‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inéditsChapitre 34 sur 45 · PL · texte numérisé non relu

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Plusieurs naturalistes ont soupçonné avant moi que Bombyx Franconica du midi de la France n'était point la même espèce que l’insecte du même nom des Alpes suisses et de la Franconie (4). Toutefois, l’une des deux espèces, car il y en a évidemment deux très-distinctes, à toujours été admise comme variété locale de l’autre.

Si la chenille de chacune de ces deux espèces eût été connue, le doute n’eût pas été un instant possible, car si les insectes parfaits du Dorycnü et du Franconica ont ensemble certains rapports, les chenilles s’éloignent beaucoup l’une de l’autre, ainsi que vont le démontrer mes figures.

De plus, les mœurs, le genre de nourriture, l’époque d’apparition. la parure et l’habitat de chacune des deux chenilles, les caractères

(1) M. Daube, de Montpellier, est peut-être le premier qui ait cru à deux espèces. C’est lui qui a appelé mon intention sur le fait important que je vais raconter. Je citerai également M. Prévost père, de Genève, qui, avec une grande obligeance, s'est empressé de m'envoyer, des montagnes suisses, la chenille du B. Franconica à divers âges, pour la comparer à celle desenvirons de Montpellier.

lecteurs que cet insecte a été décrit l'année dernière, dans la Revue de la Société Entomologique de Schaffouse (Suisse), page 24.

Jerapporterai textuellement l'alinéa qui précède la description de cette Phalénite, par M. de la Harpe :

« Je dois cette jolie espèce à M. Meyer de Burgderf, qui l'a prise du « 30 mai au 20 juin 4861, au bord d’un bois de pins, au dessus de « Viége (Haut-Valais). Elle n’est pas très-rare dans la localité qu’elle « habite, mais elle est difficile à saisir, parce qu’elle se pose habi- « tuellement sur la terre et les rochers, dont elle a la couleur. La « chenille vit probablement sur les pins, le papillon ne s’étant montré « nulle part ailleurs dans la contrée. Trois exemplaires en bon état, « dont un màleet deux femelles. »

La Zumsteinaria qui, pour la teinte générale, rappelle l'Eubohia Bipunctaria, est d’un tiers plus petite que celle-ci.

M. de la Harpe rapproche cette nouvelle espèce des Phalénites Aptata, Spadiceata, Propugnaria et autres. Est-ce en effet près de ces dernières qu'elle doit trouver place ? Je l’aurais bien plutôt crue voisine de la Multistrigaria, HAw. et de l’Austriacaria, H.-S. dont elle a la coupe d’ailes, la taille, et un peu la disposition des lignes.

Les ailes sont entières, veloutées : les supérieures, légèrement falquées, ont l’apex aigu. Le fond est d'un gris bleuâtre avec l’espace médian qui se détache en brun rougeûtre. Le milieu de cet espace laisse voir distinctement le point cellulaire, petit, noir, reposant sur un fond grisètre. Un double trait fin, géminé, blanchâtre, borde dans toute sa hauteur, à droite et à gauche, cet espace médian. La subterminale, également blanchâtre, festonnée, précède une série de points noirs. Ceux-ci, disposés par paires, sont séparés par des taches foncées correspondant aux nervures. L’extrabasilaire, fortement arrondie, est double, large et d’un gris foncé. La frange est médiocrement longue, concolore et entrecoupée de brun. Les ailes inférieures sont étroites et d’un gris roux; teinte qui se prononce davantage à l’extrémité. Ces ailes sont coupées transversalement par deux bandes blanchâtres et par la ligne fulgurale visible seulement à la base. La frange

Bombyx Doryni. 229 rappelle celle des supérieures. Le dessous et d’un gris obscur avec la tache cellulaire bien indiquée en noir aux quatre ailes. Une bandelette transversale, arquée, assez large, blanchâtre, traverse les ailes vers le milieu. Enfin, les points qui précèdent la frange sont à peine visibles. Les antennes du mâle, faiblement pectinées, sont brunâtres. Les palpes sont courts; le front est brun. La tête, le thorax et l'abdomen sont unicolores. Ce dernier est terminé par un faisceau de poils gris et blanchâtres. La poitrine et les pattes sont grises.

Bombyx Doryenii, Mirr.

(Species nov.)

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