‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inéditsChapitre 33 sur 45 · VAR. C · texte numérisé non relu

VAR. C

Ici, les dessins des supérieures, bien qu'assez étroits, sont un peu ceux de l'espèce ordinaire. Ce qui distingue cette variété, c’est le fond des ailes inférieures qui est d’un jaune rougeätre. Les supérieures sont quelque peu lavées de cette couleur à la côte et à la base de l'aile.

Var. D.

La plus remarquable des quatre anomalies que j'indique, est cette dernière (pl. 41, fig. 8). Le fond des ailes supérieures et inférieures présente une ligne basilaire qui, au lieu d’être étroite et interrompue vers le milieu, est très-large, de la côte au bord interne.

Ces quatre variétés de la Latreillii, et d'autres moins importantes , m'ont été communiquées par M. Staudinger. Toutes proviennent de l'Espagne, seul lieu, au reste, où l’insecte ait été trouvé jusqu’à ce jour.

Les individus mâles et femelles qui viennent de m'éclore ne m'ont pas donné d’aberrations dignes d’être citées.

Si l’insecte parfait a été mal rendu par Godard, M. Herrich Schaeffer nousen a donné de bons dessins (pl. 13, fig. 66 et 67), mais je les trouve trop petits d’un tiers.

M. le D' Graells, de Madrid, nous a fait connaitre déjà la chenille de la Chelonia Latreillài dans les Annales de la Société entomologique de France (année 1843, p. 359, pl. 12, fig. 4 à 3); mais ne trouvant pas ses dessins assez exacts, j'ai cru nécessaire de donner de nouvelles figures de cette espèce puisque l’occasion vient de m'en être fournie.

La C. Latreillü qui est toujours une des plus grandes raretés, trouvée pour la première fois par M. le général Dejean, il y a une trentaine d'années, a été, l’an passé, recueillie en certain nombre par M. Staudinger. Je ne désespère pas de la rencontrer moi-même à Amélie-les- Bains (Pyr. Orient.), dont le climat et la végétation sont à peu de

chose près ceux du nord de l'Espagne. Je dirai encore que pendant un assez court séjour que j'y ai fait en janvier et février 1863, j'ai trouvé entre autres beiles espèces, la chenilie adulte du Bombyx Lou, Raus., considéré jusqu'a ce- jour, comme appartenant exclusivement

à l'Espagne.

Nudawin® (1) lMHassiliensis, Mir.

(Species nova.)

(PI542;, fig vatà 3)

Je devrais peut-être créer un genre pour celte nouvelle espèce qui, bien que se rapprochant des Nudaria par la forme des ailes et leur nature, la taille et le faciès général de l’insecte, s’en éloigne cependant par la conformation des palpes ainsi que par la longueur de la trompe. Provisoirement je laisse Massiliensis parmi les Nudaria de Stephens , en attendant que la connaissance des premiers états de cette curieuse espèce vienne nous apprendre où doit être sa véritable place dans l'ordre des Lépidoptères.

Envergure : 60,19 m.

Les ailes, larges, arrondies, luisantes, peu chargées d’écailles , sont néanmoins opaques. Les supérieures, sur un fond blanchâtre, présentent des lignes transversales assez distinctes bien que faiblement écrites en gris foncé. L’extrabasilaire est indiquée par un gros point appuyé à la côte. La basilaire, presque droite, sinueuse , commence par un gros point qui touche également à la côte. La coudée, très-sinueuse, présente au coude un angle rentrant prononcé. Enfin la tache réniforme où au moins un gros point gris qui occupe sa place, est des plus visibles.

(1) Bdv. Steph. Stgr,

Nudaria? Massiliensis. 295

Lo

La frange est concolore, assez longue, et précédée de taches triangulaires grises placées entre chaque nervure.

Les ailes inférieures sont traversées par une ligne assez étroite, mal écrite indiquant d’une manière vague la continuation de la coudée. Les franges un peu plus longues qu'aux supérieures, sont également précédées de taches grises, triangulaires, bien indiquées.

Le dessous est luisant, concolore, sans taches avec la base des ailes blanchâtres ; il laisse voir les nervures très-accusées.

Tête, assez forte ; yeux, ronds, relativement gros, d’un brun rougeâtre. Trompe, allongée, roulée en spirale, concolore. Palpes, assez longs, tendant à se relever, comprimés à la base et velus jusqu'à la naissance du 3° article. Celui-ci, pointu, relevé, presque nu. Antennes médiocrement longues, fortement ciliées, brunâtres. Thorax, carre, concolore, avec les ptérygodes assez longues. Abdomen, conique, aussi long que les ailes inférieures, blanchâtres, terminés par un pinceau de poils. Poitrine, concolore, luisante. Pattes, de médiocre longueur, blanches, luisantes ; munies aux inférieures, d’une seule paire d’éperons, :

Je suppose que cet individu est une femelle et, bien que je ne connaisse que cet unique sujet, je n’ai pas hésité à le publier à cause de ses caractères tranchés.

La Massiliensis faisait partie d’un envoi de Lépidoptères à détermiminer que m'avait communiqués à la fin de l'été dernier, M. Dardoin, auquel la science est redevable déjà d’un certain nombre d'espèces.

« Je l'ai prise, » m'a écrit notre collègue, « aux environs de Mar- « seille, à la fin de juin 1861, dans un chemin creux bordé de buis- € sons, ayant à droite et à gauche des garigues herbues. »

Cette nouvelle Nudaria? appartient à la riche collection de M. Dardoin. Dans le catalogue Staudinger, elle devra être placée après la Mundana de Duporchel, et avant l’Altaica, Len., où elle portera le n° 23 bis.

Gelechir Halymella (1), MIiLL.

(Species nov.)

(PI. 42, fig. 4 à 8.)

Elle est assez courte, fusiforme, d’un blane jaunâtre plus ou moins prononcé. Les lignes ordinaires sont larges et indiquées en rouge carminé clair. La stigmatale est la seule qui ne soit pas continue : celleci est interrompue sur chaque segment. Le ventre est jaunâtre et ne présente pas de lignes. Les stigmates, qu'on ne distingue qu'à la ioupe, m'ont paru noirs. La tête, petite, lenticulaire, est d’un noir luisant. Les deux premiers anneaux sont d’un vineux obscur : le premier porte un écusson corné, noir et luisant. Les pattes antérieures, de couleur vineuse, ont le premier article noir. Les trapézoidaux, relativement gros, sont également noirs.

Cette chenille vit sur l’Atriplex halymus, L., arbrisseau naturalisé en Provence, fort répandu sur les terres qui avoisinent la mer, notamment aux environs de Marseille.

La chenille de Halymella semble attaquer presque seule cet Atriplex (2) qui la nourrit en grande abondance. L’œuf déposé sur une des feuilles épaisses et persistantes de cet arbuste, éclot dès le mois de décembre. La petite chenille perce cette feuille, s’introduit sous la pellicule qu'elle a soulevée et là, ronge en repos le parenchyme. Elle grossit lentement, attaque plusieurs feuilles successivement et n’atteint toute sa taille que deux mois environ après sa naissance. C'est à cette

(1) Du nom spécifique Halymus (Atriplex halymus, L.). (2) On y trouve encore quelques rares chenilles de la Mam. Chenopodiphaga et dela Boar. Rhomboidarir.

Gelechia Halymella. 229 epoque, celle du commencement de février, que son développement ne lui permettant pas plus de vivre à la manière des mineuses, elle lie trois ou quatre feuilles au centre desquelles elle se tient cachée pendant le jour. Cette chenille ne se contente plus alors du parenchyme de la feuille, elle ronge celle-ci dans toute son épaisseur.

L’insecte ne se métamorphose que fort rarement dans les feuilles de l’arbrisseau qui l’a nourri : il se cache parmi les mousses et s’y chrysalide après avoir préalablement formé une coque solide composée de soie blanchâtre entremêlée de débris de végétaux.

La petite nymphe, assez allongée, d’un brun rougeàtre sur le dos et la poitrine, a les anneaux teintés de jaune clair avec les incisions d’un carné vif.

L’éclosion de la Tinéide arrive dès le commencement d'avril et se prolonge jusqu’à la fin de ce mois.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,013 à 0,014".

Les ailes supérieures sont entières, longues, étroites, presque rectangulaires, disposées en pointe arrondie et garnies inférieurement d’une assez longue frange. Le fond, d’un jaune de Naples plus ou moins chaud, est chargé de huit ou neuf points noirs, dont cinq disposés en une sorte d’ellipse au premier tiers de l’aile. Deux autres points suivent ceux-là. Un dernier point, plus grand que les précédents, de forme orbiculaire, est situé à l’apex. Les ailes inférieures, moins longues que les supérieures, sont un peu plus larges. Elles sont terminées en pointe aiguë, d’un gris bleuâtre , luisantes , sans dessins et trèslargement frangées au bord interne surtout. Les quatre ailes sont en dessous d’un jaune paille vif, et très-luisantes. La tache cireulaire apicale est seule visible. Les antennes sont longues et filiformes. Les palpes aigus et relevés au dessus de la tête, ont les deux premiers articles seuls velus. Les yeux sont noirs. La tête et le thorax

Annales de la Société Linncenne. 15

assez robustes, concolores, sont peu fournis d'écailles. L’abdomen, long, déprimé et dépassant les ailes inférieures. La poitrine et les pattes sont concolores.

La femelle est semblable au mâle.

Cette Gelechia à, sans doute, plus de deux générations par an.

Concüylis Meridinna, SrGr.

Stelt., e.,entomol. Zeit., 1859.

(PI. 49, üg. 9.)

J'étais sur le point de publier cette Tortricède que je croyais nouvelle, lorsqu'après l'avoir soumise à MM. les entomologistes allemands, je sus que cette espèce, non encore figurée, avait été depuis peu décrite par M. Staudinger dans les Annales de la Société Entomologique de Stettin.

Envergure : 0,024 à 0,025 m. Les ailes supérieures sont étroites, allongées, presque rectangulaires sans autres dessins que : 1° trois points bruns placés au tiers de l'aile et formant par leur réunion un triangle situé à égale distance de la côte et du bord interne. L’espace triangulaire qu'embrassent ces trois points, est teinté de rougeûtre ; 2° de deux ou trois points bruns, placés obliquement aux deux tiers de l'aile, à la même hauteur que les premiers et venant après ceux-ci. La côte est finement ponctuée vers l'extrémité et au milieu, et, de plus, marquée imparfaitement de trois ou quatre traits rougeàtres. Les ailes inférieures sont larges, entières, rectangulaires, luisantes, d'un gris roussâtre et sans taches. Les franges des quatre ailes sont larges et concolores. Les supérieures, en dessous, sont brunes ; elles ont les franges et la côte d’un jaune paille. Les inférieures, luisantes, rapellent complétement le dessus par leur teinte uniforme.

Les antennes, très-faiblementciliées, jaunâtres, arrivent à peine aux

Larentia Zumsteinarix. 227 trois cinquièmes de la longueur des premières ailes. Les palpes, longs, incombants, sont touffus et sans articles distincts. Trompe, nulle; thorax, robuste, bien fourni, concolore. L’abdomen, plus long que les ailes inférieures, est d’un jaune paille; il se termine par un pinceau de poils légèrement roussâtres. Les pattes, assez longues, sont concolores.

La femelle, relativement plus rare que le mâle, lui ressemble.

La chenille m'est inconnue.

La C. Meridiana vole en juin et en juillet. Je l'ai trouvée pour la première fois, il y a une dizaine d'années, aux portes de Lyon, sur les hauteurs de Saint-Clair, dans des lieux incultes remplis d'Artemisia campestris.

J’ai repris ce grand Tortrix en certain nombre dans un pré sec, aux environs de Grenoble, lors de la première promenade qu'ont faite MM. les membres de la Société Entomologique de France, à l'époque du Congrès de 1859.

M. Staudinger m'écrivait dernièrement : « J’arpris C. Meridiana « en juillet, à Grenade. Puis mon chasseur ena capturé de très-grands « individus à Malaga. Je l'ai reçu ensuite de Catalogne et je crois de « Montpellier. » Ce naturaliste ajoutait : « Je suis très-sûr que mon « ami M. Walse se trompe en jugeant vos exemplaires de ma Wert- « diana variétés de la Zephirana. »

Larentia Zusmsteinarin (1).Lan.

(Supplément à la Faune suisse (Phalénides).

(PI. 42, fig. 10 et 11.)

M. le docteur de la Harpe, de Lausanne, m'ayant confié cet insecte pour le figurer dans mon Iconographie, je crois devoir informer mes

(1) Dédiée à Mme Zumstein.

lecteurs que cet insecte a été décrit l'année dernière, dans la Revue de la Société Entomologique de Schaffouse (Suisse), page 24.

Je rapporterai textuellement l’alinéa qui précède la description de cette Phalénite, par M. de la Harpe :

« Je dois cette jolie espèce à M. Meyer de Burgderf, qui l'a prise du « 30 mai au 20 juin 1861, au bord d’un bois de pins, au dessus de « Viège (Haut-Valais). Elle n’est pas très-rare dans la localité qu’elle « habite, mais elle est difficile à saisir, parce qu’elle se pose habi- « tuellement sur la terre et les rochers, dont elle a la couleur. La « chenille vit probablement sur les pins, le papillon ne s'étant montré « nulle part ailleurs dans la contrée. Trois exemplaires en bon état, « dont un mâle et deux femelles. »

La Zumsteinaria qui, pour la teinte générale, rappelle l'Eubolia Bipunctaria, est d'un tiers plus petite que celle-ci.

M. de la Harpe rapproche cette nouvelle espèce des Phalénites Aptata, Spadiceata, Propugnaria et autres. Est-ce en effet près de ces dernières qu'elle doit trouver place ? Je l’aurais bien plutôt crue voisine de la Mulhistrigaria, HAwW. et de l’Austriacaria, H.-S. dont elle a la coupe d'ailes, la taille, et un peu la disposition des lignes.

Les ailes sont entières, veloutées : les supérieures, légèrement falquées, ont l’apex aigu. Le fond est d'un gris bleuâtre avec l’espace médian qui se détache en brun rougeûtre. Le milieu de cet espace laisse voir distinctement le point cellulaire, petit, noir, reposant sur un fond grisètre. Un double trait fin, géminé, blanchâtre, borde dans toute sa hauteur, à droite et à gauche, cet espace médian. La subterminale, également blanchâtre, festonnée, précède une série de points noirs. Ceux-ci, disposés par paires, sont séparés par des taches foncées correspondant aux nervures. L’extrabasilaire, fortement arrondie, est double, large et d’un gris foncé. La frange est médiocrement longue, concolore et entrecoupée de brun. Les ailes inférieures sont étroites et d’un gris roux ; teinte qui se prononce davantage à l’extrémité. Ces ailes sont coupées transversalement par deux bandes blanchâtres et par la ligne falgurale visible seulement à la base. La frange

Bombyx Doryni. 229 rappelle celle des supérieures. Le dessous et d’un gris obscur avec la tache cellulaire bien indiquée en noir aux quatre ailes. Une bandelette transversale, arquée, assez large, blanchâtre, traverse les ailes vers le milieu. Enfin, les points qui précèdent la frange sont à peine visibles. Les antennes du mâle, faiblement pectinées, sont brunâtres. Les palpes sont courts ; le front est brun. La tête, le thorax et l'abdomen sont unicolores. Ce dernier est terminé par un faisceau de poils gris et blanchâtres. La poitrine et les pattes sont grises.

Bombhyx Doryenii, Mir.

(Species nova.)

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