O1 =) ST
Gnophos Pullata.
Gnuophos Pullata.
(Planche 4. Fig. 42 à 14.)
W.-V. 1-2 — Treits. I p. 179. — Herr-Sch. p. 74 et Supp. p- 72 fig. 70, 500, 501. — Delah? 120. — Gn. 188. (non Hub. nec Dup.).
Cette larve se rapproche de celle de Glaucinata par la forme, mais elle s’en éloigne par ses mœurs.
Il est à peu près certain que si Glaucinata parait deux fois dans l'année, Pullata n'a qu'une génération par an.
Cette espèce pond aussitôt qu’elle se sent mortellement blessée par l’épingle. Les œufs pondus ne dépassent guère le nombre de vingt ou vingt-cinq. Ils sont ovales, et leurs diverses couleurs rappellent celles des œufs de Hucidaria.
La chenille, lors de sa naissance, est verdâtre; elle a la tête brune avec les pattes concolores ; on soupconne la double éminence du onzième anneau, et la jeune chenille s'agite et tremblote ainsi que je l'ai dit précédemment. Agée de trois semaines, cetle larve mesure 0,012 à 0,015 millim. de long. Elle est alors couleur de café au lait, avec la stigmatale jaunâtre.
L'hiver la surprend au tiers de sa taille ; elle ne mange absolument rien pendant toute la durée de cette saison, bien que la nourriture ne lui manque pas, se cache sous la mousse tout près du sol, et parait s’engourdir complètement.
Les premiers jours du printemps font sortir cette chenille de sa léthargie; elle se remet alors à manger, mais grossit lentement. C’est vers la fin d'avril et le commencement de mai que Pullata est arrivée à sa taille ; elle peut avoir alors de 0,025 à 0,050 millim.
Sa couleur est d'un gris jaunâtre mat. Elle est courte, ramassée au repos, fortement carénée sur les côtés, très rigide, un peu plus épaisse antérieurement avec les deux trapézoïdaux postérieurs de l'avant-dernier anneau, relevés en pointe conique, brune en avant, blanche sur les côtés. La vasculaire, qui est gris de fer, n’est bien visible que sur les premiers et les derniers anneaux. La sous-dorsale paraît remplacée par un chevron brun sur chacun des cinquième, sixième, septième et huitième anneaux, lequel vient aboutir à la stigmatale. Celle-ci, représentée par la carène très-proéminente, est sinueuse et d’un blanc jaunâtre. Le ventre, qui est gris, ne présente que deux lignes étroites à peine accusées. Les stigmates sont ronds, noirs et cerclés de jaunâtre. La tête est concolore, globuleuse, rétractile et le plus souvent rentrée au tiers sous le premier anneau. Les pattes antérieures sont concolores ; les anales sont verdâtres.
Cette Géomètre est polyphage, mais elle mange de préférence les Plantago et certaines Composées. Ainsi que plusieurs chenilles, parmi celles qui passent l'hiver, Pullata semble préférer aux feuilles fraiches celles qui sont flétries et même entièrement desséchées.
CHRYSALIDE
Pour se métamorphoser, cette larve s'enfonce sous une légère couche de terre et s’y construit une coque lache dans laquelle elle se transforme bientôt en nymphe.
La chrysalide est cylindrico-conique et d’un brun rouseûtre; elle est luisante et ne présente rien qui la distingue du plus grand nombre des chrysalides de Phalénites.
L’insecte parfait éclot au bout de trente ou trente-cinq jours.
Les nombreux exemplaires que j'ai obtenus se sont fort bien développés et étaient tous aussi beaux que ceux qui ont été
capturés dans la montagne.
&nophos Pullata. 397
ÎINSECTE PARFAIT.
+ La Pullaia de là Grande-Chartreuse n'est point la Pullata typique, H.-S., mais bien la variété B du Species Guenée ( Impectinata, Gn.). Les ailes de mon insecte sont trèsentières , très-dentées , généralement d'un gris perlé mat, faiblement teinté de bleuâtre en-dessus. La ligne basilaire , visible seulement aux supérieures; la coudée, ou seconde ligne, légèrement dentée avec des points noirs plus ou moins marqués sur les nervures. Chez le plus grand nombre des individus, la subterminale est invisible. Les omicrons sont petits, ovales et évidés. La frange des quatre ailes est concolore et toujours précédée de points noirs bien accusés. Le dessous des secondes ailes est gris perlé, soyeux, sans atomes; on y remarque, après la coudée, une ligne blanche très-distinete et assez fortement dentée intérieurement. Îi existe une seconde ligne blanchätre, moins accusée que la précédente, et qui accompagne extérieurement la subterminale. Les antennes sont filiformes dans les deux sexes. Le corps est de la couleur des antennes. avec l’extrémité de l’abdomen teintée de fauve.
Jai figuré et je désignerai de la lettre C (pl. 1 fig. 15 ) une variété accidentelle qu'aucun auteur, à ma connaissance, n'a décrite ni représentée. Je pense que cette aberration, qui provient de la Grande-Chartreuse , mérite d'être signalée ; voici sa description :
Les ailes sont d’un blanc de crème, salies de stries jaunâtres. L'espace médian est rempli d'atomes gris-brun, et simule une large bande transverse qui se détache nettement du fond. La base des ailes, jusqu'à la ligne coudée, est, en dessous, d’un gris plombé uniforme, sans atomes. Le reste des ailes est d’un blanc perlé, soyeux et sans taches. Les omicrons se distinguent très-bien en dessus eten dessous.
Cette Gnophos, pour la coupe et le facies général, s'éloigne assez des Pullata de Hubner et de son continuateur Herrich- Schæffer. Sans parler du dessin des ailes, je ne fais reposer mon opinion que sur un caractère important et qui pourrait suflire pour distinguer cette race constante de celles qui ont été signalées. Les nombreux sujets que j'ai pris à la Grande- Chartreuse ou dans le département de l'Ain, o41 qui sont éclos chez moi, ont tous les ailes supérieures beaucoup moins arrondies que les diverses Pullata publiées jusqu’à ce jour. En considération de ce caractère, je serais porté à croire que cette espèce est nouvelle et distincte ; mais, par réserve et dans la crainte d'augmenter la confusion qui déjà ne règne que trop dans ce genre difficile, je m'abstiendrai provisoirement de considérer cette Gnophos comme inédite. Cependant si, plus tard, il arrivait que la Pullata que je viens de décrire fût reconnue distincte du Lype et de ses variétés, je propose pour elle le nom de 4{barinata (1).
Cette Phalénite se rencontre communément, en juillet, sur les rochers qui bordent le chemin de la Grande-Chartreuse, depuis Fourvoirie jusqu’à un kilomètre environ au-delà de la porte supérieure du désert; plus loin cette Boarmide: est remplacée par Flavicinctata, Olivata et Frustata, etc., qui , de même que Pullata, se placent, pendant le jour, contre les rochers verticaux ou en dessous de ceux qui surplombent.
(4) En souvenir de l’Albarine *, torrent qui arrose, dans le Bugey, la vallée du même nom, sur l’un des versants de laquelle je trouvaila première cheaille qui me fit connaitre cette Géomètre.
* De deux mots celtiques : ab, blanc, et rine, couler avec impétuosité.
Steganria Permutaria. 599
Sitegania Permutaria.
(Planche 2. Fig. 7 à 12.)
MD beirt. 2: 1. -— F. et Sami.’ 92. Bork: 259. = "Bdw. 1816. — Gn. 976 — Trimaculata. Vill. p. 584 n. 658.
Lors de son éclosion, la jeune larve est verdâtre; la vasculaire est brune et très-large; la tête est d'un jaune orangé. A l'état adulte, cette chenille atteint la longueur de 0,022 à 0,025 millim.; elle est de forme cylindrique, faiblement atténuée antérieurement, de couleur verte sur le dos et les côtés, tournant au violacé en dessous.
La vasculaire est large, d’un carminé vineux, et s’élargit * au milieu de chaque anneau. La sous-dorsale est blanchätre, sinueuse, interrompue à chaque intersection. La stigmatale, d'un blanc verdätre, est peu apparente. Les stigmates sont ovales, carnés et cerclés de noir. Le ventre est sans lignes distinctes. Les trapézoïdaux, en-dessus et en dessous, sont à peine visibles. La tête est carrée, de teinte vineuse, avec une tache au centre, en forme de croissant.
Les pattes écailleuses sont carnées, les anales sont concolores.
Cet insecte, qui se nourrit très-bien, croît rapidement, et subit en très peu de temps toutes ses métamorphoses. La chenille, éclose le 25 mai, a opéré ses diverses mues en moins d’un mois. Elle s'est chrysalidée du 12 au 15 juin. Dès le 25 de ce dernier mois, l'insecte parfait était éclos.
Les éducations d'automne se sont faites proportionnellement, d'une manière aussi rapide.
CHRYSALIDE
Placée au centre d’une feuille pliée , la nymphe est toujours enveloppée de fils de soie brune qui la soutiennent.
Cette chrysalide qui, pour la forme, ne présente rien de particulier, est brune, cilindrico-conique, légèrement obtuse. L'abdomen se termine par deux crochets divergents, destinés, sans nul doute, à retenir cette chrysalide dans son hamac
suspendu.
INSECTE FARFAIT.
Envergure 0,024 à 0,025 millim. Les ailes sont d'un blanc ochracé, recouvertes de rares atomes bruns. La côte est maculée de trois taches brunes, dont les deux premières donnent naissance aux lignes transverses. Les inférieures ne laissent voir que la ligne coudée. Les quatre ailes portent un point discoïdal, mais à peine visible. La frange, qui est concolore, est précédée d’un liseré brun très-fin.
En dessous, les quatre ailes n'ont pas de lignes, elles sont seulement saupoudrées d’atomes bruns sur la côte. Au centre de chacune de ces ailes, un trait discoïdal est vivement écrit.
Les antennes sont brunes et pectinées. La tête, le corps et les pattes sont de la couleur des ailes.
La femelle est semblable au male, si ce n'est qu'elle a les
antennes filiformes.
Var. À Gn.: Commutaria., Hb. 505. — Bdv. 1817. — Dup. V. p. 18 pl. 171 fig. 5. = Cognalaria, Lédérer p. 97.
Le fond de cette variété est d'un blanc ochracé parsemé de points gris-brun. Les lignes transverses, le filet terminal et les nervures sont d’un brun violet plus ou moins foncé. L’es-
pace basilaire des supérieures et l’angle interne de ces
Stegania Permutaria. HO mêmes ailes, supportent une large tache d'un gris violatre. Le point discoïdal, sur les quatre ailes, est assez visible. La frange est d'un gris brun. En dessous, on ne voit, sur chaque aile, que la ligne coudée qui est très-apparente. Les traits discoïdaux sont également très-visibles.
Cette aberration se remarque plutôt chez les mâles que chez les femelles.
C'est probablement d’après la variété de Hubner (n. 504), qui ne serait que l’exagération de celle que je viens de décrire, que M. Lédérer aurait créé une espèce séparée, sous le nom de Cognataria.
Le genre Stegania, établi par M. Guenée, comprend un petit groupe composé de douze espèces, dont quatre européennes.
Avant la connaissance de la chenille de Permutaria, aucune larve de ce genre, intermédiaire entre les Acidalides et les Fidonides, n’était encore connue.
Cette espèce se distingue des chenilles des genres voisins en ce qu'au lieu de s’enterrer pour se chrysalider, elle s’enveloppe dans une sorte de réseau ou hamac qu’elle fixe toujours entre les feuilles du peuplier qui l’a nourrie.
Il ne reste plus de doute sur l'identité de la variété brune de Permutaria (Commutaria, Hb., Bdv, Cognataria, Léd.), puisque la même ponte m'a donné, en nombre à peu près égal, cette variété remarquable et le type.
Permutaria se rencontre tres-fréquemment dans nos environs et dans une grande partie de l'Europe méridionale. Les lieux frais, le bord des prés plantés de Populus alba, des feuilles duquel la chenille parait vivre exclusivement, sont les localités que cette Phalénite affectionne.
L'insecte se tient le plus souvent posé sur les feuilles, les ailes étendues.
Cette Cabéride à au moins deux générations par an. Ce qui
me ferait penser qu'elle a plus de deux éclosions, c’est que, Tour vi. — Annales de la Société Linnéenne. 26
la voyant fréquemment voler en avril et mai, puis en juillet, je la retrouve chaque année, tout aussi abondamment en sep-
tembre.
Chemerina Caliginearia.
( Planche 2 Fig. À à G.)
Ramb. Ann. Soc. entom, de Fr. 1832 p. 55. pl. 2 fig. 34.— Hub. 381. — Gn. 1519. — Ramburaria, Bdv. 1525. — Dup. Sup. ILE. p. 614 pl. 50 fig. 7. — Herr.-Sch. p. 95 Hg. 48.
CrEntEte.
Les œufs sont oblongs, légèrement déprimés, et d’un brun verdâtre; cette couleur tourne au rouge obscur vingt-quatre heures avant l'éclosion de l’insecte.
A sa sortie de l’œuf, la jeune chenille est d’un vert clair, tirant sur le jaunâtre aux deux extrémités. La tête est fauve, avec les pattes concolores.
Après avoir attemt toute sa grosseur, Caliginearia mesure de 0,040 à 0,045 millim. Elle est cylindrique, très-lisse, sans éminences, faiblement atténuée antérieurement. Sa livrée se partage en deux couleurs bien tranchées : le dos et les flancs, jusqu’à la stigmatale, sont d’un vert obscur; le ventre, à parür de cette dernière ligne, tire sur le carné lavé de bleuître. Du dos à la stigmatale, il existe, en outre de la sousdorsale, plusieurs lignes noirâtres formées par la réunion de petits points bruns très-rapprochés. La ligne vasculaire et la sous-dorsale sont rougeûtres et assez apparentes. La stigmatale, d'un carné jaunâtre, est également très-distincte. Sur cette ligne, au centre de chaque anneau, on voit une petite tache en forme de parallélogramme, d’un rouge ferrugineux. En
Chemerina Caliginearia. 03 dessous de cette tache, mais seulement sur les quatrième, cinquième, sixième, septième et huitième anneaux, il existe un gros point noir irrégulier, au-dessous duquel on voit un trait noir horizontal. Le ventre, dans toute sa longueur, est ligné de blanchatre et maculé de larges taches noires. Les stigmates sont d’un pourpre obscur, cerclés de noir. Les trapézoïdaux sont bien accusés. La tête petite, lenticulaire, testacée, est, ainsi que le reste du corps, recouverte de poils roux tres-courts. Les pattes écailleuses et anales sont conco- : lores.
Cette chenille, qui vit à découvert, est très-lente et trèsrigide. Au repos, elle appuie toujours sur ses pattes écailleuses la partie antérieure de son corps.
Au moment de se métamorphoser Caliginearia se cache sous des débris de végétaux, tisse une toile molle, mais trèsserrée, et, trois ou quatre jours après, elle se chrysalide. L'état de nymphe dure sept, huit et même neuf mois.
CHRYSALIDE
Cette nymphe est cylindrico-conique, un peu obtuse, sans nr ) aspérités, très-lisse, très-luisante, rousse et lavée de verditre jusqu'aux anneaux. Ceux-ci sont mobiles, d'un rouge brun. Le dernier segment, qui est presque noir , se termine par el » q 1 0 Ê
deux pointes droites, fortes et très-rapprochées l'une de l'autre.
INSECTE PARFAIT
Envergure, 0,055 à 0,037 millim. Les ailes supérieures sont très-entières, longues, lisses, soyeuses, à franges moyen-
nes, d'un cendré violâtre, avec les trois lignes ordinaires assez vagues, très-dentées et blanchâtres. L’extra-basilaire et la coudée sont accompagnées de brun roux. La ligne subterminale est formée par la réunion de points blancs, triangulaires, le plus souvent séparés les uns des autres. Le point discoïdal est faiblement écrit. La surface entière des ailes est recouverte d'une infinité de petits atomes bruns. Les inférieures sont plus pales et sans dessins. Le dessous des ailes ne possède que la ligne coudée qui est interrompue et presque effacée. Le point discoïdal y est encore moins apparent qu'en dessus.
La femelle a les ailes plus étroites et plus aiguës; elle est toujours plus petite que le mäle. Les antennes de ce dernier sont violâtres et régulièrement pectinées; celles de la femelle sont sétacées. Le corselet, de forme carrée chez le male, est relativement grèle; celu: de la femelle n’est pas beaucoup plus gros. Chez les deux sexes, les ailes sont croisées au repos, et les inférieures cachées par les supérieures.
La race espagnole de cette Chemerina est ordinairement plus foncée que celle de la Provence. Cette dernière a une teinte généralement rougeñtre, tandis que les individus de lAndalousie sont, le plus souvent, d’un gris de fer ardoisé plus ou moins vif.
La connaissance exacte de la chenille de Caliginearia nous démontre que insecte parfait placé à la fin de la famille des Licinz de M. Guenée, occupe sa véritable place; car s’il se rattache à cette famille par la forme de sa larve, il incline vers les Hybernides par sa femelle, qui a les ailes plus petites que celles du mâle. L'époque hâtive de l’éclosion de l’insecte parfait, témoignerait encore d'une nouvelle analogie avec cette dernière famille. Caliginearia fait donc très-naturellement le passage des Ligides aux Hybernides.
J'ai élevé ab ovo cette Chemerina. Les œufs m'ont été envoyés d’Andalousie au commencement de l'année dernière
Chemerina Caliginearia. 105 par M. Staudinger. Ces œufs éclos en avril ont donné des chenilles qui ont grossi rapidement et qui ne mirent pas plus de quarante jours pour se transformer en nymphe. Elles passèrent en chrysalide tout l'été, tout l'automne et une parte de l'hiver. L'éclosion des premiers sujets a eu lieu le 10 janvier de cette année.
Ayant obtenu un accouplement en captivité, une seule femelle m'a pondu plus de deux cents œufs fécondés.
Il ma été prouvé que Caliginearia n'avait qu'une générauon par an. On pourrait objecter que cette espèce dépaysée a bien pu modifier ses mœurs et ne produire à Lyon qu'une génération annuelle, tandis qu’elle en produit peut-être deux en Espagne. Cela pourrait être vrai; cependant je ferai observer que mes chenilles de Chemerina ont été élevées dans un appartement exposé en pleim midi, où la température sur l’arrière-saison n'etait pas moindre de 15 à 20°, et que, dans de telles conditions atmosphériques, cette espèce n’a pas dû se comporter chez moi autrement qu'elle ne leüt fait en Espagne.
Dans la nature cette chenille vit, dit-on, sur le Cistus incanus, L. Pendant quelque temps j'ai nourri les miennes avec les feuilles du Gistus salvifolius, L., qui croit spontanément sur plusieurs coteaux de nos environs, mais la piante que ces larves ont préférée et qu’elles ont fini par manger exclusivement est l’Æelianthemum polyfolium, Kocn, qui est des plus communes sur nos pelouses sèches et chaudement exposées, Ces chenilles ne rongent que les boutons d’Helianthemum sur le point d'épanouir : elles pratiquent à cet effet un trou sur le bouton de la plante afin d'y introduire la tête et les premiers anneaux de leur corps. Je n'ai jamais remarqué que ces insectes attaquassent la fleur fraichement ouverte.
Camptogramma HRisuata.
(Planche 3. Fig. 1 à 3).
Hb. 558. — Treits. IL p.52 — Dup. V. p. 579, pl. 198, f. 3. — Bdv. 1646. — Herr.-Sch. p. 145. — Delah. 225. — Gn. 1600.
À sa sortie de l'œuf qui est blanc et de forme sphérique, la chenille de Riquata, vue à la loupe, paraît couleur de chair et sans taches. Dix jours après son éclosion, cette larve qui, dès lors, paraît relativement effilée , peut avoir 0,014 à 0,015 m. de long. Son corps, blanchâtre à cette époque, semble diaphane. La tête et les derniers anneaux conservent seuls une faible teinte carnée. Après avoir acquis toute sa grosseur, cette larve a de 0,028 à 0,030 m. Sa forme est allongée et cylindrique (*). Le corps est d'un gris violacé, lavé par places de rose pale. La vasculaire est fine, brune, interrompue vers les intersections. La ligne sous-dorsale est, dans toute sa longueur, d'un carné obscur. La stigmatale est blanchätre. Les stigmates sont blancs et cerclés de noir.
Le ventre présente une ligne brune, large, ondulée et bordée de chaque côté par un liseré blanc très-fin. Le dos porte sur les sixième, septième, huitième et neuvième anneaux, un chevron noir qui, partant de la vasculaire, aboutit diagonalement à la sous-dorsale. La tête, de forme lenticulaire et d'un jaune rougeâtre, est finement chagrinée de brun vers la base. Les pattes éeailleuses sont de la couleur de la tête. Les anales, concolores, sont marquées d'un trait fin et
(') Riguata doit peut-être, par ces deux caractères, faire passage du genre Camplogramma , Srern., au genre Phibalopteryx , Strru., etse placer la dernière des Camptogramma de M. Guenée.
Camptogramma Riquata. 107 blanchätre. Le corps est recouvert d’une villosité courte, blanche, à peine visible à la loupe.
CHRYSALIDE
Longueur 0,044 à 0,015 m. D'un rouge brun luisant, eylindrico-conique, passablement effilée : l'extrémité anale est terminée par deux petites pointes noires, rapprochées et très-aigués.
La place des ailes, celle des yeux et des segments abdominaux, paraît plus sensiblement accusée que chez la plupart des chrysalides de Géomètres.
Les stigmates se distinguent : ils sont noirs et arrondis.
Le type, pour la taille et la coupe, se rapproche assez des petits exemplaires de Bilinearia. Cependant on trouve quelquefois dans le Lyonnais des individus d'un bon tiers plus grands.
Les quatre ailes sont d’an gris cendré, coupées transversalement par un très-grand nombre de lignes délicates, ondulées, d’un brun plus ou moins foncé, et par quatre lignes blanches, tres-fines et denticulées. La ligne extra-basilaire se détache faiblement en clair, les trois autres lignes ordinaires sont très-blanches et bordées de brun intérieurement. Les deux médianes renferment cinq ou six lignes brunes trèsserrées , qui donnent à celte partie de l'aile une teinte plus sombre. La subterminale, toujours fortement denticulée, est tres-apparente sur les quatre ailes. Le point discoïdal, à peine accusé aux ailes supérieures, est invisible aux inférieures. Le dessous, plus clair que le dessus, présente les mêmes dessins, seulement le point discoïdal se distingue
très-bien sur les quatre ailes. Les antennes. la tête, Le corselet
LIBRARY HNIVERQITY 0€ ILLIMOARS
et l'abdomen participent de la couleur générale de l'insecte.
On prend, dans notre département, une variété dont le fond est d'un ferrugineux obscur. Cette variété, qui ordinairement est d'une taille plus grande que le type, vue de très-près, présente des lignes de couleur ferrugineuse tellement rapprochées qu'elles se confondent et ne laissent paraitre que la seconde ligne médiane, qui elle-même se trouve resserrée sur plusieurs points de son étendue.
Cette aberration , dont aucun auteur ne parle, habite de préférence les hauteurs de nos collines déboisées; je la désignerai par la lettre A.
Riguata paraît deux fois, en avril et en mai, puis en août et septembre ; mais elle est beaucoup moins fréquente à la seconde époque qu'à la première.
J'ai nourri la chenille de cette Larentide avec plusieurs espèces de Rubiacées; c'est surtout l'4sperula cynanchica, L., qu'elle a mangée de préférence. Sa croissance a été rapide. Depuis le 15 août, époque de la ponte des œufs, quarante jours ont sufli à celte larve pour arriver à l’état de chrysalide.
Les cinq chenilles dont j'ai fait l'éducation ab ovo se sont chrysalidées du 24 au 28 septembre et ont donné leur insecte parfait vers le milieu d'avril de l’année suivante.
Cette larve, assez lente dans ses mouvements , doit vivre sur les collines sèches et pierreuses, car c’est presque toujours dans de semblables lieux que se rencontre l'insecte parfait.
Riguata, que Donzel, d'apres ses notes, ne considérait point comme appartenant à notre faune lyonnaise, n’est pas précisément rare dans notre département et ses environs.
Selidosema Tæniolari«. 109
Selidosema Tæniolaria.
(Planche 3. Fig. 4 à 7.)
Hb. 557. — Dup. IV, p. 452, pl. 168, fig. 5. — Bdv. 1505. — Gn. 1169. — Herr.-Sch. p. 79, fig. 55-54.
Arrivée à toute sa taille, elle a de 0,050 à 0,035 m. Elle est sans aspérité, faiblement atténuée antérieurement et présente un léger renflement sur les neuvième , dixième et onzième anneaux. Le fond est d'un gris jaunâtre , variant quelquefois en gris bleuâtre et en rouge obscur. Cet insecte est traversé longitudinalement par plusieurs lignes formées par le rapprochement de points gris, petits et serrés. Les plus saillantes de ces lignes sont la vasculaire et la stigmatale ; celles-c1 sont liserées, en dessus et en dessous, de traits fins plus ou moins visibles. La vasculaire est large, grise, continue. On ne voit pas la sous-dorsale, à moins que ce ne soit cette réunion de trois ou quatre lignes géminées, placées entre la vasculaire et la stigmatale. Cette dernière est carnée et sinueuse. Les stigmates sont blancs et cerclés de noir. Le ventre présente un assez grand nombre de lignes serrées , à peine visibles, et dont la réunion donne à cette partie du corps une teinte gris-bleuatre. La tête est carrée , rougeatre et montre de face un croissant frontal renversé. Les pattes écailleuses sont brunes ; les membraneuses sont cencolores. Les points trapézoïdaux sont noirs et bien accusés sur les sixième, seplième et huitième anneaux. Immédiatement au dessus de la seconde paire de trapézoïdaux, on remarque
deux points blancs, oblongs, à peine séparés par la vascu-
lire ; celle-ci se trouve resserrée sur chacun de ces trois anneaux. Ainsi que la plupart des larves de Géomètres , Tœniolaria est couverte d’une villosité rare et très-courte. Cette Selidosema vit abondamment en Auvergne sur le Genista sagittalis, L.; et dans les petites montagnes du Lyonnais, sur le Prunus spinosa. Cette espèce qui doit être polyphage est commune en Provence. Elle est très-rigide , trèslente , et ne se cache jamais pendant le jour. Elle s’est chrysalidée chez moi au commencement de juin, et m'a donné son insecte parfait à fin août. Pour se métamorphoser elle s'enfonce dans la terre à 0,010 ou 0,015 mill. de profondeur et se chrysalide sans former de coque.
CnRYsSALIDE.
Cette nymphe est relativement petite, cylindrico-conique, d'un rouge brun foncé , lisse et brillante. Dans son aspect elle ne présente rien de particulier et rentre, pour la forme,
dans la masse des chrysalides des Phalénites.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0,054 à 0,056 m. Les ailes ont le fond testacé, et sont presque entièrement recouvertes d’un sable noirûtre. L'espace compris entre la coudée et la subterminale est, sur les quatre ailes, plus ou moins blanchätre. Les lignes transverses sont assez vivement accusées , principalement la subterminale , qui est sinueuse , profondément dentée et liserée de blanc extérieurement. Nulle trace de l’extra-basilaire aux inférieures. La frange, médiocrement longue, est concolore. Les ailes en dessous laissent à peine voir le sablé noiratre, les lignes transverses et l'éclaircie placée après la coudée; seulement la tache cellulaire des quatre ailes est brune et tres-visible. Les antennes du mâle sont brunes et
Larentia Ablutaria. hi garnies de barbules très-larges. La tête, Le corps et les pattes participent de la couleur de l’insecte.
Le genre Selidosema, créé par M. Lédérer, à été adopté par M. Guenée. Ce genre renferme dix espèces, dont neuf sont européennes ; une seule est connue à l’état de chenille, c’est celle de Plumaria , figurée dans Hubner (Geometræ I. , Amplissimæ U. b.)
Est:l bien sûr que l’iconographe allemand, malgré la perfection de la plupart de ses dessins, nous ait donné une figure exacte de la chenille de Plumaria? Je serais porté à en douter, lorsque je compare le dessin de cette chenille avec la larve vivante de Plumaria que j'ai sous les yeux. Cependant si Tœæniolaria n'est pas la première chenille connue du genre
Selidosema. elle en sera la seconde.
Larentia Mblutaria.
( Planche 3. Fig. 8 à 15.).
Bdv. 1626.— Herr.-Sch. p. 159, fig. 582.—Gn. 1585.—Olvaria? Dup. V, p. 190, pl. 185, fig. 5 (le x) — Flavicinctata, Dup. V, p. 400, pl. 199, fig. 5. = Ruficinctata, Gn. = /nfidaria , Delah. 280. — Podevinaria , Herr.-Sch. = Salicata? Wien. — Verz. K.-IL°
CHENILEE.
Les œufs de cette Larentia sont jaunes , ovales, déprimés et brunissent deux heures avant leur éclosion. Ceux qui m'ont donné la génération d'été sont éclos le 28 mai, et, en moins de vingt jours, les larves ont subi leurs diverses mues et se sont chrysalidées.
Au sortir de l'œuf la petite chenille est jaune paille, avec
la tête et les derniers anneaux rougeûtres : peu de jours après
elle passe au vert glauque. Lorsqu'elle est adulte, cette chenille est cylindrique , faiblement déprimée en dessous, sans éminences, si ce ne sont les points trapézoïdaux qui sont plus forts sur les sixième, septième et huitième segments que sur les autres. Tous les anneaux sont renflés et très-distincts, aussi bien chez les individus de la montagne que chez ceux de la plaine.
Les sujets de la montagne (") nr'ont semblé un peu plus petits que les autres. Je dois dire cependant que les chenilles provenant des hauteurs ont peut-être souffert en captivité. La couleur chez ces dernières est d’un jaune pâle avec des lignes brunes géminées, du dos à la stigmatale. La vasculaire et la sous-dorsale sont violettes. La stigmatale est jaune paille et relativement large. En bas de cette dernière ligne il existe un liseré noir très-apparent et largement interrompu sur chaque anneau.
La teinte des individus de la plaine et des petites collines est d’un carné plus ou moins vif, Les lignes géminées sont grises et quelquefois d'un rose clair. La région dorsale supporte, sur chaque intersection, une sorte de tache brune ou rose, selon l'individu. Cette tache aboutit le plus souvent à la sous-dorsale , mais d’autres fois elle descend jusqu’à la stigmatale. Les lignes ordinaires sont carnées et liserées de rougeatre. Les stigmates sont d'un pourpre obscur, ronds et cerclés de jaunatre. Le ventre est traversé par plusieurs lignes violacées toutes bordées en dehors par un liseré fin. La tête est globuleuse, plus petite que le premier anneau sous lequel elle se cache à moitié; elle est d’un jaune testacé et recouverte d’une infinité de petits points bruns placés irrégulière-
(*) Ceux que j'ai élevés sont originaires de Jougne , haute localité de la Franche-Comté, d’où me les à envoyés à l'état d'œuf, notre collègue M. Bruand d'Uzelle.
Larentia Ablutaria. 113 ment. La villosité, qui ne se voit qu'à la loupe, est rare, courte, blanche, mais plus abondante sur les derniers anneaux que sur le reste du corps.
Gette chenille, qui se cache soigneusement pendant le jour, et qui, depuis la première éducation que j'en ai faite, n’a jamais été trouvée qu'au pied de divers Galium, fut nourrie, dès les premiers temps de son éclosion, avec quelques Helianthemum, plusieurs espèces de Composées et certaines Crucifères. Ces jeunes chenilles ne mangeaient que la fleur de ces plantes.
CHRYSALIDE
Pour se métamorphoser, cette chenille se construit une coque solide qu'elle fixe sur la terre ou sur un corps dur. Cette coque (pl 5 fig. 15.) est de forme oblongue et composée d’une certaine quantité de grains de terre liés par une soie brune très-forte. L’enveloppe est solide et résiste à la pression du doigt.
Cette Larentia, qui éclot une première fois vers la fin de février ou le commencement de mars, est encore à l’état de chenille quinze ou vingt jours avant sa transformation en insecte parfait; mais alors elle est décolorée , contournée sur elle-même, méconnaissable enfin (*).
(‘) Cette observation n'a rien de nouveau, car de semblables faits ont été signalés , notamment chez l'Eriopus Pteridis , dont la chenille a été décrite par M. Bruand d'Uzelle dans les Annales de la Société Entomologique de France?
J'ai, moi-même, il y a peu d'années, remarqué que la chenille de la Gzelonia Pudica, renfermée dans sa coque pendant plusieurs mois, ne se transformait en chrysalide que quinze jours avant son éclosion.
Enfin, ces temps derniers, j'ai observé que la chenille de mon ÆFastula Hyerana ne s’est transformée en nymphe que peu de jours avant l’arrivée de l'insecte parfait, bien que celle-là se fût retirée depuis trois ou quatre mois sous la toile qu’elle s'était filée.
n14 CIIENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS.
La chrysalide est cylindrico-conique, faiblement allongée, brune, lisse, brillante, avec l'intersection de chaque anneau d'un rouge brique. Le dernier segment, vu à la loupe, est tès-brun, chargé de boursoufilures et terminé par deux
épines noires, divergentes et ne se touchant qu'à la base.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0,022 à 0,025 millim.
Les divers sujets qu'on trouve sur nos petites collines, de même que les nombreuses chenilles que j'ai observées, ont une teinte bien différente de ceux de la montagne. L'aspect général de ceux-ci, obtenus ab ovo, est d’un gris ardoisé, avec l'espace médian et la partie de l'aile qui précède la frange, plus ou moins gris-brun, tandis que les individus de la plaine, obtenus également ab ovo, sont généralement lavés d’une teinte jaunâtre et quelquefois ochracée, ce qui, au premier abord, donne à ces derniers un facies très-différent des individus de la montagne.
En comparant, avec beaucoup d'attention, ces deux races, toujours très-tranchées, on reconnait, sur l’une et l’autre, aux ailes supérieures et inférieures, les mêmes lignes transversales, les mêmes taches noires et blanches, les mêmes anoles rentrants et sortants, des points cellulaires disposés de même, des points noirs en avant des franges et placés par paires sur chaque nervure : tous ces caractères sont exactement semblables. Enfin l'espace terminal des supérieures est teinté de fauve où de brun, selon que c’est l'une ou l’autre de ces deux races.
Le mâle se reconnait facilement à ses antennes garnies de véritables lames pubescentes. La femelle a les antennes com-
plètement filiformes.
La race lyonnaise varie quelquefois : j'ai obtenu des su-
Larentia Ablutaria. 4145 jets d'un ochracé très-vif (pl. 3 fig. 12). La race qui habite les hauteurs est certaines fois plus grande encore que la Salicaria, Herr-Sch.
Le genre Larentia, tel que la établi M. Guenée , se compose d’une quarantaine d'espèces d'Europe. En parlant de ce groupe nombreux, l'auteur du Species dit : « Les « chenilles des Larentia sont à peu près inconnues, » et plus loin : « J’appelle donc instamment, sur ce genre difficile à « tous les titres, l'attention des entomologistes qui se bor- « nent aux espèces européennes. »
Les erreurs, les doubles emplois, à légard des Larentia, ont été nombreux. Celle dont l'unité a été peut-être la plus difficile à établir, est sans contredit l'4blutaria. Les insectes parfaits de montagne, si différents de ceux de la plaine, ont prêté évidemment à la confusion, et c’est, d’après cela sans doute, que les auteurs ont décrit et figuré, en outre du type, deux et peut-être trois ou quatre espèces qui leur ont semblé différentes ; de sorte qu'il existe aujourd'hui cinq ou six noms qui tous se rapportent bien certainement à l#blutaria. 1] ne me paraît pas douteux que la Podevinaria, H.-S., n. 250, soit la même que l'Ablutaria de montagne, et je serais très-porté à croire que la Salicaria de cet auteur (n. 207-208) n'est qu'un grand individu de montagne de l'espèce que je viens de décrire.
Je considère comme type de cette Zarentia la race lyonnaise qui n’est pas la plus répandue, mais qui du moins est connue de tout le monde sous le nom d’Æ4blutaria.
La découverte d’un Lépidoptère est, sans contredit, une chose intéressante; mais chaque fois que, par des preuves à peu près certaines, il est possible de détruire une erreur ou d'apporter certains éclaircissements sur un point litigieux, le fait n'est pas, ce me semble, sans utilité pour la science.
Il est très-fâcheux qu'une espèce aussi essentiellement européenne que cette Æblutaria n'ait pu, jusqu'à ce jour, être
étudiée avec plus de soins. Je ne me flatte pas d’avoir complètement éclairci la question, mais je viens de répandre quelques lumières sur ce sujet intéressant, et désire appeler sur lui l'attention des lépidoptérophiles.
Cette Larentide parait deux fois par an: en mars et en avril, puis en août et septembre. Elle est fort abondante dans nos environs, ainsi que dans toutes nos montagnes voisines, Elle est également fréquente dans les Alpes suisses et ne l'est pas moins en Sicile, ainsi que me le mandait dernierement notre collègue, M. le docteur de La Harpe, de Lausanne.
Je dirai encore, avant de terminer ce long article, qu’Æ#blutaria est souvent attaquée par un parasite de la famille des Ichneumoniens, dont la progéniture, dans ce cas, éclot à la place du Lépidoptère. J'ai figuré cet insecte parasite (pl. 3, fig. 13).
Depuis la rédaction de l'article qui précède, j'ai fait, au printemps dernier, un séjour de quelques semaines en Provence, et je me suis convaincu qu'Ablutaria est tout aussi abondante dans ce beau pays que dans notre département. Les individus y sont généralement grands et se rapprochent plutôt, pour la couleur, de la race de montagne (pl. 5 n. 11). que de la race lyonnaise.
Papillio Camilla.
(PL. 4. Fig. 4.)
Fab. P. Rivularis, Scopoli. = Le Sylvain-azuré, Engram. — Nymphale Sylvain-azuré, God. = Limenitis Camilla, Bdv. — I. Camilla $ aberratio Pythonissa, MiLLière.
Aussi grande que les plus grands individus de lespèce, cette intéressante variété de Canmilla femelle est entièrement noire en dessus, si ce n'est que la frange des quatre ailes est entrecoupée de blanc vif, Le dessous est peut-être plus remar-
Papillio Camilla. 417 quable que le dessus, en ce que l'insecte, vu de ce côté, a un aspect exotique qui frappe au premier abord. La plus grande partie du fond est d’un rouügeätre obscur, lavé de noir fuligineux. Au tiers dés premières ailes, il existe une large tache noire à peu près carrée, en haut de laquelle règnent d'autres taches fuligineuses très-allongées, placées entre chaque nervure. Ces dernières sont surmontées de plaques blanches, carrées, aboutissant au bord terminal ; lesquelles ne sont bien prononcées qu'entre les qualrième, cinquième et sixième nervures. La base des ailes, jusqu'au quart environ de leur étendue, est d'un cendré bleuâtre rappelant très-bien la couleur du type. Sur ce fond clair, on voit les nervures qui se détachent en brun. La frange des quatre ailes, qui est ferrugineuse, est entrecoupée de blanc vif. Les ailes inférieures nous montrent cette même série de taches noires placées entre chaque nervure et venant aboutir à la grande tache basilaire d'un cendré bleutre. Enfin, entre la première et la seconde nervure, sur la limite de la tache basilaire, repose une autre tache noire triangulaire qui se fond en s'étendant sur la longueur de l'aile.
Cette remarquable variété, qui n'a point encore été publiée, fait actuellement partie du cabinet de M. A. Guillemot , de Thiers. Elle fut prise dans un jardin de Florac (").
Hubner, dans son premier ouvrage iconographique des Lepidopteres, a publié une variété de la Z. Sÿbilla, dont les ailes supérieures, en dessus, sont entièrement noires. Cette aberralion serait à Sybilla ce que ma variété Pythonissa est à Camilla.
(*) La capture de ce bel insecte est consignée dans un mémoire de M. Bellier de la Chavignerie, présenté à la Société Entomologique de France, séance du 24 septembre 1851. Le travail de notre collègue a pour titre : Observation sur les Lépidoptères de la Lozère.
Tour vi. — Annales de la Société Linnéenne. 97
LLS CHENILÉES ET LÉPIBOPTÈRES INÉDITS:
\ariétés de Lyesæna Corydon, Fas.
( Aberr. o& Albieans , Bov.)
(Aberr. © Semibrunmea, Miiz,)
(Planche 4. Fig. 2 et 3.)
Voici deux variétés de Corydon de coloration remarquable, et dont, je pense, on me saura gré de publier le dessin.
L’Albicans est une anomalie du type, depuis longtemps connue, mais dont la figure n’a point encore été publiée, Cette aberration est ordinairement d’un tiers plus grande et toujours plus blanchätre que le Corydon ordinaire.
En dessus, le bleu argenté et luisant n'existe qu'à la naissance de l'aile. La rangée terminale de taches ocellées, dépourvue de lunules fauves, est, sur les quatre ailes, moins vivement écrite que chez le type.
Le dessous est tres-pale, et les lunules fauves, si bien accusées chez le mâle ordinaire, sont à peine visibles chez 4lbicans.
Cette race, qui est constante, provient de la Sierra-Nevada en Espagne. :
Semibrunnea, qui est une femelle , me paraît nouvelle nul auteur, à ma connaissance, n'en à encore fait mention.
Cette anomalie tient le milieu entre la femelle typique et V 48. 9 maris colore des auteurs.
La taille de Semibrunnea est aussi grande que celle,des plus grands individus de Corydon femelle.
En dessus, le bleu argenté, au lieu de couvrir la presque lotalité des ailes, comme chez la variété femelle connue, laisse voir de larges taches brunes. La frange est précédée d'une bordure brune, sur laquelle les points terminaux paraissent à peine. La lunule discoïdale des supérieures est
Zygæna Fausta. 419 noire, pelite, et repose sur un fond bleu argenté. Sur les inférieures il existe une tache discoïdale bleuatre qui tranche su” le fond brun.
Le dessous des ailes n’a rien qui le distingue de l'espèce ordinaire, si ce n'est cependant le fauve de la rangée de points terminaux qui est très-pâle.
Cette rare variété, qui fait partie de mon cabinet, provient de la Pape, localité située au nord-est de Lyon.
Variété de la Zygæna Fausta, L.
(Aberr. Lugdumensis, Mi.)
(Planche 4, Fig. 4.)
Cette variété rappelle, pour la couleur, les aberrations des Zygæna Onobrychis, H., Esp., Hippocrepidis, Herr.-Sch. 56, et Achilleæ, Herr-Sch., 64-67.
Le jaune vif a remplacé complètement, en dessus et en dessous, le rouge de la Fausta ordinaire. Cependant les taches noires des supérieures sont plus petites, et la bordure des quatre ailes 2st sensiblement plus étroite que chez le type. é
Cette aberration, qui est fort rare, paraît propre à notre département : elle ne fut prise, à ma connaissance, que trois fois seulement, au Mont-Cindre, près de Lyon, où Fausta vole abondamment en août et septembre.
Pour rappeler la patrie de cette intéressante Zygénide, je la nomme 46. Lugdunensis.
Pachychemia Hippocastanaria.
{Planche 4. Fig. 5 à 8).
Hb. 186. — Treits. I, p. 541 et Sup. p. 199. — Dup. V, p. 517, pl. 206 fig. 8.— Steph. [IT, p. 269.— Bdv. 1932. — Herr.-Sch., p.96,f. 350.— Delah. Sup. 159.—Gn. 1518. — Degeneraria, Hb. 405.
CrrENILLE.
Elle est allongée, cylindrique, sans aucune éminence, avec la tête passablement forte.
Le fond, d'un carné plus ou moins clur chez certains individus, ou plus ou moins obscur chez d’autres, est entremêlé de stries blanchatres. La région dorsale présente une large bande d’un rouge brique, coupée dans toute sa longueur par la vasculaire ; celle-ci est étroite, grise, faiblement écrite. La sous-dorsale est représentée par deux lignes brunes, continues, géminées. La stigmatale est blanchâtre. Les stigmates sont très-petits, ronds et cerclés de noir.
Tout l'insecte est recouvert d'une villosité blonde, passablement longue , implantée sur de petits points noirs visibles seulement à la loupe.
Le ventre, de couleur blanchätre, est traversé longitudinalement par deux lignes grises, géminées, coupées par un gros point noir placé sur chaque anneau.
Cette chenille varie quelquefois en brun, en gris ; d’autres fois (ce cas se présente rarement), elle varie en blanc. Gette dernière aberration a, sur le flanc des quatrième, cinquième, sixième , septième et huitième anneaux, une tache couleur de brique en forme de losange.
Pachychemia Hippocastanaria. A21
CHRYSALIDE
La chenille d'Hippocastanaria fait sa chrysalide dars la mousse on sur la terre recouverte de débris de végétaux ; mais elle ne forme pas de coque.
La chrysalide est conico-cylindrique, renflée depuis la têle jusqu'y compris les ailes.
L’enveloppe des anneaux est d'un brun rougeatre ; celle de la tête et des ailes est jaune. Vue à la loupe, l’extrémite abdominale, qui est noire, paraît terminée par deux fils trèsfins qui ne sont reunis qu'à leur base. Celle-ci est recouverte de poils noirs très-déliés. L’intersection des anneaux est brune.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0,028 à 0,030 mull.
Les ailes supérieures sont oblongues, amygdaliformes , d’un gris plus ou moins rougeâtre , à dessins peu marqués, avec trois lignes transversales éclairées de blanchâtre intérieurement. La tache cellulaire est d'un gris plus accusé que le fond. Des points bruns placés entre les nervures précédent la frange qui est assez longue. .
Les ailes inférieures sont arrondies et grisâtres.
Le dessous des quatre ailes est uni.
La femelle est semblable au mâle et généralement un peu plus grande que lui.
Les antennes sont faiblement pubescentes chez les denx sexes.
L'abdomen dépasse les ailes supérieures ; celles-ci, au repos; disposées en toit, recouvrent entièrement les inférieures ; à tel point que linsecte à un faux air de Wola ou de Sarro-
thripa; où bien ressemble à certaines Pyralides; ce qui, au
premier coup-d'œil, empêche souvent de reconnaitre linsecte, parfait pour une véritable Phalénite.
Cette Ligide, qui est si remarquable par l’étrangeté de ses caractères, à laquelle le nom d'Hippocastanarie est si faussement appliqué, n'a certainement jamais vécu sur les chàtaigniers. La chenille doit se nourrir exclusivement de la feuille et surtout de la fleur des Erica et Calluna.
Je fais observer que linsecte parfait, qui est commun sur les montagnes sub-alpines de la Loire et du Dauphiné, dans quelques localités des départements du Puy-de-Dôme , de Saône-et-Loire, etc., se rencontre très-fréquemment sur les chaudes collines du Var, dont la température est si différente de celle des lieux que je viens de citer.
J'ajoute qu'aucun entomologiste ne l'a encore trouvé aux environs de Lyon, même dans les lieux où la Bruyère abonde.
Au printemps dernier, M. Bruand d'Uzelle et moi, trouvions à Hyères l’insecte parfait de cette Pachychemia sur deux espèces de Bruyères blanches ( les Erica arborea, L., et scoparia, L.) alors que sur ces mêmes arbustes nous capturions des larves de cette espèce de tous les âges.
Pour se procurer cette chenille, qui vit à découvert, il suffit de battre dans un parapluie les plantes dont elle se nourrit. |
Cette chenille étut très-imparfaitement connue et n'avait point encore été figurée.
La description de cette Pachychemia par M. le docteur Boisduval était, ce me semble, assez incomplète.
Voici tout ce que nous dit cet auteur des chenilles de Fuscaria et Hippocastanaria qui, seules, composent son genre Sthanelia (): « Larvæ elongatæ, læœves, Ericicolæ ; ca- « pite crassiusculo. Metamorphosis hypogea. »
(*) Genera et index methodicus europæorum Lepidopterorum, pag. 229.
Plerophorus Olbiadactylus. 123 Mes chenilles se sont métamorphosées à Hyères dans la première quinzaine d'avril, et les insectes parfaits sont éclos au commencement du mois de mai suivant. Cette espèce a au moins deux générations par an, puisqu'on retrouve le Lépidoptère en août et septemure.
Pievophorus Olhbiadactyius, MiiLiënr.
(Species nova)
{Planche 5. Fig. 1à3)
Elle est cylindrique, assez courte. Le corps, d'un jaune brun en dessus, jaunâtre en dessous, est recouvert d’une grande quantité de poils très-longs, d'un blanc pur, non disposés en faisceaux , mais placés isolément sur autant de points verruqueux. Les lignes ordinaires n'existent pas, ou Lout au moins, je n'ai pu les distinguer. Les stigmates, très-petits, sont cerclés de noir. La tête et les pattes antéricures sont noires. Le clapet anal et les pattes inembraneuses sont Jaunâtres.
La chenille que, pour la première fois, j'ai prise cette année à Hyères, vers le 25 mars, n'a semblé avoir passé l'hiver.
Les quelques individus de cette espèce que J'ai pu me procurer, ont tous été recueillis à Hyères , sur des rochers situés à l'exposition la plus méridionale, où ne croissait aneune plante herbacée, mais seulement certains Lichens trèscourts appliqués cà et [à contre la roche.
Ces petites chenilles, qui se roulent quand on les touche, n'ont pas mangé en caplivité ; elles se sont de suite métamorphosées. Se nourrissent-elles de Lichens, contre l'ordinaire
des espèces de cette famille? ou bien, ce qui paraitrait plus
probable, se seraient-elles éloignées du lieu où elles avaient vécu, et auraient-elles grimpé aux parois du rocher pour subir leurs transformations ?
CHRYSALIDE
Longueur : 0,012 à 0,014 millim.
Passablement eflilée, avec l'enveloppe des ailes très-allongée, elle est striée de jaune sur un fond noir. Les intersections des anneaux sont rougeûtres, de même que la place des stigmates. Ceux-ci sont mdiqués par autant de points fauves. Le dernier anneau est noir, recourbé, sans crochet et garni d’un faisceau de poils blancs très-courts.
Cette nymphe est en outre recouverte d’un grand nombre de poils blancs très-longs, semblables à ceux qui, précédemment, recouvraient la peau de la chenille.
Ainsi que la plupart des larves connues de ce genre singulier, la chenille d'Olbiadactylus, pour opérer sa métamorphose en nymphe, se suspend, par la partie inférieure du corps, dans un petit enfoncement de rocher; fixée ensuite par un fil de soie placé transversalement, elle opere sa transformation à la maniere des Diurnes.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0,016 à 0,0 18 millim.
Les ailes antérieures sont faiblement falquées et divisées en deux parties bien distinctes jusqu'au tiers de leur longueur. Elles sont en dessus d’un brun verdatre uni, avec la côte d'un blanc pur dans toute son étendue. Les barbes sont longues et d’un brun foncé.
Les ailes postérieures, divisées en trois branches, sont plus foncées que les supérieures, et l'extrémité des trois divisions est blanchâtre. Ces divisions, presque linéaires, sont
entourées d'une frange tres-longue.
Pterophorus Olbiadactylus. 425
Le dessous des quatre ailes ne diffère pas du dessus, mais les couleurs sont moins vives.
Les antennes, filiformes, brunes en dessus et blanches en dessous, sont passablement longues. Le front, les épaulettes et les pattes sont blancs. L’abdomen est marqué en dessus de trois lignes longitudinales d'un vert brun; la ligne du milieu, plus étroite, est aussi d’un brun plus prononcé que les deux autres.
La femelle ressemble au male, seulement les couleurs sont
Lé Ld
généralement plus pales.
Olbiadactylus est très-voisin de Baptodactylus, Zell., Herr.- Sch. Tab. 5, n. 59; cependant je n'ai pas dû hésiter à considérer ce Ptérophore comme nouveau, car les caractères qui le distinguent sont constants chez tous les individus que j'ai été à même d'observer. |
Olbiadactylus est toujours un peu plus grand que Baptodactylus; il a aussi les ailes supérieures un peu plus falquées; il est d’un brun verdatre plus clair que ce dernier, et n'a pas, comme lui, la naissance de léchancrure des supérieures maculée de deux points noirs placés longitudinalement:
Mais le caractère le plus essentiel à signaler, c’est que la côte de l'aile supérieure est, ainsi que je l'ai dit, d’un blanc pur dans toute sa longueur, et qu’elle n’est jamais marquée des trois ou quatre grosses taches noires, oblongues, qui, chez Baptodactylus, existent constamment. Les ailes inférieures de ce dernier sont en outre terminées par une tache noire, tandis que celles de mon Ptérophore supportent à l'extrémité une tache blanche.
En donnant à ce nouveau Microlepidoptère le nom d'91biadactylus (*), j'ai eu l'intention de rappeler sa patrie.
(1) Dérivé de Olbia, nom primitif de la ville d'Hyères.
Scodiona Lentisearia.
(Planche 5. Fig. 4 à 9. )
Douz. Soc. Ent. de Fr. 1856, p. 15, pl. 1 fig. 1, 2. — Hub. 592-593.— Dup. Sup. IV p. 17 pl. 52 fig. 1.--— Bdv. 1466. — Herr.-Sch. p. 66. — Gn. 1151.
CNENILLE.
Eclose le 14 avril 1858, la jeune larve, à sa sortie de l'œuf (*) était jaune; huit jours après, elle passait au brun clair et ne changea plus de couleur jusqu'à sa quatrième mue. Arrivée à toute sa taille, elle est grise et largement lavée. de rougeûtre. Cette chenille est passablement allongée , épaisse, et va en augmentant du premier au dixième anneau. Le onzième segment, comme chez Conspersaria, W.-V., Belgiaria, Hb., et Perspersaria, Dup., supporte une éminence charnue et bifide (pl. 5, fig. 8.). Le douzième segment est profondément bifide ; ses deux pointes, placées horizontalement, sont aiguës et déliées (pl. 5, fig. 7 ). À partir du lroisième anneau, les points trapézoïdaux sont très-prononcés.
La ligne vasculaire est large, continue, rougeitre, finement liscrée de brun, et vient aboutir à la caroncule bifide du onzième anneau. On ne distingue pas les lignes sous-dorsale et stigmatale ; mais il règne, entre la vasculaire et les stigmates, Lrois éclaircies bleuâtres très-finement liserées de brun de chaque côté. Le ventre est d'un testacé rougeätre et présente trois lignes ondulées, bleuâtres, continues ei liserées de gris dans toute leur étendue. En outre, les cinquième, sixième, septième, huitième et neuvième anneaux laissent voir au centre un double point blanc surmonté d'une tache triangu-
{1} Une femelle prise à Hyères, en mars dernier, au milieu des Cistes et des Lentisques, m'a pondu près de deux cents œufs.
Scodiona Lentiscari«. 127 hure et blanchâtre ; mais cette dernière ne s'aperçoit que sur les septième, huitième et neuvième segments.
Les stigmates sont blancs, ovales et cerclés de noir.
La tête, presque lenticulaire, rougeâtre au sommet, est, à la base, bleuâtre et maculée de points noirs irréguliers. Les palpes sont jaunes et relativement longs.
Les dix pattes sont concolores.
Tout le corps est recouvert d’une villosité blonde assez courte.
Cet insecte, qui varie en jaune, en gris blanc, gris bleuâtre et en brun, a été élevé par moi ab ovo et nourri avec les Helianthemum vulqare (Garin.) et pulverulentum (D. C.) fort répandus sur les côteaux secs de nos environs.
D'autres chenilles de la même espèce, provenant d’une ponte plus récente, ont été nourries en plein air avec F'Helianthemum valetinum (Jord.)
Cette espèce, facile à élever, arrive toujours à bonne fin. Pendant l'éducation fort longue de la chenille, faite, soit en plein air, soit dans les appartements, il n’en périt pas une seule.Cette Scodionie, originaire de Chicliana (Espagne), ne s'est métamorphosée en nymphe qu’à la fin de novembre, et a donné son insecte parfait vers le commencement de mars de l’année suivante.
L'état de chenille avait duré sept mois.
De l’époque d’éclosion jusqu'à fin août, la croissance de Finsecte a été presque nulle; ce n’est qu'à partir des premiers jours de septembre qu'elle à grossi réellement.
Cette chenille est d'une sobriété remerquable ; elle mange fort peu, même au moment de sa plus grande croissance, et peut demeurer six ou huit jours privée de nourriture, sans paraitre en souffrir.
Dans le jeune âge, elle esi Lres-vive et se roule sur elle-
même au moindre contact, Devenue forte, sa rigidité est
extrême : placée sur le dos, elle y reste plusieurs heures sans donner le moindre signe de vie.
Pendant le jour, cette larve reste constamment à découvert, fixée à une branche d’Helianthemum.
CuRyYSALIDE.
Elle est conico-cylindrique, passablement épaisse, d'un, brun rougeûtre brillant, qui tire sur le noir vers la tête et les derniers anneaux.
Les segments, très-mobiles, sont également d'un rouge brun, sauf les intersections qui sont jaunes.
Le dernier segment abdominal est noir et armé de deux crochets divergents. (PI. 5, fig. 9. ).
Enfin toute la nymphe est recouverte d’une efflorescence gris-bleuatre.
Pour se chrysalider, la chenille de Lentiscaria file, sur le sol, parmi les feuilles sèches et les mousses, une coque légère, tissue de soie blanche entremélée de grains de terre et de débris de végétaux.
L'état de chrysalide dure ordinairement de trois mois à trois mois et demi.
L’éclosion a toujours lieu pendant la nuit : de onze.
heures du soir , à 2 ou 3 heures du matin.
INSECTE PARFAIT
Le mâle a les antennes fortement pectinées, avec la côte rougeitre et les barbules noires.
Le thorax est très-velu, carré et convexe.
L’abdomen est caréné et dépasse les ailes inférieures.
Les ailes supérieures, à apex assez aigu, sont d’un testace
Scodiona Lentiscaria. 129 rougeâtre, avec les deux lignes principales visibles et formées par deux séries de points bruns nervuraux.
Les ailes inférieures sont grises avec la bordure ochracée, et, ainsi que les supérieures, grossièrement saupoudrées d’atomes bruns.
En dessous, les supérieures sont d'in gris bleuître, et les inférieures d’un gris-blanc tres-brillant.
La tache cellulaire, sur les quatre ailes, en dessus et en dessous, est très-bien écrite en brun.
La femelle est semblable au mâle, seulement elle à les ailes plus petites et elle est plus lourde.
Cette Fidonie varie du blanc au testacé ochreux d’une manière prononcée.
Les figures de Zentiscaria male et femelle, publiées par Donzel (Soc. Entomol. de France, 1856), ne devraient pas constituer le type, puisque les individus aussi pâles que ces deux dessins ne se rencontrent que rarement, tandis que les sujets à fond rougeätre ochreux sont les plus fréquents.
Cette espèce semble ne pas être rare dans toutes nos provinces méridionales.
Mon opinion est qu'en entomologie la priorité d'un nom spécifique, quel qu'il soit, doit l'emporter sur tous les autres, bien que celui-là soit incorrect où mal appliqué; s'il en était autrement, tout ne deviendrait que confusion dans la synonymie, déjà si diflicile à débrouiller parfois.
Le nom de Lentiscaria, donne par feu Donzel à la Scodiona dont jecomplète aujourd’hui l'historique, est un nom imposé au hasard, je le crois ; 1l ne peut donner de cette Phalénite qu'une très-fausse idée (?). Lentiscaria n'a jamais dù vivre sur
(‘) Je suppose que le nom de Lentiscaria fut donné par Donzel à l'insecte,
ie Lentisque (Pistacia lentiseus, L.) fort répandu dans les campagnes incultes d'Hyères; et c’est en vain, j'ai lieu de le croire, que l’on chercherait la chenille sur cet arbrisseau. Elle ne doit vivre, soit dans le Var, soit en Espagne ou ailleurs, que sur les Cistes, dont trois ou quatre espèces abondent sur toutes les collines du littoral de la Méditerranée.
Variétés de Cidaria KRussata, Hb.
(Planche 5. Fig. 40 à 42.)
Wien.-Verz. M. 18. — L'Adm. p. xxxrr. — Bock. 200. — Du. V, p. 324, pl. 195, f. 4. — Bdv. 1765.— Herr.-Sch: p. 172.— Gn. 1675.
J'ai recu de l’extrème nord de l’Europe plusieurs variétés de la Cidaria Russata, au nombre desquelles il s’est trouvé trois exemplaires bien remarquables par l'opposition tranchée de leurs couleurs. La Société Linnéenne me saura gré sans doute de lui faire connaître ces trois aberrations.
Des nombreuses variétés de Russata érigées par plusieurs æiieurs en autant d'espèces distinctes, aucune ne s'éloigne | autant du type, pour la couleur, que les trois sujets dont je donne aujourd'hui les figures.
Ces Cidaria sont originaires d'Islande d'où elles me furent envoyées par M. Staudinger.
Les sept ou huit variétés de Russata que Je possède et qui
en souvenir des Lentisques qui abondent dans le lieu où les premiers indi: vidus de cette Fidonie ont été pris. Ce qu'il y a de certain, c’est que l’entomologiste lyonnais, dans sa description de Lentiscaria, ne dit pas un mot de la chenille qu’il ne connaissait sans doute pas, et que, dans ses noles laissées à la Société Linnéenne de Lyon, il n’en parle pas davantage à l’article de cette Géomèlre.
Phycis Cistella. 131 toutes proviennent du même lieu, ont été obtenues ex larva ; elles ont toutes la forme et les principaux caractères de celle qu'on s’obstine en Angleterre à séparer sous le nom d’Immanata et qui se rapporte évideniment à la Russata de Hubner.
La chenille soufflée de cette Cidaria d'Islande fut soumise à M. Guenée; cet habile observateur reconnut qu'elle ne présentait aucune différence appréciable avec la chenille de la Russata typique.
La première de ces aberrations, Var, F, (PL 5 n. 14.) a bien quelque rapnort avec la Perfuscata, Haw., Gn. pl. 17, f. 2; mais la ligne coudée et la ligne subterminale des deux individus ne sont pas les mêmes à beaucoup près.
La seconde aberration, Var. E. (PI. 5 n. 10.) peut aussi se rapporter à la fig. 10 de Sepp, sans toutefois lui ressembler. Ma variété , entre autres caractères distüinctifs, a le fond plus ochreux que celle-là, et n’a pas de ligne transverse aux ailes inférieurss.
Enfin la troisième aberration, Var. G. (PI. 5 n. 12.), qui ne peut se rapporter à aucune autre variété connue, est incontestablement la plus remarquable de toutes. Elle à le fond des ailes supérieures tout-à-fait blanc, avec l'espace médian et la base d’un brun très-foncé.
Plhyeis Cistella, Mricièrr.
(Species nova.) ( Planche 6. Fig. 6 à 12.) CHENILLE.
Elle est fusiforme et passablement épaisse. La tête est de couleur testacée avec la mâchoire et les yeux noirs. Tout le corps, en dessus, est d'un rose vif, et, en dessous, d’un jaune verdatre.
Les lignes vasculaire et dorsale sont larges et rapprochées, à tel point qu'elles se confondent au premier abord. La dorsale est séparée de la sous-dorsale par une ligne qui rappelle la couleur du fond, et qui n'est interrompue qu'à l'intersection. La stigmatale est étroite et également interrompue. Les anneaux sont proéminents et par conséquent très-distincts. Les stigmates sont relativement très-petits , blancs et cerclés de noir. Les pattes écailleuses et anales sont concolores; les premières ont le dernier article noir et recourbé. Une villosité rare, blanche et assez longue, recouvre la chenille en dessus et sur les côtés.
CuRYSALIDE.
Pour se métamorphoser, la chenille de Cistella se retire sous la mousse, et construit une coque très-solide qui semble comme parcheminée, et dans le tissu de laquelle il entre quelques fragments de végétaux (PL. 6. fig. 129,
L’insecte demeure assez long-temps sous cette enveloppe protectrice sans se chrysalider, et n'opère sa transformation en nymphe qu'au bout de plusieurs semaines.
La chrysalide est conico-cylindrique, à pointe obtuse, avec l'enveloppe des ailes relativement longue. Elle est sur toute la surface d'un brun rougeatre. Le dernier segment est recouvert à l'extrémité de rares poils gris, tres-fins, très-courts et qu’on distingue à peine à la loupe.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0,012 à 0,014 mullim.
Ce Microlépidoptère, qui a tous les caractères des Crambides, doit, sans nul doute, appartenir au genre Phycis.
Les palpes sont longs, dirigés en avant et en forme de bec;
Phycis Cistella. 433 les antennes, dont le premier article est noduleux, sont sétacées ; enfin la trompe est longue et cornée.
Les premières ailes sont étroites, d’un gris cendré, et possèdent les deux lignes transverses ordinaires : celles-ci sont d’un brun pourpre. La seconde de ces lignes, placée presque à l'extrémité de l'aile, supporte un trait en zigzag fin, serré, bleuâtre, qui descend de la costale et vient aboutir à l'angle inférieur; mais ce zigzag n’est bien écrit que vers le milieu de son parcours. En outre, un large trait rougeâtre, partant de l’apical, vient aboutir aux deux points noirs placés au centre de laile. Ces deux points, chacun le sait, sont encore un des caractères distinctifs de la plupart des Phycis proprement dits.
La frange est précédée de quatre à six points noirs.
Les secondes ailes, sans lignes, sans taches, d’une teinte fuligineuse sur les bords, sont, au milieu et surtout à leur naissance, d’un gris blanc.
Les quatre ailes sont sans dessins en dessous et d'un grisbleuatre très-luisant,
Les franges, plus longues aux inférieures qu'aux supérieures, sont fuligineuses.
Les antennes, les palpes, le corselet et les pattes participent de la couleur des ailes supérieures.
L'abdomen est d’un fauve obscur en dessus et gris en dessous.
La femelle est semblable au male, seulement les couleurs des ailes sont moins vives, et l'abdomen est relativement gros et renflé.
Cette Phycide, que j'ai découverte dans le Var, se rapproche beaucoup de la Serpylletorum, H.-S., 62, et de la Sororiella , H.-S., 64, bien qu'un peu moins grande que celles-ci.
La chenille, qui n’est pas tres-abondante dans les lieux où TomE vi. — Annales de la Société Linnéenne. 28
je l'ai observée, vit sur divers Cistes des environs d'Hyères, mais principalement sur le Cistus albidus, L.
Cette larve, qui est très-lente, lie Jes feuilles dont elle compos® une sorte de tuyau dans lequel elle se tient renférmée pendant le jour, et, dès qu'arrive la nuit, elle sort de sa retraité et attaque les jeunes boutons de la fleur du Ciste.
Une seule chenille peut détruire un grand nombre de fleurs, toujours très-abondantes sur le même pied, car élle ronge la base du bouton et, par ce moyen, en émpêche le développement.
Cet insecte se métamorphose én chrysalidé vers le commencement d'avril et éclot pendant lé éourant du mois de juillet suivant.
L'après ce que j'ai observé, postérieurement à léclosion de mes Cistella ("), je serais porté à croire que certaines chenilles de cette espèce peuvent très-bien n’éclore que l'année qui suit leur métamorphose en nymphe.
Ce qui ferait admettre la probabilité du retard dans l'apparion de quelques individus de cette espèce, c'ést que, m'étant avisé d'ouvrir deux coques plusieurs semaines après l'éclosion des premières Cistella, jy trouvai, à ma grande surprise, la chenille décolorée, maïs encore vivante.
Le dérangement qu'éprouvèrent ces deux insectes, par le décuirement de leur coque, Les fit périr peu de jours après.
(1) De Cistus, nom d’un genre de plantes qui, toutes, mais principalement le Cistus albidus, nourrissent la chenille de ma Phycide nouvelle.
Scodiona Emucidari«. 455
Scodiona ÉEmucidaria.
{Planche 6. Fig. 4 à 5.)
Hb. 4925. — Dup. IV p. 460 pl. 168 fig. 2. — Bdv. 1467. — Herr.-Sch. p. 67 fig.223-224-225. — Gn. n. 1152.
Epaisse, cylindrique, très-faiblement attéruée antérieurement. Les individus que je considère comme types ont le fond jaune argileux, lavé de bleuâtre sur les intersections et de rougeâtre en dessous de là ligne stigmatale (pl. 6, fig. 1. ).
On ne distingue qu'au moyen de la loupe la vasculaire qui est jaune et qui repose sur une ligne blanchâtre , large, non interrompue, partant du premier anneau et aboutissant au sommet d’une caroncule placée sur le onzième segment.
Les lignes dorsale et sous-dorsale sont tremblées, d’un gris bleuâtre et accompagnées de chaque côté d’un trait brun très-fin. La stigmatale est ondulée, blanchätre, ombrée de brun en dessus et de jaunâtre en dessous. Les stigmates sont ronds, blancs et cerclés de noir. La seconde paire de points trapézoïdaux est seule visible : ces trapézoïdaux sont proéminents du quatrième au dixième segment. Le ventre est d’un blanc sale et lavé de bleuâtre dans le voisinage des pattes antérieures et postérieures. Il existe au centre une large raic longitudinale, blanchâtré, tremblée, continue, accompagnée de chaque côté d’un double trait brun.
La tête est carrée et arrondie sur les angles.
Les pattes sont concolores.
La caroncule du onzième anneau, qui est très-saillante, est, . ainsi que la tête et les pattes postérieures, marquée d’un trait blanc.
Le douzième anneau est profondément bifide ; ce caractère
distinctif est, ainsi que la caroncule du onzième segment, commune à toutes les Scodiona observées jusqu'à ce jour.
Cette chenille varie beaucoup pour la couleur : une des aberrations les plus remarquables est celle que je figure (pl. 6. n. 2. ). Cette variété a le fond d’un pourpre noir, présentant un large anneau jaunâtre en avant de l'intersection de chaque segment du milieu. Les lignes dorsale et sous-dorsale sont d'un brun bleuûtre, liserées de chaque côté d’un trait noir très-fin. |
La chenille d'Emucidaria est lente et très-rigide : elle mange fort peu à la fois, préfère la feuille, surtout la radicale, à la fleur ou au fruit de la plante qui la nourrit, et n'atteint toute sa taille qu'à la fin de février de l’année suivante. Sa vie de chenille est fort longue : elle se prolonge de juillet à mars de l’année suivante.
Elle vit toujours à découvert et se tient, pendant le jour, appliquée contre les branches très-rapprochées du sol.
Le plus sûr moyen de trouver cetinsecte, c’est de secouer fortement l’#rthemisia campestris, L, dont il fait sa nourriture exclusive, d’où il se laisse tomber en se roulant sur luimême, et de chercher au pied des rameaux.
CnRYSALIDE.
Ainsi que la plupart des chenilles qui ne doivent demeurer en nymphe qu'un temps assez court, celle d'Emucidaria , vers le commencement d'avril, construit däns la mousse où les feuilles sèches, une coque légère , très-molle , composée de soie brune. La transformation a lieu peu de jours après.
Cette chrysalide est relativement forte, cylindrico-conique , d’un rouge brun , passant au brun noir sur la tête et
les segments abdominaux. Le dernier anneau est rugueux,
Scodiona Emucidaria.
terminé par deux pointes courtes, droites, noires, fortes , nullement crochues à l'extrémité.
L'éclosion de l'insecte parfait arrive en Juin. INSECTE PARFAIT.
Euvergure : 0,030 à 0,032 nullim.
Les quatre ailes sont épaisses, arrondies et entières, à frange longue et bien fournie. Les supérieures sont brun clair et finement saupoudrées d’atomes noirs. Les médiane et basilaire sont indiquées par deux lignes de points brunätres à peine écrits. Le point cellulaire et deux taches placées en dehors de la médiane, dont l'une vers l'angle apical et autre près de l’angle anal, sont le plus souvent très-accusés.
Les ailes inférieures sont blanches avec la frange et le bord lavés de fauve. Le point cellulaire est assez bien marqué, ce-
è pendant il manque quelquefois.
Le dessous des supérieures est noirâtre; celui des inférieures est blanc. Les points cellulaires sont seuls visibles.
Les antennes sont pectinées et se terminent en pointe fine. Le front est plus clair que le corselet; le ventre est velu et concolore ; la trompe courte. L'abdomen est caréné, relativement grèle, et dépasse les ailes inférieures.
La femelle est plus petite et plus lourde que le mäle; le fond des ailes est généralement plus chargé d’atomes noiratres, que chez ce dernier.
Sur les quatre ailes, la ligne de points nervuraux, ainsi que
le point cellulaire, sont bien marqués en dessous.
Variété ©” A.
Cette Scodiona varie autant et plus que ses congénères.
Aucun auteur n'a signalé de variété d'Emucidaria. J'en ai obtenu ex larva plusieurs intéressantes. Je figure aujourd’hui la plus jolie de ces aberrations (pl. 6, n. 5.).
Les quatre ailes de cet individu 4, un peu plus grand que le type, sont en dessus d’un blanc pur, avec les lignes transverses et les taches ordinaires très-visiblement écrites en brun noirûtre. Les ailes supérieures sont blanches en dessous, avec la côte faiblement lavée de fauve. Les taches sont ici moins vivement accusées qu'en dessus.
Le front, le vertex, le corselet et l'abdomen sont d’un blanc pur et mat. La côte des antennes est blanche; les barbules sont noires.
Pendant quatre ans, J'ai vainement tenté l'éducation de cette Fidonie, et c’est avec infiniment de peine que j'ai pu l'élever.
La chenille qui passe l'hiver n'arrive jamais à bien, si on ne l'élève en plein air. C’est le plus souvent en chrysalide qu'elle meurt, si, pour lui faire passer la mauvaise saison , on la conserve dans un appartement. Le meilleur moyen d'élever cette espèce, c’est de la placer dans un jardin, sur une branche d’Armoise enveloppée d'une gaze spacieuse.
Emucidaria, de même que toutes ses congénères connues, ne parait qu'une fois par an.
Jusqu'à ce jour, ce n'est que de très-loin en loin que les entomologistes lyonnais ont rencontré l'insecte parfait de Emucidaria, toujours rare, dans les collections des Lépidop-
térophiles franca's.
Avant de clore cette deuxième livraison de mon travail entomologique, je crois devoir annoncer à la Société Linnéenne qu'en outre des insectes publiés et figurés par moi, J'ai, depuis la lecture de ce qui précède, découvert, étudié et peint un certain nombre de chenilles. Si quatre de cellesci ont été observées déjà, aucune n’a encore été figurée.
Voici le nom de ces larves qui, presque toutes nouvelles pour la science, appartiennent soit au Midi de la France, soit à notre département et ses environs. Ces insectes devront, en bonne partie, former la troisième et la quatrième livraisons de mes Chenilles et Lépidoptères inédits.
Zygæna Occitanica.
ce Lavandulæ.
Leucania Punctosa.
Glottula Encausta.
Aporophyla Australis.
Hadena Occlusa.
Xylina Mercki.
Amphipyra Effusa.
Catocala Nymphæa.
Abraxas Pantarix.
Odontopera Dardoinari«.
Ephyra Pupillaria et ses variétés.
Acidolia Rubricata.
cc Moniliat«.
« Reversata.
cc Rusticata.
cc Ochrata.
ce Osseata.
« Holosericata.
ce Degenerari«.
cc Nexata.
» Imitaria.
cc Litigiosaria.
cc Caricari«.
Aleucis Pictaria.
Macaria Æstimaria.
Tephrina Vincularia.
Rhoptria Asperaria, Hb. (Collata, Treit.) Sterrha Sacraria.
Eupithecia Pauxillata.
ec Pumilata.
cc Denotata.
cc Constrictata.
Aspilates Citraria.
Eubolia Malvata.
cc Basochesiata.
Phibalopteryx Lapidata.
Mecyna Polygonalis.
Fig.
Fig.
Fig.