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ET LES GRANDS SEIGNEURS

526. Veue et Perspectiue du Chasteau de Chilly appartenant à madame la Mareschale d'Effiat, à quatre lieues de Paris sur le chemin d'Orléans. Sans noms d'artistes. Gravé par Silvestre, avant 1655. (H. 121mm. L. 538.)

Registre de La Grange :

« La Troupe, composée de 12 partz, sçavoir : le sr Molière, Béjart l'aisné, Béjart cadet, De Brie, L'Epy, Jodelet, du Croisy, De la Grange, Mles Béjart, De Brie, Hervé, du Croisy, commença par une Visite au chasteau de Chilly, à 4 lieues de Paris, où monsr le Grand Maistre donnoit un régal au Roy ; la Troupe joua le Despit amoureux et receut 400 liv. Partagé pour chaque acteur, 24 liv. »

Le château de Chilly ou Chailly, situé à six lieues de Paris, appartenait alors à la veuve du maréchal d'Effiat. Le maréchal de la Meilleraie (Charles de la Porte), grand-maître de l'artillerie, qui avait épousé en premières noces une fille du maréchal d'Effiat, et qui en avait un fils, acheta le château de Chilly, pour le laisser en apanage à ce fils unique, auquel il fit épouser, en 1661, Hortense de Mancini , nièce du cardinal de Mazarin.

On doit remarquer que la première visite de la Troupe, à peine fixée à Paris, se fait chez le maréchal de la Meilleraie, qui a été certainement un des premiers protecteurs de Molière. Il est trèsprobable que leurs relations dataient de l'époque où la Troupe de l'Illustre Théâtre vint s'établir, en janvier 1645, dans le quartier de l'Arsenal, au Jeu de Paume de la Croix-Noire, rue des Barrés, près du couvent de l'Ave-Maria. Cet établissement n'aurait pu avoir lieu, sans l'autorisation expresse du grand-maitre de l'artillerie, qui avait souveraine juridiction sur tout le quartier de l'Arsenal.

:>-27. Veue de l'hostel du Plcssis de Guenegaud, sur le

qnay fifalaquais. /. Warot [fit. In-'», en largeur.

itre da I.

« Le mercredi 4 février (1660), on avoit joué la mesme chose / . chez Mr de Guenegault. 2.'i0 liv.

février 1662.) Une Visite chez Mr de Guenegault. les Faschetix. 220 liv. »

588. Place Royale. Sans aucun nom d'artiste. Gravé d'après un dessin de Silvestre, avec figures de La Belle. II. 1 07mra. L. 218.)

Registre de La Orange :

« Le mesme jour (4 mars 1660), au soir, joué les Prétieuses, chez madame Sanguin, pour Mr le Prince. Receu 330 liv.

« Une visite ches M. Sanguin, à la Place Royale. (Pendant la fermeture du théâtre de Molière, à la lin do l'année 1660.)

« Le mesme jour [28 février 1663), la mesme chose (YEcole des femmes) chez Mr Sanguin, maistro d'hostel chez le Roy. 300 liv. >.

M. Sanguin, d'une ancienne famille parisienne, qui lui avait laissé une fortune considérable, l'ut d'abord maître d'hùtel de I ton d'Orléans, avant d'être attaché au service du roi. On peut supposer qu'il avait connu Molière dans la maison du duc d'Orléans, à l'époque de l'Illustre Théâtre.

549, Veue de l'Arsenal de Paris et du Mail. Dessignce par I. Siluestre et grauée par N. Perelle. Auec privilège du l!'»j. A Paris, chez Pierre Mariette, rue S. Jacquet, à {Espérance. (H. 800mm. L. 345.)

Le Registre de La Grange ne nous montre la Troupe de Molière qu'une seule fois, à l'Arsenal, ches le grand-maltre de l'artillerie, pendant la fermeture du théâtre en 1660:

« Une visite ches Mr le mareschal de la Meilloraye, le Cocu et les

/ . 22\) liv. »

Nous avons dit, plus haut, que la Troupe de l'Illustre . venant se fixer dans le quartier de l'Arsenal, avait dû se placer sous la protection du maréchal de i.i Kleilleraie, qui résidait dans l'hôte] «les grands-mattres de l'artillerie, i l'Arsenal. Nous pouvons même supposer que cette Troupe allait quelquefois en risite chas Le due .!.• ii || eilleraie, en 1645. D y avait, dans les appartements h un personnage, une petite .-aile, que la tradition indi.pi. ut comme avant servi autrefois de théâtre eî qui conservait

encore un plafond peint sur châssis avec des attributs et des ornements, à l'entour d'un portrait en pied de Louis XIII. Cette salle isolée, qui faisait face à la rivière et qui communiquait au Cabinet de Sully, a été détruite dans la reconstruction des bâtiments de la Bibliothèque de l'Arsenal, mais le portrait qui la décorait doit être replacé dans un des anciens salons de cette Bibliothèque.

530. Veue de la Place des Victoires. Dans la Suite de Perelle. Paris, chez T. Mariette, rue S1 Jacques, à la Victoire. In-fol., en largeur.

L'Hôtel du maréchal de l'Hospital, qui forme l'angle droit de la place des Victoires, est encore très-apparent dans cette estampe, qui fait partie des Veues des plus beaux bastiments de France.

Le Registre de La Grange mentionne deux Visites de la Troupe de Molière à l'Hôtel de l'Hospital.

o Une Visite chez made la mareschalle de l'Hospital, du mercredy 10me mars (1660). On joua les Prétieuses. Receu 244 liv.

« Le mesme jour (6 février 1663, représentation de YEcole des femmes), pour made la mareschalle de l'Hospital. 330 liv. »

531. Veiie de l'Hostel de Mr le mareschal Daumont, du costé du jardin à Paris. Siluestre fecit. Israël ex. cum priuil. Régis. (H. 96mm. L. 161.)

L'Hôtel d'Aumont était situé dans la rue de Jouy. Pendant la fermeture du théâtre, à la fin de 1660 : « Une Visite chez M. le mareschal Daumont. 220 liv. » Registre de La Grange.

532. M. de la Bazinicre (Hôtel de), sur le quay du Pont Rouge, aujourd'hui l'Hostel de Bouillon, sur le quay Malaquais. Gravé par Marot. In-4.

Pendant qu'on réparait la salle du Palais-Royal, au mois de septembre 1660 :

« Une Visite chez Mp delà Basieniere, trésorier de l'Espargne. Le Cocu et les Prétieuses. 330 liv. » Registre de La Grange.

533. Veue et perspectiue de Vaux le Vicomte, du costc du Jardin. Israël Siluestre delineauit et sculpsit. Cum priuilegio Régis. (H. 510mm. L. 774.)

Registre de La Grange :

« Le lundy lime juillet (1661), la Troupe est partie de Paris

poor aller ù Van, pour M. Fottquet, Surintendant, pour VEscol/e des maris.

«Lunch 15 aoust (1661), la Troupe est partie pour aller à Vau-le- Vicomte, pour M. le Surintendant, et a joué les Fasclieus, devant le Roy, dans le jardin, et est revenue le samedy 20m<! du mesme mois. »

Il est à regretter que La Grande ne nous ait pas donné quelques détails sur cette mémorable représentation des Fâcheux (17 août) et sur la Fête de Vaux, qui lut suivie, à courte échéance, de la disgrâce de Fouquet. Ne faut-il pas conclure du silence de La Grange, que son Registre n'était pas fait au jour le jour, comme on l'a cru, mais bien postérieurement aux dates de ce journal du théâtre?

531. L'Hostel de Vandosme à Paris. A Paris, chez Israël, rue de F Arbre sec. Auec p?'iuilége du Roy. Gravé d'après le dessin d'Israël Silvestre. (H. 100mm. L. 170.)

Cet Hôtel, construit par la duchesse de Mercœur sur l'emplacement que la place de Vendôme occupe aujourd'hui, était devenu l'Hôtel de Vendôme, quand César, due de Vendôme, épousa Françoise de Lorraine. Ce duc de Vendôme, fils naturel de Henri IV, vivait encore, à l'époque où la Troupe de Molière alla en Visite chez le duc de Mercœur, son fils aine, quoique le duc de Mercœur, depuis son veuvage, songeât à quitter la carrière des armes pour aspirer aux dignités ecclésiastiques. On sait, d'ailleurs, que la comédie et les comédiens n'étaient pas le moins du monde condamnes par l'Eglise, avant la représentation du Tnrtuffe.

Registre de La Grange :

« (Au mois de septembre 1 660.) Une visite chez Monsr le duc de Mercœur, le Corn imaginaire. 130 livres.

« Jeudy, 31 mars (lolil), joué, pour M. de Vandosme, VBstottrdy et les Prétievses. »

535, Veiie de Hostel de Soissons, bâti par Catherine de Medicis et conduit par Iean Huilant, architecte du Roy. Israël Silvestre fecit. Israël ex. cum privil Regù. Gravé avant 1655. (H. 131M. L. 15t.)

L Hôtel de Soissons occupait un vaste emplacement entre les rues Coquillière, des Deux-Éoue, du Pour et de Grenelle-Saint-Hoaoré.

l.;i duchesse de Soissons était alors Olympe Mancini. aikot de M . tarin.

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