AP D D
(4) Icon, T. I, p. 320,
| Giottula Paneratiài.
Cyrillo, pl. 19, £ 4 — Hb. 391, 846 — Tr. I, p. 182 et Sup. p. 29. — God. IT, p. 272, pl. 70, f. 1-2. — Frey II, pl. 147, f. 4. Gn. Ind. 238 — Bdv. 909. — Gn. V, 115 — Stgr. Cat. 199.
(PI. 54, fig. 6 à 9.)
Elle est depuis longtemps connue, mais elle n’a jamais été figurée. De plus, les détails inédits qui feront suite à sa description pourront sans doute ajouter de l'intérêt à son histoire.
Cette larve est cylindrique, épaisse, allongée. On ne peut dire si c’est le blanc ou le noir qui doit être considéré comme le fond de l’insecte ; mais voici de quelle manière ces couleurs se présentent à l'œil. Il règne sur la plupart des anneaux une large bande noire qui, sur les flancs, s’arrête à la naissance de chaque paire de pattes; cependant sur les anneaux qui en sont dépourvus, la bande noire fait le tour du corps. Ces bandes sont liées entre elles par quatre lignes brunes qui semblent tenir la place des deux sous-dorsales et des deux stigmatales. De chaque côté de la bande noire existent cinq taches blanches arrondies qui tranchent d’autant plus que le fond est noir. Les trois taches antérieures qui occupent le milieu des cinq, sont de moitié plus petites que les deux autres. Le ventre est blanc, excepté le milieu de chaque paire de pattes. La tête est petite, arrondie, d’un fauve vif et marquée de quatre grosses taches foncées. Les mandibules sont noires. Les seize pattes sont fauves, mais les antérieures ont les deux derniers articles noirs. Les ventrales et anales ont la couronne noire et sont marquées de brun sur le côté extérieur. Les stisomates sont ovales, blanchâtres et assez peu distincts. Les points ordinaires sont verruqueux, luisants et surmontés d’un poil court, brun, raide. Au-dessus de chaque patte ventrale, entre la stigmatale
Glottula Pancratii. 31 et le dernier point verruqueux, on distingue une tache ovale, petite, blanche qui touche ce dernier et qui n’existe que sur les seuls anneaux des ventrales.
À son premier âge, cette chenille vit dans l’épaisseur de la feuille du Pancratium maritimum, L., d’où elle ne sort que pour effectuer sa seconde mue; elle n’est parvenue à son entier développement que pendant le mois de mai. On la trouve abondamment sur le littoral de la Méditerranée, partout où croit le Pancratium qui, dans la nature, parait être sa seule nourriture (1).
Il est deux époques où on la rencontre communément, celle de la fin de mai et celle de la fin de novembre. Cependant lorsque le mois d’août a été humide, la génération de l’arrière-saison est plus abondante que la première, car alors il y a eu une nouvelle pousse de la plante maritime. Si, au contraire, la sécheresse continue pendant les mois d’août et de septembre, l’éclosion des œufs, qui n’a sans doute pas lieu en temps ordinaire, n’arrivera, en partie du moins, qu’au premier printemps d’après.
Les chenilles qui s’enterrent au commencement de juin éclosent trois ou quatre semaines après, tandis que les autres ne voient la lumière qu’au printemps de l’année suivante.
M. Daube, qui m'a transmis les détails que je viens de donner sur la chenille de la Pancratii, termine par cette dernière et curieuse communication : « Elles mangent, dit-il, la feuille du Pancratium, « la fleur, la graine, lorsque celle-ci n’est pas trop avancée, et l’oi- « gnon; ce qu’elles font en dernier lieu. Lorsqu’elles ont dévoré le « bulbe, qu’elles rendent tel qu’il a été broyé par leurs robustes mâ- « choires, elles mangent leurs excréments ; et, chose singulière, celles « qui se sont nourries de cette étrange façon, se transforment tout « aussi bien et fournissent des insectes tout aussi beaux que les
nes ne (1) M, Guenée, auquel j'adressai quelques chenilles de la Pancratii, m'a dit
les avoir nourries, faute de feuilles du Pancratium, avec le poireau (Allium porrum).
"32 CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS.@ « autres!! C’est, je pense, la seule chenille qui soit dans ce cas. » Pour se métamorphoser, la chenille s’enfonce profondément dans le sable. k La chrysalide est pleine, allongée, sans aspérités, lisse, luisante, d’un brun acajou, maculée de noir à certaines places. L’extrémité se termine par deux pointes obtuses, fortes, noires. Les stigmates sont ovalaires et bien indiqués en noir sur tous les anneaux : ceux-ci sont distincts et mobiles.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0”,024 à 0°,025.
Les ailes sont épaisses, veloutées, entières, d’un brun café foncé, à apex arrondi avec une éclaircie rougeâtre, transversale, à la hauteur de la subterminale, et suivie de l’espace terminal d’un gris de plomb mat, lequel est précédé d’un liseré ferrugineux roussâtre. La réniforme, qui est plus ou moins visible, est également d’un jaune clair. Chez quelques sujets la claviforme est écrite en noir. Les ailes inférieures sont d’un blanc pur chez le mâle et enfumées au bord terminal chez la femelle. Les antennes sont courtes, noires et pubescentes. La tête et le thorax sont noirâtres. L’abdomen est blanc avec l’extrémité plus ou moins enfumée. Il est gros et presque entièrement brun chez la femelle.
L’insecte varie peu : aucun auteur ne signale de variété de cette Glottula, si ce n’est toutefois la Glott. Encausta que plusieurs considèrent comme une simple aberration de la Pancrati.
L'espèce appartient à la France méridionale, à l’île de Corse, aux environs de Naples, au Cap de Bonne-Espérance. On avait confondu avec elle la Dominica de Cramer qui se trouve sur la côte de Coromandel, mais M. Guenée nous a appris dens son Species que cette dernière est une espèce distincte,
De la {1e Livraison (1864).