III. — Molière en province, avec la troupe des Béjart
488. Profil de la ville de Rouen. Cum priuilegio Régis. Gravé par Le Meusnier, d'après le dessin de Silvestre. (H. 275mm. L. 565.)
On a découvert, dans les Archives de la Cour d'Appel de Rouen, un registre des minutes des notaires de la ville, où se trouve un acte notarié qui porte les signatures autographes de Molière et de toute la Troupe de l'Illustre Théâtre, en 1643. Cet acte, qui n'a jamais été publié et qu'il n'est pas facile de déchiffrer, a été exposé au Musée-Molière (voy. n° 7 du Catalogue). Malheureusement, noiis n'avons aucune indication sur la nature de l'acte, que sa date (si elle est exactement indiquée) rendrait bien intéressant pour les éphémérides de la vie de Molière, car il paraît être antérieur à l'ouverture de l'Illustre Théâtre au Jeu de paume des Métayers sur les fossés de Nesle. On peut supposer que la Troupe des Béjart serait allée à Rouen pour y donner quelques représentations, en attendant que les travaux de la transformation du Jeu de Paume des Métayers en salle' de spectacle fussent achevés.
189. Vienne. Sans aucun nom d'artiste. Gravé sous la direction de Mathieu Merian , pour la Topographia de Zeiller, à Francfort, en 1655. Au bas de l'estampe, Légende en français, avec renvois aux principaux édi-
-. lu-fol.
■If Molière et de sa Troupe à Vienne est signalé, de la nière I;!, plus explicite, dans les Mémoires de Chorier sur la vie ils en lutin. On y trouve une anecdote très-curieuse sur les rappor 1ère avec Boisaat, qu'il avait connu proba-
blement chez Gaston d'Orléans, donl Boissat avait été gentilhomme rétaire ; mais il es1 difficile de fixer l'époque du ;>!• ; la Troupe de bufresne et des Béjart à Vienne.
TMOhereaa le rapporta à l'année 1646 ou 1647. Au reste, on peut affirmer que Molière tir plusieurs voyages dans cette fille, où il était connu comme ■ acteur distingué eî excellent auteur rie comédie », selon l'expression de Chorier. Il y était encore notamment en 1651.
Bibliogr. moUër., n° 1070.
190. Bordeaux. Vue et perspective. Sans nom d'artiste. Gravé sous la direction de Mathieu Merian, pour la Tojtofjraphia de Zeiller, à Francfort, en 1655. In-fol., en largeur.
On n'a pas encore découvert un document certain qui prouve l'arrivée et la résidence de la Troupe des Béjart à Bordeaux. « On pense, dit Taschereau, dans son Histoire de In vie rie Molière (5° edit., in-8, p. 12), qu'il se rendit d'abord (en quittant Paris) à Bord, où le duc d'Epernon, alors gouverneur de la Guyenne, l'accueillit avec une grand.' bienveillance. Si l'on en croit une ancienne tradition à laquelle Montesquieu accordait une entière confiance, il y fit représenter une tragédie de lui. qui avait pour titre la Tkibeàde, et dont le malheureux sort le détourna à propos du genre tragique. Il est, à la vérité, impossible de fournir une preuve bien positive à l'appui de cette assertion. » Taschereau ajoute en note : « Nous devons dire que cette tradition si ancienne et si constante du pas-
" de Molière et de sa Troupe à Bordeaux au commencement île 1646, vient d'être combattue par M. Armand Detchererry, archiviste de la Mairie de cette ville, pages 12 et suivantes .1,' son // foire det théâtres de Bordeaux (Bordeaux, 1880, in-8). » Les notes manuscrites de Nicolas ds Trallage, citées par les frères Parfaict, d'après un recueil de la Bibliothèque de Saint-Victor, nous apprennent cependant que Molière fut mande, en iiiiT, par le due d'Epernon, gouverneur de Guyenne, qui aimait beaucoup le théâtre et qui entretenait une Troupe de comédiens à Bordeaux.
491. Description de la renommée et ancienne ville <lt> Nantes. A Amsterdam, chez C. Danckerts, liii.'i. Grande pièce gravée, en \ fenill., avec description explicative m français eî eo latin.
.. On sait qu'en 1648 Molière se trouvai! à Nantes, dit Taschereau
Hist. de lu vie de MoHère, •>•• édit., in-8, p. 14). Un des v
i, Mairie !.• montre, a la date du 2:1 avril, venant demanda au
Corps de ville, pour lui. pour le sieur Du r're.Mie eî leurs camarades,
la permission de monter sur le théâtre el d'j représenter leurs niédies (Molière est nommé MorKere, dans le r< istredel M
Ce théâtre était dressé sur des tréteaux dans un Jeu de Paume, qui existait encore il y a peu d'années. Molière n'y fut pas heureux ; très-suivi d'abord, il eut à subir la concurrence redoutable d'un Vénitien, nommé Segalle, qui montrait des marionnettes. »
Le séjour de Molière à Nantes en 1648 et en 1649 est depuis longtemps constaté par la publication des extraits de vieux registres du Corps municipal de Nantes. Ces extraits sont relevés plus soigneusement et cités in extenso dans le curieux travail de M. Benjamin Fillon : Recherches sur le séjour de Molière dans l'ouest de la Fra?ice (Fontenay-le-Comte, 1871, in-8). On voit que Dufresne, qui avait sa famille à Nantes, s'était fait le régisseur de la Troupe des Béjart. Cette Troupe fixa sa résidence à Nantes pendant les deux années les plus turbulentes de la Fronde, et elle allait donner des représentations dans les villes environnantes. Au reste, le nom de Molière n'est mentionné nulle part dans les documents où il est question de sa Troupe. On a lieu de croire qu'il craignait encore d'éveiller les poursuites des créanciers de l'Illustre Théâtre et qu'il avait pris un autre nom à titre provisoire.
Bibliogr. moliér., n° 1066.
492. Dessin à la plume, représentant la rue où était le théâtre de Molière, à Nantes, par Hawke. In-4.
Ce dessin a figuré dans la 2e partie de la vente du Cabinet de feu M. de Lajariette, ancien receveur des finances à Nantes (Catalogue de la collectioyi d'estampes anciennes et modernes, rédigé par Vignères, 1861, n° 600). La gravure, faite d'après ce dessin, porte le n° 69, parmi les estampes qui ornent l'Histoire de Nantes, par Guépin.
M. Benjamin Fillon (Recherches sur le séjour de Molière dans Fouest de la France, pp. 7 et suiv.) pense que l'inscription commémorative, placée en 1837 sur la façade d'une nouvelle maison qui occupe l'emplacement du Jeu de Paume de la rue Saint-Léonard, pourrait bien n'être pas justifiée par des preuves certaines. Selon lui, le Jeu de Paume où la Troupe de Dufresne et des Béjart avait établi son théâtre serait celui qui a subsisté, jusqu'en 1663, dans les douves ou fossés de la ville de Nantes, entre la grosse tour du Papegault et l'Éperon, vis-à-vis le couvent des Cordeliers.
493. Vue de Fontenay-le-Comte (Vendée). Lithographie. 1812. In-8.
M. Benjamin Fillon a retrouvé un acte de procureur, qui prouve que là Troupe de Dufresne et des Béjart a dû venir donner des représentations à Fontenay-le-Comte (Recherches sur le séjour de Molière dans l'ouest de la France, p. 1). C'est une requête, au nom de Charles
Dufresne, adressée nu lieutenant particulier de la ville, en date du 9 juin 1618. Ledit Dufresne, étant à Nantes avec la Troupe qu'il dirigeait 6B qualité de régisseur, avait « pris à loyer de Louis Benestcau. miiltN paulmier, le lotris où tient le Jeu de Pauline de cette ville de PonteiUiy-le-Comte, pour vingt et unir jours, quicom- DMDOeront courir Le quinziesme de ce présent mois de juini:, à rai- .-"n de sept Livrée tournoya par jour, y compris les diinnn< ■! listes estant en iceluy temps, qui faict en tout la somme de cent quarante sept Livres. » Dufiresneavait donné des arrhes, et, par oonséquent, on peut affirmer que le Jeu <le Paume qu'il avait loue lu» mis à sa disposition, mais deux ou trois »ours après le terme convenu.