‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inéditsChapitre 13 sur 45 · UX · texte numérisé non relu

UX

Abraxas Pantaria. La.

Syst. nat. 218.—Vill. 4514. — Esp. pl. 47, fig. 5.—Hub,. 81. — Havv. p. 517. — Dup. V, p. 244, pl. 187, fig. 3. — Treits. IE, p. 242. — Encycl. p. 84. — Steph. IIE, p. 246, pl. 52, fig. 1. — Wood, 600. — Bdv. 1806.— Herr.-Sch. p. 64. — Delah. 106. — Gn. 1265.

(PI, 6, fig. 4 à 3).

Les divers âges de cette chenille nous la montrent avec les mêmes lignes, les mêmes couleurs tranchées.

Arrivée à sa taille, elle est cylindrique, assez courte, épaisse, sans éminences. Le fond est gris-bleu.

La vasculaire, fine, continue, est d'un noir-bleuatre.

Les lignes dorsale, sous-dorsale et stigmatale sont larges, continues, très-faiblement ondulées, noirâtres.

Le ventre est jaune-verdûtre, sans lignes.

La iète est forte, globuleuse, nullement rentrée sous le premier anneau; elle est, ainsi que le premier segment et les dix pattes, d’un jaune vif.

Les stigmates, ovoïdes, sont blancs, cerclés de noir, accompagnés, à droite et à gauche, de points bruns.

Cette chenille présente une variété qui possède bien les

lignes dorsale et sous-dorsale, mais à peine écrites. Le fond gris-bleu à disparu; 1l est remplacé par une teinte jaune pale (jaune de Naples).

La chenille de Pantaria, qui est fort répandue dans les campagnes des environs de Marseille, Toulon, Hyères, dans plusieurs localités des Pyrénées-Orientales, etc., vit sur les divers Fraxinus (F. excelsior et ornus). Elle paraît avoir les mémes habitudes que ses congénères Grossulariata et Ulmala ; vit, comme elles, à découvert, et quelquefois dépouille entièrement les frènes de leurs feuilles.

À tous ses âges, cetle chenille, qui n'a qu'une génération, laisse après elle un fil de soie blanche qui adhère aux objets sur lesquels linsecte a passe.

L'acte de la copulation, par exception à la plupart des Géomètres, dure plusieurs heures chez Pantaria. Deux ou trois femelles, fécondées en captivité, m'ont donné des œufs. Ceux-ci sont éclos vingt jours après la ponte.

La petite chenille, nourrie en plein air, grossit peu dans le jeune âge, passe l'hiver et attend la pousse des feuilles de

l'année suivante pour achever sa croissance.

CHrYSALIDE.

Ce n’est guère que dans le courant de juin que cette Géo-

mètre arrive à loute sa taille. Elle descend alors dans les

Abraxas Pantaria. 145

mousses, sous lesquelles elle se chrysalide sans avoir préalablement formé de coque.

La nymphe est conique, assez courte, rougeître, lavée de verdâtre sur la poitrine, luisante, à peau fine, à anneaux abdominaux libres.

La pointe est brune et passablement longue.

L'éclosion du Lépidoptère qui, d'ordinaire, arrive quinze où vingt jours après la transformation de la chenille, a toujours lieu le matin, deux ou trois heures après le lever du

soleil.

INSECTE PARFAIT

Envergure : (le 7) 0,035 à 0,056 mill. (la 9) 0,058 à 0,040 muill.

Les ailes sont larges, veloutées, d’un blanc légérement roussatre. L'extra-basilaire, très-rapprochée du corselet, est brune: l'espace que cette ligne enferme est d'un ferrugineux pâle. La coudée est indiquée, aux supérieures, par une ligne de points nervuraux de couleur ferrugineuse, dont l'un, celui qui s'appuie au bord interne de l'aile, est gros et oblong.

Aux inférieures, la coudée seule existe; elle est, ainsi qu'aux supérieures, représentée par une ligne de points. Celui qui repose sur l'angle anal est assez gros.

Les ailes, en dessous, sont, de même qu'en dessus, d'un blanc jaunatre avec l'extra-basilaire faiblement écrite, et une double ligne de points nervuraux d'un gris-bleuâtre. Quelquefois le disque des supérieures est marqué de deux ou trois traits bruns.

Les antennes sont noires : leur base est ferrugineuse. Le front est étroit et aplati. Il est, ainsi que le corselet, l'abdomen et la poitrine, d’un jaune ferrugineux. Il existe sur l'abdomen un grand nombre de taches noires; les dorsales sont

pleines; les latérales, occllées à prunelle ferrugineuse.

Les deux sexes se ressemblent ; seulement la femelle «st généralement plus grande que le mâle.

Je ne puis trop savoir ce qui à fait supposer à Devillers que la femelle de cette Æbraxas était aptère.

Un parasite, relativement très-petit, attaque Pantaria dans les proportions d'un dixième. Il appartient à l'ordre dès Hyménoptères et doit être l'Eurytoma Abrotani, Latr.

Après être arrivée à sa taille , la larve de ce parasite sort du corps de la chenille expirante, suspend sa coque de forme ovoide à une feuille ou à une branche de frène au moyen d'un long il de soie, et éclot quinze ou dix-huit jours après

sa transformation.

Euboli Basochesiata.

Düp. V, p. 558, pl. 210, fig. 5. — Bdv. 1768. — Gn. 1702. — (non Herr.-Sch.)

(PI. 6, fig. 4à 6).

Une femelle de Basochesiata ; capturée la nuit par M. Bruand d'Uzelle, au commencement de janvier dernier, pondit cinq œufs fécondés. Ceux-ci, de forme sphérique et cannelés sont éclos le 24 du même mois (*).

Mon ami, M. Bruand, voulut bien me confier l'éducation des jeunes larves. Ce fut à moi de chercher la plante qui dut

(*) Je crois devoir faire part à mes lecteurs d’un fait physiologique anormal qui n’est pas, ce me semble, sans intérêt: Quatre œufs de Basoekesiata sur cinq que je possédais, sont éclos; cependant le cinquième œuf n’éclosait pas. Scize jours s'étaient écoulés déjà et le dernier œuf très-plein, parfaitement sain, me laissait soupconner qu'il pourrait éclore. En effet, le 10 février, dix-sept joursaprès l'éclosion des quatre premières chenilles,arriva la cinquième petite larve; mais celle-ci, très-bien portante d'abord, mourut après sa deuxième mue.

Euboliu Basochesiata. 145 les nourrir. Après avoir présenté à ces insectes un grand nombre de plantes basses et autres, je réussis à les faire manger. Ils grossirent rapidement eu égard à la saison froide. A la fin de mars, un peu plus de deux mois après leur éclosion,

ces chenilles avaient opéré leur quatrième mue.

Arrivée à toute sa grosseur, cette larve est passablement allongée, cylindrique , sans éminences , sans carène; d'un rougeatre obscur, avec les intersections des anneaux tresbrunes.

La vasculaire est noiratre, largement interrompue, représeniée par une sorte de tache allongée, triangulaire , placée au centre de chaque anneau, et mieux indiquée sur les premiers que sur les derniers segments. La sous-dorsale est brune et continue. La stigmatale blanchâtre, carénée, d'une largeur moyenne, continue, est faiblement ondulée.

Les stigmates sont ronds, blancs, finement cercles d'un premier anneau noir et d’un second anneau carné, faiblement relevé en bourrelet.

La tête, aussi haute que le premier segment, assez forte, lenticulaire, maculée de points noirs nombreux, est bleuatre foncé.

Les pattes antérieures et le premier anneau sont d'un bleuâtre obscur. Les ventrales et anales, concolores.

L’insecte est recouvert de bourgeons piliféres donnant naissance à une villosité noire que l’on ne distingue pas bien sans le secours de la loupe. Les trapézoidaux sont noirs et forts.

Le ventre est d'un carné obscur, avec une ligne centrale blanchätre , large, continue, marquée au milieu de chaque

anneau, d'une tache brune en forme de parallélogramme rectanole.

Cette chenille ne mange que la nuit, reste à découvert pendant le jour, et, au repos, conserve toujours une atuütude rigide.

J'ai nourri la chenille de Basochesiata avec divers Galium, le Senecio vulgaris L. et la Feronica pilosa Lois.; mais, n'ayant pu amener à bien ces insectes que j'élevais avec de si grands soins, je pense que les plantes que je leur at données ne sont point celles dont elles vivent à l'état de liberté. Toutes sont mortes avant leur transformation.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,026 à 0,028 null.

Cette Phalénite est de la taille des petits exemplaires de Quadrifasciata, L. (*) dont elle a le facies et la couleur généale. Les ailes sont enueres; les supérieures brunes en dessus avec les lignes transversales, au nombre de trois, bien marquées et très-sinueuses. L’intervalle qui sépare l'espace médian de l'espace basilaire, est d’une teinte plus claire que le fond. L'extrabasilaire présente, vers le milieu , une forte courbure ; elle est, de plus, largement marquée de noir dans toute son étendue. La deuxième ligne , très-ondulée , supporte en dedans, aux deux tiers de la hauteur, et appuyée à une courbure rentrante , une grosse tache noire de forme à peu près carrée, Gette deuxième ligne est finement liserée de blanchàtre extérieurement, et suivie de deux traits bruns séminés. L'espace terminal est partagé par une ligne fine , blanche, dentée, assez faiblement écrite. Sur cette ligne, en dessous de l’apical, existe une large tache d’un noir bleuâtre

de forme rectangulaire.

{!} Plus ordinairement connue sous le nom de Ligustraria, XY,-\.

Eubolia Basochesiata. 147

Les ailes inférieures sont d'un gris-brun, traversées par cinq ou six lignes nébuleuses.

Le dessous des ailes est gris avec la côte lavée de jaunâtre. On n'apercoit aux supérieures que la seconde ligne transversale de l'espace médian. Le point cellulaire existe sur les quatre ailes, en dessus et en dessous ; mais il est à peine accusé. La frange, qui est concolore, est précédée de petits croissants noirs très-rapprochés, dont les pointes sont tournées en dehors.

Les antennes, simples chez les deux sexes, sont brunes ainsi que le corselet et l'abdomen. Les pattes, également brunes, sont annelées de fauve.

La femelle qui est un peu plus grande que le mâle, présente des différences de coloration qu'il est bon de signaler : 1° le fond est gris-brun, et les lignes qui bordent extérieurement les espaces basilaire et médian, ne sont point noires comme chez le mâle, mais seulement un peu plus accusées que le fond ; la tache noire de l'aile supérieure qui caractérise si bien le mâle, n'existe pas chez la femelle.

Basochesiata, à rion avis, doit plutôt trouver place à côté de la Quadrifasciata, Laxn.. ou de la Propugnata, W.-V., que dans le voisinage de la Malvata, Rams., et de la Cervinaria, Ross. Elle s'éloigne en effet de ces dernières par sa taille plus petite, et surtout par la coupe de ses ailes.

Si Basochesiata, dans la place qu'à mon avis elle doit occüper, précède ou suit Quadrifasciata, elle cessera d'être une Eubolia et devra désormais appartenir au genre Coremia créé par M. Guenée.

Cette intéressante Géomètre, qui est de la plus grande rareté, et que fort peu de Lépidoptéristes possèdent en collection, varie. En effet, chez l’un des individus cap-

turés en janvier de cette année, par M. Bruand, les lignes

disparaissent sous la teinte sombre du fond. Ge sujet est une femelle :ilest l'exagération opposée du type 9 (PL. 6, fig. 6).

fl faut bien que cette espèce ait été fort peu répandue jusqu'à ce jour, puisque M. Herrich-Schæffer et M. Guenée, qui ne l'avaient point encore vue en nature, ne Font, dans l'œuvre que chacun de ces savants a publiée, considérée que comme simple variété (?) de MHalvata.

Il ne sera donc plus possible de mettre en doute lauthenticité de Basochesiata, Dup. |

On trouve cette Géomètre eñ chassant à la lanterne dans les garrigues d'Hyères. Son vol est saceadé et tres-vif. On l'approche difheilement, ct, à cause de sa couleur sombre, on la distingue à peine, soit au vol, soit au repos.

J'avais d’abord considéré cette ÆEubolia comme inédite; mais, après l'avoir étudiée de nouveau, je lai rapportée avec certitude à la Basochesiata découverte à Hyères par feu Donzel, il y a plus de trente ans (?).

Cette Phalénite, ainsi que je l'ai dit, a été publiée par Duponchel (V. p. 558, pl. 210, fig. 5); mais elle est méconnaissable, tant par l'inexactitude du dessin, que par l'exagération des couleurs. De là l'erreur des naturalistes qui, ayant à parler de Basochesiata, s’en sont rapportés à la figure défectueuse de Duponchel, la seule qui existat. Aurai-je mieux réussi à rendre cette Géomètre? j'ose l’espérer.

() M. Guenée, dans son Species des Lépidoptères, assigne bien une place à la Basochesiata de Duponchel ( X p. 485, n. 1702); mais après l'avoir seulement indiquée, voiei ce qu'ajoute cet observaleur consciencieux :

« Je n'ai pas vu sette espèce et je le regrette beaucoup, car si j'en juge par « les auteurs qui en ont parlé, elle ne me parait qu'une simple variété de la «u Malvata, dont le nom devrait alors être supprimé. »

(2) Dans la collection Donzel, l’une des deux Basochesiata, qui seules y figurent, porte écrit sur l'étiquette : Hyères, mars 4829.

Tephrina Fincularia. #19

Æephrina Vincularia.

Hub. 402. — Treits. IL, p. 265. — Dup. t. VIEIL, Ire part, p. 155, pl. 180, fig. 7. — Bdv., 1605, — Herr.-Sch., p. 88. — Gn. X, 1074.

(PL.7, fig. À à 3.) CHENILLE.

Jeune, Fincularia est d'une teinte presque noire. Les taches du dos sont alors blanchätres et, par le fait, trèsapparentes.

Arrivée à toute sa taille, elle est assez allongée, faiblement -atténuée aux extrémités, à anneaux renflés, moniliforme , garnie de petits tubercules sur les quatrième, cinquième et onzième segments (1), carénée sur les flancs, généralement d'un vineux obscur sur le dos et les flancs; enfin tres-plissée transversalement.

La vasculaire est fine, brune, continue, à peine écrite. Nulle trace de la sous-dorsale. La stigmatale est large, plus claire que le fond, continue, ondulée et finement liserée de blanc inférieurement. Le ventre, d’un gris-bleuâtre, est sans lignes.

Les stigmates sont ovalaires, d’un blanc jaunâtre et cerelés de noir.

La villosité courte, fine, noire, n'est bien perceptible qu'à la loupe.

La tête, à peu près carrée, est forte, concolore, maculée

de taches blanchatres sans formes décidées.

(tj Par ce caractère important, celte chenille parait s'éloigner du genre Tephrina dans lequel M. Guenée l’a fait entrer.

Les points trapézoïdaux sont noirs; la seeonde paire, sur les Ame, 5me, et 11m segments, est relevée sous forme de caroncule bifide. Entre chacune des bifurcations très-espacées des me et 5me anneaux, existent deux traits blanchâtres séparés par la vasculaire.

En dessous, mais seulement chez certains sujets, on voit sur le 6me segment une éminence étroite, carénée et transversale.

La chenille de cette Tephrina vit aux environs de Montpellier, et sans doute en d’autres lieux de la France méridionale, sur le Rhamnus infectorius, L., dont elle ronge exclusivement la feuille. On dit qu'on la trouve quelquefois sur le Rhamnus catharticus, L. : cela est possible; mais ce que je puis aflirmer, c'est que des chenilles de Fincularia qui meurent pour nourriture que des feuilles de ce dernier arbrisseau, sont mortes sans les avoir attaquées.

Cette chenille est fort délicate et supporte diflicilement le transport d’un lieu à l’autre. Je dirai de plus, qu'en capuvité, il en périt un assez grand nombre en chrysalide.

Au repos, Vincularia tient ordinairement la partie antérieure du corps appuyée sur la troisième paire de pattes, tandis que les deux premières sont fixées contre la tête à moitié relevée (PL. 7, fig. 1).

L'insecte, pour se chrysalider, descend assez profondément dans la terre, et forme une coque molle dans laquelle il entre quelques grains de terre.

La nymphe, de forme conique, est passablement renflée, courte, brune, avec la gaine des antennes visible, laissant même apercevoir l'épaisseur des lamelles. La place des yeux est très-brune et luisante. La pointe abdominale, noire, brillante, est bifurquée à l'extrémité.

Tephrina Pincularia. 151

Les chenilles qui avaient disparu vers les premiers jours de juillet, n'ont donné, au commencement d'août, des individus grands et parfaitement développés, qui, peu de temps après leur éclosion, volaient avec une grande ra-

pidité.

INSECTE PARFAIT

Envergure 0,028 m. à 0,030 m.

Ailes entières : les supérieures faiblement falquées, les inférieures légèrement anguleuses et dentées. Les unes et les autres sont, chez les individus frais et d'éclosion récente, d'un gris-cendré tirant sur le bleuâtre (*).

Les supérieures ont une coudée large, d'un rougeitre. obscur, brune au sommet, et finement liserée de blanchätre de chaque côté. La basilaire, qui existe chez quelques sujets, manque chez le plus grand nombre, et, dans ce dernier cas, n'est indiquée que par une petite tache costale brune, oblongue. I existe en outre une tache orbiculaire . noire, oblongue, rattachée à la costale par un trait brun. mais variant de forme selon les sujets.

Les inférieures n’ont qu'une ligne transversale à peine distincte. Ainsi que les supérieures, elles sont aspergées de nombreux atomes bruns.

Le dessous des quatre ailes est d’un gris un peu roussâtre, faiblement enfumé aux supérieures jusqu'à la coudée. et toutes striées de brun.

Les nervures en dessus et en dessous sont très-distinctes.

La femelle a les antennes garnies de lamelles prononcées,

{) Pour peu que l’insecte ait vieilli, la teinte gris-bleuätre s'affaiblit, et, à la longue. disparaît complètement.

cependant elles sont moins longues que celles du mäle. C’est Ja seule du genre qui soit dans ce cas.

La tête, les antennes, les palpes grossièrement squammeux sont, ainsi que le corselet, d'un gris-bleuître.

Cette belle espèce a deux générations. Une première éclosion de l’insecte parfait a lieu dès le premier printemps, et une seconde en août.

M. Manuel, lépidoptériste zélé, de l'obligeance duquel je tiens les chenilles de Fincularia et plusieurs détails de mœurs qui mont servi à faire l'éducation de cette intéressante espèce, m'écrivait dernièrement qu'il ne trouve cette Phalénite que sur les versants les plus chauds des environs

de Montpellier.

Hadena Occiusa.

Esp. — Hub. 752. — Treits. Sup. X p. 65. — Gn. Ind. 244. — Bdv. 961. Gn. Species 783. — Didymoïdes, Dup. IV, p- 106, pl. 107, fig. 3. — Furva, Esp. pl. 158, fig. 1-2.

(PL 7, fig. 4à 7.) CHENILLE.

Lors de son deuxième changement de peau, cette chenille est jaune de cuir avec la région dorsale blanche ; .la vasculaire, fine, brune, interrompue; et, à la place de la sousdorsale, un trait brun horizontal existe sur chaque anneau.

Parvenue à toute sa taille, elle est rase, passablement allongée, très-faiblement relevée sur les derniers segments. A cette époque elle est d’un jaune verdâtre avec les lignes ordi-

naires toutes bien indiquées.

La vasculaire est large, blanchatre, interrompue sur les

intersections. La sous-dorsale, droite, fine, vert-glauque ,

Hadena Occlusa. 195 continue, ombrée de brun en dessus. La stigmatale, trèsfortement ondulée, assez large, blanchätre, est surmontée d'un trait noir qui, en s’élevant vers la région dorsale, s’atténue, tourne au vert foncé et remplit l’espace compris entre la sous-dorsale et la stigmatale.

Les stigmates, placés sur la ligne stigmatale même, sont ellipsoïdes, noirs et cerclés de blanc.

Le ventre , sans lignes apparentes, d’un vert livide, est teinté de vineux à la naissance des pattes.

La tête, assez petite, échancrée au centre, jaunâtre, noire sur le bord frontal , est, sur toute la surface , finement maculée de brun. Les pattes écailleuses sont d’un testacé clair; les ventrales et anales, concolores. Les trapézoïdaux sont noirs et tranchent sur le fond clair de l'insecte. Les points pilifères, placés sur chaque segment, sont bruns et éclairés de blanc au sommet.

Cette chenille varie fréquemment en vert bleuñtre ou en brun.

Dans le jeune âge, l’insecte, fixé sur Ja surface d’une feuille, contourné sur lui-même, ainsi que certaines Cymatophora , demeure ainsi des journées entières. D’autres fois, il lie Les deux bords de la feuille qui le supporte, ou la roule en cornet, et s’y tient renfermé jusqu'à la nuit.

Dans une grande partie de la Provence, Occlusa vit sur les divers Quercus qui y croissent. On la rencontre également dans l'Ouest de la France. Nul doute qu'elle ne fasse partie des faunes italienne et espagnole, et qu'elle n'appartienne aussi à la Corse et à la Sardaigne.

La chenille de cette Hadénide vit ordinairement de la fleur du Chêne vert (Quercus ilex), sur lequel on la rencontre le plus souvent. Elle n’attaque la jeune pousse des feuilles que lorsqu'il ne lui reste plus de fleurs à dévorer.

Cet insecte me fut envoyé de Marseille par notre collègue,

M. Dardoin ainé, vers le commencement de mai. A cette. époque elle état à moitié de sa taille (PL. 7, fig. 5). Elle mangeait beaucoup et grossissait rapidement. Le mois était à peine écoulé, qu'elle descendait dans la terre pour subir sa transformation.

La chenille d’Occlusa n'est figurée nulle part; cependant Duponchel nous apprend que M. le comte de Saporta lui à transmis certains détails intéressants sur les habitudes de cette espèce. Mes récentes observations viennent confirmer ce qu’on en savait.

Elle offre encore un exemple d'une particularité que j'ai remarquée chez plusieurs chenilles de Lepidoptères appartenant à des familles bien différentes les ures des autres.

Voici ce que j'ai observé à l'égard de la chenille d’Occlusa. Le 15 septembre, c’est-à-dire environ trois mois et demi après qu'elle se fut renfermée dans la coque qu’elle s'était solidement construite, et qui était formée de soie et de terre, cette chenille, dont j'avais ouvert la coque, était encore à l'état de larve. Cependant l'éclosion du Lépidoptère devait

arriver cinq ou six semaines après.

CHRYSALIDE

Il a été dit que la chenille d'Occlusa se métamorphosait ordinairement sur l'arbre qui l'a nourrie, parmi les feuilles ou les fleurs qu'elle a réunies. Je ne pense pas qu'il en soit toujours ainsi, Car J'ai remarqué que pour cette opération l'insecte quittait la branche de Chêne et descendait à un ou deux centimètres dans la terre.

La nymphe est assez allongée, presque fusiforme, c'est-àdire que la tête se prolonge en pointe obtuse, et que la partie abdominale est relativement longue. L'enveloppe de la bouche paraît en saillie assez élevée, Le dernier anneau

Hadena Occlusa. 135 est garni à l'extrémité de quatre pointes courtes, espacées à leur insertion.

Toute la chrysalide, très-luisante, est d’un rouge-brun si foncé, qu'à première vue ou la croirait entièrement noire. La poitrine seule est lavée de grenat foncé.

L'insecte parfait a paru chez moi, à Lyon, à la fin d'octobre; mais les éclosions continuent dans la nature jusqu’en novembre et même en décembre (*).

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,026 m. à 0,028 m.

Le dessus des supérieures, d'un brun foncé, luisant , nuancé de ferrugineux , a, chez le type, la tache réniforme d’un fauve chamois. L’orbiculaire , de même couleur que le fond, est à peine écrite. La base de Faile est marquée d’une ligne noire horizontale. Les lignes transverses ordinaires sont assez mal mdiquées. La nervure costale, noire, est maculée de deux ou trois petits points constants plus ou moins clairs. La frange , d’un brun noirûtre, est légèrement festonnée.

Les ailes inférieures sont d'un gris obscur, avec une ligne transverse à peine visible.

Le dessous des quatre ailes, d'un blanc grisätre, très-luisant, est lavé de ferrugineux sur les bords.

La coudée est assez bien écrite sur les quatre ailes. Le point cellulaire n’est visible qu'aux inférieures. Les antennes, ciliées chez le mäle, simples chez la femelle, sont, ainsi que la tête, le corsetet et l'abdomen, d'un brun noir. Les épaulettes et l'extrémité abdominale sont lavées de rou-

geûtre.

() M. Bruand d'Uzelle et moi avons capturé le 31 décembre dernier, à Hyères. la nuit, plusieurs Z7. Occlusa Jet @.

Une aberration (Var. À, Gn.) avec tache réniforme d’un blanc pur, du reste en tout semblable au type, vole en même temps et dans les mêmes lieux que lui.

I. Occlusa, décrite depuis longtemps par Esper, et trèsbien figurée par cet auteur, n'a cependant pas été reconnue par Duponchel. Le continuateur de Godard, trouvant à cette Hadénide une vague ressemblance avec la Didyma, l'a appelée Didymoides (IV, p. 106).

Argyrolepia Mulsantana, Mir. (Species nova).

(PL 8, fig. 4 à 5.) CHENILLE.

D'un blanc jaunätre, variant quelquefois en vert obscur, cette chenille est fusiforme, passablement renflée, avec les anneaux très-distincts. On ne distingue pas les lignes ordinaires qui, chez ces espèces vermiformes, sont rarement apparentes. La région dorsale laisse voir sous la peau une ligne brune, continue, qui n'est autre que le tube intestinal traversant le corps de l'insecte dans toute son étendue.

Le ventre, d’un blanc d'os, est sans lignes.

Les points verruqueux, très-petits, donnent naissance à autant de poils blancs, très-courts, très-fins et qui sont invisibles à l'œil nu.

La tête est lenticulaire, petite, jaunâtre, luisante. Les màchoires sont brunes et fortes.

Le segment thoracique est surmonté d'une plaque écailleuse noire, luisante , finement chagrinée et traversée de haut en bas par une échancrure assez profonde,

Les pattes écailleuses sont courtes et noires ; les ventrales £t anales, concolores.

Cette larve, qui appartient à la grande tribu des Tor-

Argyrolepia Mulsantan«. 157 deuses, vit à Hyères, et sans doute, en d’autres parties de la Provence, sur l£Euphorbia Characias, L., que l'hiver, peu rigoureux en ces contrées, n'atteint Jamais.

L'Euph. Characias croit abondamment aux pieds des ruines du château qui domine l'ancienne Olbia. C’est dans ce lieu surtout que Jai rencontré en grand nombre cette nouvelle Tortricide. Elle éclot des le mois de novembre, vit d'abord en famille, puis se sépare pour attaquer isolément le cœur de la plante. Une seule chenille ne suflit pas assurément pour détruire une tige de cette grande Euphorbe; mais le mal qu'elle lui fait est considérable, puisqu'après la disparition de l'insecte, la plante, arrêtée dans son développement, ne fait

plus que végéter.

CuRYSALIDE.

Vers la fin de janvier ou le commencement de février, la petite larve étant parvenue à toute sa grosseur, quitte la plante qui l'a nourrie, cherche à la base de la üge un lieu commode et se métamorphose bientôt en nymphe. Celle-ci est cylindrico-conique, avec la pointe obtuse. Elle est d’un jaune vif lavé de rougeûtre par places, avec le sommet brunûtre. La gaine des ailes est renflée; la place des yeux proéminente et noire.

Le petit Lépidoptère éclot dès le milieu de mars.

INSECTE PARFAIT

Envergure 0,016 à 0,017 m.

Mulsantana possède la plus grande partie des caractères des Argyrolepia, Steph., Dup., (Tortrix. W.-V., Ïllig. = Pyralis, Fabr. = Cochylis, Treits., Curt., Delah., Brnd. ) je

n'ai donc pas dû hésiter à la faire entrer dans ce genre, bien

158 CIHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS, que le corps de ce Platyomide ne soit pas aussi allongé que chez toutes les 4#rgyrolepia.

Les premières ailes, passablement étroites, sont en dessus plus ou moins rougeîtres, striées de brun, et maculées de nombreuses taches métalliques, couleur de plomb. Elles sont en outre ornées de trois taches très-brunes , de formes diverses, ainsi disposées : la première occupe tout l’espace compris entre la base de laile et la ligne basilaire, mais cette tache ne descend jamais jusqu'au bord interne et s'arrête à l'avant dernière nervure. La seconde tache placée à la hauteur de la coudée, descend de la côte, s’arrondit en demi-cercle, et vient reposer sur le bord interne. La troisième tache part de lapex et tend à se réunir à l'angle obtus formé par le demi-cercle de la seconde de ces taches.

Les atomes métalliques répandus sur toute la surface de l'aile, ne recouvrent pas les taches brunes que Je viens de décrire.

Les ailes inférieures sont, en dessus et en dessous, sans taches et d’un bleuatre fuligmeux.

Les franges passablement longues sont concolores.

Le dessous des supérieures est brunâtre avec la moitié de la côte blanchâtre. Celle-ci est maculée de trois ou quatre taches brunes. Le liseré qui précède les franges est, en dessous principalement, beaucoup plus clair que le fond.

La femelle, à peine plus petite que le mâle, est moins vivement colorée que lui.

Les antennes sont simples dans les deux sexes et atteignent à peine à la moitié de la longueur des ailes supérieures.

Les palpes sont longs, bien fournis et jaunâtres. Le corselet est brun, ainsi que l'abdomen. Les pattes sont grises.

Cette espèce doit être placée à côté de la Margaratana de Duponchel, dont elle a la coupe d'ailes.

Ce Tortricide , qui doit avoir plusieurs générations par

Pempelia Albiricella. 159 an, varie peu. J'ai cependant vu certains sujets avec le fond plus clair et les taches moins brunes que chez le type.

Un assez grand nombre de larves de Mulsantana furent élevées sans beaucoup de soins, cependant toutes arrivèrent à bien.

Par la quantité de tiges de lEuphorbia Characias que J'ai vu dévorées par la chenille de ce nouveau Platyomide, j'ai dû supposer qu'il est fort abondant à Hyères.

Je n’ai pas remarqué que d'autres espèces d'Euphorbes, très - nombreuses dans le Var, fussent attaquées par ce Microlépidoptère.

Je dédie cette Argyrolepia à mon savant ami, M. Euenne Mulsant.

Permpcelia Aflbiricelila

Fis.-V.-R. — Tin. Albiricella; Herr.-Sch. pl. 3, fig. 34. — Tin. Euphorbiella, Zell. Isis 4846, p. 757. = Phycis Albi ricella, Mill.

(PL 8, fig. 6 à 9.)

Dans le jeune âge cette chenille est très-brune , prend une teinte moins sombre à mesure qu'elle grossit, et, jusqu’à la fin, conserve une couleur d’un marron plus ou moins clair.

Lorsque cette larve est parvenue à sa grosseur , elle est cylindrique , très-faiblement carénée. Une large bande dorsale, d’un rouge marron plus clair que le fond de l’insecte, parcourt la région du dos, de la tête au dernier segment.

La vasculaire et la sous-dorsale sont fines, noires, conünues. La stigmatale, passablement étroite , est blanchâtre , continue , faiblement ondulée.

Les stigmates, placés sur la ligne même , sont cireulaires,

jaunes, cerclés de noir. Ils sont indiqués par autant de gros,

points verruqueux blancs. D’autres points, pilifères, recouvrent le corps de cette petite chenille; ils sont jaunes et quelque peu saillants. La villosité est noire et passablement longue.

Le ventre, d'un jaune verdâtre, est sans lignes.

La tête, de grosseur moyenne, est noire avec les mâchoires jaunes.

Le premier anneau n'est jamais recouvert d’un éeusson corné. Cependant la présence de cet écusson est, on le sait, un caraclère propre au plus grand nombre des Crambides (Crambus et Phycis).

Les pattes écailleuses sont brunes; les anales et véntrales, concolores.

Cette espèce varie certaines fois en brun foncé et en noir.

Elle passe la plus grande partie de sa vie en famille, sous une tente commune. À l’époque où ces larves sont très-peüites (de septembre à février de l'année suivante), elles lient quelques feuilles de FEuphorbia Characias, L., sous lesquelles elles sont réunies pendant l'hiver (PL. 8, fig. 7). Elles ne mangent pas alors ou fort peu; puis, au premier printemps, ces petites chenilles se remettent à manger, grossissent assez rapidement, et lient par de nombreux fils de soie, non pas seulement quelques feuilles, mais la plante entière. Souvent plusieurs tiges de l£uphorbia sont agglomérées et retenues de la même manière.

Avant d'atteindre toute leur grosseur, ces larves, non contentes de dévorer les feuilles de la plante au suc si âcre qui les nourrit, creusent sa tige et S'y enfoncent profondément. Quelquefois même elles descendent jusqu'à la racine de l'Euphorbe qui, alors, se dessèche et périra bientôt.

Devenues fortes, les chenilles d’4lbiricella, ne trouvant plus s’abriler suffisamment sous la toile commune, se séparent par petits groupes de quatre, cinq ou six individus, pour aller s'établir sur d’autres têtes d'Zuphorbia et vivre sous au-

Pempelia Albiricella. 161 tant de petites toiles qu'il s'est formé de groupes. Ces nouvelles toiles, rapidement tissées, sont bientôt à même de garantir ces insecles contre les nombreux ennemis qui les environnent.

Les nids de ces Phycides sont toujours placés au centre de touffes d'Euph. Characias bien suflisanies à l'appétit de la nombreuse famille.

J'ai trouvé, pour la premiere fois, ces chenilles, assez rares du reste, au sommet du Fenouillet (*). Un nid de cette même Phycide à été rencontré à la fin de décembre, sur la colline de l’'Ermitage, située entre la ville d'Hyères et la mer.

Albiricella s'élève sans peine et réussit toujours très-bien. IL est seulement nécessaire de ne pas lui donner pour nourrilure d'autre Æuphorbia que la Characias.

= Pour se métamorphoser, l'insecte, vers la fin d'avril, reste dans les feuilles, ou descend parmi les mousses.

La nymphe est allongée, cylindrique, rougeatre, lisse, luisanie, lâvée de verdatre sur la poitrine.

La pointe abdominale, très-obtuse, n'a ni crochets, ni crins, ni sOIes.

Les anneaux, noirs, ont leurs intersections brunes.

Ces chrysalides, apportées à Lyon, ont commencé à éelore au commencement de juin ; les derniers sujets n’ont paru qu'à

la fin du même mois.

(:) Montagne schisteuse, parsemée de gros blocs de quarty, située au nord et à environ cinq kilomètres d'Hyères.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,025 à 0,026 mill.

Les supérieures sont, en dessus, d’un brun vineux, aveë une très-arge bande blanche qui, partant de la base de l'aile, va finir en pointe à l'apex. La côte, à laquelle est appuyée celte bande blanche, est très-brune, et, vers le milieu, anticipe sur le blanc de laile. Ces ailes supérieures sont en outre marquées d’un point discoïdal noir placé sur le bord de la bande blanche.

La frange, concolore, est précédée de points nervuraux noirs, précédés eux-mêmes d’un feston roux qui n’est pas toujours bien écrit.

Les ailes inférieures, d'un gris-rougeñtre chatoyant, sont sans lignes. La frange est blanchâtre en dessus et en dessous.

Les quatre ailes sont grises en dessous, avec reflets rougeàtres, et simplement ombrées de brun à {a côte des supérieures et à l’apex.

La tête est brune. Les antennes, sétacées dans les deux sexes, très-rapprochées à leur base et implantées entre les deux yeux, placent, par ce caractère surtout, A4lbiricella dans le genre Phycis. Le thorax et l'abdomen sont bruns. Les fénurs et tibias, blancs; les derniers articles des pattes et les tarses sont brans.

Cette Phycide ne doit avoir qu'une seule génération.

Ainsi que toutes ses congénères, Ælbiricella fait assez peu usage de ses ailes : elle échappe à la main qui veut la saisir, non en s’envolant, mais plutôt en se laissant glisser parmi les plantes.

Ce joli Micro, découvert depuis peu d'années, n'a pas été connu de Duponchel.

Le nom d'£Euphorbiella, de Zeller, lui eût certes mieux

Nemoria Bruandari«. 165 convenu que celui du naturaliste Fischer-von-Roerslerstamm ; mais on a du respecter le nom spécifique imposé par le savant Viennois, qui avait l'äntériorité sur celui de M. Zeller.

Nemoria Bruandaria, Mir. (Species nova).

(PL 8, fig. 40 à 42.)

Envergure : 0,022 a 0,024 mull.

Cette nouvelle Nemoria, dont je n'ai rencontré jusqu'à ce jour que deux femelles, est de la grandeur de Pulmentaria, Gn. (Cloraria, Dup. et Herr.-Sch., non Hub.) Elle se rapproche aussi de cette dernière par la coupe des ailes; cependant chez ma Phalénite, les supérieures sont moins aiguës à l'apex et plus allongées dans leur ensemble. De plus, elle n’a pas de coude au milieu des inférieures, ni l'angle anal aigu. Pulmentaria a les ailes recouvertes, en dessus, de petites stries blanchätres , ainsi que l'indique M. Guenée dans Ja description de cette espèce ({X, p. 349), ce qui n'existe pas chez ma nouvellé Géomètre, dont les ailes, vues à la loupe, ne présentent pas trace de stries blanches.

A l’époque de léclosion de Bruandaria, les quatre ailes, dont les inférieures très-arrondies, sont, en dessus, d’un beau vert pomme; mais cette couleur s’affaiblit, perd de son éclat, et tire sur le vert glauque tendre par la dessiccation de l’insecte.

Les supérieures n’ont de bien écrite que la ligne blanche coudée. Celle-ci est oblique, tremblée, et forme un angle faiblement prononcé avant d'atteindre le bord inférieur.

On distingue à peine la médiane qui est fine et mal arrêtée.

La nervure costale est d’un fauve rougeatre.

La frange des quatre ailes est blanche, en dessus et en dessous.

Les inférieures n'ont qu'une ligne blanche, transverse, presque droite, légèrement tremblée, fine et nette.

On soupconne à peine le point cellulaire qui est des plus nébuleux.

Le dessous des quatre ailes est d’un vert très-pâle et n’a pas de lignes.

Les antennes sont sensiblement crénelées et rougeûtres. Les palpes, qui dépassent le front, sont squammeux et, ainsi que la tête et le collier, d’un fauve rougeûtre.

Le corselet est de la couleur des ailes. L'abdomen, faible ment annelé de blanc, légèrement verdatre en dessus, ést, en dessous, d’un blanc pur.

Les pattes, d'un blanc verdatre, sont teintées de fauve extérieurement.

Non-seulement cette nouvelle espèce n'a pas le coude où angle à l'aile inférieure, mais les quaire ailes sont relativement plus allongées que chez ses congénères. Elle n’a pas non plus les lignes blanches ordinaires disposées de même. C'est ainsi que je distingue ma Vemoria de ses voisines Viridota, Lan., H.-S. f, 566-567, Cloraria, Hub., f. 352 et Melinaria, H.-S., {. 415. Je crois inutile de comparer Bruandaria à l’4dvolata, HS. , f. 414, à l'Etruscaria, Zell. (Ent. Zeit. 1849, p. 205), à l'AHerbaria, H.-S., f. 365, et à l'Olympiaria, H,-S., f. 539, dont elle s'éloigne encore plus que des trois précédentes espèces.

Bruandaria, classée d’après la monographie des Phalénites de M. Guenée, devra porter le n° 544 bis.

Cette charmante Nemoria est originaire de Celles-les-Bamns (Ardèche).

Le premier des deux exemplaires que je capturai, les ailes encore molles, relevées perpendiculairement, achevait de se développer. L'éclosion de l’msecte avait lieu sur les trois heures de l'après-midi, au pied d'un Teucrium polium, Lam.,

Agrotis Constanti. 165 plante sous-ligneuse très-abondante à Celles. Je soupconne que la chenille de Bruandaria doit vivre sur ce Teucrium en avril ou mai.

C'est le 27 septembre e que je touvai le premier individu de cette Phalénite; trois jours après, je capturais le second , le soir, à la lanterne, sur une Menthe en fleur entourée de Teucrium polium.

Je dédie cette Nemoria à mon ami, M. Bruand d'Uzelle.

Agrotis Constant, Mir. (Species nova).

CPL 9; fig." et 2;)

Envergure : 0,043 m. à 0,044 m.

Les ailes supérieures , passablement ailongées , sont d'un jaune argileux pâle, très-finement saupoudrées d’atomes bruns. Les lignes transversales , toutes visibles, sont faiblement écrites en brun. Cependant à la côte et au bord interne où ces lignes aboutissent, la teinte brune est plus prononcée. Les taches réniforme et orbiculaire, très-peu percepubles, sont vaguement nidiquées par un contour testacé, pas toujours bien écrit. Il n'existe nulle trace de la claviforme. Les points nervuraux qui précèdent la frange, sont bruns, relativement gros et nullement lunulés. La frange est complètement unicolore.

Les ailes inférieures, bien développées, sont blanches et irisées. Les nervures sont à peine indiquées en testacé clair. La frange blanche est précédée d'une bordure étroite de couleur argileuse.

En dessous, les supérieures sont blanches, irisées, faiblement argileuses sur les bords avec une large tache triangulaire occupant le milieu de l'aile, et dont la pointe la plus allongée touche presque à sa base.

Les inférieures sont, en dessous, d'un blanc pur et misé, sans le moindre atome brun.

Les antennes, d’un argileux rougeûtre, sont fortement crénelées. Les palpes sont concolores. Les yeux, gros et noirs, sont entourés de poils d’un brun fuligineux. Le thorax, trèsfourni, est tout-à-fait de la couleur des ailes supérieures. L'abdomen est d’un testacé rougeûtre en dessus, et blanc en dessous. Les pattes sont brunes et annelées d’argileux. Les tarses sont complètement jaunatres.

Le second des deux exemplaires que je possède, qui est également un male, serait en tout semblable à celui que je viens de décrire, si la bordure testacée des inférieures n’eût déteint sur l'aile entière, cependant le dessous de celle-ci est d’un blanc pur.

Constanti se rapproche assez des Agrotis Nyctimera, Bdx., et Valesiaca, Bdy. Elle viendra se placer entre ces deux espèces et, dans le Species général de M. Guenée, devra porter le n.° 507 bis.

Cette Agrotis nouvelle tient à Wyctimera par la coupe et la teinte argileuse des ailes, et à Falesiaca (*) par la disposition des lignes ordinaires.

Constanti se distingue de F’alesiaca par l'absence des taches noires cunéiformes qui, chez cette dernière , suivent la coudée, et par la présence de la tache fuligineuse précitée en dessous. De plus elle diffère de ses deux voisines par la frange unicolore des supérieures, qui, chez Nyctimera et Valesiaca, est entrecoupée de brun. Mais ce qui distingue surtout ma nouvelle 4grotis des deux congénères ses voisines, ce sont ses

antennes fortement crénelées.

() 4g. Valesiaca figurée dans l'Icones de M. Boisduval, pl. 78, fig. 3, n'a pas de texte. M. Freyer donne deux figures de ceite rare espèce , accompagnées d’une description de l'insecte parfait, mâle et femelle.

Agrotis Conslanti. 167

La femelle ne m'est point encore connue.

Je n'ai pris que deux sujets de cette belle espèce à Cellesles-bains (Ardèche) (1), au commencement de septembre , la nuit, en chassant à la lanterne. L'un d’eux n'était point

(!) Je crois devoir informer les Lépidoptéristes que plusieurs localités de l'Ardèche, notamment le petit pays de Celles-les-bains, est très-riche en insectes de l'extrême Midi de la France. J'y ai capturé, en effet, bon nombre d'espèces de Lépidoptères considérés jusqu’à ce jour comme habitant presque exclusivement les environs de Marseille ou Montpellier.

La flore des localités que je viens de citer, est, à peu de choses près , celle de nos provinces les plus méridionales,

Je ne connais Celles et ses environs que depuis peu, mais ce que j'ai remarqué de sa faune entomologique, me la fait supposer fort intéressante. A l'époque où je m'y rendis, les Diurnes étaient à peu près passés; cependant j'ai encore vu voler abondamment les Satyrus Aciæa; Fidia, Circe et surtout la Var. Erythia.

Ce que j'ai recueilli en Nocturnes est fort beau et m'a prouvé ce qu'était celle faune considérée au point de vue de la Lépidoptérologie.

Je crois intéresser mes lecteurs en leur donnant la liste des espèces rares, recueillies par moi en peu de jours.

Agrotis Lucipeta et Cos, Heliophobus Hispida, Luperina Rubella et Dumerilii, Eriopus Latreillii, Polia Venusta, Canescens, Cœrulescens et Rufocincta. Hecatera Luteocincta, Caradrina Æspersa, Leucania Putrescens et Punctosa, Aporophyla Australis, Micra Purpurina, Ostrina, Minuta et Glarea, Anthophila Paula, Microphysa Jucunda , Hæœmerosia Renalis, Eubolia Peribolaria, Crocallis Trapezaria, Calamodes Occitanari&, Rhoptrit Asperaria, Sterrha Sacraria, Scodiona Perspersaria, La vraie TESTACEATA de Hubner, du genre Phibalapteryx, Sieph., Gypsockroa Renilidata, Cledeobia? Pectinalis (ces deux dernières sont nouvelles pour la faune française) (*), Metasia Suppandalis. Enfin deux espèces inédites, l’Agrotis Constanti, Mill., et la Nemoria Bruandaria , Mill.

J'élève les chenilles de bon nombre de ces espèces, obtenues ab ovo. Presque toutes n'ont point encore été observées.

Ea chenille du P. A4lexanor que je négligeais de recueillir à Celles, m'a païu y êlre abondante sur plusieurs espèces d'Ombellifères.

J'ajouterai que les chasses, dans ce beau pays, sont des plus faciles par la proximité des lieux.

(”) Jusqu'à ce jour Gyp. Renilidala, H., n'avait été trouvée que dans la Russie méridioale, et C!. Peclinalis, H.-S., qu’en Sicile.

entièrement développé : je dus attendre quelques instants avant de le piquer.

Je dédie cette noctuelle à mon ami et collègue, M. Alexandre Constant, d’Autun.

Thera Cupressata, Door.

V.p. 511, pl. 206, fig. 5. — Hub. 563. — Treits. Sup., p. 194. — Bdv. 1751. — Herr.-Sch. p. 173. — Gn. X, p- 571.

(PL 9, fig. 6 à9).

Assez courte, rase, lisse, cylindrique, un peu renflée antérieurement. D'un vert plus ou moins clair sur le dos et les ilancs, lequel s’affaiblit en dessous. Vasculaire large, interrompue, d’un vert foncé, à peine distincte du fond. Sous-dorsale fine, blanche, continue, en zig-zag, formant, par la réunion de ses pointes avec celles de la ligne opposée, une sorte de losange sur chaque anneau. Stigmatale d’un vert-clair, large, continue. Stigmates ellipsoïdes, rougeàtres, cerclés de noir.

Le ventre présente aussi, sur chaque segment, une tache losangée d'un blanc verditre.

La tête est forte, subglobuleuse, verte, chagrinée. La màchoire et le dernier article des pattes antérieures sont de couleur vineuse. Les anales sont concolores.

Cette chenille, qui est paresseuse dans ses mouvements, croit très-lentement. Elle éclot d'ordinaire en mai et ne se transforme en nymphe qu’en octobre. J'ai vu des chenilles tardives qui ne sont écloses, à Hyères, que dans le courant de janvier.

La chenille de Cupressata est d'ane immobilité telle, d’un vert si semblable aux jeunes feuilles des divers Cupressüs

Thera Cupressata. 169 dont elle vit ordinairement, que c’est à grand'peine qu'on la distingue des petites branches de l'arbre d’où on la fait tomber.

Ayant élevé cette espèce à Lyon, sur le Genevrier sabine (Juniperus sabina, L.), j'ai lieu de penser que, dans le Midi de la France, elle doit vivre sur cet arbrisseau qui y croit spontanément, aussi bien que sur les Cyprès.

Cette chenille, qui n’a été figurée nulle part, n’est pas d’un vert-noirâtre, comme le dit Duponchel (‘), sur le témoignage

de MM. Auran et Cantener, mais bien d’un vert assez clair.

CHRYSALIDE

Pour se métamorphoser, cette chenille , à limitation de beaucoup de ses congénères, s'enveloppe soit d'une coque très-légère, soit seulement de quelques brins de soie (PI. 9, fig. 4) qu'elle fixe aux feuilles, et reste suspendue dans ce hamac jusqu'au moment de léclosion.

La chrysalide est passablement allongée, vert-pomme, rappelant, par cette couleur, celle de la chenille.

Cette nymphe offre sur la poitrine deux lignes en zigzag, fines, blanches, qui, se réunissant par les pointes, forment plusieurs losanges assez semblables à celles que lon remarque sur la chenille. L'extrémité abdominale est d'un carminé pale et garnie de douze ou quinze petits crins Invisibles à l'œil nu, bruns, raides, divergents, terminés en hamecon, destinés, selon toute apparence, à soutenir la chrysalie accrochée aux fils de soie, fixés entre les feuilles.

L'insecte éclot au bout de trois semaines ou un mois au

plus.

(:) VIIL p 512,

INSECTE PARFAIT

Les ailes supérieures sont d'un gris-brun, avec une basilaire fort peu écrite. La médiane, brune, large, se rétrécissant à la base, dentelée sur les bords, est fortement coudée et bordée de noir intérieurement. Un trait noir, aigu, part de l'apex et tend à rejoindre deux autres traits de même forme et de même couleur, partant de la coudée.

Les ailes inférieures sont grises, sans lignes, si ce n'est une transversale à peine perceptible.

Le dessous des quatre ailes est d'un gris-clair uni.

La tête, le thorax et l'abdomen sont de la couleur générale de l'inseete.

Cette espèce, découverte depuis près de trente ans par Donzel, vit principalement à Hyères, sur les Cyprès pyramidal et horizontal.

Cupressata se üent appliquée au tronc des arbres verts, et ne vole que très-rarement pendant le jour.

Cette Géomètre, qui ne doit avoir qu'une seule généraüon par an, varie du gris foncé au brun.

Kylina Lapidea. Hu.

582. — Var. Leautieri, Bdv. 1203. — Dup. Sup. IE, p. 381, pl: 54, fig. 1. — Gn. Var. A, VI, p. 120.

(PL 9, fig. 3à5).

Adulte, elle est assez courte, ferme, cylindrique jusqu'au dixième segment qui est faiblement relevé en pointe obtuse (1), d'un beau vert pré mat, avec les lignes ordinaires

(4) Par ce fait, la chenille de Xylina, Var, Leautieri, semblerait ne pas

Xylina Eapidea. 171 très-bien arrêtées, plus où moins blanches et finement liserées de noir.

La vasculaire, d’un blanc mat, assez étroite, s’élargit sur chaque segment. La sous-dorsale, très-blanche, est représentée, sur chaque anneau, par une tache en forme de losange allongée. La ligne stigmatale, moins ondulée que la sous-dorsale, est aussi plus étroite que celle-ci.

Les stigmates, au nombre de neuf paires, sont très-petits, ellipsoïdes, jaunâtres, cerclés de noir, et placés, chacun, sur une large tache brun-pourpre.

Le ventre est marqué de deux lignes d'un vert glauque, largement interrompues.

La tête est forte, verte, avec les màchoires d'un pourpré obscur.

Les pattes écailleuses sont entièrement vertes. Les ventrales et anales, également vertes, ont la couronne d'un carminé plus ou moins sombre.

Les points trapézoïdaux et pilifères sont très-blancs et finement cerclés de noir.

Cette chenille, qu’on trouve en Provence, à peu près partout où croissent des Cyprès, n’est commune nulle part. Elle vit, d’après ce que me mandait, il y a peu de temps, M. Dardoin (*), sur les Cyprès pyramidal et horizontal, aux environs

de Marseille (?).

précisément appartenir à la grande division des Xylinidæ formant la onzième famille des Noctuélites de M. Guenée. Le dixième segment de cette chenille, bien que faiblement relevé, n’en est pas moins un caractère d’une valeur incontestable pour tout Lépidoptériste qui tient essentiellement compte des premiers élats d’un insecte.

(1) Ce fut encore cet obiigeant collègue qui, vers le 15 mai, me proeura la chenille de Leautieri. C'est depuis celte époque que j'ai pu étudier et connaître l’insecte sous ses divers états.

(2) Je crois que cette Xylina doit vivre également sur les Juniperus sabina

On ne savait rien ou fort peu de chose sur la chenille de cette espèce, si ce n'est que M. Léautier, de Marseille, l'a trouvée sur le Juniperus virginea. Cependant on rapporte que cette larve fut primitivement recueillie par Dahl sur un jeune Cyprès, dans les environs de Raguse, et que, suivant ce naturaliste, qui l'a dit à M. Treitschke, elle ressemblait parfaitement à celle de la Cucullia Abrotani (")!

On s'étonne que sur une semblable donnée, qui devait paraître très-douteuse, M. Treitschke ait accepté ce fait de ressemblance des deux chenilles comme réel. On s'étonne aussi qu'en décrivant linsecte parfait, 1l n'ait pas reconnu son identé avec les variétés Leautieri et Sabine.

Comment se faitil, surtout, que l’auteur Die Tchmetterlinge von Europa se soit décidé à placer cette Lapidea parmi les Cucullies ?

Si le naturaliste Dahl a en effet trouvé à la chenille de Lapidea une grande ressemblance avec celle de la Cucullia Abrotani, À a évidemment fort mal vu. J'ai sous les yeux la figure de la chenille de l'4brotani de Freyer (tab. 520), qui me paraît fidèlement exécutée, et je me demande encore comment il a pu être possible de Jui rapporter la chenille

de Lapidea.

CHRYSALIDE

Vers la fin de mai, les quelques chenilles de Leautieri, que je possédais et que Jélevais séparément, disparurent dans la mousse. Dès lors je crus que la chrysalidation de cette espèce avait commencé, Il n’en était rien cependant,

mäle et femelle (Juniperus cupressifolia et tamariscifolia), fort répandus au bord de la mer, en face des îles d’'Hyères. ) Dup. II, Sup., p. 384.

Xylina Lapidea. 173 car sept ou huit jours après, ces chenilles reparurent, mais ne mangèrent plus. Ce ne fut que le douze juin qu’elles se cachèrent de nouveau, pour se transformer définitivement ; opération à laquelle ces insectes semblent apporter un trèsgrand soin.

Pour se chrysalider, la chenille demeure à ia surface du sol recouvert de mousse, et file une soie forte qui lui sert à tisser un cocon très-solide, bien que de consistance assez mince.

Dans la composition de cette coque, très-lisse au dedans, il entre de la mousse et de nombreux grains de terre.

La nymphe, conico-cylindrique, d'une longueur moyenne, sans la moindre aspérité, est brune, lisse, luisante, avec l'enveloppe des ailes relativement allongée.

Les anneaux sont presque noirs. La pointe, simple, forte, bien que très-fine, est faiblement recourbée de la base au sommet. À l’aide d’une bonne loupe, on distingue de nombreux fils de soie blanche qui entourent cette pointe.

Au moindre contact, cette nymphe agite vivement la parüe inférieure de son corps.

L'éclosion du Lépidoptère n’a eu lieu, à Lyon, que du 20 au 30 octobre.

En Provence, celte Xylina, qui, de mème que ses congénères, n'a qu'une seule éclosion, parait dès le mois de septembre.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,045 à 0,045 muill.

Les ailes supérieures, étroites, allongées, à bords presque parallèles, sont, en dessus, d’un gris de souris plus ou moins prononcé. Les taches orbiculaire et réniforme, à peine visibles sont, chez beaucoup de sujets, tout-à-fait oblitérées.

La réniforme, lorsqu'on la voit, est, le plus souvent, lavée

de roussatre inferieurement. Ces deux taches sont traversées par une ligne oblique, noire, plus ou moins bien écrite, qui descend de la côte et vient aboutir à un trait fin, horizontal, très-noir, placé sur la nervure médiane.

Les secondes ailes, plus longues que les premières, sont d'un gris légèrement roussâtre , avec une tache discoïdale très-faiblement écrite.

Les quatre ailes, blanchâtres en dessous, sont légèrement sablées de gris-brun.

Les antennes, moyennes, brunes, sont grises à la base. Le thorax est court , carré, velu , muni, derrière le collier, d'une crête bifide peu saillante. L’abdomen est déprimé, subrectangulaire, rappelant la couleur des ailes inférieures.

C'est avec raison que Duponchel, le docteur Boisduval, M. Herrich-Schæffer et M. Guenée n’ont fait qu'une seule et même espèce de Lapidea, Sabinæ et Leaultieri.

Les différences qui séparent les deux variétés du type me paraissent bien peu sérieuses, et, selon moi, n'existent guère que dans la teinte générale qui est toujours d’un gris plus ou moins blanchatre.

Variété de l'Anthocaris Cardamines, Lin.

Fab. — Bdv. — De Vill. et Gn. — Dup.

(Aberr. Lasthenia, Mill. , an hybr.? an spec. nova?)

(PI. 40, fig. 4 et 2.)

Envergure : 0,046 m.

Cette charmante variété de l’Anthocaris Cardamines est un peu plus grande que le type. Les ailes supérieures et inférieures paraissent plus allongées, moins arrondies que chez celui-ci. Tout l'insecte enfin a un facies qui me semble si dif-

férent des diverses Cardamines mâles et femelles que j'ai sous

Anthocaris Cardamines. 4175

les yeux, que ce Diurne pourrait bien être une espèce disüincte. La coupe des ailes, l'exiguité relative des antennes et de l'abdomen, semblent rapprocher cette variété de la Zeucophasia Sinapis. Ne serait-ce pas une hybride de la Cardamines et de la Sinapis? Ne serait-ce pas plutôt une espèce séparée ?

L'avenir nous apprendra, sans doute, si cet insecte est simple variété, hybride, ou espèce.

Voici, du reste, en quoi ma variété Lastenia diffère de l'espèce typique. La tache aurore des supérieures, un peu moins vive que chez les Cardamines ordinaires, occupe bien la même place que chez celles-ci, mais la bordure de l’apex manque toui-à-fait, ainsi que le point discoïdal noir. A la place de ce point caractéristique et de la bordure noire entrecoupée de blanc sur le bord, on ne voit absolument rien que la couleur lactée du fond.

La base des quatre ailes est entièrement blanche, et on ne distingue nullement les taches du dessous qui, cher Cardamines 2, transpercent toujours plus ou moins en dessus.

Les inférieures ont aussi de remarquable, que le vert assez vif dont les ailes du type sont largement maculées en dessous, est remplacé 1c1 par des taches d’un jaune verdâtre très-faible, disposées à peu près de la même manière que chez la Cardamines ordinaire.

Les antennes sont blanches. Les plumules du toupet frontal, ainsi que la villosité du thorax, sont d’un blanc pur. L’abdomen assez menu, long, est blanc ainsi que les pattes.

Cette intéressante Anthocaris a été prise à Digne ( Basses- Alpes), 1l y a une quinzaine d'années, par Donzel, et fait partie de sa collection.

Aucun recueil iconographique ne nous donne la figure de l'insecte que je viens de décrire, et nul auteur n'en a

parlé. Hubner a bien figuré sous les n°9 791 el 792 une va-

riété de lAnthocaris Cardamines ; mais cette aberration, qui est une femelle, est insignifiante, puisque le dessus des ailes inférieures est seulement teinté de jaunâtre.

L’unique exemplaire de cette Antho. var.? Lasthenia co) est dans un état de conservation parfait.

Variété de la Zygæna Sarpedon.

Ochs. — God. — Bdv. — Sphinx Sarpedon, Hub. — Bdv. — Sp. Trimacula, Esp. (Aberr. A. Mill. )

(PI. 40, fig. 3.)

Cette aberration vient augmenter [a série des variétés , très-nombreuses déjà, de Zygænides à taches jaunes. Elle n'a rien de plus remarquable que celles de ses cotigénères qui présentent cette anomalie, les Zygæna Onobrychis, Hippocrepidis, Achilleæ, Peucedani et Fausta.

Il est à observer que chez les Lépidoptères dont le fond ou les taches sont rouges, cette couleur, sous certaines influences climatériques ou autres qu'il ne nous est nullement possible d'expliquer , passe au jaune plus ou moins vif,

Cette nouvelle aberration ne se distingue de la Sarpedon ordinaire que par la couleur jaune qui, sur les ailes et le double anneau abdominal, remplace le rouge.

Cependant le corps, les franges et les antennes sont peutêtre d’un noir-bleu moins prononcé que chez le type.

Ce sujet existe en unique exemplaire dans la collection

Donzel.

() Nom d'une des principales héroïnes du roman français qui a pour titre: Voyages d’Antenor en Grèce et en Asie.

Sterrha Sacrarix. 177 Je ne connais pas d’autres anomalies, à taches jaunes, de la Zygæna Sarpedon.

Cette variété accidentelle provient des environs d'Hyères.

Sierra Sacrarin, Lin.

Sys. nat. 220. — Fab. 106. — Vill. p. 309. — Bork. 51. — Hub. 200.— Esp. pl. 30, fig. 8-9. — Treit. L, p. 130. — Dap WP p 121; pl 178 /fg7; — Frey. pl. 1314; fig. 1-2 — Evers., p. 372. — Bdv. 1186. — Herr.-Sch. , p. 108 ct Sup. p. 76. — Gn. p. 175.

(PL 10, fig. 4 à 6.)

Bien que généralement les œufs de Lépidoptères n'aient pas de caractères bien importants, ceux de Sacraria ont une forme qui les distingue de tous ceux que j'ai observés jusqu'à ce Jour. Je les ai, en conséquence, figurés (PI. 10, fig. 6) et vais les décrire.

La femelle de Sacraria dépose ses œufs sur des tiges de plante (*). Elle les fixe isolément au moyen d'une liqueur visqueuse qui les fait adhérer.

Ces œufs, très-ellipsoides, légèrement déprimés, sont d'un rouge corail, teinte due à une infinité de petites taches rondes, d’an rouge de minium (deutoxyde de plomb } qu'on apercoit

sur l'œuf à l’aide de la loupe.

Le 12 décembre dernier une tardive Sacraria fut caplurée

{*) Je crois devoir faire connaître aux Entomologistes qu'un excellent moyen d'obtenir la ponte d’une femelle de Lépidoptère , c'est de ne pas la piquer, mais de l’introduire dans une petite boîte en carton ou en bois. Il est rare qu’alors l’insecte ne ponde pas; ce qu'au contraire souvent il ne faitpas lorsqu'il est blessé par l'épingle.

dans la campagne d'Hyères et pondit quatre œufs fécondés. Le 5 janvier suivant , c’est-à-dire en moins d’un mois, ces œufs sont éclos. La croissance de linsecte a été rapide, eu égard à la saison. Au commencement de février, les chenilles avaient subi trois mues; mais alors, soit que la nourriture ne leur convint pas, soit qu'elles ne fussent pas placées dans des conditions atmosphériques convenables , elles dépérirent, et successivement Je les perdis toutes au moment de leur dernière mue.

CuENILLE.

Elle est allongée, cylindrique, sans éminence, sans carènes. Elle est généralement d'un vert sombre; mais la région du dos et le ventre présentent une éclaircie blanchätre. La vasculaire est fine, brune, continue de la tête au dernier segment. Il n'existe nulle trace de la ligne sous-dorsale. La stigmatale est d’un blanc jaunatre, large, continue , faiblement ondulée.

Les stigmates, à peine perceptibles à la loupe, sont blancs et finement cerclés de noir.

Le ventre est blanchätre, sans lignes distinctes.

La tête, aussi haute que le premier anneau, est assez forte, grise, et marquée de deux traits fauves au sommet. La place des yeux est indiquée par de très-petits points noirs disposés latéralement.

Très-rigide dans son port, cette chenille demeure constamment à découvert, fixée par les pattes anales ; elle ne mange que la nuit, Celle dont j'ai fait l'éducation a été nourrie avec plusieurs espèces de Composées, plusieurs Rumex, une A4nthemis qui fleurit en Provence pendant Fhiver. Il est donc probable que cette espèce est polyphage. ;

Sacraria, que Treitschke, Duponchel et Boisduval ont

Sterrha Sacraria. 179 classée parmi les Æspilates, est la seule du genre Sterrha, Hub., Gn., dont la chenille soit aujourd'hui connue.

On a lieu de s'étonner qu'une espèce aussi fréquente n'ait point déjà été observée dans ses premiers états.

Je ne dirai rien de la chrysalide de Sacraria que, jusqu'à ce Jour, je n'ai pas vue.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,025 à 0,024 mill.

Les supérieures qui, fermées, ont une forme deltoïde, sont d'un jaune paille, sans autre dessin qu'une ligne carminée partant de lapical, traversant obliquement l'aile et venant aboutir au milieu du bord interne.

Les inférieures sont d’un Jaune presque blanc. Les franges, en dessus et en dessous, concolores.

Les quatre ailes sont d’un jaune très-pàle en dessous , avec la ligne diagonale des supérieures à peine écrite.

La tête est de la couleur des ailes. Les antennes du mâle sont droites, eflilées, garnies jusqu'aux trois quarts, de lames fines, pubescentes, pas très-longues.

Chez la femelle, qui paraît beaucoup plus rare que le mâle, les antennes sont également pubescentes.

Le corps des deux sexes est faiblement caréné sur les flancs.

Var. A. Sanguinaria.

Esp. pl. 50, fig. 10-41 — Sacraria. Var. Bork. p. 70. — Herr.-Sch. p. 108, fig. 264. — Var. A. Gn.

Gette variété, assez fréquente dans les lieux où abonde le type, a les ailes supérieures finement striées de rose, avec la

ligne transverse plus fondue que chez l'espèce ordinaire.

Rencontrée pour la première fois en Barbaric, Sacraria a

été depuis retrouvée en Afrique, er Abyssinie, en [talie, en Dalmatie, puis enfin communément dans les départements du Var, de la Drôme et dé l'Ardèche. On la rencontre tresabondamment, dans ces contrées, de juin à novembre.

Je l'ai prise moi-nième, deux fois, aux portes de Lyon, au fort des Hirondelles.

M. A. Constant m'a dit avoir capturé cette Phalénite dans sa propriété de Bouhy (Saône-et-Loire).

Il est probable que cette petite Fidonide paraît plus de deux fois par an. Je suppose que, dans sa véritable patrie, les générations de Sacraria se succèdent sans interruption,

de ma à octobre.

Nouvelle variété de la Boarmia RBähomboidarin, KLéew.

p.120, plates. 9 %et.97% Tres Apr Dup. IV, p. 549,pl. 158, fig. 4-5. — Frey. I, pl. 288. — Bdv. 1554. — Delah. 192. — Gemmaria Brahm. 151. — Bork. 63. — Consobrinaria, Haw. 276. — Steph. HF, p. 188. — Gn. 359.

(PL 10, fig. 7).

Envergure : 0,030 mill.

La Rhomboidaria varie assez peu. Elle n’a pas, comme sa congénère Repandaria, de constantes aberrations. Gependant, de loin en loin, apparaissent des variétés plus ou moins intéressantes de Rhomboidaria. C'est aux dépens de celle-ci que les Anglais ont créé deux espèces qui ne sont, en réalité, que des anomalies de cette Boarmide.

Ainsi : l4ustralaria, GurTis, p. 115, est certamement une Rhomboidarix à teinte ochracée et à dessins vivement

accuses.

Boarmia Rhomboidaria. 181

La Fimbriaria, Srepu., p. 188, est aussi une aberration de la même Boarmide, à large bordure noire , avec dessins fort mal indiqués.

M. le docteur Boisduval a créé une troisième espèce : l'#bstersaria (Index methodicus, n. 1555), provenant des Pyrénées, qui n'esi également qu'une simple variété plus petite que la Rhomboidaria ordinaire, à ailes plus blanchâtres, avec lignes bien distinctes (*).

Citerai-je la var. de Hubner. n. 488? Je ne sais, en vérité, si cette figure, à la coupe d'ailes si défectueuse, aux lignes blanchätres transverses si durement accusées, doit être rapportée à la Rhomboidaria. On peut en douter.

Je viens à mon tour figurer une cinquième variété dont je possède deux individus, un mâle et une femelle. L'un d'eux, la ©, fut capturée par moi, en septembre, dans lArdèche. C’est ce sujet que je décris.

La taille de cette aberration est exactement celle de Rhomboidaria typique. La teinte générale des ailes est beaucoup plus foncée que chez l'espèce ordinaire ; elle a passé au fubigineux. Les lignes ordinaires, très-bien indiquées, sont des plus visibles. Ce qui distingue surtout cette variété, est l’espace compris entre la coudée et la frange, qui est comme charbonné. Le point cellulaire, non pupillé, est d’un noir profond ; appuyé au bord costal, il n’est pas réuni à l'ombre médiane , et se détache d'autant mieux du fond.

En dessous, cet insecte n’a rien qui le distingue des

Rhomboidaria ordinaires. .

(?) Cette phrase de l'auteur de l'Zrxdex methodicus : « Affinis Rlomboidaria et forte illius aberratio Pyrenaica » semble indiquer qu'il considère lui-même cette prétendue espèce comme ayant les plus grands rapports avec la Rhomboidaria \ypique.

Des œufs fécondés de cette anomalie me procureèrent quelques chenilles. Un accident me les fit perdre quinze jours après leur éclosion. C’est chose d’autant plus regretable, qu'il eût été intéressant de connaître si la progéniture de cette variété devait participer en totalité ou en parte de la coloration anormale de la mere.

= RARE (fr =

EXPLICATION DES PLANCHES. 183

EXPLICATION DES PLANCHES

De la 3me Livraison (1860).

EXPLICATION DES FIGURES

Fig. 1. Chenille de Fidonia Plumislaria (Vu) 2. Chrysalide.

Page 1