VAR. B
(PI. 49, fig. 7.)
Celle-ci qui est une femelle et qui est plus grande que le type de près d’un quart, a le fond des supérieures jaune, mais le bord et les nervures sont largement souillées de brun ochreux. Les antennes et le thorax sont de cette dernière couleur. Le rouge des ailes est cru et les taches noires sont relativement larges : celles du milieu de l’aile se réunissent et forment, d’une manière vague, un V à moitié couché.
Ces deux aberrations appartiennent à M. Staudinger, ainsi que deux autres moins importantes et qui font passage du type aux deux variétés que je viens de décrire.
La Nemeophila? Metelkana n'a été trouvée jusqu'à ce jour que dans une localité des Steppes de la Hongrie méridionale. C’est, je l'ai dit, une grande rareté ; espérons cependant qu'elle se répandra bientôt dans les collections, puisqu'on l’obtient de chenille. Il ne m'a rien été dit encore de cette dernière ; mais je crois qu’on ne peut tarder à connaître ses mœurs et à la voir figurer dans quelque publication scientifique.
Spilosoma (1) Zatima, Cram. p. 182, pl. 381, fig. F.
(PI. 49, fig. 5 et 7).
Voici un charmant Lépidoptère qui est presque une nouveauté ; il en est une au moins pour notre forme européenne.
(4) Crée par Stephens (Arctia, Bdv.).
Spilosomu Zatima. 399
Cet insecte vient de m'être adressé par les soins de M. le docteur Staudinger, et ce qu'il m'écrit à.cet égard est d’un intérêt réel.
Un jeune Anglais, M. Gaedke, lépidoptériste distingué, habite , comme attaché au gouverneur, l'île d’Héliogoland, possession anglaise, située dans Ja mer du Nord.
Pendant le mois de juin dernier, M. Gaedke prit pendant le jour environ douze Zatima, car l'espèce vole au grand soleil à la manière des Hehothis Dipsacea et Peltigera. Ne connaissant pas ce précieux Lépidoptère, son heureux possesseur le crut nouveau jusqu'à l’arrivée dans l’île du docteur Oscar Stuve, qui, après l'avoir soumis à son ami, M. Staudinger, sut que ce Papillon, figuré grossièrement, mais reconnaissable il est vrai parmi les Lépidoptères exotiques de Cramer , avait été primitivement trouvé à Surinam (Amérique méridionale).
Est-il bien certain que la Zatima dont Cramer n’a publié qu'une seule figure et dont peut-être il n'avait vu qu’un seul individu (4) ait été effectivement rencontrée à Surinam ?
Ne pourrait-on supposer plutôt que cet inonographe , se trompant sur la patrie réelle de ce Lépidoptère, l'ait cru de l'Amérique, alors qu'il provenait de l’une des nombreuses petites îles voisines de la Hollande, et dont Heligoland est la dernière?
Je ne connais pas la Spilosoma Valkeri, CuRT. mais il n’est pas supposable que la Zatima puisse être cette aberration de la Menthastri, pas plus qu’elle ne doit être une variété de la Lubricipeda: c’est aussi l’avis de M. Staudinger, dont l’appréciation est sûre, nous le savons {ous.
Les caractères constants et les habitudes de cette Spi. Zatima, doivent bien certainement la distinguer de ses deux congénères la Menthastri et la Lubricipeda qui se trouvent également, à ce qu’il paraît, dans l’île d'Héligoland.
(1) I paraïîtrait cependant que Cramer aurait vu une seconde Zatima, si on interprète dans ce sens la fin de son article consacré à cette espèce. « Au cabinet, » dit-il, « de son Excellence M. le baron Reugers, se trouve une Phalène qui a éte « prise dans la baronie de Bréda, et qui ressemble beaucoup à celle-ci. »
La chenille qu’on ne peut tarder à découvrir, viendra confirmer notre opinion, la chose ne me semble pas douteuse.
Envergure : 0,028 à 0,030 m.
Avec un faux air de la Russula ©, elle est de la taille de la Lubricipeda dont elle a à peu près la coupe d'ailes, mais dont elle n’a nullement la ponctuation, pas plus que celle de la Menthastri. Le fond est d'un jaune de Naples mat très-chaud, tirant un peu sur l’ochreux clair. Les ailes n’ont que deux couleurs ; celle du fond et le noir des lignes. Une large bande noire occupe le dernier tiers de l'aile supérieure. Cette bande s'étend à la côte qu'elle recouvre et jusqu'à la base de l'aile qu’elle ne touche pas. Le bord interne est aussi très-largement envahi par le noir. Les nervures et les franges sont de la couleur du fond. Ces dernières ne sont nullement salies. Les inférieures, où le noir est moins intense qu'aux supérieures, seraient néanmoins recouvertes en presque totalité par cette couleur, si ce n’était la base des nervures très-nettes et les franges. En dessous, les ailes sont plus enfumées qu’en dessus : le fond est fuligineux et, sur chacune des quatre ailes, on voit une petite tache ronde, placée aux deux tiers de leur étendue, et une autre tache à peu pres carrée à la base. Les nervures, bien que toutes visibles, le sont moins qu'en dessus. Les antennes, médiocrement longues, sont pectinées et noires. Les palpes et les yeux sont noirs. La tête est garnie d’écailles très-blanches. Le thorax, robuste et bien fourni, est concolore ainsi que les ptérygodes; celles-ci sont recouvertes au sommet ainsi que le collier, de quelques poils fuligineux qui tranchent sur Je fond. L’abdomen qui est garni de poils courts, est d’un jaune rougeâtre ; il est taché, en outre, de cinq ou six gros points, dont un placé sur chaque anneau. Des points également noirs, occupent à gauche et à droite les flancs de l’insecte. Les pattes sont noires. La poitrine, bien fournie de poils, est de la couleur du dos.
La femelle, un peu plus grande que le mâle, a peut-être les ailes moins arrondies. Elle est généralement plus pâle que lui ; c’est-à-dire
Scoparia Amissella. 404 que le fond est d’un jaune de Naples clair et que le noir des supérieures , est moins accusé que chez le mâle. Les ailes sont entièrement recouvertes par le noir qui toutefois est moins profond que chez l’autre sexe. Les antennes sont noires et presque filiformes. Le thorax, tout aussi fourni que celui du mâle, n’est pas taché. Le jaune rougeûtre de l’abdomen est ici plus pâle, mais les taches noires sont plus prononcées et plus étendues. Le dessous de: quatre ailes est, à très-peu de chose près, semblable à celui au mâle.
Le mâle et la femelle typiques de la Zatima, font partie du cabinet de M. Gaedke et de celui de M. le docteur Stauve. 6
Cette espèce présente une intéressante variété femelle : je la désignerai.
Vär.. À.
(PI. 49, fig. 7.)
Ce sujet qui a le fond presque blanc, laisse bien voir les mêmes taches noires, mais celles-ci sont moins étendues et plutôt grises que fuligimeuses. La base des inférieures est blanchâtre et les nervures paraissent moins s’enlever en clair que chez le type. Le dessous, qui est d’un gris foncé, rappelle celui de la femelle ordinaire.
Cette variété appartient à M. Staudinger.
Scoparia (!) Amissella, Lan.
Supplément à la faune Suisse (Cambrides).
(PI. 51, fig. 4).
Envergure : 0,018 m.
Cette nouvelle espèce est de la taille de la Crataegella, Hb. (Cra-
(4) Genre créé par Haworth (Eudorea, Dup., Lah.).
tægalis, Gn.), et se rapproche de la Vandaliella, Zell. (H.-S. f. 157), pour Ja disposition des taches. Elle se distingue de cette dernière par son dessin net et grossier qui est d’un brun roussûtre.
Les ailes supérieures, à fond blanc, ont les lignes transverses nettement indiquées, ainsi que les deux points de l’extrabasilaire. Un troisième point, le cellulaire, noirâtre, presque carré, est aussi bien accusé. L'espace subterminal est occupé en presque totalité par trois autres taches grandes et de formes diverses. Enfin , de gros points nervuraux, précèdent la frange. Les inférieures sont d’un gris jaunâtre et marquées d’une fine ligne claire précédant la frange. Celleci est, aux antérieures , entrecoupée de brun, et simple aux postérieures.
En dessous, les premières ailes sont grises, lavées de roussâtre sur les bords et luisantes. Les inférieures , ont une ligne transversale indécise, et la tache cellulaire visiblement écrite. La tête et le corps participent de la couleur des ailes supérieures. Les palpes sont droits et relativement très-longs.
La femelle n’est pas connue.
Cette Scoparia, parfaitement caractérisée , vient d’être publiée par M. de la Harpe, d’après un individu unique que je lui ai offert et que j'ai pris au commencement de juin 1860, dans les sapins du Mont-Pilat. Elle n’avait point encore été figurée.
La S. Amissella, qui fait partie du muséum de Lausanne, devra dans le Species Guénée, porter le n° 562 ter et suivre la Vandaliella, Zell., non encore comprise dans cet ouvrage.
Scoparia Imparella. 403
Scoparia (1) Imparella, Lan.
Supplément à la faune Suisse (Crambides).
(PI. 50, fig. 2.)
Envergure ; 0,026 m.
De la taille de la Parella, Herr.-Sch. 100-101 : elle en diffère par le sommet des ailes antérieures plus allongé et le bord externe plus oblique. Sa couleur la rapprocherait assez de la V. Octonella, Z. Herr.-Sch., 119-120 ; cependant chez Imparella la teinte générale est plus plombée, moins jaunâtre.
Cette Scoparia s'éloigne de ses congénères par l’absence de dessins déterminés, par l’espace médiane plus foncé, plus nébuleux, et par le fond qui n’a nulle trace de jaunâtre. On voit un sinus à la dernière ligne transverse, ainsi qu'une tache faiblement pupillée tout près de la coudée. Les deux points placés après la basilaire, qui sont propres à toutes les espèces du genre, ne se distinguent qu’à la loupe. Les inférienres, grandes, larges, d’un gris plombé, luisantes, n’ont pas de ligne transverse.
En dessous, les supérieures, sont unies, d’un gris perlé : les inférieures sont semblables au dessus. L’abdomen, long, grèle, annelé de blanc, se termine par un bouquet de poils roussâtres. Les pattes sont grises et entrecoupées de blanchâtre.
J'ai peint cette nouvelle Scoparia, dont le dessin parait effac au premier abord, d’après un sujet d’une grande fraicheur. Elle n'avait point encore été figurée.
M. de la Harpe m’informe qu’il a reçu cinq exemplaires de la Scop. Imparella de li Haute-Engadine
(2) Eudorea, Lah.
Dasydia (1) Operaria? Hs (Var. Scalettaria, Mill., an Species ?)
(Planche 50. fig. 3 à 7).
Cette Phalénite, que je viens d'observer avec soin et dont je vais tracer l’histoire complète, ne me semble pas l’Operaria des auteurs, par la raison que certaines lignes, la coloration générale et surtout la coupe des ailes, sont toujours différentes de celles de la véritable Operaria dont la présence en Suisse n’est pas authentiquement prouvée (Lah., faune suisse, p. 64). Bien que je sois à peu près certain que la Dasydia que je viens d’étudier n’est pas l’Operaria typique (Hb., fig. 350. — Herr.-Sch. , p. 73), je ne veux cependant pas décrire comme inédite celle dont il est question, et, en attendant qu'elle soit reconnue définitivement nouvelle, j’appellerai cette race constante Var. Scalettaria. C’est sur la Scaletta, montagne des Grisons (Suisse) élevée de près de 2,200 mètres, qu'ont été trouvées les chenilles de cette Dasydia , et c’est de là que M. Rodolphe Zeller, de Zurich, a bien voulu m'en faire parvenir un certain nombre de sujets à divers âges. J'ai obtenu, en outre de cette entomologiste zélé, certains détails intéressants sur les mœurs de cette Géomètre.
J’ajouterai qu’on ne sait rien encore de la chenille de l’Operaria proprement dite.
Dans le jeune âge elle est presque noire, mais quand elle est deve-
(41) Genre créé par M. Guenée, et dont la formation était bien nécessaire, puisqu'il a eu pour but d'isoler sept ou huit espèces si remarquablement différentes par les femelles (*) des Gnophos proprement dites, précédemment leurs congénères.
() Sauf l'Obfuscata,
Dasydia Operaria. 405 nue adulte, sa couleur n’est pas décidée; le fond est le vert glauque ou le vert foncé plus ou moins obscur, parsemé de nombreuses petites taches grisâtres, et d’autres carnées. En sorte que l’insecte rappelle un peu certaines chenilles vivant de Lichen et se cachant parmi les plantes eryptogames.
Elle est presque cylindrique, faiblement carénée sur les flancs, un peu atténuée aux extrémités, plissée transversalement, rugueuse, et cependant sans caroncules ; ce qui l’éloigne des chenilles de Gnophos qui, toutes, présentent une ou plusieurs de ces proéminences charnues. La tête est petite, globuleuse, et concolore. Les lignes ordinaires sont mal indiquées ; toutefois avec un peu d'attention on réussit à les distinguer. La vasculaire est étroite, brune et interrompue sur chaque segment, à partir du troisième au pénultième, par quatre gros points: les deux premiers sont blanchâtres et les autres d’un carné plus ou moins obscur. La sous-dorsale est large et brunûtre, mais cependant fort indécise. La stigmatale, également large, est ondulée et se détache en clair sur le fond. Le clapet anal, assez prononcé , est d’un rougeàtre obscur. Le ventre est sans ligne. et d’un gris olivätre. Les pattes antérieures sont uniformément brunes, les quatre autres sont concolores avec la couronne blanchâtre. Les stigmates sont gros, noirs et entourés d’un cercle carné. Les points trapézoidaux sont très-petits; de leur centre s'échappe un poil noir et court. ad
Cette chenille, assez vive, n’a pas la lenteur de celles qui habitent à de grandes hauteurs. M. Zeller me mande qu'il Pa trouve chaque année, sous les pierres d’où elle ne sort que la auit pour manger. Je n’ai pu obtenir de détails précis sur la nourriture que ces insectes prennent en liberté. Je les crois polyphages : chez moi ils ont touché à plusieurs espèces de plantes, telles que Rumex, Plantago et Campanula ; ce sont ces dernières, les Campanula linifolia, Lam., et rotundifolia? L., enlevées à des rochers montagneux , qu’elles ont préférées et qui m'ont servi à les amener à toute leur taille.
se À
Un Hymenoptére attaque fréquemment cette chenille comme je Pai su par M. Zeller ;: malheureusement je n'ai pu obtenir un seul de ces Ichneumons:; je l'eusse figuré à côté de l’insecte qui devient si souvent Sa victime.
La croissance rapide de la chenille de cette Dasydia et le passage si prompt de son état de nymphe à celui d’insecte parfait chez les individus qui volent en juillet, permet de supposer qu'elle a deux’ générations, lesquelles doivent avoir lieu avant le milieu de septembre, car, à partir du quinze ou vingt de ce mois, la neige recou vre la terre jusqu’en juin de l’année suivante.
Cet insecte est un de ceux qui se rencontrent à la fois sous les divers étais, de chenille, de chrysalide et de papillon.
Il paraïtrait que toutes les chrysalides n’éclosent pas dans le cours de l’année qui a vu naître leurs chenilles ; c’est ce qui explique que celles de ces chenilles qui doivent donner leur insecte parfait peu après la formation de la nymphe, au lieu de descendre dans la mousse ou de se fourrer parmi les débris de végétaux, se métamorphosent dans un léger tissu fabriqué au haut de la cage qui les renferme.
Les larves qui, dans la nature, passent l'hiver, ne tardent pas à ètre surprises par le froid et demeurent engourdies pendant toute Ja mauvaise saison (4). +
La chrysalide est allongée, d'un brun rougeàtre, luisante et sans aspérités ; elle présente néanmoins des saillies obtuses au sommet. La pointe abdominale est double, assez longue et noire. Cette nymphe présente deux couleurs : l’enveloppe des ailes et la poitrine sont brunes, et la partie abdominale d’un jaune rougeûtre. Elle est comme transparente et s’agite vivement au moindre bruit. L'éclosion qui arrive au commencement de septembre, a toujours lieu dans la matinée. Celles qui me sont écloses en automne n'étaient demeurées que seize à dix-huit jours en chrysalide.
(1) Renseignements fournis par M. R. Zeller.
Dasydia Operaria. 407 INSECTE PARFAIT.
Envergure : le © 0,038 à 0,840.
la Q 0",048 à 0”,049.
Les ailes sont larges, entières, coupées carrément, soyeuses, luisantes, d’un gris verdàtre et marquées de plaques jaunâtres aux supérieures ; celles-ci ont la costale un peu concave et l’apex prolongé et obtus. Cette coupe d’ailes et cette coloration séparent évidemment cette Dasydia de l’Operaria proprement dite. Elle en diffère encore par l’absence des points terminaux aux quatre ailes, par les lignes basilaire et coudée à peine écrites et jamais dentelées, par deux taches noires à la côte, indiquant la naissance des lignes transversales toujours absentes chez l’'Operaria. Les antennes sont garnies de lames régulières : le thorax est velu, l'abdomen, grèle et concolore.
Il paraît que cette Phalénite est très-sauvage et fort difficile à Saisir.
La femelle, remarquable à plus d’un titre et de découverte récente. est presque aptère; elle n’a que des moignons d’ailes, ce qui la fait ressembler à certaines femelles de Boarmides ou mieux à quelques espèces femelles du genre Diurnea. Elle à l'abdomen relativement développé avec les premières ailes très-aiguës à l’apex. Le point cellulaire est gros, noir et bien visible. Les ailes inférieures sont ellipsoïdes et arrondies au sommet avec une large bordure foncée. Les antennes sont filiformes et presque de la longueur des premières ailes. L’insecte serait entièrement d’un gris ardoisé et luisant, n’était la tête et le thorax qui sont bien fournis de poils blanchâtres.
Je soupçonne que tous les individus que j’ai reçus d'Allemagne et qui, pour la plupart, sont gris de plomb, doivent être de véritables Operaria, Hb., tandis que ceux que nous recevons des Alpes suisses. dont la teinte est le gris-plombé-verdätre lavé de taches jaunâtres, sont cette variété Scalettaria, Mihi.
Je viens d’avoir la certitude que cette variété ou espèce séparée n'est
point la Gnophos Spurcaria, Lah., à laquelle on aurait pu la rapporter. à en juger par la figure 2 des Phalénites suisses, car M. de la Harpe m'écrit : « Ma Spurcaria est la Caelebaria, H.-S., fig. 424 et 507. « Prise par Mann, dans le haut Tyrol. »
Timia Margarita.
QUELQUES MOTS SUR LA TIMIA MARGARITA, Hb.
Pendant longtemps les entomologistes de tous les pays ont été assez peu d'accord sur la place que devait occuper dans l’ordre des Lépidoptres, la Timia Margarita. s se sont enfin entendus et ont placé ce charmant insecte parmi les Géomètres.
En outre de ce que j'en ai dit (p, 267), je crois devoir faire connaitre certains détails qui le caractérisent.
La T. Margarita n’est pas une Géomètre..…. Il pourrait se faire qu’elle ne fût pas davantage une Noctuelle; et voici ce qui doit militer en faveur de mon opinion :
M. Dardoin, de Marseille, lépidoptériste sérieux et digne de foi, m'a adressé par la poste, le 25 mai de l’année dernière, une ponte de la Margarita, obtenue d’une femelle prise au vol par lui-même. Malheureusement les jeunes chenilles, écloses pendant le trajet, m’arrivèrent aux trois quarts mortes de faim ; pas une seule n’a survécu. Cependant j'ai pu reconnaître leur forme au moyen d’une très-forte loupe, et reproduire l’insecte au trait. Le voici rendu par la gravure sur bois.