‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 5)Chapitre 26 sur 58 · LL · texte numérisé non relu

LL

Leucania Punctosa. 361

Cette Fumea nouvelle trouvera place après la Crassiorella de la monographie Bruand et portera le n° 61 fer (1).

Obs. J'ai pris cette année, à la fin d'avril, sur le versant est de l’Estérel (Alpes-Maritimes) plusieurs petits fourreaux appendus aux rochers : moins de trois semaines après, j'obtenais plusieurs mâles de la F. Intermediella, et parmi eux deux exemplaires que je rapporte à la F. Graecella.

Leucania Famctosa.

Tr. — Gn. — Herr.-Sch. fig. 310. — Fray. 406. fig. 4. — Stgr. Cat. 468.

(PI. 77, fig. 10.) CHENILLE.

Elle doit éclore en automne. A la fin de février ou en mars de l’année suivante elle a atteint son entier développement. Elle est plus cylindrique, moins atténuée en avant que les chenilles de ses congénères l’Albipuncta, la Pudorina et autres ; elle aurait plutôt la forme de certaines larves d’Orthosides; cependant les chenilles de la Punctosa et de la Putrescens qui se ressemblent grandement, présentent dans leurs divers âges, le fond gris jaunâtre et les lignes ordinaires continues et bien marquées de leurs congénères, indépendamment d’autres lignes intermédiaires plus fines. La plaque écailleuse du premier anneau est traversée par la vasculaire et les deux sous-dorsales. La première de ces lignes, indiquée sur toute la région dorsale, est fine, blanche et liserée de brun sur chaque côté. La sous-dorsale qui

(1) Dans la monographie Bruand il existe un n° 61 fer (Psy. Radiella, Curtis) : ce qui doit être une erreur typographique puisque le n° 61 bis n'existe pas.

n’est bien écrite qu’à partir du quatrième segment, est large, interrompue aux incisions, noire et finement liserée de blanchâtre en dessous. La stigmatale est étroite, continue, claire , au dessus de laquelle reposent les stigmates ; ceux-ci sont circulaires, bruns et cerclés de rougeâtre. Le ventre est d’un carné obscur ; cette teinte est due à un semé d’atomes bruns. Les incisions sont d’un carné vif, presque rose. La tête est de grosseur ordinaire, testacée, maculée de points bruns en outre des deux croissants noirs opposés. Les pattes écailleuses sont testacées ; les autres sont concolores ; les trapézoïdaux sont bruns et visibles sans loupe.

La métamorphose a lieu dans une coque molle. La chrysalide est rougeûtre, luisante et de forme ordinaire; l’éclosion arrive vers le 45 ou le 20 juillet suivant.

La Punctosa appartient à la France méridionale, à la Sicile, à l'Espagne. Je l’ai prise en certain nombre aux environs de Cannes (Alpes-Maritimes) et à Celles-les-Bains (Ardèche).

Leucania Putrescens.

Tr. — Gn. — Herr.-Sch. 310.

(PI. 77, fig. 11.)

La chenille, je l’ai dit à l’article précédent, ressemble beaucoup à celle de sa voisine la Punctosa ; cependant elle en diffère 1° par la tête plus cordiforme dont la ligne du sommet présente une courbure antérieure, tandis que cette ligne est droite chez la chenille de la Punctosa ; 2° par la sous-dorsale qui est fine, double, brune, non interrompue aux incisions et surtout jamais noire aux centre des anneaux ; 3° par le fond qui est carné au lieu d’être jaunâtre et qui est en outre lavé de bleuâtre antérieurement et postérieurement.

Tortrix Croceana. 303

Cette espèce présente une particularité digne de remarque, qu'elle partage sans doute avec plusieurs de ses congénères; elle reste enfermée dans sa coque sans se chrysalider, depuis la mi-mars jusqu'au 15 ou 20 juillet suivant, époque où arrive la transformation

- qui s'opère de la même manière que pour la chenille de la Punctosa.

La chenille de la Putrescens m'a été adressée de Barcelone par M. Himmighoffen qui l’élève chaque année.

La chrysalide de la Putrescens ressemble identiquement à celle de

sa voisine. L’éclosion de l’insecte parfait a lieu du 15 au 25 août, et

se prolonge pendant quatre à cinq semaines.

Cette Leucanide est rare en Provence, mais elle est répandue dans l’ouest de la France où M. Guenée l’a prise en certaine quantité dans les dunes de la Bretagne. Je l’ai rencontrée moi-même assez abondamment dans l’Ardèche.

Obs. Duponchel en publiant sa L. Boiduvalii n’a pas reconnu en elle la Putrescens de Hubner. La Caricis, Tr., ne serait elle-même que cette Putrescens ; Leucanide, il faut en convenir, sur laquelle on à de la peine à s'entendre, puisqu'elle a encore été nommée Punctosa par M. Boisduval.

Tortrix Croceana.

Hb. fig. 120. — Haw. — Stgr. Cat. 636. — Ochreana, var. Dup. 265. f. 6. — Cupidinana, Stgr.. Stett. e. — Z. 1859.

Le Pistacia lentiscus, grand arbrisseau méridional, à odeur forte et nauséabonde, nourrit plusieurs espèces de chenilles ; sans parler des larves de quelques Coléoptères et Hémiptères. Ces chenilles sont rares, il est vrai, mais par cela même, leur étude pique d’autant plus la curiosité du naturaliste. Il ne sera aujourd’hui question que de trois espèces : la Tortrix Croceana, l'Eurhipia Adulatrix et la Liparis

Rubea; ajournant de raconter bientôt les mœursfl’une très-petite mineure qui vit du parenchyme des feuilles da Lentisque, ef qui doit être la chenille d’une Nepticula, ou plutôt celle d’une Bucculatrix. Je commengerai par la Tortrix Croceana.

Parvenue à sa grosseur, elle a, sauf la taille un peu plus grande , tout l’aspect de la chenille de la Pronubana, décrite dans la X° Liv. p. 382; mais les mœurs de cette larve inédite, ne sont pas précisément celles de sa congénère. Dans le jeune âge, les chenilles de la Croceana sont réunies par petits groupes de deux, de trois ou de quatre au plus, et, entre plusieurs feuilles fixées par des fils de soie, elles rongent sans se déplacer la pellicule supérieure d’une feuille et la matière colorante, sans attaquer la pellicule inférieure. À cette époque cette petite larve est d’un vert bleuâtre ; ce n’est qu’après la troisième mue qu'elle devient d’un grisätre mat. Ce qui la distingue, ce sont les taches noires du premier anneau beaucoup plus larges que chez la chenille de la Pronubana, et les points trapézoïdaux mieux indiqués en brun.

Cette larve est fusiforme, faiblement aplatie en dessous avec les lignes dorsale et sous-dorsale à peine plus accusées que le fond; la stigmatale est ondulée, continue et d’un vert très-clair. Les stig— mates sont noirs et cerclés de blanchâtre ; les seize pattes sont concolores.

Parvenue à toute sa taille, cette chenille lie et roule les feuilles en paquet et se comporte ainsi que la plupart de celles du genre. J'ai trouvé cette Tortricide à Amélie-les-Bains, sur le Pistacia lentiscus:; mais c’est en vain que je l’ai cherchée aux environs de Cannes où cet arbrisseau abonde. |

Il est essentiel cependant de signaler une autre plante méridionale qui nourrit cette espèce; c’est le Dorycnium suffruticosum , plante sur laquelle, à Cannes et à Celles-les-Bains, je l’ai rencon-

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