‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 5)Chapitre 50 sur 58 · IV.19 @15, id. Viridata., L · texte numérisé non relu

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Année 1868, PL, 06.

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INÉDITS

PF. MILLIÈRE

VINGT-DRUXIÈME LIVRAISON

Présentées à la Société Linnéenne de Lyon, le 9 mars 1868.

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Grgyia Ledereri, Mir.

(PI. 97, fig 1ct2,)

(Species nova.)

À la première‘vue on prendrait ce Bombycide inédit pour une phalénite ; cependant M. Lederer, de Vienne, en Autriche, avant de me confier deux mâles de cette Orgyie, a dénudé les ailes du dernier o” qui lui restait, et a reconnu, à ne pas en douter, que la nervulation était bien celle des Orgyia propres. C’est ce dont cet entomologiste distingué a bien voulu m’informer dans sa lettre du 9 décembre 1867.

Je n'hésite donc pas à considérer ce lépidoptère comme une véritable

452 CHENILLES Et LÉPIDOPTÈRES INÉDITS.

Orgyia, en attendant que la connaissance de la get celle de la chenille nous en fournissent la preuve irrécusable.

CUS LE Envergure : 0",32 à 0,33.

Les ailes sont grandes, bien développées , prolongées à Papex, entières, épaisses, d’un noir fuligneux mat. Les supérieures sont traversées par l’espace médian qui est d’un noir plus profond ; il est limité par les deux lignes principales qui sont très-noires et pro— fondément dentelées; la première, l'extrabasilaire, est presque droite; la seconde présente un coude arrondi prononcé. Une éelaircie partant de la côte, limite le coude extérieñrement. La tache cellulaire se présente sous forme d’un croissant allongé, étroit, plus clair que le fond, arrondi aux extrémités, étranglé au centre, et limité par un filet noir. Les secondes ailes, dont l’angle interne est prononcé, ne présentent aucun dessin. Les ailes en dessous sont d’un noir mat, lavées de jaunâtre et la ligne coudée du dessus y est faiblement indiquée en roussâtre. Bien qu’en dessus on ne distingue aucune bande aux inférieures, on voit en dessous une large lignée subterminale roussâtre très-arquée qui les traverse en presque totalité. Les nervures sont aussi indiquées en roussâtre ; les franges, aux quatre ailes, sont finement entrecoupées de noir ; les antennes sont médiocrement longues, pectinées, noires, avec la hampe annelée de gris clair. Le thorax est noir et l'abdomen qui dépasse les ailes inférieures, est écalement noir et recouvert de rares poils grisâtres assez longs. Les pattes sont médiocrement longues, noires et munies de trèspetits éperons. |

L'un des deux mâles qui servent à ma description, est dans un état de parfaite conservation. 3

La © est encore inconnue; elle doit être aptère ainsi que toules celles des espèces congénères. )

Découverte récemment en Sicile par M. Benoît , lépidoptériste de Messine, cette Orgyia fut envoyée à M. Lederer qui seul doit la posséder. On ne sait encore rien de la chenille qui, espérons-le, ne - fardera pas à être connue, et, avec elle, la © del’insecte adulte.

Acidalin Isabellaria. 153

Je dédie cette Orgyia nouvelle au savant lépidoptériste viennois, M. Julius Lederer.

La Ledereri est la plus grande des Orgyia ; je la placeen tête de ce genre; elle précédera donc l’Aurolimbata, Gn. et, dans le Cat. Stgr., elle portera le n° 193 bis.

Cabinet Lederer : 3 ©”.

Acidalia Isabellaria, Mix.

(PI. 97, fig. 3 et 4.)

(Species nova.)

Envergure : 0",017.

Elle à un faux air de la Rubricata, S. V. dont elle présente assez bien la coupe d’ailes et la couleur générale ; cependant elle diffère de cette Acidalia par des caractères essentiels, tels que : les ailes moins allongées et moins aiguës à l’apex, les lignes des quatre ailes sensiblement festonnées ; la coudée entre autres montre un coude bien formé, tandis qu’il n'existe jamais chez la Rubricata ; les palpes et le vertex blancs, etc. Cette nouvelle Acidalie présente bien les lignes de l’Acid. Submutata, Tr., mais elle s'en éloigne aussi par sa taille plus petite, ses ailes plus arrondies et surtout par ses antennes faiblement pectinées.

Les quatre ailes de l’fsabellaria sont épaisses, mates, entièrement d'un rougeâtre vineux chaud, lavées de bleuâtre sur les bords et traversées par quatre lignes aux supérieures, toutes appuyées à la nervure costale. L'espace médian, limité par l’extra-basilaire et la coudée, est traversé par uneligne tortueuse assez large, mais mal arrêtée sur les bords. Cette ligne présente, àson deuxième tiers, un angle obtus interne. La coudée est fine, festonnée, brune, nette, continue, avec le coude bien formé, mais peu saillant et arrondi. La frange qui est

concolore, avec le limbe carné, est précédée à l’äpex d’un trait délié, continu et noir. D'autres traitstrès-fins, très-courts, également noirs, limitent les nervures. La quatrième ligne, la subterminale, est trèssinueuse, brune et continue. Les secondes ailes ressemblent aux premières, mais elles n'ont que trois lignes transverses au lieu de quatre. Les franges sont aussi précédées de petits traits noirs limitant les nervures. La tache cellulaire est indiquée aux quatre ailes sous forme d'un petittrait noir allongé aux premières, et d’un point mal défini aux secondes. Le dessous ne donne aucune idée du dessus ; il est d’un gris uniforme et luisant, avec les franges lavées de fauve. Seul le point cellulaire est indiqué, et encore l’est-il trèsvaguement. Les antennes sont sensiblement ciliées, ou mieux sont pectinées, de médiocre longueur et brunes; le thorax est assez robuste et concolore ; l’abdomen est conique, également concolore et annelé de clair ; les pattes sont longues, grises et blanchâtres intérieurement.

La $ m'est inconnue.

Cette jolie phalénite dont J'ai reçu deux exemplaires identiques, m'a été envoyée d’Espagne par M. Himmighoffen. Elle est dans un état de fraicheur tel qu'on la dirait obtenue ex larvd. Je n’ai rien appris de sa chenille ; je sais seulement que l’insecte parfait vole en juin, aux environs de Putchet (Espagne), dans les lieux herbus des collines bien exposées.

L'’Acidalia Isabellaria viendra se placer après la Rubricata, et portera le n° 753 bis dans le Species général, et le n° 108 bis dans le catalogue du docteur Staudinger.

Mon cabinet : deux mâles.

Ædia Pusiella. 455

Ædia Pusiella, F4s.

Eut. syst., IE, 2, 301, 65; Sup. 481, 4. — Dup., X, p. 507, pl. 285, fig. 5. — Sigr. Cat., 1379.=— Sequella, S. V. — La Mignonne, Devill. — Lithospermella, Hb. 104. = "Tr, — Ev. = Scalella, Z. Is., 1844.

(PL. 97, fig. 5 à 9.)

Elle est fusiforme, d'un noir profond et mat où tranchent en vives couleurs les lignes vasculaire et stigmatale. Il n’y a pas de trace de la sous-dorsale. La ligne vasculaire est représentée sur chaque segment, à partir du troisième, par une tache d’un ochracé rougeàtre, ayant exactement la forme d’une étoile à cinq pointeséclairées de blanc vifà l'extrémité de chacune d'elles ; cette étoile est, en outre, marquée d’un point noir au centre; ce qui la détache d’autant mieux du fond. Les deux premiers anneaux n’ayant pas l'étoile précitée, sont marqués d’une tache blanche rectangulaire. La ligne stigmatale est large, continue, également d’un ochracé rougeàtre, mais elle est interrompue d'un côté par une grosse tache d’un blanc parfait qui touche à lincision, et de l’autre par un gros point noir. La ligne stigmatale n'est plus d’une teinte ochracée sur les premiers et les derniers segments, mais elle est blanche. La tête est petite, globuleuse, d'un noir luisant, et marquée de petits traits noirs frontaux. Le ventre est d’un noir mat,et sans lignes ; les pattes écailleuses sont robustes,” longues et d’un noir de jais ; les dix autres sont fortes, longues, avec la couronne noire. On voit, enfin, sur tout le corps, des poils assez longs et noirs; ils sont implantés sur des points pilifères un peu saillants.

Cette chenille, qui n’est pas commune aux environs de Cannes, y vit solitaire sur deux espèces de Borraginées ; le Cerinthe major, L.,

456 CHENILLES ET LÉPIDUPTÈRES INÉDLIS.

et le Borrago officinalis, L. (1). Elle se tient à découvert pendant le jour, couchée dans le'pli d’une feuille ou fixée au centre d’ün groupe de fleurs, se laissant tomber à terre au plus léger froissement des feuilles, en se roulant sur elle-même. Elle est aussi des plus vives, et sa marche saccadée a quelque chose de fébrile. Sans cette extrème facilité de s'échapper et de se perdre en se laissant choir parmi les plantes qui recouvrent le sol, que deviendrait-elle ? sa race, décimée par ses nombreux ennemis, disparaîtrait bientôt. Il est vrai que sa riche parure tend à la dissimuler au milieu des jolies fleurs dont elle se nourrit et dont elle semble emprunter les vives couleurs. De plus, elle m'a semblé douée d’un autre avantage, celui d'échapper aux atteintes des parasites ailés. En effet, je n’ai point remarqué jusqu'à ce jour que la chenille de la Pusiella fut devenue victime d'aucun hyménoptère, ou d’aucun diptère.

Cette espèce mange beaucoup à Ja fois, et plus volontiers la fleur que la feuille; elle grossit rapidement. L'œuf éclot au printemps, lors du développement de la plante qui doit nourrir la chenille; dès le milieu d'avril, elle a acquis en Provence toute sa grosseur. C’est. à’ cétie époque qu’elle se tisse soit sur une feuille sèche, soit contre la tige de la plante, une coque en soie blanche, papyracée, relativement grande, d’une texture solide, dans laquelle la transformation a lieu douze ou quinze jours après. La chrysalide est ordinairement placée Ja tête en haut ; celle-là est d’un brun rougeâtre, avec l’enveloppe des ailes descendant très-bas sur l'abdomen ; la pointe anale est obtuse, avec des crins recourbés placés dans le même sens, et qui précèdent cette pointe; les stigmates sont bruns et paraissent saillants.

. L'insecte adulte se montre dès les premiers jours de septembre, et son éclosion se prolonge pendant vingt jours environ. L'espèce n’a, je pense, qu'une génération ; cependant si la Pusiella vole en juin et juillet, ainsi que l’annonce Duponchel, cette Ædia, dont M. Stau-

(4) Et sans doute sur d’autres plantes de la même famille.

Ædia Pusiellu. 457 dinger, dans son catalogue, a fait une Psecadia, aurait deux éclosions. Toutes les'thenilles de la Pusiella que j'ai prises en avril aux envi rons de Cannes sont toujours écloses en automne ; cela ne me prouve cependant pas d'une manière absolue que l'espèce n’ait qu’une génération. |

C'est un des plus charmants insectes, comme c’est aussi la plus grande de toutes les-Ædia, lesquelles ont un peu les habitudes et la façon d’être de la plupart des Lithosides. Le vol dela Pusiella est vif, saccadé, mais court.

À l'approche d’un danger, son immobilité est absolue; ce n’est qu’assez longtemps après qu'elle s’agite vivement.

L'espèce n'appartient pas seulement au midi de la France: dans certaines parties chaudes du Bugey, à Artemart (Ain), je l’ai rencontrée à l’état de larve sur l’Echium pustulatum G. et G.; mais je n'ai pas obtenu le papillon. Je ne l'ai jamais vue dans la nature à l’état d’insecte parfait.

Obs. S'il n’y a pas eu erreur à l'égard de la Pusiella que Duponchel dit vivre sur le Grémil violet (Lithospermum cœruleum), j'ai de la peine à expliquer ce passage de son 10° vol., p. 307 : « Dans les premiers Jours de juin, cette chenille se fabrique une coque de soie blanche. le papillon en sort à la fin du mène mois. » J'ai dit précédemment, à l'égard des larves de la Pusiella rapportées de la Provence, que l’insecte parfait ne m'était jamais éclos avant le mois de septembre.

Duponchel ne veut-il pas plutôt parler de la chenille d’une espèce congénère, la Decemguttella dont il avoue ne pas connaître les premiers états; laquelle larve, je m'en suis assuré, vit sur le Lithosp. cœruleum? Toutefois, M. Guenée me mande qu'il a élevé aussi Ia Decemguttella sur l'Echium vulgare.

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