‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inéditsChapitre 12 sur 45 · TROISIÈME LIVRAISON · texte numérisé non relu

TROISIÈME LIVRAISON

(Présentées à la Société Linnéenne de Lyon, le 43 août 1860.)

D ae——

Fidonia Piumisiaria.

Vall. EL: p. 526 pl. 6 fig. 7. — Bork. 70. — Hub. 127, 417 à 420. — Treits. I. p. 281. — Encycl. X, p. 74. — Dup. IV, p. 410, pl. 164, fig. 4. — Bdv. 1514. — Herr. Sch. p. 91. — Delah. 155. — Gn. X, 1186.

(PI. 4, Fig. 4 à 3.) CHENILLE.

Cette larve, assez courte ('), est cylindrique de la tête au onzième segment compris, non atténuée , sans aucune éminence.

Le fond est d’un jaune terreux, maculé de brun, dont lin-

tensité varie selon les sujets.

(1) Toutes les chenilles de Fédonia connues, sont longues et efflées ; la forme passablement ramassée de celle de Plumistaria, semblerait éloigner celle-ci.du genre Fidonia, mais l’insecte parfait ne peut être séparé de ce genre.

La vasculaire est nulle, ou plutôt représentée, sur chaque segment, par une tache losangée, obscure. La sous-dorsale est rougetre, étroite, ondulée, continue. La stigmatale est jaune clair, étroite, faiblement ondulée, continue de la tête au dernier anneau. Les stigmates sont gros, faiblement ellipsoïdes, noirs, cerclés de jaune et accompagnés d'une petite tache ronde, de couleur jaune-souci.

La tête est globuleuse, aussi haute que le premier anneau, marquée au sommet d’une tache jaune clair et de deux rangées de points noirs parallèles à la sous-dorsale.

Le ventre, d'un rougeätre obscur, est traversé longitudinalement par trois lignes noires, fines et continues.

Les dix pattes sont concôlores.

Cette chenille, qui est franchement méridionale, bien que l'espèce appartienne aussi à la faune suisse (*), passe l'hiver en chrysalide. Elle est tres-rigide, demeure à découvert pendant toute la durée de son état de larve et paraît vivre exclusivement sur le Dorycnium suffruticosum, Vi. dont elle ronge les feuilles préférablement aux fleurs.

En captivité, son éducation est facile.

Je l’obtins de mon collègue de la Société entomologique de France, M. Manuel, de Montpellier, qui eut l’obligeance de m'en adresser un certain nombre vers le commencement de juillet. Le 29 du même mois, toutes mes chenilles étaient métamorphosées.

Cette larve varie peu : c'est toutefois ce que j'ai’ remarqué chez celles que j'ai élevées.

(*} Delab, p. 79.

Fidonia Plhumistaria. 115

CHRYSALIDE

Ainsi que la plupart des larves de Géomètres, cette espèce se métamorphose dans une coque molle qu'elle à formée de mousse ou de détritus de végétaux.

La nymphe est passablement obtuse, renflée jusqu'y compris l'enveloppe des ailes, brune, lavée de rougeâtre sur la poitrine. Les anneaux abdominaux sont peu développés et terminés par une pointe assez allongée qui, vue à la loupe, présente deux crochets divergents. La gaine des antennes, chez le mâle, large et saillante, laisse voir, à l'œil nu, chacune des barbules.

Plumistaria, qui a deux générations, éclot une première fois en mars et une seconde fois en septembre. La seconde éclosion, cependant, est beaucoup moins abondante que la

première.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,058 à 0,040 mill.

Les ailes süpérieures sont le plus ordinairement, en dessus, d'un jaune-souci mêlé de jaune pale, avec quatre bandes transverses, noires, lesquelles ne sont qu'une réunion de gros points de formes diverses. Entre chacune de ces bandes existent épars d’autres points noirs généralement plus petits. La frange est noire, précédée de sept taches carrées Jaune-souci, correspondant aux nervures de chaque aile. Le dessous est moins chargé d'atomes noirs : sur un fond jaune souci, on ne voit, des bandes transverses, que le sommet appuyé à la côte. La frange est noire en dessus et en dessous.

Les ailes inférieures sont ordinairement d’un jaune-souci plus où moins vif, traversées par une coudée bien écrite en

noir, suivie d’une rangée de points nervuraux. Le dessous de

ces inférieures est din jaune blanchätre rappelant le dessus par la disposition de la coudée et des points noirs.

Les antennes, très-longues, tres-plumeuses, sont garnies jusqu'au sommet: elles ont les barbules noires et la côte blanche.

La tête et le corselet sont noirs.

L'abdomen, jaune-souci, est maculé de nombreuses taches noires.

La femelle, abstraction faite des antennes qui sont filiformes, ressemble au mâle. Toutefois les ailes inférieures de celle-là sont ordinairement d'un ton plus chaud.

Cette Phalénite paraît commune dans presque tout le midi de la France. Elle vole, de huit heures du matin à midi, avec une grande rapidité dans les lieux incultes, sur les collines déboisées, au milieu de la maigre végétation qui caractérise ces localités.

Plumistaria parait être moins fréquente à Hyères et à Marseille, qu’elle ne l’est à Montpellier, sa véritable patrie.

A part lAuritaria de Hubner n° 416, qui n'est qu'une variété accidentelle du type, on n’a pas signalé d'aberration de cette belle Fidonia pour laquelle Hubner et Ledérer ont

fait un genre spécial sous le nom de Eurranthis.

ZySæna Lavandulaæ.

Fab. et Ochsen. — Sphinx Lavandulæ, Esp.— Sphinx Spicæ, Hub. — Sphinx de la Lavande, Eugram. — Zygène de la Lavande, Gad. — Z. Lavandulæ, Bdv. Dup.

(PI. 4. Fig. 4à8).

CHENILLE. g

Elle est assez courte, serait complètement cylindrique , n'était les deux extrémités faiblement aiténuées. Les couleurs

Zygæna Lavandule. 117 sont tranchées et vives, ce qui en fait peut-être l'espèce la plus remarquable du genre.

Le fond est gris-blanc mat, avec une large raie noire, continue, qui, placée de chaque côté, représente la sousdorsale. La stigmatale gris-blanchâtre est moins vive que le fond. La vasculaire est très-fine, continue, carminée. Sur la ligne blanche, placée en dessus de la bande noire sousdorsale, existent sur chaque anneau deux taches d’un jaune canari, ovales, qui ne sont séparées l'une de l'autre que par l'intersection des anneaux.

Le ventre est d'un carminé assez vif, sans lignes disunctes.

La tête est très-petite, rétractile, tres-noire, avec la lèvre supérieure blanche. Les pattes écailleuses sont complètement noires; les ventrales et anales, d’un carminé obscur. Les stigmates qu'on distingue à peine à l'œil nu, sont arrondis, très-noirs, avec la bordure blanchâtre et saillante.

Chaque point trapézoïdal supporte ane petite touffe de poils courts et blanchâtres.

Les chenilles de Zavandulæ, ainsi que le plus grand nombre des espèces congénères, éclosent ordinairement en septembre, huit ou dix jours après que les œufs ont été pondus.

Le plus souvent, la femelle fixe à une plante sèche ses œufs au nombre de trente ou quarante, superposés ct entourant la tige. Ces œufs sont sphériques, très-brillants et comme recouverts d’une couche métallique.

L'espèce est fréquente à Hyères et, sans nul doute, en d’autres lieux de la Provence. Pendant longtemps je l'ai cherchée sur les Lavandes (Z, spica, D. C, et stæchas, L.) trèsabondantes dans les garrigues méridionales, lorsque par hasard je l'ai rencontrée à la Villette, dans la propriété de notre collègue, M. Bruand d’Uzelle, située en face des îles d'Hyères. C'est là, en effet, que je trouvai, au mois de dé-

cembre 1859, sur le Doryenium suffruticosum, Virx., les preimières chenilles de Lavandulæ (1),

En automne cette larve grossit peu, mais aussitôt qu'arrivent mars et avril, elle croit plus rapidement, atteint tonte sa grosseur, et, avant la formation de sa coque, demeure lixée à un corps solide pendant huit à dix jours,

CHRYSALIDE

Lorsque instant de la transformation est arrivé, la chenille de Zavandule file, le long d’une tige de Dorycnium, un cocon allongé, fusiforme, satiné, luisant, plissé.

La chrysalide, relativement forte, est un peu molle, ainsi que toutes celles du genre. Elle est passablement renflée, sans éminences, sans crocheis ni pointe saillante, de couleur terne sur le dos et la poitrine avec les anneaux de l'abdomen mobiles et d’une teinte plus où moins jaunâtre.

L'insecte parfait éclot dès la fin d'avril ou le commencement de mai.

Envergure : 0,050 à 0,632 mill.

Les ailes supérieures sont vert-bieu luisant, avec cinq taches d'un rouge très-brillant, bordées de noir à droite et à gauche. Les quatre premières de ces taches sont disposées par paires dont la première touche la base de l'aile, la seconde occupe à peu près le milieu. La cinquième tache, toujours

(?) Je crois avoir acquis la certitude que la chenille de Lavandulæ n'a jamais vécu sur les Eavandes, et que le nom, qui lui a été donné par Fabricius, a élé, ainsi que bien d’autres, imposé au hasard.

Mecyna Polygonalis. 119 isolée, est siluée presque au sommet de l'aile. Les franges sont étroites et d’un blanc tirant sur le fauve.

Les ailes inférieures, d'un bleu luisant métallique, présentent deux taches rouges, inégales et variant fréquemment de forme.

Le corps est vert bronzé, avec un collier blanc interrompu au sommet. Les antennes, ainsi que les pattes, sont de la couleur du corps.

La femelle, un peu plus grande que le mâle, lui ressemble tout-à-fait.

Lavandulæ à deux générations ; cependant la première éclosion parait être beaucoup plus abondante que la seconde.

Cette Zygénide, qui vole en grand nombre dans les lieux où vit sa chenille, doit également se rencontrer à Celles-les- Bains (Ardèche), où abonde le Dorycniun suffruticosum.

Mecyna Polygonalis.

Hb. 67. — Trit. p. 112 et Sup. 25. — Dup. p.150, pl. 220, f. 1. — Herr.-Sch. p. 52 = Gilvata, Fab. Gn. 530

(PI. 2. Fig. 4 et2.

CGENILIE.

Cylindrique, faiblement atténuée aux deux extrémités, à peine carénée sur les flancs, luisante, à trapézoïdaux verruqueux très-fournis de poils blanchâtres assez longs. Rayée dans toute sa longueur de larges bandes de couleurs tranchées, ainsi disposées :

La double ligne dorsale, d’un blanc verdâtre, est très-large du premier au dixième segment. Nulle trace de la vasculaire. L’espace compris entre la dorsale et la stigmatale est, dans toute

sa longueur, d'un now mat. À cette bande noire succède une

bande jaune, large, marquée sur chaque anneau d’une tache sagittée dirigeant sa pointe postérieurement. Cette bande jaune est suivie d’une ligne noire, étroite, continue. Le ventre est bleuâtre obscur, sans lignes perceptibles. La stigmatale est faiblement ondulée, étroite et jaunâtre ; les stigmates sont blancs et cerclés de noir.

La tête est forte, carrée, d'un noir de jais. Les pattes écailleuses, également noires, sont relativement fortes. Les membraneuses, bleuâtres, ont la couronne brune.

Ainsi rayée longitudinalement de couleurs vives, cette chenille, qui vit constamment à découvert, est des plus jolies. Elle a un faux air de Lithoside du genre Emydia, auquel je supposai d’abord qu'elle devait appartenir.

Il faut que la Pyr. Polygonalis du Vien.-Verz ne soit point cette espèce ; cela semble probable, puisque, ditil, la chenille vit sur la Renouée trainasse (Polygonum aviculare).

Cette larve, ainsi que le pensent les divers auteurs que j'ai consultés, n’est décrite ou figurée nuile part. On sait seulement qu'elle vit sur une plante appartenant à la famille des Légumineuses.

C'est à l’obligeance de notre collègue, M. Dardoin, que je dois de connaître cette chenille. Il me la fit recucillir sur l'Ulex nanus, Swrn., des fleurs duquel F'insecte paraît vivre exclusivement.

Dans le courant de décembre, la chenille qui, à tous ses âges, se tient à découvert, a atteint toute sa taille. Elle descend alors sous les mousses, ou parmi les feuilles sèches, et se chrysalide. Mais elle a préalablement formé une coque molle, dans la composition de laquelle il entre des grains de terre et de petites parcelles de végétaux liés au moyen d'une soie brune.

Ayant omis de peindre la chrysalide et de la décrire avant l'éclosion de l'insecte parfait, je ne puis rien dire de sa forme.

Mecyna Polygonalis. 121

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,028 à 0,030 mill.

Cette Botyde varie beaucoup.

IL faut regarder comme types de l'espèce les mdividus dont les ailes supérieures sont d’un brun rougeñtre avec Le disque cendré. La coudée est entière, dentée, et se perd dans la teinte brune du bord inférieur.

Les secondes ailes sont d’un jaune plus ou moins pâle, plus ou moins ochreux, avec reflets satinés. Elles sont ornées d’une large bande brune, très-nette, interrompue par un léger espace jaune près de la nervure interne.

Les antennes, brunes, minces, sont finement pubescentes. Les palpes labiaux sont droits, incombants, plus longs que la tête. Le corselet rappelle la couleur des ailes supérieures. L'abdomen, assez épais, est jaune, annelé de brun, dépassant les ailes.

Cette espece éclot en juin et juillet. Elle doit n'avoir qu'une seule génération.

Polygonalis, au témoignage de Treitschke, est fort rare en Allemagne; mais, dit:il, on la rencontre assez communément en Dalmatie.

La variété aux ailes supérieures plus ou moins ferrugineuses, à disque non cendré, appartient plutôt à l'Espagne et à l'Italie qu'à la France. Cette aberration est, sans nul doute, la Diversalis, Tr. — Hub. 204, 205. — Dup., pl. 220, ig. 2. -— Gn., p. 403. Var. A.

Polyqonalis ne vit pas seulement sur lUlex nanus: je soupconne qu'on peut la rencontrer sur le Genèt épineux (Cytisus spinosus, Lau.) , car Flinsecte parfait vole assez

communément aux environs d'Hyères où ne croit aucun Uler.

Crocallis Dardoinaria.

Donzel, Ann. Soc. ent. de Fr. 1840, p. 59, pl. 4, fig. 2, AB. — Dup. Sup. HE, p. 617, pl. 50, fig. 8. — Herr.-Sch., p.44, fig. 45-46.— Aglossaria, Bdv. 1461. — Odontopera Dardoinaria, Gn. p. 167, n. 266.

QP1,22,,4ie. 31à 54}

Cette Phalénite, que la plupart des auteurs ont placée dans les Ennomos, peut avoir, à l'état parfait, certains caractères qui aient obligé M. Guenée à ne pas l’admettre dans son genre Crocallis. Mais ces caractères, à mon avis, sont de faible importance comparativement à ceux que J'ai pu observer chez la chenille dont je viens de faire l'éducation (f). Ces caractères spécifiques sont tels qu'ils doivent forcément empècher Dardoinaria de faire partie du genre Odontopera créé par Stephens, dans lequel l'auteur du Species général des Lépidoptères fait entrer cette Géomètre. Par les motifs que je vais dire, elle devra être replacée dans le genre Crocallis.

Non-seulement la chenille de Dardoinaria a beaucoup de rapports pour la forme avec celle de la Crocallis Elinquaria ; mais, ainsi que cette dernière, elle a une peute saillie caronculiforme sur le onzième anneau. De plus, et ce fait est concluant, la chenille de Dardoinaria n'a pas les deux paires de pattes ventrales impropres à la marche qui distinguent les Odontopera. Ce dernier caractère fort important suflirait seul, on le voit, pour que cet insecte ne füt pointune Odontopera.

(1) Cette chenille est, depuis longtemps déjà, connue de M. Dardoin, de Marseille, qui l'élève chaque année; mais il ne l'a point encore fait connaitre. -

Crocallis Dardoinaria. 123 CHENILLE,

Allongée, épaisse, s'amincissant d’arrière en avant. D'un gris terreux lavé de rougetre vers la partie dorsale, et de bleuâtre dans le voisinage des pattes. Le premier anneau est faiblement bleuatre sur toute sa surface. La vasculaire est fine, brune, continue, assez bien écrite du quatrième au onzième segment. La sous-dorsale consiste en une double ligne brune, fine, faiblement ondulée. La stigmatale se détache à peine du fond et présente, ainsi que la sous-dorsale, une fable ondulation. Les stigmates sont noirs et éclairés de blanc au centre. Le ventre, qui est d’un gris terreux moins foncé que le reste du corps, est uni et sans lignes.

Le onzième anneau est surmonté d’une petite caroncule bifide, inclinée faiblement en arrière, marquée de brun sur chaque coté.

La tête est carrée, aplatie antérieurement et à moitié rentrée Sous le premier segment.

Les yeux sont très-visibles à l'œil nu : examinés à la loupe, on les distingue au nombre de six sur chaque côté de la tête, disposés en ellipse. :

Les dix pattes, concolores, sont relativement robustes.

L'espèce présente une variété d'un fauve obscur avec la sous-dorsale vivement écrite en brun sur la première moitié de chaque segment.

Cette chenille, qui ne mange jamais que la nuit, vit à découvert dans le jeune âge; arrivée à sa dernière croissance, elle se cache pendant le jour. Elle préfère la fleur à la feuille de l'Unex nanus, Swrrn, arbuste méridional qui parait Ja nourrir exclusivement.

C'est d’après les indications de notre tres-obligeant collègue

M. Dardom, de Marseille , que je pus, vers la fin de no-

vembre dernier, obtenir les chenilles de cette grande Cro* callis, encore rare dans les collections. Les larves étaient alors très-petites. Je me les suis procurées en battant les branches de l'Ulex nanus. Mais je fais observer que ce procédé expéditif est funeste à bon nombre de chenilles, car détachées brusquement des rameaux elles sont souvent atteintes par les épines nombreuses, serrées, courtes el acérées qui, de haut en bas, recouvrent cet arbrisseau. Cette espèce, dont la véritable patrie est Marseille, ne se retrouve pas sur d’autres points de la Provence où cependant abonde lUlex nanus, notamment au fort Sainte- Marguerite, à quatre ou cinq kilomètres de Toulon, où, à diverses époques, je me suis rendu pour la chercher.

CIIRYSALIDE.

L'insecte, qui d'ordinaire à atteint sa taille vers la fin de. janvier, ne s’enterre pas pour se chrysalider. Il se cache entre la mousse et le sol, rassemble des feuilles sèches, divers débris de végétaux, quelques grains de terre, et file une soie grisatre , en forme un cocon de consistance molle, et se métamorphose dans un temps assez court.

La nymphe est cylindrico-conique , lisse, luisante, d’un rouge-brun foncé, avec les ailes très-distinctes sous leur enveloppe. |

Le dernier segment est terminé par deux pointes principales et par d’autres plus petites, placées en dessous des premières; toutes sont, à l'extrémité, recourbées en dehors. Ces petites pointes ou crins, très-raides, sont visibles à l'œil nu.

L'apparition du Lépidoptère à lieu dans la nature depuis le commencement de juin jusque vers la fin du mois d'août.

Cette Crocallis, ainsi que sa congénère Extimaria, n'éclot

que la nuit: de onze heures à une heure du matin.

Crocallis Dardoinaria. 195

INSECTE PARFAIT

Envergure (le 4) 0,038 à 0,040 m., (la 9) 0,043 à 0,045 m.

Les ailes supérieures du mâle sont presque entières, veloutées, à frange large et fournie, d'un rougeñtre foncé, très-finement saupoudrées d’atomes bruns. Les nervures sont plus ou moins bien écrites en roux-clair, surtout aux embranchements de la médiane. Les lignes transverses forment un trapèze médian plus accusé que le fond. La tache cellulaire est noire, pupillée de blanchâtre.

Les ailes inférieures, très-faiblement dentées, plus claires que les supérieures, sont traversées par une seule ligne peu visible.

Les antennes sont longues, brièvement pectinées. Les palpes sont droits et peu développés. Le corps est robuste. Le thorax et la poitrine sont velus; l'abdomen est long et dépasse les ailes.

La femelle, toujours plus grande que le mâle, a les supérieures sensiblement dentées. Les premières ailes, généralement plus claires que celles du mâle, ürent sur le roux. Les inférieures, d'un bleuâtre clur et chatoyant, laissent à peine voir la ligne transverse et le pot cellulaire.

Les dessins de Donzel (Ann. Soc. ent. de France, 1840, pl. 4) qui, sans doute, ont été copiés par Duponchel (Sup. IL, pl. 50, fig. 8) donnent du et de la ? de Dardoinaria une idée assez fausse : ces dessins représentent le male plus grand et de couleur plus claire que la femelle; tandis que c’est le contraire. Les ailes du mâle sont aussi trop arrondies à l’apical.

Les figures de M. Herrich-Schæffer (Tab. 8, fig. 45-16)

sont, chez les deux sexes, plus vraies que celles de Donzel et Duponchel quant aux contours extérieurs, mais la couleur

n'est pas exacte.

Hapiiio Galathea.

Lin. — Le Demi-Deuil, Geoff., God. — Arge Galathea, Bdv. — de Vill et Gn. p. 75.— Dup. = Aberr. Turca, Bdv.

(PL. 3, fig. 4.)

Arge Galathea varie beaucoup, tous les Lépidoptéristes le savent. On compte cinq ou six aberrations de cette Satyride, qui, pour la plupart, ont été décrites et figurées. Cependant la plus remarquable de ces variétés n’a guère été qu'indiquée par le docteur Boisduval dans son Index methodicus europæorum Lepidopterorum, page 25, et n'a été représentée nulle part. Je veux parler de Ia variété Turca (fere tota nigra) Bdv., de Turquie.

C'est cette intéressante aberration, retrouvée en France, que Jje figure aujourd'hui.

Les trois mots fere tota nigra, qui suivent le nom de Turea, dans l'Index de M. Boisduval, pourraient, à la rigueur, suffire à la description de cette variété de Galathea; cependant je crois devoir la décrire plus complètement qu’elle ne l'a été.

Turca se distingue par une taille plus grande , un facies

général plus allongé, et par les ailes supérieures à contours

moins arrondis que le type.

Le noir qui, d'ordinaire chez Galathea, n'est indiqué que

par de grandes taches de formes diverses, a envahi, chez Turca. la presque totalité de la surface des premières ailes;

; [l Î ; c'est à peine si on distingue deux ou trois petites taches

blanches oblongues placées vers le centre des supérieures.

Mamestra Chenopodiphaga. 127

Les ailes inférieures, moins noires que les supérieures, permettent de distinguer quatre à cinq larges taches blanchâtres aspergées de noir. Les nervures sont ici très-largement indiquées en noir.

Les lunules ordinaires sont très-faiblement écrites.

Le dessous des supérieures rappelle le dessus, c'est-à-dire qu'il est très-noir; 11 ne nous montre guère que les mêmes petites taches blanches indiquées en dessus.

Les inférieures, sur un fond légèrement verdätre, sont en dessous entièrement sablées de noir, avec les dessins ordinaires parfaitement indiqués en noir.

Cette Turca fut prise par feu Donzel dans les environs de Digne, et fait partie de sa riche collection.

Mameosira Chenopoñiphaga,

Ramb. Annales Soc. ent. de France, 1832, p. 285, pl. 9, fig. 7. — Frey. IT, pl. 209, fig. 1. — Hub.-Gey. 851, 852. — Gn. Ind. 245. — Bdv. 969. — Dup. Sup. HE, P- 251, pl. 25, fig. 5. — Gn: V, p. 190.

(PI. 3, fig. 2à-.6) CHENILLE.

Allongée, cylindrique, avec le onzième anneau très-faiblement relevé. D'un gris jaunâtre ou roussâtre sur le dos et Les flancs. Le ventre, d’un bleu livide, n'a pas de lignes. Les vasculaire et sous-dorsale sont d'un gris foncé, larges et continues. Entre ces lignes et sur chaque anneau , on voit un chevron brun qui, appuyant sa base sur la sous-dorsale, se projette diagonalement dans le sens de la vasculaire qu'il ne touche

pas. Ces lignes et ces chevrons sont bien plus vivement écrits après les deuxième et troisième mues qu'ils ne le sont lorsque l'insecte est parvenu à sa taille. À ce moment, les chevrons touchent à la sous-dorsale par l’une de leurs extrémités, et à la vasculaire par l'autre.

La stigmatale est fort mal indiquée et semble se mêler plus où moins aux atomes brunâtres dont la chenille est recouverte.

Les stigmates sont ovoides, d'un noir violet et cerclés de noirâtre.

La tête est faiblement brunätre, marquée de nombreuses petites taches noires disposées latéralement au sommet.

Les pattes écailleuses sont concolores, mis teintées de brun extérieurement. Les membraneuses, également concolores, ont la couronne brunatre.

Le premier segment supporte une sorte d’écusson testacé qui m'a paru de nature cornée et qui occupe toute la partie supérieure de l'anneau.

La chenille de Chenopodiphaga est essentiellement méridionale. On la trouve parvenue à toute sa taille dès le milieu de mars et le commencement d'avril. Elle vit indistinctement sur le Chenopodium fruticosum, L., l'Atriplex portulacoides, L., et la Salsola soda, L. Les chenilles dont j'ai fait l'éducation ont été nourries avec cette dernière plante qui croit abondamment au bord de la mer. Pendant le jour elle se cache avec soin dans la terre, ou bien sous les débris de végétaux.

C’est à mon ami M. Dardoin, de Marseille, entomologiste

distingué, que je dois ces détails de mœurs.

CnRyYSALIDE.

La chenille, qui grossit très-vile, tarde peu à opérer sa transformation. Quand arrive pour elle cette importante

Mamestra Chenopodiphaga. 129 époque, elle descend profondément en terre (!), construit une coque peu épaisse, mais de texture solide, dans la composition de laquelle il n'entre pas de soie.

Cette coque, relativement grande, oblongue, rugueuse à l'extérieur, est très-lisse intérieurement.

La chrysalide est cylindrico-conique, tres-lisse, très-luisante, d'un jaune ochracé vif, avec la tête et les derniers segments rouge-brun. Les intersections des anneaux sont brunes ainsi que la place de la tête et celle des ailes.

Le dernier segment est terminé par deux pointes fortes, courtes, brunes et très-divergentes.

L'éclosion du Lépidoptère a lieu dans le courant de juin.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,046 à 0,048 mill.

Ailes supérieures allongées, d'un gris verdatre.'Les lignes ordinaires sont peu apparentes. La subterminale, en zig-zag, finement liserée de brun à droite et à gauche, parait plus claire que le fond. La coudée, trèes-nébuleuse, se détache à peine en brun. La subterminale est composée de dents trèsaiguës, finement écrites en noir.

Les taches réniforme et orbiculaire sont fort peu apparentes.

La frange est roussatre et précédée de points noirs correspondant aux nervures.

Les ailes inférieures sont grises et sans dessins, si ce n’est une bande transverse à peine écrite.

En dessous, les quatre ailes sont grises avec les nervures

(1) Mes chenillles (à l’état de nymphe) reposaient au fond du vase qui les renfermait, à dix ou douze centimètres sous la terre contenue dans ce vase.

bien marquées en brun. En outre, elles. sont traversées par une bande rousse très-sinueuse. Les supérieures supportent une lunule rousse évidée; les inférieures un gros point de même couleur.

Cette Noctuelle, qui a deux apparitions , une première au printemps et une seconde en automne, a été découverte aux environs de Marseille par M. Solier, puis retrouvée en Corse par le docteur Rambur qui, dans son Catalogue de l'ile de Corse, donne la description de la chenille de cette Mamestra.

L'auteur de la faune de lAndalousie à bien donné dans son Catalogue de File de Corse, la description de la chenille et de la chrysalide de Chenopodiphaga ; maïs comme il n’a figuré ni l'une ni l’autre, J'ai cru devoir combler cette lacune

dans l'histoire de cette noctuelle.

Varictés de Melia Didyma,

Fas., Ocu., Gor., Bpv., pe Vis. et GN., Dur. (4berr. À, B. et C., Mirx.)

De ious les Diurnes, c’est, à n'en pas douter, la Didymaà qui varie le plus. Certaines grandes collections comptent un nombre considérable d’aberrations de cette espèce. Le cabinet de M. Oito Staudinger, de Dresde, possède plus de cent variétés plus ou moins caractérisées de cette Aelitæa.

Bien que les aberrations de Didyma soient fort nombreuses, peu de ces anomalies ont été figurées jusqu'à ce jour. Celles que j'ai Fhonneur de soumettre aujourd'hui à la Société Linnéenne sont inédites, selon toute probabilité, ct au moins aussi remarquables que les variétés publiées précédemment. Ces nouvelles anomalies ont été prises à Digne (Basses-Alpes) et font partie de la collection Donzel, riche

surtout en Diurnes européens.

Melitæa Didyma. 154 Var. A (PI fe 40).

Ce sujet est d'assez grande taille.

Le noir des ailes supérieures recouvre en grande partie leur surface. Sur chacune de ces ailes on ne distingue guère

£ du fond qu'une large bande d’un fauve aurore précédant la bordure ; celle-ci est relativement large.

Les inférieures n’ont rien qui les distingue du type.

Les quatre ailes sont, en dessous, semblables de tout point à celles des Didyma ordinaires, et les supérieures ne laissent nullement soupconner l'étrange anomalie qui les caractérise en dessus.

Var. B. (PI. 4, fig. 2).

Cette seconde aberration est plus remarquable que la première en ce que les quatre ailes, en dessus et en dessous, s’éloignent sensiblement du type. Les supérieures, en dessus, ne possèdent que les taches basilaires et la bande noire terminale. La ligne de points noirs formant la bande médiane, et la ligne de lunules noires qui la suit, manquent complètement chez ce sujet.

Les inférieures se distinguent de celles de la Didyma ovdinaire, 1° par la bande de points formant la bande médiane qui, chez cette variété, représente autant de taches noires ellipuques placées entre chaque nervure; 2° par l'absence des lunules qui, le plus souvent, précèdent la frange.

Les supérieures, en dessous ne s’éloignent du type que par les taches de la coudée qui ne sont visibles qu'au sommet de l'aile et qui sont très-allongées dans le sens des nervures.

Les inférieures différent en ce que le noir a envahi l'aile jusqu'à la première bande fauve aurore ; et que les deux liones de lunules de la Melitæa ordinaire sont remplacées ici

par autant de gros points carrés d'un noir profond.

Var. C. (PI. 4, fig. 3).

Cette variété, plus grande que anomalie précédente, s'eñ rapproche beaucoup par la coloration, mais elle présente plusieurs différences dans la disposition des taches.

Les ailes supérieures, ainsi que celles des deux précédenles variétés, sont bien d’un fauve aurore, mais elles sont beaucoup plus pâles que les inférieures.

La ligne de points, qui manque tout-à-faitchez la variété B., existe chez l'aberration C, bien que très-faiblement écrite.

On remarque aux inférieures une ligne médiane formée par une série de points allongés qui ne s'élève qu'à la moitié de la hauteur de l'aile ; enfin une bande terminale large et profondément dentée.

Les ailes inférieures, en dessous, sont ce qu'il y a de plus remarquable chez cet insecte : les deux bandes fauves ordimaires se voient bien, mais la première est deux fois plus large que chez Dydima typique, et, au lieu d’être continue, elle présénte une série de quatre grosses taches oblongues accompagnées, aux deux extrémités, d'une grande tache noire. Les taches fauves sont, en outre, sablées d’atomes noirs. La seconde bande également interrompue est remplacée par six taches fauves , pâles, suivies de gros points noirs. Enfin les lunules terminales n'existent pas, mais on voit à la place six

grands ellipsoïdes noirs entre chaque nervure. Sciaphila Limoniana, Mir. (Species nova ).

(PI. 4. fig. 4à 8).

Fusiforme, allongée, avec les anneaux passablement renflés ; rougeûtre en dessus et en dessous. Les lignes vasculaire

et sous-dorsale sont brunes: la stigmatale est carnée,

Sciaphila Limoniana. 155

Les stigmates sont noirs et cerclés de blanchâtre.

Le ventre est sans lignes.

La tête et le dessus du premier anneau sont de nature cornée et d'un noir luisant.

Les pattes écailleuses sont noires, les membraneuses concolores.

L'insecte est recouvert d’une villosité courte, grise, visible seulement à la loupe.

Ainsi que plusieurs de ses congénères, la chenille de cette Sciaphila réunit et lie au moyen d’une soie brune les fleurs bleu-lilas du Statice limonium, Linx. disposées en épis unilatéraux, et, sous cet abri, ronge lentement la plante.

Cette larve parait demeurer un temps assez long pour opérer sa croissance. Lorsque les fleurs, en partie dévorées, ne lui laissent plus une nourriture suflisante , la petite chenille quitte sa retraite , réunit bientôt de nouvelles fleurs ; mais alors elle en forme un paquet plus volumineux que précédemment , et recommence son œuvre de destruction

jusqu'à son entier développement.

CHRYSALIDE

Pour se métamorphoser cette Tortricide reste très-souvent au centre du paquet de fleurs du Siatice limonium qu'elle à liées ; elle bouche avec soin les ouvertures que précédemment elle s'était ménagées et se chrysalide dans un espace de temps très-variable (1). D’autres fois, la chenille quitte la plante qui l'a nourrie, cherche sous ses longues feuilles toutes radicales, un abri commode, construit une petite coque de soie pure,

et se transforme.

(*) Le 5 mars dernier j'obtenais mes premières Zimoniana, alors que des chenilles de cette espèce, recueillies en même temps que celles qui venaient d’éclore, étaient encore à l'état de larve.

Cette chrysalide est cylindrico-conique, un peu renflée au milieu, d'un rouge brun, avec les intersections des anneaux lavées de jaunâtre. Le dernier segment est garni de crins raides, divergents, dont l'extrémité est recourbée en hamecon. On ne distingue ces crins qu'au moyen d'une forte loupe. Enfin les yeux sont proéminents sous leur enveloppe et paraissent noirs.

IL périt relativement un grand nombre de ces insectes à l'époque de leur transformation en nymphe:; c’est toutefois ce que J'ai remarqué, à l'égard des chenilles de ce nouveau

Platyomide, élevées en captivité.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,015 à 0,016 mil.

Le Tortricide dont Limoniana se rapproche le plus et dont il a la taille et le fucies, est Albulana, Her-Sch. (fig. 190-191). Cependant ma Sciaphila est toujours d'une teinte généralement plus sombre qu’Ælbulana; elle est aussi d'un bleuâtre plus ou moins obscur, selon les individus. Enfin les bandes transversales des ailes supérieures, bien que se rapprochant assez de celles d'Ælbulana, n'ont pourtant pas fa même disposition. Je ne comparerai que la bande principale de chacun des deux Platyomides pour faire suffisamment comprendre ce qui les distingue : La bande brune subterminale de Paile supérieure, chez Ælbuluna, est où contournée ou interrompue pour former une, deux, et même trois taches ; mais de toute manière, cette bande règne chez tous les individus, dans toute la largeur de l'aile; tandis que chez Limoniana, à la place de la bande subterminale, on remarque une simple tâche noirâtre, rectangulaire, appuyant un de ses angles à une ligne de points noirs qui précède la frange.

Le fond des ailes supérieures, chez Limoniana, est d'un

cris bleuatre, sablé d’atomes noirs.

Sciaphilia Eimoniana. 155

La basilaire et la coudée sont noirâtres. Cette dernière ligne, qui présente toujours vers son milieu un angle extérieur très-aigu , est relativement étroite, comparée à la basilaire chez Ælbulana. Cette ligne est large et traverse l'aile sans présenter au bord d'ondulation sensible et sans former de coude, ainsi qu'on le remarque toujours chez sa congénère Albulana.

Les ailes inférieures sont, en dessus el en dessous, d'un gris bleuâtre uni. Les franges des quatre ailes sont brunes et assez longues.

Les supéricures sont, en dessous, d’un noir fuligineux , moins intense au milieu de l'aile que sur les bords. La seconde moitié de la côte est blanchätre. Elle laisse voir quatre taches brunes, constantes, correspondant à celles du dessus de l'aile.

Les antennes, qui atteignent à peine là moitié de la Iongueur de l'aile supérieure, sont noires. Les palpes, jaunûtres, assez développés, ne finissent pas en pointe comme ceux d'Albulana.

La tête est fauve. Le corselet et l'abdomen sont d'un noir bleuitre.

Si Albulana et Limoniana ont quelques points de rapprochement par le facies général de leurs insectes parfaits, Îles mœurs des chenilles de chacune de ces deux espèces ne doivent pas se ressembler. La première, Ælbulana, est fort répandue dans les montagnes les plus élevées de la Loire et du Bugey; elle s’avance même jusqu'en Suisse (1).

Ce Platyomide vit à l’état de larve, cela me paraît vraisemblable, aux dépens de la feuille ou du fruit du Pinus picea,

Lixx.; Limoniana, au contraire, parait se nourrir exclusi-

(1) Derau , Faune suisse. Torlricides, page 49.

vement de la fleur du Statice limonium, que lon rencontre en abondance sur tout le littoral de la Méditerranée.

Je dirai encore qu'Albulana éclot en juillet, tandis que Limoniana, qui n’a qu'une génération, paraît du commen-

cement de mars au 10 ou 15 avril.

Amphipyra Efasa.

Bdv. Ind. meth. 743. — Gey. 820, 821. — Frey. Il, pl. 148, f. 53. — Treit. Sup. p. 31. — Gn. Ind. p. 248. — Dup. Sup. IT, p. 201, pl. 19. — Gn. Spec. 1281.

(PL5, fig. 5à8).

Proportionnellement très-forte (le type surtoul), très-atténuée antérieurement, rase; d'un beau vert pomme. Le onzième segment est relevé en pyramide, mais cependant moins haut que chez ses voisines Pyramidea et Perflua, avec lesquelles à chenille d'Effusa a, du reste, quelque ressemblance.

La vasculaire est blanche, large et continue. La sous-dorsale est également blanche, mais interrompue sur le dixième anneau : elle est brisée sur le onzième et vient s'unir à la stigmatale vers son extrémité. Cette bande est médiocrement large, également blanchätre et parcourt sans interruption les douze anneaux. Cette dernière ligne est liserée, en dessus, de lilas foncé, mieux marqué sur le milieu des anneaux que sur les intersections.

Les stigmates sont ovales ct finement cerclés de noir.

En dessous de la vasculaire, de même qu'en dessous de la sous-dorsale , il existe un point blanc sur chaque anneau ,

a partir du quatrième segment.

Auplhipyra Effusa. 157

La tête, assez petite, est verte et rétractile.

Les pattes écailleuses sont lilas foncé extérieurement et jaunâtres à l'intérieur. Les pattes membraneuses sont jaunâtres, avec la couronne d'un carminé obscur.

Le ventre est verdatre et sans lignes.

Dans les proportions d'un vingtième on rencontre chez cette Amphipyra une variété d’un vert-myrte (pl. 5, fig. 6); toujours un peu plus petite que le type.

Cette aberration a les lignes ordinaires et les points blancs qui se détachent très-vivement sur le fond.

La chenille d'Effusa décrite par Duponchel n’a jamais été figurée. À tous ses âges, cette larve vit à découvert sur une foule de plantes de genres bien différents les uns des autres. Je l'ai trouvée sur les Cytisus argenteus, candicans et spinosus , le Daphne gnidium, les Erica arborea et scoparia la Lavatera olbia, les Cistus albidus, salvifolius et Monspeliensis.

Elle commence à éclore dès le mois de décembre, grossit lentement jusqu'à fin février; mais à partir de cette dernière époque, sa croissance s'opère rapidement. Elle se chrysalide vers la fin d'avril, et, cinq ou six semaines après sa transfor-

mation, l'insecte parfait éclot.

CHRYSALIDE

La chenille descend dans la terre à une profondeur de trois ou quatre centimètres, et se transforme bientôt sans avoir préalablement formé de coque.

La nymphe est conico-cylindrique, d'un rouge brun, trèspeu luisante, lavée de jaunûtre obscur sur la poitrine.

La gaine des ailes est proéminente, ainsi que celle des yeux et des antennes. Le dernier anneau est terminé par

deux pointes noires, courtes, presque parallèles, entourées

de cinq ou SIx tres-petits crochets divergents. INSECTE PARFAIT,

Envergure : 0,045 à 0,046 mil.

Les premieres ailes sont, en dessus, d'un brun fuligineux, luisant, avec les lignes ordinaires qui se détachent à peine du fond. On ne distingue bien la réniforme et l’orbiculaire que parce qu'elles sont entourées d’atomes noirs. En dessous de l'orbiculaire il existe une tache grisätre, allongée dans le sens des nervures, et cerclée de noir.

La subterminale est indiquée par une rangée de points nervuraux grisatres; ceux-ci sont précédés de taches noires cunéiformes qui, rares chez quelques individus, disparaissent completement chez d'autres. La côte est maculée de cinq ou six gros points noirs. La frange est concolore et entrecoupée de brun.

Les inférieures sont sans lignes et semblables au fond des supérieures.

Les quatre ailes, en dessous, sont sans dessins et d’un fuligineux plus clair que le dessus.

Le corselet, semblable aux ailes supérieures, est, ainsi que celles-ci, maculé de taches noirâtres.

Cette espèce varie fort peu. Il est cependant une aberra-

tion que Je crois devoir signaler.

Var. À,

Un peu plus petite, et le fond plus clair que le type.

Chez cette variété la réniforme a disparu entièrement ainsi que les deux lignes de points subterminaux. A la place de la prenuère de ces lignes qui manque, on voit un liseré gri-

satre, festonné, continu.

Plusia Chalcites. 159

Fait partie de la collection Donzel.

Cette Amphipyra, qui na qu'une seule génération par an, rencontrée pour la première fois en Sicile par M. A. Lefèvre, est des plus abondantes dans les environs d'Hyères.

Depuis, elle fut retrouvée en divers lieux de la Provence, notamment par MM. Donzel, Meissonnier et Dardoin.

M. le docteur Rambur l’a également rapportée de la Co rse où elle parait être fréquente.

Plusia Chalcites.

Esp. p. 447, pl. 141, fig. 5. — Bork. 552. = La Chalcite Eug. 586, a, b. — Bengalensis, Rossi Il, pl. 5. — Quæstionis, Fab. 2955. — Enc. 613. — Chalcitis Hub. 276. — Treit. IL. p. 163. — Dup. V, p. 55, pl. 156. — Gn. Ind. p. 247. — Bdv. 1267. — Gn. 1167.

(PL5, fig.4à4) CHENILLE.

Cette espèce, qui a beaucoup de rapport avec la chenille de Gamma, est d'une grosseur moyenne, et sensiblement atténuée antérieurement. Elle est d’un vert clair mat avec le onzième anneau faiblement relevé.

Ainsi que toutes les chenilles de Plusia connues, Chalcites n'a que douze pattes.

La vasculaire, assez large, est d’un vert plus foncé que la teinte générale de l’insecte; elle est continue, légèrement ondulée et accompagnée, de chaque côté, d'un liseré fin, blanchâtre. La sous-dorsale est très-fine, géminée, jaunatre, et n’est bien visible qu’à la loupe. La stigmatale est d’un blanc Jaunâtre, large et se continue sans interruplion sur les douze segments.

Les stigmates, noirs, tres-finement pupillés de blanc, sont

liserés de jaunâtre,

Les points ordinaires sont peu saillants, mais ils sont très-. blancs, donnent naissance à une villosité jaunatre, courte, qu'on ne distingue pas à l'œil nu.

La tête, faiblement aplatie antérieurement, est verte, avec deux traits noirs latéraux, partant de la hauteur de la sousdorsale pour aboutir à la mâchoire. Les pattes sont concolores; le dernier article des écailleuses est noir.

Cette chenille est verte à tous les âges ; mais cette couleur, de très-tendre qu’elle est d'abord, se fonce davantage lorsque l'insecte est parvenu à toute sa taille.

La chenille de cette jolie Plusia, que l'on rencontre. à Hyères, pendant neuf ou dix mois de l’année, n'a jamais été figurée. Elle parait très-répandue dans toute la Provence. Comme celle de sa congénère Gamma, cette larve est polyphage. Les plantes sur lesquelles on est toujours sûr de la trouver sont : la Parietaria officinalis, les Urtica dioica eturens, le Cytisus argenteus, les Solanum nigrum, dulcamara, et le

Lycopersicum esculentum.

CHRYSALIDE

Cette larve croit rapidement, et fait ordinairement sa co: que dans les feuilles. Cette enveloppe ; composée de soie très-pure, très-blanche, ne présente qu'une pellicule molle et très-mince (pl. 5, fig. 2).

En moins de trente-six heures, la chenille a formé sa chrysalide. Vingt jours après, au plus, le lépidoptère éclot.

La chrysalide, passablement allongée, est conico-cylindrique, d'un noir terne. La gaine ventrale ne s'élève pas sensiblement. L'extrémité du dernier anneau, vu à la loupe, est

terminée par une seule pointe aiguë.

INSECTE PARFAIT

Les ailes supérieures sont festonnées, avec une dent anale.

Abraxas Pantaria. 441 ‘prononcée. Elles sont, en dessus, d'un fauve satiné, marbré de brun, avec reflet métallique doré au centre, à la base, à l'angle interne et au bord terminal. Le milieu est marqué de deux petites taches argentées presque contiguës, très-brillantes. La première a la forme d'une virgule couchée dans le sens des nervures; la seconde est ovale. Il existe en outre un point noir placé sur le milieu de la frange de l'aile supérieure.

Les ailes postérieures sont d'un fauve enfumé qui s’éclaircit à la base. Les nervures sont vivement écrites. La frange est jaunätre, entrecoupée de fuligineux.

Les quatre ailes sont, en dessous, d’un fauve ochracé, traversées par une large bande commune. Le thorax est brun. La crête et le collier sont fauves. L’abdomen est jaunâtre, avec les deux aigrettes qui le surmontent d’un roux ferrugi-

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