‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 5)Chapitre 51 sur 58 · QE · texte numérisé non relu

QE

: Aretia Rivularis, MÉNÉTRIES.

Herr. — Sch.; p.160. — Bdv. Jud. met. 534. —- Dup. Cat., p. 64 — Led. — Sigr., Cat. 88.

(PL. 97, fig. 10 à 13.)

Le o” de cette Chélonide qui est à peine connu, n’a été nulle part figuré; de plus, nila 9 semiaptère ni la chenille n’avaient encore été observées. À la première vue, il semble qu’on devrait placer de préférence ce lépidoptère dans les Trichosoma, Ramb.; cependant, chez la Rivularis, le crochet des pattes antérieures existant, et les antennes du ©” étant ciliées et non pectinées, doivent en faire plutôt une Arctia qu'une Trichosoma. Les ailes, incomplètes ‘chez la , ne sont point une cause suffisante pour comprendre la Rivularis dans le sousgenre Trichosoma (1).

Si l’insecte parfait de la Rivularis ©” a quelque rapport de forme avec la Pudica ”, il en est de même des larves deces deux espèces qui se ressemblent assez; cependant, celle de la Rivularis est un peu plus allongée et plus brune que la chenille de la Pudica. Elle parait aussi avoir les poils plus rares, mais plus longs. Elle se rapprocherait davantage peut-être de la chenille de la Dominula, qui est une Callimorpha; mais voici, au reste, sa description : Elle est médiocrement longue, cylindrique, recouverte sur un fond brun clair de nombreux

(1) La validité du genre Trichosoma, suivant M. Lederer , doit paraitre douteuse, puisque l’Arclia Bellieri, Led. a les antennes pectinées, le crochet des .Frichosoma, et la Q à des ailes parfaitement développées: tandis que chez la Frich. Hemigena, Gras]., le crochet manque etla @ est aptère.

Arctia Rivularis. 459 tubercules ovales, gros, roussâtres, chacun donnant naissance à un faisceau de poils courts, fins, grisâtres, et, en outre, à deux ou trois poils noirs plus longs que les autres. Des lignes ordinaires, on ne distingue que la stigmatale qui est ondulée, continue et d’un blanc jaunâtre. Le ventre est d'un jaune argileux luisant, teinté de rougeûtre sur les derniers segments; les stigmates sont bien développés, elliptiques et noirs. La tête est brune, luisante, marquée de deux traits jaunes etde deux points frontaux de même couleur : les ocelles sont noirs ; les pattes écailleuses sont d’un jaune vif, et les ventrales et anales d’un jaune pâle, teintées de noir à l'extrémité. Je dois ajouter que les flancs de cette chenille, de la hauteur de la sousdorsale à la ligne stigmatale, sont d’un brun foncé, présentant ainsi une large bande continue où reposent sur chaque anneau et de chaque côté, trois des tubercules pilifères dont il a été question.

Cette chenille, qui paraït polyphage, vit sur diverses plantes basses; je la décris d’après un sujet soufflé en très-bon état, qui m'a été communiqué par M. Lederer.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0",036 à 0,037.

Les ailes supérieures sont allongées, plus larges à l’extrémité qu'à la base, aiguës à l’apex, d’un blanchâtre carné et entièrement maculées de taches noires de diverses formes et de différentes grandeurs, lesquelles sont au nombre de quatorze non compris deux points noirs touchant à la frange ; ces taches sont, pour la plupart, disposées par quatre sur trois lignes obliques. Les ailes inférieures sont d’un blanc un peu jaunâtre, sans taches, sauf pourtant un trait fin, noir, placé sur la lisière du bord supérieur. La frange est médiocrement large, et de la couleur du fond. Le dessous des quatre ailes rappelle tout-àfait le dessus ; les taches sont cependant d’un noir moins prononcé. Les antennes sont de médiocre longueur, simplement ciliées, jaunà— tres dans leur première moitié et brunes dans la seconde ; les yeux

460 CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS# gros et noirs ; la tête bien fournie de poils concolores et marquée d’un trait noir en dessus ; le thorax est robuste, garni d’une abon- | dante fonrrure d’un jaunâtre chaud, et maculé de quatre taches noires ; l'abdomen est jaunâtre et taché de noir sur les derniers segments. Les pattes sont largement annelées de noir. Les antérieures ont une paire de crochets noirs très-apparents. Cette espèce, ainsi que sa congénère la Pudica, m'a paru posséder sur les flancs cet organe propre à faire entendre pendant le calme des nuits ce petit cri particulier qui a été successivement signalé par MM. Devilliers et Goureau , par MM. les docteurs Laboulbène et Girard, et plus ‘récemment parM. J. Künkel dans les annales de la Société entomologique de France.

La ©, dont la couleur générale est plus chaude que ceile du ©”, n’a guère que des rudiments d’ailes ; celles-ci sont donc fort courtes ; cependant, on peut y remarquer de petites taches noires ainsi disposées: au centre des supérieures, un point noir de forme à peu près triangulaire, suivi d’une série de sept à huit points plus petits qui précèdent la frange de haut en bas; les inférieures sont marquées d'une ligne subterminale noire et continue; les antennes sont de moitié plus courtesque celles du ©”, maiselles rappellent leur couleur. Il en est de même des pattes, dont les antérieures sont également munies de crochets; le thorax est moins gros que chez le ©, mais l'abdomen est remarquablement développé; sur un fond bistre chaque anneau est en dessuset sur les flanes marqué d’une tache noire généralement d’une forme triangulaire.

Cette précieuse Chélonie, dont les deux sexes ont été obtenus de chenille, provient des environs d’Elisabethpol, petite ville de la Géorgie russe (1).

Cabinet Lederer : plusieurs mäle: et femelles, et chenilles souffées.

(4) M Boisduval, dans son Index methodicus, p. 65, fait paraitrela Rivularis en septembre, et lui donne pour patrie la Russie méridionale,

Argyris Ommalophoraria. #61

Argyris Ommatophoraria, G\.

aX., p. 13. — Led. — Sigr. — Bombyx Ocellata, Herr.-Sch. p. 97, fig. 125-126.

(PI. 98, fig, 1.)

$ , Envergure : 0°,036.

Cette remarquable phalénite n’a point encore été figurée en France: le ©” seul à été représenté en Allemagne par M. Herrich-Schaeffer.

La © diffère du © par sa taille plus grande et par la teinte des ailes généralement plus claire. |

Ce n’est pas sans étonnement qu'on à appris que M. Herrich- Shaeffer ait, en faisant connaître le © de l'Ommatophoraria, Gn., placé ce lépidoptère parmi les Bombyx de sa famille des Saturnides ; on n’est pas moins surpris que ce naturaliste distingué, n'ait pas reconnu en ce lépidoptère une phalène des mieux caractérisées. On ne peut expliquer cette erreur du savant entomologiste de Ratisbonne qu’en admettant que le sujet qui a servi à la description de l'espèce était en partie mutilé.

.Le genre Argyris, Gn., comprend six espèces, dont cinq exotiques ; toutes sont des plus élégamment parées ; il est bien regrettable qu'on pe sache absolument rien des premiers états de ces remarquables insectes desquels on aura une idée fort juste en lisant cette phrase descriptive du genre, extraite du Species général de M. Guenée, et que je reproduis textuellement : |

« Un des plus jolis genres de Géomètres, ce sont les belles phalènes à ailes blanches ou grises, veloutées, et qui se reconnaissent d’abord aux écailles couleur d'argent ou d’acier métallique le plus brillant, qui dessinent des anneaux ou des yeux sur différentes parties des ailes. Ces écailles sont, en outre, soulevées et comme gonflées, en

sorte que la lumière se joue dans leur relief et y développe les couleurs irisées de la nacre, jointes à l'éclat du métal. Si une de ces écailles se détache, elle scintille comme une paillette sur la surface de l’aile. Enfin, chez quelques espèces (Deliaria, Delphiaria, etc.), ces belles écailles, vues à la clarté de la lampe ou des bougies, renvoient tois les feux du diamant , et cet état leur est d’autant plus naturel qu'elles sont placées sur un fond blanc qui n’est guère propre à les faire valoir. »

L'Ommatophoraria $ que j'ai devant moi, appartient à la riche collection de M. Lederer, à l’obligeance de qui je dois la communication des deux sexes de cette précieuse espèce. Elle a été découverte à l’île de Candie par M. le docteur Frivaldszky, puis retrouvée aux environs de Beyrouth en Syrie. C’est, je l’ai dit, la seule espèce du genre qui soit européenne, etencoresa patrie touche-t-elle à l'Afrique. Il est probable que personne en France ne possède cette grande rareté.

Cabinet Lederer : plusieurs mâles et femelles.

Cucullia Formosa, ROGENHOFER.

Z. D. V. 1860, p. 775. — Led. — Stgr. Cat. 692.

(PI. 98, fig: 2.)

Cette Cucullie qui est à peine connue, n'existe sans doute dans aucune collection française. C’est encore à M. Lederer que je dois la communication des deux, sexes de cette charmante noctuelle élevée de chenille, et qui, jusqu’à ce jour, n’a été figurée nulle part. Elle est de la grandeur de la Balsamitæ, Bdv. ou de la Tanaceti, S. V. Sa couleur rappelle un peu celle de l’espèce congénère Santonici, Hb., et, les dessins des ailes supérieures, ceux de l’Absinthii, L.; mais elle est distincte de toutes ces Cucullia.

. Les ailes supérieures ont le fond d’un gris de perle: elles sont tra-

Fidonia Pennigeraria. 463 versées au centre par l’espace médian qui est presque noir et traversé lui-même par une bande droite, jaunâtre, continue, au centre duquel repose l’orbiculaire qui est petite, ochracée et entièrement cerclée de

blanc vif. La tache réniforme limite extérieurement l’espace médian; elle est grande et a le fond d’un jaune chamois chaud, ombré de brun postérieurement. L’extrabasilaire est teintée de jaunâtre à sa base ainsi qu’à la naissance des ailes; les nervures sont finement indiquées en noir. La frange est brune et précédée de petites lunules nervurales noirâtres. Les secondes ailes seraient complètement d’un blanc hyalin, si elles n'étaient enfumées sur les bords ; les franges sont blanches. Les ailes antérieures sont en dessous d’un gris foncé luisant, lavées de fauve à la base et au centre; les inférieures ressemblent au dessus. Le thorax est crêté, gris de perle et teinté de noir sur les ptérygodes. L’abdomen est blanc, marqué de noir au sommet des quatre premiers segments, et enfumé à la base. La poitrine est blanchâtre, ainsi que les poils des pattes ; celles-ci ont les derniers articles bruns.

La 9 est un peu plus petiteque le ©’; ses ailes sont plus arrondies, et l'abdomen est brun et aigu à la pointe.

La Cucullia Formosa, me mande M. Lederer, a été découverte par M°° Haberhaner, à Kuenfkirohen, en {Hongrie. La chenille vit sur l’Artemisia camphorata, Vill., et ressemble à celle de l’Absinthü. M. Lederer ajoute que M. Rogenhofer a décrit par erreur la cheniHe de la Tanaceti pour celle de la Formosa . :

Cabinet Lederer : plusieurs mâles et femelles ex larva.

Fidonia Pennigeraria, Hs.

363 — Tr. Ï, p. 230. — Dup. IV, p. 4192, pl. 164, fig. 2. — Bdv. 4511. — Herr.-Sch., p. 91.— Gn. X, p. 160. — Athroolopha Pennigeraria, Led. — Stgr., Cat. p. 73.

(PI. 98, fig. 3 et 4)

Lorsque je publiai deux chenilles du genre Fidonia, celle de la

Concordaria, Hb., et celle de la Phumistaria, Boëk., on connaissait déjà les larves de quatre espèces de ce beau genre ; les Aomaria, Geof., Pinetaria, Tr., Conspicuaria, Reaum. et Roraria, Fab. La chenille de la‘ Pennigeraria étant désormais connue, il en restera bien peu à découvrir. L

Ces diverses larves sont généralement allongées, cylindriques, sans éminences ; celle de la Pennigeraria, pour la forme, tient de la Concordaria et de la Plumistaria ; elle est moins allongée que la première, mais cependant plus effilée que la seconde; voiei sa description :

Elle est assez longue, complètement cylindrique, sans éminences, à tête globuleuse, aussi haute que le cou, à lignes très-visibles, avec le clapet anal assez bien formé. Le fond est d’un vineux très-obscur, entièrement aspergé d’atomes bruns et serrés. Les lignes ordinaires sont ainsi disposées: la vasculaire est très-brune, presque noire, interrompue aux incisions, sauf sur les trois premiers anneaux où cette ligne devient plusétroite ; la sous-dorsale est fine, claire, et n’est continue que sur les quatre premiers segments ; la stigmatale est trèslarge, blanche, ondulée, continue, marquée d’un liseré noir en dessus et d’un gros point de même couleur en dessous. Le centre de cette Ligne est marqué sur chaque anneau d’un gros point ochreux; cette tache, au milieu de laquelle on voit le stigmate rougeâtre, est entourée d’un trait noir antérieurement, et postérieurement d’un point de même couleur. La tête testacée, est aussi aspergée denombreux points foncés. Le dessous est concolore, et les six anneaux du milieu sont parcourus par une ligne claire, étroite, non interrompue, qui se double au centre de chaque segment pour former un losange. Les . dix pattes sont concolores; on voit enfin sur tout le corps de trèscourts poils blanchâtres.

M. Staudinger, quim’a procuré cette chenille, pense qu'elle vit sur la Santoline (Santolina chamæcyparissus, L.), sous-arbrisseau qui

Polia Canescens. 465 croit spontanément en Espagne. Cette chenille doit avoir les mœurs de celle de la Plumistaria, c’est-à-dire qu’elle éclot une première fois au printemps pour reparaître en été ou en automne. C’est dans Ia mousse que la chenille de la F. Pennigeraria forme sa chrysalide. Celle-ci est assez longue, pleine, brune, à pointe abdominale unique, avec la place des stigmates bien indiquée en noir.

INSECTE PARFAIT

On dit qu'il varie beaucoup pour l'expression de la bordure des secondes ailes et pour la quantité des atomes qui les recouvrent en dessus (Gn.). Le Species fait mention d’une grande et belle variété de la Pennigeraria, supposée d’origine andalouse, d’une envergure de 0"047, avec les ailes supérieures d’un blanc jauni, et les inférieures d’un jaune vif et à frange concolore.

Cette rémarquable variété faisait partie de la collection Pierret.

Je n’ai pu encore découvrir la Fid. Pennigeraria aux environs de Cannes ; cependant, cette belle phalénite, qui appartient à la faune française, doit exister dans le département des Alpes-Maritimes où croit spontanément la Santoline, « sur les coteaux arides de Ja Roquette, près de Grasse. » (Ardoino, Flore des Alpes-Maritimes).

La Pennigeraria parait assez répandue en Andalousie, d’où le docteur Staudinger l’a rapportée en certain nombre.

Polia Canescens, Boy.

Ann. Soc. Linn., Paris, 1827.— Dup. VI., pl. 99, fig. 3, p. 432. — Tr. — Herr. — Sch. — Frey. — Gn. VI, p. 35. — Stgr. 313— Var. a Pumicosa, Hb.— Dup., Gn., Stgr.= Senilis, Bdv. — Var.? b. Asphodeli, Ramb., Ann. Soc. Fr., 1839, p.382, pl. 9, fig. 4.— Dup.— Gn.— Hb. — H. —S$. Sigr., p. 42.

(PI. 98, fig. 5 à 8.)

La P. Asphodeli, Ramb. n'est-elle en réalité qu'une variété locale

du type, la Canescens? La question a été examinée et jugée par notre consciencieux et savant collègue, M. Guenée, à l'opinion de qui je crois devoir me rendre, bien que je ne sois pas entièrement convaineu.

En publiant deux figures de la chenille de l’Asphodeli, espèce distincte ou variété constante de la Canescens, je pense être agréable aux lépidoptéristes que cette question intéresse: puissé-je apporter quelques lumières sur ce sujet.

Elle est médiocrement allongée, cylindrique, pleine, rase, d’un vert päle, avec un écusson étroit, concolore placé sur la première partie du premier anneau. La seconde des lignes ordinaires n’existe pas, mais la vasculaire et la stigmatale sont bien indiquées. La ligne vasculaire qui règne du second au onzième segment, est fine, continue, d’un vert foncé, et marquée, aux incisions du milieu, d’un gros point rougeâtre largement éclairé en dessous. Le ventre, qui ne présente pas de lignes, est d’un vert pâle, lavé de bleuàtre: la tête est petite, rétractile, d’un verdâtre testacé, avec les mandibules rougeûtres : les stigmates sont elliptiques, d’un blanc jaunâtre, et cerclés de brun. Les pattes écailleuses sont testacées ; les membraneuses concolores, avec la couronne rougeûtre.

Il existe une variété de cette chenille, mais elle est assez rare. Le dos de cette variété est d’un vineux pourpré jusqu’à la ligne stigmatale ; le dessous reste d’un vert pâle. Les sujets quim'’ont servi d'étude provenaient des environs de Bastia (Corse), d’où ils m'ont été envoyés par notre obligeant collègue, M. le professeur Mabillé.

Je n'ai pu encore découvrir la chenille de cette Polia aux environs, de Cannes où, en certains lieux, notamment aux îles de Lérins et sur quelques points de l’Esterel, abonde la plante qui la nourrit: l’Asphodelus microcarpus, L.

C’est en janvier que sort de l'œuf cette chenille, qui est d’une édu-

Polia Canescens. 467

cation difficile; elle n’est parvenue à son entier développement qu'en avril, époque où elle descend dans la terre et se métamorphose bientôt en une chrysalide médiocrement longue, brune et luisante, L’insecte adulte éclot seulement en automne; son apparition dure un mois environ : du 45 septembre au 45 octobre.

INSECTE PARFAIT

La véritable patrie de la P. Canescens type, aux ailes supérieures presque blanches, semblerait être l'Ardèche, où, aux environs de Celles-les-Bains, l’insecte parfait m'a paru des plus abondants à la fin de septembre et pendant une bonne partie d’octobre. Cependant, jamais en ce lieu je n’ai pris les Var.? Asphodeli, Ramb.,et Pumicosa, Hb.

Si la P. Pumicosa a les ailes supérieures grises et saupoudrées d’atomes olivâtres où disparaissent les lignes ordinaires, l’Asphodeli est encore plus obscure, plus nébuleunse, et recouverte d’un plus grand nombre d’atomes foncés aux supérieures. Les inférieures sont blanchâtres, avec les nervures bien. indiquées en gris, mais chez la & ces ailes postérieures sont antérieurement d’un gris très-sombre. ,

Je ne puis rien dire des habitudes de l’Asphodeli de Corse, car je ne l'ai jamais rencontrée à l’état libre; mais dans l'Ardèche on trouve fréquemment, pendant le jour, la Canescens plaquée contre les murs, les rochers, les troncs d'arbre ; la nuit, on la voit sur le raisin, où elle paraît comme enivrée de sa liqueur et où on peut la piquer sur place sans qu’elle cherche à s'envoler. C’est à la même époque et dans les mêmes conditions qu’on la rencontre aux environs de Thiers (Puyde-Dôme), mais elle y est assez rare.

M. Constant, daus son Catalogue des lépidoptères, dit qu’il a trouvé la P. Canescens en assez grande quantité, au mois d’octobre 1850, sur les bruyères aux environs d’Autun, mais que depuis cette époque elle est devenue très-rare.

Alamis Albidens, HErr-Scx.

Fig. 293.—Gn. VIL p. 5. — Sigr., Cat. 867. — Albidentaria, Frey. IV, pl. 354, fig. 1 (1847).

(PI. 99, fig. 9 et 10).

C’est, j'ai lieu de l’espérer, avec un certain intérêt qu'on apprendra ce qu'est la chenille l’Alamis Albidens, H.-S. (Albidentaria, Frey.), considérée primitivement comme celle d’une phalénite. Elle présentera d’autant plus d'intérêt, qu'aucune larve de ce genre n’avait jusqu'à ce jour été observée.

Toutes les Alamis de M. Guénée sont exotiques, sauf l’Albidens, et encore celle-ci est presque asiatique, puisque sa patrie est la Russie méridionale.

Elle est très-allongée, sensiblement atténuée antérieurement et postérieurement, à tête globulo-cordiforme, avec quatorze pattes, dont la prémière paire des membraneuses est d’une petitesse extrême, et impropre à la marche; les deux autres paires de pattes ventrales sont longues et fortes ; les anales sont relativement petites. Cette chenille est d'un vert jaunâtre très-pâle, faiblement lavée de rougeûtre sur la tête, sur les deux premiers et les trois derniers anneaux. La ligne vasculaire est fine, claire, et n’est distincte que sur les anneaux du milieu; pas desous-dorsale; la stigmatale est assez large, continue et jaunâtre ; les stigmates sont petits, elliptiques, rougeûtres et cerclés de noir; la tête est concolore, aspergée de noir, avec une série de sept à huit ocelles bruns de chaque coté rangés en demi-cercle. Les 5°, 6° et 7° anneaux, vus de dos, présentent une tache rectangu— laire verdàtre ; sur les 5°, 7°, 10° et 4°, cette tache prend une forme

Alamis Albidens. 469

. circulaire. Les pattes antérieures sont longues, robustes et concolores : les autres ont le second article carné, avec la couronne brune; le ventre est concolore et sans lignes.

Je ne connais aucune chenille qui ressemble à celle de l’Albidens : sa forme, exceptionnellement allongée pour une larve de noctuide, et sa manière de marcher, ont bien pu, sans trop d'examen, la faire prendre pour une géomètre (1), de là sans doute le nom d’Albidentaria qui lui a été imposé dans le principe.

Cette chenille vit au printemps sur une plante épinense qui doit être un Ulez ou un Genista.

INSECTE PARFAIT

Tout le monde connaît aujourd'hui l'Albidens, et toutes les collections la possèdent ; elle était naguère fort rare. Chaque année, depuis quelque temps, on élève la chenille en nombre; c’est ce qui explique la vulgarité actuelle de. l’insecte parfait.

L'Albidens ne varie pas; elle a, paraît-il, beaucoup de rapport avec sa voisine l’Alamis Palioides, Blanch., rapportée du Chili par M. Guy, laquelle appartient au Muséum de Paris.

Obs. Au moment de l'impression de l’article qui précède, j'apprends par M. Guenée que la chenille de l'Alamis Albidens à été figurée par Ménétries, dans son Enumeratio coysorum animalium musei Petropolitani, 3° livraison, dernière planche ; mais qu’il n’y a point de texte.

(1) Les chenilles des autres Alamis, dont on le sait, aucune n’est connue, viendront-elles, par leur forme et le nombre de leurs pattes, confirmer l'homogénéité du genre ?

LZ

Grgyia Kambhuwii, MApilre.

Ann. Soc. ent. Fr. 4866, 4° trim., p. 557, pl. 8, fig. 6, et séance du 11 septembre 1867.

(PI. 99, fig. 1à4.)

M. P. Mabille, en publiant la chenille de cette Orgyia, ne l’a pas figurée. Notre collègue nous dit que, dans sa seconde ascension au Monte-Rotondo, en Corse, entreprise le 29 juillet 4867, il reconnut que c’est dans la vallée de Rivisecco, sur les pentes qui descendent du lac aux bergeries, que croît le Genista lobeli, Dec., lequel nourrit en juillet la chenille de cette Orgyia récemment publiée. — Cette larve doit éclore à l’époque du développement des fleurs du G. lobelu ; elle n’a atteint toute sa grosseur que vers les premiers jours de juillet; c’est, en effet, à cette époque que M. Mabille m’a fait parvenir la chenille de l’Org. Ramburü.

Cette chenille ne le cède pas en beauté à toutes ses congénères ; elle a le corps assez long, cylindrique, garni de faisceaux de poils disposés en brosses sur les 4°, 5°, 6° et 7° anneaux, indépendamment de deux pinceaux de poils longs placés sur le cou, dirigés en avant, et de deux autres pinceaux fixés sur le pénultième segment, inclinés en arrière. Les lignes ordinaires sont ainsi disposées : sur un fond brun, on distingue la vasculaire assez large, continue et d’un noir mat; la sous-dorsale est large, interrompue sur les anneaux du milieu, d’un rouge de Saturne chez les chenilles qui produiront des mâles, et d’un jaune vif chez celles qui donneront des femelles (1); la stigma-— tale, un peu moins large que la précédente ligne, est interrompue, ondulée, atténuée sur les premiers et les derniers anneaux ; «elle est

(1) La grosseur ou la petitesse des chenilles d’Orgyia, indique quel est le sexe que ces larves doivent produire; les chenilles des femelles sont toujours beaucoup plus grosses que celles des mâles.

Orgyia Ramburii. 471 d’un jaune de Naples, liserée de noir de chaque côté ; leventre est d’un noir blanchâtre ; la tête et les pattes écailleuses sont d’un noir luisant, les dix autres d'un gris carné ; les pinceaux du cou et ceux du 44° anneau sont noirs ; les brosses dorsales, d’un gris un peu fuligineux ; le corps est, en outre, recouvert de gros points pilifères, saillants, d’où s’échappent des poils courts, d’un gris clair. Enfin, les 9° et 10° segments portent au centre une petite caroncule du même rouge que la sous-dorsale. Les couleurs des chenilles qui produiront des femelles sont généralement moins vives que celles qui donneront des mâles.

Cette larve était douée d’une grande vivacité ; elle s’est transformée vers la mi-juillet, après avoir tissé dans les débris de végétaux une coque en soie oblongue, renflée, pointue aux extrémités, et où la chrysalide a été très-promptement formée. Celle-ci est courte, épaisse, à pointe obtuse, d’un brun foncé et à demi-velue. Vingt jours après, environ, parait le lépidoptère.

INSECTE PARFAIT

Cette Orgyia rappelle, en effet, la Trigotephras, Bdv., mais je trouve qu’elle a plus de rapport avec la Corsica, Bdv., soit pour la taille, soit pour la teinte générale, soit pour la coupe d'ailes ; cependant je me hâte de dire que je n’ai point vu en nature la Corsica de M. Boisduval, que je ne la juge que d’après les bonnes figures de cet icono— graphe (pl. 614, f. 6 et 7), et qu'aussi je ne possède que deux Org. Ramburü, un o et une ®. Mais, sans nul doute, M. Mabille, avant de publier son espèce nouvelle, a dû s’assurer qu’elle est distincte de la Corsica, et ce n’est qu'après avoir bien vu, bien jugé, qu'il a dit en parlant de cette Corsica : « dont la figure dans les Icones et dans Herrich-Schaëffer ne s’accorde en rien avec notre espèce. » |

La © de la Ramburi, Mab. est aptère; elle rappelle, pour la forme, la ® dela Trigotephras ; elle est allongée, pleine, ventrue,

k72 CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS.

recouverte d’un duvet fin, court, ‘d’un blanc satiné en dessus et jau— uâtre en dessbus, duvet qu’elle détache pour entourer les œufs qu’elle pond dans le fourreau mème, après avoir été fécondée, lequel devient son {ombeau. La'tête est très-dissimulée sous le premier anneau; les antennes sont courtes et brunes; les yeux noirs; les pattes fauves et annelées de blanc.

Eanholin Froximaréina, Ram.

Soc. ent, Fr. 18392, p. 40, fig. 7. — Dup. Sup., EV, p. 26, pl. 52, fig. 6. — Gun. X, p. 489. — Sigr. Cat,, p. 76. —? Sororiata, Dup., VIE 194, fig.7. — Gn. X, pl. 494.

(PI. 99, fig. 5 et 6.)

Larve et insecte parfait de cette rare Eubolia (4) ont été décrits par l’auteur du Catalogue de l’île de Corse ; cependant, la phalénite seule a été figurée. Je représente la chenille sur la plante où elle a été rencontrée la première fois par M. Rambur. Les sujets qui n'ont servi ont été adressés de Corse par M. Mabille qui à retrouvé cette chenille sur le. Genista corsica et sur un Ulex. ‘Cette larve a les plus grands rapports de forme avec celle de la Peribolaria, que j'ai fait connaître (Iconog., l, p. 321, pl. 38, fig. 4 et 5); de plus, les mœurs de ces deux chenilles arboricoles se ressemblent beaucoup. Celle de la Proximaria se distingue de celle de la Peribolarie par le fond de sa livrée qui est plus sombre, la stigmale plus vive, les taches dorsales plus accusées ; celles-ci ont aussi une forme différente. Voici la description de cette larve, qui n’est parvenue à toute sa grosseur que vers le milieu ou la fin de mars.

4) Genre Orfholitha, Hb.

Eubolia Proximaria. + 473

Elle est médiocrement longue , atténuée antérieurement et caré-

née sur les côtés; le fond étant d’un brun rougeâtre, les lignes se présentent ainsi: la vasculaire est fine, double, géminée, noire et interrompue sur les six anneaux du milieu, par une tache à l’incision, laquelle se divise en deux; cette tache est anguleuse antérieurement et noire, et à peu près ronde postérieurement et blanche. Les stigmates sont petits, blancs et largement cerclés de noir. Le dessous montre trois lignes foncées, du 4° au 9° anneau; celle du centre est plus étroite que les autres ; la tête est globuleuse ; elle est concolore ainsi que les dix pattes. Cette chenille, qui varie, se montre quelquefois sensiblement plus pâle que le type. Ainsi que celle de la Peribolaria, elle passe l'hiver, et, par le fait, grossit très-lentement. Elle demeure à découvert, dans une position des plus rigides, tout le temps de son repos, c'est-à-dire depuis l’aube jusqu’à la tombée de la nuit. C’est parmi les débris de feuilles sèches qu’elle se transforme dans une coque légère. La chrysalide est conoïde, aiguë, d’un rouge obscur et finissant par une pointe allongée et fourchue. Les Proximaria que j'ai élevées sont écloses dans les premiers jours d'octobre ; c’est à cette époque que l’insecte parfait vole aux environs de Bastia et dans « les lieux où se rencontre le Genista corsica. » (Ramb., p. 41.)

Cette Eubolia n’a qu'une génération ; elle a encore avec la Peribolaria ce point de rapprochement. C’est une phalénite que j'ai espoir de rencontrer dans les Alpes-Maritimes où , en certains lieux de son territoire, croît assez abondamment le Genista corsica. (Ardoïino, Flore des Alpes-Maritimes.)

Obs. Il est fort possible, et même probable, que la Sororiata, Dup., V, p. 335, pl. 194, fig. 7. (Var. de la Carsia Imbutata, Hb., suivant M. Guenée, X, p. 494), n’est qu'un petit individu 9 à tons chauds de la Proximaria, Ramb. Cette variété accidentelle, qui n’a pas été retrouvée, avait été rapportée du midi de la France et communiquée à M. Duponchel par le capitaine de Villiers.

AT ts : ae PER 7 CHENILLES ET LEPIDOPTERES INEDITS,

: Tephivina Murimaria, W.-P.

G. - 4. — Fab., 67. — Hb., 115-134. — Tr., I, p. 284. — Dup., IV, p. 449, pl. 167, fig. 3, 4et 5. — Bdv., 1599. — Herr.-Sch., p. 87. — Gn. X, p. 103. — Stgr., Cat., p. 74. — Respersaria, Bork, 96. —=Myosariu, Esp., pl. 49, f. 1.=— Planaia,Nill., p. 386, f. 23. = Cineraria, Dup. VIL 2° part., p. 440, fig. 1 et 2.

(PI. 99, fig. 1% à 16.)

En décrivant, dans la précédente livraison, la Teph. Rippertaria, p. 401, j'annonçai que bientôt je ferais connaître les premiers états de trois Tephrina dont les larves étaient encore inédites; je viens donc aujourd’hui compléter l’histoire des Teph. Murinaria, W.-V., Assimilaria, Ramb. et Partitaria, Hb. Les Tephrina françaises citées dans le Species général, et dont le nombre s’élève à sept (1), seront toutes connues sous leurs premiers états. Je commencerai par la T. Murinaria.

Elle est assez courte et cylindrique, très-faiblement carénée sur les côtés, avec la tête aussi haute que le premier anneau, d’un beau vert myrte, et marquée de lignes claires longitudinales qui se présentent ainsi : Ja vasculaire est fine, blanc'âtre, interrompue aux incisions ; la stigmatile est large, continue, blanche et aboutit au clapet anal qui est imparfaitement formé ; de plus, cette ligne est marquée sur les anneaux du milieu, du 4° au 9°, d’une tache qui présente deux

ess

(1) Je dois excepter de ce genre la Vincularia, Hb., laquelle, par la connais-

sance d2 sa larve (lcon., pl. 7, fig. 4), ne doit plus, selon moi, être considérée comme une vraie Tephrina; les six autres espèces me paraissent aussi homogènes par leurs chenilles que le sont entre eux les insectes parfaits.

Tephrina Murinaria. 475

couleurs : vineuse et jaunâtre. Le ventre est parcouru par une bande claire, large et continue. La tête est concolore et marquée de deux petits traits foncés et perpendiculaires ; les dix pattes sont robustes et concolores.

Cette chenille vit sur divers espèces de Vicia, mais principalement sur la luzerne (Medicago sativa, L.).

On doit s’étonner avec raison qu’une larve aussi abondamment répandue que l’est celle de la Murinaria soit demeurée inconnue jusqu’à ce jour; rien n’est cependant plus vrai, puisque aucun auteur n'en a encore parlé. On élève cette chenille, que je crois polyphage, avec une grande facilité; en effet, toutes réussissent. C’est dans les herbes sèches qu’elle se métamorphose.

La chrysalide est médiocrement allongée, un peu ventrue, et entièrement d’un brun rougeâtre obscur.

INSECTE PARFAIT

Il varie beaucoup, non-seulement pour la teinte des quatre ailes, mais encore pour la taille, et même pour la disposition des lignes. De ce fait, il ne faut pas conclure à plusieurs espèces, d’autant mieux qu’une ponte de la Murinaria m’a produit la plupart des variétés lesquelles sont plus ou moins constantes.

Il est bien évident que la Cineraria de Duponchel, p. 440, pl. 167, f. 4et 2, n’est qu'une variété locale du type lequel est représenté par la figure 4, même planche, bien que trop chaude de ton ; c’est-à-dire à fond gris, très-sablé, et à lignes brunes bien marquées. Il ne doit pas être moins certain que la Respersaria , Bork., la Myosaria, Esp., et la Planata, Vill., sont autant de variétés de la Murinaria.

Si le type appartient à la France centrale et occidentale, la Cineraria Dup., semble plutôt être propre au midi de la France. J'ai pris abondamment cette race aux portes de Valence (Drôme), volant pendant le jour dans un champ de luzerne.

La Teph. Murinaria, qui a deux générations et qui éclot une pre-

mière fois en mai et une seconde en juillet et août, passe l'hiver en chrysalide. Dans le Lyonnais, on la rencontre aussi bien dansla plaine que sur les collines. En outre des champs de luzerne, on la voit dans les prés du pare de fa Tête-d’Or, où, pendant le jour, elle vole aussi bien qu'un lépidoptére diurne. Enfin , le 12 juillet. 4867, cette . Tephrina m'a semblé très-répandue aux alentours du château des Esguillons, ainsi que dans les lieux incultes de la propriété située au pied de la montagne d’Iseron (Rhône).

Tephrina Assimilaria, Rae.

Ann. Soc. Ent. Fr., 4832, p. 34, pl. 2, fig. 9 et 10. — Bdv., 1597. — Herr.-Sch.-Sup., p. 74. — Gn. X, p. 102. — Stgr., Cat. p. 74. |

(PL. 99, fig. 7à 10)

Elle est médiocrement longue, cylindrique, d’un vert jaunâtre clair et ornée de lignes continues; pour la forme, elle ressemble beaucoup à la chenille de sa congénèrela Murinaria; cependant, elle en diffère: 1° par les lignes vasculaire et sous-dorsale, qui ne sont pas blanches, mais bien la première vert foncé et continue, la seconde double, très-fine, grisâtre et se détachant à peine du fond clair; 2° par la stigmatale, qui, au lieu d’être blanche, est jaune serin, tachée de vineux au centre et croisée diagonalement par un trait blanchâtre, du second au dixième anneau; 3° par la têté, qui est concolore et non marquée de deux lignes perpendiculaires ; 4° par le dessous, qui, au lieu d’une seule ligne, en présente quatre fines, continues, et d’un vert foncé ; 5° par les nombreuses variétés plus ou moins sombres qu’elle présente, alqrs qu'on n'en remarque pas chez la chenille de la Murinaria; 6° enfin, par ses habitudes

Tephrina Assimilaria. 477 arboricoles, lorsque sa congénère précitée vit essentiellement sur les plantes herbacées. Les stigmates gros, ronds et noirs, reposent sur une tache d’un blanc d’émail placée sur la ligne stigmatale même.

Cette chenille, qui m’a été envoyée de Corse par M. Mabille, vit aux environs de Bastia, en mai, sur le Genista corsica; cependant je l'ai nourrie et menée à bien avec le Genista tinctoria et le Spartium junceum, dont ele rongeait préférablement les fleurs. Parvenue à son entier développement vers le commencement de juin, elle se transforme dans Ja terre, après avoir formé une coque légère.

La chrysalide est longue, cylindrique jusqu'à l’avant-dernier anneau, entièrement d'un rougeàtre obscur, sauf le dernier segment, qui est brun et se termine par une pointe unique, longue, effilée et noire.

J'avais reçu quatre chenilles de l’Assimilaria ; trois se sont métamorphosées ; les deux premières sont écloses dans la matinée des 9 et 44 octobre 1866, et, chose digne d'observation, là troisième, dont la chenille paraissait être du même âge que les deux premières, n’est

éclose que le 5 mai de l’année suivante! 4

L’insecte adulte a autant de rapport avec la Murinaria que la chenille de celle-ci en a avec celle de l’Assimilaria ; cependant, elle s’en distingue par les ailes plus oblongues, les lignes moins marquées et surtout par les antennes du © qui sont sensiblement plus pectinées que chez la Murinaria.

€ Elle paraît deux fois; en mars et en avril, puis en août. », (Ramb., faune de la Corse, p. 33.)

Autant la Tep. Murinaria varie, autant le contraire paraît se pro-

duire chez l’Assimilaria. Celle-ci vole en Cor:e dans tous les lieux arides et montagneux, où croit le Genista corsica.

Obs. J'ai aussi l'espoir de rencontrer l’Assänilaria dans les Alpes- Maritimes, puisque, suivant M. Ardoino, auteur de la flore du département, le Genista corsica croît aux environs de Menton, Vense et Grasse.

Tephrina Partitaria, Hs.

374. — Dup. V, p. 160, pl. 180, fig. 6. — Bdv., 1601. — Herr.— Sch., p. 87, fig. 262, 263. — Led., p. 100. — Gn. X., p. 100. — Stgr. — Convergata, Vill., p. 382, pl. 6, fig. 18.

(PI. 99, fig. 11 à 13.)

Le 10 septembre, en chassant la nüit à Celles-les-Bains, en compagnie de mon ami le docteur Staudinger, je pris une 9 de la T. Partütaria qui. me fournit une abondante ponte d'œufs fécondés. Les jeunes chenilles qui sont écloses douze jours après furent nourries sans peine, car M. Staudinger, qui avait déjà observé cette larve inédite, m'apprit qu'il l’avait rencontrée en Espagne, sur le Teucrium chamædryis, L. |

À sa sortie de l’œuf elle est effilée et très-vive; elle grossit assez rapidement, puisque le 45 octobre elle avait atteint son entier développement. Jeune, cette larve paraît diaphane, jaunâtre, avec les lignes à peine visibles ; après sa quatrième mue, elle ressemble, bien que plus grosse, à la chenille de l'Ablutaria (Kcon., pl. 3, fig-8 et 9.); elle est médiocrement allongée, presque cylindrique, très-faiblement

atténuée aux extrémités, avec les anneaux distincts, d'un gris argi- Jeux, et largement lavée de vert bleuâtre sur les flancs des quatre ou cinq premiers segments, avec les lignes et les dessins assez bien marqués. La vasculaire, du 5° au 9°,est très-fine, double, brune, inter-

Tephrina Partitaria. 479 rompue,; la sous-dorsale, qu’on ne distingue qu’à la loupe, est fine, claire et interrompue sur les derniers anneaux; la stigmatale est assez large, continue, ondulée, blanchâtre, et repose sur la carène.Le dessous, qui est d’un argileux obscur, permet néanmoins de distinguer plusieurs lignes déliées, blanchâtres, continues, indépendamment de deux lignes plus larges, de couleur bois, et qui limitent les premières. La tête est petite, un peu globuleuse, d’un gris testacé et comme mar-— brée ; le clapet anal est très-court ; les stigmates ronds, relativement gros et noirs; la région du dos à la hauteur de la sous-dorsale présente, du 4° au 9°, un dessin sagitté, brun, dont la pointe est obtuse; les incisions sensiblement carnées; les dix pattes concolores; les quatre postérieures sont leintées de bleuâtre. Enfin, l'extrémité du clapet anal présente une sorte de pièce cornée, grise, luisante, dont l’usage, chez une chenille qui vit sans cesse à découvert, ne peut facilement S’expliquer.

Dès la fin d’octobre mes chenilles avaient toutes disparu; elles s'étaient réfugiées soit dans la mousse, soit dans les feuilles sèches, et avaient, chacune de son côté, tissé un réseau de soie brun-rougeitre, au centre duquel la chrysalide a été très-promptement formée, la tête en haut. Cette chrysalide est allongée, d’un rougeûtre pâle, mat, avec la pointe brune retenue au réseau par d’imperceptibles cro— chets epposés les uns aux autres.

L’insecte parfait, qui éclot au printemps, représente la première génération, Presque toutes les Partitaria provenant de cette éducation sont écloses en mars et avril; quelques-unes, cependant, n’ont paru qu’en août, et même en septembre.

Ce dernier fait ne laisserait-il pas supposer, puisqu'il y a eu deux époques d’éclosion pour cette phalénite provenant de la même ponte, que celle-là n’aurait qu'une génération? En effet, les sujets tardifs peuvent étre considérés comme représentant la seconde éclosion. Cependant, je répète encore qu’on ne peut rien préciser pour le nombre des générations et l'époque certaine des éclosions, lorsqu'on expérimente sur des insectes élevés en captivité.

INSECTE PARFAIT

Il varie aussi bien pour la taille que pour le nombre des atomes bruns qui recouvrent les quatre ailes. Les sujets que j'ai capturés en Provence sont généralement plus petits que ceux de l'Ardèche.

La Partitaria de M. Herrich-Schaëfter (fig. 262 et 263) représente un petit exemplaire o” que deux auteurs fort compétents ont rapportée à la Peltaria, bien qu’en réalité c’est une Partitaria à ailes très-fournies d’atomes bruns et à bandes jaunes un peu larges.

La T. Partitaria n’est pas rare aux environs d’Hyères dans les lieux découverts placés à une exposition méridionale ; plusieurs fois je l’y ai prise en chassant à la lanterne, en compagnie de feu Bruand d’Uzelle. Après l'avoir rencontrée en septembre, à Celles, puis à Cannes, je l'ai retrouvée au printemps dans ces deux localités.

« Elle se prend à Fontainebleau, dans la vallée de la Sale, dès le mois d'août. » (Gn., p.400.)

Cette Tephrina n’a jamais été rencontrée dans le Lyonnais ou les départements limitrophes.

Acidalin Ostrinaria, He.

430. — Dup. Sup. IV, p. 47, pl. 54, fig. 7.— Bdv., 1859.— Herr..- Sch., pl. 28, fig. 234, 235. — Gn. IX, p. 467, et X, p. 542, — Stgr. Cat. 97.

(PL. 100, fig. 1 et 2.) CHENILLE.

L'œuf est légèrement allongé, granuleux, d'un blanc jaunâtre, puis

carné, et, examiné à la loupe, il laisse voir une plaque d’un rouge aurore à l’une de ses extrémités. Get œuf est éclos le 25 juin, quel-

Acidalia Ostrinarsa. 481 ques jours après avoir été pondu. La chenille, lors de sa naissance, est allongée, blanchâtre. Douze jours après son éclosion, cette petite larve n’avait encore que deux millimètres de long. Le 40 août, elle paraissait être au tiers de sa taille; dès lors, un caractère des plus singuliers, pour une chenille de ce genre, se montrait, elle était garnie de poils clair-semés relativement fort longs, à tel point que ces grands poils retenaient le pollen détaché des fleurs dont la chenille se nourrissait, et, l’en garnissant d’une manière complète, la rendaient méconnaissable. Pour l'examiner alors il devenait nécessaire de faire tomber cette poussière au moyen d’un fin pinceau. Ces poils étaient d’une finesse extrême, blanchâtres, recourbés à l'extrémité, et projetés en avant. Après s'être nourrie du pollen, puis des étamines de plusieurs espèces de plantes basses, telles que : Synanthérées, Caryophyllées, Convolvulacées, Campanulacées, elle attaqua les pétales, puis enfin les feuilles lorsque ceux-là vinrent à lui manquer.

Vers la fin de septembre, ayant atteint la moitié de sa taille, la chenille de l’Ostrinaria m'a paru d’un brun foncé presque noir, avec certaines taches dorsales claires qui ont persisté jusqu’à la fin de son existence de chenille.

Ainsi qu’un grand nombre de chenilles d’Acidalies, celle dont il est question passe l'hiver, ne mange presque rien pendant la mauvaise saison, recommence à prendre de la nourriture en février, et demeure sous son état de chenille jusqu’en mai, époque où elle a atteint son entier développement. À ce moment, ses poils, bien que toujours fort-longs, n'avaient plus la dimension si anormale qu’on leur remarquait précédemment. Elle est alors courte, carénée latéralement, atténuée en avant, très-rugueuse, à tête petite et rétractile, d’un brun rougeâtre; des trois lignes ordinaires, on ne distingue que la stigmatale qui estun peu plus claire que le fond. Les incisions des 6°, 7° et 8° segments sont marqués sur le dos d’un gros point oblong, blanc, entouré de noir; cependant, sur le 8°, cette tache blanche se développe et prend la forme d’un cœur maculé de brun au centre. Le ventre, qui est concolore, laisse voir, sur chaque anneau, un

losange clair assez mal formé. Tête globuleuse, sans dessins, concolore, ochracée au sommet; les dix pattes concolores ; les stigmates fort petits, blancs et cerclés de noir. Trapézoïdaux et autres points noirs donnani naissance aux Jongs poils dont il a été question.

Cette chenille, qui se tient fixée aux grosses tiges des plantes dont elle vit, ou mieux, cachée au centre des fleurs ou d’un groupe de feuilles, a préféré se nourrir de la fleur de l'héliotrope d'Europe et de celle de la bruyère commune. C’est dans la mousse qu’elle s’est transformée à la fin de mai, et c’est à la mi-juin qu'est éclos le lépidoptère.

INSECTE PARFAIT

Il est un des plus jolis du genre. Bien que M. Guénée ait pris cette petite phalénite « en certain nombre, autour de Cette (Hérault), vers la fin de juin » X, p. 542, elle n’est, je crois, nulle part abondante. C’est de loin en loin seulement que, dans le courant de juin, on la rencontre aux environs d'Hyères, de Marseille, de Montpellier, de Barcelone (Espagne), etc. Je ne l’ai prise qu’une fois dans un vallon ombreux du territoire de Cannes.

D’après l'éducation que j'ai faite de l’Ostrinaria, j'ai tout lieu de penser qu’elle n’a qu’une génération, cependant, mon correspondant de Barcelone, M. Himmighoffen, me mande qu'après l’avoir prise en juin, il l’a retrouvée à la fin d'août dans les mêmes lieux que la première fois.

Acidalia Inesata, Mir.

(Species nova.) | (PI. 400, fig. 3 à 5.)

C’est de la Scutulata, W.-V., que cette espèce nouvelle se rappro-

Acidalia Inesata. 483

che le plus : au premier abord, elle semble n’en être qu’une variété; cependant, en comparant les deux espèces sur nature, on reconnait bientôt en quoi elles diffèrent l’une de l’autre. L’{nesata est toujours plus petite, les quatre ailes sont relativement plus allongées , l'apex plus aigu ; les lignes transverses sont nettes, continues, et ne présentent pas, ainsi que chez la Scutulata, une basilaire nébuleuse et une coudée formée par une ligne de points nervuraux; enfin, lespetites taches terminales représentent chez l’Inesata une série de petits traits bruns placés en dehors de la frange, tandis que, chez la Scutulata, ce sont invariablement des points ronds sur la frange même; sans parler d’autres caractères différentiels qui ont aussi leur valeur.

Cette nouvelle Acidalia ne peut être confondue avec l'Inustata, H.-S., si différente par la taille, les bandes, et surtout par « son apex souillé de brun-noir, qui s’étend presque sur toute la côte. » (Gn. IX, p. 459.)

L’Inesata ne peut être davantage confondue avec l’Ochroleucata, H.-S., qui a « la ligne coudée fortement denticulée. L'ombre médiane également bien visible aux quatre ailes. » (Gn. IX, p. 458), puisque la ligne est brisée chez l’Acidalie nouvelle, qu’elle ne présente pas de dentelure, etqu’enfin on ne voit pas de trace de l’ombre médiane au bord interne des supérieures.

Voici la description de l’Acidalia Inesata :

Envergure, 0,018.

Les ailes sont allongées, arrondies, aiguës à l’apex des antérieures, avec le fond d’un gris blanc jaunâtre sur lequel se détachent les lignes et les taches ordinaires. L'espace médian est sans ombre aux quatre ailes, à peine sali à la côte des supérieures, avec le point cellulaire rond, brun et bien marqué. La première ligne, l’extrabasillaire, est fine, oblique, continue, brune; la coudée, plus visible, présente un léger coude avec un angle interne au second tiers de sa longueur. L'espace subterminal, ainsi que la base de l’aile, sont salis

par des atomes bruns et serrés; on voit, en outre "un trait brun oblique partant du coude pour aboutir à l’apex, limitant ainsi le semé d’atomes bruns de l’espace subterminal ; les franges concolores sont précédées aux quatre ailes d’une série de petits traits noirs allongés ; enfin, on voit, compris dans l’espace subterminal, un filet clair se détachant à peine. La tête est petite et concolore; le thorax et l’abdomen rappellent la couleur des ailes. Le dessous est la répétition du dessus, mais d’une manière imparfaite, car sur un fond grisâtre, les lignes et les taches ont visiblement pâli, les pattes sont médiocrement longues ; elles sont grises et munies de deux paires d’éperons aux postérieures. Le corps est grêle, caréné en dessus, brunâtre et d’un gris elair à l’extrémité. La © , qui est un peu plus grande que le o’, en diffère sensiblement par la couleur de l’espace subterminal, lequel est entièrement d’un gris brun jusqu’au trait diagonal qui relie l’angle de la coudée à lapex. La bande subterminale des inférieures est également brune. Cette espèce varie pour la grandeur des sujets : je vois une © dont l’envergure n'arrive pas aux deux tiers de celle du type. |

Cette petite Acidalie à pour patrie les environs de Barcelone (Espa gne), d'où me l’a fait parvenir M. Himmighoffen.

L’Acidalia Inesata prendra place après la Scutulata et précédera la Lœvigata. Elle portera, dans le Species, le n° 765 bis.

Mon cabinet : deux ©” et trois £.

Acidalia Flaveolaria. | 485

Acidalia Flaveolaria, Hz.

341. — Dup., V, p. 87, pl. 176, fig. 4. — Tr., Sup.,221. — Herr.- Sch., p. 27. — Led., p. 91. — Lah., 49. — Gn., IX, p. 447. — Ster. 32. — Brunnearia, Fab. 119 ?

L’œuf est relativement gros et elliptique, granuleux vu à la loupe, et d’un vert glauque. Pour arriver à tout son développement, la chenille demeure depuis la fin de juillet jusqu’au commencement de mai de l’année suivante ; pendant ce long espace de temps, elle semble à peine toucher aux plantes dont elle se nourrit. Elle a les habitudes de toutes les petites chenilles d’Acidalia dont j'ai parlé précédemment. Parvenue à tout son développement, elle est courte, atténuée en avant, rugueuse, médiocrement carénée sur les côtés, à anneaux distincts et à tête petite. Généralement d’un argileux foncé, les lignes sont ainsi indiquées : la vasculaire est fine, claire, un peu rosée, continue, liserée de brun de chaque côté ; la sous-dorsale est fine, claire, légérement flexueuse, brune et continue; la stigmatale, placée sur la carène, est claire et continue. Tête petite et brune ; marquée de deux lignes claires correspondant aux sous-dorsales ; le ventre est concolore et marqué d'une double raie claire formant sur les anneaux du milieu un dessin losangé ; les stigmates blanchâtres et non cerclés. Au-dessous de la stigmatale il existe, à partir du 5° au 9° anneau, un gros point brun placé en dessous de chacun des stigmates. On voit, enfin, sur le premier segment, quatre traits bruns qui en occupent le sommet.

Bien que mangeant fort peu à la fois, la chenille de la Flaveolaria a touché aux feuilles et aux fleurs d’un bon nombre de plantes basses.

Il est probable que dans la nature l’espèce, originaire des Hautes— Alpes, y vit sur les surfaces gazonnées et qu’elle passe de six à sept mois enfouie sous la neige, engourdie par le froid. Dans l’appartement, la métamorphose à eu lieu en mai, et l’état léthargique a été fort court.

INSECTE PARFAIT

Il est vrai qu'il varie du jaune citron au jaune orange foncé. Elle est très-commune dans les Alpes-Rhétiennes (Meyer). Assez fréquente dans les prairies sèches des montagnes de la Suisse orientale (Bremi). Abondante près de Zermatt, à la Grave et dans plusieurs autres parties des Alpes (Gn.).

La © de la Flaveolaria est un peu plus difñcile à rencontrer que le ©”; car, plus lourde que celui-ci, elle vole peu. Cette Acidalia est plus rare que sa voisine l’Aureolaria, ou plutôt moins répandue dans les collections, parce qu’elle n’habite que les régions montagneuses. Cette dernière, au contraire, est plus facile à chasser, puisque « elle est très-commune sur les pentes rocailleuses et chaudes de la plus grande partie de l’Europe. » (Gn., IX, p. 447).

Acidalia Belemiata, Mir.

(Species nova.) * (P1.:400, fig. 8 et 9.)

C’est la plus petite du genre après la Nexata, Hb., qui, elle, appartient à un tout autre groupe d’Acidalies. La forme relativement arron- … die des quatre ailes de mon espèce nouvelle, et lagrosse tache d’un brun noir dont chacune de ses ailes est marquée aux trois quarts dubord interne, en font une espèce tranchée, et que de suite on recon-

Acidalia Belemiata. 487

naît comme distinete de tout autre. Si je rapporte l'Acidalia Belemiata au groupe G. du Species général (Gen. Ptychopoda, Steph.), je ne puis la comparer à aucune des Acidalia qui le composent, si ce n’est pourtant à la Lœvigata, dont les lignes transverses des ailes supérieures rappellent un peu celles de la nouvelle Acidalie.

Voici sa description :

Envergure, 0",015.

Les ailes sont arrondies, mais cependant les supérieures présentent une légère pointeobtuse à l’apex; ellessont d’un argileux foncé, un peu vineux, saupoudrées de quelques atomes noirs et traversées par deux lignes brunes, fines, très-coudées aux supérieures, une ligne de même couleur aux inférieures, partant toutes du bord supérieur pour aboutir au bord inférieur, avec une grosse tache noirâtre , d'une forme à peu près rectangulaire , appuyée aux trois quarts du bord interne de chaque aile. L’unique bande transverse des inférieures, qui est très-arquée, n’est précédée d’aucune tache ni d'aucune ligne, si ce n’est pourtant le point cellulaire qui est relativement gros et noir, aux secondes ailes surtout; on voit, mais vaguement, un feston clair, subterminal, appuyé à la grosse tache noire précitée. On distingue en outre une série de points noirs-et ronds sur la frange des quatre ailes; celle-Jà est médiocrement large; elle est concolore. Le dessous serait assez la répétition du dessus ; cependant le fond est plus clair, les lignes, les taches et les points y sont beaucoup moins accusés. Les antennes sont longues, simples et de couleur argileuse ; les yeux noirs, le vertex et le thorax concolores; les pattes, longues et brunâtres, sont munies aux inférieures d’une paire d’éperons assez longs.

La © nediffére que légèrement du o’; elle est un peu plus grande et un peu plus foncée que lui.

Cette petite espèce m'a été procurée par M. Himmighoffen qui l’a découverte, ainsi que l’Inesata précédemment décrite; elle vole aux environs de Barcelone (Espagne).

Devant trouver place après la Lœvigata, V’Acid. Belemiata portera, dans le Species général, le n° 758 bis.

Mon cabinet: un © et deux ©.

Acidalia Stramimata, TR.

Sup., p. 205. — Bdv., 1880? — Herr.-Sch. p. 16, fig. 82, 83. — Lah., 19. — Gn.IX, p. 493. — Stgr. 55. —Sylvestraria, Hb. 94? . == Marginepunctata, Steph. IE, p. 310. — Wood. 724.

(PI. 400, fig. 40 et 11).

Le 4 juin, une Straminata m'a pondu dix-huit œufs sphériques , cannelés, jaunes, puis rougeâtres ; ils sont éclos le 11 du même mois. Si ces œufs éclosent rapidement, la chenille, qui se développe en été, n’en grossit pas moins fort lentement. Six semaines après sa naissance, elle n’avait pas un centimètre de long; ce n’est qu’en ceptéembre que cette larve prend du développement d’une manière appréciable. A la voir, vers la fin d'octobre, parvenue à sa taille, on penserait que sa transformation doit avoir bientôt lieu; il n’en est rien cependant, car elle passe l'hiver (1) et ne se chrysalide qu'au premier printemps de l'année suivante, vers la fin de février. En est-il de même à l'état de liberté? La chose me paraît assez supposable.

Cette chenille est, pour une espèce de ce groupe, passablement longue, atténuée en avant, très-plissée, carénée, à tête petite, globuleuse, un peu aplatie antérieurement, brune, rétractile, avec les derniers segments très-plissés et formés en petites caroncules; le clapet anal existe, mais imparfaitement. Le corps, sur un fond verdâtre plus ou moins prononcé, est chamarré de taches blanches,

(4) J'en excepte deux sujets qui se sont transformées à la fin de novembre.

Acidalia Straminata. 489 grises, noires et rougeâtres. Le losange dorsal, sur les anneaux du milieu, est bien formé ; il est ordinairement carné et liséré de noir sur les bords, avec des éclaircies blanchâtres extérieurement. On ne distingue que la ligne vasculaire; elle est fine, double, noire; le ventre, qui est de couleur fuligineuse, présente au centre, sur chaque segment du milieu, un dessin clair, en forme de losange.

Cette chenille est polyphage ; je l’ai nourrie avec les fleurs et les feuilles d’un certain nombre de plantes basses, telles que: Synanthérées, Renonculacées, Polygonées, Convolvulacées, etc. Celles de ces chenilles qui ont continué à manger pendant l'hiver ont préféré les feuilles sèches, alors que les feuilles fraiches ne leur manquaient pas. Ainsi que la plupart des larves d’Acidalies, celle de, la Straminata se cache parmi les débris de plantes, les lie et tisse une sorte de réseau blanc à larges mailles, ressemblant assez à du tulle grossier; elle s’y blottit et se transforme après trois ou quatre jours, et, un mois après environ, éclot l’insecte parfait, c’est-à-dire vers le commencement d'avril.

La chrysalide ne présenterait rien de remarquable si la gaîne des antennes , des yeux, et celle des nervures des ailes supérieures, n'étaient des plus prononcées. La pointe abdominale est précédée d’un bourrelet et terminée par six ou sept crins recourbés.

INSECTE PARFAIT

La race méridionale est un peu moins saupoudrée d’atomes noirs que celle qui se prend en Allemagne; elle est donc plus claire, sans avoir le blanc satiné de la Subsericeata, Haw. Cette race du Midi est aussi plus grande; mais, malgré ces différences, je ne saurais voir là ni une espèce distincte, ni même une variété tranchée; . d’ailleurs, la tache cellulaire et les points terminaux sont aux quatre ailes bien marqués.

Cette Acidalie ne doit avoir qu’une génération.

Les figures 32 et 83 de M. Harrich-Schaëffer sont très-bonnes ; la

Sylvestraria de Hubner, à cause de sa médiocrité, ne doit pas plus être rapportée à cette dernière Acidalia qu'à la Straminata, Tr. « D'ailleurs, vorame le dit avec grande raison M. Guenée, il est fort inutile de discuter une figure aussi imparfaite. »

L’Acid. Straminata, qui n’avait point encore été signalée comme appartenant à la Provence, est cependant très-abondante à Cannes pendant le mois d’avril, dans les terrains inculies qui avoisinent Notre-Dame-des-Pins.

Acidalia Rubricata, W.-V,

K.-19. — Fab., 264, — Bork., 152. — Hb., I.— Tr., I p. 8 et Sup. p. 203 — Dup., V, p. 94, pl. 176, fig. 5, 6. — Step., HIT, p. 408, pl. 34, fig. 1.—H.-S., p. 22. — Lah., 34. —Gn., IX, p. 454. — Stgr., 108 = ? Rubiginata.

om L4

(PI. 100, fig. 16 et 17.) CHENILLE.

La Rubricata, par la forme relativement très-allongée de sa larve, serait peut-être mieux placée dans le voisinage des Acidalia Imitaria, Hb., Depunctata, Scep. (Iconog.. pl. 72, fig. 8, 12 et 13), et Promutata. Elle est, en effet, très-longue, très-effilée, cylindrique, à peine carénée sur les côtés, à pattes antérieures très-rapprochées et à pattes anales se touchant presque, à tête petite et globuleuse, à clapet bien formé. Elle est en dessus et sur les flarics d’un jaunâtre carné, avec une seule ligne; la vasculaire, fine, continue et rougeàtre : le ventre est d’un vert clair uniforme; la tête, la région du dos et les trois premiers segments sont lavés de rougeûtre ; les stigmates ronds, noirs, bien visibles, les dix pattes concolores.

Il est surprenant que cette chenille, qui est si abondante dans la plus grande partie de l’Europe, soit demeurée inconnue jusqu'à ce

Acidalia Degeneraria. 491 jour, je l’ai nourrie avec les feuilles de la Vicia cracca, du Convolvulus vulgare, du Polygonum aviculare, etc. L'espèce paraît au moins trois fois dans l’année. Pour se métamorphoser la chenille se comporte ainsi que celle des Acidalia que j'ai observées et dont j’ai raconté les mœurs dans les précédentes livraisons.

INSECTE PARFAIT

Indépéndamment du fond de la couleur, qui varie passablement du gris verdâtre au pourpre rosé (c’est cette dernière variété queje figure en regard de la chenilledu type, pl. 400, fig. 16), indépendamment de cette variété dans la couleur des ailes, dis-je, on rencontre dans le Lyonnais des sujets relativement petits, lesquels présentent une “envergure de 0°,15, alors que de grands exemplaires de cette Acidalie mesurent jusqu’à 0",25. |

Je n’ai jamais remarqué la Rubricata plus bas que le département du Rhône, et je ne sache pas qu'elle y ait été prise. Elle est fréquente aux environs de Lausanne, et près des lacs de Zurich et de Constance (Laharpe). Elle n’est pas très-rare sur les coteaux secs exposés au midi des environs d’Autun (Constant).

Acidalia Degeneraria, Hs.

57.— Tr. Il, p. 267.—Dup., V, p. 78, pl. 175, fig. 4.—Curt., 384. — Step., IV, p. 394. — Wood., 720. — Herr.-Sch., p. 15, fig. 339. — Gn., IX, p. 513. — Stgr., 99.

(Var. Meridiaria, Mill.) (PI. 100, fig. 12 à 15.)

Voici une espèce qui présente, chez les sujets du midi de la France, une variété tellement constante, que le type, toujours rougeâtre et

plus petit, ne s’est, à ma connaissance, jamais rencontré en Provence. Je dirai en outre que la chenille de cette variété est d’une couleur si différente, qu’il pourrait bien se faire que ce fut une espèce séparée. Je ne la considère cependant que comme variété constante de la Degeneraria, etje crois devoir l'appeler Var. Meridiaria. Tout en donnant la figüre de la chenille de chacune de ces deux races, je les décrirai

séparément et dirai leurs mœurs, lesquelles pourtant sont assez semblables.

CHENILLE DU TYPE (Degeneraria).

Elle est courte, atténuée en avant, très-carénée sur les côtés, trèsplissée sur les premiers et sur les derniers anneaux, presque entièrement d’un noir velouté, carnée sur les premiers et derniers anneaux, à Clapet anal formé, mais assez petit. On voit imparfaiteméent les deux premières lignes, et, si on distingue mieux la stigmatale, c’est qu'elle est blanchätre. Le dos présente, sur les 6°, 7° et 8° anneaux, un losange clair, mais qui n’est pas toujours bien arrêté sur les bords; on voit en outre, sur le 8°, un dessin en forme de fer à cheval, suivi d’une ligne noire qui atteint le 12° segment. Le dessous est également noir, avec une tache claire sagittée placée au centre de chaque anneau du milieu; les pattes écailleuses sont entièrement noires ; les autres sont 'concolores.

Quand cette chenille est au repos, sa pose est des plus rigides, et, ses habitudes de vivre à découvert, fixée près du sol pendant l'hiver, sont des plus curieuses à observer. Eclose en été, cette larve n'avait atteint son entier développement qn’en avril de l’année suivante. Elle a vécu sur plusieurs espèces de plantes herbacées, telles que Scabieuses, Achillées, Liserons, etc. Elles’est métamorphosée dans la mousse et a formé une chrysalide brune, lavée de verdâtre antérieurement, et terminée par une pointe recourbée et précédée d’un petit bourrelet brun. Le lépidoptère a paru en mai.

Acidalia Degeneraria. 493

CHENILLE DE LA VARIÉTÉ (Meridiaria).

L'œuf provenant de la seconde génération est sphérique et rougeàtre. Lors de son éclosion, la petite larve est jaunâtre est cerclée de brun; éclose le 20 mai, elle était à toute sa grosseur vers le à juillet.

Je fais observer que cette chenille, représentant la génération de l'été, n’a jamais été noire comme celle du type, et que les sujets que ‘j'ai rencontrés dans la nature, pendant l'hiver, n’avaient pas davantage cette teinte obscure; que toutes ces chenilles, enfin, se sont tou- Jours montrées d’un rougeâtre plus ou moins foncé (4). Parvenue à sa taille, la chenille de cette variété constante m'a paru plus allongée et plus épaisse que celle du type; elle est atténuée en avant et caré=+ née, a tête petite, rétractile et brune. Les anneaux sont distincts ; ceux du centre présentent sur ledos une espèce d’X auxincisions ; on voit encore sur le 8° un dessin rappelant vaguement celui du type. La ligne vasculaire est fine, interrompue, blanche; la stigmatale, qui est continue, est aussi un peu plus claire que le fond. Les stigmates ronds et noirs. J'ai nourri la chenille de cette variété de la même manière que celle du type.

INSECTE PARFAIT

La figure de Duponchel (pl. 174, n° 4), nous montre, non la Degeneraria type dont le fond est rougeâtre, avec une ombre médiane plus foncée ; mais elle indique la variété constante (Meridiaria), dont l’espace médian est ordinairement envahi par une teinte vineuse plus ou moins accusée. L

La couleur de l’insecte de Duponchel n’a, au reste, rien qui doive surprendre, car le sujet qui à servi à représenter la figure en ques-

(1) I est cependant utile de dire que parmi les chenilles noires du type, quelques-unes avaient perdu leur couleur sombre, et qu’elles étaient devenues d’un carné obseur.

tion, provenait du Midi. « L’individu figuré, rapporte Duponchel, nous a été communiqué par le docteur Rambur, qui l’a pris dans les environs de Montpellier. »

Le type, que l’on rencontre de loin en loin aux environs de notre ville, au centre, à l’est et au nord de la France, en Angleterre et en Hongrie, n’a, je l’ai dit, jamais été remarqué en Provence.

La Var. Meridiaria qui, au moment de l’éclosion, a des reflets verdâtres, est fort abondante aux environs de Cannes, aux îles de Lérins principalement, où elle paraît être, en ce lieu, la plus commune de toutes les phalénites. Elle est également fréquente à Amélie-les- Bains (Pyrénées-Orientales (1), aux environs de Montpellier, de Marseille, ainsi que sur tout le littoral, où elle pourrait bien avoir plus de deux générations.

J'ai rencontré une seule fois cette variété constante près de Lyon, dans la propriété de MM. Ferrouillat.

(1) Les sujets de ce pays, obtenus de chenilles rencontrées en hiver, sont grands, bien marqués, et caractèrisent parfaitement la variété méridionale.

Fig.

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EXPLICATION DES PLANCHES De la 22e Livraison (4868).

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