‹ Iconographie MolieresqueChapitre 117 sur 180 · Angoulesme. Bngoulesme. Vue en perspective. Sans · texte numérisé non relu

Angoulesme. Bngoulesme. Vue en perspective. Sans

nom d'artiste. Gravé sous la direction de Mathieu Merian, pour la Topographia de Zeiller, a Francfort, en 1655. Au-dessous d'une Vue de Blois.In-fol., en largeur.

M. Benjamin Fillon [Recherche» sur le séjour dp Molière dan» rouest i/r In France) ne doute pas que la Troupe de Molière et des Béjart n'ait poussé ses tournées dramatiques jusqu'à Angouléme, en 1648 ou 1649, lorsqu'elle avait, en quelque sorte, établi son quartier général à Nantes. « Quant à la Comtesse cTEscarbagna», dit-il, elle est si bien de L'Angoumois, que je la soupçonne fort de ne faire qu'un avec Sarah de Pérusse, fille du comte d'Escars et femme du sieur Jousbert Tison, qui s'intitulait, on ne sait trop pourquoi, comte de Baignac. De L'assemblage des noms de seigneurie des deux époux : Escars et Baignac, Molière aura l'ait Bttarbagnat... Ainsi en a-t-il été pour les adorateurs plébéiens de la fière Comtesse, qui, de Hcrpin et Thibaudière, noms portés par tant de gens depuis les bords de la Charente jusqu'à ceux de la Loire, sont devenus, sous la plume du grand comique, Harpin et Thibaudier. »

Vue de la nouvelle Porte Antoine, a Agen. San- nom d'artiste. Dessiné et gravé a l'aquatinte, par Louis Brion. In-S.

Cette gravure se trouve dans Le tome vm du Voyagt dans /<••>• département de la France, ptaJ, Lavallée P . Brian, 1701, in-S).

On ne pouvait pas douter que Molière et la Troupe de Dufresne

et des Béjarl eussent fait ta comédie, comme ils disaient, a A

dans un de leurs voyages en Guyenne et en Languedoc, ma

n'en avait .nu-une preuve écrite. M. Adolphe Magin a retrouvé la mention suivante, dans un vieux registre de l'hôtel de ville intitule : Journal pour l'année 16',!), Unissant en II

MOLIERESQUE.

«Le treiziesme dudict (mois de février), suivant Tordre de Monseigneur nostre Gouverneur, avons faict faire dans le Jeu de Paume ung teatre pour les comédies et une gualerie pour mondict seigneur, où il i a esté emploie des tables et autres pièces, qui a esté prins de chez (en blanc).

« Le mesme jour, le sieur du Fraisne, comédien, est venu clans la Maison de ville nous rendre ses devoirs de la part de leur Compaignie et nous dire qu'ils estoient en cette ville par l'ordre de Monseigneur nostre Gouverneur. »

Bihliogr. moliér., n° 1104.

i96.Plan de la ville de Tholose. A Paris, chez Mekhior Tavemier, en 1631. Au bas de l'estampe, légende et renvois aux monuments de la ville. In-fol. max.

C'est seulement en 1864 qu'on a découvert enfin un document qui prouve le passage de Molière à Toulouse ; M. Emmanuel Raymond (L. Galibert) a publié ce document dans le Journal de Toulouse, du 6 mars 1864 : a 16 may 1649, payé au sieur Dufresne et autres comédiens de sa Troupe la somme de soixante et quinze livres, pour avoir, du mandement de messieurs les Capitouls, joué et fait une comédie, à l'arrivée en cette ville du comte du Roure, lieutenant général pour le Roy en Languedoc. »

i!»7. Narbonne. Vue et perspective. Gravée par Pcrelle. A Paris, chez Pierre Mariette, rue S1 Jacques, à l'Espérance, avec privilège du Roy. Au bas de l'estampe, à droite et à gauebe, légende descriptive en latin et en français, avec renvois aux lieux remarquables, entre les deux textes. In-fol. max., en largeur.

« On retrouve Molière et Du Fresne à Narbonne, au commencement de 1650, dit Taschereau {Hist. de la vie de Molière, 5<= édit., in-8, p. 14). Le 10 janvier, Molière figurait comme parrain, dans une paroisse de cette ville, à l'acte de baptême de l'enfant d'une demoiselle Anne. Il était dans cette ville, avec ses Comédiens, dont l'accouchée était peut-être l'Ingénue, et ils y donnèrent des représentations. X)

Le passage de Molière à Narbonne est donc constaté par cet acte de baptême, découvert, à la date du 10 janvier 1650, dans les registres de l'église Saint-Paul. « Molière, dit M. Brochoux dans les OrifMU du. Théâtre de Lyon (page 29), y est inscrit comme parrain d'un enfant dénommé : •< fils d'Anne, ne Bâchant le nom du père. >■

I' "NoGKAPHIE

S'agissait-il alors de cette Anne Reynis, qui fut mariée, le 20 nvril 1655, à Foulle-Mnrtin, par le ficaire de Sainte-Croix (à Lyos présence de J.-B. Poquelia et de ses camarades de théâtre?

Le premier séjour de Molière à Narbonne avait eu lieu en liiij, lorsqu'il dut suivre Louis XIII en voyage, pour y remplacer son père, en qualité de tapUaier-Talet de chambre du roi. C'était la un singulier emploi pour un jeune élève des jésuites, qui avait étudie la philosophie BOUS Gassendi, avec le prince de Conti, Armand de Bourbon, et qui venait peut-être d'être reçu avocat, après avoir passé son examen de licencié en droit, à la Faculté d'Orléans !

iOs. Lugdunum. Lyon. Plan topographique. Sans aucun nom d'artiste. Gravé SOUS la direction de Mathieu Rf< rian, pour la Topographia de Zeiller, à Francfort, en ltï55. Au bas de l'estampe, légende en français, avec renvois aux monuments et aux localités. In-fol. max., en largeur.

<>n trouve, nu n° lfi, l'église paroissiale de Sainte-Croix, oii Molière a tenu sur les fonts l'enfant d'un de ses comédiens, et, au n° 2.'i, la Douane, qui touchait au Jeu de Paume, dans lequel la Troupe de Dnfresne el des Béjart donnait la comédie.

Tendant Bes voyages dramatiques dans le midi de la France, Molière est venu plus d'une fois à Lyon, C'était un fait acquis depuis la publication de l'édition de ses Œuvres en 1G82, où on lisait dans la Préface : « Il vint à Lyon en 1658, et ce fut là qu'il exposa au public sa première comédie; c'est celle de V Étourdi, a On a lieu de s'étonner que La Qrange, qui avait revu ente Préface, s'il ne l'a pas écrite, ait laisse passer une fausse date, que son Registre de théâtre lui eût permis de corriger, et qui a été répétée depuis putons les historiens de Molière et dans toutes les éditions de notre auteur.

Voici, en effet, la note textuelle qui se trouve en tête de ce fameux Registre, que nous allons avoir enfin imprime, par les soins de la Comédie-Française et de M. Edouard Thierry, son ancien administrateur :

.. L'Estourdy, comédie du Sr Molière, passa pour nouvelle ris, eust un grand succès et produisit de part, pour chaque acteur (du :i nov. 1658 jusqu'à Pâques 1659 , soixante et dix pistolles. Cette pièce de theastre a esté représentée pour la premier.' fois a Lyon, l'as 1655< »

Samuel Chappuseau était à Lyon justement à l'époque où VÉtourdi y fut représenté avec grand succès, il n'm a pas parle dani ouvrages, du moins d'une manière spéciale ; mais dans l'ouvi intitule Lyon dan» ton lustre, qu'il publia en 1656 ■> Lyon même, m

trouve ce passage qui se rapporte à la Troupe de Molière : « Le noble amusement des honnêtes gens, la digne débauche du beau monde et des bons esprits, la Comédie, pour n'être plus fixe comme à Paris, ne laisse pas de se jouer ici, à toutes les saisons qui le demandent, et par une Troupe, ordinairement, qui, toute ambulatoire qu'elle est, vaut bien celle de l'Hôtel (de Bourgogne, à Paris) qui demeure en place. »

499. Montpellier. Sans aucun nom d'artiste. Gravé sous la direction de Mathieu Merian, pour la Topographia de Zeiller, à Francfort, en 1655. In-fol. max., en largeur.

La Troupe de Molière, qui était à Vienne en 1654, fut appelée à Montpellier, par le prince et la princesse de Conti, pour l'ouverture des États de Languedoc, fixée au 7 décembre de cette année-là. On ne s'explique pas comment plusieurs des historiens de Molière ont pu nier qu'il ait donné des représentations pendant la tenue des Etats. C'est à Montpellier que l'ut imprimé, chez Daniel Pech, imprimeur du Roi et de la Ville, avec la date de 1655, le Ballet des Incompatibles , à huit entrées, da?isé à Mcmtpellier devant Monseigneur le prince et madame la princesse de Conti. Molière est incontestablement l'auteur de ce ballet, dans lequel il jouait un rôle. Béjart l'aîné, qui fit imprimer, à Lyon, en 1655, le Recueil des titres, qualités, blasons et armes des seigjieurs barons des États généraux de Languedoc, tenus par S. A. R. Msr le prince de Conti en la ville de Montpellier l'année 1654, dit dans l'épitre dédicatoire de la seconde partie de cet ouvrage : « L'honneur que Vostre Altesse Serenissime daigna faire à l'ouvrage que j'osay luy présenter l'année passée m'a donné la hardiesse de luy en offrir la continuation... J'avoue qu'elle me rendit confus, lorsqu'elle eut la bonté de vouloir lire d'un bout à l'autre le livre qu'elle me commanda de luy faire voir, et qu'elle en fit son divertissement durant les entractes de la comédie qu'on représentoit devant elle. »

Bibtiogr. moliér., n° 188.

500. Pezenas. Sans nom d'artiste. Gravé sous la direction de Mathieu Merian, pour la Topo<j raphia de Zeiller, à Francfort, en 1655. In-fol.

La Troupe de Molière et des Béjart donnèrent des représentations à Pézénas, pendant la tenue des États en 1655. « Estant commandez pour aller aux Estats, dit Dassoucy dans ses Aventures, ils me menèrent avec eux à Pézénas, où je ne saurois dire combien de grâces je reçeus ensuite de toute la maison. On dit que le meilleur frère est las, au bout d'un mois, de donner à manger à son frère; mais

ceux-cy, ptns généreux que tous les frères qu'on puisse avoir, al M lassèrent pas de me voir à leur table tout un hiver... Quoique je tasse ohes eux, je pouTois bien dire que j'estois «liez moi. Je ne tîb jamais tant de bonté, tant de franchise, oy tant d*honnesteté que pana] gens-là, bien dignes de représenter réellemenl dans le monde las personnages des Princes qu'ils représentent tons les jours sur le théâtre. » Les États de Languedoc, ouverts, à Pésénas, par le prince de Coati, le 4 novembre 1(335, furent clos le -22 février 1656. La Troupe de Molière avait eu, pour rémunération de - s pen-

dant les États, une assignation de .'iOOO livres sur le fonda de la province. Cette assignation, faite par le prince de Coati au nom des Etats, n'était pas revêtue de toutes les formalités nécessaires. Molière et Madeleine Béjart offrirent donc leur créance à l'entrepreneur des étapes, Martin-Melchior Dul'ort, et à un sieur Joseph Cassaignes, qui l'acceptèrent à forfait, moyennant remise du quart de cette créance, qui ne fut jamais payée. Voy. la singulière histoire de ladite créance dans l'ouvrage de M. Raymond sur les pérégrinations de Molière dans le Languedoc.

Bibliogr. mollir., n° 1101.

C'est de Pésénas qu'est daté un précieux reçu autographe de Molière, que M. L. de La Pijardière, archiviste de l'Hérault, a découvert dans les archives des États du Languedoc. Ce reçu d'une somme de G000 livres ne parait pas avoir le moindre rapporî avec l'assignation de 5000 livres, que Molière et Madeleine Béjart avaient escomptée ;l Martin-Melchior Dufbrt et à Joseph Cassaignes. On sait que cet autographe est le plus important de tous ceux de Molière qn'oa ait retrouves jusqu'ici et qui ne présentent généralement qu'une signature. En voici la teneur :

« Jay receu de monsieur le Secq thresorier de la bource des Kstats du Languedoc la somme de six mille livres à nous accordes par messieurs du Bureau des comptes, de laquelle somme ÎS le quitte. Faict à Pesenas ce vingt-quatriesme iour de febvrier L666.

Moi.n:iu:. »

Bibliogr, moliér., n" 1652.

501. Agde. Languedoc. Np 249 ter. H. !.. Gale lith. Imprimé /air C. ffullemandel. In-fol., en Largeur.

Cette Vue d'Agde, la seule que nous connaissions, se trouve dans Le grand ouvrage du baron Taylor : Vogages pittoresques et roitupitiquet dans l'ancienne Frattce, tome l\ du Languedoc,

.. De Pézéns après la clôture des États), dit Taschereau dans VHist. delà vie de Molière (5*édit., in-8, p. 19), Molière allait donner des représentations dans Les petites villes voisi llan, Aple, M t on trouve encore, dans Lee archives de la premier* do oes quatre \Ules, l'Ordre adressa parle prince de Consiaux

MOLIERESQUK. 231

Consuls de mettre en réquisition les charrettes nécessaires pour transporter le théâtre de Molière et sa Troupe, de Marseillan à La Grange (château du prince). On voit aussi, dans les archives de Marseillan, qu'une contribution fut établie sur les habitants, pour indemniser Molière des représentations qu'il y avait données. »

502. Vue de Montélimart. Dessiné et gravé à l'aquatinte, par Louis Brion. In-8.

Cette estampe se trouve dans le tome X du Voyage dans les départemens de la France, par J. Lavallée (Paris, Brion, an VII, départ, de la Drôme).

La Troupe de Molière faisait la comédie à Vienne et à Valence, en 1647. Elle y retourna sans doute plus d'une fois, car Molière s'était fait des admirateurs et des amis dans toutes les villes du Dauphiné , où l'on aimait le théâtre et les arts. On peut affirmer qu'elle y était revenue en 1655, après avoir donné des représentations à Lyon, car, le 18 février 1655, Antoine Baralier, conseiller du Roi, receveur |des tailles en l'élection de Montélimart, empruntait à Madeleine Béjart, par acte passé devant François Vaudrot, notaire royal delphinal héréditaire de cette ville, la somme de 3,200 livres, et prenait pour caution de sa dette noble homme Julien Meindre, sieur de Rochesauve, habitant de Brioude, en Auvergne. Voy. Recherches sur Molière et sur sa famille, par Eud. Soulié, pag. 49 et 254. Cet emprunt se rapportait sans doute à des affaires de théâtre, puisque la femme d'Antoine Baralier, nommée Françoise Le Noir, devait être sœur ou parente de François de la Thorillière, qui devint plus tard un des comédiens de la Troupe de Molière.

503. Vue de la Cathédrale et de la place du Marché, à Béziers. Jairne lith. 1835. Lith. de Benard et de Bichebois aîné, rue de l'Abbaye, 2. In-fol., en hauteur.

Cette Vue se trouve, avec d'autres Vues de Béziers, dans le grand ouvrage du baron Taylor : Voyages pittorcsqties et romantiques da?is l'ancienne France, t. IV du Languedoc.

La présence de Molière et de sa Troupe à Béziers pendant la tenue des Etats, en 1656, est un fait incontestable, et toutes les éditions de Molière répètent, depuis celle de 1682, que le Dépit amoureux a été représenté pour la première fois à Béziers en 1654. Cette fausse date n'a pas encore été rectifiée, et nous l'avons nous-même consacrée dans l'Iconographie moliéresque, n° 2. Pouvait-on supposer que La Grange, dans la Préface de l'édition de 1682, avait oublié cette note, qu'on lit en tète de son Registre :

« Le Despit amoureux, comédie du Sr de Molière, passa pareillement pour nouvelle à Paris, eust un grand succez et produisit de

part, pour chaque acteur, autant que VEstourdi/. Cette pièce de théastre a esté représentée pour la première fois aux Estats de Languedoc, à Beziers, l'an 1656 ; Monsr le comte de Bioule, lieutenant du Roy, président aux Estats. »

Taschereau avait pourtant corrigé, dans la 5e édit. de son HUt. de la vie de Molière, la faute qui se trouvait dans les éditions précédentes. « C'est dans l'année 1656, dit-il, que Molière en fit jouer (un ouvrage) bien plus digne des applaudissements (que le Médecin vokmi et le Docteur amoureux) .V enu à Béziers, avec sa Troupe, pour les États, que le comte de Bioule, lieutenant général du Roi en Languedoc, fut chargé d'ouvrir dans cette ville, il y donna pour la première fois son Dépit amoureiLX. La pièce obtint un grand succès et attira la foule. » L'assemblée des États n'accorda pourtant pas une gratification à la Troupe de Molière, qui quitta la ville longtemps avant la clôture des États, laquelle n'eut lieu que le 1er juin 1657. Voici en quels termes cette gratification avait été refusée, à la date du 6 décembre 1656 : « Sur les plaintes qui ont été portées aux État! par plusieurs députés de l'Assemblée, que la Troupe de Comédiens qui est dans la ville de Béziers a fait distribuer plusieurs billets aux députés de cette Compagnie pour les faire entrer à la Comédie sans rien payer, dans l'espérance de retirer quelques gratifications des États; a été arrêté qu'il sera notifié, par Loyseau, archer des gardes du Roi en la prévôté de l'Hôtel, de retirer les billets qu'ils ont distribués, et de faire payer, si bon leur semble, les députés qui iront à la Comédie ; l'Assemblée ayant résolu et arrêté qu'il n'y sera fait aucune considération; défendant par exprès à Messieurs du Bureau des Comptes, de, directement ou indirectement, leur accorder aucune somme, ni au Trésorier de la Bourse, de payer, à peine de pure perte et d'en répondre à son propre et privé nom. »

C'est à Béziers que Molière improvisa, dans un repas, une chanson que Dassoucy mit en musique. « Vous, monsieur Molière, dit Dassoucy dans ses Aventures d'Italie (Paris, Quinet, 167!'. in-12 , vous qui fîtes à Béziers le premier couplet de cette chanson, oseriez-vous bien dire comme elle fut exécutée et l'honneur que votre muse et la mienne reçurent en même temps? a Dassoucy avait composé le second couplet. Voici le premier, qui est de Molière :

Loin fie moi, loin de moi, tristesse!

Sanglots, larmes, soupirs!

Je revois la princesse, Qui fait tous mes désirs.

( > attestes plaisirs !

Doux transports d'allégresse !

Vlau, hfoft, quand tu voudrns, Me donner le trépas :

J'ai revu ma princesse!

Dassoucy avait paaM* tout l'hiver I Béliers, ave* les Comédiens

qui l'hébergeaient ; il suivit Molière à Narbonne, mais il se vit forcé, pour échapper à quelque mauvaise affaire, de lever le pied tout à coup et de disparaître avec ses deux vilains pages de musique. Voici la lettre qu'il écrivit à Molière, quand il fut arrivé sain et sauf dans une ville voisine : « Monsieur, je vous demande pardon de n'avoir pas pris congé de vous. M. Fessard, le plus froid en l'art d'obliger qu'homme qui soit au monde, me fit partir avec trop de précipitation pour m'acquitter de ce devoir. J'eus bien de la peine seulement à me sauver des roues, entrant dans son carrosse, et c'est bien merveille qu'il m'ait pu souffrir avec toutes mes bonnes qualités, pour la mauvaise qualité de mon manteau, qui lui sembloit trop lourd. Cela vient du grand amour qu'il a pour ses chevaux, qui doit surpasser celui qu'il a pour Dieu, puisqu'il a vu presque périr deux de ses plus gentilles créatures (les pages de Dassoucy), sans daigner les soulager d'une lieue. Je ne vous sçauroîs exprimer avec quelle grâce le plus agile de mes pages faisoit deux lieues par jour, ni les louanges qu'il a emportées de sa gentillesse et de sa disposition pour celui qu'il y a si longtemps que je nourris. Peu s'en est fallu qu'il n'ait fait comme le chien de Xantus, qui rendit l'âme pour avoir suivi son maître avec trop de dévotion. Je ne m'étonne pas si la Cour l'a député (M. Fessard) aux Etats, pour le bien du peuple, le connoissant si ennemi des charges. Je lui suis pourtant très-obligé de m'avoir souffert avec mon bonnet de nuit, n'ayant promis que pour ma personne, et suis, Monsieur, etc. C. D. » Cette lettre prouve, au moins, que Dassoncy, malgré ses défauts et ses vices, n'était pas un ingrat.

50-4. Lemovicum. Limoges. Sans aucun nom d'artiste. Vue générale pittoresque. Gravé sous la direction de Mathieu Merian,pour la Topographia de Zeiller, à Francfort, en 1655. (Sur la même pi., Vue de Sancerre.) Intel, en largeur.

« Une tradition locale que j'ai recueillie à Limoges même, dit Jules Claretie, dans son charmant livre intitulé : Molière , sa vie et ses œuvres (Paris, Alph. Lemerre, 1871, in-12, p. 48), veut que Molière ait été sifflé par le public limousin et s'en soit vengé en créant ce type ridicule de Pourceaugnac , qu'il eût dû, pour être logique, appeler Pourceaugnaud , caries terminaisons en aud sont limousines, tandis que les terminaisons en gnac sont purement gasconnes. »

Un journal local, la Voix de la Province, avait déjà dit en 1862 : « Molière, on l'a répété bien des fois, fut sifflé à Limoges, mais ce que tout le monde ne sait pas, c'est qu'il s'attira cette humiliation, jouant la tragédie ; il ne put jamais réussir dans ce genre, de l'aveu même de ses amis ».

tSt ICONOGRAPHIE

503 Avignon. Dessinée et gravée par I. Sihestre. A Paris, chez Pierre Mariette, avec priuilege du Roy. Au bas de l'estampe, à droite, une description de la ville en 7 lignes; à gauche, la même description en latin. Entre les deux descriptions, légende en français, avec renvois aux édifices ou lieux indiques. (H. 207mm. L. 815.)

trouvons la Troupe de Molière, dit Taschereau dans son BiiMre de le vie de Molière ">c édit., in-8, p. 25), au mois de décembre 1657, installée à Avignon, où elle avait déjà également joué eu 1653. Molière y rencontra Mignard, qui. rerenanl d'Italie où il avait séjourné pendant 22 ans. s'était arrête dans le Comtat , pour dessiner les antiques d'Orange et de Saint-Remi, et pour faire le portrait de la trop fameuse marquise de Gange. C'est là (pie se contracta entre ces deux hommes célèbres une union qui concourut, pour ainsi dire, à leur gloire mutuelle. »

'.m.. Veue de l'Arc d'Orange, et d'une partie du Chameau et de la Ville. Israël Siluestre delin. et sculp. Israël ex. eu,,, przuil Régis. (L. to7mm. L. 250.

Molière et sa Troupe étaient a Avignon en 1657 : ils donnaient certainement des représentations dans les villes voisines et ils n'oublièrent pas Orange. Ce fut pour Molière une bonne occasion d'y aller, puisque Pierre Mignard, son nouvel ami. y allait aussi :

Milliard, continuant toujours ses éludes, dit son historien l'abbé

■ t ■ M nulle, dessina toutes les antiquités d'Orange et de Saint- Remi: il n'oublia pas

grands et fameux hatimeim

Du l'uut du Gard et des Arènes,

IJili nous n-stenr [unir monomem

I>es magnificences rona

(Voyait '!>• Uarhanmnnt tt tir Cfia/n-Ur.)

Revenu a Avignon, il y trouva Molière. » La date du Voyagi deux amis de Molière, Chapelle et Bachaumont, n'a pas enoor

■ d'une manière certaine; BOUS croyons avoir pu établir, par

■ !• - preuves incontestables, que ce voyage eut lieu pendant les

i de l'année 1657, et que les deu rencontrèrent avec Mol gnon, i Orange et i Ntmea,

Avignon noua avait paru ai beau, disent-ils, que nous roulnins \ demeurer deux jours, pour l'examiner plus a loisir. » Cet deux là fui ma doute avec M rd.

SIOLIBRESQUE.

507. Nismes. Vue générale. Dessiné et gravé à l'aquatinte par Louis Brion. In-8.

Cette estampe se trouve dans le tome X des Voyages dans Irx départemens de la France, par J. Lavallée (Paris, Brion, an VII, départ, du Gard).

Molière était à Nîmes en 1657, puisque Madeleine Béjart y était. Le 12 avril 1G57, Pierre le Blanc, seigneur de la Rouvière et de Fournigue, conseiller et juge pour le Roi en la Cour de Nismes, donnait à la demoiselle Béjart une commission concernant une créance qu'elle avait depuis plus de deux ans sur Antoine Baralier, receveur des tailles en l'élection de Montélimart, pour prêt d'une somme de 3,200 livres. Voy. Recherches sur Molière et sur sa famille, par Eud. Soulié, pp. 49 et 254. On trouvera certainement dans les registres de la mairie de Nîmes la trace des représentations de comédie à cette époque.

508. Veuë et Perspectiue d'une partie de la ville de Grenoble, du costé de la Porte de France. Israël Siluestre fecit. Israël ex. cumpriuil. Régis. (H. 135mm. L. 247.)

D'après le témoignage de La Grange et de Vinot, dans la Préface de l'édition des Œuvres de Molière, publiée en 1GS2. Molière avait passé le carnaval (de 1658) à Grenoble, d'où il partit après Pâques et vint s'établir à Rouen. M. Eud. Soulié a cherché inutilement, dans les Archives de Grenoble, le nom de Molière et la trace du séjour de sa Troupe. Il a découvert pourtant, dans les registres de délibération de l'Hôtel de ville, la mention suivante, qui correspond aux représentations théâtrales données par la Troupe de Molière à Grenoble :

« Du 2e febr 1658. Il a esté tenu conseil ordinaire dans l'Hostel de ville, où estoient présens messieurs les quatre Consulz, & il a esté propozé par Mons* le pr Consul, touchant l'incivilité des Comédiens qui ont affiché sans avoir leur décret d'approbation ; il a esté opine et puis conclu que les affiches seront levées, et a eux defifendu de faire aucune comédie jusqu'à ce qu'ils ayënt satisfaict à la permission qui leur doib estre donnée par mesd. S™ les Consulz el du Conseil. » (Rapport sur des Recherches relatives à la vie deMolière, dans les Archives des Missions scientifiques et littéraires, deuxième .-••rie, tome 1", p. 485.)

M. Eud. Soulié a pu constater, en outre, que le Jeu de Paume, dans Lequel Les comédiens de passage faisaient la comédie, appartenait au duc de Lesdiguières, et que la salle de spectacle actuelle a été construite à la place de ce vieux Jeu de Paume.

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