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Tortrix Croceana ” 365 trée de loin en loin sur des terrains rocheux. Cette Platyomide arrive après la Pronubana; on doit chercher la chenille seulement en mars et avril; elle ne se métamorphose jamais dans les feuilles: c'est toujours au pied de la plante, parmi les détritus de végétaux qu'elle forme une toile légère où la transformation a lieu trois ou quatre jours après. La chrysalide est en tout semblable à celle de la Pronubana (1, pl. 46, fig. 1). Le lépidoptère paraît au commencement de mai.
INSECTE PARFAIT
- Envergure : 0",020 à 0°,021. |
Cette Tortricide est une des plus remarquables du genre : elle est assez voisine, par la coupe d’ailes et les dessins des supérieures, de sa congénère l'Ochreana, Hb. Les premières ailes sont allongées, larges, coupées carrément et d’un beau jaune ochreux, largement lavées au bord interne et dans le pourtour de la frange, de la teinte appelée terre de Sienne. Ces ailes sont en outre recouvertes d’un dessin brun fin, représentant un canevas régulier. L'espace médian est interrompu au milieu de l'aile; une large bande, couleur de terre de Sienne brülée, la traverse obliquement ; une tache cunéiforme de la même teinte qui est appuyée à la côte, tend à réunir sa pointe à l’apex. Les ailes inférieures sont uniformément d’un gris blanchàtre lavé de carné à la pointe. Les antennes sont couries et ochreuses ; l'abdomen est recouvert de poils blancs et teinté d’ochreux à l'extrémité.
La femelle est d’un bon tiers plus grande que le mâle ; elle est généralement d’un ton plus chaud.
La Croceana n’a sans doute qu'une génération.
Cette Platyomide qui appartient à diverses parties de la France méridionale, avait primitivement été rapportée de la Sicile, puis de l'Espagne. Elle est encore bien peu répandue dans les collections.
Eiparis Rubea.
S-V. — Hb. fig. 60, 61, 240. — Esp. pl. 89, fig. 3. — God. IV: pl. 26, fig. 5 et 6.—Frey. fig. 152.—Herr.-Sch.— Stgr. Cat. 204.
(Var. rose.)
(PL. 78, fig. 4 à 6.)
Voici une jolie Liparis, la Rubea, S. V. (variété rose constante), dont la chenille est différente de celle du type et dont elle s’éloigne plus encore que les insectes parfaits ne différent entre eux. Je ne crois cependant pas à une espèce distincte, car forme et caractères spécifiques se retrouvent chez Ja variété méridionale dont il va être question.
Elle éclot en novembre ou en décembre ; sa croissance est fort lente, puisqu’en février elle est encore très-petite. Dès la première mue elle est recouverte d’une abondante, mais courte villosité. Parvenue à toute sa grosseur à la fin de mai, elle est à cette époque d’une longueur normale, atténuée postérieurement avec la tête petite et les premiers anneaux, notamment le second, plus élevés que les suivants. Le corps est recouvert de plusieurs rangées de verrues fauves surmontées de faisceaux de nombreux poils raides rayonnants et rougeàtres d’une médiocre longueur, auxquels sont mêlés quelques poils entièrement noirs. La peau est d’un brun clair où se détache à peine la vasculaire qui est étroite, carnée, finement liserée de brun et coupée sur les neuvième et dixième segments par un point blanchâtre placé au centre des trapézoïdaux. Le dessous est plus clair que le reste du corps. La tête est cordiforme, rougeitre, luisante, et disparait à la volonté de l'insecte sous le premier anneau. Les pattes antérieures
Liparis Rubea. 307 sont de la couleur de la tête ; les membraneuses ont celle de la peau ; les stigmates sont blanchâtres et cerclés de noir.
Cette race ou variété constante habite la Provence et le département de l’Ariége où je l’ai recueillie moi-même. Elle vit à découvert sur plusieurs espèces d’arbrisseaux, mais jamais sur des plantes herbacées. À Ax (Ariége), ce sont les Rubus qui la nourrissent, tandis qu’aux environs de Marseille, d’Hyères et de Nice, il convient de la chercher sur l’Arbutus unedo, le Pistacia lentiscus, les divers Cistus et même les Erica.
Pour <e transformer, cette chenille se comporte comme celles de beaucoup de Bombyx : elle descend le plus souvent au pied de l’arbuste ; cependant elle se fixe parfois dans les petites branches, la tête en haut, après s’être entourée d’un réseau à mailles lâches. La chrysalide est rougeâtre avec les incisions abdominales plus claires ; elle est de plus garnie sur toute la surface de poils rougeâtres. C’est à la fin de juin ou au commencement de juillet qu'éclot le Bombycide, vingt à vingt-cinq jours après sa métamorphose.
INSECTE PARFAIT
Cette variété de la Rubea paraït un peu plus grande que le type ; ce qui la distingue de ce dernier, c’est sa coloration qui est toujours d’un rose rouge brique sur toutes ses parties. Le mâle et la femelle participent toujours de cette couleur caractéristique qui fait de cette variété une race remarquable. Elle appartient plutôt à l’Ariége qu’à la Provence propre, car si on rencontre dans cette dernière partie de là France, le type et la variété rose, je n’ai jamais, à Ax-sur-Ariége, recueilli que cette dernière. +
L'espèce ordinaire appartient à la faune lyonnaise, bien qu’elle soit fort rare, Ici j'ai trouvé deux ou trois fois la chenille sur les
Quercus. Cette Liparis appartient également au centre (1) et au nord de la France, à l’Angleterre, à l’Autriche, à l'Espagne.
Obs. M. Himmighoffen m'a envoyé de Barcelone des Rubea tellement foncés, que ce naturaliste inclinait à voir en eux une espèce distincte de la, Liparis Rubea.
Eurhipia Adulatrix.
Hb. 517, 649, 650. — Tr. I, p. 370 et VI, p. 395. — Dup. II, p. 352, pl. 94 et IV, p. 331, pl. 120, fig. 3 et 4. — Frey, pl. 195. — Gn. Ind., p. 245. — Bdv. 967. — Gn. VI, p. 306. — Stgr. Cat. 703.
(PL. 78, fig. 7 à 11.)
Les premiers états de cette charmante noctuelle sont imparfaitement connus; c’est ce qui me décide à faire part aux entomologistes de mes observations et de ce que j’ai appris des mœurs de cette espèce. Je joindrai au type de la chenille, la figure de deux variétés dont l’une vernale et l’autre automnale. Cette dernière, par sa couleur anormale, est, ainsi qu’on en jugera, vraiment extraordinaire.
Dans le jeune âge elle est, à peu de chose près pour la forme et la couleur, ce qu'elle sera parvenue à tout son développement. A son état adulte, elle est cylindrique, d’une longueur médiocre, rase, avec la tête grosse et le premier anneau recouvert d'une plaque écailleuse qui est ordinairement de la couleur de la tête. La génération de l’été
(1) Environs d’Autun (A. Constant, Catalogue des lépidoptères du département de Saône-et-Loire).
Eurhipia Adulatrix 269 qui représente le type est relativement plus abondante que les deux autres. La chenille ordinaire de l’Adulatrix est d’un vert clair et on n’aperçoit des lignes, que des traces de la vasculaire , et encore ces traces de ligne sont elles parfois nulles; les sous-dorsales sont fines, continues et toujours visiblement écrites en jaune verdâtre. La stigmatale est ondulée, continue, d’un carné vineux faible. Les stigmatales qui s'appuient à cette ligne sont gros, ovales et carnés. La tête et l’écusson du premier anneau sont d'un vert plus accusé que le fond de la chenille. Le collier et la couronne des pattes ventrales sont lavés d’une teinte vineus?. Examinée à une forte loupe, cette larve paraît aspergée de blanc.
La variété du printemps, celle qui paraît en mai et en juin, est d’un vert bleuâtre mat. Chez cette variété constante, la tête et la plaque du premier segment sont d’un vert clair qui rappelle la couleur du type. |
Ainsi que je l'ai dit, il existe une seconde variété de la chenille d’Adulatrix qui je crois ne paraît qu’en automne. Cette seconde variété est moins abondante que la première. Elle est d’un beau rouge mat quirappelle assez la couleur de la brique foncée. Cette chenille a exactement la forme du type; mais elle m'a toujours paru plus petite; elle semble maladive et réussit ordinairement moins bien que les sujets ordinaires. C’est parmi les fruits rouges du Lentisque, mûrs à cette époque, que, pendant le jour, elle se tient immobile; dans le but peut-être d'échapper à la vue de ses nombreux ennemis. Type et variétés vivent sur les Pistacia lentiscus et terebinthus «ont elles rongent les feuilles les plus récentes.
On trouve la chenille de l’Adulatrix à partir de mai jusqu’en novembre et même décembre. Elle se métamorphose dans la terre après avoir formé une coque molle. La chrysalide est assez courte, d’un rougeâtre foncé et luisant, à tête tronquée, avec les yeux saillants, et la partie postérieure obtuse et sans pointe.
INSECTE PARFAIT
Si la chenille de cette espèce nous montre deux variétés remarquables et constantes, l’insecte parfait ne varie pas même acciden— tellement. En outre des charmantes couleurs qui ornent les ailes de cette jolie Eurhipide, où le blanc hyalin, le brun pourpré sont rehaussés par le bleu métallique, le corps se recommande par des ca— ractères dignes d’un certain intérêt, lesquels ont dû suffire à la création d’un genre pour les deux seules espèces qui le composent. Les antennes de l’Adulatrix o’ sont pubescentes dans leur première moitié, puis nues dans la seconde. Le thorax est robuste, carré, velu, crêté, à collier large et relevé. L’abdomen qui est varié de brun pourpré et de noir, se termine carrément et présente sur le quatrième segment une tache blanche triangulaire.
Ce lépidoptère a trois ou quatre générations. La chenille qui ne vit que sur des plantes essentiellement méridionales, ne doit pas se rencontrer en France plus haut que la zone des Pistacia. On prend l’'Eu. Adulatrix aux environs de Montpellier, Celles-les-Bains , Marseille, Hyères, Amélie-les-Bains, Nice, etc. Le type appartient à l’Angleterre, à la Belgique, à l'Allemagne , à la Dalmatie , à la Sicile, à l'Italie, à l'Espagne, etc.
Psamatodes Catalaunaria.
Gn. X, p. 108 (non Herr.-Sch., non Stgr.)
(PI. 79, fig. 1 à 4.)
J'éprouve d'autant plus de satisfaction à faire connaître les premiers états de cette Phalénite que, bien qu’elle ait été décrite par M. Guenée et publiée dans le Species général, elie n’a élé, jusqu'à ce jour, figurée nulle part; pas plus en France qu’à l'étranger. De plus, aucune larve du genre n’était encore connne.
Psamatodes Catalaunaria. 371
Des œufs de la Catalaunaria pondus le 10 avril sont éclos sous mes yeux le 26 du même mois. Pour la forme, ces œufs rappellent ceux de la Sterrha Sacraria figurés à la planche 10° (3‘livr.). Ils sont d’un ovoïde très-allongé, déprimés et obtus aux extrémités, d’un vert d’eau clair avec l'un des bouts chargé de nombreuses petites taches d’un rouge corail qui se prolongent sur l’une des carènes latérales, dans toute la longueur de celle-là. À sa sortie de l’œuf la petite larve est allongée, à tête grosse, d’un vert obscur ; elle est très-vive. Au 15 mai environ, parvenue à sa seconde mue, elle a le dos et les flanes d’un vert ardoisé et le ventre d’un vert clair, avec la tête et les derniers anneaux teintés de rougeâtre. De nombreuses lignes longitudinales se montrent déjà. Le 30 du même mois, cette larve qui se nourrit bien et qui grossit rapidement, parvient à toute sa taille. A cette époque elle est allongée, sans éminences, cylindrique, très-faiblement carénée latéralement, un peu aplatie en dessous, avec la tête lenticulaire. La teinte générale, qui est le rougeâtre obscur, est produite par de nombreuses lignes continues ayant cette couleur. La vasculaire est étroite, géminée, brune et aboutit au douzième segment qui est muni de deux très-petites pointes caronculiformes d’égale longueur, horizontales et terminées par un poil raide. La stigmatale est très-large, d’un blanc jaunâtre, continue et liserée d’un trait double, fin et noirâtre. Les stigmates sont ovales, orangés et finement cerclés de brun. Le ventre est marqué des mêmes rayures serrées et continues ; on voit au centre, deux lignes brunes qui partant du 4° anneau aboutissent au 9°. Les dix pattes sont d’un carné chaud. Les trapézoïdaux très-petits sont invisibles à l’œil nu. Peu de temps avant sa métamorphose, cette larve: passe au rouge brique lavé de vineux tout en conservant ses lignes.
Pendant toute sa vie cette chenille vit à découvert sur le Dorycnium dont elle ronge les feuilles ténues, n’attaquant les fleurs que lorsque
celles-là lui manquent.
Annales de la Société Linnéénne. 25
M. Himmighoffen qui la recueille dans les garigues des environs de Barcelone, me mande ne l'avoir jamais vue sur une autre plante que sur ce sous-arbrisseau fort abondant dans les lieux incultes. La transformation doit s’opérer promptement, puisque 16 à 18 jours après que la chenille était descendue dans la mousse, arrivait l’éclosion de l’insecte parfait.
La chrysalide placée horizontalement dans sa coque est d’un rougeâtre clair lavé de jaune, luisante, avec une seule pointe placée à l'extrémité abdominale. Du 17 au 22 juin, toutes mes chrysalides sont écloses pendant la nuit, cependant l’insecte moins vif que ne le sont d'ordinaire les Phalénites, ne volait pas avant la nuit suivante. Les Catalaunaria que j'avais alors, se sont accouplées en captivité; les œufs sont éclos le 30 juin et les nouvelles chenilles grossirent plus rapidement encore que celles de la génération précédente qui était la seconde de l’année, et se sont elles-mêmes chrysalidées très-vite. L’éclosion du lépidoptère a eu lieu pendant les premiers jours d’août ; il a donné une nouvelle génération qui ne doit pas être la dernière. On peut donc croire vraisemblablement que cette Psamatodes a au moins quatre éclosions.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0",026 à 0",028.
Les ailes sont grandes, arrondies et grises ; les inférieures lavées d’une teinte carnée, avec les lignes transverses plus accusées qu'aux supérieures, et les stries brunes qui les recouvrent moins nombreuses que sur les premières ailes. Les antennes sont longues et se terminent en pointe déliée ; elles sont garnies de lamelles nombreuses et fines. La tête et la pièce qui précède le collier sont d’un jaune d’ocre.
La femelle, ordinairement plus petite que le mâle, a les ailes plus arrondies, l'abdomen plus renflé et les antennes filiformes.
Cette Phalénite varie selon les lieux qui la produisent. J’ai sous les yeux deux sujets de l’île de Malaga qui sont d’un tiers plus grands
Scodiona Hispanaria. 373 que le type, et les lignes sont plus brunes ainsi que l’espace terminal. - JL est des individus qui sont plus blanchâtres ; d’autres, obtenus aussi de chenilles, se montrent avec les lignes des ailes inférieures seules visibles.
On n’était pas bien certain de la patrie de cette Psumatodes que … l'auteur du Species soupçonnait « être originaire de l’Afrique. » C’est peut-être à-cause de ce doute que M. Staudinger n’a pas compris la Catalaunaria dans son Catalogue.
Cette espèce qui était naguère une grande rareté, se répand aujourd’hui dans les collections. Elle n’a point encore été rencontrée en France, cependant il serait surprenant qu’elle ne vécût pas dans quelques parties de la Provence où les Dorycnium sont des plus abondants.
Scodiona Hispanaria, Mir.
( Species nova.)
(PI. 79, fig. 5 à 9.)
Voici une nouvelle Scodiona d’origine espagnole remarquable par sa taille et sa belle coloration. Elle est depuis quelque temps déjà envoyée aux entomologistes sous le faux nom, mais cela involontairement, de Var. Perspersaria par M. Himmighoffen, de Barcelone, qui seul l'élève de chenille et qui chasse l’insecte parfait. Il suffira de jeter les yeux sur la chenille de la Perspersaria (Iconog., 7° liv., pl. 35, fig. 4 et 2) pour s'assurer que cette Scodiona inédite diffère essentiellement de celle de la Perspersaria (1) par la forme de sa chenille. En effet, tandis que celle de l’Hispanaria porte une caroncule très-dé-
(1) Cette Phalénite n’est pas selon moi une Scodiona, ainsi que je l’ai démon- - tré (Iconogr., I, p. 293).
veloppée sur le pénultième anneau, la chenille de la Perspersaria n’a pas de trace de ce caractère important (1).
Une ponte m'est éclose le 48 avril dernier. Les œufs sont ovoïdes, déprimés et d’un argileux brunâtre. La jeune chenille est allongée, grise et marquée d’une large sous-dorsale continue et foncée. La caroncule de l’avant-dernier anneau se montre déjà sous forme d’une petite éminence arrondie. Cette chenille grossit lentement, n’a atteint son entier développement que vers la fin de juin. Elle est assez allongée, cylindrique, un peu carénée latéralement, plissée, et, ainsi que chez les larves de la Lentiscaria et de l’Emucidaria (conog., pl. 5°, fig. 4, et pl. 6°, fig. 1 et 2), le onzième anneau est surmonté d’une poïnte caronculiforme très -caractéristique s’inclinant un peu sur le douzième segment qui présente deux paires de pointes horizontales dont l’inférieure est plus longue que la paire supérieure. Tout le corps de la chenille est d’un gris argileux lavé de blanchâtre où les lignes se présentent ainsi : la vasculaire est brune et n’est visible que sur les 2° et 3° anneaux ; les autres segments ne portent que des traces de cette ligne. La sous-dorsale qui n’est bien écrite qu’à partir du 4 est fine, géminée et d'un brun pourpré ; elle s'arrête à la caroncule du 11° anneau, sur la longueur et au centre de laquelle elle se prolonge. La stigmatale, placée sur la carène, est large, très-ondulée, continue, jaunâtre. Les stigmates qui reposent Sur cette ligne sont ovales, blancs et cerclés de brun. Les dix pattes sont robustes et concolores. La tête,
(1) Pour qu’il soit possible de $’assurer à quel point ces deux espèces, la Pers: péersaria et l'Hispanaria, différent par les mœurs, je ferai observer que la chenille de la première, élevée par moi en très-grand nombre, ne demeure jamais sous son état de larve plus de cinq à six semaines, cependant son état de nymphe se prolonge de la mi-avril au mois de septembre suivant. La vie de la chenille de l'Hispanaria au contraire, ainsi qu’on le verra, est de six à sept mois, et son état de chrysalide n’est que de quarante jours aù plus.
Scodiona Hispanaria, 379
aussi haute que le premier anneau, est un peu lenticulaire, marquée de rougeâtre au sommet, avec les ocelles et mandibules noirs, et les palpes carnés. Les trapézoïdaux sont invisibles à l’œil nu. Le ventre est marqué au milieu d’une ligue claire, indécise. Le huitième anneau, dans son premier tiers, est taché à la région dorsale d’un double point brun de forme rectangulaire. Le point foncé du onzième segment est marqué de blanchâtre en avant.
Cette chenille est une des plus rigides ; son immobilité est absolue pendant le jour, et elle demeure sans cesse à découvert sur la plante qui la nourrit le plus ordinairement. Cette plante est le Dorycnium suffruticosum ; cependant on la trouve encore, mais très-accidentellement sur certains Genista et même sur le Plantago lanceolata.
Paraît-il dans l’année une ou plusieurs générations de l’Hispanaria ? J'inclinerais à penser que cette espèce a deux éclosions, puisque l’insecte parfait vole du commencement de janvier jusque dans les derniers mois de l’année ; il est cependant certain que la vie de chenille de cette espèce est de cinq, six, et même de sept mois.
Pour compléter ses renseignements, M. Himmighoffen ajoute qu'il trouve, en hiver surtout, des chenilles de cette Scodiona à toutes les grosseurs, depuis celle du premier äge, jusqu’à celle de l’entier déve— loppement et cela en compagnie de l’insecte parfait tantôt au moment de son éclosion, tantôt entièrement passé.
Pour se transformer, la chenille s’enfonce sous la mousse et tisse une coque à claire-voie où la métamorphose s'effectue rapidement. La chrysalide n’a rien qui la distingue ; elle est médiocrement allongée, d’un brun rougeâtre avec la pointe abdominale brune, forte et qui se termine par deux crins parallèles longs de deux millimètres et recourbés en hameçon à l'extrémité.
L'état léthargique a duré cinq à six semaines au plus.
INSECTE PARFAIT
Euvergure : le o° 0*,030 à 0",032. La 9 0°,035 à 0°,037.
Cette belle Scodiana serait en effet assez voisine de la Perspersaria qui, je le répète, n’est point une Scodiona proprement dite, mais bien une Selidosema, Led. Cependant l’Hispanaria se rapproche bien davantage pour la coupe d’ailes soit de la Conspersaria, soit dela Turturaria ; mais indépendamment de la couleur qui, je le veux, n’est pas un caractère stable, on voit chez l’espice nouvelle, entre autres signes distinctifs, la ligne coudée propre dont le coude, nullement sensible chez les deux espèces congénères, est toujours très-accusé chez l’Hispanaria dont voici au reste la description.
Elle est de la taille de la Turturaria, Dup.
La couleur du type, m’écrit M. Himmighoffen, est le gris foncé rougeûtre. Cette couleur se fond en approchant de la base des ailes, lesquelles sont finement saupoudrées d’atomes noirs. L'espace médian ne diffère pas du fond. Les deux lignes, la basilaire et la coudée, sont très-rapprochées à la base, mais très-espacées au sommet. Ces lignes sont indiquées par une série de petites taches brunes, nervurales, de forme triangulaire. La basilaire, moins bien marquée que la coudée, est légèrement convexe; elle est seulement indiquée par trois ou quatre points. La ligne principale qui part de la côte, présente un coude arrondi en dehors très-saillant. Les ailes inférieures, plus claires à la base que chez les supérieures, ne portent qu’une seule ligne formée aussi par une série de sept à huit taches ou points bruns. La tache cellulaire qui est elliptique, est toujours bien indiquée aux quatre ailes. Les franges sont assez longues et concolores. Le côté interne des supérieures est pourvu de franges presque aussi longues que celles du bord terminal. En dessous les ailes ont perdu leur teinte rougeâtre; les supérieures sont presque entièrement brunes etles inférieures seraient d’un blanc parfait, si les franges n'étaient très-foncées, et si on ne voyait encore des traces de lignes transverses; cependant le point cellulaire aux quatre ailes est plus accusé qu’en dessus. Les antennes sont très-pectinées de la base au sommet et munies de lames fortes et régulières. Les palpes sont courts et dépassent à peine le front ; les yeux sont noirs ; le thorax
Scodiona Hispanaria. 377 médiocrement robuste, convexe, est bien fourni de poils. L’abdomen est cylindrique, velu, concolore, et terminé par une touffe de poils soyeux. Les pattes, avec deux paires de tarses aux postérieures, sont d’un gris fuligineux chez les deux sexes.
La femelle est un peu plus grande que le mâle. Le brun des ailes a disparu : les supérieures sont entièrement d’un carné vif; les inférieures sont plus pâles ; leur base est presque blanche. Les lignes et le point cellulaire sont aussi bien accusés aux quatre ailes que chez le mâle. Le dessous est semblable à celui de l’autre sexe. Les antenres sont complétement filiformes, et l’abdomen est gros, renflé au centre, finissant en pointe et d’un blanc jaunâtre.
Cette Scodiona varie pour la couleur d’une manière sensible. On rencontresouvent des sujets qui ont le fond des ailes entièrement blanchâtre, et le semé d’atomes, les lignes et les points, sont d’un ochreux plus ou moins foncé. Chez d’autrex, également à fond blanchitre , les lignes et la tache cellulaire sont à peine visibles; pourtant il est toujours facile de distinguer la coudée.
C’est d’après un certain nombre de sujets des deux sexes obtenus ex larva, que je fais ma description.
Cette Phalénite, dont l'éducation est fort difficile, n'est pas trèsvive ; elle se cache avec grand soin pendant le jour, et vole la nuit dans les lieux où a vécu sa chenille. Onla prend rarement fraiche, car les écailles se détachent des ailes avec une remarquable facilité ; il est donc indispensable de l’obtenir d’éclosion afin de pouvoir constater son identité.
La Scodiona Hispanaria doit trouver place après la Conspersaria, et dans le Species général porter le n° 1150 bis. Dans le Catalogue Stgr. elle sera distinguée par le n° 379 bis.
Polia Flavocineta.
Roes. pl. 55, fig. 4 à 3. — W.-V. — Fab. 344. — Gn. Ind. p. 244. — Bdv. 1023. — Hb. fig. 46 (vera), Dup. IE, pl. 418, fig. 12. — Gn. VI, 722. — Stgr. cat. 308 — Dysodea, Esp. pl. 153, fig. 4 à 6. Bork. 112.
(Var. Meridionalis, Bdv. 1023.)
Celle de la variété constante, la Weridionalis, se distingue de la chenille du type par des caractères qui, bien que secondaires, méritent cependant d’être signalés. Elle n’est pas, ainsi que celle de Flavocincta, d’un vert jaunâtre, mais plutôt d’un vert un peu bleuâtre qu'on trouve aspergé d’atomes blancs, si on l’examine à la loupe. La ligne vasculaire qui ne se voit pas chez la chenille de la Flavocincta, se montre en vert glauque sur les anneaux du milieu chez sa variété où la stigmatale est plutôt blanche que jaunâtre, et les stigmates plutôt de couleur aurore que d’un blanc rosé.
La chenille du type bien que décrite déjà par plusieurs naturalistes, n'est peut-être pas complètement connue dans ses mœurs. On ignore sans doute que cette larve et celle de sa variété, ne passent jamais l'hiver, ainsi que cela arrive pour le plus grand nombre des chenilles de noctuelles. Les œufs en effet qui ont été pondus en automne, n’éclosent qu’à la fin de mars ou au commencement d’avril : ils sont ovoides, testacés et granuleux. La chenille est jusqu’à sa troisième mue, chez le type et chez sa variété, d’un vert clair. Parvenue à sa quatrième mue, celle de la Var. Meridionalis acquiert cette teinte vert bleuâtre qu'elle doit conserver jusqu’à sa transformation. Elle grossit rapide-
be
Polia Flavocincta, 379
ment, ne mange que la nuit et, pendant le jour, se tient fixée soit aux feuilles, soit à une grosse tige de la plante qui la nourrit. La chenille du type vit aux environs, et jusque dans nos jardins, sur une foule de plantes herbacées et, bien qu’elle ne soit pas abondante, cette espèce cause, par sa voracité, quelque dommage à nos plantes d’agrément et potagères. On la rencontre aussi sur plusieurs arbrisseaux et sousarbrisseaux. On trouve communément la chenille de la variété à Ax-sur-Ariége, dans l’intérieur de la ville, sur le Muflier (Antirrhinum asarina, L.), gracieuse plante appendue aux tours et aux murailles en ruines, ainsi qu'aux rochers du voisinage situés à une exposition nord.
La métamorphose a lieu en terre ou dans la mousse, dans une coque molle. La chrysalide est lisse, brune, et l’éclosion arrive au mois de septembre.
INSECTE PARFAIT
La race pyrénéenne est, aux quatre ailes, d’un gris tellement foncé, qu’il passe souvent au noir chez certains sujets et que, dans ce cas, les lignes ordinaires et les taches orangées s’aperçoivent à peine.
Le type semble ne pas exister dans l’Ariége, cependant aux environs de Lyon, c’est lui qui domine et, sur les hauteurs qui avoisinent la cité, on rencontre de loin en loin la Var. Meridionalis laquelle, soit dit en passant, a dù être figurée par Duponchel (VI, pl. 118, fig. 1) sous le nom de Flavocincta. Ce qui pourrait expliquer cette opinion de Duponchel, à l'égard de sa V. Meridionalis, c’est que, dans le Midi, à Hyères par exemple, la Flavocinctatype est la seule que j’y ai trouvée.
Je crois que la P. Calvescens, Bdy. n’est qu’une sous-variété du type. Il existe dans notre département du Rhône, dans les lieux bas, des variétés de cette Polia obtenues par éducation, d’un gris presque blanc où les taches ochreuses se distinguent à peine, et qui pourraient bien être cette sous-variété.
D. ne.
Polia Rufocinceta.
Hb., fig. 247. — Gn. Ind. 244. — Bdv. 4022. — Dup. Sup. I, 259, pl. 24, fig. 3 bis. — Herr.-Sch., fig. 37. — Gn. VI, 724. — Stgr. : Cat. 309.
(PI. 80, fig. 3 à 5.)
Il est certains lépidoptères dont les mœurs, mais plus particulièrement l'habitat, déroutent l’entomologiste observateur, et l’étonnement à bon droit. La P. Rufocincta, Hb. serait un de ces insectes ; en effet, après l'avoir rencontrée dans les pays montagneux de la Suisse, aux environs d'Hauteville (Aïn), ainsi qu’au mont Roland (Jura), je l'ai retrouvée près de Cannes (Alpes-Maritimes ). Comme on ne connaissait rien des. mœurs de la chenille, on me saura-gré, je pense, de dire ce que j'ai appris de cette larve qui a de grands rapports avec celle de sa congénère la Flavocincta, Roes. Des habitudes identiques rapprochent encore ces deux espèces; cependant la Rufocincta paraît environ quatre à cinq semaines plus tard que sa voisine; conséquemment l’insecte parfait n’éclot qu’un mois après la Flavocincta; c’est toutefois ce qui arrive pour cette dernière élevée en captivité.
Elle est allongée, pleine, cylindrique, d’un beau vert pomme, avec la tête petite et, au repos, à moitié dissimulée sous le premier an— neau. Les lignes vasculaire et sous-dorsale ne sont indiquées que par une série de points petits, blanchâtres, à peine visibles à l’œil nu. On distingue cependant le tube intestinal qui est d’un vert glauque et quidisparaïît à chaque mouvement de la chenille. La stigmatale large, - continue, d’un jaune serin, n’est nullement liserée de noir en des-
Polia Rufocincta. 381
sus; ce qui est, on se le rappelle, un des caractères distinctifs de la chenille de la Flavocincta. Le ventre est d’un vert bleuâtre clair; la tête, d’un testacé verdâtre, avec les ocelles noirs et les mandibules pour prées. Les trapézoïdaux sont petits, noirs et se distinguent à l'œil nu. Les stigmates sont en ovale allongé, petits, blanchâtres, à peine visibles ; mais un des signes distinctifs de cette espèce, c'est deux gros points noirs placés sur chaque segment, accompagnant, à droite et à gauche, l'organe de la respiration. Enfin, les pattes sont d’un carné jaunâtre ; les antérieures ont le dernier article brun, et les membraneuses ont la couronne d’un rougeätre obscur. Cette chenille qui éclot à la fin de mars n’est parvenue à toute sa taille que vers les premiers jours de mai. On la rencontre sur plusieurs espèces de plantes basses de genres bien éloignés.
- Pourse chrysalider elle se cache dans la terre et se métamorphose après avoir formé une coque molle. La chrysalide ressemble beaucoup à celle de la Flavocinta, mais elle est plus brune; elle tire plutôt sur la couleur du bois de palissandre. Le lépidoptère éclot ordinairement vers le quinze ou la fin de novembre; plutôt le matin qu’à tcut autre moment de la journée.
INSECTE PARFAIT
C’est la plus grande des Polia : elle mesure jusqu’à 0,046. Elle est donc toujours plus grande que la Flavocinta avec laquelle cependant on a dû la confondre. La Rufocincta se distingue de sa congénère par les ailes supérieures d’un gris plus ou moins bleuâtre et surtout par une tache orangée qui traverse invariablement l’espace médian. Larace du Midi me paraît généralementplus sombre queles sujets prove: ant des montagnes de la Suisse et de l’est de la France; ce sont principalement les ailes inférieures qui, chez cette race, passent au noirâtre.
Cette variété constante, à laquelle on pourrait donner un nom, est
au type, ce qu'est la Weridionalis à la Flavocincta, ce qu'est la Xanthomista à la Nigrocincta.
La P. Rufocincta n’est pas encore très-commune dans les collections. J'ai énuméré en commençant les divers lieux où, jusqu'à ce jour, elle avait été rencontrée.
Obs. II me paraît certain que la Mucida, Bdv., n’est qu'une variété locale de la Rufocincta.
Gelechia Amtirrhinella, Mir. :
( Species nova. ) (PI. 80, fig. 6 à 8.)
Pour clore cette livraison je tracerai les premiers états d’une grande Gelechia inédite, voisine de la Tripunctella.
Elle est allongée, fusiforme, un peu aplatie en dessous, d’un vert obscur presque noir chez les sujets adultes, à tête lenticulaire, à premier anneau recouvert d’un écusson corné. On ne distingue aucune ligne ; mais les points pilifères sont noirs et distincts. La tête est d’un testacé rougeâtre et bordée de noir au sommet. Le collier est blanchàtre et la plaque du premier segment qui est de la couleur de la tête, est également bordé de noir. Les pattes écailleuses sont brunes et luisantes ; les huit ventrales et les deux anales sont concolores.
Depuis l'instant de sa naissance qui arrive en mars ou avril, jusqu’à l’époque de la métamorphose qui a lieu à la fin de mai, cette chenille vit sous une petite toile de soie blanshâtre, dont les bords retiennent les plis d’une ou de plusieurs feuilles de l’Antirrhinum asarina , L., jolie plante sous-ligneuse qui croit spontanément, Je l'ai dit à l’article précédent, dans les fissures des vieilles murailles d'Ax-sur-Ariége, et qui sert de nourriture à cette chenille que j'ai
Gelechia Antirrhinella 383 recueillie en certain nombre dans la ville même, et contre les rochers des environs.
C’est au pied de la plante, dans les feuilles sèches que la chenille se transforme, ou de temps en temps sur la plante, dans le pli d'une feuille.
La chrysalide qui est médiocrement allongée, avec l'enveloppe des ailes et la gaïne des antennes descendant assez bas sur l’abdomen, est d’un jaunâtre sombre, et brune à la pointe anale, La Gelechia est éclose en captivité, pendant les premiers jours de juillet.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0°,023 à 0",024.
Il a le port d’ailes des grands exemplaires de la G. Tripunctella à laquelle il ressemble beaucoup.
Cette nouvellle Gelechia diffère de sa congénère, par des caractères peu sensibes, mais qui sont constants et qui nous ont paru suffisants, à M. Stainton, de Londres, et à moi, pour voir en elle une espèce distincte.
Les ailes antérieures sont allongées, rectangulaires, d’un gris luisant, avec les trois points qui caractérisent la Tripunctella bien mieux écrits que chez celle-ci. La série de points nervuraux qui précède la frange, est également bien indiquée en noir. Les ailes inférieures sont grandes, arrondies et d’un gris un peu fuligineux ; les antennes sont fines et brunes. La tête et le thorax sont de la couleur des ailes supérieures. La $ ressemble au ©.
Voici en quoi, suivant M. Stainton, la G. Antirrhinella diffère de la Tripunctella :
Par ses ailes antérieures plus courtes, moins luisantes, et par une légère teinte rougeâtre ; de plus, par les points noirs du bord postérieur beaucoup plus distincts et les stries foncées plus accusées. En outre, si on regarde les palpes à la loupe, on reconnaît que le derhier article est noir extérieurement, tandis que chez la Tripunctella,
il n’est que d’un gris clair. Enfin, chez l’Antirrhinella le bout des ailes postérieures est sensiblement plus obtus que chez sa voisine. Cette grande Gelechia vole en mars dans le voisinage de l’Antirrhinum asarina. N'ayant pris alors que des sujets flétris, passés, il est vraisemblable que ceux-ci sont éclos l'automne précédent et que ces sujets étaient le produit de la seconde génération qui, je l'ai dit, éclot une première fois en juillet.
La Gelechia Antirrhinella ne peut être placée qu'après la Tripunctella, S.-V.; elle portera dans le Catalogue Stgr.' le n° 4529 bis.
De la 17e Livraison (1866).
. Chenille de la Luperina Rubella, Dur.
AMIE LE Id. jeune.
. Chrysalide.
. Insecte parfait.
. Cocon.
IE
. Psyche Valesiella, Miz.
. Fourreau. | ; L 4
. Fumea Graecella, Miz.
. Fourreau.
. Chenille de la Leucania Punctosa , TR.
. Chenille de la Leucania Putrescens, Hs.
Tige de l’Hordeum pratense, Lois.
Fig. 1. Chenille de la Tortrix Croceana, Hs.
2, Chrysalide.