

Enfin, je lai trouvée à la Grande-Chartreuse (Isère), où elle affectionne dans les chemins creux, le dessous des rochers qui surplombent, qui sont couverts de végétation et où elle demeure appliquée pendant son sommeil.

Larentia Multistrigaria.

Haw. p. 306. — Steph. IT, p. 212. — Wood. 548. — Herr-Sch. p. 160, fig. 196, 197, 329. — Gn. 270. — Stgr. Cat. 506. (Aberr. Olbiaria (1) Mic.)

(PI. 68, fig. 5 à 9.)

On pourrait tout d’abord considérer cette race comme tout à fait distincte du type, tant elle a l’air de s’en éloigner par la blancheur

(1) Du latin Olbia ; nom primitif de la ville d'Hyères.

plus ou moins gris bleuâtre du fond et par les lignes nébuleuses de ses quatre ailes. Pendant longtemps j'ai cru nouvelle cette variété constante : j'étais induit en erreur par la teinte argileuse des ailes, chez la Multistrigaria d’Angleterre, et par les lignes transversales toujours bien écrites; caractères qui n’existent jamais chez la variété que je vais décrire. Les premiers états de cette aberration sont demeurés ignorés jusqu'à ce jour ; je les raconterai aussi complets que possible.

Ce n’est que lorsqu'on connaïitra la chenille de la Multistrigaria type, qu’on saura si j'ai eu tort ou raison de ne pas voir en cette race méridionale une espèce distincte.

La Var. Obliaria doit être celle que Duponchel a rapportée à la Nebulata, Tr. (Sup. IV, p. 384, fig. 2.)

Au commencement de janvier de cette année, mon collègue et ami, M. Emmanuel Martin m'adressait d'Hyères une quinzaine d'œufs de la Multistrigaria, pour me mettre à même d’essayer l’éducation de la chenille. Ma tentative, ain$i que je vais le dire, a été couronnée de succès. Les œufs de cette intéressanie variété sont ova— laires, granuleux et d’un jaune blanchâtre ; quarante-huit heures après ils sont devenus d’un rouge obscur, et entièrement bruns la veille de l’éclosion des larves, qui est arrivée le vingt du même mois de janvier. Après de nombreux et infructueux essais, je m'assurai que les feuilles. récemment développées des Galium (1) convenaient à cette délicate chenille, et je soupçonnai que ces plantes devaient être sa nourriture à l’état libre.

Au moment de son éclosion elle est médiocrement allongée, trèsvive, jaunâtre, avec une large vasculaire d’un vert indécis.

(1) A cette époque de l'année, j'habitais Cannes, où les plantes basses ne gèlent jamais.

Larentia Multistrigaria. 159

Au commencement de mars, cette larve avait atteint sa troisième mue; cependant elle avait grossi lentement et son éducation avait été diflicile (1). Elle est alors, pour la couleur du fond et la disposition des lignes, ce qu’elle sera plus tard. Ce n'est que vers les premiers jours d’avril qu’elle a atteint toute sa grosseur.

Adulte, la cheni!le de cette variété Olbiaria est cylindrique, rase et sans aucune aspérité, peu allongée, avec les anneaux distincts. Sa couleur est le carné rougeitre largement lavé de blanchâtre ardoisé dans la partie antérieure, et surtout à la hauteur de la stigmate. Elle présente, en outre, de nombreuses lignes longitudinales et continues assez mal indiquées, dont deux principales occupent de chaque côté, l'espace qui sépare la vasculaire de la stigmatale ; celle-ci, la seule qui Soit bien marquée, est très-large, ondulée, continue et d’un blanc rosacé. La vasculaire est fine et brune. Ces diverses lignes aboutissent au clapet anal qui est mal formé. Les stigmates sont gros, ronds et noirs ; ils sont suivis, à la même hauteur, d'un gros point brun rougeûtre; la peau, vue à une forte loupe, a ua peu l’aspect d’un granit gris-bleu. Le dessous est d’un blanc bleuûtre ; il présente aussi plusieurs lignes indécises : celle du centre, qui règne du quatrième au neuvième segment, est fine, brune et liserée de chaque côté d’un filet clair. La tête est aussi haute que le premier anneau ef, au repos, à moitié cachée ; elle est concolore et maculée de nombreux points noirs, avec les mandibules et ocelles noirs. Les incisions sont d’un carné prononcé et les points pilifères sont indiqués en brun. Les dix pattes sont de la couleur du fond; les écailleuses ont le premier article foncé et les autres sont maculées extérieurement de plusieurs points brunâtres.

L'espèce n'appartient pas seulement aux environs d'Hyères; j'ai en effet trouvé cette année près de Cannes plusieurs chenilles de cette aberration constante, jeunes et adultes, sous des touffes de Galium

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